S’investir dans des actions à l’étranger, pour une année ou pour un mois, ne s’improvise pas. Jérémie Vercier, ancien envoyé du Défap à Madagascar, et chargé d’encadrer un groupe de jeunes qui doit partir trois semaines à l’été 2019 pour travailler au sein d’un orphelinat en Thaïlande, s’est ainsi souvenu de l’utilité de la formation reçue avant son départ. Il a de nouveau fait appel au Défap pour organiser une formation sur mesure. Au menu du week-end qui a eu lieu en novembre 2018 : pourquoi partir et comment, problématiques interculturelles, questions administratives et de sécurité…

Quelques-uns des pensionnaires de l’orphelinat © CCD Thaïland

 

Lorsqu’il était parti à Madagascar en 2014, Jérémie Vercier l’avait fait via le Défap. Il avait pu alors apprécier l’importance d’une formation préalable pour mieux s’adapter, une fois sur place, à un autre pays, une autre culture, d’autres modes de vie, et pour mieux comprendre le contexte de sa mission. Il avait 21 ans, un statut de service civique et une dizaine de mois pour se lancer dans l’aventure, avec dans ses bagages une formation d’électricien et diverses expériences dans l’animation de groupes d’enfants. Sur place, au Centre d’accueil des enfants orphelins et démunis Akanisoa, à Antsirabe, il était entré de plain-pied dans la vie d’une petite communauté comptant une vingtaine d’enfants et d’adolescents, et le personnel s’occupant de la structure. Une expérience forte. Et lorsque, de retour en France et investi dans l’encadrement de groupes de jeunes, il a été impliqué dans un projet d’échange avec un orphelinat de Thaïlande, il a pensé de nouveau à la formation qu’il avait reçue avant son départ pour Madagascar, et fait appel au Défap.

Période prévue pour le voyage : l’été 2019. Les participants sont un groupe d’une quinzaine de jeunes de l’Unepref, âgés de 18 à 29 ans ; ils seront accompagnés de six encadrants, dont Jérémie Vercier, aujourd’hui âgé de 25 ans. Le projet prévoit trois semaines de travail au sein d’un orphelinat (dont certains des enfants présentent divers handicaps) avec lequel deux des encadrants sont en lien depuis longtemps. Le voyage est ainsi organisé en partenariat avec CCD Thaïland (Christian Care Foundation for Children with Disabilities). Si Jérémie n’a aucun mal à convaincre le groupe de l’utilité d’une formation, à la fois sur les aspects pratiques et sur les questions interculturelles, la question qui se pose est la suivante : comment adapter, pour les besoins de ce voyage de trois semaines en Thaïlande, le contenu de la session de deux semaines que reçoivent avant leur départ tous les envoyés du Défap ? Et, question complémentaire : le groupe peut-il bénéficier d’un «parrainage» du Défap pour chercher des financements ?

Quelles postures, quels comportements privilégier ou éviter ?

Pour aller plus loin :

Contact est pris avec Tünde Lamboley, responsable Jeunesse, et avec Laura Casorio, responsable du service Envoyés du Défap. «Au fil des échanges, raconte cette dernière, nous avons essayé d’identifier, à partir des divers modules que comporte la formation des envoyés à laquelle Jérémie avait participé, ce qui serait le plus important pour ces jeunes. Sur cette base, nous avons construit une formation ad hoc pour le groupe.» La formation se met en place sur un week-end en novembre 2018. Elle sera assurée par Laura Casorio. Au menu de cette session : présentation du Défap ; pourquoi partir et comment ; construire son projet (objectif, obstacle, forces, faiblesses) ; problématiques interculturelles ; questions administratives et de sécurité…

Sur place, la secrétaire exécutive du Défap trouve des jeunes qui ne se connaissent pas encore (les accompagnateurs ne les avaient vus jusqu’alors que par groupes de deux-trois au maximum), mais motivés et qui participent activement aux divers modules de la formation. «Cette session d’un week-end a d’abord été utile pour permettre de constituer le groupe», souligne-t-elle. «L’équipe des encadrants a géré les aspects techniques de la mission, le programme, la présentation de l’orphelinat… Le Défap, pour sa part, a apporté son savoir-faire en termes de formation à l’expatriation. Ce groupe sera le premier venu de France à travailler dans cet orphelinat, qui a plutôt, pour l’instant, des partenaires dans le monde anglophone (États-Unis, Angleterre). Les questions des participants tournaient donc beaucoup autour de la manière de prendre contact, de nouer des liens, dans un contexte interculturel, et avec comme difficulté supplémentaire la barrière de la langue : la communication ne pourra se faire que via un interprète. Dès lors, comment apprendre les codes nécessaires pour bien communiquer ? Quelles postures, quels comportements privilégier ou éviter ? Qu’est-ce qui pourrait être mal vu ou blessant ? Comment construire une communication fluide, dans un laps de temps réduit ?»

Au-delà du séjour proprement dit, les enjeux sont multiples. Il s’agit tout d’abord d’essayer d’initier des échanges plus pérennes avec cet orphelinat. C’est en tout cas l’idée de l’initiatrice du projet, qui est elle-même une ancienne pensionnaire de ce centre et vit aujourd’hui en France. En ce qui concerne les participants eux-mêmes, beaucoup seraient prêts, à l’issue de cette expérience, pour d’autres formes d’engagements. Et pour Laura Casorio, «accompagner ce genre de projets par une formation rentre tout à fait dans la dynamique actuelle du Défap. Nous sommes d’ailleurs en train de construire des sessions similaires avec d’autres groupes.»