Méditation du jeudi 31 janvier 2019. Nous prions pour notre envoyée à Haïti et nous poursuivons notre lecture du cycle de Joseph.

Source : Pixabay

 

Jacob convoqua ses fils et leur dit : « Réunissez-vous. Je vais vous annoncer ce qui vous arrivera dans l’avenir. Rassemblez-vous et écoutez, fils de Jacob, écoutez votre père Israël.

Toi, Ruben, tu es mon fils aîné, le premier que j’ai engendré quand j’étais plein de force. Tu surpasses tes frères en dignité et en puissance. Tu es un torrent impétueux. Pourtant tu ne seras plus le premier, car tu t’es déshonoré en entrant dans mon lit avec une de mes épouses.

Siméon et Lévi sont frères : ils s’accordent pour agir avec violence, Mais je ne participerai pas à leur complot, je n’assisterai pas à leurs rencontres, Car dans leur colère ils ont tué des hommes, et par plaisir ils ont mutilé des taureaux. Je maudis leur ardente colère et leur fureur impitoyable. Je disperserai leurs descendants en Israël, je les éparpillerai dans tout le pays.

Juda, tes frères chanteront tes louanges. Tu forceras tes ennemis à courber la nuque, et tes propres frères s’inclineront devant toi. Juda, mon fils, tu es comme un jeune lion qui a dévoré sa proie et regagne son repaire. Le lion s’accroupit, se couche. Qui pourrait le forcer à se lever ? Le sceptre royal demeurera dans la famille de Juda, le bâton des chefs restera aux mains de ses descendants, jusqu’à ce que vienne son vrai possesseur celui à qui les peuples seront soumis. La vigne alors sera si répandue qu’il se permettra d’y attacher son âne. Il lavera son vêtement dans le vin, son manteau dans le sang des raisins. Le vin avivera l’éclat de ses yeux et le lait la blancheur de ses dents. Zabulon s’installera au bord de la mer, là où les bateaux trouveront un port. Son territoire s’étendra jusqu’à Sidon.

Issakar est un âne robuste, établi au milieu de ses enclos. Il a vu que l’emplacement était bon, que le pays était agréable. Il a tendu son épaule pour porter des charges, il s’est soumis à un travail d’esclave.

Dan aura son peuple à gouverner, comme les autres tribus d’Israël. Dan est comme un serpent sur la route, une vipère au bord du chemin : le serpent mord les jarrets du cheval et le cavalier tombe à la renverse. Seigneur, j’espère que tu me sauveras !

Gad, attaqué par des pillards, contre-attaque et les poursuit.

Le pays d’Asser donnera d’abondantes récoltes, sa terre fournira des produits dignes d’un roi.

Neftali est une gazelle en liberté qui met au monde de beaux petits.

Joseph est une plante fertile qui pousse près d’une source. Ses branches passent par-dessus le mur. Des tireurs à l’arc l’ont exaspéré, ils ont lancé leurs flèches, ils l’ont harcelé. Mais il a tenu fermement son arc, ses bras et ses mains ont gardé leur agilité. Par la puissance du Dieu fort de Jacob, tu es devenu le berger, le rocher d’Israël. Par le Dieu de ton père, qui est ton secours, par le Dieu tout-puissant qui te bénit, reçois les bienfaits de la pluie qui descend du ciel, de l’eau qui monte des profondeurs du sol, de la fécondité des femmes et du bétail. Les bénédictions données par ton père surpassent les bienfaits des montagnes éternelles, les produits désirables des collines antiques. Que les bénédictions de son père descendent sur la tête de Joseph, sur celui qui est le chef de ses frères !

Benjamin est un loup féroce. Le matin il dévore une proie et le soir il partage le butin. »

À eux tous ils forment les douze tribus d’Israël. Telles sont les paroles que leur adressa leur père, quand il les bénit. À chacun il accorda une bénédiction particulière. Genèse, 49, 1-28

 


Amerlin Delinois, peintre Haïtien né en 1958


Qu’est-ce que bénir ? Jacob nomme chacun de ses fils pour leur ouvrir l’avenir. Mais il leur dit « leurs quatre vérités », ce qui pour certains, notamment les trois aînés, correspond à un jugement très sévère sur leur comportement. Donc bénir n’a rien à voir avec l’aveuglement et la grâce à bon marché. La bénédiction ne peut résonner que dans la vérité, même quand celle-ci est accablante. 

Cependant si elle s’accorde avec un jugement, elle ne peut porter condamnation, sans quoi ce serait une malédiction mortifère. Certes, Ruben n’aura pas la place et l’héritage liés à son statut d’aîné mais il vivra.  Siméon et Lévi seront dispersés parmi les tribus mais ils feront partie du peuple et la descendance de Lévi comptera de très grands noms de l’histoire d’Israël.

Ce qui ressort des bénédictions testamentaires de Jacob-Israël, c’est qu’il tient à exprimer les vocations singulières de ses fils Juda et Joseph. L’un porte le sceptre royal et engendrera la lignée messianique, dans laquelle s’inscrira Jésus de Nazareth. L‘autre, Joseph, est reconnu chef de ses frères et reçoit l’appui du Dieu de son père. Mais, peut-être encore plus important, Jacob fonde le rassemblement des frères, formant à eux 12 les tribus d’Israël, ce qui signifie la constitution et l’unité d’un peuple. 

Bénir, c’est ouvrir l’avenir à ceux qui nous succèdent, les inspirer et les encourager. Il fut un temps où les pères avaient droit de vie et de mort sur leurs enfants. En sauvant Ismaël dans le désert et Isaac sur le Mont Moriah, Dieu a rejeté à jamais le sacrifice des enfants et des jeunes générations au nom de l’honneur et du pouvoir des générations antérieures. Nous nous devons à ceux qui viennent !

Qu’en est-il dans nos différentes sociétés et cultures ? Bénissons-nous les nouvelles générations ? Leur faisons-nous confiance ?  Leur transmettons-nous nos trésors et nos forces, nos expériences et notre espérance, pour les aider à marcher vers l’avenir ? Ou les sacrifions-nous à nos chimères, à nos désirs de domination, ou à notre simple indifférence ?

 

 

Nous te remettons notre envoyée à Haïti et nous partageons cette prière pour la jeune génération.
 

Dieu de tendresse, nous t’offrons la jeunesse d’aujourd’hui
Pleine de vie et en quête de sens.
Que la lumière de ta grâce
Guide chacun de ces jeunes dans leurs défis de chaque jour.
Viens révéler à chaque jeune sa valeur,
Qu’il se sache aimé de Toi,
Et qu’il reconnaisse qu’il est apprécié
Par les adultes qu’il côtoie.
À ces jeunes, fais don de l’espérance pour qu’ils croient en demain,
Pour qu’ils aient confiance
En leur capacité de changer quelque chose dans le monde dès maintenant.
Accorde-leur le don de la joie
Pour qu’ils puissent célébrer la vie dans la vérité.
Et pour nous-mêmes, nous te demandons, Seigneur,
L’amour, la patience et la foi en la jeunesse.
Que notre regard, à la fois lucide et tendre,
Nous permette de saisir les talents de cette jeunesse.
Ainsi nous pourrons leur offrir des défis spirituels
À la mesure de leurs capacités et de leurs soifs.
Mais surtout, donne-nous le courage d’une conversion continuelle
Pour que nous soyons pour eux des témoins signifiants.
Nous te le demandons au nom de Jésus.
Amen.