Méditation du jeudi 25 juin. Nous prions pour notre envoyé aux Antilles, sa famille et toute la communauté. Nous poursuivons notre lecture du livre de l’Ecclésiaste.

« Les mouches mortes infectent et font fermenter l’huile du parfumeur ; un peu de folie l’emporte sur la sagesse et sur la gloire. Le cœur du sage est à sa droite, et le cœur de l’insensé à sa gauche. Quand l’insensé marche dans un chemin, le sens lui manque, et il dit de chacun : Voilà un fou ! Si l’esprit de celui qui domine s’élève contre toi, ne quitte point ta place ; car le calme prévient de grands péchés.

Il est un mal que j’ai vu sous le soleil, comme une erreur provenant de celui qui gouverne : la folie occupe des postes très élevés, et des riches sont assis dans l’abaissement. J’ai vu des esclaves sur des chevaux, et des princes marchant sur terre comme des esclaves.

Celui qui creuse une fosse y tombera, et celui qui renverse une muraille sera mordu par un serpent. Celui qui remue des pierres en sera blessé, et celui qui fend du bois en éprouvera du danger. S’il a émoussé le fer, et s’il n’en a pas aiguisé le tranchant, il devra redoubler de force; mais la sagesse a l’avantage du succès. Si le serpent mord faute d’enchantement, il n’y a point d’avantage pour l’enchanteur. Les paroles de la bouche du sage sont pleines de grâce; mais les lèvres de l’insensé causent sa perte. Le commencement des paroles de sa bouche est folie, et la fin de son discours est une méchante folie. L’insensé multiplie les paroles. L’homme ne sait point ce qui arrivera, et qui lui dira ce qui sera après lui ? Le travail de l’insensé le fatigue, parce qu’il ne sait pas aller à la ville. Malheur à toi, pays dont le roi est un enfant, et dont les princes mangent dès le matin ! Heureux toi, pays dont le roi est de race illustre, et dont les princes mangent au temps convenable, pour soutenir leurs forces, et non pour se livrer à la boisson ! Quand les mains sont paresseuses, la charpente s’affaisse; et quand les mains sont lâches, la maison a des gouttières. On fait des repas pour se divertir, le vin rend la vie joyeuse, et l’argent répond à tout. Ne maudis pas le roi, même dans ta pensée, et ne maudis pas le riche dans la chambre où tu couches ; car l’oiseau du ciel emporterait ta voix, l’animal ailé publierait tes paroles. »

Ecclesiaste 10

 

Arrivant au ch. 10 il est peut-être temps de dire un mot sur le terme hébreu : qohelet, traduit par l’Ecclésiaste. Il vient du verbe qahal qui signifie rassembler, convoquer une réunion, et désignerait donc l’homme qui parle devant l’assemblée, ou encore celui qui collecte des sentences. En même temps la tradition identifie cet homme au Roi de Jérusalem, fils de David, donc Salomon. Pourtant il existe un contraste immense entre l’image que l’on peut se faire de Salomon à partir des récits bibliques, et ce qui ressort des méditations et des propos de ce livre appelé l’Ecclésiaste. Ceci peut nous rappeler que chacun d’entre nous a des visages divers et que personne n’est réductible à son masque social, politique ou même religieux.

Ce qu’il y a d’étonnant dans l’Ecclésiaste, c’est que bien souvent la voix de l’auteur traverse le texte pour nous atteindre de manière très personnelle. Nous sentons vibrer une âme, une sensibilité, une pensée. Il a également recours à des sentences plus générales, héritage d’une sagesse des anciens. Aujourd’hui, nous avons tendance à considérer que celle-ci n’a pas grand-chose à voir avec notre post-modernité. Pourtant, quand nos situations deviennent plus précaires, plus inquiétantes, alors les proverbes, les contes de sagesse sont là pour nous soutenir, nous guider, nous nourrir. Car si la sagesse de Dieu et celle des hommes ne sont pas réductibles l’une à l’autre, notre Père qui est au ciel n’a pas voulu qu’elles soient totalement étrangères, tant qu’elles nous dirigent l’une comme l’autre « vers les sentiers de la justice » Ps 23 !

En lieu de prière nous vous proposons cette semaine un conte de sagesse venu de Mauritanie

Le diable vivait dans son palais, sous la terre ! Son palais était confortable et la nourriture y était abondante. Mais le diable était seul et au bout de quelques années, il commença à s’ennuyer. Un matin, il décide donc de remonter sur la surface de la terre.

En arrivant, il lève la tête, il voit au loin des jeunes filles qui jouent, il s’en approche et remarque l’une d’elle qui était d’une rare beauté. Il lui dit :
– Belle jeune fille, si tu acceptes de m’épouser et de me suivre dans mon beau palais sous la terre, je te donnerai toutes les parures et tous les joyaux de la terre !
– Toutes les parures et les joyaux de la terre ? Mais que pourrais-je en faire, cela ne m’intéresse pas du tout.

Le diable, sentant qu’il n’avait aucune chance d’amener avec lui cette belle jeune fille, se jette sur elle et d’un geste violent et sec lui arrache sa beauté ! Il arrive dans son palais, jette la beauté de la fille sur les murs qui se mettent à étinceler de beauté !

De longues années plus tard, le diable, toujours seul dans son palais s’ennuie toujours ! Il décide de revenir sur la surface de la terre et d’aller voir ce que la belle ancienne jeune fille était devenue. Il se renseigne au village, on lui apprend qu’elle vit dans une cabane au fond de la forêt. Il s’y rend donc. Il trouve la cabane et en regardant à travers les fenêtres, il voit une vielle femme très ordinaire assise à côté d’un vieil homme tout aussi ordinaire.

La porte de la cabane étant entrouverte, le diable y entre furtivement. Et il sent monter entre les deux vieilles personnes une telle force d’amour qu’il en perd la vue et surtout le sens de l’orientation à tel point qu’il ne parvient plus à retrouver le chemin qui le ramènera dans son beau palais. Depuis ce jour-là, le diable court toujours.