Méditation du jeudi 02 juillet. Nous prions pour notre envoyé  en Tunisie et sa famille. Nous poursuivons notre lecture du livre de l’Ecclésiaste.

« Jette ton pain sur la face des eaux, car avec le temps tu le retrouveras ; donnes-en une part à sept et même à huit, car tu ne sais pas quel malheur peut arriver sur la terre. Quand les nuages sont pleins de pluie, ils la répandent sur la terre ; et si un arbre tombe, au midi ou au nord, il reste à la place où il est tombé. Celui qui observe le vent ne sèmera point, et celui qui regarde les nuages ne moissonnera point. Comme tu ne sais pas quel est le chemin du vent, ni comment se forment les os dans le ventre de la femme enceinte, tu ne connais pas non plus l’œuvre de Dieu qui fait tout.

Dès le matin sème ta semence, et le soir ne laisse pas reposer ta main ; car tu ne sais point ce qui réussira, ceci ou cela, ou si l’un et l’autre sont également bons.

La lumière est douce, et il est agréable aux yeux de voir le soleil. Si donc un homme vit beaucoup d’années, qu’il se réjouisse pendant toutes ces années, et qu’il pense aux jours de ténèbres qui seront nombreux ; tout ce qui arrivera est vanité.

Jeune homme, réjouis-toi dans ta jeunesse, livre ton cœur à la joie pendant les jours de ta jeunesse, marche dans les voies de ton cœur et selon les regards de tes yeux; mais sache que pour tout cela Dieu t’appellera en jugement. Bannis de ton cœur le chagrin, et éloigne le mal de ton corps ; car la jeunesse et l’aurore sont vanité. »

Ecclesiaste 11

Le geste de jeter son pain à la surface des eaux peut nous faire penser à cette scène d’évangile où les disciples de Jésus se scandalisent qu’une femme lui ait versé un parfum de grand prix sur les pieds, car disent-ils, sa vente aurait pu rapporter beaucoup d’argent, et servir à nourrir les pauvres. Et Jésus rétorque à ses disciples que la femme a simplement fait ce qu’elle devait faire au moment où elle le pouvait, car « vous avez toujours les pauvres avec vous et vous pouvez leur faire du bien quand vous voulez, mais vous ne m’avez pas toujours. » Marc 6-7

Si la générosité s’inscrit dans la durée et s’enrichit d’être organisée, il est question avec le pain jeté à la surface des eaux, comme avec le parfum versé, d’un geste instantané, presque non-réfléchi, dont le sens ne dépend pas de sa signification éthique ou esthétique, mais d’une résonance beaucoup plus profonde. Geste qui vient de Dieu et qui est pour Dieu, geste-prière qui dit l’élan immédiat de la confiance et de la liberté intérieure. Quand il nous est donné de vivre de tels gestes, toute notre vie se trouve transformée. Car alors nous entérinons avec l’Ecclésiaste que « tout est vanité », mais loin de nous en désoler, nous y découvrons une source de soulagement et de grande jubilation. Car c’est vrai, mille fois vrai : à Dieu on peut vraiment s’abandonner ; il est notre vie et nous comble de tous ses biens ! Qu’avons-nous alors de plus pressé à faire que de partager, avec nos frères et sœurs, et notre pain, et notre joie en abondance ?

 

Nous prions avec ces mots de Philippe Soullier

Seigneur
Tu donnes gratuitement tout ce qui m’est nécessaire,
Tout ce qui est beau et bon :
Le pain et l’espoir, le pardon et la paix, le sens et la joie
En un mot, la vie !

Et même c’est ta vie
C’est toi qui te donnes en Jésus et par lui
Sans que je le mérite ou que j’y sois pour quelques chose !
Gratuitement !

Je reconnais et je confesse que je ne sais pas donner ainsi.
Tout se paye, tout se vend, tout s’achète
Se marchande, se mesure, s’échange sur cette terre.

Donne-moi, Seigneur,
De recevoir et de donner gratuitement, sans arrière-pensée
Sans penser d’abord à moi,
Sans penser à un intérêt, un profit, un dû ou un mérite,
Librement et joyeusement !
Que je sois à ton image,
Car c’est bien ce pour quoi tu m’as fait !

Livre de prières de la société luthérienne