Covid19 : une semaine de prière du COE

En un an, la pandémie de Covid-19 a bouleversé le monde. Face à des difficultés inédites, les Églises ont dû s’adapter pour tenter d’accompagner toutes les populations frappées soit par la maladie, soit par les inégalités et les crises politiques ou sociales qui en ont été les corollaires. Devant cette crise sans précédent, le Conseil œcuménique des Églises appelle à observer jusqu’au 27 mars une semaine de prière.

Réunion de prière – montage © COE

Un an après que l’Organisation mondiale de la Santé a déclaré la pandémie de Covid-19 pandémie mondiale, le Conseil œcuménique des Églises (COE) observe une semaine de prière du 22 au 27 mars.

Cette semaine invite à un temps de prière et de réflexion à la fois sur les lamentations et l’espoir exprimés et éprouvés dans le monde entier au cours de ce qui a été une année de souffrances sans précédent, mais également une année où les Églises ont trouvé des façons toujours nouvelles d’œuvrer ensemble afin de s’adapter, d’intervenir auprès des communautés et de les accompagner dans cette crise mentale, physique, économique, spirituelle et environnementale.

Pour le père Ioan Sauca, secrétaire général par intérim du COE, cette semaine de prière doit être l’occasion d’éprouver et d’exprimer l’allégeance commune des Églises au Christ.

«Au cours de la semaine, nous nous réunirons pour proposer des intercessions, en particulier pour les plus vulnérables et pour celles et ceux qui sont en première ligne pour en prendre soin, souvent dans des circonstances difficiles, mais aussi pour nous engager de nouveau à faire preuve de compassion active au-delà de ce qui nous sépare, obéissant ainsi à celui qui avait de la compassion pour les foules et qui est venu à leur secours pour leur guérison», ajoute le père Sauca.

La semaine de prière est organisée avec les Églises membres du COE et les partenaires œcuméniques et doit être l’occasion de partager des prières et des ressources spirituelles produites en réponse à la pandémie.

Un service mondial en ligne auquel participeront huit régions du COE doit être organisé au cours de la semaine et une série de ressources seront mises à disposition sur le site web du COE d’ici au 18 mars 2021 en anglais, français, allemand et espagnol.




Solidarité avec le CIPCRE, victime d’un grave incendie

Deux des bâtiments du siège camerounais du Cercle International pour la Promotion de la Création, situé à Bafoussam, ont été détruits par les flammes au cours du dimanche 7 mars. Le Défap fait part de son soutien au CIPCRE, qui mène depuis trois décennies un travail exemplaire et irremplaçable pour promouvoir le développement durable dans une perspective chrétienne.

Le siège du CIPCRE, avant et après l’incendie : deux bâtiments ont été ravagés © CIPCRE

Les dégâts auxquels fait face le CIPCRE (Cercle International pour la Promotion de la Création) ne sont pas seulement matériels : derrière les deux bâtiments de son siège de Bafoussam, au Cameroun, qui ont été ravagés par les flammes, il y a des années de travail… et une partie de l’histoire de cette ONG qui, depuis 30 ans, marie foi et développement durable dans l’Afrique francophone. Le feu a touché notamment le Centre de Documentation pour le Développement (la mémoire du CIPCRE), dont le premier étage a été ravagé.

L’incendie a eu lieu le dimanche 7 mars, à la mi-journée. Parti d’un champ voisin, où il avait été allumé par un cultivateur pratiquant la culture sur brûlis, il s’est propagé rapidement aux arbres proches du siège du CIPCRE. Puis aux bâtiments. «Les braises, transportées par le vent, sont allées attaquer le toit de la cantine près de 60 mètres plus loin», raconte le pasteur Jean-Blaise Kenmogné, Directeur général du CIPCRE. Avant de gagner le Centre de Documentation pour le Développement, à 15 m de distance. Deux bâtiments aux toits de chaume, «pour des raisons d’esthétique et culturelles», note encore le pasteur Jean-Blaise Kenmogné, «d’où la facilité d’expansion des flammes qui ont trouvé ici et là un terrain d’autant plus propice que la température ambiante ce jour-là dépassait les 30 degrés.» Par une cruelle ironie, «le CIPCRE, qui lutte contre les feux de brousse, a été victime de cette calamité d’ailleurs interdite par la loi.»

Inventer une «écologie globale» où l’humain ait sa juste place

À l’origine du CIPCRE, il y a un contexte : celui de la «vague de démocratisation» (selon l’expression de Samuel Huntington) que connaissent au début des années 90 nombre de pays africains, avec la multiplication des conférences nationales ; une effervescence qui va de concert avec une profonde crise qui touche alors tous les aspects des sociétés des pays concernés : crise sociale, morale, économique, culturelle, spirituelle et environnementale. Jean-Blaise Kenmogné, alors de retour au Cameroun après des études de théologie en France, assiste à la fois à cette montée des revendications pour plus de liberté, de justice sociale, et à la désorganisation qui touche parallèlement les services publics… à commencer par celui du ramassage des ordures, qui s’accumulent partout dans les rues. Comment réconcilier ces aspirations avec un développement respectueux de la création, comment inventer une «écologie globale» où l’humain puisse trouver sa juste place ? Ces interrogations, il les partage tout d’abord avec des amis enseignants et théologiens à travers un Cercle de lecture écologique de la Bible, avant que les réflexions ne fassent place à l’action avec la création du CIPCRE à Bafoussam, chef-lieu du département de la Mifi et de la région de l’Ouest du Cameroun. Avec très tôt des actions très concrètes : mise en place d’un programme de compostage des ordures, soutien à la fertilisation des sols victimes de la surexploitation, reboisement communautaire… Ce sont bientôt des centaines d’artisans mobilisés dans le domaine de la récupération, des milliers de paysans qui se retrouvent engagés avec le CIPCRE.

Parallèlement, des associations baptisées «Cercles des amis du CIPCRE» se créent dans plusieurs pays africains dont le Bénin. Le CIPCRE-Bénin sera officiellement créé en 1995, avec un programme de recyclage de déchets métalliques grâce à l’appui de forgerons et ferblantiers locaux, puis un programme d’éducation à l’environnement et un projet de Promotion de la Gouvernance Environnementale Locale qui vise à développer l’écocitoyenneté.

Mais pour vaincre les pesanteurs et les réticences des institutions locales, le soutien des partenaires étrangers aura été bien souvent décisif : celui des coopérations protestantes suisse, allemande et néerlandaise, celui du Défap… Jean-Blaise Kenmogné est ainsi un ami de longue date du Service protestant de mission, avec lequel il a également entretenu des liens à travers le Secaar, réseau d’Églises et d’ONG qui poursuit le même but de développement durable dans une perspective chrétienne. Face aux graves destructions qu’a subi le siège du CIPCRE à Bafoussam, l’appui de ces partenaires sera une nouvelle fois crucial ; et le Défap veut témoigner de son soutien et de sa solidarité, et souligner l’aspect nécessaire et irremplaçable de l’œuvre accomplie depuis 30 ans par le CIPCRE.

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La mission en débat aux synodes de l’EPUdF

Quelle mission pour l’Église de demain ? Sous quelle forme ? Quelles relations entre mission au près et au loin ? Autant de questions que l’Église protestante unie de France a décidé de placer au cœur de ses synodes régionaux de 2021 et de de son synode national de 2022. Elle a d’ores et déjà mis en ligne un dossier «Mission de l’Église et Ministères» destiné aux Églises locales.

© EPUdF

Les questions sur la mission, tous les organismes missionnaires y sont aujourd’hui confrontés, dans un temps qui connaît des évolutions de plus en plus rapides et de grande ampleur. Et ce qui est vrai des organismes missionnaires l’est tout autant des Églises elles-mêmes – et au sein du monde protestant, c’est tout particulièrement vrai des Églises dites «historiques». En témoigne le dernier numéro de Perspectives Missionnaires, unique revue de missiologie protestante dans le monde francophone, qui s’attache précisément aux questionnements auxquelles la mission fait face dans le contexte européen.

Au Défap, la réflexion est engagée depuis mars 2018, lorsque son président, Joël Dautheville, avait lancé un appel en faveur d’une dynamique refondatrice dans son message à l’ouverture de l’Assemblée générale. Une réflexion qui ne peut bien sûr être indépendante de celle des Églises constituant le Service Protestant de Mission. Mais en la matière, chacune avance en fonction de son propre contexte, de sa propre histoire et au rythme de ses propres instances. En octobre 2019, le colloque organisé au 102 boulevard Arago «Vers une nouvelle économie de la mission : parole aux Églises» avait permis de réunir les présidents des trois Églises constitutives du Défap : l’EPUdF, l’UEPAL et l’Unepref. Il s’était traduit par des échanges très riches au cours desquels s’étaient exprimées les diverses conceptions de la mission, et les diverses attentes vis-à-vis du Défap.

Une réflexion au long cours

Cette réflexion sur la mission, l’EPUdF a décidé d’en faire un des thèmes centraux de ses prochains synodes régionaux et nationaux, qui seront placés sous le thème «Mission de l’Église et Ministères». Un dossier destiné aux Églises locales est disponible pour la préparation des synodes régionaux 2021 et du synode national 2022.

«Les réflexions sur la mission et sur les ministères, indique l’EPUdF dans l’article de présentation de ce dossier, ont souvent occupé une place de choix dans les synodes de notre Église. Selon les circonstances, l’accent a été mis sur la mission lointaine ou proche, sur le ministère pastoral ou sur les ministères dits laïques. Chaque génération a ainsi repensé à nouveaux frais ces questions, tant elles modèlent la vie concrète de l’Église, dans des contextes qui ne cessent de changer. Il n’est donc pas étonnant que ces sujets reviennent aujourd’hui sur le devant de la scène, compte-tenu de l’évolution récente de notre Église et de sa situation au sein d’une société elle-même en mutation.

La création de l’Église protestante unie sous la bannière «Église de témoins», le développement d’outils de formations et d’évangélisation, le désir d’ouverture des ministères à de nouveaux profils supposant parfois de nouvelles formations, ainsi que la refondation en cours de nos outils de mission et de communion universelle ont amené à reprendre largement la question de la mission de l’Église et des ministères, comme le font beaucoup d’autres Églises en Europe et dans le monde.»

C’est une réflexion au long cours qui est désormais lancée, puisqu’elle occupera les synodes nationaux de l’EPUdF pendant trois années d’affilée (voir ici le calendrier prévu). Et c’est dans cette perspective qu’a été élaboré ce dossier «Mission de l’Église et Ministères» destiné aux Églises locales/paroisses, pour les aider à préparer les synodes régionaux 2021, en vue du synode national 2022.

La mission en débat à l’EPUdF : le dossier
 
L’avancée des réflexions au Défap



Europe, se convertir à la mission ?

Ce numéro 80 de Perspectives Missionnaires, unique revue de missiologie protestante dans le monde francophone, s’attache aux questionnements auxquelles la mission fait face dans le contexte européen. Un dossier préparé par Gilles Vidal, Doyen de la Faculté de théologie protestante de Montpellier.

Photo de couverture du n°80 de Perspectives Missionnaires © PM

« Que signifie l’expression tant débattue des « racines chrétiennes de l’Europe » ? Quel regard peuvent porter des missionnaires étrangers sur le contexte européen que l’on dit « déchristianisé » ? Et cette prétendue « déchristianisation », ne serait-elle pas l’envers d’une christianisation largement fantasmée ? Quelles nouvelles voies la mission devrait-elle emprunter en France et en Europe et quel public « cible » viser ? L’évangélisation serait-elle la clé pour revitaliser de vieilles traditions chrétiennes ou au contraire pour inventer de nouvelles formes de chrétienté ? »

Gilles Vidal

Le dossier

Tout d’abord, qu’est-ce qui relie le missionnaire d’hier à celui d’aujourd’hui ? Pour tenter d’y répondre, c’est à un voyage interstellaire que nous convie Gilles Vidal, en quête de constantes de la figure du missionnaire à travers les âges.

J. G. Gantenbein nous invite à revenir sur le processus historique qui a conduit à une séparation entre mission intérieure et mission extérieure (ou encore entre évangélisation et mission) puis sur l’adoption, au cours des années soixante, du paradigme de « la mission de partout vers partout ». Mais la pratique missionnaire peut-elle faire l’économie de tout critère « géographique » ?

Missiologue catholique, François-Xavier Amherdt nous propose un parcours à travers les différentes encycliques sur la mission et en particulier Evangelii Gaudium (2013) du pape François sur l’annonce de l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui.

Une illustration concrète de nouvelles voies pour la mission nous est offerte avec un article de Gwenaël Boulet sur l’implantation d’un nouveau lieu de témoignage à Créteil, en banlieue parisienne, au sein de l’Église protestante unie de France.

 

Le sommaire de ce n°80

« Perspectives Missionnaires », revue de missiologie de référence
Il ne suffit pas de vouloir témoigner ; encore faut-il savoir comment s’y prendre. C’est l’un des grands défis de la Mission aujourd’hui, dans un monde changeant, travaillé par une mondialisation qui érige souvent plus de murs qu’elle n’abat de frontières. Voilà pourquoi la Mission a besoin de lieux de débats et d’espaces de réflexion. C’est le rôle que joue depuis plus de trente-cinq ans Perspectives missionnaires, unique revue protestante de missiologie de langue française.
Née en 1981 dans la mouvance évangélique, à une époque de remise en question des modèles missionnaires, elle s’est élargie aux différents acteurs francophones de la mission dans le monde protestant et avec une ouverture oecuménique. Elle est actuellement gérée par une association indépendante et s’appuie sur plusieurs organismes de mission de Suisse et de France (DM-échange et mission, et le Défap, avec lesquels elle entretient des partenariats étroits), et depuis fin 2017 la Cevaa.



«Jeudis de la mission» : pour s’inscrire, c’est ici

Il est toujours possible de participer à la session conclusive des «Ateliers de la mission» du Défap, qui sera constituée de témoignages de la part de celles et ceux qui vivent la mission aujourd’hui. Pour vous inscrire, c’est par ici :

© Maxpixel.net



Pour tout savoir sur les «Jeudis de la mission»

L’objectif de ces «Ateliers de la mission» du Défap, soit six ateliers en vidéo, reprenant les conférences qui se sont tenues d’avril à juin 2021 : réfléchir aux nouveaux enjeux de la mission, qui nécessitent un nouveau témoignage… et répondre à la question : «Que sera la mission demain ?» Retrouvez ici le déroulé de nos «jeudis de la mission», ainsi que la bibliographie pour chaque atelier, et tous les enregistrements disponibles.

Pourquoi des «Jeudis de la mission» ?

Le monde change, la mission aussi. Face à un monde plus interconnecté, mais aussi plus fragmenté, où les visions du monde et les valeurs se confrontent, voire s’affrontent, quel témoignage apporter aujourd’hui – et sous quelle forme ? Ce constat, qui était à la base de l’organisation des «Ateliers de la mission», reste toujours pleinement valable ; et si les conditions sanitaires rendaient hypothétique l’organisation d’un forum en «présentiel», le passage à une série de conférences et d’ateliers en visio a permis d’atteindre un public plus large.

Le déroulé des «Ateliers» : du 10 avril au 17 juin 2021

Conférence de lancement : Samedi 10 avril – 10h à 12h. Cette date correspondait à celle qui avait été initialement prévue pour les «Ateliers de la mission», forum programmé les 9-10 et 11 avril à Sète. De même ce premier temps a duré 2 h, et les suivants 1 h 30.
• Intervention «inaugurale» de Joël Dautheville, président du Défap
• Conférence de Jean-François Zorn sur «La mission, un mot mutant ?». Depuis les temps bibliques jusqu’à nos jours, la notion de mission a résisté comme envoi des porteurs de la Parole de Dieu dans le monde mais les modalités de ce mouvement ont changé. Comment et que nous enseignent ces mutations ? Voyageons dans le temps et dans l’espace et interrogeons l’actualité de la mission à la lumière d’un riche héritage.
Partie 1 : Des temps bibliques à la Réformation (XVIe siècle)
• Travail en atelier avec prise de notes (petits groupes)
• Conclusion par Florence Taubmann : rappel de la suite des « Jeudis de la mission »

À lire, à voir, à télécharger :
• Le texte introductif de Jean-François Zorn
• L’enregistrement du webinaire
• La bibliographie en pdf

 

Conférence 2 : Jeudi 22 avril – 18 h 30 à 20h
• Conférence de Jean-François Zorn sur «La mission, un mot mutant ?».
Partie 2 : de la Réformation à nos jours
• Reprise par Jean-François Zorn des apports des Ateliers du 10 avril : commentaires, réponses, discussion
• Travail en atelier avec prise de notes (petits groupes)
• Conclusion par Florence Taubmann : rappel de la suite des « Jeudis de la mission »

À lire, à voir, à télécharger :
• L’enregistrement du webinaire
• Le texte complet des deux premières interventions de Jean-François Zorn en pdf
• La bibliographie en pdf

 

Conférence 3 : Jeudi 6 mai – 18 h 30 à 20h
La mission un mot universel. L’universel est en crise
• Conférence à deux voix avec Florence Taubmann et Basile Zouma (secrétaire général du Défap)
Aujourd’hui notre vision de l’universalisme est en crise. De l’Évangile pour toutes les nations à la Déclaration des droits de l’homme en passant par la philosophie des Lumières, nous nous sommes crus porteurs d’un progrès que rien ne pouvait arrêter. Aujourd’hui d’autres visions de l’universel cherchent à s’imposer, les cultures se révoltent, la planète vit sous la menace climatique. Comment repenser la mission dans ce contexte ?
• Travail en atelier (petits groupes)
• Conclusion par Basile Zouma : rappel de la suite des «Jeudis de la mission»

À lire, à voir, à télécharger :
• Le texte introductif et les questions pour préparer les travaux de groupe
• «La mission un mot universel. L’universel est en crise» : l’enregistrement du webinaire
• «La mission un mot universel. L’universel est en crise» : la bibliographie en pdf
• «La mission, un mot, une histoire» : synthèse des travaux des ateliers

 

Conférence 4 : Jeudi 20 mai – 18 h 30 à 20h
La mission un mot personnel. L’individu est en crise
• Conférence à deux voix avec Florence Taubmann et Omer Dagan (secrétaire exécutif de la Cevaa)
L’individu entre conscience et inconscience.
Depuis la Création jusqu’à l’Incarnation, le Dieu de la Bible a fondé l’humain dans sa singularité et sa dignité de personne irréductible au groupe et dominant la nature. Cette vision de l’humain est en crise, bouleversée par toutes les transformations et les questions de la post-modernité. Que sera l’humain de demain ? Quelle mission d’éducation pour les nouvelles générations ?
• Travail en atelier (petits groupes)
• Conclusion par Basile Zouma : rappel de la suite des « Jeudis de la mission »

À lire, à voir, à télécharger :
• Le texte introductif et les questions pour préparer les travaux de groupe
• «La mission un mot personnel. L’individu est en crise» : l’enregistrement du webinaire
• Le texte introductif et les questions pour préparer les travaux de groupe
• «La mission un mot personnel. L’individu est en crise» : la bibliographie en pdf

 

Conférence 5 : Jeudi 3 juin – 18 h 30 à 20h
La mission un mot interculturel. Pluralité d’approche
• Conférence à deux voix avec Florence Taubmann et Benjamin Simon (Institut œcuménique de Bossey – COE)
L’humain singulier-pluriel contre la guerre des dieux.
Au niveau mondial comme dans notre pays, le christianisme se vit dans le pluralisme des cultures et des contextes, enrichi par des missions croisées de partout vers partout, souvent en dialogue, parfois en froid ou en conflit avec d’autres religions. Comme nous l’avons appris dans le travail œcuménique, saurons-nous développer de nouvelles pratiques d’écoute mutuelle, de compréhension, et de travail en commun pour approfondir nos visions de Dieu et faire Église ensemble, au service de l’humain et de la création ?
• Travail en atelier (petits groupes)
• Conclusion par Basile Zouma : rappel de la suite des « Jeudis de la mission »

À lire, à voir, à télécharger :
• Le texte introductif et les questions pour préparer les travaux de groupe
• L’enregistrement du webinaire
• La bibliographie en pdf

 

Conférence 6 : Jeudi 17 juin – 18 h 30 à 20h
La mission : des témoignages. Ils la vivent, ils la racontent
• Conférence conclusive avec des témoignages ici et là-bas
• Sur le thème ou le mode «la mission a été l’occasion de…» ou bien «Je ne serais pas là si…» ou encore «Avant- après, ce qui a changé pour moi…»

À voir :
• «La mission : des témoignages. Ils la vivent, ils la racontent» : l’enregistrement du webinaire



Projet de loi «séparatismes» : la FPF réagit après le vote des députés

Au sortir du débat à l’Assemblée nationale, la Fédération protestante de France voit toujours dans ce projet de loi « un ensemble discriminant et stigmatisant ».

François Clavairoly sur le plateau de l’émission «À l’air Libre» © Médiapart

À l’issue du débat parlementaire et du vote de ce jour, la Fédération protestante de France (FPF) constate avec regret, que si son alerte a été entendue, elle ne semble pas avoir été écoutée, sinon sur quelques points ce dont elle sait gré aux parlementaires.

Le protestantisme français reste convaincu de la nécessité de la lutte contre les séparatismes. Il constate qu’un certain nombre de dispositions du projet de loi vont dans le bon sens à cet égard. Toutefois, il continue à affirmer qu’il n’y a aucune raison de restreindre les conditions d’exercice du culte, au point de porter atteinte au droit fondamental de cette liberté tel qu’il s’exprime dans la loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905, et tel qu’il est garant par la Constitution.

En effet, le projet de loi tel que proposé même à l’issue du débat à l’Assemblée nationale présente toujours les mêmes défauts que la FPF dénonce encore aujourd’hui :

  • un ensemble, encore augmenté, de nouvelles contraintes, sans aucun rapport avec la lutte contre le terrorisme,
  • un contrôle accru de l’Etat sur toutes les associations,
  • l’accroissement spécifique des contraintes à l’encontre des associations cultuelles et à objet cultuel,
  • une immixtion dans l’autonomie interne des cultes,
  • un contrôle quasi-général des fonds provenant de l’étranger,
  • des sanctions accrues pour les responsables des associations.

Le protestantisme français réaffirme donc aujourd’hui sa vive inquiétude concernant ce projet de loi. Il entend poursuivre activement son plaidoyer jusqu’au terme du débat parlementaire au Sénat puis à nouveau à l’Assemblée nationale et sera particulièrement vigilant sur les dispositions des décrets qui mettront en application ce texte.




Le Grand KIFF : les inscriptions sont ouvertes !

L’aventure du Grand KIFF se prépare du 29 juillet au 2 août 2021 pour les 15-20 ans, sur le thème : la Terre en partage. Ou comment les questions environnementales et climatiques nous poussent à imaginer de nouvelles manières de vivre et de témoigner de notre foi : Heureux les doux, ils auront la terre en partage (Matthieu 5.4)… Rendez-vous sur le site du Grand KIFF pour plus d’informations et pour vous inscrire.

Illustration pour le Grand Kiff © EPUdF

Depuis 2009, l’Église protestante unie de France ancre sa dynamique jeunesse dans l’organisation d’événements nationaux conçu par et pour les jeunes : le Grand KIFF. Avec ses partenaires, l’Église affirme ainsi la place, à part entière, des jeunes au cœur de l’Église et leur propose de vivre un temps de rencontre qui leur est dédié. Cet événement offre l’opportunité à chacun de pouvoir rencontrer Jésus-Christ et cheminer dans un parcours de foi personnel notamment à travers la lecture de la Bible, des temps de louange, de musique, des animations, des jeux et de rencontres.

Le Grand KIFF se tiendra du 29 juillet au 2 août 2021 à Albi. Pour cette nouvelle édition, le Grand KIFF s’inscrit dans un partenariat privilégié avec les Éclaireurs et éclaireuses unionistes de France (EEUdF). Dans cet esprit de co-construction avec le dynamisme et l’expérience des EEUdF, en lien étroit avec les autres partenaires, le Grand KIFF sera un grand événement tant pour l’Église que pour tous les jeunes.

Ouverture des inscriptions

Les équipes de préparation travaillent pour accueillir les jeunes et leurs accompagnateurs dans de bonnes conditions en suivant un cadre sanitaire qui prend en compte plusieurs scénarios. Pour accompagner dès maintenant cette dynamique qui mène vers le Grand KIFF, les responsables de camps sont invités à effectuer une inscription d’intention de camp via le site web.

Cette déclaration d’intention est importante, même si le responsable du camp ne connaît pas encore le nombre de jeunes et le détail de son projet. Cet enregistrement permet de :

  • faire apparaître son séjour sur le formulaire d’inscription,
  • pouvoir suivre l’avancée des inscriptions pour son séjour,
  • définir le moyen de paiement pour les participants,
  • anticiper l’organisation générale.

L’équipe d’organisation du Grand KIFF est disponible pour accompagner cette inscription et la mise en place du séjour via le tchat en direct sur le site d’inscriptions ou au numéro : 09 72 33 75 43.

Dans un second temps les inscriptions individuelles seront ouvertes pour les :

  • Jeunes entre 15 à 20 ans (nés entre 2001 et 2006) du 29 juillet au 2 août et leurs accompagnateurs,
  • Jeunes adultes entre 18 à 30 ans pour l’Alter KIFF du 22 juillet au 4 août.



Les Chrétiens pourraient changer le monde

Durant la période du Carême, du 17 février au 3 avril, rendez-vous sur France Culture chaque dimanche à 16h pour une série de conférences proposée cette année par le pasteur Samuel Amédro, sur le thème « Les Chrétiens pourraient changer le monde ».

Illustration pour Carême Protestant © EPUdF

Peut-on faire Carême en étant protestant ? Tout dépend de la manière dont on envisage le Carême… Carême et protestantisme semblent ne pas vraiment aller ensemble, si on l’envisage de manière stricte et sous la forme d’un jeûne, et associer les deux termes comme le fait Carême protestant dans une série de conférences diffusées chaque année sur France Culture ne peut qu’impliquer une pratique bien différente.

Le Carême ne fait pas partie de la tradition protestante. Essentiellement pour des raisons historiques. Au tout début du protestantisme, les Réformateurs ne se sont pas prononcés à son sujet. Le carême était trop associé à un contexte de bonnes oeuvres, à un esprit de contrition contradictoire avec l’idée de Grâce. Par la suite, tout ce qui ne relevait pas de la Grâce seule a été rapidement abandonné. De ce fait, le carême est tombé en désuétude chez les protestants, qui sont, de surcroît, relativement étrangers au fait de se fixer des règles de conduite pour une période particulière.

Et pourtant, cela fait maintenant plusieurs années que les protestants retrouvent l’utilité de ce temps précédant Pâques. Il n’existe, bien entendu, aucune règle institutionnelle en la matière. Mais le Carême peut, dans notre vie chrétienne, correspondre à un temps de réflexion. Une période pendant laquelle on peut se demander, ou se redemander, ce que signifie être disciple du Christ dans notre quotidien…

Carême protestant 2021


Samuel Amedro, pasteur à la paroisse du Saint Esprit à Paris propose une série de six conférences à retrouver sur France Culture chaque dimanche à 16h durant la période de Carême :

Comment être soi dans la complexité du monde d’aujourd’hui ? Être soi face au pouvoir politique. Être soi devant le « dieu argent ». Être soi face aux rêves portés par la science. Être soi dans un monde numérique omniprésent. Être soi quand rien ne vient dévier le cours d’une catastrophe climatique. Kierkegaard aurait répondu « Tu dois aimer ! »

C’est la vocation du chrétien : ni dénonciation ni pure adhésion. Pour essayer de changer le monde, tentons ensemble une parole libre : il n’y a pas d’amour sans liberté.

C’est le défi que je voudrais relever avec vous. “Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé” (Romains 5,20)

  • 1er dimanche 21 février : « En guise d’ouverture : Soyons subversifs ! »
  • 2è dimanche 28 février : « Les chrétiens doivent-ils faire de la politique ? »
  • 3è dimanche 7 mars : « Que faire avec le dieu de l’argent ? »
  • 4è dimanche 14 mars : « La Science pourrait-elle nous sauver ? »
  • 5è dimanche 21 mars : « Les 7 défis capitaux de la culture web pour nos Églises ou comment dire l’Évangile dans un monde numérique ? »
  • 6è dimanche 28 mars : « Notre planète a-t-elle encore un avenir ? »

Les 6 conférences sont diffusées :

L’histoire de Carême protestant

1928

Le Pasteur Boegner présente sa première conférence dans sa paroisse de l’Annonciation. Il sera suivi par bien d’autres pasteurs. Pendant l’occupation, le Pasteur Boegner se battra avec la censure allemande pour que ses conférences soient retransmises par la radio. Il gagnera. Les retransmissions n’avaient pas le retentissement qu’elles ont actuellement ; les postes de radio n’étaient pas aussi nombreux.

1981

Le titre de « Carême protestant » apparaît pour la première fois – une trouvaille qui va faire une percée fulgurante dans tous les milieux et qui est maintenant déposée comme une marque. Peu à peu, le cercle des auditeurs de toutes confessions s’agrandit et comprend 25% de catholiques intéressés par la pensée protestante. Les conférences sont éditées en brochures, en cassettes audio et en CD qui connaissent un bon succès. « Carême protestant » fait partie des émissions satellites de France Culture qui couvrent l’Europe et le bassin méditerranéen, jusqu’en Égypte.

Depuis 1997

« Carême protestant » a son propre site internet, et les prédications sont proposées en intégralité aussitôt après Pâques.

 




Appel à témoins !

En 2021 le Défap fête ses 50 ans. Et pour que cet anniversaire ne soit pas qu’une simple commémoration, nous avons besoin de vous : anciens envoyés prêts à partager leur témoignage et à dire ce que leur mission pour le Défap a changé dans leur vie, paroisses prêtes à accueillir ces témoins… Nous voulons vous mettre en relation et enclencher une dynamique pour que ce Cinquantenaire soit aussi l’occasion de rencontres dans toutes les régions. Contactez-nous !

La sagesse populaire est riche d’expressions imagées, qui trouvent leur forme dans les proverbes. Des expressions dont l’apparente simplicité va parfois chercher au plus profond, au plus caché de la nature humaine ou de notre rapport au monde. Il n’est pas anodin que l’un des livres de la Bible ait pris justement cette forme et ce titre de «Proverbes»… Et s’ils semblent parfois contradictoires, les associer peut alors déboucher sur de nouvelles images d’une richesse inattendue. «Il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas», nous dit l’un ; or, un autre (inspiré, précisément, d’une parole de Jésus rapportée dans les Évangiles) nous assure justement que «la foi déplace les montagnes»…

Voilà ce qu’est la mission ! La mission est déplacement ; la mission est rencontre, et, au-delà de la rencontre elle-même, elle est foi mise en action qui permet de mettre en relation même ce qui était destiné à ne jamais se rencontrer. Elle permet de déplacer toutes nos montagnes, de réduire les distances géographiques, historiques ou culturelles, de créer des ponts là où n’existaient que des précipices.

Depuis cinquante ans, le Défap a été catalyseur de telles rencontres ; aussi, à l’occasion des célébrations de notre Cinquantenaire, nous faisons appel à vous. Vous, anciens envoyés du Nord et du Sud qui avez vécu la rencontre à travers le Défap ; vous, paroisses qui êtes prêtes à recueillir aujourd’hui leurs témoignages.

Manifestez-vous !

Vous, qui avez été envoyés un jour, hier ou avant-hier, depuis la France ou de l’étranger ; vous qui avez largué les amarres pour vivre la rencontre, le partage, la fraternité en tant qu’enseignant·e, animateur·rice, personnel médical, agronome, technicien·ne, ingénieur·e, pasteur·e, étudiant·e, groupe de jeunes, paroisse… votre expérience nous intéresse ! Nous avons besoin de vous ! Nous l’avons entendu de plusieurs d’entre vous, votre vie n’aurait pas été la même sans cet «envoi en mission». Cette expatriation a été fondatrice de vos existences. Votre regard sur les gens, sur les choses, sur le monde a changé. Alors, si la rencontre vous a déplacés durablement, osez partager votre témoignage, avec ses ombres et ses lumières ! D’autres ont besoin de le découvrir… des jeunes… et des moins jeunes aussi !

Parce que nous souhaitons que ce Cinquantenaire puisse être l’occasion de rencontres dans toutes les régions, nous proposons à d’anciens envoyés du nord et du sud, et à des paroisses, de se rencontrer. Que ces rencontres soient en présentiel, en visio ou épistolaires, l’idée est de découvrir ensemble les richesses des expressions de foi, des cultures et des parcours des uns et des autres. Pour cela, nous avons besoin de l’accord d’un maximum de personnes pour témoigner ou recueillir un témoignage afin de vous mettre en contact.

Par ailleurs, nous souhaitons aussi partager des témoignages sur les réseaux sociaux durant les 50 jours entre Pâques et la Pentecôte. Pour cela, aussi, nous avons besoin que d’anciens envoyés se portent volontaires pour que nous puissions les contacter. Alors, que vous soyez d’ancien(ne)s envoyé(e)s ou des paroisses, si vous voulez participer à cette aventure du Cinquantenaire du Défap, inscrivez-vous ci-dessous :

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    Déchaîner les foules

    Une année avec les Actes des apôtres : méditation du jeudi 11 février 2021. Cette semaine, nous prions pour nos envoyés à Madagascar.

    Raphaël : Saint-Paul prêchant à Athènes, Victoria and Albert Museum © Wikimedia Commons

    Déchaîner les foules, c’est bien… les déchaîner contre soi, c’est plus problématique.

    Les voyages de Paul ne sont pas de tout repos. Le début du chapitre 17 du livre des Actes nous le montre confronté, ainsi que ses compagnons de voyage, à un accueil pour le moins mitigé. Certains dans les synagogues, en effet, écoutent sa prédication et y découvrent un appel à la conversion, mais d’autres fomentent des troubles en choisissant de retenir seulement cette bribe de l’annonce de l’Évangile : Jésus est Seigneur. Ils accusent Paul de vouloir, en disant cela, attenter à l’autorité absolue de César en annonçant un autre roi (une accusation qui fait écho à celle du sanhédrin lorsque Jésus fut livré à Pilate en Lc 23,2), et armés de ce prétexte ils agitent la foule et les dirigeants locaux. Paul est contraint, par deux fois, de quitter discrètement les lieux. La puissance de la prédication de l’Évangile peut, en effet, déchaîner les foules… mais rien, apparemment, ne permet de prévoir dans quel sens.

    C’est après ces mésaventures que Paul arrive à Athènes, séparé de ses compagnons. Athènes, c’est le cœur de la vie intellectuelle du monde grec, le carrefour des idées les plus progressistes, des influences littéraires les plus avant-gardistes et, sous le regard horrifié de Paul, des idoles les plus variées dont les autels ornent tous les recoins de la ville.

    « Pendant que Paul attendait Sylvain et Timothée à Athènes, il était profondément indigné de voir à quel point cette ville était pleine d’idoles. Il discutait dans la synagogue avec les Juifs et avec ceux qui reconnaissaient l’autorité de Dieu, et aussi sur la place publique, chaque jour, avec les passants. Quelques philosophes épicuriens et stoïciens vinrent aussi parler avec lui. Les uns demandaient : « Que veut dire ce bavard ? » « Il semble annoncer des dieux étrangers », déclaraient d’autres, en entendant Paul annoncer Jésus et la résurrection.

    Ils le prirent avec eux, le menèrent devant le conseil de l’Aréopage et lui demandèrent : « Pourrions-nous savoir quel est ce nouvel enseignement dont tu parles ? Tu nous fais entendre des choses étranges et nous aimerions bien savoir ce qu’elles signifient. » Tous les Athéniens, en effet, et les étrangers qui vivaient parmi eux passaient leur temps uniquement à partager ou à écouter les dernières nouveautés.

    Paul, debout au milieu de l’Aréopage, prit la parole : « Athéniens, je constate que vous êtes des gens extrêmement religieux. En effet, tandis que je parcourais votre ville et que je regardais vos monuments sacrés, j’ai même trouvé un autel portant cette inscription : “Au dieu inconnu.” Eh bien, ce que vous adorez sans le connaître, je viens vous l’annoncer. Dieu, qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, est le Seigneur du ciel et de la terre, et il n’habite pas dans des temples construits par des mains humaines. Il n’a pas besoin non plus que les humains s’occupent de lui fournir quoi que ce soit, car c’est lui qui donne à tous la vie, le souffle et tout le reste. À partir d’un seul être humain, il a créé tous les peuples et les a établis sur la terre entière. Il a fixé pour eux le moment des saisons et les limites des régions qu’ils devaient habiter. Il a fait cela pour qu’ils cherchent Dieu et qu’en essayant tant bien que mal, ils parviennent peut-être à le trouver. En réalité, Dieu n’est pas loin de chacun de nous, car : “C’est en lui que nous vivons, que nous bougeons et que nous existons.” C’est bien ce que certains de vos poètes ont également affirmé : “Nous sommes aussi la descendance de Dieu.” Puisque nous sommes sa descendance, nous ne devons pas penser que Dieu soit semblable à une idole d’or, d’argent ou de pierre, produite par l’art et l’imagination humaine.

    Or Dieu ne tient plus compte des temps où les humains étaient ignorants, mais il les appelle maintenant tous, en tous lieux, à changer de vie. Il a en effet fixé un jour où il jugera le monde entier avec justice, par un homme qu’il a désigné. Il en a donné la preuve à tous en ressuscitant cet homme d’entre les morts ! » Lorsqu’ils entendirent Paul parler d’une résurrection des morts, les uns se moquèrent de lui et les autres dirent : « Nous t’écouterons parler de ce sujet une autre fois. »

    C’est ainsi que Paul les quitta. Quelques personnes, pourtant, se joignirent à lui et crurent : parmi elles, il y avait Denys, membre du conseil de l’Aréopage, une femme nommée Damaris, et d’autres encore. » Actes 17,16-34

     

    Le texte nous montre un Paul incompris par ceux qui l’écoutent : d’abord, qui sont ces deux nouveaux dieux, Jésus et la Résurrection ? Les stoïciens et les épicuriens, représentants de deux écoles philosophiques prestigieuses mais concurrentes, pourtant friands de nouveautés, ne voient pas d’un bon œil l’arrivée de cette nouvelle doctrine qu’ils traitent de « jacasseries ». Le souvenir de Socrate, condamné pour avoir importé des divinités étrangères pour corrompre la jeunesse, n’est pas loin non plus.

    Le discours de Paul devant ces intellectuels raffinés est un coup de maître. Il emprunte à leur culture des arguments philosophiques : parlant à des philosophes, il cite des philosophes. En d’autres termes, il accomplit de main de maître l’inculturation de l’Évangile, c’est-à-dire qu’il explique la bonne nouvelle en ayant recours aux catégories de pensée et à l’imaginaire de ses interlocuteurs, pour montrer comment leur culture est d’ores et déjà bouleversée par l’irruption de Dieu parmi les humains. Il trace un arc très long depuis le Dieu créateur et source de vie et le Dieu discrètement présent auprès des humains jusqu’à celui qui vient établir toute justice.

    On a l’impression que toute l’inspiration de Paul a surgi de cette image qui est restée imprimée à son imagination : l’autel dédié « au dieu inconnu », celui érigé pour le comble de la superstition puisqu’il tente ainsi d’amadouer celui des dieux qu’on aurait oublié par ailleurs. Cet autel est la trace des tentatives humaines pour s’assurer que Dieu est bien rangé dans sa boîte, suffisamment satisfait pour laisser les humains tranquilles de vaquer à leurs propres occupations – c’est une tentation de toujours. C’est comme si Paul disait : « Vous croyiez satisfaire ainsi tous les dieux possibles pour pouvoir les ignorer, mais ce que vous montrez, c’est simplement que vous ignorez qui est Dieu ».

    Tout au long de son discours, tout le monde semble l’écouter, comme si son auditoire s’y retrouvait avec des repères culturels familiers. Le dernier point soulevé, toutefois, pose problème : en effet, Dieu vient établir toute justice… mais pas n’importe comment. Il établit la justice non pas de façon abstraite, dans le ciel des idées, mais de façon très incarnée, dans la personne d’un homme qu’il a choisi et qu’il a ressuscité. C’est dans la chair que ça se passe, pas dans un ciel désincarné.

    Voilà qui échappe finalement aux repères de l’auditoire. C’est le point de bascule qui fait sortir l’Évangile du déjà-connu, de ce qui peut se penser dans les catégories habituelles. Dieu devenu homme, un homme passé par la mort et la résurrection qui vient accomplir la justice de Dieu : cela relève non pas d’un savoir propre à une culture, mais de la foi, c’est-à-dire de ce que Dieu vient lui-même accomplir en nous. Au fond, il y a toujours un point de bascule qui nous appelle à sortir de nos catégories habituelles pour entrer dans le risque de la nouveauté qu’est la foi.

    Le chapitre 17 du livre des Actes s’achève sur ces quelques mots : quelques-uns, pourtant, sont devenus croyants et ces gens ont un nom, une épaisseur humaine. L’Évangile ne reste pas dans le ciel des idées : il s’inscrit dans la chair des croyants. C’est par leurs paroles, transmises et incarnées, que l’Évangile se présente aux cultures.

    Questions pour nous tous :

    • Nous trouvons-nous parfois confrontés à une situation où nous sommes soupçonnés d’annoncer « un nouveau roi » ? cela pose-t-il problème ?
    • Quelles images s’imposent-elles à nous pour nous inspirer la joyeuse transmission de l’Évangile ?
    • Que serait, dans notre culture, cet « autel au dieu inconnu » ?
    • Comment penser aujourd’hui ce moment de bascule entre nos repères habituels et l’appel à la foi ?

     

     

    Prions :

    Notre Père,
    Tu nous as donné des frères et des sœurs d’adoption, des vrais gens, pas des images immobiles. Tu nous appelles à vivre en humain parmi des humains. Tu sais comme c’est parfois difficile.
    Tu nous as donné la parole pour annoncer quelque chose, quelque chose de radicalement nouveau, où les mots sont bien pauvres. Tu sais comme notre parole, parfois, s’épuise.
    Tu nous as donné une espérance et une force que nous n’avions pas. Tu sais que pourtant, nous avons toujours peur d’hésiter et d’être faibles.
    Tu nous as donné des histoires que nos histoires prolongent. Pourtant, parfois, nous avons peur que notre histoire s’interrompe sans connaître la fin.
    Notre Père, renouvelle en nous la fraternité, la parole simple, l’espérance et la force et surtout, aide-nous à mettre notre confiance en toi, source et fin de nos histoires.
    Amen




    La libération de la parole

    Une année avec les Actes des apôtres : méditation du jeudi 4 février 2021. Nous prions pour notre envoyée en Tunisie.

    © Maxpixel.net

    Le chapitre 16 du livre des Actes s’ouvre sur un conflit : Barnabas et Paul se sont violemment affrontés sur une question théologique (voir Ga 2,11-14) à propos d’une décision à prendre sur les relations entre croyants convertis du judaïsmes et croyants venus du paganisme, et les deux hommes sont partis chacun de leur côté. Arrivé à Lystre en compagnie de Silas, Paul recrute Timothée et le petit groupe entreprend de continuer son voyage.

    « L’Esprit saint les empêcha d’annoncer la parole de Dieu dans la province d’Asie, de sorte qu’ils traversèrent la Phrygie et la Galatie. Quand ils arrivèrent près de la Mysie, ils eurent l’intention d’aller en Bithynie, mais l’Esprit de Jésus ne le leur permit pas. Ils traversèrent alors la Mysie et se rendirent au port de Troas. Pendant la nuit, Paul eut une vision : il vit un Macédonien, debout, qui lui adressait cette prière : « Passe en Macédoine et viens à notre secours ! » Aussitôt après cette vision, nous avons cherché à partir pour la Macédoine, car nous étions convaincus que Dieu nous avait appelés à porter la bonne nouvelle aux habitants de cette contrée. » Actes 16,6-10

     

    Voilà un voyage missionnaire qui ne se passe pas sans encombre ! À Paul et ses compagnons, il est interdit de parler. Leurs projets de voyage mis en déroute l’un après l’autre, on imagine sans peine la frustration de ces porte-parole… à qui il est interdit de prendre la parole. Le petit groupe fait l’expérience de la frustration. Il est étrange de lire que c’est l’Esprit saint qui les empêche ainsi d’aller où bon leur semble pour annoncer l’Évangile et pourtant, c’est un rappel : ce n’est pas nous qui maîtrisons les conditions de réception de la parole, c’est l’Esprit. C’est Dieu qui est à la manœuvre et c’est lui qui dirige la mission, qui décide quand il y a lieu de libérer la parole qui annonce l’Évangile.

    C’est donc ailleurs que la libération de la parole aura lieu. Le petit groupe continue son chemin là où il se sent appelé et arrive en Macédoine, dans la ville de Philippes, où les choses se passent beaucoup mieux : une femme, Lydie, est convertie parce que « le Seigneur avait ouvert son cœur pour la rendre attentive aux paroles de Paul » (v. 14) et elle reçoit le baptême. Un peu plus tard, rassurés peut-être de ce que leur parole, ici, peut enfin être entendue, le groupe se trouve confronté à une autre femme, une jeune servante « qui avait un esprit de divination » (v. 16) et qui les suit partout en criant : « Ces hommes sont les serviteurs du Dieu Très-Haut : ils vous annoncent une voie de salut » (v. 17). Ce qu’elle dit est exact : ils sont bien les serviteurs de Dieu, et ils annoncent effectivement une voie de salut : le Christ. Elle se trouve donc être, bien malgré elle sans doute car ce n’est pas elle qui parle mais l’esprit qui l’habite, une voix au service de la mission. Pendant plusieurs jours, elle suit Paul et ses compagnons partout et les précède de ce message répété : ils sont les serviteurs de Dieu et annoncent un chemin vers le salut. Nous ne savons pas quel effet ces paroles ont pu avoir sur les spectateurs, par contre nous apprenons l’agacement de Paul :

    « Un jour que nous nous rendions au lieu de prière, une servante vint à notre rencontre : il y avait en elle un esprit qui lui faisait prédire l’avenir, et elle rapportait beaucoup d’argent à ses maîtres par ses prédictions. Elle se mit à nous suivre, Paul et nous, en criant : « Ces hommes sont les serviteurs du Dieu très-haut ! Ils vous annoncent un chemin qui conduit au salut ! » Elle fit cela pendant bien des jours. À la fin, Paul en fut si irrité qu’il se retourna et dit à l’esprit : « Au nom de Jésus Christ, je t’ordonne de sortir d’elle ! » Et l’esprit sortit d’elle à l’instant même. Quand ses maîtres virent s’envoler tout espoir de gagner de l’argent grâce à elle, ils saisirent Paul et Sylvain et les traînèrent sur la place publique devant les autorités. Ils les amenèrent aux magistrats romains et dirent : « Ces individus créent du désordre dans notre ville. Ils sont Juifs et enseignent des coutumes qu’il ne nous est pas permis, à nous qui sommes Romains, d’accepter ou de pratiquer. » La foule se souleva aussi contre eux. Les magistrats firent arracher les manteaux de Paul et de Sylvain et ordonnèrent de les battre à coups de fouet. Après les avoir frappés de nombreux coups, on les jeta en prison et l’on recommanda au gardien de bien les surveiller. Dès qu’il eut reçu cet ordre, le gardien les mit dans une cellule tout au fond de la prison et il leur fixa les pieds dans des blocs de bois. » Actes 16,16-24

     

    Quelle mouche a donc piqué Paul ? Était-il seulement agacé que cette femme les suive partout, prenant la parole à leur place ? A-t-il vu un danger à la laisser formuler ainsi l’annonce de l’Évangile ? Il est vrai que l’expression « Dieu Très-Haut » prête à confusion puisqu’il s’agit ici du titre attribué à n’importe quel dieu, que ce soit Zeus, le Dieu d’Israël ou n’importe quelle divinité locale. Il s’agit de ne pas se tromper de Dieu, et les paroles de Paul soulignent que sa prédication est au service du Seigneur Jésus-Christ, celui qui libère, celui qui n’est pas un Dieu ordinaire, mais un Dieu passé par l’humanité, par la frustration, par la souffrance et par la mort, rejoignant ainsi les humains pour leur offrir un salut et une libération.

    Pour avoir libéré cette femme, pour avoir annoncé ce Dieu-là, celui qui libère, Paul et ses compagnons… sont jetés en prison. C’est que les maîtres de cette femme profitaient de la situation et avaient tout à gagner à ce qu’elle continue à donner libre court à la parole de l’esprit qui l’habitait et à rester aliénée à cet esprit. Cette femme est rendue libre de parler en son nom propre et non plus au nom de ce qui l’accable – mais cela bouleverse le statu quo dont profitaient ses maîtres. Bien que la prédication de Paul n’ait représenté aucun danger pour l’ordre public, sa parole a eu un effet inattendu et la violence humaine se libère, la xénophobie aussi, les liens d’humanité sont brisés, la sanction tyrannique s’abat.

    Annoncer le Dieu de la libération ne va pas sans risque, et pourtant cette démarche va permettre à Dieu de montrer sa puissance de libération : le récit qui suit immédiatement, avec la sortie miraculeuse de la prison, nous rappelle que Dieu vient à bout de la méchanceté humaine en nous libérant de nos prisons, quelles qu’elles soient.
    Nous avons à annoncer un Dieu qui nous envoie là où nous n’avions pas forcément prévu d’aller, porteurs d’un message de libération au nom du Christ, celui qui a été libéré de la mort et qui nous précède sur nos chemins humains.

    Questions pour nous tous :

    • Quels sont les chemins barrés, ceux où nous tentons d’aller alors que Dieu nous envoie ailleurs ?
    • Quel est ce Dieu qui nous libère et nous appelle à annoncer sa puissance de libération de toutes nos prisons ? Comment parler de lui aujourd’hui ?
    • Quelles situations d’exploitation de nos contemporains sont-elles source d’une colère légitime, qui nous poussera à agir ?
    • La libération de la parole des un.e.s menace le statu quo des autres. Quelle réflexion éthique faudrait-il avoir à ce sujet ?

     

     

    Prions :

    Seigneur,
    Tu nous appelles sur des chemins inconnus. Aujourd’hui comme hier, demain comme aujourd’hui, nos pas nous mènent là où tu nous appelles.
    Tu nous libères de nos prisons. Aujourd’hui comme hier, demain comme aujourd’hui, tu te dresses comme celui qui refuse de nous laisser à nos enfermements, celui qui vient bousculer nos prisons.
    Tu nous appelles à dire qui tu es. Aujourd’hui comme hier, demain comme aujourd’hui, tu te fais proche de nous, tu nous appelles à la confiance envers toi, pour dire qui tu es dans nos vies et dans le monde.
    Seigneur, aujourd’hui comme hier, demain comme aujourd’hui, donne-nous la force de continuer à marcher avec toi, confiants et fortifiés, pour aller auprès de nos frères et de nos sœurs, les humains.
    Amen