Pourquoi des «Ateliers de la mission» ? Parce que la mission fait face à de nouveaux enjeux, qui nécessitent un nouveau témoignage ; parce que la distinction entre mission au près et mission au loin s’atténue avec la porosité des frontières ; parce que l’interculturalité se vit désormais au sein de chaque Église… Autant de problématiques qui seront au cœur du forum que le Défap organise en avril 2021, dans la foulée du colloque d’octobre 2019 qui a rassemblé au Défap près d’une centaine de représentants de l’EPUDF, de l’UEPAL et de l’UNEPREF, ses Églises fondatrices, autour du thème: «Vers une nouvelle économie de la mission: Parole aux Églises !».

«Nous avons devant nous un chantier complexe et passionnant. En même temps que le Défap réexamine son passé, ses richesses et s’interroge sur les nou­veaux contextes de sa mission, les Églises elles-mêmes, à la fois malmenées et enrichies par les défis actuels de notre monde, se posent des questions sur la manière de vivre leur(s) mission(s) aujourd’hui.

Nous avons donc tout à gagner en poursuivant en­semble notre réflexion et en bâtissant des projets com­muns. En tant que service protestant de mission de ses trois Églises fondatrices, le Défap se situe à la fois en leur cœur et à leur frontière, grâce aux relations privilégiées qu’il entretient avec des Églises d’ailleurs, à travers la Cevaa et au-delà. Cette position est riche, car elle rend attentif à la fois au trésor commun, qui est l’Évangile de Jésus-Christ, et aux différences d’expression de la foi et de la spiritualité chrétiennes. Cette attention fait naître des questions simples et profondes: sommes-nous vraiment conscients, les uns et les autres, que le christianisme, dont nous sommes tous héritiers, est un trésor en termes de spiritualité, de vision de l’homme et du monde? Peut-il y avoir un élan, un désir missionnaire sans cette convic­tion? Non pas dans un esprit de conquête, mais de par­tage, auprès comme au loin.

Un défi et une chance

Car nous apprenons chaque jour que, d’une part, le christianisme ne cesse de s’enrichir d’apports théolo­giques et spirituels venus des quatre coins du monde et des cultures, et que d’autre part nous nous inscrivons dans un monde de pluralisme religieux. Ces données nous obligent à penser, à réfléchir, à inventer, et cela représente un défi et une chance.

Lors des «Ateliers de la mission» qui se tiendront en avril 2021, après avoir revisité la mission vécue au sein du Défap et de la Cevaa depuis 50 ans, nous nous inter­rogerons sur l’actualité de la mission, intérieure comme extérieure, car elles sont désormais entrecroisées. Quelles sont nos capacités et nos modes de témoignage, impli­cites et explicites, mais aussi nos difficultés? En travaillant ensemble en atelier, autour des questions d’évangélisa­tion, de transmission intergénérationnelle, de formation interculturelle, de communication, d’entraide et de solida­rité, nous tenterons de partager de nouvelles dynamiques communes. Pour enrichir ce travail de réflexion, nous aurons la chance d’avoir avec nous des frères et sœurs venus de Suisse, du Maroc, de Tunisie, du Bénin et du Cameroun. »

Florence Taubmann

Les Ateliers de la Mission : déjà des questions

À l’heure qu’il est, nous ne savons pas si le Forum/Atelier des 9-11 avril 2021 pourra se tenir en «présentiel» et si nos invités étrangers pourront nous rejoindre. Mais nous pouvons déjà réfléchir aux questions ci-dessous.

  • Si la mission du chrétien est de partager l’Évangile, comment comprenons-nous ce partage ? Évangélisation explicite et/ou implicite au cœur des sociétés ? Pouvons-nous interroger notre désir et nos motivations ? En quoi la présence de chrétiens venus d’autres pays et d’autres cultures peut-elle changer nos manières de voir ?
  • Vivons-nous la transmission de la foi entre les générations comme une mission essentielle et universelle ? Quels freins théologiques, culturels, sociétaux rencontrons-nous ? Pouvons-nous échanger sur nos méthodes d’enseignement, nos manières de témoigner auprès des plus jeunes ?
  • Si nous considérons que le multiculturalisme est un enrichissement pour la société et les Églises, que proposons-nous pour que les nouveaux arrivants et ceux qui les accueillent puissent se rencontrer, s’expliquer, se comprendre ? Quels outils, quelles formations pour les communautés, les pasteurs, les étudiants, les professeurs ?
  • Si la mission est partage de la Parole, « de partout vers partout », elle se traduit par des projets concrets d’entraide et de solidarité. Du service de proximité au partenariat urbi et orbi, quelle articulation, quelle complémentarité, entre le croire et le faire ?