Méditation du Jeudi saint, 1er avril 2021. Nous prions pour notre envoyé au Brésil.

Les trois Marie devant le tombeau vide, par Jan van Eyck et Hubert van Eyck – vers 1425-1435 – Museum Boijmans Van Beuningen © Web Gallery of Art, created by Emil Krén and Daniel Marx

«Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller l’embaumer. Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles vont à la tombe, le soleil étant levé. Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre de l’entrée du tombeau ? » Et, levant les yeux, elles voient que la pierre est roulée ; or, elle était très grande. Entrées dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme, vêtu d’une robe blanche, et elles furent saisies de frayeur. Mais il leur dit : « Ne vous effrayez pas. Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié : il est ressuscité, il n’est pas ici ; voyez l’endroit où on l’avait déposé. Mais allez dire à ses disciples et à Pierre : “Il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit.” » Elles sortirent et s’enfuirent loin du tombeau, car elles étaient toutes tremblantes et bouleversées ; et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur.» Marc 16, 1-8

 

 

« …il n’est pas ici… » est l’expression de la résurrection dans Marc 16, 6. Il n’est plus là où ils croient le trouver. « Il vous précède en Galilée » signifie que, le maître n’est plus à trouver mais à suivre.

Sur le chemin du deuil, chaque disciple-témoin de la mort du maître devra passer du corps-du-tombeau, à la mémoire de ces paroles qui ouvre le nouveau chemin, la nouvelle étape. Le mot grec pour dire tombeau, signifie aussi mémoire. Le corps n’est plus, il reste la mémoire et le souvenir de celui avec qui ils parlaient et dont les mots résonnent encore dans leur esprit : « Rappelez-vous comment il vous a parlé quand il était encore en Galilée ». (Luc 24, 6)

Le souvenir de cette parole fait effraction dans leur deuil pour les ouvrir au monde d’une réalité nouvelle. Dans cette dernière, naît chez eux la force de rebondir, de se redresser et de reprendre les choses en main, de continuer la lutte de la vie et pour la vie. C’est la résurrection des disciples… Passage de l’espérance déçue à la foi renouvelée.

La résurrection est l’écriture de crise devant la réalité de la mort. Elle ne nie pas cette dernière mais la dépasse. Pour les disciples, tout n’est pas écrit dans la mort du maître. Une nouvelle écriture se fait jour dans la recherche de celui qu’on ne peut trouver « …Vous cherchez…, il n’est pas ici… [mais il vous trouve] ». La mort vient dire une fin en vue d’une naissance : « Tout fini afin que tout recommence, tout meurt afin que tout vive » dirait l’écrivain Jean-Henri Fabre.

 

 

Prière : Pâques, rendez-vous de l’impossible

Aube inattendue,
Déception… privée de sa raison
Aromates inutiles
Qui a roulé la pierre ?
Où est-il ?

Femmes, vos espoirs fous soudain éveillés
Ont des hommes soulevé la perplexité.
Jean s’arrête au seuil de l’obscurité,
Pierre se risque en la ténèbre du sépulcre.
Où est-il ?

« Christ est ressuscité », dites-vous,
La vie éternelle a visité notre histoire.
À ce parfum d’éternité,
Il va falloir nous habituer.

F. Taubmann et M. Wagner dans À haute voix