Méditation du jeudi 10 décembre 2020. Nous prions pour notre envoyé à Djibouti, sa famille et toute la communauté.

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Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.


Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. » Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non. » Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? » Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. » Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? » Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. » Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait.  Jean 1 : 6-8 ; 19-28

 

 

Sept fois la question est adressée à Jean Baptiste pour percer le mystère de son identité. Cet homme qui se distingue de ses contemporains par la force de sa conviction et sa volonté d’accomplir sa mission affirme qu’il n’existe que pour annoncer la venue d’un autre… Mission d’une vie…

A l’ère du développement personnel, de l’individualisme galopant, ce qui nous dérange ici, c’est de se définir par un autre, au point de ne plus exister que par et pour l’autre, serait-il le Christ. Comment être capable de vivre un tel attachement ?

S’agit-il d’une exigence démesurée qui efface tout ce qui fait de nous des êtres uniques, avec nos particularités et nos aspérités, ou simplement d’un manque de foi de notre part en Celui qui est déjà venu et qui nous invite à la joie, à la plénitude de vie, à la confiance, à l’abandon de nos petitesses pour marcher avec lui … Oserions-nous une telle confiance ? Oserions-nous lâcher ce qui nous empêche de devenir l’écho de Sa voix, transmetteurs d’amour et de réconciliation, semeurs de bénédiction et de bienveillance pour les autres ?

Cette question, chacun de nous peut l’entendre pour lui-même : qui suis-je aujourd’hui ? De qui, de quoi ma vie témoigne devant les autres ? Et de qui, de quoi ai-je envie de parler aux autres ? Celui qui est déjà venu et qui se fait attendre dans nos vies, en ce temps de l’Avent, nous appelle à être de ceux qui portent Sa voix pour redresser des vies. Telle est la puissance de sa Parole. Telle est la mission qu’il nous confie.

 

 

Nous prions avec ce texte de la Rège des diaconesses de Reuilly :

Seigneur,
Si le travail ne nous menait inlassablement
D’un amour à un autre Amour,
S’il ne servait que la finitude de ce monde,
S’il provoquait nos vanités et nos ambitions,
S’il se vidait de compassion et de paix,
Nous perdrions nos jours.

Mais, si notre prière y gagne en vérité,
Si toute la lumière d’une Présence
Toute la joie d’une prédilection,
Toute la ténacité d’une espérance
S’y gravent comme un sceau,

S’il se mue en rencontre de Dieu,
Si comme un chant victorieux
Il allège les peines,
S’il nous ouvre à l’invisible,
Partout présent,
Et nous délivre de nous-mêmes,
Si la louange- œuvre des œuvres-
Jaillit en nous tel un torrent,

Nous aurons appris l’humanité du Christ.
Le monde de l’épreuve n’aura pas encore cessé,
Mais l’éternité de l’amour aura commencé.