Une année avec les Actes des apôtres : méditation du jeudi 19 septembre 2020. Nous prions pour nos envoyés au Sénégal.

Source : Pixabay

Demeurant à Jérusalem, les apôtres de Jésus continuent de participer à la vie du Temple, situé au cœur de la ville, avec ses différents parvis, la foule de ceux qui viennent y prier, les marchands, et les mendiants qui espèrent y recevoir quelques subsides pour leur nourriture quotidienne.

Un après-midi, Pierre et Jean montaient au temple pour la prière de trois heures. Près de la porte du temple, appelée « la Belle Porte », il y avait un homme qui était infirme depuis sa naissance. Chaque jour, on l’apportait et l’installait là, pour qu’il puisse mendier auprès de ceux qui entraient dans le temple. Il vit Pierre et Jean qui allaient y entrer et leur demanda de l’argent. Pierre et Jean fixèrent les yeux sur lui et Pierre lui dit : « Regarde-nous. » L’homme les regarda avec attention, car il s’attendait à recevoir d’eux quelque chose. Pierre lui dit alors : « Je n’ai ni argent ni or, mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche ! » Puis il le prit par la main droite pour l’aider à se lever. Aussitôt, les pieds et les chevilles de l’infirme devinrent fermes ; d’un bond, il fut sur ses pieds et se mit à marcher. Il entra avec les apôtres dans le temple, en marchant, sautant et louant Dieu. Toute la foule le vit marcher et louer Dieu. Quand ils reconnurent en lui l’homme qui se tenait assis à la Belle Porte du temple pour mendier, ils furent tous remplis de crainte et d’étonnement à cause de ce qui lui était arrivé. Comme l’homme ne quittait pas Pierre et Jean, tous, frappés d’étonnement, accoururent vers eux dans la galerie à colonnes qu’on appelait « Galerie de Salomon ». Quand Pierre vit cela, il s’adressa à la foule en ces termes : « Gens d’Israël, pourquoi vous étonnez-vous de cette guérison ? Pourquoi nous regardez-vous comme si nous avions fait marcher cet homme par notre propre puissance ou grâce à notre attachement à Dieu ? Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos ancêtres, a manifesté la gloire de son serviteur Jésus. » Actes 3,1-14

 


« Saint Pierre et Saint Jean guérissant le boiteux », par Nicolas Poussin – Metropolitan Museum of Art – reproduction : Wikimedia Commons

Dans les Évangiles, les rencontres personnelles de Jésus tiennent une grande place, et sont toujours porteuses de vie, de guérison, d’espérance. La rencontre de Pierre et Jean avec l’homme handicapé s’inscrit dans la suite et montre deux choses : les apôtres ont vraiment compris qu’il n’y avait pas d’enseignement de l’évangile sans manifestation concrète de l’évangile au niveau du corps ; en leur envoyant son Esprit, Jésus leur a transmis sa « puissance » de guérison.

L’homme demande de l’argent pour survivre ; Pierre et Jean lui donnent une vie nouvelle. Il est à terre ; ils le relèvent. Il est dans la plainte ; il va se mettre à chanter et louer Dieu. Comment cela s’est-il passé ? Notons l’importance des regards échangés, puis la parole de Pierre, sa confiance, non en lui-même, mais en Dieu et dans le Nom de Jésus le Christ.
Oui Dieu fait des miracles ; la vie est un miracle quotidien, la création en témoigne sans cesse. Mais que peut-on en dire ? Même Pierre et Jean, même Jésus, intervenant auprès du Père en faveur d’un être en souffrance, sont toujours restés dans la prière et non dans la certitude. Le miracle de guérison est une espérance, et reste toujours une surprise, un cadeau, un don immérité. Une œuvre de Dieu qui trouve son sens dans l’à-venir.

Si l’Évangile nous donne une assurance, c’est que tout être humain, dans son corps, son âme et sa conscience, naît digne que Dieu lui prête attention et s’arrête auprès de lui, afin de l’inviter à partager sa liberté et sa joie.

Questions pour nous :

Comment comprenons-nous les miracles de guérison et comment en parlons-nous entre nous ? Avec les chrétiens d’autres Eglises ?

Dans quelle mesure notre foi en Dieu dépend-elle des miracles ?

Est-ce que nous croyons vraiment qu’à Dieu rien n’est impossible ?

 

 

Nous prions

Devant toi, Seigneur,
Nous pensons à toutes celles et tous ceux qui ne trouvent pas leur place
Dans le monde et dans l’Église,
Parce qu’ils se considèrent sans valeur
Parce qu’ils ont été humiliés
Parce que personne ne leur a jamais rien demandé.

Nous pensons aussi à tous ceux qui n’osent pas dire « oui »
Parce qu’ils trouvent en eux trop d’obstacles
Ou parce qu’ils n’osent pas croire que l’on a besoin d’eux.

Nous pensons à ceux que l’âge ou les infirmités empêchent de tenir leur place
Et qui se croient peut-être inutiles.

Nous pensons enfin à tous ceux dont nous avons ignoré les richesses
Ou que nous avons humiliés.
Père, aide-les à accepter la confiance que tu places en eux
Aide-les à s’appuyer sur toi
Et apprends-nous à leur donner toute leur place.

Pr Alain Arnoux