Méditation du jeudi 10 septembre 2020. Nous prions pour notre envoyé en Tunisie et sa famille.

Une année pour relire les Actes des apôtres…

« Quand le jour de la Pentecôte arriva, les croyants étaient réunis tous ensemble au même endroit. Tout à coup, un bruit vint du ciel, comme si un vent violent se mettait à souffler, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Ils virent alors apparaître des langues pareilles à des flammes de feu ; elles se séparèrent et elles se posèrent une à une sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler en d’autres langues, selon ce que l’Esprit leur donnait d’exprimer. » Actes 2,1-4

Pour la fête de Pentecôte-Shavvouot, qui célèbre le don de la Torah sur le Mont Sinaï, il est d’usage que les Juifs de la diaspora viennent en pèlerinage à Jérusalem. Luc insiste sur le caractère « international et polyglotte » de la multitude qui reçoit le témoignage des apôtres dans les rues de Jérusalem. L’action de l’Esprit-Saint, annoncé par Jésus et donné aux apôtres, permet une compréhension en profondeur des paroles prononcées.

Alors Pierre, entouré de ses onze compagnons, se lance dans un enseignement nourri des Prophètes et des psaumes sur l’histoire d’Israël, la venue de Jésus, sa mort et sa résurrection.

« Les auditeurs furent profondément bouleversés par ces paroles. Ils demandèrent à Pierre et aux autres apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? » Pierre leur répondit : « Changez de comportement et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ, pour que vos péchés vous soient pardonnés. Vous recevrez alors le don de Dieu, le Saint-Esprit. Car la promesse de Dieu a été faite pour vous et vos enfants, ainsi que pour tous ceux qui vivent au loin, tous ceux que le Seigneur notre Dieu appellera. »

Pierre leur adressait encore beaucoup d’autres paroles pour les convaincre et les encourager, et il disait : « Acceptez le salut pour n’avoir pas le sort de ces gens perdus ! » Un grand nombre d’entre eux acceptèrent les paroles de Pierre et furent baptisés. Ce jour-là, environ trois mille personnes s’ajoutèrent au groupe des croyants. » Actes 2,37-41

Bible en sérène (Sénégal) présente à la bibliothèque du Défap. Dans le monde, 7353 langues sont parlées et la Bible est traduite dans 698 d’entre elles.

Le don de la Torah au Sinaï scellait l’alliance de Dieu avec Israël. La descente de l’Esprit-Saint sur les apôtres réunis à Jérusalem symbolise son rayonnement sur tous les habitants de la terre et leur intégration dans l’Alliance renouvelée. Singulier et universel se conjuguent, donnant à chacun sa place, sa vocation personnelle et sa mission propre. Dans le monde païen de l’époque, où l’individu n’a pas une telle importance, c’est une révolution.

A la source des premières paroles, des premières conversions, de la première communauté qui s’organise à Jérusalem, on note une surprise émerveillée des auditeurs, un élan pour répéter, inviter, partager, construire ensemble l’avenir. La bénédiction portée par Abraham pour toutes les familles de la terre, l’élargissement annoncé par les Prophètes et les psaumes sont en train de prendre corps.

D’emblée, cette incarnation s’exprime dans la multiplicité des langues, et s’entend là où toutes s’entrecroisent : le langage du cœur, qui est celui de l’intelligence de la vie et de l’amour. Ceci donne à nos sociétés multiculturelles un riche horizon de compréhension et d’enrichissement mutuel. Toutes les cultures ont leurs ressources propres pour recevoir, dire, penser, chanter, danser, prier le Dieu d’Israël qui s’est fait connaître en son Fils Jésus de Nazareth. Tous les humains, quelles que soient leurs cultures, appartiennent à une seule et même humanité, aiment, souffrent, espèrent, travaillent construisent, détruisent, font la guerre et font la paix. Tous sont concernés au plus haut point par cet appel public et intime qui leur annonce qu’ils sont enfants d’un même Père, qui les aime et les veut libres, dignes et responsables de sa création.

Seule ombre au tableau, on entend dans les paroles de Pierre (v 23) une terrible accusation contre le peuple juif (son peuple), ce qui entretiendra une tradition très nocive d’antijudaïsme dans l’histoire chrétienne. Il faudra attendre la deuxième moitié du 20ème siècle pour remplacer l’enseignement du mépris par l’enseignement de l’estime.

Questions pour nous ?

Avons-nous vraiment conscience que l’expérience libératrice de l’Alliance concerne chaque être humain en tant que personne unique et précieuse aux yeux de Dieu ?

Acceptons-nous le fait que les diverses interprétations culturelles de la révélation sont toutes riches de sens et peuvent s’éclairer mutuellement ?

Reconnaissons-nous aujourd’hui la vocation et la mission singulières du peuple juif dans le monde ?

Seigneur tout puissant,

Ton Fils, notre Sauveur

Est né d’une mère juive,

Il s’est réjoui de la foi d’une mère syrienne et d’un soldat romain.

Il a accueilli les Grecs qui voulaient le voir.

Un homme d’Afrique a porté sa croix.

 

Apprends-nous à reconnaître, comme lui,

Dans les femmes et les hommes de toute origine

Des compagnons de route,

Tous héritiers de ton royaume.

Prière du Conseil œcuménique des Églises