Méditation du jeudi 5 septembre 2020. Nous prions pour notre envoyé à Djibouti et sa famille.

Une année pour relire les Actes des apôtres…

Comme pour son évangile, Luc adresse son livre des Actes à un destinataire : Théophile. Pour lui qui n’a pas été témoin direct des événements, il s’agit de construire un récit fiable, à partir de ce qu’on lui a raconté mais aussi de ses propres recherches et vérifications. Au premier chapitre des Actes, il développe le récit de l’ascension de Jésus, enlevé au ciel comme le prophète Elie, mais non sans avoir annoncé auparavant la venue de l’Esprit-Saint et assigné ses disciples à l’œuvre de témoignage à Jérusalem, en Judée, en Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre.  Et les disciples retournent à Jérusalem.

« En ces jours-là, Pierre se leva au milieu des frères, le nombre des personnes réunies étant d’environ cent vingt. Et il dit : Hommes frères, il fallait que s’accomplît ce que le Saint-Esprit, dans l’Ecriture, a annoncé d’avance, par la bouche de David, au sujet de Judas, qui a été le guide de ceux qui ont saisi Jésus. Il était compté parmi nous, et il avait part au même ministère. Cet homme, ayant acquis un champ avec le salaire du crime, est tombé, s’est rompu par le milieu du corps, et toutes ses entrailles se sont répandues. La chose a été si connue de tous les habitants de Jérusalem que ce champ a été appelé dans leur langue Hakeldama, c’est-à-dire, champ du sang.
Or, il est écrit dans le livre des Psaumes : Que sa demeure devienne déserte, Et que personne ne l’habite ! Et : Qu’un autre prenne sa charge !

Il faut donc que, parmi ceux qui nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu avec nous, depuis le baptême de Jean jusqu’au jour où il a été enlevé du milieu de nous, il y en ait un qui nous soit associé comme témoin de sa résurrection. Ils en présentèrent deux : Joseph appelé Barsabbas, surnommé Justus, et Matthias. Puis ils firent cette prière : Seigneur, toi qui connais les coeurs de tous, désigne lequel de ces deux tu as choisi, afin qu’il ait part à ce ministère et à cet apostolat, que Judas a abandonné pour aller en son lieu. Ils tirèrent au sort, et le sort tomba sur Matthias, qui fut associé aux onze apôtres. »

Acte 1, 12-26 

 

L’apôtre Matthias par l’atelier de Simone Martini (1319), Met, New York, États-Unis.

On s’imagine la panique, le sentiment d’abandon et de vide qu’ont pu ressentir les disciples, après ce temps privilégié des 40 jours où le Ressuscité les a « formés ». Seule consolation, la chaleur du groupe, la prière en commun, l’attente …

Pourtant n’y a-t-il pas quelque chose à faire ? Pierre prend la décision :  si Jésus est absolument unique, à l’inverse Judas, le traître, peut et doit être remplacé dans sa fonction. Les douze doivent être douze pour reformer le collège apostolique, et le Ps 109,8 est là pour le dire : « Qu’un autre prenne sa charge. » Cette charge est celle du « témoin de la résurrection » ; pour certains commentateurs elle sera aussi celle de trésorier. Il y aura tirage aux sorts, selon une pratique avérée dans la Bible, pour départager entre deux hommes : Barsabbas et Matthias, lequel sera désigné. Sur le plan spirituel il doit affronter deux épreuves : avoir été présent depuis le commencement sans avoir été choisi par Jésus lui-même dans le premier cercle, et être désigné par le sort pour remplacer un homme maudit.

Mais Dieu, invoqué dans la prière, fait bien ce qu’il fait. C’est certainement un homme d’une grande force d’âme qui se trouve désormais adjoint aux 11 apôtres pour assurer le témoignage de la Parole. Les traditions apocryphes en feront un martyre.

Questions pour nous ?

Que signifie être appelé pour faire partie d’un conseil ? Comment le vivons-nous, sur le plan personnel, dans notre relation à Dieu et aux autres ?

Comment comprenons-nous que nous sommes « envoyés pour un témoignage fiable ? »

Grâce te soit rendue pour ta Parole, Dieu notre Père,

Où nous recueillons la promesse de ce que tu veux nous donner toi-même.

Au milieu de nos vies agitées, troublées, connaissant parfois quelques joies

Mais si souvent de grandes épreuves du corps, de l’esprit ou de l’âme,

Tourmentées par tant de choses diverses,

Dans le tumulte du monde qui nous entoure,

Nous te bénissons de nous permettre de nous arrêter un instant

Pour écouter ce que tu as à nous dire.

Que la méditation de ta Parole mette véritablement dans nos cœurs

Une lumière nouvelle qui éclaire nos chemins et nous rende capables d’être dans le monde

De meilleurs annonciateurs de ton amour

Par notre service, notre témoignage et notre propre amour.

Pr Marc Boegner