Méditation du jeudi 30 janvier 2020. Cette semaine nous prions pour notre envoyé au Brésil et sa famille.

Puis le moment vint pour Joseph et Marie d’accomplir la cérémonie de purification qu’ordonne la loi de Moïse. Ils amenèrent alors l’enfant au temple de Jérusalem pour le présenter au Seigneur, car il est écrit dans la loi du Seigneur : « Tout garçon premier-né sera circoncis pour le Seigneur. » Ils devaient offrir aussi le sacrifice que demande la même loi, « une paire de tourterelles ou deux jeunes pigeons. »

Il y avait alors à Jérusalem un certain Siméon. Cet homme était droit ; il respectait Dieu et attendait celui qui devait sauver Israël. Le Saint-Esprit était avec lui et lui avait appris qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Messie envoyé par le Seigneur. Guidé par l’Esprit, Siméon alla dans le temple. Quand les parents de Jésus amenèrent leur petit enfant afin d’accomplir pour lui ce que demandait la loi, Siméon le prit dans ses bras et remercia Dieu en disant : « Maintenant, Seigneur, tu as réalisé ta promesse : tu peux laisser ton serviteur mourir en paix. Car j’ai vu de mes propres yeux ton salut, ce salut que tu as préparé devant tous les peuples : c’est la lumière qui te fera connaître aux nations du monde
et qui sera la gloire d’Israël, ton peuple. »

Le père et la mère de Jésus étaient tout étonnés de ce que Siméon disait de lui. Siméon les bénit et dit à Marie, la mère de Jésus : « Dieu a destiné cet enfant à causer la chute ou le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de Dieu auquel les gens s’opposeront, et il mettra ainsi en pleine lumière les pensées cachées dans le coeur de beaucoup. Quant à toi, Marie, la douleur te transpercera l’âme comme une épée. »

Il y avait aussi une prophétesse, appelée Anne, qui était la fille de Penouel, de la tribu d’Asser. Elle était très âgée. Elle avait vécu sept ans avec le mari qu’elle avait épousé dans sa jeunesse, puis, demeurée veuve, elle était parvenue à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne quittait pas le temple, mais elle servait Dieu jour et nuit : elle jeûnait et elle priait. Elle arriva à ce même moment et se mit à remercier Dieu. Et elle parla de l’enfant à tous ceux qui attendaient que Dieu délivre Jérusalem. Quand les parents de Jésus eurent achevé de faire tout ce que demandait la loi du Seigneur, ils retournèrent avec lui en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant grandissait et se fortifiait. Il était rempli de sagesse et la faveur de Dieu reposait sur lui.
Luc 2,22-40
 

Grand-mère avec bébé © Pixabay

 
Générations ancienne et nouvelle, rite traditionnel et annonce inédite, évènement joyeux et perspective tragique vont se rencontrer dans ce moment de la berit mila de Jésus à Jérusalem. Il a 8 jours, il est circoncis selon la loi de Moïse, des sacrifices sont offerts au temple. Les jeunes parents se réjouissent.

Mais deux ombres tutélaires se manifestent : un vieux sage, une ancienne prophétesse. Tous deux sont conscients de l’inouï qui surgit dans leur vie et dans l’histoire. Anne se concentre sur l’expression de la louange et de la joie. Siméon, pour sa part, a d’un côté cette magnifique parole d’abandon devant sa consolation : « Seigneur tu peux laisser mourir ton serviteur ! », et de l’autre cette douloureuse lucidité qui lui permet d’annoncer en même temps, et la joie extrême, et l’extrême douleur.

L’évangile est traversé de ce paradoxe insoluble. La vérité illumine et donne vie, en même temps qu’elle blesse et détruit ceux qui ne peuvent la supporter. Alors les âmes pures souffrent et souffriront, tout en sentant battre au plus profond d’elles la joie imprenable de Dieu. C’est sans doute incompréhensible pour qui ne l’a jamais vécu. Mais pour les êtres qui ont fait l’expérience de l’épreuve et de la souffrance, c’est l’ultime et secrète évidence de l’intimité avec Dieu : ce tu à toi de la confidence, de l’écoute, du murmure et de la caresse, comme la mère berçant l’enfant, comme l’ami parlant au creux de l’oreille à son ami. C’est sans doute cela qu’a ultimement vécu la mater dolorosa au pied de la croix, quand Jésus la confia à la tendresse infinie de l’apôtre Jean.

 

J’ai tout remis entre tes mains :
Ce qui m’accable et ce qui me peine,
Ce qui m’angoisse et ce qui me gêne,
Et le souci du lendemain.
J’ai tout remis entre tes mains.
J’ai tout remis entre tes mains :
Le lourd fardeau traîné naguère,
Ce que je pleure, ce que j’espère,
Et le pourquoi de mon destin.
J’ai tout remis entre tes mains.
J’ai tout remis entre tes mains :
Que ce soit la joie, la tristesse,
La pauvreté ou la richesse,
Et tout ce que jusqu’ici j’ai craint.
J’ai tout remis entre tes mains.
J’ai tout remis entre tes mains :
Que ce soit la mort ou la vie,
La santé, la maladie,
Le commencement ou la fin.
Car tout est bien entre tes mains.
Bien que dans l’épreuve, aujourd’hui, je crois.

prière de Patrick Richard