Méditation du jeudi 19 septembre 2019. Nous prions pour notre envoyée au Liban et pour les Églises.

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Alors je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle ; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n’était plus. Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la Jérusalem nouvelle, prête comme une mariée qui s’est parée pour son mari. J’entendis du trône une voix forte qui disait : La demeure de Dieu est avec les humains ! Il aura sa demeure avec eux, ils seront ses peuples, et lui-même qui est Dieu avec eux sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. Celui qui était assis sur le trône dit : De tout je fais du nouveau. Et il dit : écris, car ces paroles sont certaines et vraies. Il me dit : c’est fait ! C’est moi qui suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. À celui qui a soif, je donnerai de la source de l’eau de la vie, gratuitement. Tel sera l’héritage du vainqueur ; je serai son Dieu, et lui sera mon fils. Mais pour les lâches, les infidèles, les êtres abominables, les meurtriers, les prostitués, les sorciers, les idolâtres et tous les menteurs, leur part sera dans l’étang brûlant de feu et de soufre : c’est la seconde mort.
Apocalypse 21, 1 à 8

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Que ce soit dans les Évangiles ou dans l’Apocalypse, la fin des temps ne se confond pas avec un retour à l’origine, comme si s’effaçait miraculeusement l’histoire du monde et de l’humanité. Aucune idéalisation de l’innocence première au Jardin d’Eden ! Mais la vision céleste de la ville de Jérusalem, et un élan vers l’Avenir en Dieu !

Avenir qui reprend toute l’histoire mais en la purifiant, en la sortant des griffes de toutes les fatalités qui ont consacré le pouvoir du mal sur cette terre. La fin des temps, ou le temps de la fin, marque la victoire de la justice, de la bonté, de la joie ; c’est la consolation infinie des petits, des humiliés et offensés. Et le malheur de ceux qui ont commis le mal et ne se sont pas repentis. Ce temps, cette vision « eschatologique » sont fruits de l’Espérance que Dieu met au cœur des humains.

Alors nous vivons dans une double temporalité. D’une part le temps circulaire, avec le retour des jours, des semaines, des saisons, des années, de l’autre le temps directionnel, comparable à une flèche qui serait portée par la parole prophétique, et qui orienterait le regard vers le toujours nouveau. Mais pour le croyant, ces deux temps s’interpénètrent grâce à la liturgie, qui inscrit à travers ses cycles la mémoire des faits divins dans le déroulement du temps humain et cosmique.

Cette expérience liturgique régulière fait que l’espérance n’est pas orientée seulement vers les temps derniers, mais qu’elle redevient sans cesse exigence pour le temps présent. La réparation du monde, l’établissement ultime de la justice et de la paix, la consolation pour tous les affligés et offensés ne valent que s’ils fécondent la vie des humains dès aujourd’hui.

 

 

Nous prions pour notre envoyée au Liban et pour les Églises avec les mots de cette prière interreligieuse.

Ô Seigneur,

C’est dans Ton infinie miséricorde que nous cherchons le salut.
Sauve-nous et répare de Ta clémence nos imperfections
ainsi que celles de nos dirigeants et de ceux qui veillent sur nous.
Prends soin aussi de notre patrie et de tous ceux qui l’habitent,
fussent-ils musulmans ou chrétiens.

Ô Seigneur,

Toi qui règnes sur les sept cieux, du haut de Ton trône divin,
Comme Tu as choisi Marie,
que Tu as bénie entre toutes les femmes du monde,
nous Te prions de prendre le Liban et notre pays,
avec ses chrétiens et ses musulmans,
sous Ton aile bienveillante.

Pays de la convivialité islamo-chrétienne,
que le Liban soit un message adressé à toutes les nations du monde.

Purifie nos cœurs, et délivre-nous de toute rancune.
Donne-nous de triompher de nous-mêmes,
et d’aller au-delà de nos intérêts personnels,
pour n’œuvrer que pour le bien commun.
Seigneur, Toi qui entends tout,

Toi qui réponds à notre appel,
Nous Te prions de raviver en nous la mémoire de ce jour,
aussi sacré pour les musulmans que pour les chrétiens,
au Liban comme ailleurs dans le monde. Amen

Paru dans « Prions en Église » après le Synode sur le Moyen-Orient vers 2010.