Méditation du jeudi 16 mai 2019. Nous prions pour nos envoyés au Cameroun.

Ferdinand Hodler, peintre suisse 1853-1918

Un maître de la loi intervint alors. Pour tendre un piège à Jésus, il lui demanda : « Maître, que dois-je faire pour recevoir la vie éternelle ? » Jésus lui dit : « Qu’est-il écrit dans notre loi ? Qu’est-ce que tu y lis ? » L’homme répondit : « Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence. » Et aussi : « Tu dois aimer ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit alors : « Tu as bien répondu. Fais cela et tu vivras. » Mais le maître de la loi voulait justifier sa question. Il demanda donc à Jésus : « Qui est mon prochain ? » 

Jésus répondit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, lorsque des brigands l’attaquèrent, lui prirent tout ce qu’il avait, le battirent et s’en allèrent en le laissant à demi-mort. Il se trouva qu’un prêtre descendait cette route. Quand il vit l’homme, il passa de l’autre côté de la route et s’éloigna. De même, un lévite arriva à cet endroit, il vit l’homme, passa de l’autre côté de la route et s’éloigna. Mais un Samaritain, qui voyageait par là, arriva près du blessé. Quand il le vit, il en eut profondément pitié. Il s’en approcha encore plus, versa de l’huile et du vin sur ses blessures et les recouvrit de pansements. Puis il le plaça sur sa propre bête et le mena dans un hôtel, où il prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, les donna à l’hôtelier et lui dit : « Prends soin de cet homme ; lorsque je repasserai par ici, je te paierai moi-même ce que tu auras dépensé en plus pour lui. »

Jésus ajouta : « Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de l’homme attaqué par les brigands ? » 37 Le maître de la loi répondit : « Celui qui a été bon pour lui. » Jésus lui dit alors : « Va et fais de même. » Luc 10,25-37

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Voir ou ne pas voir, lequel d’entre nous ne s’est posé un jour la question dans les rues de nos villes ? Regarder ou ne pas regarder le corps, la silhouette, le visage de celle ou celui dont l’immobilité, en contraste avec notre propre mobilité, signale que quelque chose ne va pas, ou expose même une douleur, une misère, un besoin criant ? Alors, pris par le temps, ou par quelque justification autre, nous jetons un simple coup d’œil en passant, ou bien, la mine affairée, nous traversons tout simplement la route, comme le prêtre ou le lévite de la parabole. Et peut-être partageons-nous avec eux à ce moment-là une bonne dose, soit de mauvaise conscience, soit d’indifférence.

Le visage et la présence de l’autre ne nous appellent-t-il pas à autre chose ?

Suivons le samaritain : il voit et regarde l’homme blessé au bord de la route, il se laisse gagner par la compassion, s’approche, s’arrête, se penche, ouvre son bagage, y prend de l’huile, du vin et des pansements pour soigner le blessé. Il le hisse sur sa monture et le conduit jusqu’à un lieu de repos, continue de le soigner, puis devant partir il le confie à l’aubergiste en avançant de l’argent pour les soins et en annonçant qu’il va revenir.

Le Samaritain agit comme si – à ce moment-là, c’était la seule et unique chose au monde qu’il avait à faire. Est-il médecin pour avoir sur lui les ingrédients nécessaires ? Son voyage a-t-il ou non un but particulier ? Sans doute que si, puisqu’il s’absentera un temps du chevet du blessé. Tout cela resterait bien mystérieux si Jésus n’avait pour objectif de répondre à la question de son interlocuteur, et de lui enseigner, ainsi qu’à nous-mêmes, ce que signifie devenir le prochain de quelqu’un.

Quel merveilleux prochain que ce Samaritain qui, au-delà de l’émotion, comprend qu’il vit un appel, une vocation à « être » avant tout frère du frère, et que Dieu lui propose une mission humanisante, pour lui-même qui est debout comme pour celui qui est à terre. Mais aussi pour l’aubergiste dont il va requérir l’aide, même s’il le rémunère pour cela.

Cette histoire ne nous invite pas à une sorte d’héroïsme humanitaire, mais à un humanisme concret et quotidien. Celui que Jésus a incarné lors de ses allées et venues en Galilée et ailleurs, se laissant arrêter par tous ceux qui avaient besoin de lui pour qu’il les soigne.

Et quand il n’en pouvait plus, il se rendait à la montagne parler à son Père et le prier.

 

 

Nous prions pour nos envoyés au Cameroun

Seigneur Dieu
Quand autour de nous tout est désert
Quand le soir tombe et que la solitude nous guette
Viens nous nourrir de ton Pain et de ta Vie !

Quand nos mains sont vides et nos cœurs de même
Quand nous sommes perdus au plus profond de nos angoisses
Reste avec nous et restaure en nous la foi !

Tu as eu pitié de la foule et tu en as fait ton Eglise
Ton corps d’humanité, ta communauté réanimée
Tu l’as gardée près de Toi dans ta grâce et ta bonté
Tu l’as rassasiée au-delà de tout besoin
Transforme nos appétits futiles en nourriture de toi !

Quand le soir approche et que la nuit du doute
Nous laisse sans énergie et sans espoir de vie
Quand notre pain nous semble sans force et notre vie sans avenir
Que Ton Pain nous rende l’espérance et la confiance en l’avenir !
O Christ, quand tous nos amis, tes disciples, se découragent et nous lâchent

Quand la nuit épuise nos forces
Devant le trop grand nombre de nos échecs évidents
Que ta présence coule en nous comme la source d’un nouveau partage
À l’aube de chacun de nos jours ! Amen !

Prière d’après Mat 14,13-21