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Porter la croix au cœur du monde !

Date de publication : 31/08/2017

Méditation du jeudi 31 août 2017. Nous prions pour tous les migrants, que leur exil soit lié à la guerre, à des causes politiques, ou à des raisons économiques.

A partir de ce moment, Jésus se mit à parler ouvertement à ses disciples en disant :
« Il faut que j'aille à Jérusalem et que j'y souffre beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des maîtres de la loi. Je serai mis à mort et, le troisième jour, je reviendrai à la vie. »
Alors Pierre le prit à part et se mit à lui faire des reproches : « Dieu t'en garde, Seigneur ! dit-il. Non, cela ne t'arrivera pas ! »
Mais Jésus se retourna et dit à Pierre : « Va-t'en loin de moi, Satan ! Tu es un obstacle sur ma route, car tu ne penses pas comme Dieu, mais comme les êtres humains. »
Puis Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu'un veut venir avec moi, qu'il cesse de penser à lui-même, qu'il porte sa croix et me suive. En effet, celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la retrouvera. A quoi servirait-il à un homme de gagner le monde entier, si c'est au prix de sa vie ? Que pourrait-il donner pour racheter sa vie ? En effet, le Fils de l'homme va venir dans la gloire de son Père avec ses anges, et alors il traitera chacun selon la façon dont il aura agi. Matthieu 16,21-27

 


Source : Pixabay

 

Il faut que je souffre et que je meure, dit Jésus.  Est-ce devoir ? Nécessité ? Destin ? Ce pourrait être paroles d’une morale héroïque : celle de l’honneur et de la gloire. Combien de soldats sont tombés pour la patrie, s’offrant en sacrifice pour « la victoire ou la mort ! » 
A cette morale du héros, le philosophe Tvetan Todorov, dans son livre Face à l’extrême, opposait « le souci d’autrui », qui peut également conduire vers la mort, mais pour d’autres raisons. Il ne s’agit plus de défendre une idéologie, une cause, une nation … mais de soutenir, d’accompagner, de sauver si possible, des personnes concrètes. Soyons juste, il arrive souvent que les deux morales se conjuguent chez un individu, et chez les soldats, la solidarité n’est pas un vain mot.
Il existait au temps de Jésus un projet héroïque de libération vis-à-vis du pouvoir romain. Et certains pensaient que Jésus en était partie prenante. Mais il ne semble aucunement avoir été tenté par l’héroïsme.  Toute sa vie s’est orientée vers « le souci d’autrui », souci de Dieu, et souci des gens de rencontre.
En nous invitant à le suivre, à « porter notre croix », Jésus ne nous invite pas à fantasmer sur la souffrance rédemptrice et la mort héroïque, mais à inscrire sa croix à lui au cœur du monde, comme un signe de courage et d’espérance, en nous engageant à porter une attention délicate et concrète à tout ce qui touche à la vie physique, morale et spirituelle des autres.
C’est une rude responsabilité, qui peut nous conduire à sacrifier quelques biens, une part de nous-mêmes, et parfois notre vie. Mais ce qui se découvre au bout d’un tel chemin d’amour, c’est que la vie est sans cesse redonnée, en surabondance, par Celui qui est le Vivant !

 

 

Avec ce poème de Francis Bebey, du Cameroun, nous prions pour tous les migrants, que leur exil soit lié à la guerre, à des causes politiques, ou à des raisons économiques


Je suis venu chercher du travail
J’espère qu’il y en aura
Je suis venu de mon pays lointain
Pour travailler chez vous.

J’ai tout laissé, ma femme, mes amis,
Au pays tout là-bas.
J’espère les retrouver tous en vie
Le jour de mon retour.

Ma pauvre mère était bien désolée
En me voyant partir.
Je lui ai dit qu’un jour je reviendrai
Mettre fin à sa misère.

J’ai parcouru de longs jours de voyage
Pour venir jusqu’ici
Ne m’a-t-on pas assuré d’un accueil
Qui vaudrait bien cette peine ?

Regardez-moi je suis fatigué
D’aller par les chemins
Voici des jours que je n’ai rien mangé
Auriez-vous un peu de pain ?

Mon pantalon est tout déchiré
Mais je n’en ai pas d’autre.
Ne criez pas, ce n’est pas un scandale.
Je suis seulement pauvre.

Je suis venu chercher du travail
J’espère qu’il y en aura
Je suis venu de mon lointain pays
Pour travailler chez vous.

 

Anthologie africaine : poésie collection Monde noir en poche

 


Source : Pixabay

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