Retour sur le synode national de l’EPUdF

Une décision marquante sur l’écologie, la réélection de la pasteure Emmanuelle Seyboldt à la présidence du Conseil national, quatre vœux, des témoignages : ce Synode national a été un moment intense de débats et d’orientations pour l’Église protestante unie de France.

Le synode national de l’EPUdF à Sète © Défap

Huit ans après la création de l’Église protestante unie de France, le Synode national 2021 s’est tenu en deux temps : une première étape en distanciel, et une deuxième en présentiel du 22 au 24 octobre, avec la participation de 230 délégués à Sète, au centre du Lazaret. Le thème principal en était : « Écologie : quelle(s) conversions » . Ce synode a vu l’élection, pour un mandat de quatre ans, du Conseil national. Composé de vingt membres, il veille sur la vie de l’Église, la représente, en assure la gestion, nomme un certain nombre d’instances. La pasteure Emmanuelle Seyboldt, première femme élue à la tête de cette instance en 2017, a été reconduite à la présidence du Conseil national.

À l’issue de ses travaux sur l’écologie, le Synode a diffusé un texte constituant une prise de position publique à l’adresse non seulement de ses membres et des paroisses, mais aussi de la société dans son ensemble et des décideurs, appelant à des actions urgentes en faveur de la sauvegarde de la création. Ainsi, se référant « aux réflexions menées depuis des années par le Conseil œcuménique des Églises » et se disant « profondément bouleversée par la crise écologique et sanitaire que subissent tous les êtres vivants de cette terre » , l’Église protestante unie de France « interpelle les femmes et les hommes en responsabilité politique, intellectuelle et religieuse sur la lenteur, l’insuffisance voire les contradictions délibérées des discours et des actions mises en oeuvre face à l’urgence du dérèglement climatique et du recul grandissant de la biodiversité de la planète. Elle s’indigne des dérives économiques et des choix égoïstes des pays riches qui ont conduit à une situation écologique alarmante et des situations de misères insupportables. En interpellant solennellement avec d’autres les autorités publiques, les acteurs économiques, mais aussi l’ensemble des membres de l’Église, l’Église protestante unie de France veut prendre sa part de responsabilité, car elle se bat avec l’espérance en la capacité humaine à construire un avenir plus résilient en ce monde, pour tous les humains et la création. »

La table ronde du synode national sur le thème de l’écologie a été diffusée en direct ; vous pouvez encore retrouver l’enregistrement de l’échange auquel elle a donné lieu entre quatre témoins du protestantisme :
• Rachel Calvert (administratrice d’A Rocha, association protestante de conservations de la nature)
• Suzanne Chevrel (présidente des Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de de France)
• Martin Kopp (théologien, président de la commission écologie et justice climatique de la Fédération protestante de France)
• Gilles Zuberbuhler (dirigeant de Weylchem Lamotte – industrie chimique)
 

 
Synode National à Sète : Quelques questions au pasteur Robin Sautter, rapporteur : l’importance des préoccupations écologiques pour les Églises :
 




La CLCF recrute un directeur / une directrice

La Centrale de Littérature Chrétienne Francophone est une association humanitaire qui, en lien avec des institutions partenaires (DM, Défap et instituts de formation théologique protestants notamment), et dans une perspective d’échange et de partage, vise à renforcer les bibliothèques théologiques ainsi qu’à faciliter l’accès à la littérature théologique francophone, notamment en Afrique, dans le Pacifique et en Amérique latine.

La CLCF recherche pour juillet 2022 un directeur / une directrice dont la mission sera la suivante :

Missions du poste

  • Mise en lien de la CLCF avec les instituts de formation théologique et pastorale partenaires ainsi qu’avec les Eglises qui les portent (visites sur place, confection des catalogue des livres mis à disposition, site de la CLCF)
  • Mise en place/suivi de formations de bibliothécaires ou d’aides bibliothécaires avec les équipes locales – accompagnement de ces équipes (Madagascar, Cameroun, Bénin et Congo-Rwanda) ainsi que du réseau qu’elles forment ensemble
  • Constitution du fonds documentaire et expédition des livres
  • Suivi administratif et financier avec l’appui d’un.e comptable

Profil du poste

  • Théologien.ne (niveau master ou plus)
  • Intérêt pour les livres et la bibliothéconomie
  • Expérience dans les relations interculturelles, adaptabilité
  • Sens du travail en équipe et en réseau

Candidature

Adresser CV et lettre de motivation à la présidente de la CLCF :
Claire-Lise Oltz-Meyer
8 rue de l’Eglise 67800 HOENHEIM
clairelise.oltzmeyer@orange.fr
 

 

Modalités de recrutement

  • Date limite de dépôt des candidatures le 30 novembre 2021
  • Entretiens prévus dans la première quinzaine de décembre
  • Entrée en fonction : juillet 2022
  • Type de contrat et rémunération : CDI temps partiel envisagé (75% minimum)
  • Bureau basé en Alsace



À Beyrouth, des réfugiés dont nul ne veut

Dans un pays, le Liban, qui fait naufrage, les réfugiés venus d’Irak et surtout de Syrie voient leur condition devenir dramatique : 9 sur 10 survivent sous le seuil d’extrême pauvreté, sans statut (le Liban n’étant pas signataire de la Convention de Genève sur les réfugiés), et en butte à des marques d’hostilité croissante. C’est pour permettre aux plus vulnérables d’entre eux d’être accueillis en France que vient d’être renouvelé le dispositif des « couloirs humanitaires ».

Vue du camp de réfugiés palestiniens de Chatila, en place depuis 1948 : l’un des lieux où intervient Soledad André © Soledad André pour Défap

 

Après 10 ans de crise, la vie est plus difficile que jamais pour les Syriens déracinés. L’onde de choc mondiale générée par la photo du petit Alan Kurdi, 3 ans, retrouvé noyé sur une plage de Turquie le 2 septembre 2015, a certes provoqué une prise de conscience de la nécessité d’éviter les « voyages de la mort » à travers la Méditerranée ; elle a été notamment à l’origine du projet des « couloirs humanitaires », né en Italie d’une initiative œcuménique avant d’être étendue en France… Mais qu’en est-il aujourd’hui ?

Depuis 2011, des millions de Syriens ont dû fuir les combats, soit à travers leur propre pays, soit en tentant d’atteindre les pays voisins comme la Turquie, le Liban ou la Jordanie. On estime qu’ils sont environ 5,6 millions répartis aujourd’hui dans ces trois pays, dont 1,5 million pour le seul Liban, petit pays de 6 millions d’habitants. En Syrie même, Bachar al-Assad, après avoir repris le contrôle de la majorité du territoire, réclame leur retour – ce que la plupart d’entre eux redoutent, craignant d’être enrôlés dans l’armée ou arrêtés par les services de renseignement. Les autorités libanaises ont officiellement soutenu cette position et affirmé que les conditions en Syrie étaient propices à ce retour, allant à l’encontre de la position du HCR, le Haut-Commissariat aux Réfugiés de l’Onu.

L’impossible retour en Syrie

Dans un pays en déroute, le Liban, les réfugiés syriens font ainsi partie des plus fragiles parmi les fragiles. Sans statut officiel, sans structure pour les accueillir, sans moyen de subsistance, ils se retrouvent au centre de tensions politiques croissantes après avoir fui la guerre dans leur pays. Il faut dire que le Liban lui-même connaît une crise considérée comme sans équivalent depuis 1850, selon la Banque Mondiale : entre la crise du Covid-19, l’explosion du port de Beyrouth, une crise économico-politique qui a mis en lumière la corruption de l’ensemble de la classe dirigeante et a fait basculer les trois-quarts des Libanais dans la pauvreté, la plupart des habitants du pays survivent aujourd’hui au jour le jour, entre coupures d’électricité (les centrales n’étant plus alimentées en hydrocarbures), impossibilité de se procurer des biens de première nécessité (devenus inaccessibles du fait de l’inflation, qui a atteint 131,9% au cours des six premiers mois de 2021) ou d’obtenir de l’essence pour se déplacer ou du fioul pour leurs générateurs. Près d’un quart des Libanais vivent même sous le seuil d’extrême pauvreté, avec moins de 2 dollars par jour. Le PIB du Liban a chuté d’environ 55 milliards de dollars en 2018 à 20,5 milliards de dollars prévus en 2021, tandis que le PIB réel par habitant a chuté de 37,1%. Une baisse aussi brutale, note la Banque Mondiale, est généralement associée à une situation de guerre.

Face à la violence de cette crise, la réponse des autorités publiques a été molle et inefficace ; la Banque Mondiale elle-même souligne la toxicité du « consensus politique de préserver un système économique en faillite qui a profité à quelques-uns pendant très longtemps ». En revanche, la question des réfugiés syriens devient de plus en plus facilement un exutoire. Il leur a notamment été reproché d’avoir accès à des aides d’ONG internationales, voire de constituer une main d’œuvre à bas coût et de faire baisser le salaire des Libanais – un ressentiment exploité sans vergogne par certains politiques libanais. La crise sanitaire a renforcé ces tensions, certaines municipalités en profitant pour mettre en place des mesures applicables aux seuls réfugiés syriens, comme des couvre-feux. Et les discours politiques réveillent parfois le spectre des « réfugiés palestiniens » arrivés entre 1948 et 1967, un épisode qui avait fortement déstabilisé le Liban.

Comment vivent donc les réfugiés syriens dans un pays qui fait naufrage ? Près de 9 sur 10, selon les estimations du HCR, survivent sous le seuil d’extrême pauvreté. Un foyer sur deux est en insécurité alimentaire et certains en situation de famine et sans accès aux soins. En outre, ils ne bénéficient pas du statut de réfugié au Liban, pays qui n’est pas signataire de la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés. Le gouvernement libanais les considère comme des « personnes temporairement déplacées ». Faute de solutions durables sur le territoire libanais et à défaut de pouvoir rentrer en Syrie, un grand nombre de ressortissants syriens font des demandes d’asile auprès des consulats de pays membres de la Convention de 1951. Mais obtenir un visa humanitaire est souvent une épreuve hors de portée pour ces réfugiés, même s’ils remplissent toutes les conditions requises. C’est précisément là qu’intervient Soledad André, chargée de mission pour la FEP et présente à Beyrouth en tant qu’envoyée du Défap, sous statut VSI : elle aide à constituer les dossiers, et pour cela doit recueillir des témoignages, reconstituer comme des puzzles des parcours jalonnés de violences et de traumatismes ; il lui faut ensuite prévoir les conditions d’accueil des familles en France, et les accompagner dans l’avion jusqu’à Paris… Une tâche qui prend de plus en plus d’ampleur, et face à laquelle la Fédération des Églises évangéliques italiennes, l’un des partenaires d’origine du projet, peine à maintenir son engagement. Voilà pourquoi le Défap a envoyé récemment une autre volontaire au Liban.




EPUdF : un synode national à Sète sur le thème de l’écologie

Cette deuxième session 2021, après une première session qui s’était tenue le 13 mai en multiplex, aura lieu du 22 au 24 octobre au Centre du Lazaret à Sète. Le thème « Écologie : quelle(s) conversion(s) ? », sujet du synode national, avait été choisi par le Conseil national pour répondre à une demande exprimée à plusieurs reprises lors des synodes nationaux et régionaux.

© EPUdF

Huit ans après la création de l’Église protestante unie de France, le pasteur Denis Petit, modérateur de cette session synodale, accueillera les 230 délégués venant des neuf régions ainsi que des invités de France et d’Europe. Il conduira leurs travaux, nourris par divers rapports sur la vie de l’Église et le renouvellement du Conseil national et des commissions synodales. Le thème principal du synode est : « Écologie : quelle(s) conversions« . À l’issue de ses travaux, le synode adressera un message aux paroisses et des recommandations à l’intention des responsables politiques et religieux en France. Le vendredi 22 octobre à 20h30, le pasteur Robin Sautter et Antoine Rolland, rapporteurs du thème synodal animeront une table ronde publique, relayée en direct sur les réseaux sociaux, qui donnera la parole à quatre témoins du protestantisme :

  • Rachel Calvert (administratrice d’A Rocha, association protestante de conservations de la nature)
  • Suzanne Chevrel (présidente des Eclaireuses et Eclaireurs Unionistes de de France)
  • Martin Kopp (théologien, président de la commission écologie et justice climatique de la de la Fédération protestante de France)
  • Gilles Zuberbuhler (dirigeant de Weylchem Lamotte – industrie chimique)

Le pasteur Arnaud Van Den Wiele assurera l’aumônerie du Synode. Le culte de clôture dimanche à 11h accueillera 23 nouveaux pasteurs (10 hommes et 13 femmes), récemment ordonnés dans leur ministère et la reconnaissance de ministère du nouveau Conseil national et de la Commission des ministères.

La sauvegarde de la création au cœur des réflexions des Églises

Si au niveau international, les initiatives chrétiennes en faveur de la sauvegarde de la création sont déjà nombreuses, au niveau français aussi, les Églises s’engagent. Depuis 2015, la Fédération Protestante de France a mis en place une démarche de plaidoyer et a créé une commission Écologie et Justice climatique. Elle est aujourd’hui présidée par Martin Kopp. Le Défi Michée porte quant à lui des appels très concrets liant écologie et justice sociale. On peut citer encore le mouvement Chrétiens unis pour la terre, qui a co-organisé les Assises chrétiennes de l’écologie à Saint-Étienne, ou la démarche initiée par le label «Église verte». Avant ce Synode national de l’EPUdF, le thème de l’écologie avait été débattu lors des Synodes régionaux – des réunions auxquelles le Défap avait participé, comme il le fait chaque année.

Ce qui pose la question : et la mission dans tout ça ? On ne peut tout simplement pas imaginer l’annonce de l’Évangile déconnectée des motifs d’inquiétude et de souffrance de l’humanité. Perspectives Missionnaires, unique revue de missiologie dans l’espace protestant francophone, avait d’ailleurs consacré fin 2014 un numéro entier aux défis de l’écologie (PM n°69 : «Héritiers et témoins d’une terre promise»). Au Défap aussi, la préoccupation de la sauvegarde de l’environnement est donc bien présente. Elle fait partie intégrante du programme de travail établi depuis 2015, et se retrouve à travers un certain nombre de projets : c’est le cas du soutien apporté à l’association Abel Granier, qui intervient en Tunisie sur les problématiques de désertification. C’est le cas du partenariat établi avec l’ALCESDAM, Association pour la Lutte Contre l’Érosion, la Sécheresse et la Désertification au Maroc, qui depuis trente ans intervient dans les zones de palmeraies de la province de Tata. Le Défap a aussi régulièrement des envoyés au sein du projet Beer Shéba à Fatick, au Sénégal, centré sur l’agro-foresterie durable. Il est l’un des membres fondateurs du Secaar (Service chrétien d’appui à l’animation rurale), un réseau de dix-neuf Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe, présent dans une douzaine de pays, qui met en avant parmi ses principaux axes de travail l’agroécologie et le respect de l’environnement, en lien avec les droits humains.




Un nouveau président et une nouvelle SG pour la Cevaa

Après un report en 2020 du fait des contraintes sanitaires, l’Assemblée Générale de la Cevaa s’est tenue du 4 au 8 octobre 2021 en distanciel, les restrictions de circulation entre pays ne permettant toujours pas à tous les délégués des 35 Églises de se réunir physiquement. Elle a élu un nouveau président, le pasteur Michel Lobo, qui succède à Henriette Mbatchou, et une nouvelle Secrétaire Générale, la pasteure Claudia Schulz, qui succède au pasteur Célestin Kiki.

À gauche : le nouveau président de la Cevaa, le pasteur Michel Lobo (EMU-CI) ; à droite, la nouvelle Secrétaire Générale, la pasteure Claudia Schulz (UEPAL) © DR

C’est une Assemblée Générale exceptionnelle dans sa forme, une AG par temps de Covid, qui s’est tenue du 4 au 8 octobre 2021 et a vu le renouvellement des instances de la Cevaa. Si le temps n’est plus au confinement en France et dans les pays européens voisins, les restrictions de circulation entre pays n’en demeurent pas moins très réelles ; et les délégués des Églises membres de la Communauté d’Églises en mission auraient eu les plus grandes difficultés à se retrouver tous en Suisse, pays qui devait initialement les accueillir. Il a donc fallu adapter le format des rencontres : débats en visioconférence, durée de l’Assemblée Générale raccourcie à 4 jours… Au final, après un report en 2020 du fait de la situation sanitaire, l’AG a pu se tenir en « distanciel », sans les rencontres informelles entre délégués qui permettent d’échanger sur la situation et les défis des diverses Églises, mais néanmoins dans de bonnes conditions techniques, qui ont été saluées par les participants.

La Cevaa, c’est cette communauté de 35 Églises, présentes sur 4 continents, au sein de laquelle se développent la plus grande partie des relations établies par le Défap. Issue elle aussi de la Société des Missions Évangéliques de Paris et née elle aussi en octobre 1971, elle célèbre également cette année son cinquantenaire anniversaire, qu’elle a tenu à marquer par des concours de chants et de dessins, et par la prochaine publication d’un recueil de prières et de méditations issues des différentes Églises de la Communauté.

Renouvellement des instances de la Cevaa

Cette onzième Assemblée Générale a vu le renouvellement des instances de la Cevaa : nouveau Conseil Exécutif, nouveau Président, nouvelle Secrétaire Générale. C’est désormais le pasteur Michel Lobo, de l’Église Méthodiste Unie-Côte d’Ivoire, qui présidera la Communauté, succédant à Henriette Mbatchou. Vous pouvez retrouver ci-dessous une interview de lui diffusée sur le site de la Cevaa en 2017, alors qu’il était membre du Conseil Exécutif, et dans laquelle il insistait sur l’honneur et la responsabilité que représentait le fait de siéger ainsi dans les instances de la Communauté :

La pasteure Claudia Schulz, de l’UEPAL, devient pour sa part Secrétaire Générale, succédant au pasteur Célestin Kiki. C’est sa première entrée dans les instances de la Cevaa ; elle sera officiellement en fonction en septembre 2022, à l’issue d’une année de « tuilage » au cours de laquelle elle pourra se familiariser avec tous les enjeux de la Communauté. Actuellement en poste à la paroisse de Hautepierre, référente Mosaïc dans l’Eurométropole de Strasbourg, elle connaît bien les défis et les richesses des relations multiculturelles. Elle est aussi en lien avec le Défap et a pu notamment participer, suite à des échanges avec Pierre Adarna Faye, alors vice-président de l’ELS (Église luthérienne du Sénégal), à la mise en place d’un projet d’accompagnement d’activités génératrices de revenus pour les pasteurs dans ce pays. Elle sera le vis-à-vis du Conseil Exécutif auquel elle rendra compte de la bonne marche du Secrétariat. Également chargée des relations institutionnelles, de la communication interne et externe, ainsi que des questions de justice et des droits de l’homme, elle aura pour responsabilité de développer et d’entretenir des réseaux de vigilance pour le respect des droits humains, contre toute forme d’oppression et de discrimination, et pour la sauvegarde de la création.

À noter que le pasteur Enno Strobel, également de l’UEPAL où il est responsable du service Mission, et présent dans les instances du Défap, siégera aussi au Conseil Exécutif. Et au cours de cette Assemblée Générale, il a aussi été discuté du thème : « Cevaa – Maintenons la flamme! », sous lequel était placée cette année de cinquantenaire et qui intéresse toute la Communauté. Les Églises et les paroisses ont été encouragées à s’emparer de ce thème jusqu’à la prochaine AG, afin d’approfondir leur engagement dans la Cevaa.




Les futurs pasteurs ont rendez-vous au Défap

Parmi les étudiants en théologie, le Défap reste trop souvent méconnu. D’où l’idée de rencontres pour mieux faire connaître ses rôles et les outils qu’il peut apporter aux Églises : cette semaine, quatorze étudiants de l’IPT en master pro, en formation à Paris et se destinant à devenir pasteurs au sein de l’Église protestante unie de France, vont visiter le 102 boulevard Arago et rencontrer l’équipe des permanents.

Ils sont quatorze et achèveront bientôt leur formation de pasteur ; d’ici quelques mois, ils seront chacun en poste dans une des paroisses de l’Église Protestante Unie de France (EPUdF). Ces étudiants en master pro de l’Institut Protestant de Théologie (un cycle commun aux facultés de Paris et de Montpellier) sont présents dans la capitale pour une semaine, à l’occasion de leur session de mai – l’une des dix sessions que comporte leur formation sur le thème «Église et société». Une formation et une arrivée en paroisse qui ont lieu dans un contexte bien particulier, celui de la crise sanitaire et de tout ce qui l’entoure en termes de liens sociaux qui se distendent, de restrictions de circulation ou de rassemblement – ce qui n’épargne pas l’exercice des cultes ; mais ce contexte est aussi marqué par un raidissement perceptible entourant les libertés religieuses, avec le vote de la loi «confortant le respect des principes de la République», dont la Fédération Protestante de France a largement dénoncé et continue à souligner les risques. Ces évolutions législatives et leurs implications dans la vie des Églises figurent d’ailleurs au menu de la formation des étudiants en master pro.

Impact du Covid-19, relance des débats sur la laïcité : des défis qui s’ajoutent à ceux que connaissent déjà les Églises et auxquels les futurs pasteurs seront confrontés dès leur arrivée en paroisse. L’un de ces défis étant souvent constitué par les transformations profondes que connaissent nombre de communautés, qui, notamment dans les grandes agglomérations, sont de plus en plus hétérogènes et voient se rassembler des paroissiens issus de pays, de contextes culturels et ecclésiaux très différents : un protestantisme de plus en plus divers tant par ses origines géographiques que par ses manières d’exprimer sa foi ou de vivre en Église, d’où l’enjeu accru représenté par les relations interculturelles.

Les nouveaux enjeux du métier de pasteur

Habituellement, ces sessions de mai des master pro ont lieu à la faculté de Paris, au 83 boulevard Arago ; mais, contexte oblige, celle de mai 2021 se tient au Défap, au 102. L’occasion de contacts accrus avec l’équipe du Service protestant de mission, qui, de par ses relations avec les Églises protestantes tant au près qu’au loin, tant en France que dans une vingtaine de pays, connaît bien les enjeux des relations interculturelles. Un repas commun est d’ailleurs prévu en fin de semaine, ainsi qu’une visite guidée – notamment de la bibliothèque, qui recèle une fonds irremplaçable sur l’histoire des missions protestantes – et un temps d’échange avec les permanents du Défap.

Voilà plusieurs années que ces visites des master pro sont organisées au 102 boulevard Arago ; la pasteure Tünde Lamboley, responsable de la formation théologique, et qui avait initié un rapprochement avec l’IPT à travers une série de «déjeuners-cultes», avait en effet constaté que le Service Protestant de Mission restait encore trop souvent méconnu parmi les étudiants. D’où cette idée d’un temps de rencontre et d’échanges, approuvée par Élian Cuvillier, qui outre son rôle de directeur des études à l’IPT-Montpellier, est également, depuis juillet 2017, directeur du master professionnel des deux facultés. Il a déjà eu l’occasion de dire, lors d’une de ces visites, qu’il considère le Défap comme «un rouage essentiel de l’Église», avec lequel ses étudiants, en tant que futurs pasteurs, «seront nécessairement amenés à travailler».

Au menu de la rencontre : un survol de l’histoire du Service Protestant de Mission et de ses rôles actuels ; une présentation de son organisation et des missions des divers membres de l’équipe ; une discussion libre et des questions-réponses… Afin que les futurs pasteurs, une fois en poste, sachent déjà ce que le Défap peut leur offrir et quels outils il peut leur apporter.

 

Devenir pasteur
Le master 2 en théologie appliquée (Cycle M2ThA) est une formation universitaire commune aux Facultés de Paris et de Montpellier qui prend en compte la pratique, l’expérience et l’engagement concrets. Il est requis pour être pasteur.e de l’Église protestante unie de France (EPUdF). Poursuivant un triple objectif théologique, professionnel et personnel, il met en œuvre la triade pédagogique : savoir, savoir-faire et savoir-être. Il comprend un stage, des séminaires et la rédaction d’un rapport de stage. Au terme de ce temps d’études, et après accord de la Commission des ministères, le.a candidat.e au ministère pastoral fait son « proposanat ». Ce dernier est une période probatoire d’une durée de deux ans, dans une Église locale ou une paroisse. Une fois le proposanat achevé et après accord de la Commission des ministères, le nouveau / la nouvelle pasteur.e est ordonné.e – reconnu.e dans son ministère puis inscrit.e au rôle des ministres de l’EPUdF. La Commission des Ministères a réalisé une brochure à destination des étudiant.e.s désirant devenir pasteur.e.s : «Pour devenir pasteur, un parcours avec la Commission des ministères». Il est possible de la consulter sur le site de l’EPUdF sous format pdf.



Covid-19 : une cérémonie en communion avec le Cameroun

Ce vendredi saint, 2 avril, une prière a eu lieu de 13h à 14h dans la chapelle du Défap, avec les pasteurs des communautés camerounaises en France EPC, EPA, EEC, UEBC en signe de solidarité avec les familles et les Églises mères qui ont perdu 13 pasteurs à cause de la pandémie de Covid-19.

Depuis plus d’un an, la pandémie de Covid-19 ne s’est pas seulement traduite par des fermetures de frontières, des activités réduites dans de multiples domaines – et dans le milieu des Églises, par des difficultés nouvelles à maintenir les liens ; elle s’est aussi et surtout traduite par de multiples drames humains – et là encore, les Églises n’ont pas été épargnées plus que le reste de la société.

Prier ensemble, face à ce défi commun et pour toutes les victimes de la pandémie, c’est aussi une manière d’être en lien ; et la cérémonie qui s’est tenue ce vendredi saint, 2 avril, au Défap, a permis de réunir des pasteurs de diverses communautés protestantes camerounaises présentes en France. Elle avait été organisée en signe de solidarité avec les familles et les Églises mères qui ont perdu 13 pasteurs au cours de l’année du fait de la pandémie. L’un des plus récemment disparus étant le pasteur Samuel Désiré Johnson, bien connu au Défap puisqu’il avait été Secrétaire exécutif chargé de l’Animation au sein de la Cevaa, et qu’il faisait également partie de l’équipe de rédaction de la revue Perspectives Missionnaires.

Cette cérémonie de prière a ainsi rassemblé des pasteurs de l’EPC (l’Église presbytérienne camerounaise), de l’EPA (l’Église protestante africaine), de l’EEC (l’Église évangélique du Cameroun) et de l’UEBC (l’Union des Églises baptistes du Cameroun), autant d’Églises avec lesquelles le Défap est en lien et qui sont présentes en France à travers diverses communautés, parfois nombreuses (elles sont par exemple plus d’une vingtaine en France liées à l’EPC). Elles sont aussi toutes membres du Cepca, le Conseil des Églises protestantes du Cameroun avec lequel avait été organisée cette prière, qui représente onze Églises luthériennes, réformées, baptistes et anglicanes. Anciennement nommé Fédération des Églises et Missions évangéliques du Cameroun (Femec), il est l’un des principaux partenaires du Défap dans le pays.

Cette prière s’est déroulée de 13 heures à 14 heures dans la chapelle du 102 boulevard Arago, avec la participation de :

  • Pasteur MOUNYEMB TENWO (EPA)
  • Pasteur DIN KALLA Marie Louise (UEBC)
  • Pasteur Michel Samè DIKONGUE (UEBC)
  • Pasteur DONGMO Hervé (EEC)
  • Pasteur TILLIET Colette (EPA)
  • Pasteur TJOMP Jacques (EPC)
  • Pasteur NGWEM Isai (EPC)



Célébration œcuménique du Vendredi saint

Découvrez la bande annonce de cet évènement à suivre sur France 3 Alsace et France 3 Lorraine le 2 avril à 10h45, et auquel participe l’UEPAL, l’une des trois unions d’Églises membres du Défap.

Le Diocèse de Strasbourg et l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine font mémoire de la Passion et la crucifixion de Jésus-Christ en la cathédrale Notre dame de Strasbourg, pour accompagner celles et ceux qui ne pourront se déplacer à l’église en cette période si particulière.

Cette célébration est retransmise sur France 3 Alsace et France 3 Lorraine, le vendredi 2 avril à 10h45. Également sur les chaînes Youtube respectives du Diocèse de Strasbourg et de l’UEPAL.

L’Alsace est une terre profondément attachée à l’œcuménisme. Monseigneur Luc Ravel, Archevêque de Strasbourg et le pasteur Christian Krieger, Président de l’Église protestante réformée d’Alsace et de Lorraine et vice-président de l’UEPAL, invitent à cette célébration conduite par l’Archiprêtre Michel Wackenheim et la pasteure Bettina Schaller et manifestent ainsi leur désir d’être en union de prière avec tous ceux qui pourront suivre cet évènement à la télévision.

« Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (LUC 23, 34)

À partir de ce verset de la Bible, les deux confessions chrétiennes vous proposent une célébration où alterneront gestes symboliques, temps de méditations et moments musicaux.

Les participants : Charlotte Sonnendrücker, Christian Albecker et Michaël Mailfert.
« Quatuor Anapnoè », avec Nathalie Gaudefroy, soprano, Anne-Juliette Meyer, alto, Jean-Philippe Billmann, ténor, et Xavier Bazoge, basse. Il sera accompagné par Sara Taboada, clarinette, Tristan Lescêne, violoncelle, et Daniel Leininger, orgue.
Conception musicale : Daniel Leininger.




Décès du Rev. Dr. Samuel D. Johnson

Le révérend docteur Samuel D. Johnson est décédé mercredi 24 mars, à l’âge de 58 ans. Il avait œuvré pour la Communauté Cevaa pendant douze années, jusqu’en 2020, au poste de Secrétaire Exécutif chargé du pôle Animations. Notre compassion et nos pensées les plus émues vont à la famille du Pasteur Johnson, son épouse et ses trois filles. Nous adressons également nos sincères condoléances à toute l’Union des Églises Baptistes du Cameroun.

Le Révérend Dr. Samuel Désiré JOHNSON lors du Conseil Exécutif d’avril 2017, Cotonou © Cécile Richter

C’est avec une tristesse infinie que nous vous avons appris le décès soudain du Révérend Dr. Samuel Désiré JOHNSON,

Ancien Secrétaire Exécutif de la Cevaa chargé du Pôle Animations (2008-2020)

Pasteur de l’Union des Églises Baptistes du Cameroun,

Docteur en Théologie de l’Université de Hambourg en Allemagne,

Chercheur associé à l’IPT/Faculté de Théologie de Montpellier,

Chercheur associé au Centre Maurice Leenhardt de recherches en missiologie,

Ancien enseignant et doyen de l’Institut Baptiste de formation théologique de Ndiki (IBFTN) au
Cameroun,

Ancien Membre du Conseil Scientifique de l’Institut Œcuménique de Théologie Al Mowafaqa au Maroc.

« De son passage à la Cevaa, a souligné la Communauté d’Églises en mission, nous n’oublierons pas son impulsion décisive pour la mise en place et le développement de la formation AEBA, sa collaboration continue avec les Églises en vue du renforcement de l’animation théologique, son attachement à l’histoire de la Communauté Cevaa et de ses Églises-membres, et la relecture de cette histoire à la lumière de l’actualité. Toutes ses œuvres sont un témoignage durable de sa vie ici-bas. »

Le Président du Défap, le pasteur Joël Dautheville, a fait part de la communion du Service protestant de mission dans un message adressé à Henriette Mbatchou, présidente de la Cevaa, et au pasteur Célestin Kiki, Secrétaire général de la Cevaa : « Le Défap avec son équipe se joint à moi pour vous adresser, ainsi qu’à son épouse, sa famille, son Église et toute l’équipe de la Cevaa, ce message très fraternel à l’occasion de cette dure épreuve.

Nous disons à Dieu notre reconnaissance pour ce qu’il a pu apporter dans son ministère et puisons dans les Écritures le souffle de l’espérance en Christ comme l’exprime Paul en Romains 8 : Car je suis persuadé que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances, ni les êtres d’en-haut, ni ceux d’en-bas, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Christ-Jésus notre Seigneur.

Nous sommes en communion de prière avec vous. »

Les obsèques du révérend Samuel Désiré Johnson auront lieu le 29 mars 2021 à 14h30, en simultané, à la fois au cimetière protestant de Montpellier, à l’Église catholique de Yaoundé et à l’Église baptiste de Douala, qui était son Église d’origine.




La mission en débat aux synodes de l’EPUdF

Quelle mission pour l’Église de demain ? Sous quelle forme ? Quelles relations entre mission au près et au loin ? Autant de questions que l’Église protestante unie de France a décidé de placer au cœur de ses synodes régionaux de 2021 et de de son synode national de 2022. Elle a d’ores et déjà mis en ligne un dossier «Mission de l’Église et Ministères» destiné aux Églises locales.

© EPUdF

Les questions sur la mission, tous les organismes missionnaires y sont aujourd’hui confrontés, dans un temps qui connaît des évolutions de plus en plus rapides et de grande ampleur. Et ce qui est vrai des organismes missionnaires l’est tout autant des Églises elles-mêmes – et au sein du monde protestant, c’est tout particulièrement vrai des Églises dites «historiques». En témoigne le dernier numéro de Perspectives Missionnaires, unique revue de missiologie protestante dans le monde francophone, qui s’attache précisément aux questionnements auxquelles la mission fait face dans le contexte européen.

Au Défap, la réflexion est engagée depuis mars 2018, lorsque son président, Joël Dautheville, avait lancé un appel en faveur d’une dynamique refondatrice dans son message à l’ouverture de l’Assemblée générale. Une réflexion qui ne peut bien sûr être indépendante de celle des Églises constituant le Service Protestant de Mission. Mais en la matière, chacune avance en fonction de son propre contexte, de sa propre histoire et au rythme de ses propres instances. En octobre 2019, le colloque organisé au 102 boulevard Arago «Vers une nouvelle économie de la mission : parole aux Églises» avait permis de réunir les présidents des trois Églises constitutives du Défap : l’EPUdF, l’UEPAL et l’Unepref. Il s’était traduit par des échanges très riches au cours desquels s’étaient exprimées les diverses conceptions de la mission, et les diverses attentes vis-à-vis du Défap.

Une réflexion au long cours

Cette réflexion sur la mission, l’EPUdF a décidé d’en faire un des thèmes centraux de ses prochains synodes régionaux et nationaux, qui seront placés sous le thème «Mission de l’Église et Ministères». Un dossier destiné aux Églises locales est disponible pour la préparation des synodes régionaux 2021 et du synode national 2022.

«Les réflexions sur la mission et sur les ministères, indique l’EPUdF dans l’article de présentation de ce dossier, ont souvent occupé une place de choix dans les synodes de notre Église. Selon les circonstances, l’accent a été mis sur la mission lointaine ou proche, sur le ministère pastoral ou sur les ministères dits laïques. Chaque génération a ainsi repensé à nouveaux frais ces questions, tant elles modèlent la vie concrète de l’Église, dans des contextes qui ne cessent de changer. Il n’est donc pas étonnant que ces sujets reviennent aujourd’hui sur le devant de la scène, compte-tenu de l’évolution récente de notre Église et de sa situation au sein d’une société elle-même en mutation.

La création de l’Église protestante unie sous la bannière «Église de témoins», le développement d’outils de formations et d’évangélisation, le désir d’ouverture des ministères à de nouveaux profils supposant parfois de nouvelles formations, ainsi que la refondation en cours de nos outils de mission et de communion universelle ont amené à reprendre largement la question de la mission de l’Église et des ministères, comme le font beaucoup d’autres Églises en Europe et dans le monde.»

C’est une réflexion au long cours qui est désormais lancée, puisqu’elle occupera les synodes nationaux de l’EPUdF pendant trois années d’affilée (voir ici le calendrier prévu). Et c’est dans cette perspective qu’a été élaboré ce dossier «Mission de l’Église et Ministères» destiné aux Églises locales/paroisses, pour les aider à préparer les synodes régionaux 2021, en vue du synode national 2022.

La mission en débat à l’EPUdF : le dossier
 
L’avancée des réflexions au Défap



L’EPUdF adapte ses synodes régionaux

La pandémie de la Covid-19 a bouleversé le calendrier des synodes régionaux de l’Eglise Protestante Unie de France (EPUdF) initialement prévus en novembre dernier. Chaque Région prévoit donc d’organiser son synode dans un temps plus court ou sous une nouvelle forme en multiplexe, pour aborder les différentes rapports de la vie régionale et élire les délégations pour le Synode national.

Retrouvez ci-dessous les dates et lieux de ces synodes.

Région Date et lieu des synodes régionaux Suivre ce Synode
Centre-Alpes-Rhône 27 février 2021 ou, à défaut, le  20 mars
Cévennes-Languedoc-Roussillon 17 janvier ou 7 février
Est-Montbéliard 16 janvier à Valentiney
Inspection luthérienne de Paris 23 janvier à l’Eglise de la Rédemption à Paris
Nord-Normandie 13 février
Ouest déja réalisé le 5 décembre en multiplexe à Tours, Royan et Nantes Ici
Provence-Alpes-Corse- Côte d’Azur 13 février Ici  
Région parisienne 30 janvier en visioconférence
Sud-Ouest 9 janvier en multiplexe dans chaque consistoire



Centenaire de l’ACO : un cycle de conférences à Beyrouth

1922-2022 : depuis un siècle, l’Action Chrétienne en Orient, œuvre missionnaire créée par un pasteur alsacien témoin du génocide arménien, construit des ponts entre les Églises protestantes de France et du Proche-Orient. Les célébrations de ce centenaire vont s’étaler tout au long des années 2021-2022, et commencent dès ce mois de janvier avec un cycle de rencontres à Beyrouth. Organisées sous forme de visioconférences, elles seront accessibles à toute personne intéressée : pour s’inscrire, c’est ici…

C’est à travers une série d’événements, ponctuant les années 2021 et 2022, que l’ACO – Action chrétienne en Orient – prépare les célébrations de son centenaire. Des événements qui prendront place aussi bien en Europe qu’au Moyen-Orient. Le premier s’annonce dès ce mois de janvier 2021, avec une série de conférences organisées par l’Université Haigazian de Beyrouth. Ces rencontres, qui auront lieu sous forme de visioconférences (situation sanitaire oblige) auront lieu les 28 et 29 janvier, à chaque fois de 16h à 18h30. Les conférences porteront sur les missions européennes et les Églises protestantes au Moyen-Orient au XXème siècle, et seront animées à la fois par des historiens et des acteurs engagés de l’ACO. La langue des intervenants sera l’anglais, et pour s’inscrire, il suffit d’envoyer un message à l’adresse suivante : wilbert.vansaane@haigazian.edu.lb .

Les chrétiens d’Orient ont été souvent victimes de discriminations et de violences, mais ils représentent encore aujourd’hui des communautés vivantes et dont la présence aide au vivre ensemble. Or au début du XXème siècle, au Moyen-Orient, un habitant sur quatre était chrétien ; ils ne sont plus désormais que 11 millions parmi 320 millions de musulmans (soit un sur 30), partout minoritaires et contraints de chercher la protection des pouvoirs en place pour continuer à exister. Et au sein de cette minorité, les Églises protestantes, avec lesquelles l’ACO est en lien, représentent elles-mêmes un tout petit nombre. «Minoritaires au sein de la minorité chrétienne composée d’Églises traditionnelles orientales, orthodoxes et catholiques», souligne l’ACO, «leur environnement est marqué par l’Islam avec ses différents courants théologiques et ses résonances sociales et politiques. Leur contexte est celui d’une région du monde secouée par des crises géopolitiques aux enjeux divers et complexes, où les puissances régionales et occidentales confrontent leurs intérêts. Pour autant les Églises protestantes que nous soutenons au Moyen-Orient rayonnent par leur témoignage vécu au nom de l’Evangile, par leurs œuvres éducatives et sociales, par leurs convictions pacifiques et critiques, par leur souci des relations œcuméniques entre Églises, par leur dialogue avec l’Islam et les minorités religieuses de la région.»

De la Syrie au Liban, puis à l’Iran

Syrie : la renaissance de la paroisse de Kharaba © ACO

À sa création en 1922, l’ACO avait pour but de secourir les populations arméniennes victimes des exactions turques. Son fondateur, le pasteur Paul Berron, décrit dans « Souvenirs des jours sombres » (L’Harmattan) ce qu’il a vu et vécu à partir de 1916 au contact de ces réfugiés, tout en dénonçant la « politique d’extermination » alors mise en œuvre par les autorités turques. Alsacien, donc citoyen allemand avant la Première Guerre mondiale, il avait été envoyé comme aumônier en Syrie et dans la région pour établir et superviser des foyers du soldat. La guerre finie et l’Alsace réintégrée à la France, ce même pasteur Berron, devenu de fait citoyen français, put ainsi passer outre l’interdiction qui frappait les œuvres missionnaires allemandes et créa l’Action Chrétienne en Orient.

Grâce aux paroisses protestantes alsaciennes, mais aussi grâce à des comités néerlandais et suisses, l’ACO a rapidement étendu son œuvre et touché aussi bien les personnes de culture arménienne que de langue arabe et assyrienne, en Syrie mais également au Liban puis plus tard en Iran. Aujourd’hui, grâce à de nombreux partenariats, l’ACO soutient des projets très variés dans les domaines de l’éducation, du social, de la santé, de la solidarité en contexte de crise, de la résolution des conflits, de la formation théologique, de la vie d’Église au sein de communautés locales.

«C’est toute l’humanité qui se joue là»

Parmi ces partenariats, il y a le Défap. Au cours des dernières années, l’ACO a eu l’occasion de collaborer de manière quasi quotidienne avec le Service Protestant de Mission, notamment pour l’envoi de volontaires, au Liban, en Égypte… Dans ce pays par exemple, le Défap a assuré le suivi des envoyés de l’ACO en lien avec les Églises protestantes locales, dans le cadre de la plate-forme Moyen-Orient. Il s’agissait de missions d’enseignement (soutien scolaire, apprentissage de l’expression française), mais au-delà, d’une expérimentation quotidienne du « vivre ensemble » propre à faire mentir ceux qui prêchent la violence entre les communautés. Comme le racontait une ancienne envoyée, décrivant l’école où elle travaillait : «Chrétiens et musulmans se côtoient dans le corps enseignants et chez les élèves (…) Dans cette société égyptienne fragmentée c’est, d’après moi, une bénédiction !»

Comme le soulignait il y a quelques années le pasteur Thomas Wilde, alors directeur de l’Action chrétienne en Orient : «L’ACO travaille pour qu’on se souvienne. Elle a le souci des minorités opprimées : c’est toute l’humanité qui se joue là. L’humanité de l’homme est perdue si on laisse l’oubli s’installer. C’est le devoir des chrétiens et des citoyens du monde de ne pas se résigner.»