« Les deux pieds en Afrique » : « On était reconnaissant au Défap d’avoir été préparé »

« Les deux pieds en Afrique », carnet de voyage publié aux éditions Scriptura à l’occasion des 50 ans du Défap, poursuit son aventure en libraire. Retrouvez une interview de son auteur, Manior, réalisée pour Campus Protestant ; il y évoque sa mission au Cameroun, mais aussi l’importance de la préparation avant le départ suivie au Défap. Vous pouvez commander l’ouvrage sur le site des éditions Scriptura, mais aussi auprès du Défap – ou demander à Manior votre exemplaire dédicacé !

Manior lors d’une séance de dédicaces dans le jardin du Défap © Défap

Quoi de mieux, pour la période des frimas et de Noël, que d’offrir une expédition au Cameroun ? « Les deux pieds en Afrique – Carnet de voyage » a pour origine une mission vécue au cours de l’année 2014-2015 par Marianne et Romain, tous deux partis avec le Défap. C’est à la fois une bande dessinée, dont la tonalité pourrait évoquer le « Retour à la terre » du tandem Jean-Yves Ferri – Manu Larcenet, et un journal, reprenant beaucoup des éléments publiés à l’époque sur le blog de Romain et Marianne. On y retrouve une grande partie des étapes classiques du vécu des volontaires internationaux : l’euphorie de l’arrivée, suivie de la prise de conscience plus ou moins douloureuse des réalités et des contraintes locales, avant la « période d’immersion » marquant l’adaptation à ce nouvel environnement, et la « période de réalisation »… Le rapport à la langue et aux autres, la manière de se nourrir, de se déplacer, de travailler, les relations à distance avec les proches restés en France… tout doit être revisité. Tout au long de ce carnet de voyage au ton volontairement décalé, on sent bien les transformations qui s’opèrent chez Maya et Manior.

S’il s’agit là d’un récit particulier, nécessairement unique, il fait aussi écho au vécu et aux perceptions de nombreux autres envoyés. Ici, l’accent est mis sur le quotidien, avec ses rencontres et ses quiproquos qui parfois bousculent, parfois entraînent des prises de conscience ou des remises en question profondes ; le tout sur le ton de l’humour, manière de dédramatiser et de démystifier une aventure qui pousse chaque envoyé à sortir de sa zone de confort, et aura des effets sur toute la suite de son existence.

« Un cadre reconnu, légal, bien organisé »

« Les deux pieds en Afrique » a été publié par les éditions Scriptura, à l’occasion des célébrations des 50 ans du Défap. Vous pouvez retrouver ci-dessous une présentation faite lors d’une interview réalisée à la libraire 7ici pour Campus Protestant : un entretien avec Christelle Poujol, responsable de la librairie, au cours duquel Romain (Manior) souligne notamment l’importance de la formation au départ que dispense le Défap : on ne part pas en immersion dans un contexte aussi radicalement différent sans une solide préparation. Cette préparation, comme en témoigne Manior, « permet d’ancrer notre action dans un cadre reconnu, légal, bien organisé ; d’avoir aussi une formation en amont, et un debriefing au retour ».
 

Au Défap, cette formation dure deux semaines, généralement début juillet : deux semaines riches en termes de contenus (sont abordées les questions interculturelles, le travail dans le contexte ecclésial, les problématiques de santé, de sécurité, de relations inter-religieuses) ; en termes de rencontres (entre futurs et anciens envoyés)… « On est formé sur des choses à la fois pratiques et psychologiques concernant la rencontre, le rapport à l’autre », rappelle Manior, en soulignant : « Ça nous a beaucoup aidé. Il y a des exercices qu’on nous a fait faire, qui sur le moment paraissaient un peu légers ; et en fait, lorsque la mission a commencé, lorsqu’on s’est retrouvé au Cameroun, ça prenait tout son sens. On était reconnaissant au Défap d’avoir été préparé pour ce temps-là ».

Pour tous ceux qui la vivent, cette période de l’envoi en mission est bien plus qu’une parenthèse : il y a des liens personnels qui se tissent, des visions du monde qui se transforment ; et depuis 50 ans, le Défap agit comme catalyseur de ces rencontres qui changent des vies. À travers cet album, Maya et Manior nous racontent, avec les mots d’aujourd’hui, un épisode de cette aventure qui dure depuis 1971. Alors pour Noël, offrez un peu de la chaleur du Cameroun ! « Les deux pieds en Afrique – Carnet de voyage » peut être bien sûr acheté à la librairie 7ici ; sur le site des éditions Scriptura ; vous pouvez aussi en commander auprès du Défap ; et vous pouvez aussi demander directement à Manior un livre dédicacé ! Il lui reste quelques exemplaires…




Un week-end consistorial sur la mission dans les Vosges

Comment parler de la mission dans une paroisse locale ? En faisant appel à des témoignages d’envoyés du Défap et à leur expérience concrète de la rencontre ; en réalisant que dans notre société de plus en plus diverse, l’interculturalité se vit dans le quotidien, et dans la paroisse… Et en rappelant, aussi, que ces problématiques se posaient déjà au temps de Paul, ce qui transparaît dans ses lettres. Exemple avec le week-end organisé par le consistoire Vosges-Meurthe de l’Église protestante unie de France, les 16 et 17 octobre à Plainfaing.

Week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’EPUdF, 16 et 17 octobre 2021

Si les envois de volontaires internationaux par le Défap s’inscrivent dans un cadre légal laïc, dont le strict respect est nécessaire, ils interviennent dans des milieux d’Églises. Ils travaillent à des missions de santé, d’enseignement ; mais ce qu’ils vivent est riche de leçons à tirer pour les Églises ainsi mises en relation. Comment la rencontre est-elle possible par-delà les différences de langue, de culture, entre des groupes humains séparés par plusieurs frontières et des milliers de kilomètres ? Comment trouver une unité dans la diversité ? Autant de thématiques qui ont irrigué le week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’Église protestante unie de France, organisé les 16 et 17 octobre à Plainfaing.

Week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’EPUdF, 16 et 17 octobre 2021

Située au pied des cols du Bonhomme et de la Schlucht, entre Colmar et Saint-Dié, au carrefour de la route des Crêtes et de l’Alsace, Plainfaing est une petite agglomération d’un peu plus de 1600 habitants, qui fait partie du parc naturel régional des Ballons des Vosges. Elle a su développer le tourisme, profitant à la fois de la proximité des principales stations de ski du massif vosgien, des crêtes et des plus hauts sommets pour la randonnée, mais aussi de la route des vins. Un décor bien éloigné du Congo, de Madagascar ou du Cameroun ; bien différent des grandes métropoles et de leur brassage de population… Et pourtant, les questions d’interculturalité se posent aussi bien dans les Vosges. Et c’est dans ce décor de basse montagne, dans les bâtiments typiques et anguleux d’une colonie des années 60, que se sont retrouvés une quinzaine d’adultes dont la responsable du service des envoyés du Défap, Laura Casorio ; ainsi qu’une dizaine d’adolescents et une dizaine d’enfants. Avec au menu, des animations mettant en scène toute la difficulté et toute la richesse de la rencontre à travers les âges. Car les questions d’interculturalité en Église, si prégnantes aujourd’hui, se posent en fait depuis l’origine, comme en témoignaient déjà les lettres de Paul.

« C’est important de rencontrer, en chair et en os, un envoyé »

Les restrictions persistantes dues au contexte sanitaire ont lourdement impacté la vie d’Église. Et pourtant, comme le souligne la pasteure Valérie Mitrani, les préoccupations des plus jeunes, loin d’être marquées par le repli, dépassent largement le contexte local : « Ils ont d’emblée une vision large, que ce soit sur les problématiques liées à l’écologie, aux questions des origines et des cultures… » Par ailleurs, plusieurs, de par leur vécu personnel, expérimentent déjà le fait de vivre entre deux cultures, soit qu’ils aient été adoptés, soit que leurs parents soient eux-mêmes issus de pays et de contextes religieux différents.

Week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’EPUdF, 16 et 17 octobre 2021

Pour ces enfants et ces adolescents, l’animation centrée sur un bus les emmenant sur les routes d’Achaïe, de Macédoine, de Crête et de Pamphilie, à la découverte des voyages de Paul et de ses rencontres improbables, était largement parlante. De même que les témoignages d’envoyés du Défap au Burundi, au Sénégal, au Timor, au Laos, au Brésil ou à Madagascar, avec les descriptions des contextes de leurs missions. Pour les adultes, ils ont pu réfléchir aux enjeux actuels de la mission après un survol de l’histoire du Défap : dans le monde d’aujourd’hui, les questions de l’accueil et de la rencontre se posent avec une acuité nouvelle, nécessitant une permanente adaptation aux situations et aux personnes… avec une remise en cause permanente des façons de faire Église ensemble. Il ne s’agit plus de distinguer mission au près et mission au loin : l’interculturalité se vit aussi en paroisse, et il peut être aussi difficile d’accueillir un envoyé de retour de mission, avec un vécu qui a renouvelé sa vision de la vie d’Église, et d’entendre son témoignage.

« C’est important pour nous de rencontrer, en chair et en os, un envoyé du Défap, ou une responsable du service envoyés, résume la pasteure Valérie Mitrani. Quelqu’un qui est dans une aventure de vie, qui est témoin et facilitateur d’échanges… Ça permet de vraiment se rendre compte de l’universalité de l’Église. » Et pour souligner encore l’importance de ces échanges, ce week-end s’est conclu sur la rédaction de lettres par les enfants et les jeunes du consistoire ; des lettres destinées non seulement aux envoyés du Défap, mais aussi aux Églises qui les accueillent – et qui leur ont été remises personnellement.

Week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’EPUdF, 16 et 17 octobre 2021




Accueillir. Aller vers l’autre. Recevoir.

Trois verbes qui résument la thématique de la journée missionnaire organisée à Loriol, en octobre dernier, dans la foulée de la course Hope360. Un événement local, mais qui en dit long sur les possibilités qu’ont les échanges internationaux d’agréger les bonnes volontés au niveau local…

Un aperçu de la journée missionnaire à Loriol – DR

En 50 ans d’existence, l’activité du Défap s’est traduite par les missions de plus de 2000 envoyés, par des dizaines de projets au sein d’une cinquantaine d’Églises mises en relation, notamment dans le réseau de la Cevaa, mais aussi au-delà ; par des centaines de boursiers accueillis en France, des dizaines d’échanges de professeurs, de jeunes, de pasteurs… Mais quel en est l’impact sur la manière de vivre l’Église au niveau local ? En quoi ces voyages, ces mélanges de cultures, cette foi vécue en commun peuvent-ils servir à alimenter la vie d’une paroisse ?

Une réponse simple serait : par l’ouverture ainsi permise. Encore faut-il l’expérimenter pour percevoir cette porosité entre ce qui se fait au loin et ce qui se vit ici.

Des dynamiques internationales aux dynamiques locales

Un bon exemple est celui de la Journée missionnaire organisée le 10 octobre à Loriol avec la participation de Laura Casorio, du service Relations et Solidarités Internationales du Défap. Il a eu lieu dans la foulée de Hope360, événement festif et solidaire qui avait réuni, une dizaine de jours plus tôt, plus de 800 coureurs à Valence. Mis sur pied par Asah, collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale, Hope360 avait ainsi rassemblé des bonnes volontés issues de toutes les branches du protestantisme, depuis les paroisses luthéro-réformées locales jusqu’aux organismes liés au monde évangélique. Un phénomène d’agrégation qui avait aussi profité aux Églises directement membres du Défap : parmi les jeunes présents à Valence dans le parc de l’Épervière, on trouvait ainsi des membres du consistoire du Valentinois – Haut-Vivarais et du consistoire des Portes du midi de l’Église protestante unie de France (EPUdF), mais aussi un groupe de l’Unepref, autre Église membre du Défap, emmené par le pasteur Pascal Gonzales. Ou comment l’engagement international se traduit par des dynamiques dont profitent les paroisses locales…

Et c’est précisément pour profiter de ces dynamiques que les paroisses de l’EPUdF se sont mobilisées, dès les tentes repliées et les stands démontés dans le parc de l’Épervière, autour d’un week-end de la mission. Dans la salle, un public majoritairement jeune le samedi, plus intergénérationnel le dimanche lors du culte ; une participation allant jusqu’à une centaine de personnes, parmi lesquelles d’anciens envoyés du Défap, diverses personnes impliquées dans des activités de diaconat et paroissiales… Et au-delà de la présentation de l’historique et des missions présentes du Défap, des questions très ouvertes à des anciens envoyés ou anciens boursiers, ayant directement vécu les échanges avec d’autres Églises, dans d’autres pays : qu’en ont-ils retenu ? L’Église d’envoi a-t-elle su les accueillir de nouveau à leur retour, et surtout, accueillir leur expérience et leur témoignage ? Quel regard portent-ils aujourd’hui sur leur Église, et sur la vie d’Église en général ? Comment vivre aujourd’hui l’Église universelle ?

Cet événement Hope360 a ainsi permis, par ricochet, d’alimenter un temps de réflexion autour de la mission à partir des témoignages de divers proches du Défap : anciens envoyés coopérants ou volontaires, professeurs venant des universités du Cameroun ou du Bénin. Elle a aussi permis à tous de s’interroger sur l’Église qu’ils veulent vivre, et sur les manières d’y parvenir, à la lumière de ces apports issus d’autres pays et d’autres communautés.

 

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Deux jours de visite au Défap pour les futurs pasteurs

Lundi 13 et mardi 14 décembre, les Master 2 de l’IPT sont au 102 boulevard Arago, pour rencontrer l’équipe du Défap, visiter la bibliothèque et participer à des ateliers sur la mission et sur l’interculturel. L’objectif de ces rencontres, désormais régulières, est notamment de permettre de mieux faire connaître le rôle du Défap à ces étudiants qui se destinent à devenir pasteurs au sein de l’Église protestante unie de France.

Les étudiants en Master Pro de l’IPT, accompagnés d’Élian Cuvillier, et l’équipe du Défap, le lundi 13 décembre dans la chapelle du 102 boulevard Arago

Si le rôle de pasteur dans les Églises luthéro-réformées, fondamentalement, ne change guère, les conditions du métier ont fortement évolué ces dernières années. Il s’agit toujours de prêcher l’Évangile, d’accompagner des communautés locales, d’accompagner des personnes dans des moments particulier de leur vie, comme le soulignait en mai 2016 Evert Veldhuizen, président de l’Association des Pasteurs de France ; mais depuis les années 80, le corps pastoral a dû s’adapter à l’ère numérique, il a vu sa sociologie se modifier… Il compte de plus en plus de femmes, de plus en plus de pasteurs venus de l’étranger (ils sont aujourd’hui un tiers au sein de l’Église protestante unie de France, dont une bonne moitié provenant d’Afrique), voire d’autres Églises… Nombre de nouveaux pasteurs ont déjà connu une vie professionnelle avant de se reconvertir, et la part de celles et ceux qui sont directement issus de familles de pasteurs du milieu luthéro-réformé se réduit de plus en plus. Des transformations qui sont à l’image de celles que connaissent les paroisses, elles-mêmes ayant désormais une sociologie de plus en plus diverse et des origines multiples. L’épisode de la crise sanitaire, dont l’impact a été lourd sur la vie des Églises, et les tensions entourant les questions liées à la laïcité n’ont fait qu’accentuer récemment des transformations déjà profondes.

Les pasteurs, aujourd’hui, doivent être conscients des enjeux de l’interculturalité dans la vie d’Église. C’est précisément l’un des thèmes de la visite qu’effectuent au Défap pendant deux jours, les lundi 13 et mardi 14 décembre, une quinzaine d’étudiants et d’étudiantes en Master Pro de l’Institut Protestant de Théologie (un cycle commun aux facultés de Paris et de Montpellier), qui d’ici quelques mois devraient achever leur formation et se retrouver en poste dans une des paroisses de l’Église Protestante Unie de France (EPUdF). À l’issue de cette visite, ils auront eu l’occasion de participer à deux ateliers sur ce thème. Le premier, lundi après-midi, étant titré « Comment comprendre les différences culturelles ? Peut-on les dépasser ? » ; et le second, mardi, davantage centré sur le cas particulier du ministère pastoral.

Survol de l’histoire des missions protestantes et travaux sur l’interculturel

Cette année, le programme a été établi par Pascale Renaud-Grosbras, du service Animation-France du Défap, en association avec Claire-Lise Lombard, responsable de la bibliothèque. Au menu de ces deux jours : une série de rencontres et un repas partagé avec l’équipe du Défap, une présentation de l’histoire de la Maison des missions, de la SMEP au Défap, avec une visite commentée de l’exposition réalisée à l’occasion du cinquantenaire du Service protestant de mission… Mais aussi des portraits de missionnaires comme Idelette Allier, Mabille, Lavignotte ; une visite de la bibliothèque, lieu unique dans le protestantisme français, qui recèle dans ses fonds nombre de documents uniques sur l’histoire des missions protestantes. Sans compter la découverte de l’escape game réalisé par des anciens envoyés à l’occasion des célébrations du cinquantenaire : un jeu que vous pouvez retrouver gratuitement dans la boutique du Défap, et téléchargeable ici.

Voilà plusieurs années que ces visites des Master Pro sont organisées au 102 boulevard Arago ; Tünde Lamboley, responsable de la formation théologique, et qui avait initié un rapprochement avec l’IPT à travers une série de «déjeuners-cultes», avait en effet constaté que le Service Protestant de Mission restait encore trop souvent méconnu parmi les étudiants. D’où cette idée d’un temps de rencontre et d’échanges, approuvée par Élian Cuvillier, qui outre son rôle de directeur des études à l’IPT-Montpellier, est également, depuis juillet 2017, directeur du master professionnel des deux facultés. Il a déjà eu l’occasion de dire, lors d’une de ces visites, qu’il considère le Défap comme « un rouage essentiel de l’Église », avec lequel ses étudiants, en tant que futurs pasteurs, « seront nécessairement amenés à travailler ».
 

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Devenir pasteur
Le master 2 en théologie appliquée (Cycle M2ThA) est une formation universitaire commune aux Facultés de Paris et de Montpellier qui prend en compte la pratique, l’expérience et l’engagement concrets. Il est requis pour être pasteur.e de l’Église protestante unie de France (EPUdF). Poursuivant un triple objectif théologique, professionnel et personnel, il met en œuvre la triade pédagogique : savoir, savoir-faire et savoir-être. Il comprend un stage, des séminaires et la rédaction d’un rapport de stage. Au terme de ce temps d’études, et après accord de la Commission des ministères, le.a candidat.e au ministère pastoral fait son « proposanat ». Ce dernier est une période probatoire d’une durée de deux ans, dans une Église locale ou une paroisse. Une fois le proposanat achevé et après accord de la Commission des ministères, le nouveau / la nouvelle pasteur.e est ordonné.e – reconnu.e dans son ministère puis inscrit.e au rôle des ministres de l’EPUdF. La Commission des Ministères a réalisé une brochure à destination des étudiant.e.s désirant devenir pasteur.e.s : «Pour devenir pasteur, un parcours avec la Commission des ministères». Il est possible de la consulter sur le site de l’EPUdF sous format pdf.



Prière œcuménique de l’Avent

Ensemble avec les Églises chrétiennes du Bade-Wurtemberg et de Rhénanie-Palatinat, les Églises catholiques et protestantes d’Alsace et de Lorraine invitent à une prière œcuménique de l’Avent.

© Torsten Mühlbacher pour les Églises chrétiennes du Bade-Wurtemberg

Pour beaucoup de personnes, la prière à la maison est devenue une belle habitude qui accompagne la période précédant Noël.

Cette prière est une occasion d’inviter quelques personnes, vos amis, voisins et connaissances – et aussi des personnes que vous connaissez moins, voire pas du tout – à venir partager un moment de célébration ! Une pièce décorée pour l’Avent et la disponibilité d’une personne pour diriger cette prière de maison sont de bonnes conditions pour réussir ce moment passé ensemble.

Les membres du groupe œcuménique transfrontalier de l’ACK (Arbeitsgemeinschaft Christlicher Kirchen in Baden Württemberg) vous souhaitent un temps de l’Avent béni et lumineux.




La question interculturelle

Des communautés marquées de plus en plus par la diversité, le besoin d’une meilleure compréhension mutuelle et d’outils pour faire Église ensemble : présentation des enjeux de l’interculturalité en Église par Pascale Renaud-Grosbras, du service Animation-France du Défap, dans un article publié sur le site de l’EPUdF (Église protestante unie de France).

Cérémonie de reconnaissance du ministère pastoral-ordination à Montbéliard, septembre 2020 © Défap

Si on peut parler de question interculturelle dans nos Églises, c’est parce que nous venons d’horizons géographiques, culturels et sociaux différents. Rien de nouveau à cela : l’apôtre Paul écrivait à des communautés tiraillées par des sensibilités différentes, cherchant pour elles des moyens de vivre une foi commune sans nier les particularités des différentes cultures.

Aujourd’hui, pour certains, regarder son interlocuteur dans les yeux est un signe d’écoute attentive et de disponibilité ; pour d’autres, regarder dans les yeux une personne en position d’autorité est extrêmement impoli. Que se passe-t-il lorsqu’ils se rencontrent ? Parfois, sans même s’en rendre compte, la fraternité leur échappe, parce qu’ils ne reconnaissent pas les codes de l’autre ; il y a des blessures dues à des codes culturels non compris.

Prendre conscience de cela, comprendre en quoi mon frère, ma sœur porte tout un monde auquel je n’ai accès que dans l’écoute attentive, c’est se donner les moyens de mieux vivre la fraternité en levant des incompréhensions.

En revenant sur l’histoire missionnaire, on peut aussi prendre conscience des bouleversements introduits dans les différentes cultures par l’arrivée de l’Évangile. Par exemple, pour dire comment Jésus est Seigneur, les missionnaires des siècles passés ont dû trouver dans la culture où ils arrivaient un équivalent approximatif. Parfois, le mot « chef » permettait de commencer à expliquer que Jésus était un chef si puissant qu’il avait vaincu la mort, mais il fallait aussitôt ajouter que c’était un chef qui, pour sauver son peuple, acceptait une mort ignominieuse, ce qui mettait en lumière que les chefs locaux n’étaient pas si puissants et que leur autorité n’était pas toujours exercée dans le service et le don de soi, mais dans la domination.

En boomerang, les Églises du Nord, via leurs organismes missionnaires, sont aujourd’hui amenées à s’interroger sur l’inculturation de leur lecture biblique et de leur théologie, mettant à nu l’illusion d’un christianisme « hors culture ».

Le Défap, porteur d’histoires et de réflexions, est un témoin précieux pour comprendre ces enjeux dans le monde qui est le nôtre.




Un Avent de partage

Du 28 novembre au 25 décembre, retrouvez le podcast de l’EPUdF dédié à l’Avent. Ce rendez-vous quotidien sous forme de calendrier donnera la parole à des participants du Grand KIFF. Il sera également à écouter sur EJR Radio.

Du dimanche 28 novembre au samedi 25 décembre retrouvez quotidiennement sur EJR Radio à 7h30, 18h et 21h l’interview d’un participant au Grand KIFF, cet été à Albi. Il nous partagera un moment fort de ce rendez-vous estival qu’il garde en souvenir 4 mois plus tard, comment il vit ce temps de l’Avent en partage et nous offrira un verset ou passage biblique qui lui tient particulièrement à cœur.

Alors ne manquez pas ce rendez-vous quotidien disponible sur la web radio, dont l’accès est à retrouver ci-dessous.

Mais aussi dans les podcasts de l’Église protestante unie de France avec notamment la playlist « Un AVENT de PARTAGE » qui sera mise à jour quotidiennement ou encore sous forme d’un calendrier de l’Avent.

Alors n’hésitez pas à écouter, lire et partager vous aussi ce rendez-vous quotidien, ces belles et fortes rencontres d’une trentaine de témoins…

La playlist « Un Avent de partage »

Le calendrier de l’Avent




Bienvenue au Centre Évangélique 2021 !

Les stands sont installés, on n’attend plus que vous ! Ces 22 et 23 novembre, l’équipe du Défap vous accueille sur son stand à l’Espace Charenton, dans le XIIème arrondissement de Paris, à l’occasion de l’édition 2021 du Centre Évangélique. Suivez en direct l’événement sur la webradio dédiée au CE 2021, créée par un partenariat entre Radio Omega, Phare FM et Radio Arc-en-Ciel. Vous pourrez y entendre Manior interviewé en direct le mardi 23 novembre pour présenter son ouvrage, « Les deux pieds en Afrique », publié en partenariat avec les éditions Scriptura à l’occasion des 50 ans du Défap. Une séance de dédicaces est également prévue dans l’espace librairie.

Vue du stand du Défap peu avant l’ouverture du Centre Évangélique 2021 © Défap

Tout est prêt, et l’Espace Charenton fourmille d’activité. En ce matin du 22 novembre, tous les stands du Centre Évangélique sont installés, pour une édition 2021 qui marque le retour des rencontres « en présentiel », après une année 2020 au cours de laquelle les contraintes sanitaires avaient nécessité un changement de format et des conférences exclusivement en visio. Le Défap aussi est présent, et les permanents vont se relayer pour vous y accueillir tout au long de ces deux jours : venez nous rencontrer et vous entretenir avec les membres de l’équipe ; et venez découvrir l’album de Manior, Les deux pieds en Afrique, publié en partenariat avec les éditions Scriptura à l’occasion des 50 ans du Défap.

Les innovations rendues nécessaires par le contexte particulier de l’année 2020 ne sont pas oubliées, loin de là : le CE 2021, placé sous le thème « Annoncer et vivre l’Évangile, une vocation commune ? », a ainsi lieu à la fois sous forme de rencontres physiques, et simultanément sous forme de webinaires. Les organisations présentes ont également une présence sur le site du Centre Évangélique sous la forme d’e-stands (venez visiter celui du Défap !). Avec en outre une nouveauté pour cette année : une webradio s’installe dans les coulisses. Radio Omega, Phare FM et Radio Arc-en-Ciel se sont associées pour vous faire vivre 10 heures de direct à l’occasion de l’événement et vous proposer une immersion et un zoom sur les participants, leurs activités et leurs projets. Pour découvrir un peu comment fonctionne cette « radio temporaire » dédiée au Centre Évangélique, quelques explications ici  :

 

 

Pour suivre la webradio en direct tout au long de ces deux jours, rendez-vous sur sa chaîne YouTube :

 

Manior (Romain Choisnet), l’auteur des Deux pieds en Afrique, sera interviewé sur la webradio du Centre Évangélique pour présenter sa BD le 23 novembre vers 17h. Auparavant, il aura participé à une séance de dédicaces organisée dans l’espace librairie en début d’après-midi, vers 13 h.

On vous attend !




Le Défap au Centre Évangélique 2021, avec Manior

Les lundi 22 et mardi 23 novembre, venez nous rencontrer sur le stand du Défap à l’Espace Charenton, dans le XIIème arrondissement de Paris, à l’occasion de l’édition 2021 du Centre Évangélique. Vous pourrez aussi y découvrir le livre de Manior, « Les deux pieds en Afrique », publié en partenariat avec les éditions Scriptura à l’occasion des 50 ans du Défap. Une séance de dédicaces sera organisée le mardi dans l’espace librairie.

© Centre Évangélique 2021

L’édition 2020 était celle de l’année du Covid : comme nombre de rassemblements, le Centre Évangélique avait dû s’adapter et s’était tenu par visioconférence. Une expérience dont le CE 2021 a décidé de tirer parti : en ce mois de novembre, la rencontre, placée sous le thème « Annoncer et vivre l’Évangile, une vocation commune ? », a donc lieu à la fois en « présentiel », à l’Espace Charenton, dans le XIIème arrondissement de Paris, mais également sous forme de webinaires. Comme l’année précédente, le Défap participe à ce Centre Évangélique, qui va se tenir les lundi 22 et mardi 23 novembre ; avec comme invité Manior, dont vous pourrez découvrir et acheter le livre, « Les deux pieds en Afrique », publié en partenariat avec les éditions Scriptura à l’occasion des 50 ans du Défap. À noter : le mardi 23 novembre, à 13 heures, une séance de dédicaces sera organisée dans l’espace librairie.

En participant à ce Centre évangélique « des retrouvailles », après une année 2020 limitée au distanciel, vous aurez l’occasion :

  • d’aller à la rencontre de 116 œuvres évangéliques francophones à l’Espace Charenton mais également via la page web du CE 2021 (venez visiter l’e-stand du Défap !)
  • d’assister à des conférences, tables rondes et ateliers au sujet de la thématique de l’évangélisation, avec une trentaine d’intervenants
  • de profiter d’espaces de convivialité confortables prévus pour ces retrouvailles !

Fondé en 1948 à l’Institut biblique de Nogent, le Centre évangélique vise depuis plus de 70 ans à favoriser les rencontres et les relations entres structures protestantes évangéliques, de manière à accroître leur visibilité. L’historien et sociologue Sébastien Fath parle d’ « un réseau évangélique majeur » qui « a densifié une mouvance [évangélique] jusque-là passablement émiettée ». Quant au théologien Henri Blocher, il pense que ces rencontres ont permis aux évangéliques, en se connaissant mieux, d’envisager la création du Conseil national des évangéliques de France, qui s’est concrétisée en 2010.

Retrouvez ici le programme complet du Centre Évangélique 2021, et ci-dessous la présentation de l’événement en vidéo :
 

 
Et pour vous donner envie de venir découvrir le livre de Manior… et de participer à la dédicace du mardi à l’espace librairie, petit aperçu de la création d’une planche de la BD « Les deux pieds en Afrique » :
 




Tour des Synodes régionaux de l’EPUdF

À l’automne, chaque région de l’Église Protestante Unie de France, l’une des trois unions d’Églises constitutives du Défap, organise son synode, avec pour question principale : « La mission de l’Église et les ministères ». Un thème qui est au cœur même des activités du Défap, dont les représentants sont, comme chaque année, présents pour participer à chacun de ces synodes.

© EPUdF

Le thème abordé en cette année 2021 lors des synodes régionaux de l’EPUdF, « La mission de l’Église et les ministères », va se déployer sur 3 ans :

  • 2022 : discerner une vision globale et ses grandes orientations
  • 2023 : réformer l’Église en vue de sa mission (par exemple élaboration d’outils missionnaires, création de ministères et de formations adaptées)
  • 2024 : mettre en application nos décisions

Les questions sur la mission, tous les organismes missionnaires y sont aujourd’hui confrontés, dans un temps qui connaît des évolutions de plus en plus rapides et de grande ampleur. Et ce qui est vrai des organismes missionnaires l’est tout autant des Églises elles-mêmes – et au sein du monde protestant, c’est tout particulièrement vrai des Églises dites « historiques ». En témoigne le dernier numéro de Perspectives Missionnaires, unique revue de missiologie protestante dans le monde francophone, qui s’attache précisément aux questionnements auxquelles la mission fait face dans le contexte européen.

Comme chaque année, le Défap est présent à ces divers synodes régionaux, dont voici le calendrier :

 

Région Date et lieu du synode Suivre ce Synode
Centre-Alpes-Rhône 12-14 novembre à Annecy
Cévennes-Languedoc-Roussillon 29-31 octobre au centre du Lazaret à Sète
Est-Montbéliard 19-21 novembre à Besançon
Inspection luthérienne de Paris 19-21 novembre à Noisy-le-Grand
Nord-Normandie 12-14 novembre à Merville – Franceville 
Ouest 19-21 novembre à Nantes
Provence-Alpes-Corse- Côte d’Azur 19-21 novembre à Saint-Raphaël
Région parisienne 19-21 novembre à Dourdan
Sud-Ouest 19-21 novembre à Libourne

Une réflexion au long cours

Au Défap, la réflexion est engagée depuis mars 2018, lorsque son président, Joël Dautheville, avait lancé un appel en faveur d’une dynamique refondatrice dans son message à l’ouverture de l’Assemblée générale. Une réflexion qui ne peut bien sûr être indépendante de celle des Églises constituant le Service Protestant de Mission. Mais en la matière, chacune avance en fonction de son propre contexte, de sa propre histoire et au rythme de ses propres instances. En octobre 2019, le colloque organisé au 102 boulevard Arago «Vers une nouvelle économie de la mission : parole aux Églises» avait permis de réunir les présidents des trois Églises constitutives du Défap : l’EPUdF, l’UEPAL et l’Unepref. Il s’était traduit par des échanges très riches au cours desquels s’étaient exprimées les diverses conceptions de la mission, et les diverses attentes vis-à-vis du Défap.

Cette réflexion sur la mission, l’EPUdF a désormais décidé d’en faire un des thèmes centraux de ses synodes régionaux et nationaux. Un dossier destiné aux Églises locales est disponible pour la préparation des synodes régionaux 2021 et du synode national 2022.

La mission en débat à l’EPUdF : le dossier
 
L’avancée des réflexions au Défap



En communion avec Haïti

Enlèvements de pasteurs ou de missionnaires, emprise croissante des gangs qui bloquent le pays, ses commerces et ses hôpitaux en empêchant l’accès aux terminaux pétroliers : les nouvelles venues d’Haïti peuvent paraître désespérantes. Mais si la crise haïtienne est multiforme, les Haïtiens ont avant tout besoin qu’on ne les oublie pas.

Des enfants dans un camp pour personnes déplacées à Port-au-Prince, Haïti © ONU/Sophia Paris

« Haïti est un pays assiégé ». L’homme qui s’exprime en ces termes a pour nom Jerry Tardieu ; c’est un ancien élu de l’Assemblée nationale d’Haïti, devenu depuis lors le coordinateur national du mouvement « En Avant » – une formation qui réclame un sursaut national pour sauver le pays face à la déliquescence politique et à l’emprise toujours plus grande des groupes armés. Ce même Jerry Tardieu n’hésite pas à dénoncer « une collusion au plus haut niveau de l’État, avec des hommes politiques qui veulent que ces gangs puissent servir leur désir de voler les élections ». Un autre bon connaisseur de la politique haïtienne, Daniel Dorsainvil, ancien ministre de l’Économie et des Finances de 2006 à 2009, signe pour sa part une tribune dans Le Nouvelliste, l’un des plus respectés des journaux haïtiens, dans laquelle il appelle à des réformes urgentes en soulignant : « Le quotidien des Haïtiennes et des Haïtiens est fait de frayeur, d’anxiété, d’incertitude, et de mal-vivre. Cette situation ne cesse d’empirer, à un point tel qu’il n’est plus question de s’inquiéter qu’Haïti s’enfonce. Il sied plutôt de constater : Haïti s’est enfoncée. »

À Port-au-Prince, ce sont désormais les gangs qui font la loi, bloquant les terminaux pétroliers et plongeant le pays dans le noir, multipliant les enlèvements, érigeant des barrages sur les routes ; les pays voisins, pour leur part, de la République dominicaine jusqu’aux États-Unis, s’efforcent de se tenir à l’écart du brûlant creuset haïtien. Ceux qui fuient la violence sont refoulés. Les présidents du Panama, du Costa Rica et de la République dominicaine ont appelé les États-Unis à prendre des « mesures concrètes » pour freiner la migration des Haïtiens à travers l’Amérique latine en direction de la frontière américaine. Aux États-Unis même, la volonté de tenir la crise haïtienne à distance est patente, que ce soit à travers les images de migrants repoussés par des gardes à cheval ou à travers les citations d’officiels selon lesquelles les problèmes d’Haïti doivent trouver une solution en Haïti – allusion transparente à l’organisation d’élections dont nul ne pense, en Haïti même, qu’elles pourraient changer quoi que ce soit.

Il est pourtant possible d’agir

Les soubresauts du quotidien haïtien trouvent parfois des échos lorsque des étrangers en sont directement victimes : les autorités américaines ont ainsi dépêché une équipe du FBI pour aider à la libération d’un groupe de missionnaires de l’organisation « Christian Aid ministries » enlevés le 16 octobre. Ces 17 ressortissants étrangers, 16 Américains et un Canadien, sont toujours séquestrés après l’attaque de leur convoi à Croix-des-Bouquets par le gang des « 400 Mawozo ». Mais les attaques de lieux de culte et les enlèvements de pasteurs, les balles perdues blessant des élèves en plein cours dans leur salle de classe, les barrages et les scènes de guerre civile entre gangs rivaux, font en réalité partie du quotidien. Plus de 100 femmes et enfants ont été enlevés de janvier à août 2021, selon l’UNICEF. Bruno Lemarquis, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations unies et Coordinateur résident et humanitaire en Haïti, souligne pour sa part que « depuis juin, la violence des gangs dans la région de Port-au-Prince a déplacé au moins 19.000 personnes et a affecté 1,5 million de personnes. » Les équipes de l’ONU ont reçu pour consigne de limiter autant que possible leurs déplacements. La liste des lieux à éviter pour ne pas tomber aux mains d’un groupe armé s’allonge quotidiennement. Le Premier ministre Ariel Henry lui-même, tentant de commémorer le 17 octobre dernier la mort d’un des pères de la nation haïtienne, Jean-Jacques Dessalines, assassiné le 17 octobre 1806 à Pont-Rouge, en a été empêché par un gang armé qui a contraint le convoi présidentiel à quitter les lieux.

Si la crise haïtienne est multiforme, les Haïtiens ont avant tout besoin qu’on ne les oublie pas. Les regards des nations voisines qui se détournent, les réfugiés refoulés aux frontières, sont un blanc-seing donné aux gangs. Dans ces conditions plus que difficiles, il est pourtant possible d’agir. Les partenaires de la Plateforme Haïti, créée sous l’égide de la Fédération protestante de France et dont la coordination administrative est assurée par le Défap, s’y emploient. L’UEBH (Union Évangélique Baptiste d’Haïti), partenaire haïtien de la Mission Biblique, a pu fournir une aide financière d’urgence aux familles les plus touchées par le tremblement de terre du 14 août dernier ; elle a aussi appelé, du 30 octobre au 2 novembre, à trois journées de jeûne et de prière à travers l’ensemble de ses Églises pour la situation générale du pays. Présente sur place, ADRA-Haïti a été parmi les premières ONG à intervenir dans les zones touchées par le séisme, distribuant de l’aide en évitant les axes de circulation contrôlés par les gangs. La Fondation La Cause, qui travaille depuis une dizaine d’années avec 8 orphelinats haïtiens, a noué un partenariat avec ADRA-France pour envoyer une aide financière, de façon à permettre la distribution de produits de première nécessité (eau potable, kits alimentaires, kits d’hygiène et tentes) ainsi que le déploiement d’infirmières bénévoles et d’agents de santé communautaire, et la mise en place d’une clinique mobile. Et les divers membres de la Plateforme Haïti restent mobilisés.

N’oublions pas Haïti !

Le Défap et la Plateforme Haïti
Des liens privilégiés existent de longue date entre la Fédération protestante de France (FPF) et la Fédération protestante d’Haïti (FPH). Le passage de quatre tempêtes dévastatrices sur le territoire haïtien en 2008 (Fay, Gustav, Hanna et Ike) s’était traduit par la création de la Plateforme Haïti, regroupant divers acteurs du monde protestant sous l’égide de la FPF. En 2010, au moment du tremblement de terre qui devait faire plus de 230.000 morts, les réseaux protestants étaient donc bien en place, et la solidarité avait trouvé rapidement des canaux pour s’exprimer. Le président actuel de la Plateforme Haïti est le pasteur Rodrigue Valentin, de l’Église du Nazaréen, et sa coordination administrative est assurée par le Défap. La Plateforme rassemble les acteurs suivants :

 




Sacha : premières impressions du Sénégal

Les frontières se rouvrent, partiellement du moins, après l’épisode de fermeture dû à la situation sanitaire, et les missions à l’étranger reprennent. Après nos chroniques « Éloigné, en confinement » qui ont rendu compte de ce que vivaient les envoyés et boursiers du Défap pendant les périodes de restriction des déplacements, voici le témoignage de Sacha : après avoir participé à la session de formation des envoyés de juillet 2021, le voilà au Sénégal, comme volontaire du Défap. Sa mission s’inscrit dans un projet d’appui à la santé communautaire au centre de santé Darvari de l’ELS (l’Église Luthérienne du Sénégal) à Fatick. Sacha travaille aux côtés d’une sage-femme, Monique Bakkhoum.

Vue de Fatick, au Sénégal © Sacha pour Défap

Quelles impressions gardes-tu de ton premier contact avec le Sénégal ?

Sacha : Mes premières impressions sont liées à la solidarité, au respect et à l’accueil très chaleureux qu’on m’a fait. Je me suis tout de suite adapté au différentes conditions et coutumes qui ont cours ici. Toutes les choses que je connaissais et mes habitudes que j’avais en France, j’ai dû tout laisser là-bas.

Qu’est-ce qui t’a le plus frappé en arrivant sur ton lieu de mission ? Une anecdote, un souvenir, une image ?

Sacha : Au début, le manque de matériel, surtout pour les accouchements. J’étais complètement dépaysé. Et puis il n’y a pas d’électricité, seulement pour alimenter le frigo qui sert au stockage des médicaments. Il n’y a ni clim ni ventilateur. La chaleur est le plus dur à supporter pendant le travail.

Comment s’est passée la rencontre avec les personnes avec lesquelles tu vas travailler ?

Sacha : Très bien, je travaille avec une infirmière du nom de Monique : on s’est tout de suite bien entendu. Elle m’explique et me traduit les choses que je ne comprends pas.

Comment vois-tu ta mission ? Quelle image en avais-tu à ton départ de France, et quelle image en as-tu aujourd’hui ?

Sacha : Je lui apporte une aide pour les soins et les consultations car elle gère seule un poste de santé dont dépendent 6300 personnes. J’ai été mis en contact avec une ancienne envoyée qui avait occupé le même poste que moi : elle m’a expliqué un peu la mission, ce qui m’a permis de me faire une idée très vite de la situation avant même d’arriver au Sénégal. Maintenant j’ai mon rythme de travail, mes habitudes et je sais quels sont les soins requis pour chaque consultation.

Quelles sont les principales difficultés d’adaptation auxquelles tu as dû faire face depuis ton arrivée ?

Sacha : La chaleur, c’est ce qui me marque le plus : il fait très chaud, et chaque effort sous le soleil est épuisant. Au niveau du matériel médical, je fais avec ce qu’il y a sur place : quoi qu’il arrive, je n’ai pas le choix. L’apprentissage de la langue est aussi compliqué pour moi car il y a le Sérère et le Wolof. Même si j’arrive à me faire comprendre en parlant français avec les personnes qui habitent en ville, dans les villages et pendant les consultations c’est tout de même difficile. La nourriture est principalement composée de riz, ce qui est dur à accepter au début ; mais je me suis bien habitué avec le temps.

Peux-tu nous parler de ce qui se vit avec l’Église locale ?

Sacha : J’ai beaucoup sympathisé avec le président de l’Église, on s’entend vraiment très bien. Je vais au culte le dimanche de temps en temps et on me fait découvrir les différents actions et activités auxquelles l’Église locale participe, et qu’elle finance.