Prosélytismes… au pluriel !

Pour son numéro 82, la revue Perspectives Missionnaires aborde la question sensible du prosélytisme. Une question qui interroge très directement la façon dont les Églises conçoivent et accomplissent leur mission. Ce numéro est par ailleurs le dernier à paraître sous forme imprimée : dès le n°83, PM rejoindra Foi & Vie sous la forme d’un « Cahier d’études missiologiques et interculturelles ». Les archives de Perspectives missionnaires (soit 82 numéros) seront ainsi bientôt intégralement disponibles, en ligne, sur le site de Foi & Vie.

Photo de couverture du n°82 de Perspectives Missionnaires © PM

Pour son passage du papier au numérique, notre revue Perspectives missionnaires a choisi d’aborder une question délicate, celle du prosélytisme. Une question qui interroge très directement la façon dont les Églises conçoivent et accomplissent leur mission. Jusqu’au XXe siècle, celle-ci était explicite : il fallait convertir des populations nouvelles au Christ pour suivre l’injonction du Ressuscité selon la finale de l’évangile de Matthieu : « Allez donc auprès des gens de toutes les nations et faites d’eux mes disciples » (Mt 28,19 BFC). Le prosélytisme ne faisait guère problème.

Depuis lors, nos sociétés ont changé ainsi que les sensibilités. Elles se sont sécularisées et les États, au nom de la laïcité, ont pour tâche de veiller à maintenir la paix religieuse sur leur territoire. La société pluraliste et multi-religieuse que nous connaissons en Occident place les Églises devant le défi de formuler d’une manière crédible le message réformateur de la réconciliation de Dieu avec les humains, et de la liberté offerte en Christ. En même temps, elle les met dans une situation quelque peu embarrassante. Cet embarras est notamment dû aux nombreuses réticences que provoque le terme d’évangélisation qui peut être compris comme un endoctrinement liberticide, une réduction individualiste faisant fi du tissu social, un zèle prosélyte qui met sous pression, un vis-àvis inégal entre possesseurs de la vérité et objets d’évangélisation, un événement qui se réduit à des paroles sans trouver sa concrétisation sur le terrain de la pratique sociale. De tels ressentiments sont nourris par des expériences du passé mais aussi du temps présent.

❝ Églises et religions se doivent d’être aujourd’hui facteurs de cohésion sociale et non de discorde ou de tension

Dans ce contexte, Églises et religions se doivent d’être aujourd’hui facteurs de cohésion sociale et non de discorde ou de tension. Or le prosélytisme a pris une connotation nettement péjorative, non seulement dans la société, mais également au sein des Églises elles-mêmes, gagnées par un esprit de tolérance et d’ouverture. Il apparaît comme une démarche « repoussoir » en opposition à une démarche d’unité dans laquelle les diverses confessions chrétiennes, voire les diverses traditions religieuses, se concertent pour porter un témoignage commun dans le monde.

Mais n’acceptons-nous pas trop facilement d’enfermer le prosélytisme dans une acception strictement péjorative ? Dans le refus de tout prosélytisme religieux, n’y a-t-il pas une forme de refus de la liberté de conscience et de religion ? Une difficulté d’accepter que l’autre change de croyance ? Ainsi Olivier Abel a-t-il écrit, de façon un peu provoquante, dans un numéro du quotidien La Croix de décembre 2003, un « éloge du prosélytisme » qui donnait de l’espace à ce qu’il appelait une « libre-conversation » des religions. Entre « gel confessionnel » chez certains, tendances à une forme de re-confessionnalisation chez d’autres, et identités fluides d’un certain post-confessionnalisme pour beaucoup d’autres encore, comment analyser ce à quoi nous assistons aujourd’hui ?

C’est ce type de questionnement qui nous a incités à faire le point sur ce que l’on entend par prosélytisme. Nous avons donc ouvert à frais nouveaux ce dossier en envisageant plusieurs angles d’approche. Les contributions qui suivent offrent une belle diversité de points de vue et de perspectives sur la question :

  • Une enquête néotestamentaire sur les débuts de la mission chrétienne avec le bibliste Simon Butticaz qui examine la question de savoir comment l’Église est devenue missionnaire ;
  • Une approche globale du prosélytisme avec le missiologue Hannes Wiher qui se penche sur les enjeux missiologiques ainsi que sur le témoignage chrétien dans les relations interreligieuses et interconfessionnelles ;
  • Une appréciation critique du prosélytisme dans le contexte de nos sociétés sécularisées par l’historien Jean-François Mayer ;
  • Le positionnement clair du mouvement oecuménique sur le prosélytisme par le théologien Jean-Luc Blondel ;
  • Une évaluation du prosélytisme d’un point de vue catholique romaine par Pierre Diarra, missiologue catholique ;
  • Une lecture du prosélytisme dans des pratiques ecclésiales contemporaines en Europe orientale et en Amérique latine par Jean Renel Amesfort.
  • Une analyse de stratégies d’évangélisation en milieu musulman au Liban avec la sociologue Fatiha Kaouès. Cet article particulièrement fouillé sera publié en deux parties. La première partie qui paraît dans ce numéro présente la théorie et la pratique d’évangélisation en milieu musulman de Georges Houssney, engagé auprès de diverses organisations missionnaires parmi lesquelles Campus Christian Fellowship.
  • Une seconde partie, qui présente la réflexion de Colin Chapman, un protestant évangélique très impliqué dans la réflexion sur l’activité missionnaire au Moyen-Orient et dans le dialogue interreligieux, paraîtra dans le prochain numéro de notre revue.

Ces diverses approches ne prétendent pas faire le tour d’un problème difficile et complexe. Mais elles ont la vertu, nous l’espérons, de montrer que le prosélytisme doit être examiné avec nuance et dans une perspective dialectique. En effet, l’appréciation qu’on en aura dépendra foncièrement de la théologie, de la sotériologie et de l’ecclésiologie de celui ou de celle qui l’étudie. Les différents auteurs en offrent des regards croisés qui enrichissent la réflexion et qui permettent de se faire une idée plus précise de la question telle qu’elle se pose aujourd’hui à nos Églises.

Avant de conclure cette introduction, il est judicieux de mettre encore en évidence deux éléments qui font partie de notre questionnement, mais qui n’ont pas fait l’objet d’un traitement particulier dans ce dossier : l’un concerne le contexte de nos sociétés libérales en Occident, l’autre porte sur un contexte plus large.

❝ Quelle différence de fond y a-t-il entre religion et monde politique, économique, associatif, ou même recherche spirituelle ?

Premièrement, on peut se poser la question : dans nos sociétés de « modernité-post » quelle différence de fond y a-t-il entre religion et monde politique, économique, associatif, ou même recherche spirituelle ? Car, contrairement à ce qui se passe pour les Églises et les religions, il y a bien des domaines où la recherche de membres ou d’adhérents est tout à fait tolérée, souvent au travers d’un prosélytisme décomplexé fait de propagande, de publicité, de campagne de communication. Partis politiques, syndicats, mouvements écologistes ou autres défenseurs de telle ou telle cause, promoteurs de tel ou tel produit, nombreux sont celles et ceux qui, aujourd’hui, font pression sur notre conscience en faisant appel à tous les moyens modernes de communication. Sans aller plus loin dans l’analyse, on peut avancer l’hypothèse selon laquelle c’est le lien souvent perçu – au passé comme au présent – entre religions, intolérance et violence qui pose problème et qui fait que les religions sont moralement interdites de prosélytisme contrairement à d’autres acteurs de nos sociétés.

Deuxièmement, et peut-être en contrepoint, il faudrait mettre en évidence le fait que, si, dans les sociétés libérales occidentales, le prosélytisme est mal perçu, il ne provoque pas des réactions menaçant fondamentalement la liberté de conscience et de culte. En revanche, il y a de plus en plus de pays où sont adoptées des lois anti-conversion qui sont nettement liberticides. Ce phénomène semble même en nette progression dans des contextes religieux très divers. Il pourrait être une réaction à l’effet de globalisation qu’exerce l’évolution de notre monde et il interroge fortement le rêve de société pluraliste et multiculturelle qui habite nos instances politiques et religieuses. Il n’est pas nécessaire de nous étendre davantage ici sur ce questionnement qui serait susceptible de susciter d’autres recherches et réflexions d’envergure.

Michel Durussel et Jean Renel Amesfort

 

Le sommaire de ce n°82

« Perspectives Missionnaires », revue de missiologie de référence
Il ne suffit pas de vouloir témoigner ; encore faut-il savoir comment s’y prendre. C’est l’un des grands défis de la Mission aujourd’hui, dans un monde changeant, travaillé par une mondialisation qui érige souvent plus de murs qu’elle n’abat de frontières. Voilà pourquoi la Mission a besoin de lieux de débats et d’espaces de réflexion. C’est le rôle que joue depuis 40 ans Perspectives missionnaires.
Dès janvier 2022, PM rejoindra Foi & Vie sous la forme d’un « Cahier d’études missiologiques et interculturelles ». Les archives de Perspectives missionnaires (soit 82 numéros) seront ainsi bientôt intégralement disponibles, en ligne, sur le site de Foi & Vie. L’équipe de PM espère ainsi enrichir la palette des champs de recherche de la revue numérique.



Un Conseil sous le signe de la sauvegarde de la création

Le prochain Conseil du Défap, qui se tient en distanciel ces vendredi 7 et samedi 8 janvier 2022, sera notamment l’occasion de mettre en débat l’opportunité de nouvelles mesures en faveur de la sauvegarde de la création. La Commission Projet du Défap a élaboré une proposition de démarche en ce sens.

Une réunion du Conseil du Défap – Défap

Il est des contraintes nouvelles qui se traduisent simplement par une limitation de notre périmètre d’action ; par une restriction plus ou moins perceptible de notre liberté… Il en est aussi qui révèlent des failles ou des fragilités préexistantes, et qui poussent à des prises de conscience nécessaires. C’est le côté ambivalent des crises, qui par les remises en question qu’elles impliquent, offrent des opportunités de transformations. Celle du Covid-19 a largement bousculé notre société et mis en lumière nombre de ses déséquilibres ; elle a aussi affecté les Églises et nombre d’institutions liées aux Églises, représenté des périls inédits, mais également transformé les comportements. C’est tout autant le cas, bien que de manière moins brutale, pour la crise écologique.

Alors que les conséquences des changements climatiques, de la déforestation, de l’épuisement des ressources naturelles font peser des menaces sur l’avenir de toute l’humanité, et notamment des plus fragiles, les questions environnementales ne sont plus du seul ressort des spécialistes ou des militants écologistes. Les humanitaires s’y sont mis aussi. « Oui, le changement climatique est un problème humanitaire », affirmait ainsi fin 2018 un article du « New Humanitarian », anciennement l’agence IRIN News, service d’information et d’analyses humanitaires (IRIN étant un acronyme en anglais pour l’expression : « Integrated Regional Information Networks », un réseau créé en 1995 et qui était à l’origine lié au Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU). « Le changement climatique n’est plus perçu comme une menace future: la réalité nous frappe aujourd’hui », poursuivait le même article, signé de Maarten van Aalst, Directeur du Centre climat de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Les Églises se sont également saisies de la question, aux côtés de nombreux mouvements citoyens. Si elles ne militent pas directement en faveur du climat, elles manifestent bien souvent, à travers leurs activités, leurs projets, des préoccupations fortes concernant la sauvegarde de la création. Dès 1983, la Déclaration œcuménique de Vancouver a souligné les liens existant entre justice, paix et sauvegarde de la création.

Les Églises et les préoccupations écologiques

 

En France, de multiples initiatives ont vu le jour, comme le label Église Verte ou la mise en place d’une commission Écologie et justice climatique au sein de la Fédération protestante de France. Dans le cas du Défap, il a contribué à la création du Secaar, réseau de 18 Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe, lequel s’est fixé comme vocation « de rétablir l’Homme et la Création dans son intégrité » ; le Défap soutient aussi des projets associant sauvegarde de la création et lutte contre l’exclusion et la pauvreté, comme, en Tunisie, l’association Abel Granier, qui a mis au point des techniques de réhabilitation des sols, ou au Maroc, l’ALCESDAM, qui aide à la sauvegarde de palmeraies, luttant contre l’avancée du désert et permettant aux paysans de mieux vivre sur place au lieu de devoir s’expatrier.
 

Le prochain Conseil du Défap, qui se tient en distanciel ces vendredi 7 et samedi 8 janvier 2022, sera notamment l’occasion de mettre en débat l’opportunité de nouvelles mesures en faveur de la sauvegarde de la création. Cette thématique, déjà présente dans les faits à travers de nombreuses activités du Défap, a trouvé une première formalisation dans son programme de travail pluriannuel à partir de 2015 ; le lien entre justice, respect de la création et dignité humaine a été développé dans son document « Convictions et actions » qui trace les grandes lignes de ses activités jusqu’en 2025 ; il s’agira désormais de savoir si le Défap doit s’engager dans de nouvelles démarches visant à réduire son empreinte écologique. La Commission Projet du Défap a élaboré une proposition de démarche en ce sens, qui sera soumise au Conseil.

Ce ne sera bien sûr pas le seul thème abordé au cours de cette session du Conseil – l’une des quatre sessions organisées chaque année. Cette réunion sur deux jours donnera aussi l’occasion d’un débat de fond sur la mission à partir d’un texte du théologien Kaï Funkschmidt : « Nous avons besoin de l’Afrique ! Mais pourquoi ? » Elle permettra aussi de donner des nouvelles de ce que vivent les envoyés et boursiers, d’aborder la question du renouvellement des instances du Défap, celle du budget 2022 ou encore de donner la parole aux instances associées au Service protestant de mission : Cevaa (Communauté des Églises en mission), FPF (Fédération protestante de France), ACO (Action Chrétienne en Orient, qui célèbre cette année son centenaire), Ceeefe (Communauté des Églises protestantes francophones), Cimade, CEAF (Communauté des Églises d’expression africaine francophone)… Et elle sera également consacrée à la préparation de l’AG 2022.




« Les deux pieds en Afrique » : « On était reconnaissant au Défap d’avoir été préparé »

« Les deux pieds en Afrique », carnet de voyage publié aux éditions Scriptura à l’occasion des 50 ans du Défap, poursuit son aventure en libraire. Retrouvez une interview de son auteur, Manior, réalisée pour Campus Protestant ; il y évoque sa mission au Cameroun, mais aussi l’importance de la préparation avant le départ suivie au Défap. Vous pouvez commander l’ouvrage sur le site des éditions Scriptura, mais aussi auprès du Défap – ou demander à Manior votre exemplaire dédicacé !

Manior lors d’une séance de dédicaces dans le jardin du Défap © Défap

Quoi de mieux, pour la période des frimas et de Noël, que d’offrir une expédition au Cameroun ? « Les deux pieds en Afrique – Carnet de voyage » a pour origine une mission vécue au cours de l’année 2014-2015 par Marianne et Romain, tous deux partis avec le Défap. C’est à la fois une bande dessinée, dont la tonalité pourrait évoquer le « Retour à la terre » du tandem Jean-Yves Ferri – Manu Larcenet, et un journal, reprenant beaucoup des éléments publiés à l’époque sur le blog de Romain et Marianne. On y retrouve une grande partie des étapes classiques du vécu des volontaires internationaux : l’euphorie de l’arrivée, suivie de la prise de conscience plus ou moins douloureuse des réalités et des contraintes locales, avant la « période d’immersion » marquant l’adaptation à ce nouvel environnement, et la « période de réalisation »… Le rapport à la langue et aux autres, la manière de se nourrir, de se déplacer, de travailler, les relations à distance avec les proches restés en France… tout doit être revisité. Tout au long de ce carnet de voyage au ton volontairement décalé, on sent bien les transformations qui s’opèrent chez Maya et Manior.

S’il s’agit là d’un récit particulier, nécessairement unique, il fait aussi écho au vécu et aux perceptions de nombreux autres envoyés. Ici, l’accent est mis sur le quotidien, avec ses rencontres et ses quiproquos qui parfois bousculent, parfois entraînent des prises de conscience ou des remises en question profondes ; le tout sur le ton de l’humour, manière de dédramatiser et de démystifier une aventure qui pousse chaque envoyé à sortir de sa zone de confort, et aura des effets sur toute la suite de son existence.

« Un cadre reconnu, légal, bien organisé »

« Les deux pieds en Afrique » a été publié par les éditions Scriptura, à l’occasion des célébrations des 50 ans du Défap. Vous pouvez retrouver ci-dessous une présentation faite lors d’une interview réalisée à la libraire 7ici pour Campus Protestant : un entretien avec Christelle Poujol, responsable de la librairie, au cours duquel Romain (Manior) souligne notamment l’importance de la formation au départ que dispense le Défap : on ne part pas en immersion dans un contexte aussi radicalement différent sans une solide préparation. Cette préparation, comme en témoigne Manior, « permet d’ancrer notre action dans un cadre reconnu, légal, bien organisé ; d’avoir aussi une formation en amont, et un debriefing au retour ».
 

Au Défap, cette formation dure deux semaines, généralement début juillet : deux semaines riches en termes de contenus (sont abordées les questions interculturelles, le travail dans le contexte ecclésial, les problématiques de santé, de sécurité, de relations inter-religieuses) ; en termes de rencontres (entre futurs et anciens envoyés)… « On est formé sur des choses à la fois pratiques et psychologiques concernant la rencontre, le rapport à l’autre », rappelle Manior, en soulignant : « Ça nous a beaucoup aidé. Il y a des exercices qu’on nous a fait faire, qui sur le moment paraissaient un peu légers ; et en fait, lorsque la mission a commencé, lorsqu’on s’est retrouvé au Cameroun, ça prenait tout son sens. On était reconnaissant au Défap d’avoir été préparé pour ce temps-là ».

Pour tous ceux qui la vivent, cette période de l’envoi en mission est bien plus qu’une parenthèse : il y a des liens personnels qui se tissent, des visions du monde qui se transforment ; et depuis 50 ans, le Défap agit comme catalyseur de ces rencontres qui changent des vies. À travers cet album, Maya et Manior nous racontent, avec les mots d’aujourd’hui, un épisode de cette aventure qui dure depuis 1971. Alors pour Noël, offrez un peu de la chaleur du Cameroun ! « Les deux pieds en Afrique – Carnet de voyage » peut être bien sûr acheté à la librairie 7ici ; sur le site des éditions Scriptura ; vous pouvez aussi en commander auprès du Défap ; et vous pouvez aussi demander directement à Manior un livre dédicacé ! Il lui reste quelques exemplaires…




Un week-end consistorial sur la mission dans les Vosges

Comment parler de la mission dans une paroisse locale ? En faisant appel à des témoignages d’envoyés du Défap et à leur expérience concrète de la rencontre ; en réalisant que dans notre société de plus en plus diverse, l’interculturalité se vit dans le quotidien, et dans la paroisse… Et en rappelant, aussi, que ces problématiques se posaient déjà au temps de Paul, ce qui transparaît dans ses lettres. Exemple avec le week-end organisé par le consistoire Vosges-Meurthe de l’Église protestante unie de France, les 16 et 17 octobre à Plainfaing.

Week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’EPUdF, 16 et 17 octobre 2021

Si les envois de volontaires internationaux par le Défap s’inscrivent dans un cadre légal laïc, dont le strict respect est nécessaire, ils interviennent dans des milieux d’Églises. Ils travaillent à des missions de santé, d’enseignement ; mais ce qu’ils vivent est riche de leçons à tirer pour les Églises ainsi mises en relation. Comment la rencontre est-elle possible par-delà les différences de langue, de culture, entre des groupes humains séparés par plusieurs frontières et des milliers de kilomètres ? Comment trouver une unité dans la diversité ? Autant de thématiques qui ont irrigué le week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’Église protestante unie de France, organisé les 16 et 17 octobre à Plainfaing.

Week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’EPUdF, 16 et 17 octobre 2021

Située au pied des cols du Bonhomme et de la Schlucht, entre Colmar et Saint-Dié, au carrefour de la route des Crêtes et de l’Alsace, Plainfaing est une petite agglomération d’un peu plus de 1600 habitants, qui fait partie du parc naturel régional des Ballons des Vosges. Elle a su développer le tourisme, profitant à la fois de la proximité des principales stations de ski du massif vosgien, des crêtes et des plus hauts sommets pour la randonnée, mais aussi de la route des vins. Un décor bien éloigné du Congo, de Madagascar ou du Cameroun ; bien différent des grandes métropoles et de leur brassage de population… Et pourtant, les questions d’interculturalité se posent aussi bien dans les Vosges. Et c’est dans ce décor de basse montagne, dans les bâtiments typiques et anguleux d’une colonie des années 60, que se sont retrouvés une quinzaine d’adultes dont la responsable du service des envoyés du Défap, Laura Casorio ; ainsi qu’une dizaine d’adolescents et une dizaine d’enfants. Avec au menu, des animations mettant en scène toute la difficulté et toute la richesse de la rencontre à travers les âges. Car les questions d’interculturalité en Église, si prégnantes aujourd’hui, se posent en fait depuis l’origine, comme en témoignaient déjà les lettres de Paul.

« C’est important de rencontrer, en chair et en os, un envoyé »

Les restrictions persistantes dues au contexte sanitaire ont lourdement impacté la vie d’Église. Et pourtant, comme le souligne la pasteure Valérie Mitrani, les préoccupations des plus jeunes, loin d’être marquées par le repli, dépassent largement le contexte local : « Ils ont d’emblée une vision large, que ce soit sur les problématiques liées à l’écologie, aux questions des origines et des cultures… » Par ailleurs, plusieurs, de par leur vécu personnel, expérimentent déjà le fait de vivre entre deux cultures, soit qu’ils aient été adoptés, soit que leurs parents soient eux-mêmes issus de pays et de contextes religieux différents.

Week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’EPUdF, 16 et 17 octobre 2021

Pour ces enfants et ces adolescents, l’animation centrée sur un bus les emmenant sur les routes d’Achaïe, de Macédoine, de Crête et de Pamphilie, à la découverte des voyages de Paul et de ses rencontres improbables, était largement parlante. De même que les témoignages d’envoyés du Défap au Burundi, au Sénégal, au Timor, au Laos, au Brésil ou à Madagascar, avec les descriptions des contextes de leurs missions. Pour les adultes, ils ont pu réfléchir aux enjeux actuels de la mission après un survol de l’histoire du Défap : dans le monde d’aujourd’hui, les questions de l’accueil et de la rencontre se posent avec une acuité nouvelle, nécessitant une permanente adaptation aux situations et aux personnes… avec une remise en cause permanente des façons de faire Église ensemble. Il ne s’agit plus de distinguer mission au près et mission au loin : l’interculturalité se vit aussi en paroisse, et il peut être aussi difficile d’accueillir un envoyé de retour de mission, avec un vécu qui a renouvelé sa vision de la vie d’Église, et d’entendre son témoignage.

« C’est important pour nous de rencontrer, en chair et en os, un envoyé du Défap, ou une responsable du service envoyés, résume la pasteure Valérie Mitrani. Quelqu’un qui est dans une aventure de vie, qui est témoin et facilitateur d’échanges… Ça permet de vraiment se rendre compte de l’universalité de l’Église. » Et pour souligner encore l’importance de ces échanges, ce week-end s’est conclu sur la rédaction de lettres par les enfants et les jeunes du consistoire ; des lettres destinées non seulement aux envoyés du Défap, mais aussi aux Églises qui les accueillent – et qui leur ont été remises personnellement.

Week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’EPUdF, 16 et 17 octobre 2021




Accueillir. Aller vers l’autre. Recevoir.

Trois verbes qui résument la thématique de la journée missionnaire organisée à Loriol, en octobre dernier, dans la foulée de la course Hope360. Un événement local, mais qui en dit long sur les possibilités qu’ont les échanges internationaux d’agréger les bonnes volontés au niveau local…

Un aperçu de la journée missionnaire à Loriol – DR

En 50 ans d’existence, l’activité du Défap s’est traduite par les missions de plus de 2000 envoyés, par des dizaines de projets au sein d’une cinquantaine d’Églises mises en relation, notamment dans le réseau de la Cevaa, mais aussi au-delà ; par des centaines de boursiers accueillis en France, des dizaines d’échanges de professeurs, de jeunes, de pasteurs… Mais quel en est l’impact sur la manière de vivre l’Église au niveau local ? En quoi ces voyages, ces mélanges de cultures, cette foi vécue en commun peuvent-ils servir à alimenter la vie d’une paroisse ?

Une réponse simple serait : par l’ouverture ainsi permise. Encore faut-il l’expérimenter pour percevoir cette porosité entre ce qui se fait au loin et ce qui se vit ici.

Des dynamiques internationales aux dynamiques locales

Un bon exemple est celui de la Journée missionnaire organisée le 10 octobre à Loriol avec la participation de Laura Casorio, du service Relations et Solidarités Internationales du Défap. Il a eu lieu dans la foulée de Hope360, événement festif et solidaire qui avait réuni, une dizaine de jours plus tôt, plus de 800 coureurs à Valence. Mis sur pied par Asah, collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale, Hope360 avait ainsi rassemblé des bonnes volontés issues de toutes les branches du protestantisme, depuis les paroisses luthéro-réformées locales jusqu’aux organismes liés au monde évangélique. Un phénomène d’agrégation qui avait aussi profité aux Églises directement membres du Défap : parmi les jeunes présents à Valence dans le parc de l’Épervière, on trouvait ainsi des membres du consistoire du Valentinois – Haut-Vivarais et du consistoire des Portes du midi de l’Église protestante unie de France (EPUdF), mais aussi un groupe de l’Unepref, autre Église membre du Défap, emmené par le pasteur Pascal Gonzales. Ou comment l’engagement international se traduit par des dynamiques dont profitent les paroisses locales…

Et c’est précisément pour profiter de ces dynamiques que les paroisses de l’EPUdF se sont mobilisées, dès les tentes repliées et les stands démontés dans le parc de l’Épervière, autour d’un week-end de la mission. Dans la salle, un public majoritairement jeune le samedi, plus intergénérationnel le dimanche lors du culte ; une participation allant jusqu’à une centaine de personnes, parmi lesquelles d’anciens envoyés du Défap, diverses personnes impliquées dans des activités de diaconat et paroissiales… Et au-delà de la présentation de l’historique et des missions présentes du Défap, des questions très ouvertes à des anciens envoyés ou anciens boursiers, ayant directement vécu les échanges avec d’autres Églises, dans d’autres pays : qu’en ont-ils retenu ? L’Église d’envoi a-t-elle su les accueillir de nouveau à leur retour, et surtout, accueillir leur expérience et leur témoignage ? Quel regard portent-ils aujourd’hui sur leur Église, et sur la vie d’Église en général ? Comment vivre aujourd’hui l’Église universelle ?

Cet événement Hope360 a ainsi permis, par ricochet, d’alimenter un temps de réflexion autour de la mission à partir des témoignages de divers proches du Défap : anciens envoyés coopérants ou volontaires, professeurs venant des universités du Cameroun ou du Bénin. Elle a aussi permis à tous de s’interroger sur l’Église qu’ils veulent vivre, et sur les manières d’y parvenir, à la lumière de ces apports issus d’autres pays et d’autres communautés.

 

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Deux jours de visite au Défap pour les futurs pasteurs

Lundi 13 et mardi 14 décembre, les Master 2 de l’IPT sont au 102 boulevard Arago, pour rencontrer l’équipe du Défap, visiter la bibliothèque et participer à des ateliers sur la mission et sur l’interculturel. L’objectif de ces rencontres, désormais régulières, est notamment de permettre de mieux faire connaître le rôle du Défap à ces étudiants qui se destinent à devenir pasteurs au sein de l’Église protestante unie de France.

Les étudiants en Master Pro de l’IPT, accompagnés d’Élian Cuvillier, et l’équipe du Défap, le lundi 13 décembre dans la chapelle du 102 boulevard Arago

Si le rôle de pasteur dans les Églises luthéro-réformées, fondamentalement, ne change guère, les conditions du métier ont fortement évolué ces dernières années. Il s’agit toujours de prêcher l’Évangile, d’accompagner des communautés locales, d’accompagner des personnes dans des moments particulier de leur vie, comme le soulignait en mai 2016 Evert Veldhuizen, président de l’Association des Pasteurs de France ; mais depuis les années 80, le corps pastoral a dû s’adapter à l’ère numérique, il a vu sa sociologie se modifier… Il compte de plus en plus de femmes, de plus en plus de pasteurs venus de l’étranger (ils sont aujourd’hui un tiers au sein de l’Église protestante unie de France, dont une bonne moitié provenant d’Afrique), voire d’autres Églises… Nombre de nouveaux pasteurs ont déjà connu une vie professionnelle avant de se reconvertir, et la part de celles et ceux qui sont directement issus de familles de pasteurs du milieu luthéro-réformé se réduit de plus en plus. Des transformations qui sont à l’image de celles que connaissent les paroisses, elles-mêmes ayant désormais une sociologie de plus en plus diverse et des origines multiples. L’épisode de la crise sanitaire, dont l’impact a été lourd sur la vie des Églises, et les tensions entourant les questions liées à la laïcité n’ont fait qu’accentuer récemment des transformations déjà profondes.

Les pasteurs, aujourd’hui, doivent être conscients des enjeux de l’interculturalité dans la vie d’Église. C’est précisément l’un des thèmes de la visite qu’effectuent au Défap pendant deux jours, les lundi 13 et mardi 14 décembre, une quinzaine d’étudiants et d’étudiantes en Master Pro de l’Institut Protestant de Théologie (un cycle commun aux facultés de Paris et de Montpellier), qui d’ici quelques mois devraient achever leur formation et se retrouver en poste dans une des paroisses de l’Église Protestante Unie de France (EPUdF). À l’issue de cette visite, ils auront eu l’occasion de participer à deux ateliers sur ce thème. Le premier, lundi après-midi, étant titré « Comment comprendre les différences culturelles ? Peut-on les dépasser ? » ; et le second, mardi, davantage centré sur le cas particulier du ministère pastoral.

Survol de l’histoire des missions protestantes et travaux sur l’interculturel

Cette année, le programme a été établi par Pascale Renaud-Grosbras, du service Animation-France du Défap, en association avec Claire-Lise Lombard, responsable de la bibliothèque. Au menu de ces deux jours : une série de rencontres et un repas partagé avec l’équipe du Défap, une présentation de l’histoire de la Maison des missions, de la SMEP au Défap, avec une visite commentée de l’exposition réalisée à l’occasion du cinquantenaire du Service protestant de mission… Mais aussi des portraits de missionnaires comme Idelette Allier, Mabille, Lavignotte ; une visite de la bibliothèque, lieu unique dans le protestantisme français, qui recèle dans ses fonds nombre de documents uniques sur l’histoire des missions protestantes. Sans compter la découverte de l’escape game réalisé par des anciens envoyés à l’occasion des célébrations du cinquantenaire : un jeu que vous pouvez retrouver gratuitement dans la boutique du Défap, et téléchargeable ici.

Voilà plusieurs années que ces visites des Master Pro sont organisées au 102 boulevard Arago ; Tünde Lamboley, responsable de la formation théologique, et qui avait initié un rapprochement avec l’IPT à travers une série de «déjeuners-cultes», avait en effet constaté que le Service Protestant de Mission restait encore trop souvent méconnu parmi les étudiants. D’où cette idée d’un temps de rencontre et d’échanges, approuvée par Élian Cuvillier, qui outre son rôle de directeur des études à l’IPT-Montpellier, est également, depuis juillet 2017, directeur du master professionnel des deux facultés. Il a déjà eu l’occasion de dire, lors d’une de ces visites, qu’il considère le Défap comme « un rouage essentiel de l’Église », avec lequel ses étudiants, en tant que futurs pasteurs, « seront nécessairement amenés à travailler ».
 

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Devenir pasteur
Le master 2 en théologie appliquée (Cycle M2ThA) est une formation universitaire commune aux Facultés de Paris et de Montpellier qui prend en compte la pratique, l’expérience et l’engagement concrets. Il est requis pour être pasteur.e de l’Église protestante unie de France (EPUdF). Poursuivant un triple objectif théologique, professionnel et personnel, il met en œuvre la triade pédagogique : savoir, savoir-faire et savoir-être. Il comprend un stage, des séminaires et la rédaction d’un rapport de stage. Au terme de ce temps d’études, et après accord de la Commission des ministères, le.a candidat.e au ministère pastoral fait son « proposanat ». Ce dernier est une période probatoire d’une durée de deux ans, dans une Église locale ou une paroisse. Une fois le proposanat achevé et après accord de la Commission des ministères, le nouveau / la nouvelle pasteur.e est ordonné.e – reconnu.e dans son ministère puis inscrit.e au rôle des ministres de l’EPUdF. La Commission des Ministères a réalisé une brochure à destination des étudiant.e.s désirant devenir pasteur.e.s : «Pour devenir pasteur, un parcours avec la Commission des ministères». Il est possible de la consulter sur le site de l’EPUdF sous format pdf.



Prière œcuménique de l’Avent

Ensemble avec les Églises chrétiennes du Bade-Wurtemberg et de Rhénanie-Palatinat, les Églises catholiques et protestantes d’Alsace et de Lorraine invitent à une prière œcuménique de l’Avent.

© Torsten Mühlbacher pour les Églises chrétiennes du Bade-Wurtemberg

Pour beaucoup de personnes, la prière à la maison est devenue une belle habitude qui accompagne la période précédant Noël.

Cette prière est une occasion d’inviter quelques personnes, vos amis, voisins et connaissances – et aussi des personnes que vous connaissez moins, voire pas du tout – à venir partager un moment de célébration ! Une pièce décorée pour l’Avent et la disponibilité d’une personne pour diriger cette prière de maison sont de bonnes conditions pour réussir ce moment passé ensemble.

Les membres du groupe œcuménique transfrontalier de l’ACK (Arbeitsgemeinschaft Christlicher Kirchen in Baden Württemberg) vous souhaitent un temps de l’Avent béni et lumineux.




La question interculturelle

Des communautés marquées de plus en plus par la diversité, le besoin d’une meilleure compréhension mutuelle et d’outils pour faire Église ensemble : présentation des enjeux de l’interculturalité en Église par Pascale Renaud-Grosbras, du service Animation-France du Défap, dans un article publié sur le site de l’EPUdF (Église protestante unie de France).

Cérémonie de reconnaissance du ministère pastoral-ordination à Montbéliard, septembre 2020 © Défap

Si on peut parler de question interculturelle dans nos Églises, c’est parce que nous venons d’horizons géographiques, culturels et sociaux différents. Rien de nouveau à cela : l’apôtre Paul écrivait à des communautés tiraillées par des sensibilités différentes, cherchant pour elles des moyens de vivre une foi commune sans nier les particularités des différentes cultures.

Aujourd’hui, pour certains, regarder son interlocuteur dans les yeux est un signe d’écoute attentive et de disponibilité ; pour d’autres, regarder dans les yeux une personne en position d’autorité est extrêmement impoli. Que se passe-t-il lorsqu’ils se rencontrent ? Parfois, sans même s’en rendre compte, la fraternité leur échappe, parce qu’ils ne reconnaissent pas les codes de l’autre ; il y a des blessures dues à des codes culturels non compris.

Prendre conscience de cela, comprendre en quoi mon frère, ma sœur porte tout un monde auquel je n’ai accès que dans l’écoute attentive, c’est se donner les moyens de mieux vivre la fraternité en levant des incompréhensions.

En revenant sur l’histoire missionnaire, on peut aussi prendre conscience des bouleversements introduits dans les différentes cultures par l’arrivée de l’Évangile. Par exemple, pour dire comment Jésus est Seigneur, les missionnaires des siècles passés ont dû trouver dans la culture où ils arrivaient un équivalent approximatif. Parfois, le mot « chef » permettait de commencer à expliquer que Jésus était un chef si puissant qu’il avait vaincu la mort, mais il fallait aussitôt ajouter que c’était un chef qui, pour sauver son peuple, acceptait une mort ignominieuse, ce qui mettait en lumière que les chefs locaux n’étaient pas si puissants et que leur autorité n’était pas toujours exercée dans le service et le don de soi, mais dans la domination.

En boomerang, les Églises du Nord, via leurs organismes missionnaires, sont aujourd’hui amenées à s’interroger sur l’inculturation de leur lecture biblique et de leur théologie, mettant à nu l’illusion d’un christianisme « hors culture ».

Le Défap, porteur d’histoires et de réflexions, est un témoin précieux pour comprendre ces enjeux dans le monde qui est le nôtre.




Un Avent de partage

Du 28 novembre au 25 décembre, retrouvez le podcast de l’EPUdF dédié à l’Avent. Ce rendez-vous quotidien sous forme de calendrier donnera la parole à des participants du Grand KIFF. Il sera également à écouter sur EJR Radio.

Du dimanche 28 novembre au samedi 25 décembre retrouvez quotidiennement sur EJR Radio à 7h30, 18h et 21h l’interview d’un participant au Grand KIFF, cet été à Albi. Il nous partagera un moment fort de ce rendez-vous estival qu’il garde en souvenir 4 mois plus tard, comment il vit ce temps de l’Avent en partage et nous offrira un verset ou passage biblique qui lui tient particulièrement à cœur.

Alors ne manquez pas ce rendez-vous quotidien disponible sur la web radio, dont l’accès est à retrouver ci-dessous.

Mais aussi dans les podcasts de l’Église protestante unie de France avec notamment la playlist « Un AVENT de PARTAGE » qui sera mise à jour quotidiennement ou encore sous forme d’un calendrier de l’Avent.

Alors n’hésitez pas à écouter, lire et partager vous aussi ce rendez-vous quotidien, ces belles et fortes rencontres d’une trentaine de témoins…

La playlist « Un Avent de partage »

Le calendrier de l’Avent




Bienvenue au Centre Évangélique 2021 !

Les stands sont installés, on n’attend plus que vous ! Ces 22 et 23 novembre, l’équipe du Défap vous accueille sur son stand à l’Espace Charenton, dans le XIIème arrondissement de Paris, à l’occasion de l’édition 2021 du Centre Évangélique. Suivez en direct l’événement sur la webradio dédiée au CE 2021, créée par un partenariat entre Radio Omega, Phare FM et Radio Arc-en-Ciel. Vous pourrez y entendre Manior interviewé en direct le mardi 23 novembre pour présenter son ouvrage, « Les deux pieds en Afrique », publié en partenariat avec les éditions Scriptura à l’occasion des 50 ans du Défap. Une séance de dédicaces est également prévue dans l’espace librairie.

Vue du stand du Défap peu avant l’ouverture du Centre Évangélique 2021 © Défap

Tout est prêt, et l’Espace Charenton fourmille d’activité. En ce matin du 22 novembre, tous les stands du Centre Évangélique sont installés, pour une édition 2021 qui marque le retour des rencontres « en présentiel », après une année 2020 au cours de laquelle les contraintes sanitaires avaient nécessité un changement de format et des conférences exclusivement en visio. Le Défap aussi est présent, et les permanents vont se relayer pour vous y accueillir tout au long de ces deux jours : venez nous rencontrer et vous entretenir avec les membres de l’équipe ; et venez découvrir l’album de Manior, Les deux pieds en Afrique, publié en partenariat avec les éditions Scriptura à l’occasion des 50 ans du Défap.

Les innovations rendues nécessaires par le contexte particulier de l’année 2020 ne sont pas oubliées, loin de là : le CE 2021, placé sous le thème « Annoncer et vivre l’Évangile, une vocation commune ? », a ainsi lieu à la fois sous forme de rencontres physiques, et simultanément sous forme de webinaires. Les organisations présentes ont également une présence sur le site du Centre Évangélique sous la forme d’e-stands (venez visiter celui du Défap !). Avec en outre une nouveauté pour cette année : une webradio s’installe dans les coulisses. Radio Omega, Phare FM et Radio Arc-en-Ciel se sont associées pour vous faire vivre 10 heures de direct à l’occasion de l’événement et vous proposer une immersion et un zoom sur les participants, leurs activités et leurs projets. Pour découvrir un peu comment fonctionne cette « radio temporaire » dédiée au Centre Évangélique, quelques explications ici  :

 

 

Pour suivre la webradio en direct tout au long de ces deux jours, rendez-vous sur sa chaîne YouTube :

 

Manior (Romain Choisnet), l’auteur des Deux pieds en Afrique, sera interviewé sur la webradio du Centre Évangélique pour présenter sa BD le 23 novembre vers 17h. Auparavant, il aura participé à une séance de dédicaces organisée dans l’espace librairie en début d’après-midi, vers 13 h.

On vous attend !




Le Défap au Centre Évangélique 2021, avec Manior

Les lundi 22 et mardi 23 novembre, venez nous rencontrer sur le stand du Défap à l’Espace Charenton, dans le XIIème arrondissement de Paris, à l’occasion de l’édition 2021 du Centre Évangélique. Vous pourrez aussi y découvrir le livre de Manior, « Les deux pieds en Afrique », publié en partenariat avec les éditions Scriptura à l’occasion des 50 ans du Défap. Une séance de dédicaces sera organisée le mardi dans l’espace librairie.

© Centre Évangélique 2021

L’édition 2020 était celle de l’année du Covid : comme nombre de rassemblements, le Centre Évangélique avait dû s’adapter et s’était tenu par visioconférence. Une expérience dont le CE 2021 a décidé de tirer parti : en ce mois de novembre, la rencontre, placée sous le thème « Annoncer et vivre l’Évangile, une vocation commune ? », a donc lieu à la fois en « présentiel », à l’Espace Charenton, dans le XIIème arrondissement de Paris, mais également sous forme de webinaires. Comme l’année précédente, le Défap participe à ce Centre Évangélique, qui va se tenir les lundi 22 et mardi 23 novembre ; avec comme invité Manior, dont vous pourrez découvrir et acheter le livre, « Les deux pieds en Afrique », publié en partenariat avec les éditions Scriptura à l’occasion des 50 ans du Défap. À noter : le mardi 23 novembre, à 13 heures, une séance de dédicaces sera organisée dans l’espace librairie.

En participant à ce Centre évangélique « des retrouvailles », après une année 2020 limitée au distanciel, vous aurez l’occasion :

  • d’aller à la rencontre de 116 œuvres évangéliques francophones à l’Espace Charenton mais également via la page web du CE 2021 (venez visiter l’e-stand du Défap !)
  • d’assister à des conférences, tables rondes et ateliers au sujet de la thématique de l’évangélisation, avec une trentaine d’intervenants
  • de profiter d’espaces de convivialité confortables prévus pour ces retrouvailles !

Fondé en 1948 à l’Institut biblique de Nogent, le Centre évangélique vise depuis plus de 70 ans à favoriser les rencontres et les relations entres structures protestantes évangéliques, de manière à accroître leur visibilité. L’historien et sociologue Sébastien Fath parle d’ « un réseau évangélique majeur » qui « a densifié une mouvance [évangélique] jusque-là passablement émiettée ». Quant au théologien Henri Blocher, il pense que ces rencontres ont permis aux évangéliques, en se connaissant mieux, d’envisager la création du Conseil national des évangéliques de France, qui s’est concrétisée en 2010.

Retrouvez ici le programme complet du Centre Évangélique 2021, et ci-dessous la présentation de l’événement en vidéo :
 

 
Et pour vous donner envie de venir découvrir le livre de Manior… et de participer à la dédicace du mardi à l’espace librairie, petit aperçu de la création d’une planche de la BD « Les deux pieds en Afrique » :
 




Tour des Synodes régionaux de l’EPUdF

À l’automne, chaque région de l’Église Protestante Unie de France, l’une des trois unions d’Églises constitutives du Défap, organise son synode, avec pour question principale : « La mission de l’Église et les ministères ». Un thème qui est au cœur même des activités du Défap, dont les représentants sont, comme chaque année, présents pour participer à chacun de ces synodes.

© EPUdF

Le thème abordé en cette année 2021 lors des synodes régionaux de l’EPUdF, « La mission de l’Église et les ministères », va se déployer sur 3 ans :

  • 2022 : discerner une vision globale et ses grandes orientations
  • 2023 : réformer l’Église en vue de sa mission (par exemple élaboration d’outils missionnaires, création de ministères et de formations adaptées)
  • 2024 : mettre en application nos décisions

Les questions sur la mission, tous les organismes missionnaires y sont aujourd’hui confrontés, dans un temps qui connaît des évolutions de plus en plus rapides et de grande ampleur. Et ce qui est vrai des organismes missionnaires l’est tout autant des Églises elles-mêmes – et au sein du monde protestant, c’est tout particulièrement vrai des Églises dites « historiques ». En témoigne le dernier numéro de Perspectives Missionnaires, unique revue de missiologie protestante dans le monde francophone, qui s’attache précisément aux questionnements auxquelles la mission fait face dans le contexte européen.

Comme chaque année, le Défap est présent à ces divers synodes régionaux, dont voici le calendrier :

 

Région Date et lieu du synode Suivre ce Synode
Centre-Alpes-Rhône 12-14 novembre à Annecy
Cévennes-Languedoc-Roussillon 29-31 octobre au centre du Lazaret à Sète
Est-Montbéliard 19-21 novembre à Besançon
Inspection luthérienne de Paris 19-21 novembre à Noisy-le-Grand
Nord-Normandie 12-14 novembre à Merville – Franceville 
Ouest 19-21 novembre à Nantes
Provence-Alpes-Corse- Côte d’Azur 19-21 novembre à Saint-Raphaël
Région parisienne 19-21 novembre à Dourdan
Sud-Ouest 19-21 novembre à Libourne

Une réflexion au long cours

Au Défap, la réflexion est engagée depuis mars 2018, lorsque son président, Joël Dautheville, avait lancé un appel en faveur d’une dynamique refondatrice dans son message à l’ouverture de l’Assemblée générale. Une réflexion qui ne peut bien sûr être indépendante de celle des Églises constituant le Service Protestant de Mission. Mais en la matière, chacune avance en fonction de son propre contexte, de sa propre histoire et au rythme de ses propres instances. En octobre 2019, le colloque organisé au 102 boulevard Arago «Vers une nouvelle économie de la mission : parole aux Églises» avait permis de réunir les présidents des trois Églises constitutives du Défap : l’EPUdF, l’UEPAL et l’Unepref. Il s’était traduit par des échanges très riches au cours desquels s’étaient exprimées les diverses conceptions de la mission, et les diverses attentes vis-à-vis du Défap.

Cette réflexion sur la mission, l’EPUdF a désormais décidé d’en faire un des thèmes centraux de ses synodes régionaux et nationaux. Un dossier destiné aux Églises locales est disponible pour la préparation des synodes régionaux 2021 et du synode national 2022.

La mission en débat à l’EPUdF : le dossier
 
L’avancée des réflexions au Défap