Si le nom change, les préoccupations restent les mêmes : la «Saison de la Création» succède en cette année 2019 au «Temps de la Création», rendez-vous international au cours duquel de nombreux chrétiens témoignent, depuis plus de dix ans, de leur engagement dans la protection de l’environnement. La FPF diffuse des ressources liturgiques et théologiques pour préparer cette période particulière, alors que France 2 vient de diffuser le documentaire «Chrétiens chlorophylles, garder le jardin». Au Défap aussi, la thématique de la sauvegarde de la création est bien présente, comme en témoignent le thème du prochain mini-forum de Condé-sur-Noireau, ou le soutien à des structures comme l’association Abel Granier, en Tunisie, ou l’ALCESDAM, au Maroc.

Illustration : le lac Irene, dans l’État du Colorado © Maxpixel

«Et Dieu vit que cela était bon». Ce commentaire à la fois simple et profondément émouvant, cette petite phrase montrant Dieu s’arrêtant pour contempler la création qu’Il est en train de façonner, scande à six reprises le premier chapitre de la Genèse à partir du moment où la terre ferme apparaît. Les mers et leurs rivages, les plantes, les animaux terrestres ou marins, et finalement l’être humain lui-même, tout ceci est «très bon». Mais aujourd’hui, l’impact de l’humanité sur l’ensemble des écosystèmes de notre planète, et sur le climat lui-même, pousse de nombreux chrétiens à s’interroger : cette création n’est-elle pas désormais menacée ? L’être humain, chargé par Dieu dans le chapitre 2 de la Genèse de «garder» le Jardin d’Éden, n’a-t-il pas failli à sa mission ?

Cette interrogation partagée par un nombre croissant de chrétiens dans le monde vient de faire l’objet d’une présentation à travers un reportage diffusé le 1er septembre sur France 2. Le Jour du Seigneur et Présence Protestante ont consacré un documentaire œcuménique inédit à ces chrétiens qui, au nom de leur foi, s’engagent pour protéger la planète : «Chrétiens chlorophylles, garder le jardin», écrit par le duo Marie Mitterrand / Éric Denimal, et réalisé par Jean-Baptiste Martin. Un sujet qui a permis de montrer comment, sur le terrain, paroissiens, pasteurs et communautés religieuses s’engagent, avec par exemple le succès que connaît le label «Église verte».

Environnement : les engagements du Défap

La diffusion de ce documentaire précède de peu la période de l’année qui marque, depuis plus de 10 ans, une manifestation chrétienne internationale en faveur du climat : le «Temps pour la Création», traditionnellement organisé entre début septembre et début octobre – plus précisément entre le 1er septembre (début de l’année liturgique orthodoxe) et le 4 octobre (Saint François d’Assise, le saint patron des animaux et de l’environnement dans la tradition catholique), en passant par la fête des récoltes (parfois célébrée en milieu protestant)… Ce rendez-vous a été initié en Europe en 2007 ; en 2019, il a reçu un nouveau nom, celui de «Saison de la Création». Une appellation choisie de manière œcuménique au niveau international parmi l’ensemble des institutions chrétiennes. En France, les partenaires chrétiens, dont en particulier le Conseil d’Églises chrétiennes en France (CECEF), ont choisi de se joindre à cette dynamique mondiale. Et la Commission Écologie – Justice climatique de la Fédération Protestante de France propose un ensemble de ressources, présentées par Martin Kopp et disponibles sous forme de livret ou de fichier pdf, illustrant le thème proposé par la dynamique internationale pour cette année, à savoir celui de la biodiversité. Outre quelques éléments factuels sur la biodiversité, les menaces qui pèsent sur elle et les efforts menés au niveau international pour la protéger, on y trouve des réflexions théologiques et bibliques, des propositions de prédications et de liturgies…

Au Défap aussi, la préoccupation de la sauvegarde de l’environnement fait partie intégrante du programme de travail établi depuis 2015, et se retrouve à travers un certain nombre de projets : c’est le cas du soutien apporté à l’association Abel Granier, qui intervient en Tunisie sur les problématiques de désertification. C’est le cas du partenariat établi avec l’ALCESDAM, Association pour la Lutte Contre l’Érosion, la Sécheresse et la Désertification au Maroc, qui depuis trente ans intervient dans les zones de palmeraies de la province de Tata. Le Défap a aussi régulièrement des envoyés au sein du projet Beer Shéba à Fatick, au Sénégal, centré sur l’agro-foresterie durable ; il est l’un des membres fondateurs du Secaar… Cette préoccupation globale trouve par ailleurs des traductions locales dans les rencontres régionales sur la mission. C’était déjà le cas lors du «mini-forum» du Défap en région CAR, organisé avec le réseau Bible et création ; ce sera le cas encore à Condé-sur-Noireau, lors de la rencontre prévue les 27, 28 et 29 septembre pour la région Normandie, et qui tournera autour du thème «Vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre» (d’après une citation de Gandhi). Avis aux amateurs : les inscriptions sont ouvertes. Vous pouvez d’ores et déjà trouver tous les renseignements pour participer à cette rencontre, en allant sur le site de l’Église protestante unie du Bocage normand, et télécharger le bulletin d’inscription ici.

L’équipe des organisateur du «mini-forum» de Condé-sur-Noireau entourant Florence Taubmann, du Défap © EPUdF