Méditation du jeudi 5 septembre 2019. Nous prions pour notre envoyé aux Antilles, sa famille et les Églises.

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Tout ce qui se produit dans le monde arrive en son temps.

Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir ;
Un temps pour plante et un temps pour arracher les plantes ;

Un temps pour tuer et un temps pour soigner les blessures ;
Un temps pour démolir et un temps pour construire.

Il y a un temps pour pleurer et un temps pour rire ;
Un temps pour gémir et un temps pour danser.

Il y a un temps pour jeter des pierres et un temps pour les ramasser.
Il y a un temps pour donner des baisers et un temps pour refuser d’en donner.

Il y a un temps pour chercher et un temps pour perdre ;
Un temps pour conserver et un temps pour jeter ;

Un temps pour déchirer et un temps pour coudre.
Il y a un temps pour se taire et un temps pour parler.

Il y a un temps pour aimer et un temps pour haïr ;
Un temps pour la guerre et un temps pour la paix.

Quel profit celui qui travaille retire-t-il de sa peine ?

J’ai considéré les occupations que Dieu a imposées aux humains. Dieu a établi pour chaque événement le moment qui convient. Il nous a aussi donné le désir de connaître à la fois le passé et l’avenir. Pourtant nous ne parvenons pas à connaître l’oeuvre de Dieu dans sa totalité. J’en ai conclu qu’il n’y a rien de mieux pour les humains que d’éprouver du plaisir et de vivre dans le bien-être. Lorsqu’un homme mange, boit et jouit des résultats de son travail, c’est un don de Dieu. J’ai compris que tout ce que Dieu fait existe pour toujours ; il n’y a rien à y ajouter ni rien à en retrancher. Dieu agit de telle sorte que les humains reconnaissent son autorité. Ce qui arrive maintenant, comme ce qui arrivera plus tard, s’est déjà produit dans le passé. Dieu fait que les événements se répètent.

Ecclésiaste 3, 1-15

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Dans son livre « Du temps » le sociologue Norbert Elias réfute l’idée que le temps existe en soi, de manière abstraite, pour affirmer qu’il a une histoire longue, riche, interculturelle, et que nous sommes héritiers de cette histoire. Qu’est-ce que le temps sinon le nom donné par la conscience humaine à l’impermanence, à l’observation des mouvements cosmiques, de l’alternance du jour et de la nuit, des changements saisonniers, puis à l’organisation des besoins de la vie ? C’est à partir de telles questions qu’on a commencé il y a bien longtemps à mesurer le temps.

Ce passage si connu de l’Ecclésiaste exprime ces découvertes de la conscience humaine : il y a alternance entre ce qui relève de la vie et ce qui relève de la mort, – ce qui nous apparaît comme négatif et comme positif- mais cette alternance peut aller dans un sens ou dans l’autre. Qu’il y ait opposition entre construire et détruire, haïr et aimer, parler et se taire … cependant tout relève d’un même principe d’existence : le temps. Evidemment il est difficile de penser ensemble ce qui choque l’éthique et ce qui la sert. Tuer, déchirer, jeter des pierres, rien de tout cela ne peut être banalisé et simplement mis en balance avec leur contraire. Cette lucidité pourrait conduire à un grand scepticisme, sinon à une forme de nihilisme.

Mais l’Ecclésiaste échappe à cela car il s’en remet à Dieu, et reçoit le temps, les temps, comme un don, dont le mystère reste entier entre les mains du Créateur. Ultime cadeau, au-delà ou au cœur du temps, Dieu le Père a même attribué à l’homme le goût de l’éternité !

Ce pourrait être un cadeau empoisonné s’il n’était présenté dans le seul écrin qui lui sied : la confiance. Avec le Christ l’humanité apprendra, à travers d’autres mots, que non seulement le temps, mais la vie éternelle, lui est offerte.

 

 

Nous prions pour notre envoyé aux Antilles, sa famille et les Églises.

Seigneur loué sois-tu pour ta présence et ton amour qui précède tout.
Tout dans l’univers, tout dans l’histoire de l’humanité et tout dans ma vie.
Je sais bien que pour toi le temps n’est pas le même que le mien.
Peut-être même n’existe-t-il pas,
Mais je suis à la fois réconforté et stimulé parce que je peux toujours me dire
Qu’avant ce que je ressens, avant ce que je pense, avant ce que je vis
Il y a ta parole, il y a ta personne, il y a ton existence.
Avant mon passage sur cette terre …. et bien après !

Oui loué sois-tu Seigneur, pour la surabondance de ton être pour moi,
Pour tous les humains
Et pour le cosmos. Amen !

Prière proposée par Olivier Pigeaud dans Parole pour tous.