ODD : une tribune de Coordination Sud

À la veille du sommet onusien pour le Climat, Coordination Sud, rassemblement national de plus de 170 ONG françaises de solidarité internationale, dont fait partie le Défap, publie une tribune sur Mediapart. Ce texte exhorte le gouvernement français à mettre en place d’urgence un mécanisme de suivi des politiques menées, tant au niveau local qu’international, pour s’assurer qu’elles soient cohérentes avec les «objectifs de développement durable» signés par la France.

Illustration : déforestation et avancée des déserts © Maxpixel

La France vient d’adopter sa feuille de route pour la mise en œuvre des «objectifs de développement durable» (ODD) au moment où se tient le sommet dédié des Nations unies et quatre ans après l’adoption de l’Agenda 2030 et l’Accord de Paris. Cette adoption intervient alors que la situation de la planète ne cesse de s’aggraver et que le réchauffement planétaire pourrait être bien pire que prévu selon un rapport d’experts et expertes français du CNRS et de Météo France rendu public cette semaine.

Des feux des forêts primaires amazoniennes et africaines aux révoltes sociales de celles et ceux laissés pour compte dans nos sociétés modernes, tout est dorénavant lié par une mondialisation non maîtrisée. Qu’elles soient sociales, environnementales ou économiques, à ce jour, les causes et conséquences ne sont traitées, ni par des actions spécifiques transversales, ni par une approche globale et cohérente !

Or l’agenda des Nations unies des ODD, adopté en 2015, devait répondre à cela en faisant le lien entre les crises environnementales, sociales et économiques, entre les actions locales et l’échelle mondialisée. Il définit des actions concrètes dans tous les domaines de nos sociétés à mettre en œuvre d’ici 2030 pour un monde durable. Cet agenda concerne tous les pays, autour d’objectifs universels ambitieux : éliminer la pauvreté et la faim, permettre à toutes et tous de vivre en bonne santé, garantir un accès à l’éducation, à une eau potable et à des toilettes, mais aussi transformer les modèles agricoles et techniques, lutter contre les changements climatiques, l’érosion de la biodiversité et la dégradation des terres, favoriser des modèles économiques inclusifs reposant notamment sur des emplois dignes et un partage équitable des bénéfices économiques pour contribuer au développement de sociétés en paix… Cet «Agenda 2030» affirme l’ambition de «ne laisser personne de côté», c’est à dire de prendre en considération les personnes les plus précaires ou les plus marginalisées dans l’ensemble des politiques publiques.

Environnement : le besoin d’un réel changement de cap

Dans le contexte actuel, cette ambition nécessite, partout, à tous les niveaux, des transformations structurelles technologiques, sociales, environnementales, économiques et politiques de nos sociétés. Elle demande en outre aux États de prendre la responsabilité de la mise en œuvre de ses actions et appelle tous les acteurs et actrices, entreprises, société civile, collectivités territoriales, à inscrire leur activité dans une feuille de route commune.

Pour les acteurs et actrices françaises non-étatiques du développement durable, l’année 2019 constitue une étape clef pour la mise en œuvre de cet agenda par la France. En effet, après avoir lancé une réflexion commune en 2018, le gouvernement présente un “livret politique” devant traduire de manière opérationnelle la mise en œuvre des Objectifs du Développement Durable dans ses politiques tant nationales qu’internationales.

Ce “livret politique” doit donner une perspective de long terme permettant de poser des trajectoires de transition vers un développement durable.

Le profond changement de méthode et de vision – intégrée et globale – que proposent l’agenda 2030 et les actions définies dans ses 17 objectifs de développement durable ne peut se réaliser qu’en s’appuyant sur une mobilisation politique pleine et entière au plus haut niveau de l’État, afin de créer un cadre pour l’action de l’exécutif et du législatif et soutenir l’action des acteurs non-étatiques.

À ce titre, nous demandons que soit mis en place un mécanisme de suivi de la cohérence des politiques entre elles, cette démarche devant également être appliquée en matière d’articulation entre les niveaux locaux, nationaux, européens et internationaux. Chacune des politiques sectorielles doit apporter une attention particulière aux objectifs de lutte contre la pauvreté, les inégalités et les changements climatiques ainsi que ceux liés à l’égalité de genre et à l’inclusion de la société civile. Des indicateurs relatifs à ces enjeux devront être élaborés pour en rendre compte.

L’Agenda 2030, en s’appuyant sur les conventions internationales, et notamment l’Accord de Paris ainsi que l’Accord sur le financement d’Addis Abeba, constitue le seul cadre international pouvant guider un réel changement de cap. Il crée les conditions d’une résilience environnementale, sociale et économique pour toutes et tous au sein de nos sociétés, en France comme ailleurs dans le monde, en enclenchant la nécessaire transition dont elles ont besoin. Il est encore possible d’agir, et la France a un rôle majeur à jouer pour changer de trajectoire et permettre de réelles avancées. Ne gâchons pas cette chance.

Philippe Jahshan, président de Coordination SUD




Grand KIFF 2020 : retour sur le week-end des ambassadeurs

La prochaine édition du Grand KIFF, c’est dans une dizaine de mois. D’ores et déjà, le comité d’organisation et tous les partenaires de l’événement s’affairent ; c’est aussi le cas au Défap, où Tünde Lamboley, chargée de la Jeunesse, est particulièrement impliquée. Dans la course de fond que représente la mise en place de ce grand rendez-vous, les 7 et 8 septembre ont marqué un moment important, avec la présence d’un peu plus d’une quarantaine de personnes venues de toute la France qui se sont donné rendez-vous à la communauté de Taizé pour le week-end des ambassadeurs du Grand KIFF 2020.

Une quarantaine de personnes se sont retrouvées les 7 et 8 septembre à Taizé pour le week-end des ambassadeurs du Grand KIFF 2020 ; elles ont eu l’occasion de prier avec un millier de jeunes venus de toute l’Europe © DR

L’été 2020 sera l’été du Grand KIFF pour l’Église Protestante Unie de France et ses partenaires. Le Défap en fait partie, avec l’implication de Tünde Lamboley, chargée de la Jeunesse, en lien avec les dynamiques jeunesse régionales, les conseils régionaux ; l’événement mobilise ses propres équipes jeunesse, ses régies, ses coordinateurs EEUdF régionaux (Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France)… À noter qu’au sein des EEUdF, Daniel Cremer (commission vie spirituelle) est aussi un ancien envoyé du Défap.

Les 7 et 8 septembre, 41 personnes venant de toute la France se sont données rendez-vous à la communauté de Taizé pour le «week-end des ambassadeurs» du Grand KIFF. La participation aux offices de la Communauté, avec un millier de jeunes présents venus d’Europe et la rencontre avec Frère Jean, ont enraciné l’engagement de ces jeunes ambassadeurs dans la prière et la méditation biblique qui sera au cœur du Grand KIFF. Ce week-end marquait le lancement officiel du Grand KIFF «La Terre en partage», qui aura lieu du 29 juillet au 2 août 2020 à Albi.

Être ambassadeur

Mais pour les jeunes impliqués dans cette aventure, que signifie concrètement être ambassadeur du Grand KIFF ? Cela signifie être disponible pour réfléchir, en lien avec les instances et équipes concernées par la mise sur pied de l’événement, de manière à agréger les forces autour de ce rendez-vous de juillet 2020. Il s’agit de montrer comment le Grand KIFF peut être au service d’une dynamique jeunesse locale et régionale, et d’aider à en faire un moment fédérateur susceptible d’attirer les jeunes et jeunes adultes.

Être ambassadeur, cela signifie, pour les jeunes concernés, être envoyés par le Comité de pilotage du Grand KIFF qui est à leur disposition pour les accompagner et leur fournir les informations nécessaires : communication, programme, logistique, animations…

Être ambassadeur, cela signifie être animateur d’un projet qui se construit avec et pour les jeunes. Cette dynamique impulsée dès aujourd’hui est la première étape essentielle de cet événement, pour que le Grand KIFF soit un bouquet d’initiatives régionales.

Être ambassadeur, cela signifie être à l’écoute et ouvert pour la rencontre du terrain, pour réfléchir et créer ensemble. Leur enthousiasme pour accepter cette mission est un gage de sérieux et de responsabilité.

Le cheminement vers le Grand KIFF «La Terre en partage» a commencé. Invitez-les chez vous pour échanger avec eux ! Aude-Aline, responsable à Tours et membre du groupe de jeunes de sa paroisse, fait partie de l’aventure et partage son témoignage sur ce week-end : «Me voilà ambassadrice du Grand KIFF 2020 ! Avec l’aide du comité de pilotage du GK, les ambassadeurs et ambassadrices ont pour mission de promouvoir cet événement, d’en parler autour d’eux et de donner envie à un maximum de personnes d’y participer. En effet, ce week-end nous a convaincus que tout le monde pourrait y trouver son compte : se questionner, débattre, trouver des réponses et surtout rencontrer, échanger, chanter et faire la fête autour du thème «La Terre en partage». Ce week-end était donc un encouragement à nous lancer dans la promotion de ce Grand KIFF.»

  • Le Grand KIFF (15 -20 ans) : du 29 juillet au 2 août 2020 Albi
  • L’AlterKIFF (18 – 30 ans) : du 22 juillet au 4 août 2020

Le Grand KIFF 2020, en quelques chiffres

  • 1 600 personnes attendues
  • 1 170 jeunes de 15 à 20 ans
  • 170 bénévoles de 18 à 30 ans, à l’Alter’KIFF, un camp de service, du 22 juillet au 4 août 2020
  • 130 accompagnateurs de groupes locaux
  • 130 bénévoles et professionnels



Albi accueille le Grand KIFF 2020

Une nouvelle aventure s’annonce du 29 juillet au 2 août 2020 à Albi pour les 15-20 ans, sur le thème : la Terre en partage.

L’affiche du Grand Kiff © EPUdF

Depuis 2009, l’Église protestante unie ancre sa dynamique jeunesse dans l’organisation d’événements nationaux conçue par et pour les jeunes : le Grand KIFF. Cet événement offre l’opportunité à chacun de pouvoir rencontrer Jésus-Christ et cheminer dans un parcours de foi personnel notamment à travers la lecture de la Bible, des temps de louange, de musique, des animations, des jeux et des rencontres.

Pour cette nouvelle édition

Le Grand KIFF s’inscrit dans un partenariat privilégié avec les Éclaireurs et éclaireuses unionistes de France (EEUdF). Dans cet esprit de co-construction avec le dynamisme et l’expérience des EEUdF, en lien étroit avec les autres partenaires, le Grand KIFF sera un grand événement tant pour l’Église que pour tous les jeunes.

Le Grand KIFF est une porte ouverte sur le monde, sur Dieu et sur soi où chacun est appelé à vivre en plénitude. Quel que soit son parcours de vie, chacun est accueilli tel qu’il est ; ses mots, ses gestes, sa présence et sa foi ont leur place. Il ouvre un espace de parole pour apprendre à être soi avec les autres et oser l’engagement.

Le Grand KIFF est une étape pour que chacun puisse questionner le sens donné à sa vie. C’est un lieu d’appropriation de son cheminement spirituel, un outil pour enrichir la route empruntée, à l’écoute de ses préoccupations, de ses questionnements et de ses rêves. Il offre un espace de dialogue pour parler en “je” et oser dire “je crois”, “je doute”.

Le Grand KIFF est une invitation à se mettre à l’écoute, échanger, témoigner et affirmer ce qui nous anime et nous met en mouvement. C’est un lieu d’appropriation de son cheminement spirituel, un outil pour enrichir la route empruntée, à l’écoute de ses préoccupations, de ses questionnements et de ses rêves. Il offre un espace de dialogue pour parler en “je” et oser dire “je crois”, “je doute”.

La Terre en partage

Avec l’expertise de nombreux partenaires en France et à l’étranger, le thème du Grand KIFF portera sur l’écologie et le partage d’une fraternité et d’une solidarité : la Terre en partage. Comment les questions environnementales et climatiques nous poussent-elles à imaginer de nouvelles manières de vivre et de témoigner de notre foi ? Heureux les doux, ils auront la terre en partage (Matthieu 5.4).

Le Grand KIFF est ancré dans le travail synodal de l’Eglise pour se laisser interpeller et agir concrètement sur des questions de société autour de l’écologie et de la solidarité pour poser des gestes et des convictions sur la création et l’environnement, l’accueil et la migration, la fraternité et l’égalité, la citoyenneté et l’engagement. Albi sera le lieu d’un rassemblement international, en favorisant des rencontres entre jeunes et jeunes adultes venant de divers pays, cultures et Églises, membres de notre Eglise ou venant d’Églises-sœurs.

La volonté du Grand KIFF 2020 est d’être au service des dynamique locales et régionales, par des actions permettant la réflexion et le dialogue. Des ambassadeurs iront à la rencontre des groupes et des paroisses pour préparer cet événement.

Le Grand KIFF 2020, en quelques chiffres

  • 1 600 personnes attendues
  • 1 170 jeunes de 15 à 20 ans
  • 170 bénévoles de 18 à 30 ans, à l’Alter’KIFF, un camp de service, du 22 juillet au 4 août 2020
  • 130 accompagnateurs de groupes locaux
  • 130 bénévoles et professionnels



Vivre la théologie autrement

Flora Pichard a participé au camp d’été Alternative Théologie qui s’est déroulé du 25 au 30 août dernier à Paris, organisé par l’Institut protestant de Théologie, le Défap, la Coordination Évangélisation-Formation de l’EPUdF et le réseau jeunesse. Elle témoigne de ce partage théologique original sur le thème de la Liberté.

Participants du camp © IPT

Des intervenants comme Brice Deymié, directeur des aumôniers de prison de France ou Floriane Chinsky, femme rabbin à Paris ont rendu visite aux jeunes du camp et marqué les esprits.

Comme le témoignage de Floriane Chinsky sur le concept de liberté dans la religion juive, autour de la fête de Pessa’h, aussi nommée « Fête de la liberté » qui célèbre la libération du peuple juif par Dieu des Egyptiens, le réduisant alors à l’esclavage. Toute la religion juive est en effet construite sur cette notion de liberté. Dieu a prouvé son amour à son peuple par son secours.

« La liberté repose essentiellement sur notre capacité à se poser des questions. Arrivés avec plein de questions sur la théologie nous sommes repartis avec autant voire plus.

Pour ma part, j’ai vécu cinq jours extrêmement riches tant du point de vue des connaissances que des rencontres avec des jeunes d’ici et d’ailleurs à la recherche de liberté et de connexion avec Dieu. Sous la forme d’un camp, nous sommes parvenus à former un groupe de partage solidaire dans une ambiance ouverte et fraternelle.

Vivre la théologie autrement, c’est ce qui nous avait été promis et nous n’avons pas été déçus… », conclut Flora Pichard.

Après cette deuxième édition d’Alternative Théologie, l’engagement des jeunes se poursuivra pendant toute l’année scolaire dans les régions au sein des paroisses, mais également l’été prochain lors de la prochaine édition du Grand KIFF qui se tiendra à Albi du 29 juillet au 2 août 2020 et de l’Alter KIFF du 22 juillet au 4 aout 2020.

 

Retrouvez ci-dessous des interviews de participants…

… et le film de la visite du Défap :




Une saison pour l’engagement




Accueillir l’autre en Europe

Ayant pour thème principal «Les chrétiens et l’accueil de l’autre en Europe», une journée œcuménique, placée sous l’égide du Conseil d’Églises chrétiennes en France, se tiendra le 12 octobre prochain à Paris.

Jamais les tensions politiques autour des migrants n’ont été aussi importantes, aussi visibles en Europe qu’au cours de cet été 2019, lorsque le ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, a lancé un bras-de-fer avec les ONG qui portaient secours aux naufragés en Méditerranée. Avec comme résultat des scènes absurdes ou révoltantes, comme l’image de l’Open-Arms, le navire de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms, bloqué face à l’île italienne de Lampedusa sans pouvoir y débarquer ses passagers ; des migrants désespérés se jetant à l’eau pour rejoindre la terre ferme à la nage – parfois sans savoir réellement nager ; et le ballet des navires des gardes-côtes italiens continuant, dans le même temps, à débarquer des dizaines de migrants recueillis en mer, puisque toute l’attention médiatique et politique se concentrait sur un seul point. Salvini parti du gouvernement, le premier ministre italien Giuseppe Conte a promis une «nouvelle ère réformatrice» dans un discours prononcé devant le Parlement lundi 9 septembre avant d’obtenir le vote de confiance des députés. Son programme se veut l’antithèse de la politique menée jusque-là par Matteo Salvini. Il a insisté sur la nécessité d’une plus grande solidarité au sein de l’Union européenne pour résoudre le problème des flux migratoires. Giuseppe Conte a également proposé des «couloirs humanitaires européens» permettant d’accueillir de manière organisée des réfugiés qui en ont le droit. La nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, veut quant à elle proposer un «nouveau pacte pour les migrations et l’asile». Il s’agit de mieux répartir les efforts au sein de l’UE et notamment d’aider les pays comme l’Italie, l’Espagne, la Grèce, en première ligne pour les arrivées de migrants. Elle veut aussi rouvrir les discussions sur la réforme du règlement de Dublin, qui confie actuellement aux pays d’arrivée la charge du traitement des demandes d’asile.

Les Églises d’Italie en pointe

Cette question des «couloirs humanitaires» a déjà été soulevée depuis longtemps dans le réseau des ONG européennes, et tout particulièrement dans le milieu des Églises. C’est précisément en Italie qu’est né un programme associant la Fédération des Églises évangéliques italiennes et la communauté catholique de Sant’Egidio, ayant pour objectif l’accueil de personnes vulnérables se trouvant dans les camps au Liban, indépendamment de leur appartenance religieuse ou ethnique. Un programme similaire a depuis été mis en place en France, régi par un protocole d’entente signé à l’Élysée et qui associe les ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères à cinq partenaires issus du milieu des Églises : la Fédération protestante de France, la Fédération de l’Entraide protestante, la Conférence des évêques de France et le Secours catholique – Caritas France. Une alternative légale aux «voyages de la mort» à travers la Méditerranée… Ces personnes en situation de grande vulnérabilité sont accueillies légalement en France dans le réseau de la FEP et de ses partenaires locaux. Elles n’arrivent qu’une fois assuré leur accueil dans de bonnes conditions par un collectif d’accueil local. Des collectifs et des hébergements pour lesquels se sont mobilisés nombre de bénévoles issus de l’Église protestante unie de France (EPUdF) ou de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), deux des unions d’Églises constitutives du Défap. À Beyrouth même, une envoyée du Défap, Soledad André, a participé à l’organisation des couloirs humanitaires en tant que chargée de mission de la FEP.

La question migratoire est donc un sujet qui divise, autant qu’il pousse à l’engagement. L’Église catholique propose déjà une réflexion propre sur l’accompagnement des migrations humaines, à travers plusieurs documents magistériels, et de nombreuses initiatives locales ou centralisées. Au sein du protestantisme, les Églises constitutives du Défap ont développé des actions de sensibilisation et d’accueil. C’est dans cette dynamique qu’une journée œcuménique, placée sous l’égide du Conseil d’Églises chrétiennes en France (CECEF), se tiendra le 12 octobre prochain à Paris. Avec des questionnements importants : refuser tout accueil ou accueillir sans discernement n’est pas une solution. Dès lors, quel modèle prôner pour la société ? Que mettre en place dans les Églises ? Des intervenants de diverses confessions chrétiennes et d’Europe sont invités, parmi lesquels :

  • Julija VIDOVIC, professeure à l’Institut orthodoxe Saint Serge
  • Monseigneur HEROUARD, évêque auxiliaire de Lille
  • Pasteur Luca NEGRO, président de la Fédération des Églises Évangéliques en Italie.

Ce Forum œcuménique aura lieu le 12 octobre prochain dans les locaux de l’Église protestante unie du Saint- Esprit (Paris VIIIème). La rencontre est organisée avec le soutien du service des relations avec les Églises chrétiennes de la Fédération Protestante de France – un service dont la responsable est la pasteure Anne-Laure Danet, une ancienne du Défap.

 




Tragique disparition du Dr Antoinette Yindjara

Le Défap s’associe à la douleur de la famille du Dr Antoinette Yindjara, tragiquement disparue le 5 septembre lors d’un accident de la circulation alors qu’elle rentrait en RCA. Membre de l’Église Évangélique Luthérienne de République centrafricaine et proche partenaire du Défap, elle était l’une des trois femmes pasteures ordonnées par cette Église et dirigeait l’école de théologie de Baboua.

La pasteure Antoinette Beanzoui Yindjara © archives

Le Défap a appris avec consternation le décès de la pasteure Antoinette Beanzoui Yindjara, survenu le 5 septembre 2019, et s’associe à la douleur de ses proches. Elle a été victime d’un accident de la circulation entre Garoua-Boulai (Cameroun) et Bouar (RCA), alors qu’elle rentrait en bus en République centrafricaine.

Antoinette Beanzoui Yindjara était l’une des trois femmes pasteures ordonnées par l’EELRCA (l’Église Évangélique Luthérienne de République centrafricaine), et elle dirigeait l’école de théologie de Baboua, non loin de la frontière camerounaise. L’EELRCA est l’une des deux Églises avec lesquelles le Défap est en lien dans ce pays, avec l’EPCR (l’Église Protestante Christ-Roi de Centrafrique). Toutes deux travaillent, chacune à sa manière, à la réconciliation de la République centrafricaine, et à reconstruire un vivre-ensemble mis à mal par des années de guerre civile ; mais alors que l’EPCRC est surtout présente à Bangui, l’EELRCA est davantage présente dans l’Ouest du pays, non loin des frontières du Tchad et du Cameroun.

L’Église Évangélique Luthérienne de République centrafricaine, en deuil, a annoncé la nouvelle du «décès tragique de la Révérende Docteur Antoinette Yindjara Beanzoui». L’UPAC (Université Protestante d’Afrique Centrale, présente à Yaoundé) a également adressé à l’Église et à la famille de la défunte ses sincères condoléances.

L’accident qui a emporté la pasteure Antoinette Beanzoui Yindjara a eu lieu sur le trajet de retour d’une visite aux partenaires allemands de son Église. Elle venait de participer à la première Université d’été de l’œuvre missionnaire de Hermannsburg sur le genre. Hannah Rose, consultante de l’ELM (Evangelisch-lutherische Missionswerk in Niedersachsen) pour la coopération œcuménique avec l’Afrique centrale, a rendu hommage à une «femme forte et courageuse», tout en communiant par la prière avec la douleur de ses proches.

La levée du corps a eu lieu le jeudi 5 septembre à 14h à l’hôpital Militaire d’Ekounou / Yaoundé ; elle a été suivie du départ de la défunte pour la République centrafricaine.




Une Saison pour la Création

Si le nom change, les préoccupations restent les mêmes : la «Saison de la Création» succède en cette année 2019 au «Temps de la Création», rendez-vous international au cours duquel de nombreux chrétiens témoignent, depuis plus de dix ans, de leur engagement dans la protection de l’environnement. La FPF diffuse des ressources liturgiques et théologiques pour préparer cette période particulière, alors que France 2 vient de diffuser le documentaire «Chrétiens chlorophylles, garder le jardin». Au Défap aussi, la thématique de la sauvegarde de la création est bien présente, comme en témoignent le thème du prochain mini-forum de Condé-sur-Noireau, ou le soutien à des structures comme l’association Abel Granier, en Tunisie, ou l’ALCESDAM, au Maroc.

Illustration : le lac Irene, dans l’État du Colorado © Maxpixel

«Et Dieu vit que cela était bon». Ce commentaire à la fois simple et profondément émouvant, cette petite phrase montrant Dieu s’arrêtant pour contempler la création qu’Il est en train de façonner, scande à six reprises le premier chapitre de la Genèse à partir du moment où la terre ferme apparaît. Les mers et leurs rivages, les plantes, les animaux terrestres ou marins, et finalement l’être humain lui-même, tout ceci est «très bon». Mais aujourd’hui, l’impact de l’humanité sur l’ensemble des écosystèmes de notre planète, et sur le climat lui-même, pousse de nombreux chrétiens à s’interroger : cette création n’est-elle pas désormais menacée ? L’être humain, chargé par Dieu dans le chapitre 2 de la Genèse de «garder» le Jardin d’Éden, n’a-t-il pas failli à sa mission ?

Cette interrogation partagée par un nombre croissant de chrétiens dans le monde vient de faire l’objet d’une présentation à travers un reportage diffusé le 1er septembre sur France 2. Le Jour du Seigneur et Présence Protestante ont consacré un documentaire œcuménique inédit à ces chrétiens qui, au nom de leur foi, s’engagent pour protéger la planète : «Chrétiens chlorophylles, garder le jardin», écrit par le duo Marie Mitterrand / Éric Denimal, et réalisé par Jean-Baptiste Martin. Un sujet qui a permis de montrer comment, sur le terrain, paroissiens, pasteurs et communautés religieuses s’engagent, avec par exemple le succès que connaît le label «Église verte».

Environnement : les engagements du Défap

La diffusion de ce documentaire précède de peu la période de l’année qui marque, depuis plus de 10 ans, une manifestation chrétienne internationale en faveur du climat : le «Temps pour la Création», traditionnellement organisé entre début septembre et début octobre – plus précisément entre le 1er septembre (début de l’année liturgique orthodoxe) et le 4 octobre (Saint François d’Assise, le saint patron des animaux et de l’environnement dans la tradition catholique), en passant par la fête des récoltes (parfois célébrée en milieu protestant)… Ce rendez-vous a été initié en Europe en 2007 ; en 2019, il a reçu un nouveau nom, celui de «Saison de la Création». Une appellation choisie de manière œcuménique au niveau international parmi l’ensemble des institutions chrétiennes. En France, les partenaires chrétiens, dont en particulier le Conseil d’Églises chrétiennes en France (CECEF), ont choisi de se joindre à cette dynamique mondiale. Et la Commission Écologie – Justice climatique de la Fédération Protestante de France propose un ensemble de ressources, présentées par Martin Kopp et disponibles sous forme de livret ou de fichier pdf, illustrant le thème proposé par la dynamique internationale pour cette année, à savoir celui de la biodiversité. Outre quelques éléments factuels sur la biodiversité, les menaces qui pèsent sur elle et les efforts menés au niveau international pour la protéger, on y trouve des réflexions théologiques et bibliques, des propositions de prédications et de liturgies…

Au Défap aussi, la préoccupation de la sauvegarde de l’environnement fait partie intégrante du programme de travail établi depuis 2015, et se retrouve à travers un certain nombre de projets : c’est le cas du soutien apporté à l’association Abel Granier, qui intervient en Tunisie sur les problématiques de désertification. C’est le cas du partenariat établi avec l’ALCESDAM, Association pour la Lutte Contre l’Érosion, la Sécheresse et la Désertification au Maroc, qui depuis trente ans intervient dans les zones de palmeraies de la province de Tata. Le Défap a aussi régulièrement des envoyés au sein du projet Beer Shéba à Fatick, au Sénégal, centré sur l’agro-foresterie durable ; il est l’un des membres fondateurs du Secaar… Cette préoccupation globale trouve par ailleurs des traductions locales dans les rencontres régionales sur la mission. C’était déjà le cas lors du «mini-forum» du Défap en région CAR, organisé avec le réseau Bible et création ; ce sera le cas encore à Condé-sur-Noireau, lors de la rencontre prévue les 27, 28 et 29 septembre pour la région Normandie, et qui tournera autour du thème «Vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre» (d’après une citation de Gandhi). Avis aux amateurs : les inscriptions sont ouvertes. Vous pouvez d’ores et déjà trouver tous les renseignements pour participer à cette rencontre, en allant sur le site de l’Église protestante unie du Bocage normand, et télécharger le bulletin d’inscription ici.

L’équipe des organisateur du «mini-forum» de Condé-sur-Noireau entourant Florence Taubmann, du Défap © EPUdF



Vous reprendrez bien un peu de théologie ?

Rien de tel qu’un peu de théologie pour se rafraîchir les idées par temps de canicule ! Le camp «Alternative théologie», organisé par l’Institut protestant de Théologie, le Défap, la Coordination Évangélisation-Formation de l’EPUdF et le réseau jeunesse, a réuni une dizaine de participants du 25 au 30 août 2019 à Paris. Avec des intervenants tels que Marc Boss, Pierre-Olivier Léchot, Guilhen Antier et Anna Van de Kerchove, tous chargés d’orienter le petit groupe sur les sentiers escarpés de la Liberté, choisie comme thème pour ce rendez-vous estival…

La visite de la bibliothèque du Défap, avec Jean-François Faba © Défap

En cette fin de mois d’août surchauffée, ils sont une petite dizaine à se retrouver à Paris, boulevard Arago, loin de la plage et des stations balnéaires. Un groupe dont la moyenne d’âge est un peu supérieure à une vingtaine d’années, et qui vient arpenter les couloirs de l’Institut protestant de Théologie, la chapelle et la bibliothèque du Défap, en explorant les fondements et les implications de la liberté avec des intervenants tels que Marc Boss et Pierre-Olivier Léchot, Guilhen Antier et Anna Van de Kerchove… Au menu des participants, des sujets tels que «La liberté de conscience», «Liberté reçue, liberté acquise», «Entre puissance et fragilité», «Entre passion et raison» – tous rassemblés sous une même thématique résumée en une formule par le titre de ce camp théologique : «Liberté, j’écris ton nom». L’ensemble se plaçant dans la dynamique du Grand KIFF 2020, pour un rendez-vous estival destiné aux 18-30 ans dont la préparation a fait intervenir à la fois l’IPT, le Défap (chargé de l’hébergement), la Coordination Évangélisation-Formation de l’EPUdF et le réseau jeunesse.

«Un programme dense, comme le résume Nicolas, l’un des participants, et avec des intervenants de haut vol». En ce mercredi 28 août, avant-veille du départ, il est venu participer à une visite guidée du Défap avec son groupe et avec deux des accompagnatrices : les pasteures Christine Mielke, secrétaire nationale à l’animation des réseaux jeunesse de l’Église protestante unie de France (EPUdF), et Gwenaël Boulet, secrétaire nationale de la Coordination Évangélisation-Formation. Pour présenter l’histoire et les richesses du Service Protestant de Mission, deux guides les accueillent : Tünde Lamboley et Jean-François Faba.

«Il fallait se préparer un peu comme pour Koh Lanta»

Tünde Lamboley, chargée de la formation théologique et de la jeunesse au Défap, présente dans la chapelle une exposition sur l’histoire de la SMEP, ancêtre du Service Protestant de Mission. Elle en profite pour évoquer quelques parcours de missionnaires en lien avec la thématique de la liberté. Liberté vis-à-vis des conventions sociales de leur époque : elle cite ainsi le cas de Maurice Leenhardt, revenu de Nouvelle-Calédonie jusqu’à Paris pour plaider la cause de Kanaks qui s’étaient retrouvés exposés en pleine capitale comme des bêtes curieuses, sans que la bonne société parisienne ait alors la moindre conscience d’attenter en quoi que ce soit à leur dignité d’êtres humains. «Parmi les missionnaires, souligne-t-elle, on trouvait parfois des personnalités à contre-courant, très libres.» Elle passe ensuite à l’évocation de la formation dispensée au XIXème siècle par la SMEP, et qui a pu aller jusqu’à deux ans : «Les futurs missionnaires devaient se préparer un peu comme pour Koh Lanta : personne ne savait vraiment ce qu’ils allaient trouver, qui ils allaient rencontrer sur place… Les cartes étaient très imprécises, les communications très difficiles… Chacun devait apprendre tout ce qui était nécessaire à la survie, être capable de construire sa propre maison, de chasser, de pêcher, de dessiner une carte… Ces jeunes missionnaires – car ils étaient très jeunes ! – partaient avec un bagage de connaissances phénoménal». En guise de support à cette présentation, Tünde Lamboley a préparé avec Florence Taubmann (responsable du service France) un questionnaire sur l’histoire de la SMEP pour aiguillonner la curiosité des visiteurs. Ainsi qu’une présentation de l’envoi en mission des disciples par Jésus tel qu’il figure dans le chapitre 6 de l’évangile de Marc (versets 7 à 13) sous la forme d’un texte à trous, à compléter.

Le deuxième guide est Jean-François Faba, qui a été tour à tour secrétaire exécutif et secrétaire général du Défap, et qui y intervient toujours aujourd’hui à titre bénévole : il est chargé pour sa part de faire découvrir au groupe les trésors de la bibliothèque, et de le conduire à travers le petit monde souterrain des réserves où sont stockés de nombreux documents uniques sur l’histoire des missions protestantes. Des témoignages manuscrits bien sûr, mais aussi des objets liés aux divers parcours des missionnaires – comme par exemple une carte entièrement dessinée à la main par un de ces missionnaires-cartographes ; ou encore, comme la malle Ellenberger, un vrai trésor documentaire couvrant plus d’un siècle d’histoire au Lesotho, à travers l’odyssée d’une famille qui a compté pas moins de trois générations de missionnaires : depuis David Frédéric (1835-1920), en passant par Victor (1879-1972) et jusqu’à Paul (1919-2016)….

Mais au-delà des conférences à l’IPT, de cette visite-guidée de la maison des missions où les participants étaient logés pendant toute la durée du camp, «Alternative théologie» aura aussi été l’occasion de rencontres exceptionnelles : avec Floriane Chinsky, femme rabbin ; avec Brice Deymié, venu apporter son témoignage d’aumônier des prisons… Ainsi que des moments de spiritualité partagée, de veillées et d’échanges, jusqu’au culte final au matin du 30 août. Une autre manière d’envisager à la fois la liberté… et la théologie. Ou comment profiter de l’été autrement à Paris…

 

Retrouvez ci-dessous le film de la visite du Défap :




Retour sur l’AG de la Ceeefe

Pour la deuxième année d’affilée, la Communauté d’Églises protestantes francophones a tenu son Assemblée Générale au siège du Défap. Les participants se sont retrouvés au 102 boulevard Arago, à Paris, du jeudi 22 au samedi 24 août. L’occasion d’évoquer la vie, les joies et les défis des Églises membres de cette communauté dans 16 pays du monde ; cette AG 2019 a également vu le renouvellement du comité directeur de la Ceeefe, avec un changement de président, Christian Seytre succédant à Bernard Antérion.

Participants à l’AG 2019 de la Ceeefe © DR

Entre la Ceeefe et le Défap, il existe des liens réguliers : une partie significative des Églises membres de cette communauté francophone sont des partenaires du Service protestant de mission, qui peut leur assurer un appui administratif notamment au niveau des postes pastoraux. Certains projets d’Églises, comme la rénovation du temple de Djibouti (un chantier au long cours, qui a pris près d’une dizaine d’années), ont été rendus possibles par une collaboration étroite Défap/Ceeefe. Depuis l’année 2018, cette proximité a trouvé une nouvelle traduction visible, puisque c’est désormais le Défap qui accueille l’Assemblée Générale annuelle de la Ceeefe.

Un tour d’horizon de la vie des Églises

En cette année 2019, les délégués des 28 paroisses francophones représentées au sein de la Ceeefe, qui vont de Los Angeles à Beyrouth et de Stockholm à l’île de la Réunion, se sont donc retrouvés pour trois jours au siège du Défap, du jeudi 22 au samedi 24 août. Une réunion qui a été marquée notamment par le renouvellement du comité directeur (dont le Secrétaire général du Défap est membre), et du président : Bernard Antérion a ainsi cédé la présidence de la Ceeefe à Christian Seytre. Mais au-delà de cet aspect institutionnel, l’Assemblée générale a aussi été l’occasion de faire un large tour d’horizon sur la vie des membres de la communauté, et d’échanger des nouvelles sur les différentes Églises : les joies, les soucis de l’année écoulée, les projets concrets présents et à venir. Un moment important pour chacune de ces Églises, dispersées en de nombreux endroits du monde et qui n’ont généralement que peu d’occasions de se rencontrer en-dehors de telles réunions. «J’ai senti une vraie volonté, commune aux Églises membres, de travailler ensemble, et de partager les efforts tant matériels que spirituels», témoigne Basile Zouma, le Secrétaire général du Défap. «La Ceeefe est une communauté où chacun est concerné par ce qui se passe ailleurs». Et de citer le cas d’un projet immobilier de l’EEAM (Église évangélique au Maroc) : au-delà de la participation financière proposée par la Ceeefe, diverses Églises membres ont spontanément fait part de leur volonté de soutenir le projet.

Outre l’aspect institutionnel et les nouvelles de la communauté, une AG de la Ceeefe est aussi un temps de partage spirituel : cette année, l’aumônerie, assurée par Claire Sixt-Gateuille, Secrétaire nationale chargée des relations internationales au sein de l’EPUdF, a tourné autour de la thématique de l’écologie (qui sera aussi au cœur du Synode national de 2020 de cette Église). Elle a notamment animé un débat sur le thème «Église Verte», avec des questions très concrètes : sur le plan de la vie de l’Église, comment la préoccupation écologique s’intègre-t-elle dans l’annonce de l’Évangile ? Quelle place peut avoir la dimension écologique de l’existence dans le culte, la prédication, la catéchèse… Et dans la vie pratique de l’Église locale, quelles actions mener au sein de la vie paroissiale ? Quel rôle pour le conseil presbytéral en la matière ? Quelle perception des enjeux écologiques au sein de la communauté ? Le tout étant décliné à travers des ateliers, des temps d’échange et de réflexion, pour essayer de cerner ce que pourrait être une Église «idéale» en terme d’engagement écologique.

 

Qu’est-ce que la Ceeefe ?

La Communauté d’Églises protestantes francophones favorise les contacts avec des Églises locales sur divers continents, lors de voyages professionnels ou touristiques. Elle aide aussi, dans la mesure de ses moyens, à la formation des pasteurs et des responsables, et participe à la réalisation concrète de projets locaux à dimension diaconale. Elle trouve son origine dans l’existence, depuis le XVIIème siècle, d’Églises fondées dans divers pays par des Français expatriés.

En 1685, à la révocation de l’Édit de Nantes, de nombreux huguenots vont chercher refuge à l’étranger. Expatriés, ils rejoignent alors les Églises nationales pour y vivre leur foi. Mais certains créent sur place des Églises d’expression française, dont certaines existent encore aujourd’hui. En 1963, dans le mouvement de la décolonisation, l’Église Réformée de France limite ses compétences au seul territoire français. Les anciennes colonies, ainsi que les départements d’outre-mer, sous la compétence de la Commission générale des Églises réformées de la France d’outre-mer, ainsi que les paroisses françaises à l’étranger sont placées sous la responsabilité de la Fédération protestante de France. Celle-ci crée en 1964 la Commission des Églises évangéliques d’expression française à l’extérieur : la Ceeefe, aujourd’hui plus connue comme la Communauté d’Églises protestantes francophones. Les Églises de la Ceeefe sont en lien avec la Fédération protestante de France, avec le Service protestant de Mission, la Cevaa, l’Action chrétienne en Orient.

 

Retrouvez ci-dessous une sélection d’images de cette Assemblée Générale de la Ceeefe :




«Mini-forum» de Condé-sur-Noireau : «L’urgence nous rattrape»

Urgence climatique, partage des richesses, accueil des migrants : ces thématiques seront au cœur du prochain «mini-forum» du Défap qui se prépare en Normandie pour les 27, 28 et 29 septembre 2019. Des préoccupations qui ne sont pas simplement dans l’actualité, mais qui interpellent directement les Églises ; des sujets globaux ayant des implications dans les comportements au niveau local. Face à ces défis, les organisateurs proposent trois journées de réflexion placées sous cette citation de Gandhi : «Vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre».

Il y a quelques années encore, le réchauffement climatique pouvait sembler pour beaucoup une menace lointaine. Mais l’échéance se rapproche, et les effets de la transformation du climat semblent se faire sentir bien plus tôt que prévu. Le dimanche 18 août, des dizaines d’Islandais ont ainsi quitté Reykjavik vers le nord pour aller déposer une plaque commémorative en hommage à Okjökull, le premier glacier de l’île à avoir disparu en raison du réchauffement climatique. Quelques mois plus tôt, beaucoup plus au sud, c’est le Mozambique qui avait subi coup sur coup deux tempêtes catastrophiques : une succession jamais vue dans l’histoire récente du pays. Nos régions tempérées ne sont plus épargnées : en témoignent les records de chaleur enregistrés en France au cours du mois de juillet, avec de nombreux pics au-dessus des 40°C, et 42,6°C à Paris – du jamais vu. Alors même, comme l’a souligné Météo France, que «quelques décennies en arrière, atteindre 40 °C quelque part en France était un événement exceptionnel et localisé.» Cette canicule a aussi été vivement ressentie en Normandie : 41,3 degrés à Rouen enregistrés le 25 juillet ; 39,7 degrés à Caen, 40,1 degrés à Dieppe, 38,1 degrés au Havre, 39,4 degrés à Deauville et 40,9 degrés à Évreux…

Quels comportements au niveau local face à des enjeux globaux ?

Cette transformation du climat annonce des changements drastiques, avec en premier lieu une multiplication de ceux que l’on appelle déjà les «réfugiés climatiques» : selon un rapport de la Banque mondiale, ils pourraient être plus de 140 millions à l’horizon 2050. L’ONU avance pour sa part une évaluation de 250 millions. Ces migrants viendront s’ajouter à toutes celles et ceux qui, aujourd’hui déjà, fuient les guerres ou la pauvreté, au premier rang desquels on compte actuellement les réfugiés fuyant la Syrie.

Face à ces défis, les Églises ont beaucoup à dire et à faire. Par l’accueil, par le partage, mais aussi par tout ce qu’elles défendent et proclament : il existe aujourd’hui toute une théologie de la sauvegarde de la création, et la thématique de l’écologie est bien présente parmi les protestants. Aujourd’hui, la question de notre responsabilité collective pour sauvegarder la création s’est concrétisée à travers des opérations comme le label Église verte ; elle fait partie intégrante d’un certain nombre de projets du Défap (voir les liens ci-dessous)…

Il était logique que cette préoccupation globale trouve des traductions locales dans les rencontres régionales sur la mission. C’était déjà le cas lors du «mini-forum» du Défap en région CAR, organisé avec le réseau Bible et création ; ce sera le cas encore à Condé-sur-Noireau, lors de la rencontre prévue les 27, 28 et 29 septembre 2019 pour la région Normandie, et qui tournera autour du thème «Vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre» (d’après une citation de Gandhi). L’objectif de ces rencontres régionales, à l’image de celle qui a déjà eu lieu en octobre 2018 en région centre-Alpes-Rhône, étant de «décentraliser» les débats sur la mission qui ont lieu régulièrement lors des forums du Défap, afin de se rapprocher des participants et de toucher un plus large public.

«C’est quoi vivre simplement ?»

«Dans le bocage Normand comme en Normandie et ailleurs, annoncent les organisateurs du «mini-forum» de Condé-sur-Noireau, nous sommes confrontés aux conséquences du réchauffement climatique. Même si depuis plusieurs années des initiatives et réflexions sont menées au sein de la paroisse du Bocage sur le partage des richesses, l’écologie, les questions de nourriture, les échanges et partages entre le bocage et l’Afrique, l’accueil des migrants, l’urgence nous rattrape.

Nous vous invitons à venir partager, échanger, construire autour d’une question simple mais qui nous permet déjà de faire un pas en faveur de la sauvegarde de la Création : C’est quoi vivre simplement ?

Vivre simplement dans ses dimensions matérielles et spirituelles, quel est le juste usage des biens dans ce monde ? (et les incidences de nos actes) du global au local, quel est le lien à la Terre et la terre ? (selon le sol où je suis) comment faire bouger les équilibres sans tomber dans les excès ? Comment limiter le gaspillage ? »

Vous pouvez d’ores et déjà trouver tous les renseignements pour participer à cette rencontre, en allant sur le site de l’Église protestante unie du Bocage normand, et télécharger le bulletin d’inscription ici.

L’équipe des organisateur du «mini-forum» de Condé-sur-Noireau entourant Florence Taubmann, du Défap © EPUdF



«L’Afrique pour laquelle nous prions» : un concours lancé par le COE et la CETA

Le Conseil oecuménique des Églises (COE) et la Conférence des Églises pour toute l’Afrique (CETA) appellent les jeunes Africains, présents sur ou hors du continent africain, à participer à un concours de rédaction pour la publication régionale africaine en tant que contribution au «Pèlerinage de Justice et Paix». Les Africains jusqu’à 35 ans sont invités à envoyer leurs textes avant le 15 octobre 2019.

Participants de la conférence d’Arusha du Conseil œcuménique des Églises. Photo: © Albin Hillert/COE

Vérité et traumatisme (consolidation de la paix) ; terre et déplacement (justice économique, justice écologique et migration) ; justice de genre ; justice raciale : tels sont les quatre grands thèmes qui doivent être illustrés par le concours lancé par le Conseil œcuménique des Églises (COE) et la Conférence des Églises pour toute l’Afrique (CETA). Il a été organisé dans le cadre de la publication de la région Afrique sur le Pèlerinage de justice et de paix. Les jeunes Africaines et Africains, présents en Afrique aussi bien qu’en-dehors du continent, sont invités à envoyer leurs textes avant le 15 octobre 2019 pour participer. Pour cela, une condition : être âgé-e au maximum de 35 ans.

Le Pèlerinage de justice et de paix est une initiative de la 10ème Assemblée du COE, organisée en 2013, qui appelle les Églises partout dans le monde à marcher d’un même pas, à considérer leur vie en commun, leur cheminement de foi, et à s’unir avec d’autres pour célébrer la vie et prendre des mesures concrètes visant à transformer les injustices et la violence. Le motif de base du pèlerinage s’accompagne de trois dimensions: célébrer la vie ensemble, visiter les blessures et entreprendre des actions transformatrices.

Les textes présentés lors de la 11e Assemblée du COE

Les essais (qui peuvent être rédigés en français, en anglais ou en portugais) devront refléter les traditions, les contextes et les perspectives de l’Église de leur auteur-e en ce qui concerne l’un des quatre thèmes choisis. Le texte devra compter environ 5000 mots, notes et bibliographie comprises. Les essais seront étudiés par les membres africains du personnel du COE et de la CETA.

Douze textes au maximum paraîtront dans L’Afrique pour laquelle nous prions dans un Pèlerinage de justice et de paix (titre provisoire), la publication de la région Afrique sur le Pèlerinage de justice et de paix, qui fera partie intégrante des fruits régionaux du Pèlerinage présentés lors de la 11e Assemblée du COE en 2021 à Karlsruhe (Allemagne). En outre, les auteur-e-s de quatre textes choisis seront invité-e-s à participer aux conversations œcuméniques consacrées à ces quatre thèmes durant la 11e Assemblée du COE.