La deuxième session destinée à accueillir les pasteurs venus d’autres pays et d’autres contextes culturels, organisée au Défap à la demande de trois Églises protestantes de France et de Belgique, s’est déroulée du 23 au 25 janvier à Paris. Objectif : faire le point et partager les expériences, trois mois après la première session ; et permettre aux uns et aux autres, non pas de repartir avec des réponses toutes faites à tous les problèmes, mais de se doter d’une « boîte à outils ».

Les participants prennent place pour la deuxième session d’accueil des « pasteurs venus d’ailleurs », le 23 janvier 2023 au Défap © Défap

Ils sont venus de Pologne, du Congo, d’Haïti, de Finlande, des États-Unis, du Bénin, du Cameroun… Ils sont désormais pasteurs ou suffragants dans des paroisses françaises ou belges, au sein de l’Église protestante unie de France (EPUdF), de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), de l’Église protestante unie de Belgique (EPUB)… Tous ayant, en dépit de leurs origines multiples et de la diversité de leur parcours, un défi commun : celui d’exercer un ministère pastoral dans un contexte culturel nouveau pour eux, et dans une société dont ils ne maîtrisent pas forcément tous les codes. Après la première session d’accueil des « pasteurs venus d’ailleurs » organisée en octobre au Défap, la deuxième session s’est déroulée du lundi 23 au mercredi 25 janvier. Les participants étaient les mêmes, mais trois mois après, les objectifs différaient quelque peu. Il ne s’agissait plus seulement de donner des repères sur la société, sur la législation, sur l’Église d’accueil et sur les modes de vie. Il s’agissait de revenir sur ces trois mois vécus en paroisse et de « débriefer » ; d’évoquer les rencontres, surprises et découvertes des uns et des autres, et de donner des éléments plus poussés d’interculturalité.

Surprises et découvertes qui n’ont pas manqué, comme on pouvait le deviner dès l’ouverture de cette deuxième session, le lundi à la mi-journée : « On ne cesse jamais de grandir, on ne cesse jamais d’apprendre », notait ainsi l’un des participants en se présentant au groupe. Pour un autre, « on est toujours en chemin ». Un troisième, venu d’Afrique de l’Ouest et actuellement dans une paroisse du centre de la France, évoquait son premier « baptême de neige ». Pour Laura Casorio, l’une des animatrices de cette session d’accueil de pasteurs, « faire le point » sur tout le vécu et les expériences des uns et des autres depuis octobre était bien « le fil rouge de cette session ». Le but étant, au-delà, à l’issue de ces trois nouvelles journées, de « les outiller » pour leur permettre, non d’accumuler des réponses standardisées et toutes faites à chaque situation, mais de trouver leurs propres solutions. Elle-même originaire d’Italie, ayant vécu de nombreuses années en France avant de travailler en Suisse, où elle est désormais, à sa grande surprise, assimilée à une Française, ne manquait pas de souligner : « On a tous des parcours riches ; on a tous des attentes, des expériences, des anecdotes, des échecs, des fiertés. On va partager des clés de lecture, pour que chacun puisse rentrer chez soi avec sa boîte à outils ».
 

Vue de la première journée la deuxième session d’accueil des « pasteurs venus d’ailleurs » © Défap

Parmi les principaux sujets pouvant générer malentendus ou frictions, les premiers à ressortir, lors de travaux de groupes, ont été ceux de la place du religieux dans la société, et de l’équilibre entre vie personnelle et rôle pastoral. Des thématiques qui peuvent entraîner des incompréhensions, non seulement pour des pasteurs venus d’autres continents comme l’Afrique, mais aussi entre ministres et paroisses de pays pourtant géographiquement beaucoup plus proches : « On s’est aperçu qu’on ne faisait pas toujours assez attention à des différences culturelles entre pays voisins (comme entre la France et la Suisse), alors qu’elles peuvent parfois porter sur des questions assez fondamentales », notait ainsi en marge de la session Vincent Nême-Peyron, président de la Commission des ministères, « commission d’embauche » des futurs ministres de l’EPUdF.

Retrouvez ci-dessous l’émission de radio diffusée sur Fréquence protestante et présentant la première de ces sessions d’accueil :

Une première session pour accueillir les pasteurs d’origine étrangère, émission présentée par Marion Rouillard

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 26 octobre 2022 sur Fréquence Protestante

 
La Commission des ministères a d’ailleurs pris depuis plusieurs années toute la mesure des changements induits par les évolutions de la société sur le profil des pasteurs. Au point de se poser, non seulement la question de l’accueil de pasteurs issus d’autres Églises et d’autres contextes culturels, mais aussi celle des manières de témoigner dans une société de plus en plus multiculturelle : « Les pasteurs issus de notre Église vont être eux-mêmes confrontés à des personnes qui viennent d’ailleurs. Témoigner de l’Évangile dans la société française en 2040 ? Ce sera forcément dans une société très multiculturelle et très multireligieuse », soulignait ainsi Vincent Nême-Peyron un an avant l’organisation de ces sessions d’accueil dans Échanges, mensuel de l’Église protestante unie de France de la région Provence-Côte d’Azur-Corse. Prise de conscience similaire au sein de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), autre Église membre du Défap ; et également, plus au nord, au sein de l’Église protestante unie de Belgique (EPUB). C’est de cette préoccupation commune qu’est née la demande, exprimée au Défap par ces trois Églises, d’une série de sessions permettant d’accueillir des ministres ou suffragants venant de l’étranger.