Session retour 2023 : de partout… vers Paris

La « session retour » des envoyés du Défap, module symétrique de la session de formation, a lieu cette année les mardi 28 et mercredi 29 novembre. Deux journées denses qui combineront moments de témoignage lors des sessions de groupe, et entretiens individuels, debriefing sur la mission de chacun et préparation à la réinsertion après le retour… Avec plusieurs enjeux : éviter le « choc du retour » et permettre aux participants de valoriser leur expérience de volontaires ; et préparer l’avenir, en songeant à la fois aux futurs envoyés qui prendront la suite sur les mêmes postes, et à des modalités d’engagement futur en lien avec le Défap.

Travaux de groupe lors d’une « session retour » des envoyés du Défap © Défap

Ils et elles seront une petite dizaine, en cette fin novembre, à prendre part à la « session retour » des envoyés. En provenance d’Égypte, de Madagascar, du Liban, de Côte d’Ivoire… mais aussi de France, puisque cette session 2023 va, pour la première fois, intégrer des volontaires en service civique accueillis en France, et venant d’Églises partenaires du Défap dans d’autres pays. Après plusieurs mois ou plusieurs années en mission dans un autre pays, les voilà de retour – ou sur le point de rentrer. Et il s’agit tout à la fois de faire le point sur ce qui a été fait, partagé et vécu ; d’échanger avec d’autres volontaires sur leur propre expérience ; de préparer cette période de l’après-mission, qui est tout aussi cruciale que celle du départ.

Parmi les participants de cette session, une grande diversité, à la fois dans les missions, mais aussi dans les profils. Armonie était ainsi partie comme VSI (Volontaire de Solidarité internationale) pour une mission d’enseignement à Madagascar. Elle est restée deux ans sur place, auprès d’enfants d’Antsirabe et Betafo. Également à Madagascar, Timothée s’adressait pour sa part à un autre public : titulaire d’un doctorat en Nouveau Testament, il enseignait la théologie. Parti en famille, il a passé cinq ans à Tananarive, où il était professeur titulaire à l’Institut Supérieur de Théologie Évangélique (ISTE). Étienne, parti comme VSI en Côte d’Ivoire, faisait de la gestion de projet auprès de l’Union des Églises Évangéliques Services et Œuvres, partenaire ivoirien de la Mission biblique. Julien était sur une mission de service civique en Égypte, au Caire, où il avait un rôle d’assistant d’éducation et d’accompagnement aux devoirs. Mona et Magda, pour leur part, venaient d’Égypte et ont effectué une mission de service civique en France, auprès des Diaconesses de Strasbourg. Believe, également venue en France pour une mission de service civique, qu’elle a effectuée à Marseille, est pour sa part originaire du Togo… Tous et toutes auront l’occasion d’échanger pendant les deux jours de cette « session retour », qui se tient cette année les mardi 28 et mercredi 29 novembre.

Le volontariat à l’international, une expérience à valoriser

L’expérience du volontariat à l’international agit toujours, pour celles et ceux qui la vivent, comme un révélateur. Elle met en lumière les forces et les faiblesses, les capacités d’adaptation, et toute personne qui est amenée à partir en mission en est nécessairement transformée. D’où l’importance, dans un premier temps, de la préparation au départ : non seulement il s’agit d’une obligation légale pour le Défap, mais c’est aussi l’occasion de fournir une « boîte à outils » aux volontaires s’apprêtant à laisser derrière eux leurs familles, leurs amis et leurs habitudes, de manière à les préparer à vivre pour le temps de leur mission dans un contexte radicalement différent, où ils seront confrontés à des enjeux nouveaux. De manière symétrique, les « sessions retours » représentent pour les envoyés revenant de mission l’une des rares occasions de se retrouver ensemble et de partager une expérience commune.

Au menu de ces deux journées denses : retours sur les missions des uns et des autres, avec des moments de témoignage au cours desquels chacune et chacun pourra évoquer sa découverte de la mission et de ses défis, de son contexte et du pays. Mais aussi préparation à la réinstallation, avec une préoccupation : transformer le vécu de la mission en expérience, pour qu’elle soit valorisée et qu’elle devienne un atout. Il n’est pas question de revenir simplement prendre sa place dans son milieu social ou familial, dans ses études ou sa vie professionnelle : faute de quoi, le risque est grand de connaître un « choc du retour », rendant la réinstallation plus difficile que le départ lui-même.

Ces « sessions retour » permettent aussi de replacer chaque projet individuel dans un projet collectif : car chacune de ces aventures vécue par les envoyés a été rendue possible par un cadre et par des relations établies de longue date entre le Service protestant de mission et ses partenaires. Il s’agit donc de faire en sorte que cette expérience du volontariat ne se limite pas à une parenthèse, ni pour les envoyés eux-mêmes, qui ont acquis une expérience au cours de la mission dont pourront bénéficier les futurs volontaires amenés à leur succéder, ni pour le Défap, pour lequel ils peuvent désormais, après avoir joué le rôle d’envoyés, endosser celui de témoins. Enfin, au-delà des sessions de groupe, ces deux journées seront l’occasion d’entretiens individuels avec le service du Défap chargé du suivi des volontaires.




RDC : assister les victimes des guerres

Si les projets du Défap se déploient avant tout sur un temps long, des situations d’urgence peuvent nécessiter une manifestation de solidarité immédiate. C’est pour de tels cas qu’existe Solidarité protestante, une plateforme regroupant des acteurs chrétiens de l’humanitaire, dont le Défap est membre et qu’il a contribué à mettre en place. En République Démocratique du Congo, géant du christianisme francophone, le Défap entretient ainsi avec l’Église du Christ au Congo des relations tournant essentiellement autour de l’échange théologique. Mais lorsque la branche locale de l’ECC Nord-Kivu a dû venir en aide aux déplacés fuyant les violences de mouvements rebelles comme le M23, le Défap a pu apporter son soutien, avec Solidarité protestante, pour des distributions de vivres.

 
S’il est une chose à toujours garder en tête lorsqu’on évoque la République Démocratique du Congo, c’est d’abord sa taille : la RDC est un géant. Avec 2,3 millions de kilomètres carrés, une superficie équivalente à celle de l’Europe occidentale, c’est le plus vaste pays d’Afrique subsaharienne. Une population qui croît à grande allure : 71 millions d’habitants en 2012, plus de 81 millions en 2016, quasiment 93 millions en 2020, probablement plus de 105 millions en 2023… Le taux de croissance démographique, évalué à 3,3% au cours de l’année 2023, est supérieur à la moyenne du continent (+2,5% sur un an). On estime que d’ici 2050, la RDC comptera 215 millions d’habitants et rejoindra les 10 pays les plus peuplés du monde.

Ce pays immense est très majoritairement chrétien. Les chiffres varient selon les sources, en raison notamment de la difficulté à évaluer le nombre de fidèles qui se rattachent à l’une des très nombreuses Églises pentecôtistes et de Réveil : entre 80% et 93%. Le dernier rapport du cabinet d’étude « Target » sur l’appartenance religieuse des Congolais, datant de 2022, soulignait ainsi la place toujours essentielle de l’Église catholique, regroupant 39% des fidèles. Venaient ensuite les mouvements religieux suivants, classés indépendamment de la confession : les protestants (23%), les adeptes des Églises évangéliques dites de Réveil (15%), les pentecôtistes (7%), les brahmanistes (5%), les témoins de Jéhovah (3%), les musulmans (2%), les kimbanguistes (2%)… Outre leur poids au sein de la société, qui a pu les amener à jouer un rôle politique de premier plan (l’Église catholique a beaucoup pesé en faveur de l’émergence de la démocratie), les Églises sont des acteurs sociaux majeurs. Elles gèrent des écoles, des hôpitaux, ont une importante action sociale et pallient les défaillances de l’État dans de nombreux domaines.

La RDC, un géant du christianisme francophone : vue d’un culte dans une Église de l’ECC © ECC

Un rôle social majeur pour les Églises

Tout comme l’Église catholique, les Églises protestantes assument ainsi nombre d’activités cruciales pour la société congolaise – avec d’autant plus de visibilité que beaucoup d’entre elles sont regroupées au sein d’une même structure, cumulant les caractéristiques d’une Église et d’une fédération : l’ECC – l’Église du Christ au Congo. L’ECC rassemble 95 communautés ecclésiales différentes (on préférera parler de « communautés » plutôt que « d’Églises » au sein de l’ECC), dont 70 sont présentes dans la seule ville de Kinshasa. Et d’une communauté à l’autre, les théologies dialoguent, les liturgies se rapprochent. Les facultés de théologie jouent pour cela un grand rôle : entre les communautés baptiste, anglicane ou mennonite, on retrouvera des pasteurs qui ont fréquenté les mêmes universités et suivi les mêmes cours.

Le Défap travaille justement avec cinq universités protestantes en RDC, qui disposent chacune d’une faculté de théologie : L’Université Protestante au Congo – UPC (à Kinshasa); l’Université Libre des Pays des Grands Lacs – ULPGL (à Goma et à Bukavu) ; l’Université Évangélique en Afrique – UEA (à Bukavu); l’Université Presbytérienne du Congo – UPRECO (à Kananga). Au sein de ces facultés se rencontrent des élèves issus de communautés ecclésiales différentes, entretenant ainsi le dialogue œcuménique. Parmi leurs responsables figurent souvent des théologiens dont les travaux de recherche ont été soutenus par le Défap. Les relations avec le protestantisme français se concrétisent aussi à travers des échanges de professeurs.

Organisation d’une distribution de produits alimentaires et d’hygiène en faveur de déplacés par l’ECC Nord-Kivu © ECC

Des crises récurrentes, et de gros besoins humanitaires

Mais ce géant qu’est la RDC affronte aussi depuis longtemps de multiples crises. Une longue succession de conflits, d’instabilité, de troubles politiques et de régimes autoritaires a conduit à une crise humanitaire aussi sévère que persistante, à laquelle s’ajoutent des déplacements forcés de populations. Des poches d’insécurité persistent dans le pays, particulièrement dans sa région orientale. Ces derniers mois, la situation sécuritaire s’est même gravement détériorée dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, où des milliers de personnes ont dû fuir les affrontements entre l’armée congolaise et des groupes armés.

Les Églises ont un rôle important pour apporter un soutien aux victimes. L’ECC, très structurée au niveau national, a ainsi les moyens humains d’agir. Mais au vu de l’ampleur des mouvements de population, les Églises ont besoin d’aide. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 6,9 millions de personnes sont actuellement déplacées à l’intérieur du pays du fait des violences. Si les actions du Défap se placent surtout dans le champ de l’échange théologique, il n’est pas possible d’ignorer de tels besoins. Si les projets portés par le Défap se déploient avant tout sur un temps long, l’urgence de certaines situations appelle aussi à une manifestation de solidarité immédiate. C’est précisément pour y faire face qu’a été créée la plateforme Solidarité protestante, que le Défap a contribué à mettre en place et dont il fait partie. Le comité de cette plateforme est piloté par la Fondation du Protestantisme et la Fédération protestante de France qui s’entourent d’ONG et d’institutions chrétiennes expertes dans l’aide humanitaire d’urgence et de crise.

Organisation d’une distribution de produits alimentaires et d’hygiène en faveur de déplacés par l’ECC Nord-Kivu © ECC

Un soutien conjoint du Défap et de Solidarité protestante

Solidarité protestante et le Défap ont ainsi été amenés à intervenir à la suite d’un important déplacement de population dû à des violences provoquées par le M23. À la fin de 2021, la résurgence de ce mouvement rebelle a provoqué dans le Nord-Kivu le déplacement de centaines de milliers de personnes et aggravé une crise humanitaire quasi permanente dans l’Est de la RDC depuis près de trente ans. L’ECC s’est notamment mobilisée à l’occasion d’une opération organisée dans le territoire de Nyiragongo au cours de l’été 2023, pour venir en aide à des pasteurs et à leurs proches rassemblés dans le camp des déplacés de Kanyaruchinya. Le Défap et Solidarité protestante ont pu tous deux apporter un soutien financier pour la distribution de colis alimentaires et de produits d’hygiène.

La situation sur place est cependant loin de s’être apaisée. Après une accalmie, les combats se sont de nouveau intensifiés depuis début octobre entre les rebelles du M23 et des groupes armés pro-gouvernementaux. Ils se sont même rapprochés à une vingtaine de kilomètres au nord de Goma, ville de plus d’un million d’habitants tout près de la frontière rwandaise. À la fin d’octobre, environ 5,6 millions des déplacés de RDC se trouvaient dans les provinces orientales du Nord-Kivu, Sud-Kivu, d’Ituri et du Tanganyika, selon l’OIM. Le seul Nord-Kivu comptait à lui seul près de 1 million de déplacés. Actuellement, selon l’Organisation internationale pour les migrations, « avec le conflit en cours et l’escalade de la violence, la RDC est confrontée à l’une des plus grandes crises de déplacement interne et humanitaire du monde ».

Organisation d’une distribution de produits alimentaires et d’hygiène en faveur de déplacés par l’ECC Nord-Kivu © ECC




Formation au départ : premiers échanges, premières découvertes

La session 2023 de formation des envoyés du Défap a commencé le 3 juillet au 102 boulevard Arago, à Paris. Une période dense d’une dizaine de jours que les candidats vont passer ensemble, non seulement pour acquérir une « boîte à outils » indispensable pour leur future mission, mais aussi pour apprendre à mieux se connaître et mûrir leur projet.
Session 2023 de la formation des envoyés du Défap : les participants s’installent avant la présentation de l’équipe du Défap… © Défap

 

Lundi 3 juillet : dès le matin, le bâtiment du Défap se remplit de bruits de voix et d’allées et venues. Cette journée marque le début de la session de formation des envoyés : une période courte (une dizaine de jours) mais dense, à la fois pour les candidats au départ et pour les responsables de la formation. Pour celles et ceux qui s’apprêtent à partir à Djibouti, au Tchad, au Cameroun, en Tunisie, à Madagascar, les profils sont très divers, de même que leur connaissance des pays et des cultures de leur futur lieu de mission : jeunes professionnels ou encore en cours d’études, praticiens aguerris de l’international… Et les motivations pour partir sont tout aussi variées. Parmi la petite vingtaine de futurs envoyés qui se rassemblent peu à peu devant le buffet préparé dans le hall d’accueil, et commencent à échanger avec l’équipe du Défap, plusieurs générations sont représentées. Il y a celles ou ceux qui partent seuls, et pour qui cette mission sera une découverte ; il y a aussi des couples, déjà engagés dans des projets au long cours dans des pays qu’ils connaissent… Certaines et certains, la plupart, partiront sous statut de VSI (Volontaire de Solidarité Internationale) ou de Service civique, mais le Défap envoie aussi des pasteurs outre-mer… Une diversité qui favorise d’emblée les conversations, mais qui constitue aussi un défi pour la formation. Pour y répondre, une bonne partie de l’équipe est mobilisée, ainsi que des intervenants extérieurs ; avec des modules qui, plutôt que des savoirs théoriques, visent à fournir aux futurs envoyés une « boîte à outils » qui leur permettra de s’adapter au mieux une fois sur le terrain de leur mission.

Ce temps de formation s’inscrit dans un cadre légal, avec des obligations claires : les futurs VSI doivent une préparation technique adaptée à la nature de la mission, une information pertinente sur les conditions dans lesquelles elle devra s’exercer, et une sensibilisation aux relations interculturelles. Les futurs Services civiques doivent recevoir une formation civique et citoyenne. Mais les sessions de formation du Défap se distinguent à la fois par leur durée et par les sujets abordés, qui vont bien au-delà de ce cadre imposé. Pendant une dizaine de jours, les futurs envoyés vivront sur place, auront l’occasion de se découvrir, d’approfondir les raisons qui les poussent à partir… Si le besoin de vivre une expérience solidaire est largement partagé, certains connaissent bien les milieux d’Église dans lesquels leur mission va se dérouler, d’autres peu ou pas ; dans tous les cas, il convient de répondre à quatre questions essentielles : Qui part ? Pour vivre quoi ? Dans quel contexte ? Qui revient ?

Session 2023 de la formation des envoyés du Défap : premier atelier pour « briser la glace »… © Défap

 

Le départ en mission, une expérience qui influe sur toute une vie

Ces quatre questions, Anne-Sophie Macor, qui fait partie de l’équipe du Défap où elle a notamment la responsabilité du suivi des envoyés, ne manque pas de les rappeler aux participants une fois ceux-ci installés dans la chapelle du 102 boulevard Arago, et après la présentation des permanents du Défap. C’est autour de ces questionnements qu’ont été construits ces dix jours de formation. Pour les futurs envoyés, cette période passée en commun au sein des locaux du Défap doit leur permettre de se préparer ; de partager une vision commune ; de s’inscrire dans un cadre ; d’acquérir de la confiance dans une structure qui assurera leur suivi à l’étranger tout au long de leur mission. Pour le Défap, il s’agit également de mieux connaître les envoyés – cette session vient alors compléter les divers entretiens que les uns et les autres ont eus tout au long du parcours de sélection de leur candidature – et aussi de se questionner sur leurs projets. « On a voulu avoir la formation la plus exhaustive possible, souligne Anne-Sophie Macor au cours de ce premier module de la matinée, avec un panel large d’intervenants, pour que vous puissiez avoir plusieurs points de vue. Les modules sont le plus interactifs possible : l’idée, c’est vraiment un enrichissement mutuel ».

Premiers échanges dans le jardin à la pause… © Défap

 

Au cours de cette première journée, après la rencontre de l’équipe des permanents du Défap et la présentation du programme par Anne-Sophie Macor, les envoyés ont droit à une visite de la bibliothèque : un lieu aux richesses inégalées en ce qui concerne l’histoire des missions protestantes, depuis les débuts de la SMEP (Société des Missions Évangéliques de Paris, l’ancêtre du Défap) jusqu’à aujourd’hui… mais aussi riche de ressources utiles pour les candidats au départ : c’est là qu’est établie la bibliographie distribuée à tous les participants de la session. Les journées suivantes verront se succéder les modules et les ateliers, de 9h30 à 18h30 : interculturalité, cadre de la mission, engagement personnel, questions de santé et de sécurité, enjeux géopolitiques, Églises et société, relations interreligieuses, rencontres avec d’anciens envoyés venus témoigner… Si la formation est riche en termes de contenus, cette dizaine de jours va surtout représenter pour tous l’occasion de confronter leurs visions et leurs engagements ; de mûrir une ultime fois leurs motivations… Et au bout du compte, ce qui sera déterminant, ce sera la capacité des futurs envoyés à entrer en dialogue et en relation, à questionner leur propre vision du monde dans des contextes culturels parfois déroutants pour s’adapter à leur lieu de mission : le savoir-être prime sur le savoir-faire. Ce n’est pas un hasard si les derniers entretiens ont lieu au cours de ces quelques jours. Et cette période passée ensemble sera aussi un sas avant de partir pour une expérience destinée à changer radicalement leur perception du monde, et à influer durablement sur leur vie.

Et c’est bien parce que tout envoyé qui part sera nécessairement confronté à de l’inconnu, à des expériences et à des rencontres qui auront un impact profond, que le Défap prépare aussi soigneusement les envois en mission. De la même manière, les retours doivent être préparés. Avec le même sérieux et la même minutie : car on rentre nécessairement changé de l’expérience du volontariat. Il n’est pas question de revenir simplement prendre sa place dans son milieu social ou familial, dans ses études ou sa vie professionnelle : faute de quoi, le risque est grand de connaître un « choc du retour », rendant la réinstallation plus difficile que le départ lui-même.

Visite de la bibliothèque © Défap



Envoyés du Défap : se former avant le grand départ

Prévue en cette année 2023 du 3 au 13 juillet, la session de formation est l’aboutissement de toute une année : à la fois pour les futurs envoyés, dont la procédure de recrutement s’étale sur plusieurs mois, et pour le personnel du Défap, largement mobilisé en amont et pendant cette période de préparation au départ. C’est aussi un moment crucial d’échanges entre les futurs envoyés, qui ont là l’occasion de passer deux semaines ensemble, mais aussi d’interroger leurs motivations et de réfléchir à la manière dont ils se projettent dans leur future mission. Deux semaines qui annoncent un changement radical, sachant qu’on revient toujours changé de l’expérience du volontariat…
Photo prise lors de la session 2022 de la formation des envoyés du Défap : premiers échanges dans le jardin… © Défap

 

Les derniers arbitrages ont eu lieu le 22 juin, lors de la dernière réunion de la Commission Échange de personnes (CEP), qui reçoit les futurs envoyés du Défap et statue sur leur candidature. Pour la session de formation 2023 des envoyés, seront présents une douzaine de candidats pour des missions de VSI (Volontaires de Solidarité Internationale), 3 volontaires pour des missions de Service civique ainsi que des pasteurs avec leur conjoint, soit 17 participants. Ils et elles devraient bientôt partir aux Antilles, au Cameroun, au Liban, à Madagascar, en Tunisie, en Égypte, à Djibouti, au Laos, au Tchad, au Sénégal ; essentiellement pour des missions dans les domaines de la santé, de l’éducation ou encore de l’enseignement de la langue française. Mais avant, toutes et tous vont se retrouver à partir du 3 juillet au 102 boulevard Arago, à Paris, pour une session courte, mais intense, de deux semaines, au cours de laquelle ils participeront à la période-clé que constitue la formation.

Période-clé pour les futurs envoyés, car elle représente un moment privilégié pour apprendre à mieux connaître le Défap en y logeant tous ensemble pendant un peu plus d’une dizaine de jours ; mieux connaître l’équipe des permanents, et pouvoir mettre des noms et des visages sur des fonctions ; mieux se connaître entre eux et partager un temps privilégié avant le grand départ, à l’automne… Ainsi, au-delà des thématiques abordées lors des présentations ou des ateliers, il y a dans cette période de formation brève, mais dense, un aspect d’échange et de rencontres indispensable. Mais ces deux semaines représentent également une période-clé dans la vie du Défap lui-même et pour toute l’équipe des permanents, largement mobilisée à la fois avant et pendant la formation.

Qu’ils soient pasteurs et aillent s’occuper d’une paroisse outre-mer, qu’ils partent sous le statut de VSI ou à l’occasion d’un service civique, pour quelques mois ou pour une mission plus longue, les futurs envoyés doivent tous passer par cette étape de la formation. Elle marque l’aboutissement d’une procédure de trois à six mois au cours de laquelle ils ont rencontré les membres de la CEP pour faire le point sur leur projet, évaluer leurs compétences professionnelles, leurs aptitudes personnelles. Puis vient la formation, étape qui constitue une obligation légale, notamment au vu des enjeux de sécurité, mais qui représente surtout pour le Défap le moyen de leur fournir des outils pour pouvoir s’adapter aux enjeux d’un autre pays, d’une autre société, d’autres manières de vivre où le confort peut être des plus rudimentaires ; et les préparer à vivre une expérience qui les obligera à sortir de tous leurs cadres. Une tranche de vie irremplaçable, mais qui nécessite des bases bien établies.

La formation : ce qui s’y enseigne… et ce qu’on y découvre

S’il ne faut aujourd’hui que quelques heures de vol pour se retrouver à l’autre bout de la planète, partir pour quelques mois ou un an comme volontaire, en mission dans un pays lointain, n’en reste pas moins une aventure. On en sort nécessairement changé. Pas question de s’y embarquer à la légère. Et se préparer au départ, c’est déjà partir un peu : se projeter dans un autre contexte culturel, se confronter à d’autres manières de vivre… et interroger ses propres motivations. Pourquoi partir en volontariat à l’étranger ? Qu’espère-t-on trouver ? À quelles réalités se retrouvera-t-on mêlé ? Pour les futurs envoyés, le temps de la formation au 102 boulevard Arago, au sein du vénérable bâtiment de l’ancienne Société des Missions Évangéliques de Paris, est déjà l’occasion de remettre en cause quelques certitudes. Notamment celles qui concernent la place du religieux, dans des pays où la laïcité, telle qu’elle est comprise et vécue en France, n’existe pas.

Au menu de ces deux semaines de formation : des thèmes d’ordre pratique, comme les aspects administratifs de l’envoi ou les questions de santé ; d’autres davantage consacrés à l’interculturel et à la rencontre de l’autre, au contexte de la mission (contexte culturel, géopolitique ou ecclésial), à la prévention et à la gestion des crises et conflits… De manière générale, cette formation vise à répondre à quatre questions : qui part ? Pour vivre quoi ? Dans quel contexte ? Qui rentre ? Sachant qu’on revient toujours changé d’une expérience de volontariat, qu’elle dure quelques mois ou plusieurs années… Pour cela, outre les membres de l’équipe des permanents mis à contribution lors des sessions en plénière et des ateliers, la période de formation fait appel à des associations partenaires ; elle mobilise aussi d’anciens envoyés venant témoigner, ainsi que des intervenants extérieurs disposant d’une compétence particulière dans un domaine précis.

Et comme chaque année, cette session de formation des envoyés se clôturera par un culte d’envoi, célébré dans la chapelle du Défap, et ouvert à tous. Pour rencontrer les futurs envoyés avant leur départ, rendez-vous le jeudi 13 juillet à 14h30 au 102 boulevard Arago, Paris, 14ème.




Haïti : un anniversaire dans la douleur pour la FEPH

Dans un pays sinistré et où les gangs entretiennent un niveau de violences comparable à celui d’un pays en guerre, la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti s’efforce de préserver, par l’éducation, la possibilité de construire un autre avenir. Grâce à son réseau de plus de 3000 écoles protestantes, elle revendique la scolarisation de 300.000 enfants. La FEPH fête en ce mois de mai ses 37 ans, dans un contexte douloureux : son directeur exécutif, Christon St Fort, a demandé des prières d’intercession aux organisations chrétiennes qui soutiennent les écoles haïtiennes.

Affiche des 37 ans de la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti © FEPH

En Haïti, le quotidien a tous les aspects d’une guerre civile. Les pénuries sont permanentes, les services de l’État défaillants, tout est difficile et dangereux : se déplacer, se fournir en denrées de base, poursuivre une activité professionnelle, s’occuper de ses enfants et de ses proches… Surtout, la violence est omniprésente. C’est particulièrement le cas de la capitale, Port-au-Prince, mais cette situation d’insécurité extrême a tendance à s’étendre, y compris dans des zones jusqu’alors plus épargnées comme le département de l’Artibonite. À Port-au-Prince même, plus aucun quartier n’est sûr, pas même les arrondissements de Kenscoff ou Pétion-Ville, longtemps considérés comme moins touchés. Les gangs qui tiennent les rues et se livrent à une véritable guérilla pour le contrôle de tel quartier ou de tel grand axe rançonnent, pillent, violent, massacrent, brûlent : pour le seul mois d’avril, et pour la seule capitale, plus de 600 personnes ont été tuées, selon les chiffres de l’Onu qui évoque des niveaux de violence « comparables à ceux des pays en situation de guerre ». Face à l’impuissance de la police, des habitants s’organisent en milices, massacrant sans autre forme de procès les membres de gangs qui peuvent tomber entre leurs mains. Ces « brigades de vigilance » sont, selon le dernier rapport de l’Onu, responsables du lynchage d’au moins 75 personnes, dont 66 membres de gangs, au cours du premier trimestre 2023. Devant une situation aussi ingérable, le haut-commissaire de l’Onu aux droits de l’homme, Volker Türk, a lancé un nouvel « appel à la communauté internationale pour qu’elle déploie une force de soutien spécialisée (…) avec un plan d’action complet pour aider les institutions haïtiennes ».

Mais ce soutien international se fait attendre et nombre d’Haïtiens eux-mêmes redoutent les effets à moyen terme d’une telle ingérence étrangère, qui pourrait aggraver la dépendance du pays sans régler pour autant les problèmes politiques, la corruption, la dégradation des services de l’État, sans compter tout ce qui doit être reconstruit dans tous les domaines les plus nécessaires à la vie d’un pays, depuis le secteur agricole jusqu’aux infrastructures de transport ou aux écoles…

Plaidoyer pour le droit à une éducation de qualité

Les écoles : voilà précisément l’un des lieux où peut se préparer un autre avenir pour Haïti. Sans éducation, pas de sortie possible de la pauvreté, pas de moyen de former une génération de citoyens qui seront outillés pour lutter contre la corruption et pour aider à construire une société moins violente et plus juste. Préparer l’avenir, en dépit des duretés du quotidien : c’est la difficile tâche des établissements membres de la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti (FEPH). À travers tout le pays, selon les chiffres de la Banque Mondiale, plus de 200.000 enfants ne sont pas scolarisés. Les écoles publiques sont une petite minorité (9 écoles sur 10 sont des établissements privés); et le niveau général est tellement faible que moins de 5% d’une classe d’âge obtient le bac. Dans ce contexte, la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti, grâce à son réseau de plus de 3000 écoles protestantes, revendique la scolarisation de 300.000 enfants. Elle est soutenue directement par le Défap et fait aussi partie des partenaires privilégiés de la Plateforme Haïti, mise en place sous l’égide de la Fédération protestante de France et où le Défap se retrouve aux côtés de divers acteurs du protestantisme français impliqués dans ce pays, comme La Cause ou la Mission Biblique.

La FEPH fête en ce mois de mai ses 37 ans, dans ce contexte douloureux marqué par les violences : son directeur exécutif, Christon St Fort, a demandé des prières d’intercession aux organisations chrétiennes qui soutiennent les écoles haïtiennes. « Cette violence est traduite par des viols, des vols, des affrontements entre gangs rivaux, des enlèvements contre rançon, empêchant les enfants d’aller correctement à l’école. Aujourd’hui, nous sommes inquiets de cette situation où les enfants ne peuvent pas jouir convenablement de leur droit à une éducation de qualité (…) Nous voudrions vous demander de prier pour l’arrêt des violences en Haïti, de manière à ce que les enfants puissent aller à l’école. »
 

 

La FEPH fait partie des acteurs de l’enseignement mobilisés autour du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) pour tenter de préserver des conditions décentes permettant les apprentissages des élèves. Plusieurs réunions ont déjà eu lieu en présence du ministre, le professeur Nesmy Manigat. « Au cours des discussions sur la situation sécuritaire dans les écoles, les responsables d’organisations socio-professionnelles comme le Consortium du secteur privé de l’éducation (COSPE), la Commission épiscopale pour l’éducation catholique (CEEC), la Fédération des écoles protestantes d’Haïti (FEFH), l’Association professionnelle des directeurs d’écoles privées, des directeurs d’écoles privées et publiques fortement affectées par les derniers événements, des inspecteurs et des représentants d’une association de psychologues ont tour à tour fait le point sur l’état délétère et très grave du contexte actuel », a indiqué le ministère. « Ces responsables ont alerté sur la gravité de la situation sécuritaire avec les cas de kidnapping de parents et d’enfants devant les écoles, les tirs incessants, les balles perdues sur les écoles, les élèves, enseignants ou d’autres membres du personnel blessés. Les directeurs d’écoles ont noté particulièrement la difficulté pour l’exercice des apprentissages dans les écoles dans ce contexte de violence aggravée. Mais plus encore, les ressources humaines, surtout les enseignants travaillant dans les écoles qui ne sont plus disponibles car, fuyant leurs zones vers d’autres régions plus clémentes, quand ce n’est pas le pays tout court (…) Les acteurs demandent au Gouvernement de tout faire pour garantir le droit à la vie et le droit à l’éducation tout en souhaitant une réunion élargie avec certains responsables de haut niveau de l’État. »

Le Défap et la Plateforme Haïti
Des liens privilégiés existent de longue date entre la Fédération protestante de France (FPF) et la Fédération protestante d’Haïti (FPH). Le passage de quatre tempêtes dévastatrices sur le territoire haïtien en 2008 (Fay, Gustav, Hanna et Ike) s’était traduit par la création de la Plateforme Haïti, regroupant divers acteurs du monde protestant sous l’égide de la FPF. En 2010, au moment du tremblement de terre qui devait faire plus de 230.000 morts, les réseaux protestants étaient donc bien en place, et la solidarité avait trouvé rapidement des canaux pour s’exprimer. Le président actuel de la Plateforme Haïti est le pasteur Rodrigue Valentin, de l’Église du Nazaréen, et sa coordination administrative est assurée par le Défap. La Plateforme rassemble les acteurs suivants :

 




Nord Cameroun : survivre et reconstruire

Dans l’Extrême Nord du Cameroun, les traces des intempéries qui avaient ravagé les cultures au cours de l’été 2022 sont toujours visibles. Pour les victimes privées de moyens de subsistance, la survie au quotidien reste difficile. L’Église Fraternelle Luthérienne du Cameroun, avec le soutien du Défap, a organisé des opérations de distribution alimentaire.

En attente d’une distribution d’aide alimentaire par l’EFLC dans l’Extrême Nord du Cameroun © EFLC/Défap

Marie Kouvou est veuve, ce qui signifie qu’elle fait partie des populations les plus fragiles dans l’Extrême Nord du Cameroun ; et elle a cinq enfants à nourrir. Lorsque les pluies diluviennes ont frappé sa région au cours de l’été 2022, elle a perdu l’essentiel de ses moyens de subsistance, comme les autres habitants de son village. Marie Kouvou fait partie des bénéficiaires du projet d’aide mis en place par l’Église Fraternelle Luthérienne du Cameroun (EFLC) – ce dont elle se dit « vraiment fière ». Elle a reçu du maïs : une denrée vitale, le maïs étant la céréale la plus cultivée et la plus consommée au Cameroun, un peu comme l’est le riz dans d’autres régions du monde.

Ezira Vandi, marié et père de huit enfants, a également reçu de l’aide de l’EFLC : « Je ne pensais pas être sélectionné, me disant que se sont les choses des chrétiens, mais je suis surpris de voir que c’est tout le monde qui était appelé à en bénéficier ».

Marie Kouvou © EFLC/Défap

Ils et elles s’appellent Moïse Dari, Jérémie Koyang, Marcel Kodji, Jean-Paul Dari ; comme Marie Kouvou et Ezira Vandi, ils et elles font partie des victimes des pluies diluviennes de l’été 2022. En ce printemps 2023, la vie recommence, avec l’aide de l’Église fraternelle luthérienne du Nord-Cameroun, soutenue par le Défap, dont elle est l’une des Églises partenaires dans cette région. Mais l’aide de l’EFLC ne couvrira pas tous les besoins, loin s’en faut : l’Église s’est concentrée sur le soutien aux familles les plus vulnérables des localités de Watir-Guili, Haou, Amsa et Kila. Or la zone touchée par les intempéries était bien plus vaste : dans toute la région, pluies extrêmes, rivières en crue et destructions de digues s’étaient combinées durant l’été pour provoquer la fuite de dizaines de milliers de personnes, qui avaient dû abandonner leurs maisons et leurs champs. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’Onu recensait ainsi, fin septembre 2022, 37.000 déplacés, notamment dans le département du Mayo-Danay, particulièrement touché, dans le Logone et Chari, et dans le Mayo-Tsanaga.

Des distributions d’aide qui renforcent le dialogue entre communautés

Distribution d’aide alimentaire © EFLC/Défap

Du côté de Mogodé et Bourha, où se place le projet d’aide de l’EFLC, c’est la grêle qui avait été tout particulièrement destructrice, avec un épisode qui, le 12 juillet, avait ravagé 600 hectares de champs, entraîné des pertes d’animaux et des destructions de bâtiments, blessant en outre plusieurs personnes. Par ses distributions alimentaires, l’Église est venue en aide, de manière directe ou indirecte, à environ 2000 personnes. Les autorités administratives et traditionnelles, ainsi que les leaders religieux ont été impliqués afin de mieux atteindre les victimes, dans une zone enclavée et rendue difficile d’accès par le mauvais état des routes. Des distributions qui n’ont pas été réservées au seuls membres de l’Église, ni même aux seuls chrétiens : le projet d’aide a été ouvert aux autres confessions, comme aux musulmans – ce qui explique l’aide dont a pu bénéficier Ezira Vandi, à sa propre surprise. Car dans l’Extrême Nord du Cameroun, où les populations se mêlent et où chrétiens et musulmans vivent ensemble au quotidien, règne un modus vivendi fragile et que l’Église Fraternelle Luthérienne du Cameroun est très attentive à préserver. Déjà, durant la guerre entre Tchad et Libye, la région avait vu arriver des milliers de fuyards venus de N’djamena. À partir de 2013, fuyant les jihadistes de Boko Haram, de nombreux réfugiés, essentiellement musulmans, étaient venus à leur tour des pays voisins du lac Tchad. L’EFLC avait alors fait tout son possible pour aider à leur intégration, par exemple en accueillant des élèves de toutes confessions dans une même école à Kousséri. Aujourd’hui, l’aide apportée par l’EFLC, pour modeste qu’elle soit face à l’ampleur des besoins, a aussi contribué à rapprocher les diverses communautés religieuses.

Pour cette aide d’urgence, l’Église Fraternelle Luthérienne du Cameroun a reçu l’appui du Défap, et recevra bientôt également l’aide de la plateforme Solidarité Protestante. D’autres partenaires étrangers ont également répondu à l’appel de l’EFLC, comme, aux Pays-Bas, Kerk In Actie. Mais le parcours de résilience sera long.

Retrouvez ci-dessous des images des opérations d’aide organisées par l’EFLC avec le soutien du Défap :

 

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Le SFE recherche des volontaires pour le Laos

Le Service Fraternel d’Entraide est une ONG française qui, depuis 1998, mène des projets de développement rural et de santé au Laos. C’est une organisation qui est depuis longtemps partenaire du Défap. Elle recherche actuellement un(e) ergothérapeute/kinésithérapeute ou travailleur social, ainsi qu’un(e) infirmier/ère pour contribuer à l’école d’infirmiers/ères d’Attapeu.

Le Service Fraternel d’Entraide intervient auprès de la population du Laos © SFE

 

Poste à pourvoir : conseiller inclusion pour personnes en situation de handicap (ergothérapeute, kinésithérapeute, travailleur social)

Basé à Attapeu (sud du Laos), vous participez à la mise en œuvre d’un projet d’inclusion de personnes en situation de handicap  » Better Together : Accès à la santé et à la réadaptation pour les personnes en situation de handicap à Attapeu ».
En collaboration avec les membres de l’équipe locale et de l’ergothérapeute en charge du projet, vous participerez à la mise en œuvre d’activités de formation pour les kinésithérapeutes et les facilitateurs de développement inclusif à base communautaire, et soutiendrez la mise en place de réadaptation à base communautaire, de promotion de la santé et de formations à l’inclusion dans les hôpitaux, les centres de santé et les villages, ainsi que la création de groupes d’entraide. Vous participerez également à la coordination générale du projet et aux relations avec les donateurs.

Téléchargez ici la fiche de poste complète

 

Activités principales

En tant que conseiller.ère pour le projet, votre rôle consiste à soutenir et encadrer les employés SFE et les partenaires locaux (kinésithérapeutes de l’hôpital provincial, notre organisation partenaire locale, etc…) dans la réalisation d’un projet de haute qualité qui apporte une différence pour la santé, le bien-être et le fonctionnement des personnes en situation de handicap grâce à un meilleur accès à la santé et à la rééducation et à la promotion d’un environnement plus inclusif dans la famille, le village et les établissements de santé. Ainsi, les principales activités énumérées ci-dessous sont des exemples (non exhaustifs) de soutien à la mise en œuvre du projet par les acteurs locaux grâce à la formation, à l’accompagnement, au mentorat, offrant soutien et facilitation de l’apprentissage continu et amélioration.

  • Assurer la formation et le suivi des équipiers SFE et des kinésithérapeutes de l’hôpital provincial sur l’inclusion des personnes en situation de handicap, la gestion des cas, les soins centrés sur la personne et la réadaptation/rééducation à domicile (exercices simples, positionnement, appareils d’assistance).
  • Soutenir la mise en application des compétences en réadaptation acquises lors de formations par le biais d’un mentorat/supervision, de formations sur le terrain et de discussion de cas avec les équipiers SFE et les kinésithérapeutes.
  • Former et soutenir les kinésithérapeutes dans l’utilisation appropriée des équipements de rééducation.
  • Soutenir notre organisation partenaire locale pour mener des activités de sensibilisation communautaire (inclusion et prévention des handicaps) et créer les comités d’inclusion villageois (groupes d’entraide), fabriquer du matériel d’assistance et réaliser des aménagements simples de l’habitat pour les personnes en situation handicap dans les villages partenaires.
  • Soutenir les kinésithérapeutes de l’hôpital provincial d’Attapeu et des établissements de santé partenaires (hôpitaux provinciaux et de district, centres de santé communautaires) afin de promouvoir l’inclusion dans leurs structures.
  • Veiller à ce que le projet soit mis en œuvre conformément à la vision du SFE, aux méthodes de travail et aux exigences du gouvernement et des donateurs.
  • Produire les rapports d’activités et financiers destinés aux donateurs et au SFE.
  • Développer et entretenir de bonnes relations avec les autorités locales dans les provinces et districts.

Poste à pourvoir : Infirmier/ère

Basé(e) à Attapeu, dans le sud du Laos, vous participez à la mise en place d’un projet dans le centre de formation d’infirmier/ières. Vous utiliserez vos connaissances en santé pour renforcer les compétences du personnel enseignant de l’école d’infirmier/ères afin de porter la qualité de l’enseignement médical dispensé au niveau de l’accréditation nationale. En lien avec l’équipe locale, vous participez à la mise en place des activités de formation du corps enseignant et administratif de l’école. Vous participez à la coordination globale du projet et à la relation avec les bailleurs de fonds.

Téléchargez ici la fiche de poste complète

 

Activités principales

  • Conduite générale du projet :
    • Supervise, encadre et forme le personnel local dans les activités du projet
    • S’assure de la qualité des activités mises en place, sur les plans techniques, médicaux et pédagogiques
    • S’assure du bon déroulement des activités du projet selon les engagements pris auprès des donateurs, des autorités, et des bénéficiaires, en accord avec la vision et les méthodes de travail propres au SFE.
  • Administration / Communication / Coordination :
    • Facilite la collaboration avec les autorités locales au niveau de la province et du district.
    • Participe au travail administratif et la gestion financière et opérationnelle du projet.
    • Entretient de bonnes relations avec les partenaires financiers du projet, en particulier en contribuant aux rapports d’activités et financiers en temps voulu.
    • Participe à la programmation et la conception des futurs projets dans le pays.
    • Contribue au fonctionnement du SFE par des échanges avec les autres projets, le partage de compétences, et la participation au fonctionnement interne de l’ONG.

Pré-requis pour tous ces postes

    •     Premier contrat de 3 ans minimum.
    •     Poste à plein temps.
    •     Poste de volontaire. Il est demandé de participer activement à la recherche de fonds pour assurer son soutien financier.

Qualités recherchées pour tous ces postes

    •     Volonté de servir au Laos pour une durée de 3 années minimum.
    •     Capacité à créer et entretenir des relations.
    •     Aptitude à travailler en équipe et gérer des groupes de travail.
    •     Capacité à rédiger des rapports et assurer le suivi de budgets
    •     Autonomie et capacité d’auto-formation, flexibilité pour apprendre le Lao et travailler dans cette langue.

 

Intéressé(e)? Contacter france@sfe-laos.org pour des informations complémentaires.

Le Défap ne peut vous renseigner davantage sur ces postes. Merci de contacter directement le SFE – Service Fraternel d’Entraide.

 

Le SFE en bref

Le SFE (Service Fraternel d’Entraide), ONG franco-suisse active depuis les années 70 au Laos, poursuit diverses activités principalement dans le domaine de la coopération médicale et du développement rural. Il coopère avec les services gouvernementaux et la population locale en établissant des relations de partenariat de longue durée afin de promouvoir un développement durable, dans le respect de la culture et de l’environnement du pays. Avec une quinzaine d’expatriés et une cinquantaine de collaborateurs nationaux, il vise à être au service des populations les plus défavorisées du pays. Pour en savoir plus, écoutez l’émission ci-dessous :

Kareen et le SFE, émission présentée par Marion Rouillard

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 23 mars 2022 sur Fréquence Protestante



Couloirs humanitaires : «Je vous écris de Beyrouth…»

Depuis 2017, le programme des « couloirs humanitaires » permet de faire venir en France des réfugiés particulièrement vulnérables depuis le Liban, par des voies légales et en évitant les « routes de la mort » comme celles qui passent par la Méditerranée. Le Défap y participe à travers des envoyés, qui travaillent à Beyrouth pour la Fédération de l’Entraide Protestante (FEP). Félicie, actuellement sur place, évoque la dégradation de la situation au Liban… et les traumatismes ravivés par les derniers séismes qui ont touché la Turquie et la Syrie.

Dans un camp de réfugiés au nord du Liban © Félicie pour Défap

 

Je vous écris de Beyrouth, assise dans la salle d’attente du consulat français. Ce matin, le programme des Couloirs Humanitaires accompagne une famille pour une demande de Visa pour la France.

J’ai essayé un peu de les détendre ce matin, comme je le fais avant chacun de ces passages, qui constituent toujours une grande angoisse pour les familles. En effet, pour eux cet entretien va déterminer le cours d’une vie et plus que cela, le droit à la vie.

Depuis mon arrivée en tant que VSI au Liban, le pays n’a fait que de se dégrader de manière abyssale. Les conditions de vie et de sécurité des personnes refugiées que j’accompagne dans le cadre des Couloirs Humanitaires se dégradent conjointement.

« Nous ressentons les secousses de chacun des séismes »

De face, en bleu, Soledad André ancienne VSI envoyée par le Défap ; à sa droite, avec le pantalon moutarde, Félicie, actuelle envoyée travaillant sur le programme des couloirs humanitaires © Félicie pour Défap

 
Malgré les difficultés de mener une mission dans des conditions si volatiles, je vois un réel bond dans ma professionnalisation. Il faut composer au quotidien avec les différentes situations, économiques, politiques et sécuritaires. Sans cesse renforcer les partenariats, rechercher des solutions. Il faut innover dans la communication et la prise en charge de l’accompagnement légal, psychique et social des familles.

Je suis passionnée par ce que je fais ici et sens que les bénéficiaires, les collègues et les collectifs d’accueil en France ressentent la qualité de travail que je tente de fournir.

Dans cette lettre je souhaite attirer l’attention sur la situation toute particulière que nous vivons actuellement de par les séismes que le Liban ressent depuis le 6 février. Nous ressentons les secousses de chacun des séismes et des répliques de la faille en Turquie. Cela ravive les traumatismes auprès des familles refugiées au Liban, qui ont vécu la peur des bombardements. Il s’agit d’une nouvelle vague de détresse. Les habitations et les tentes ont étés fissurées. Les familles sont inquiètes pour leurs proches en Syrie. Je suis de très près les conséquences du séisme du 06 février, qui engendre une nouvelle vague de déplacements, de nouveaux stratèges géopolitiques et, fort malheureusement, de nouvelles inégalités de prise en charge des populations en fonction de leur nationalité.

À part ces nouvelles du terrain, assez inquiétantes pour les populations de cette région du monde, je suis toujours très heureuse au Liban. Mon fils a appris l’arabe et l’anglais en un an et demi, j’en suis très fière. Nous avons rencontré beaucoup d’amis, et souhaitons continuer encore quelques temps cette aventure libanaise, tant qu’elle sera vivable au moins pour nous chanceux, détenteurs de passeports européens et de salaires en devise stable.

Félicie




Madagascar : Mananjary après le cyclone

Mananjary, ville ravagée en février 2022 par le passage du cyclone Batsirai, et où la solidarité du protestantisme français avait permis de reconstruire deux orphelinats, craignait beaucoup l’arrivée de la super-tempête Freddy. Mais le cyclone était considérablement affaibli après sa traversée de l’océan Indien lorsqu’il a atteint la côte malgache au soir du 21 février.

L’arrivée de Freddy sur la côte est de Madagascar vue par satellite. Mananjary était au cœur de la zone touchée. © Nasa

Il y a un an presque jour pour jour, Mananjary était frappée de plein fouet par le cyclone Batsirai. Cette ville de la côte sud-est de Madagascar, face à l’océan Indien, est particulièrement vulnérable aux tempêtes tropicales qui, pendant toute la saison cyclonique, d’octobre à mai, arrivent de La Réunion avant de toucher la côte africaine. En février 2022, Batsirai avait détruit la localité à plus de 80%. Il avait fallu un soutien international de plusieurs mois, d’abord pour aider la population menacée par la famine et le manque d’eau du fait de la destruction des cultures et de la pollution de l’approvisionnement en eau potable, ensuite pour reconstruire. Deux orphelinats en particulier, le Catja (Centre d’Accueil et de Transit des Jumeaux Abandonnés) et le centre Akany Fanantenana, avaient bénéficié d’une mobilisation inédite de plusieurs organismes protestants, La Cause, ADRA, le Défap et les Amis du Catja notamment.

En ce mois de février, Freddy, cyclone tropical de catégorie 5 né au large des côtes du nord-ouest de l’Australie, laissait craindre des dégâts aussi monumentaux. Le 16 février, alors qu’il traversait le sud de l’océan Indien, il était accompagné par des vents de plus de 265 km/h, selon le Joint Typhoon Warning Center, centre militaire américain de prévision des cyclones tropicaux. Et selon un autre organisme américain, la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration, en français l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique) Freddy était l’une des cinq tempêtes de catégorie 5 jamais enregistrées en février sur Terre. La seule tempête de février plus violente (par la vitesse de ses vents) était le cyclone tropical Winston de 2016.

Akany Fanantenana : « Les enfants vont bien, les adultes aussi »

Les effets du passage de Freddy au centre Akany Fanantenana, à Mananjary © La Cause

Mais lorsqu’il a atteint la ville de Mananjary, le 21 février vers 19h30, heure locale, Freddy avait perdu beaucoup de sa force. La population s’était largement préparée, renforçant les toitures par des sacs de sable pour les empêcher d’être emportées ; plusieurs milliers de personnes de cette localité de 28.000 habitants (au milieu d’un bassin de population de près de 80.000 personnes) avaient été évacuées, rejoignant soit des proches dans des lieux moins exposés, soit des centres d’hébergement. Les vents au moment où Freddy a touché terre atteignaient les 110 km/h, avec des rafales à 130. Les témoignages sur place font état de toitures arrachées par les vents (le toit du stade a notamment été emporté), de portions de côte submergées par les vagues ; mais pas de pluies violentes comme celles qui, l’année précédente, avaient provoqué d’importantes inondations, aggravant les destructions ; et au final, des dégâts bien moindre que redouté.

Plus de 38.000 sinistrés ont néanmoins été recensés après le passage de Freddy dans le district de Mananjary par le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC). Une délégation présidentielle s’est rendue sur place dans les jours qui ont suivi, apportant des aides d’urgence : 50 tonnes de riz, 50 tonnes de légumineuse, 2 tonnes de farine et de sucre, de l’huile alimentaire et des matériaux de première nécessité pour les réparations – des tôles pour les toitures notamment. Le président Andry Rajoelina a rendu visite au Collège d’enseignement général (CEG), détruit par la tempête et dont il a promis la reconstruction rapide.

Au niveau des centres accueillant des enfants, le Catja et Akany Fanantenana, qui avaient pu être remis en état l’année précédente grâce à la solidarité du protestantisme français, les effets du passage de Freddy sont restés limités : les toits ont tenu. Le Catja a enregistré essentiellement des dégâts sur les cultures. Au niveau du centre Akany Fanantenana, là aussi, des dégâts sur les cultures, quelques tôles et un panneau solaire arrachés : « Tous les bâtiments sont indemnes, y compris le poulailler », a fait savoir le pasteur Élia Rozy, qui a fondé et qui gère ce centre avec son épouse Émilienne ; « les enfants vont bien, les adultes aussi ».




Hope 360 : aidez-nous à décrocher la Lune !

L’équipe du Défap s’est mise en route, le 27 février, pour une randonnée en groupe à travers Paris destinée à engranger des kilomètres en faveur du projet présenté lors de l’édition 2023 de Hope 360. Destination : l’ambassade de Djibouti, lieu symbolique puisque c’est précisément à Djibouti que se situe le projet de formation à l’énergie solaire soutenu par le Défap. Venez nous rejoindre : où que vous soyez, vous pouvez, vous aussi, apporter votre soutien à ce projet… et aider, collectivement, tous les « hopeurs » à totaliser la distance Terre-Lune !

L’équipe du Défap au départ du 102 boulevard Arago, à Paris

27 février : toute l’équipe du Défap prend la pose avant de se lancer dans une randonnée dans Paris pour engranger des kilomètres en faveur de la formation de techniciens spécialisés dans l’énergie solaire à Djibouti – le projet présenté cette année lors de Hope 360. Voici donc Nicolas, Princia, Maëlle, Laure, Christiane, Véronique, Basile, Éline… Des permanents et salariés, une ancienne membre du Défap, une boursière, le secrétaire général et un membre du Conseil : un groupe éclectique mais motivé, bientôt rejoint par des étudiants de l’Institut Protestant de Théologie. Vous aussi, vous pouvez nous rejoindre pour porter ce projet : Hope 360 vous donne l’occasion de vous engager de diverses manières, en courant ou en marchant depuis chez vous, en participant à la course organisée le 15 avril en région parisienne… mais aussi en soutenant financièrement un coureur, ou directement le projet lui-même.

Du courant en courant : le projet du Défap

 

Hope 360 en est à sa troisième édition : ce rendez-vous sportif et ludique est organisé par Asah (Association au Service de l’Action Humanitaire), le collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale dont fait partie le Défap. Le principe de ces rendez-vous est simple : il s’agit d’aider à promouvoir des projets de solidarité internationale présentés par les participants. Cette année, ce sont plus d’une trentaine de projets qui sont présentés par divers organismes, parmi lesquels figurent le SEL, A Rocha, Portes Ouvertes, Medair, Fidesco, La Cause, ADRA… et bien sûr le Défap. Avec plusieurs rendez-vous et plusieurs objectifs :

1) La course connectée :

Elle a commencé depuis janvier. Toute personne peut y prendre part, quel que soit le lieu, en s’inscrivant sur le site de Hope 360 et en choisissant un projet à soutenir. Il suffit d’enregistrer en ligne le nombre de kilomètres parcourus. Deux objectifs à cette course :

  • un objectif collectif : atteindre, ensemble, un nombre de kilomètres cumulés de 384.000 – soit la distance Terre-Lune.
  • un objectif par projet : permettre au projet que vous soutenez d’avoir le plus de kilomètres, et donc le plus de visibilité d’ici le 15 avril !

2) La course en présentiel le 15 avril :

Elle aura lieu en région parisienne, à la base de loisirs du Val-de-Seine (dans les Yvelines). Rendez-vous de 9 à 18 heures afin d’y découvrir de multiples parcours sportifs pour petits et grands, des animations qui décoiffent, un village rassemblant les associations et ONG, de quoi grignoter, tout ce qu’il faut pour passer une journée ensemble en faveur de la solidarité internationale !

Objectif : porter le projet que vous aurez choisi lors des courses ! À pied, en vélo ou en caisse à savon, pas besoin d’être un grand sportif pour vous engager !

Et vous, comment soutiendrez-vous le projet du Défap ?

Les inscriptions se font sur le site de Hope 360. Une fois inscrit, chaque coureur choisit le projet qu’il veut soutenir et, pour participer à la course connectée, se fixe un objectif à atteindre en nombre de kilomètres. Le projet qu’il veut promouvoir et les kilomètres parcourus apparaissent dans son espace personnel.

Votre soutien au projet du Défap, « Du courant en courant pour Djibouti » sera triplement utile. Il permettra :

  • à de nombreux foyers en difficulté d’être autonomes en énergie en ayant des panneaux solaires durables dans le temps puisqu’ils pourront être entretenus et réparés ;
  • de réduire la pollution liée aux énergies fossiles ;
  • de former des jeunes sans emploi et ainsi de leur promettre un avenir meilleur.




Six projets solidaires à soutenir en 2023

Aider à lutter contre la désertification en Tunisie, développer la formation à l’énergie solaire à Djibouti, favoriser l’autonomie alimentaire de Bangui, soutenir les petits commerces de femmes en grande précarité en République Démocratique du Congo ou promouvoir le rôle des femmes au sein de l’Église, éduquer à la paix et au développement durable au Burundi : tels sont quelques-uns des projets du Défap que vous pouvez choisir de soutenir à travers l’édition 2023 du carnet de solidarité de l’UEPAL.

Vue du carnet de solidarité 2023 de l’UEPAL © UEPAL

Chaque année, l’UEPAL (Union des Églises Protestantes d’Alsace et de Lorraine), l’une des trois Églises membres du Défap, diffuse son « carnet de solidarité » : une publication mettant en avant des projets humanitaires portés par des partenaires chrétiens, que vous pouvez consulter ici ou en cliquant sur l’image d’ouverture de cet article. Grâce au formulaire de dons accompagnant ce carnet, il est possible d’apporter son soutien à l’un ou l’autre projet. Cette année, ce sont six projets du Défap qui sont ainsi présentés par l’UEPAL :

Djibouti : Une formation pour développer l’énergie solaire

Panneaux solaires installés par l’EPED à Djibouti © EPED

À Djibouti, l’accès à l’énergie est un problème majeur : le pays doit accroître sa production d’électricité pour se développer, mais il est très dépendant des importations de combustibles fossiles, dont les prix explosent. Dans un programme de développement à long terme connu sous le nom de « Vision 2035 », il prévoit de parvenir à l’autonomie énergétique en visant un objectif de 100% de sources d’énergie renouvelables – notamment solaire. Encore faut-il former des techniciens, qui pour l’heure manquent cruellement, pour installer et entretenir les panneaux solaires. C’est ce que propose le centre de formation de l’EPED, l’Église protestante de Djibouti. Il dispose du matériel nécessaire, et a déjà développé une expertise dans l’encadrement et la formation pratique de jeunes actifs grâce à l’expérience du « chantier-école » mise en place lors de la réhabilitation du temple de Djibouti.

Ce projet est également présenté par le Défap à l’occasion de l’édition 2023 de Hope 360, événement sportif et festif organisé par le collectif Asah pour promouvoir des projets d’engagement chrétien dans le domaine de la solidarité internationale. Plus d’informations ici.

Burundi : Éduquer à la paix et au développement durable

Enfant au Burundi © Maxpixel.net

Des décennies de conflits et de guerres interethniques ont laissé des traces durables. En dépit de l’Accord de paix et de réconciliation signé en août 2000 à Arusha, les graines de violence demeurent et la méfiance entre communautés empêche de développer le pays, où l’insécurité alimentaire reste chronique.

Le MIR France (Mouvement International de la Réconciliation), avec l’aide du Défap, soutient à Kibati un projet de ferme-école qui vise tout à la fois à éduquer la population, principalement les jeunes, à résoudre les conflits par le dialogue au lieu de recourir à la violence et aux armes, et à augmenter la production en agro-élevage écologique et le revenu des agriculteurs, à travers des coopératives agro-pastorales. Ce projet est mené en association avec l’Église Baptiste de Kibati, qui le supervise au niveau local.

Plus d’informations ici.

République centrafricaine : Des jardins pour nourrir Bangui

Rodolphe Gozegba au travail avec les membres de l’association A9 © A9

En République centrafricaine, la guerre et les défaillances de l’État entretiennent pauvreté et famine. Alors que plus de 70% de la population dépend de l’agriculture pour sa subsistance, la violence des groupes armés, contre lesquels les autorités sont impuissantes, a contraint en cours d’année la plupart des paysans à abandonner leurs champs. La situation est encore plus difficile à Bangui, qui dépend pour son approvisionnement de quelques routes, dont la principale a été coupée plusieurs semaines début 2021 par une offensive rebelle.

Pour favoriser l’autonomie alimentaire de Bangui, l’association A9, portée par un ancien boursier du Défap, Rodolphe Gozegba, a lancé un projet de culture de lopins de terre inexploités dans la capitale. Pour cela, A9 distribue graines, outils, et assure un suivi des participants : 400 familles du 6ème arrondissement, avec des résultats déjà très encourageants.

Si le projet est né dans un contexte d’insécurité persistante du pays et de menaces sur l’approvisionnement de Bangui par des groupes armés, les solutions mises en œuvre par Rodolphe Gozegba et l’association A9 rejoignent les réflexions de nombreux urbanistes qui, face aux défis des changements climatiques en cours, s’interrogent sur les moyens de rendre les villes moins dépendantes des campagnes sur le plan alimentaire, en développant une véritable agriculture urbaine.

Plus d’informations sur ce projet ici.

Tunisie : Promouvoir l’agriculture environnementale

Rendre fertiles des terres délaissées en Tunisie © ATAE

La Tunisie est l’un des pays les plus exposés au risque de désertification, le réchauffement climatique étant aggravé par des techniques agricoles inadaptées, avec une perte de 15 000 ha/an de terres cultivables. Pour rendre leur fertilité à des terres apparemment perdues, l’Association Tunisienne d’Agriculture Environnementale (ATAE) propose à un réseau d’agriculteurs des formations pratiques sur des procédés écologiques de fertilisation et de culture. Elle est directement issue de l’expérience de l’association Abel Granier, pionnière en la matière : le pasteur Abel Granier avait été le premier à réhabiliter entièrement une ferme en zone semi-aride. Aujourd’hui, l’ATAE a mis en place un programme de ferme pédagogique, pour permettre aux agriculteurs de son réseau et ayant suivi ses formations de vivre et travailler selon ces principes.

Plus d’informations sur ce projet ici.

RDC : Renforcer la place de la femme dans les Églises

Remise des diplômes en décembre 2021 aux participants à la formation continue sur « Église et leadership » à l’ULPGL © ULPGL

Dans un pays comme la République Démocratique du Congo, les Églises sont des acteurs sociaux majeurs. Elles gèrent des écoles, des hôpitaux, ont une importante action sociale et pallient les défaillances de l’État dans de nombreux domaines. Les Églises protestantes gèrent également nombre d’activités cruciales pour la société congolaise – avec d’autant plus de visibilité que beaucoup d’entre elles sont regroupées au sein d’une même structure, cumulant les caractéristiques d’une Église et d’une fédération : l’ECC – l’Église du Christ au Congo. Du fait de leur poids au sein de la société, elles ont la capacité de faire évoluer les mentalités ; encore faut-il d’abord qu’elles évoluent elles-mêmes. Mais dans les Églises comme dans le reste de la société congolaise, les femmes restent bien souvent cantonnées à des places subalternes.

L’un des principaux frein au renforcement du rôle des femmes, et à leur accession à des postes d’encadrement au sein de l’ECC, est bien souvent leur manque de formation en théologie. Ce qui est un reflet de la situation de l’ensemble du pays, où les femmes ont un accès plus difficile à l’éducation. Le Défap propose donc des bourses pour permettre à des jeunes femmes de poursuivre des études supérieures en théologie à l’Université Libre du Pays des Grands Lacs de Bukavu, de manière à former de futures cadres de l’Église du Christ au Congo. Au sein de la faculté de théologie, seules une quinzaine d’étudiants sont des étudiantes. Le Défap envisage de quasiment doubler ce nombre en proposant une douzaine de bourses, permettant de payer les frais liés aux études d’une douzaine de jeunes femmes.

Plus d’informations sur ce projet ici.

RDC : Microcrédits pour femmes en grande précarité

Participantes du projet de microcrédits soutenu par le Défap © Défap

Dans le sud du Kivu, en République démocratique du Congo, les guerres et les épidémies se succèdent depuis de nombreuses décennies. La société est toujours bouleversée par une extrême violence. Dans ce contexte sociopolitique difficile, ce sont les femmes qui assurent la subsistance de leurs familles par de petits travaux et de petits emplois. Ces activités les aident à faire face à la grande pauvreté et aux aléas conséquents de leur marginalisation.

Ce projet de microcrédits pour la création de petites activités génératrices de revenus vise le renforcement des capacités des femmes en grande précarité en vue de leur autonomisation à petite échelle. Ainsi, les moyens pour vivre au quotidien seront assurés grâce à la vente de farine, de poisson, de braise, dans l’objectif de nourrir leurs familles et de scolariser les enfants.

Ce projet, soutenu par le Défap pour la troisième année, avait déjà été présenté lors de la précédente édition de Hope 360 : plus d’informations ici.




Venez décrocher la Lune avec le Défap et Hope 360

La troisième édition de Hope 360 se prépare ! Cette course solidaire et connectée organisée par Asah, le collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale, se tiendra en deux temps : à partir du 1er janvier débutera la « course connectée ». Puis, le 15 avril, se déroulera la course en présentiel à l’île de loisirs du Val-de-Seine, dans les Yvelines. Le Défap participe à cette édition 2023 avec un projet de formation à l’énergie solaire à Djibouti.

En route pour la troisième édition de Hope 360 !

Les deux premières éditions, en 2019 et 2021, avaient eu lieu à Valence. Pour sa troisième édition, Hope 360 se déplace en région parisienne – plus précisément dans les Yvelines, du côté des Mureaux, à l’île de loisirs du Val-de-Seine. Un cadre vaste et verdoyant, idéal pour organiser les courses et les rencontres entre les « hopeurs » et les organismes dont ils soutiendront les projets. Objectif : participer à une journée ludique tout en donnant de son temps et en recueillant des fonds au profit de projets solidaires.

Le principe est simple : les « hopeurs » choisissent de soutenir l’un des projets présentés à l’occasion de Hope 360, et courent pour en assurer la promotion et recueillir des fonds. Pas besoin d’être un athlète ou un habitué des défis sportifs, l’important, c’est le fun… et l’engagement à soutenir un projet. Cet événement solidaire se décompose en deux temps :

  • une « course connectée » à partir du 1er janvier 2023 : tous les participants de Hope 360 sont invités à engranger collectivement le plus possible de kilomètres pour essayer de battre un record. Les distances parcourues par les uns et les autres seront comptabilisées sur une appli sportive. Dès lors, pas besoin d’être en un lieu précis pour participer : il est possible d’accumuler des kilomètres en courant n’importe où dans le monde. Cette année, il s’agit… d’atteindre la distance Terre-Lune, soit 384.000 km !
  • une « course en présentiel » qui aura lieu le 15 avril en région parisienne, plus précisément à l’île de loisirs du Val-de-Seine, dans les Yvelines.

Une vingtaine d’associations et de projets sont attendus ; le Défap y participe cette année avec un projet centré sur la formation à l’énergie solaire à Djibouti. Un projet qui mêle l’aspect social (il s’agit d’aider des jeunes à s’insérer dans le marché du travail grâce à une formation reconnue) et l’aspect de développement durable : Djibouti est en quête de nouvelles sources d’énergie pour aider à son développement économique tout en cessant de dépendre des énergies fossiles… mais la filière solaire manque encore cruellement de techniciens formés. Le partenaire du Défap sur place est l’Eped, l’Église protestante évangélique de Djibouti, qui a acquis des compétences d’encadrement et de formation de jeunes à l’occasion de la rénovation de son temple, un projet porté pendant de nombreuses années par le Défap. Pour en savoir plus, vous en trouverez une présentation complète ici.

900 € = un élève formé

Votre participation sera triplement utile. Elle permettra :

  • à de nombreux foyers en difficulté d’être autonomes en énergie en ayant des panneaux solaires durables dans le temps puisqu’ils pourront être entretenus et réparés ;
  • de réduire la pollution liée aux énergies fossiles ;
  • de former des jeunes sans emploi et ainsi de leur promettre un avenir meilleur.

Hope 360 est un concept imaginé par Asah (Association au Service de l’Action Humanitaire), le collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale – un réseau agissant dans l’urgence, le développement, le plaidoyer, l’environnement ou la solidarité au Nord et au Sud, dont fait partie le Défap. L’objet d’Asah est de favoriser l’échange, la réflexion et la collaboration entre les associations humanitaires et autres organismes, de mutualiser et renforcer l’efficacité et la qualité des actions de ses membres, et plus largement des acteurs de solidarité, afin de répondre aux besoins réels des populations les plus démunies.

Inscriptions et tarifs

Les inscriptions se font sur le site de Hope 360. Une fois inscrit, chaque coureur choisit le projet qu’il veut soutenir et, pour participer à la course connectée, se fixe un objectif à atteindre en nombre de kilomètres. Le projet qu’il veut promouvoir et les kilomètres parcourus apparaissent dans son espace personnel. Pour comptabiliser la distance parcourue, il suffit d’une appli de sport ; il est possible d’en télécharger une ici :

Les tarifs d’inscription ont été pensés afin que Hope 360 soit un événement abordable pour le plus grand nombre. L’inscription donne accès à la version connectée et à la journée en présentiel. À vous de participer de la façon dont vous le souhaitez !

  • Tarif Hopeur solo : 9 €
  • Tarif « C’est une affaire de famille » :
    • De 2 à 5 personnes : 6€ / personne
    • De 6 à 10 personnes : 30€
  • Tarif « On se lance un challenge en équipe » :
    • Moins de 10 personnes : 9€ / personne
    • À partir de 10 personnes : 6€ / personne au lieu 9€

En présentiel, l’accès au site, la visite du village, le concert et les animations seront GRATUITS.

Et si vous voulez en savoir plus sur Asah, le collectif à l’origine de cet événement solidaire, cette vidéo est pour vous :