«L’Éternel y pourvoira» : une conférence et un livre sur la mission au féminin

Vous êtes cordialement invités à assister, jeudi 16 mars à 18 heures, à la conférence organisée en partenariat avec les éditions La Cause et le Défap autour du livre de Catherine Poinsignon : « L’Éternel y pourvoira – Adèle Casalis et Mary Cadier, femmes de missionnaires au Lesotho, 1856-1914 ». Rendez-vous à partir de 18 heures au 102 boulevard Arago, à Paris pour cette rencontre en présence de l’auteure. Entrée libre.

Présentation du livre de Catherine Poinsignon © Affiche de La Cause

La vie et l’œuvre de missionnaires au Lesotho au XIXe siècle et au début du XXe siècle, vue par Adèle Casalis-Mabille et Mary Cadier-Mabille, deux épouses de missionnaires dont le travail a été au moins aussi important que celui de leurs maris. Un point de vue rare, admirablement rendu par Catherine Poinsignon, descendante d’Adèle et Mary, et qui rend vivantes et passionnantes les informations qu’elle a pu tirer de la correspondance de ses aïeules. C’est ce que vous êtes invités à découvrir jeudi 16 mars au Défap, à l’occasion de la conférence donnée par Catherine Poinsignon pour présenter son livre : L’Éternel y pourvoira – Adèle Casalis et Mary Cadier, femmes de missionnaires au Lesotho, 1856-1914. Un récit inédit, une vision renouvelée et stimulante de la mission ; la conférence de ce jeudi au Défap est organisée en partenariat avec les éditions La Cause, qui publient l’ouvrage. Le rendez-vous est à 18 heures, l’entrée est libre ; au-delà du livre lui-même, cette soirée sera l’occasion d’évoquer la mission au Lesotho. Des photos seront projetées et commentées. Un buffet clôturera la soirée.

Depuis l’origine, le Lesotho occupe une place à part dans l’histoire de la Société des missions évangéliques de Paris – et partant de là dans celle du Défap, qui en est l’héritier. Le Lesotho a été le premier champ de mission de la toute jeune SMEP. Une aventure au cours de laquelle obstacles et opportunités se sont combinés pour pousser trois jeunes missionnaires, Eugène Casalis, Thomas Arbousset et Constant Gosselin, vers un pays inattendu et inconnu. L’Afrique australe était alors sous domination britannique, et c’était le champ de la Mission de Londres, la London Missionary Society (LMS), présente depuis la fin du XIXème siècle et bientôt rejointe par les missions anglicanes, méthodistes et presbytériennes. À la création de la SMEP, les liens ont été tout de suite très étroits avec la LMS ; et lorsque John Philip, Surintendant de la Mission de Londres, suggère lors d’un passage à Paris en 1829 d’envoyer aussi des missionnaires français sur place, il s’agit de s’inscrire dans un projet commun : apporter l’Évangile aux peuples autochtones, certes… mais aussi rappeler aux Afrikaners, les descendants de protestants hollandais et français fuyant l’Europe, que l’asservissement des habitants du pays par les colons et tous les excès de l’esclavage ne peuvent s’accorder avec la foi chrétienne.

La rencontre du chef Moshoeshoe et du Lesotho

Sur place toutefois, les Français connaissent des déboires ; l’action d’évangélisation auprès des natifs se heurte au refus des chefs locaux de les laisser s’installer sur leur territoire. Ni les Matabele, ni les Zoulous n’acceptent leur présence ; et c’est finalement Moshoeshoe, le chef d’une autre tribu, celle des Sotho, présente dans un pays inconnu des Européens, le Lesotho, qui se dit prêt à les accueillir. Dès lors se noueront des liens étroits entre ces missionnaires et ce peuple que rien ne destinait à se rencontrer.

La station missionnaire de Morija, au Lesotho © Bibliothèque du Défap

Cette aventure missionnaire et humaine en pays inconnu aura poussé les uns et les autres à revisiter leurs convictions et leur vision du monde, à s’adapter, à innover ; les missionnaires français se seront faits au fil du temps ethnographes, linguistes et avocats de ce peuple auprès des autorités publiques… Les missionnaires… et leurs proches, femmes et enfants, puisque la mission est aussi devenue au fil des ans une aventure familiale. Ce sont ainsi des relations nouvelles qui ont dû s’inventer sur place. Les femmes de missionnaires ont ainsi un rôle à jouer : par leur statut d’épouse et de mère, elles apportent sa dimension civilisatrice à la mission. Elles doivent incarner un modèle pour les femmes sothos et transmettre les valeurs familiales et les normes européennes. Il y a ensuite les enfants : les filles de missionnaires, qui participent bientôt à part entière à la mission sur place.

Au-delà des figures des premiers missionnaires, ce rôle des femmes et cette dimension familiale de la mission ont été redécouverts à travers des travaux récents sur les archives de la SMEP que conserve la bibliothèque du Défap (1). Dans son livre, Catherine Poinsignon nous livre un récit romancé élaboré à partir des échanges épistolaires d’Adèle Casalis-Mabille et Mary Cadier-Mabille. Un récit romancé mais néanmoins ancrée dans le réel, et qui permet de suivre le quotidien et l’engagement de ces femmes de missionnaires envoyées par la Société des Missions de Paris au Lesotho. L’occasion de découvrir ou de redécouvrir l’engagement et l’abnégation de ces femmes entièrement dédiées à la mission de leur mari, de leur père, de leur fils…

Retrouvez ci-dessous le podcast de l’émission de La Cause sur Fréquence Protestante présentant le livre de Catherine Poinsignon :

(1) Camille AUBRET, Femmes et Mission, de la France au Lesotho : statuts, rôles et engagements au sein de la Société des Missions évangéliques de Paris, de 1825 aux années 1910, Mémoire de Master 2 Recherche Histoire de l’Afrique, Université Paris I Panthéon-Sorbonne




Stages CPLR-Défap : « Il y a une joie profonde à se rencontrer »

Deuxième de notre série de témoignages sur les expériences d’interculturalité vécues à travers le Défap : Natacha Cros-Ancey, pasteure coordinatrice CPLR, évoque les relations étroites nouées entre le Défap et l’organisme chargé de formation permanente des pasteurs au sein duquel elle travaille. Tous les deux ans, CPLR et Défap mettent sur pied un stage dont les participants sont des pasteurs d’une Église du Nord, et des pasteurs d’une Église du Sud. Avec à chaque fois des rencontres fortes, et des relations qui s’établissent par-delà les frontières culturelles.

Participants du stage interculturel réunis dans la chapelle du Défap, au premier jour de la session 2022 de l’échange France-Togo. Vers le fond, devant le paperboard, Natacha Cros-Ancey © Défap

 
Comment se passe la collaboration CPLR-Défap lors de ces stages ?

Natacha Cros-Ancey : Les offres de formation sont interculturelles dès l’origine : elles sont élaborées dans le cadre d’un partenariat Nord-Sud. Avec des participants qui sont des pasteurs d’Églises du Nord et du Sud… À la CPLR (Communion protestante luthéro-réformée, lire Défap et CPLR : une relation au service de la mission pour plus de détails), on s’appuie sur les compétences du Défap pour les contacts initiaux avec les Églises. En considérant que le Défap a une expertise spécifique sur un certain nombre de pays, du fait, soit de liens institutionnels, soit de projets en cours avec les Églises concernées. Une fois les contacts établis, le choix du sujet se fait de manière concertée. On établit la liste des intervenants pressentis en fonction des thèmes. S’il s’agit d’une session qui se déroule en France, un accueil est organisé au Défap, puis on prévoit un circuit dans des paroisses de France…

Quelles ont été les thématiques des dernières sessions ?

J’ai participé à quatre de ces sessions depuis que je suis à la CPLR. Deux impliquaient l’Église protestante méthodiste du Bénin (les participants français avaient été reçus au Bénin en 2016, et les participants béninois en France l’année suivante ; ils avaient pu assister à Protestants en Fête) ; deux autres avaient mis en lien des pasteurs de France et du Togo. Dans le cas du Bénin, le thème de la « session aller » portait sur les questions de développement et de développement durable ; pour le retour, il s’agissait beaucoup plus d’analyse interculturelle. Dans le cas du Togo, la « session aller » portait sur des questions d’accompagnement familial, d’éthique familiale et conjugale (en s’appuyant sur le travail mené au sein de la Cevaa autour de la famille) ; pour la « session retour » en France, les participants du stage ont souhaité travailler sur le thème des miracles et des guérisons, en prenant en compte la question de l’inculturation des pratiques traditionnelles. Il est important de souligner que ce sont vraiment les stagiaires eux-mêmes qui ont choisi la thématique.
 

Participants du stage interculturel se retrouvant par petits groupes dans le jardin du Défap, au premier jour de la session 2022 de l’échange France-Togo © Défap

 
Quelles relations s’établissent lors de ces stages ?

Des relations fortes, suivies, et qui demeurent. Ces stages CPLR-Défap se caractérisent par un vécu très fort de la part des participants, majoré par la dimension de rencontre interculturelle que l’on retrouve dans toutes ces sessions. Pendant le stage, on forme des binômes entre des pasteurs d’Églises différentes ; il se crée ainsi des liens qui peuvent perdurer des années, et aller au-delà des échanges par WhatsApp qui se poursuivent jusqu’à aujourd’hui entre tous les participants d’un stage.

En quoi ces rencontres sont-elles précieuses ?

Ces stages sont précieux à la fois d’un point de vue théologique et d’un point de vue pratique. La vision du monde qu’ont les participants en est durablement impactée. Dans un premier temps, du fait de la distance culturelle, les uns et les autres mettent plus de temps à se rapprocher, se comprendre ; les modalités de formation diffèrent aussi entre le Nord et le Sud… Tous les participants prennent alors conscience que chacun est porteur d’une vision du monde et d’une herméneutique ; et le contexte du stage force chacun à dire d’où il parle, d’où vient qu’il perçoit les choses de telle manière, d’où vient sa manière de les dire et de les décrire… Mettre ainsi à jour nos présupposés personnels, théologiques, herméneutiques, c’est très précieux. Au contact les uns des autres, les divers participants en viennent à prendre du recul vis-à-vis de leur propre pratique pastorale. De manière générale, je dirais que se former ensemble, pour des pasteurs d’Églises et de contextes culturels différents, ça apporte aux uns et aux autres de la finesse : on s’éloigne naturellement des jugements à l’emporte-pièce. Ça ne peut pas tenir, les jugement à l’emporte-pièce, en contexte interculturel : on doit nécessairement analyser, discuter, et accepter d’être déplacé.

Au-delà de cette prise de conscience et de ce recul, qu’y gagnent les participants ?

Une réassurance mutuelle. Les pasteurs du Nord y gagnent du recul sur leurs pratiques pastorales. Les pasteurs du Sud, qui ont une connaissance vraiment pointue des textes de la Bible, ancrée dans une pratique quotidienne, repartent de ces stages CPLR-Défap avec une conscience accrue de leur expertise biblique. Ils gagnent aussi une réassurance par rapport à la vitalité de leur foi : ils sont souvent frappés de la sécularisation des sociétés en Europe, de la timidité du témoignage : ils mesurent toute la vitalité spirituelle dont ils sont les dépositaires. Un autre aspect important pour les pasteurs du Sud : ces stages leur donnent de l’espace par rapport à une société qui peut rester très traditionnelle. L’apport des sciences humaines est très utile pour cela…

Quelle impression vous reste après ces sessions ?

Il y a une joie profonde à se rencontrer : c’est de l’ordre de la grâce et du cadeau. Ces stages CPLR-Défap sont des sessions qui m’ont beaucoup marquée : il y a un avant et un après ces rencontres. Avec plein de conséquences pour notre ministère, et avec une vraie puissance spirituelle… Il y a des liens d’amitié spirituelle qui s’établissent… Si l’interculturel implique toujours une distance, partager une même foi permet de la franchir.




Carême protestant : Dieu, l’incandescence de la vie

Chaque dimanche sur France Culture, du 26 février au 2 avril 2023, de 16h à 16h30, découvrez comment Dieu révèle nos potentialités et porte notre vie à son incandescence. Ces conférences diffusées dans le cadre de l’émission « Carême Protestant » seront assurées par le pasteur James Woody, de l’Église Protestante Unie de France de Montpellier.

Illustration pour Carême Protestant © EPUdF

Carême et protestantisme semblent ne pas vraiment aller ensemble, si on l’envisage de manière stricte et sous la forme d’un jeûne, et associer les deux termes comme le fait Carême protestant dans une série de conférences diffusées chaque année sur France Culture ne peut qu’impliquer une pratique bien différente.

Le Carême désigne la période de quarante jours précédant Pâques durant laquelle le croyant est invité à méditer sur sa propre vie en ayant à l’esprit le cheminement du Christ jusqu’à la Croix. Cette démarche spirituelle a notamment pour but de raviver la foi et de sortir le Chrétien de son inertie, de son endormissement en le poussant à abandonner sa routine quotidienne. La Réforme n’a en rien contesté l’importance du Carême pour la spiritualité, mais elle n’impose pas la pratique de la pénitence. Actuellement, les Églises de la Réforme ont malgré tout la volonté de marquer ce temps de Carême par l’organisation de nombreuses actions incitant le croyant à aller vers les autres (sous formes de don ou d’action humanitaire par exemple). En nuançant, on peut dire que certains luthériens, en Alsace-Moselle, à Paris, commencent le Carême avec le mercredi des Cendres, comme les catholiques, que les réformés ont institué des conférences de Carême, et que les Églises protestantes sont plus autonomes que les paroisses catholiques.

Les conférences de carême inaugurées par le pasteur Boegner en 1928 à la radio qui s’appellent depuis 1981 « Carême Protestant » montrent la démarche des protestant pour s’approprier cette période. C’est un temps de réflexion assidue pour mieux accueillir en soi le paradoxe que représente le Salut apporté par celui qui meurt sur une croix et qui manifeste la justification par Dieu de tous ceux qui croient, s’en remettent à Dieu pour donner du sens à leur vie. Ces émissions sont donc en soi un indice, une manifestation du fait que depuis des années, les protestants retrouvent l’utilité de ce temps précédant Pâques. Il n’existe, bien entendu, aucune règle institutionnelle en la matière. Mais le Carême peut, dans notre vie chrétienne, correspondre à un temps de réflexion. Une période pendant laquelle on peut se demander, ou se redemander, ce que signifie être disciple du Christ dans notre quotidien…

L’histoire de Carême protestant

1928
Le Pasteur Boegner présente sa première conférence dans sa paroisse de l’Annonciation. Il sera suivi par bien d’autres pasteurs. Pendant l’occupation, le Pasteur Boegner se battra avec la censure allemande pour que ses conférences soient retransmises par la radio. Il gagnera. Les retransmissions n’avaient pas le retentissement qu’elles ont actuellement ; les postes de radio n’étaient pas aussi nombreux.
1981
Le titre de « Carême protestant » apparaît pour la première fois – une trouvaille qui va faire une percée fulgurante dans tous les milieux et qui est maintenant déposée comme une marque. Peu à peu, le cercle des auditeurs de toutes confessions s’agrandit et comprend 25% de catholiques intéressés par la pensée protestante. Les conférences sont éditées en brochures, en cassettes audio et en CD qui connaissent un bon succès. « Carême protestant » fait partie des émissions satellites de France Culture qui couvrent l’Europe et le bassin méditerranéen, jusqu’en Égypte.
Depuis 1997
« Carême protestant » a son propre site internet, et les prédications sont proposées en intégralité aussitôt après Pâques.

 
Cette année, les conférences diffusées dans le cadre de « Carême Protestant » seront assurées par le pasteur James Woody, de l’Église Protestante Unie de France de Montpellier. Chaque dimanche sur France Culture, du 26 février au 2 avril 2023, de 16h à 16h30, vous pourrez, à travers ces émissions, vous engager dans un parcours pour découvrir comment Dieu porte notre vie à son incandescence. Il n’est pas toujours facile de repérer l’action de Dieu dans notre vie. Comment prend-il part à notre histoire ? À partir de six textes bibliques, le pasteur James Woody nous fait découvrir comment Dieu révèle nos potentialités et celles du monde dans lequel nous vivons : il nous appelle à prendre des responsabilités, il crée les conditions d’un monde vivable, il oriente la parole vers la vérité, il restaure notre personnalité, il forge une fraternité universelle, il libère la vie de la mort.

Retrouvez ci-dessous le programme de ces six émissions :
 




Pasteurs venus d’ailleurs : témoignages

Les deux sessions d’accueil de pasteurs venant d’autres pays et d’autres contextes culturels, qui ont été organisées au Défap en octobre 2022 et janvier 2023, étaient une première : comment les principaux intéressés ont-ils vécu cette expérience ? Qu’en ont-ils retiré ? Quelques réponses à travers ces témoignages filmés de participants…

Participants de la « session d’accueil » organisée par le Défap, le 23 janvier 2023 © Défap

Meilleure approche des relations interculturelles, meilleure connaissance du contexte français tant social que législatif, échanges stimulants avec d’autres pasteurs découvrant eux aussi les Églises de France : tels sont quelques-uns des apports des « sessions d’accueil » du Défap les plus fréquemment soulignés par les participants. Ces deux sessions concernaient une quinzaine de pasteurs étrangers entrant dans le corps pastoral en Europe (en France et en Belgique). Elles ont eu lieu les 10-12 octobre 2022 et 23-25 janvier 2023. C’est à la demande de trois Églises protestantes – l’Église protestante unie de France (EPUdF), l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), et l’Église protestante unie de Belgique (EPUB) – qu’elles avaient été organisées par le Défap.

La première de ces sessions combinait des modules généraux présentant les diverses Églises dans lesquelles les nouveaux arrivants seront amenés à devenir pasteurs, ou destinés à leur donner des repères sociétaux, culturels et sur les styles de vie ou sur des questions clés comme celle de la laïcité, avec des témoignages de pasteurs étrangers déjà présents depuis plusieurs années en France. Un autre module s’attachait à questionner les stéréotypes sur les pays d’origine ou d’accueil des nouveaux arrivants. Avec, pour cette session, quatre objectifs affichés : donner des repères légaux et sociétaux ; améliorer la connaissance des Églises ; donner des informations déontologiques et financières ; mais aussi mettre en réseau les ministres nouvellement arrivés, leur proposer des personnes ressources. Quant à la deuxième session, elle tournait essentiellement autour des questions interculturelles : il s’agissait, trois mois après, de favoriser la prise de recul par le partage, de donner des éléments d’interculturalité, et de renforcer les acquis de la première session.

Retrouvez ci-dessous quelques témoignages sur ces sessions d’accueil :

Rosner Lormil est vicaire de l’UEPAL entrant dans la carrière, en formation auprès du pasteur Christian Montfort (Gerstheim). Pour lui, cette double session d’accueil permettait aux participants de « confronter nos réalités particulières (…) pour les mettre au service de nos communautés » et être ainsi des « témoins efficaces de l’Évangile ».
 

 
Sony Ndagho Tshita est pasteur suffragant, à la paroisse UEPAL de Schwindratzheim. Cet accueil lui a permis de « découvrir beaucoup de choses sur la culture chrétienne française ». Et de se rendre compte des apports possibles des uns et des autres « dans le vécu de leur foi ».
 

 
André-Zabulon Dajrra est pasteur associé à la paroisse EPUdF de Montélimar-Le Teil. Pour lui, ces sessions organisées au Défap ont été utiles pour « nous découvrir nous-mêmes, et apprécier davantage la culture qui nous accueille ».
 

 
Maximilien Luzeka Disonama est pasteur à la paroisse UEPAL de Hagondange/Maizières-lès-Metz. Pour lui, exercer son ministère en France et participer à ces sessions d’accueil lui a permis « de prendre un peu de recul pour que cette parole qui nous unit, l’Évangile, soit audible à la fois dans la culture de l’autre, et dans la mienne. »
 

 
Etienne Bonou est pasteur associé de l’EPUdF, à l’Église du Plateau lorrain. Cette formation lui a permis « de découvrir certaines réalités qui ne sont pas celles de mon pays ».
 

 
Peter Hanson, pasteur à l’Église protestante unie de Lyon rive-gauche et à l’Église anglicane Trinity Church Lyon, œuvre pour ces deux Églises à un projet missionnaire commun d’ouverture sur la société : le projet Passe-Way, du français « passerelle » et de l’anglais pathway (« passage »). Il dit avoir reçu « beaucoup d’informations utiles pour comprendre les relations interculturelles et gérer les conflits » ; mais ce qui lui a été le plus bénéfique, ce sont « les relations d’amitié nouées avec les autres pasteurs ».
 

 
Sarah Hanson, venue du Minnesota, œuvre à la fois à l’Église protestante unie de Lyon rive-gauche et à l’Église anglicane Trinity Church Lyon. Elle dit avoir mieux compris « les structures des Églises francophones en Europe et les réalités vécues par les pasteurs ».
 




Pasteurs venus d’ailleurs : « On ne cesse jamais de grandir »

La deuxième session destinée à accueillir les pasteurs venus d’autres pays et d’autres contextes culturels, organisée au Défap à la demande de trois Églises protestantes de France et de Belgique, s’est déroulée du 23 au 25 janvier à Paris. Objectif : faire le point et partager les expériences, trois mois après la première session ; et permettre aux uns et aux autres, non pas de repartir avec des réponses toutes faites à tous les problèmes, mais de se doter d’une « boîte à outils ».

Les participants prennent place pour la deuxième session d’accueil des « pasteurs venus d’ailleurs », le 23 janvier 2023 au Défap © Défap

Ils sont venus de Pologne, du Congo, d’Haïti, de Finlande, des États-Unis, du Bénin, du Cameroun… Ils sont désormais pasteurs ou suffragants dans des paroisses françaises ou belges, au sein de l’Église protestante unie de France (EPUdF), de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), de l’Église protestante unie de Belgique (EPUB)… Tous ayant, en dépit de leurs origines multiples et de la diversité de leur parcours, un défi commun : celui d’exercer un ministère pastoral dans un contexte culturel nouveau pour eux, et dans une société dont ils ne maîtrisent pas forcément tous les codes. Après la première session d’accueil des « pasteurs venus d’ailleurs » organisée en octobre au Défap, la deuxième session s’est déroulée du lundi 23 au mercredi 25 janvier. Les participants étaient les mêmes, mais trois mois après, les objectifs différaient quelque peu. Il ne s’agissait plus seulement de donner des repères sur la société, sur la législation, sur l’Église d’accueil et sur les modes de vie. Il s’agissait de revenir sur ces trois mois vécus en paroisse et de « débriefer » ; d’évoquer les rencontres, surprises et découvertes des uns et des autres, et de donner des éléments plus poussés d’interculturalité.

Surprises et découvertes qui n’ont pas manqué, comme on pouvait le deviner dès l’ouverture de cette deuxième session, le lundi à la mi-journée : « On ne cesse jamais de grandir, on ne cesse jamais d’apprendre », notait ainsi l’un des participants en se présentant au groupe. Pour un autre, « on est toujours en chemin ». Un troisième, venu d’Afrique de l’Ouest et actuellement dans une paroisse du centre de la France, évoquait son premier « baptême de neige ». Pour Laura Casorio, l’une des animatrices de cette session d’accueil de pasteurs, « faire le point » sur tout le vécu et les expériences des uns et des autres depuis octobre était bien « le fil rouge de cette session ». Le but étant, au-delà, à l’issue de ces trois nouvelles journées, de « les outiller » pour leur permettre, non d’accumuler des réponses standardisées et toutes faites à chaque situation, mais de trouver leurs propres solutions. Elle-même originaire d’Italie, ayant vécu de nombreuses années en France avant de travailler en Suisse, où elle est désormais, à sa grande surprise, assimilée à une Française, ne manquait pas de souligner : « On a tous des parcours riches ; on a tous des attentes, des expériences, des anecdotes, des échecs, des fiertés. On va partager des clés de lecture, pour que chacun puisse rentrer chez soi avec sa boîte à outils ».
 

Vue de la première journée la deuxième session d’accueil des « pasteurs venus d’ailleurs » © Défap

Parmi les principaux sujets pouvant générer malentendus ou frictions, les premiers à ressortir, lors de travaux de groupes, ont été ceux de la place du religieux dans la société, et de l’équilibre entre vie personnelle et rôle pastoral. Des thématiques qui peuvent entraîner des incompréhensions, non seulement pour des pasteurs venus d’autres continents comme l’Afrique, mais aussi entre ministres et paroisses de pays pourtant géographiquement beaucoup plus proches : « On s’est aperçu qu’on ne faisait pas toujours assez attention à des différences culturelles entre pays voisins (comme entre la France et la Suisse), alors qu’elles peuvent parfois porter sur des questions assez fondamentales », notait ainsi en marge de la session Vincent Nême-Peyron, président de la Commission des ministères, « commission d’embauche » des futurs ministres de l’EPUdF.

Retrouvez ci-dessous l’émission de radio diffusée sur Fréquence protestante et présentant la première de ces sessions d’accueil :

Une première session pour accueillir les pasteurs d’origine étrangère, émission présentée par Marion Rouillard

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 26 octobre 2022 sur Fréquence Protestante

 
La Commission des ministères a d’ailleurs pris depuis plusieurs années toute la mesure des changements induits par les évolutions de la société sur le profil des pasteurs. Au point de se poser, non seulement la question de l’accueil de pasteurs issus d’autres Églises et d’autres contextes culturels, mais aussi celle des manières de témoigner dans une société de plus en plus multiculturelle : « Les pasteurs issus de notre Église vont être eux-mêmes confrontés à des personnes qui viennent d’ailleurs. Témoigner de l’Évangile dans la société française en 2040 ? Ce sera forcément dans une société très multiculturelle et très multireligieuse », soulignait ainsi Vincent Nême-Peyron un an avant l’organisation de ces sessions d’accueil dans Échanges, mensuel de l’Église protestante unie de France de la région Provence-Côte d’Azur-Corse. Prise de conscience similaire au sein de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), autre Église membre du Défap ; et également, plus au nord, au sein de l’Église protestante unie de Belgique (EPUB). C’est de cette préoccupation commune qu’est née la demande, exprimée au Défap par ces trois Églises, d’une série de sessions permettant d’accueillir des ministres ou suffragants venant de l’étranger.




Nuit de la lecture du Défap : croiser les regards

Pour la première fois en ce mois de janvier 2023, le Défap a pris part aux « Nuits de la lecture », événement organisé par le Centre national du livre. Sur le thème de la « Peur de l’autre », les temps de lecture par les participants ont été entrecoupés d’animations, d’échanges autour de mots, de phrases, ou d’émotions retirés des textes choisis pour cette soirée. Quant aux extraits qui avaient été sélectionnés pour l’occasion dans le fonds de la bibliothèque du Défap, ils ont été regroupés dans un recueil. Un travail qui a vocation à servir de support d’échanges et d’animations dans d’autres circonstances : il a ainsi été présenté lors de la deuxième session d’accueil des « pasteurs venus d’ailleurs ».

« Nuits de la lecture » : l’affiche à l’entrée du Défap, au 102 boulevard Arago © Défap

Une soirée en petit comité, mais avec des échanges d’autant plus riches : la première « Nuit de la lecture » du Défap a eu lieu le vendredi 20 janvier 2023. Sur le thème général de « La Peur », qui avait été choisi pour cette année, après une édition 2022 consacrée à « L’Amour », le Défap avait sélectionné une série de textes autour de la « Peur de l’autre ». Avec parmi les auteurs des noms comme Daniel Pennac, Mohamed Mbougar Sarr, Cécile Millot, Pierre Diarra, Rachel Khan, Ysiaka Anam ; provenant de genres aussi divers que le roman, l’essai, la poésie ; explorant des domaines aussi éloignés que la théologie, la philosophie ou le militantisme ; avec également des articles (de la presse généraliste ou de revues universitaires)… Et pour les lire et leur donner vie, des voix tout aussi variées, celles de lecteurs ou lectrices souvent entre deux pays voire entre deux continents : entre Europe et Afrique, entre France et Madagascar…

Les « Nuits de la lecture » ont été créées en 2017 par le ministère de la Culture pour promouvoir le livre et la lecture. Elles ont d’emblée trouvé leur place et réunissent chaque année plusieurs milliers d’événements organisés partout en France. Pour sa première participation, le Défap a voulu mettre en avant le fonds de sa bibliothèque – et notamment son fonds contemporain, moins connu que celui qui tourne autour de l’histoire des missions protestantes.

Nuit de la lecture du Défap : des échanges riches, stimulés par un choix de textes éclectique autour de la « Peur de l’autre » © Défap

C’est de là que provenaient la plupart des extraits sélectionnés pour être lus à haute voix le 20 janvier. Avec des rencontres parfois étonnantes entre les textes et les voix qui les portaient… « J’y ai vu là une forme de méditation entre le laïc et le religieux », commente ainsi Basile Zouma, secrétaire général du Défap, qui était présent à la soirée : « On y a même lu un psaume – après tout, ce sont des textes qui font partie du patrimoine littéraire de l’humanité ». Originaire du Burkina-Faso, ayant vécu au Maroc, puis ayant longtemps été pasteur en Normandie, il s’est retrouvé à lire un texte sur la sorcellerie. Des participants se sont faits, pour la soirée, les porte-voix de textes écrits par des auteurs issus de contextes culturels très éloignés des leurs. Une femme banche prêtait ainsi sa voix à deux textes écrits par des femmes noires… À l’opposé, Cécile Millot, ancienne envoyée du Défap à Madagascar, et qui a publié un livre sur son expérience malgache, lisait son propre témoignage.

Des temps d’animation sont aussi venus ponctuer ces lectures : des échanges entre les participants autour de mots, de phrases, ou d’émotions évoquées dans les textes lus en cours de soirée. Ces échanges libres ont été retranscrits sur un paperboard pour constituer une œuvre commune. Quant aux extraits puisés dans le fonds de la bibliothèque du Défap, et qui avaient été choisis pour cette soirée, ils ont été regroupés dans un recueil. Un travail qui pourra être réutilisé en d’autres occasions : ce recueil a ainsi été utilisé et distribué, lundi 23 janvier, lors de la deuxième session d’accueil des pasteurs venus d’ailleurs. Et il est consultable à la bibliothèque. Pour en avoir un aperçu sur Calameo, cliquez sur l’image ci-dessous :




Premier round au Défap pour l’expo « Deviens un héros »

Des groupes de jeunes enthousiastes et des perspectives d’animation en paroisse : la première journée de l’exposition interactive « Deviens un héros », organisée samedi 21 janvier par le Défap et le service Catéchèse de l’Église protestante unie de région parisienne, a largement convaincu. Destinée à des participants de 12 à 18 ans, elle vise à permettre à chacun de développer des « super-pouvoirs » pour déconstruire les préjugés et lutter contre les discriminations. Prochains rendez-vous : les 11 et 12 février. Il reste encore des places pour vous inscrire !

« Deviens un héros » : une exposition interactive qui déménage !

Non, ce n’est pas la nouvelle danse à la mode qui va bientôt envahir les « dancefloors ». Pas davantage une séance de gymnastique mêlant Tai-chi-chuan et close-combat. Pas plus un parcours du combattant en zone urbaine. Ni une épreuve du dernier jeu télévisé pour gagner des millions… Ce que vous voyez sur cette photo, ce sont les participants d’un des modules de l’expo interactive « Deviens un héros » qui a été présentée pour la première fois en région parisienne samedi, au siège du Défap. De quoi réaliser que cette exposition n’avait rien de statique et qu’elle stimulait au contraire l’engagement physique… Et si l’on n’y gagnait pas des millions, on pouvait en tout cas y développer des super-pouvoirs fort utiles face aux maux actuels de notre société…

À mi-chemin entre l’exposition et l’animation, entre le spectacle et le jeu, « Deviens un héros » est un concept qui a été développé à l’origine par les EUL, les Équipes Luthériennes Unionistes, en Alsace. Destinée depuis sa création à permettre la rencontre, le partage et les réflexions pour les jeunes, en lien avec l’Évangile, cette association a décidé depuis plusieurs années, à travers « Deviens un héros », de s’engager contre les tentations de repli au sein de notre société et contre les risques de stigmatisation des minorités. Grâce à la collaboration entre le Défap et le service Catéchèse de l’Église protestante unie de région parisienne, cette exposition interactive a pu être présentée pour la première fois à Paris le samedi 21 janvier.

Qu’est-ce qui définit l’identité d’un individu ? © Défap

« Les jeunes ont bien joué le jeu, et ont beaucoup apprécié », témoigne Éline, du service Animation du Défap, qui animait l’exposition interactive. Pour cette première journée, deux groupes de jeunes, avec des moyennes d’âge assez différentes, ont eu l’occasion de développer leurs « super-pouvoirs » pour lutter contre les discriminations. Chacun a pu explorer un module distinct : l’un centré sur le groupe et les effets de groupe, l’autre sur les préjugés et les stéréotypes. Avec à chaque fois l’idée, non d’apporter des réponses toutes faites, mais de pousser les participants à la réflexion. Les participants du matin ont déjà fait savoir qu’ils espéraient pouvoir emprunter le matériel de l’exposition pour des animations dans leur propre paroisse… Ce qui est précisément le but recherché : l’idée est en effet de rendre cette exposition itinérante, et qu’après sa présentation au Défap, elle puisse tourner dans d’autres villes de France, afin de sensibiliser un maximum de jeunes, de manière ludique.

En Alsace, animée par les Équipes Luthériennes Unionistes depuis 2017, cette exposition a déjà été présentée à près de 5000 jeunes (lycées et collèges, rencontres de jeunes en paroisse, week-ends de catéchèse…). Vous pouvez encore la découvrir au Défap les 11 et 12 février, avant qu’elle n’essaime : il reste de la place pour vous inscrire ! Le formulaire est ici :
 

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Méfiez-vous des étiquettes ! © Défap




Deviens un héros : s’engager contre les discriminations

Pour s’engager contre les discriminations ou lutter contre les tentations de repli qui menacent nos société, pas besoin de venir de Krypton ou de Gotham : ce dont on a besoin, c’est de héros du quotidien ! C’est le thème de l’exposition interactive « Deviens un héros », destinée aux 12-18 ans, développée par les Équipes Unionistes Luthériennes. À travers elle, les participants pourront apprendre à développer divers pouvoirs pour une société plus fraternelle… Vous pourrez la découvrir à Paris début 2023 grâce au Défap et au Service Catéchèse de la région parisienne de l’EPUdF. Pour tout savoir et vous inscrire, c’est ici !

« Deviens un héros » : à découvrir début 2023 au Défap !

« Deviens un héros« , c’est bien plus qu’une exposition : c’est une animation interactive, destinée aux jeunes de 12 à 18 ans, et c’est surtout un outil pédagogique qui les amène à s’interroger sur leur façon de vivre, avec les autres et dans le monde, face aux peurs, aux tentations de repli et aux risques de dérives de nos sociétés. Le concept en a été développé depuis plusieurs années en Alsace, à Neuwiller-les Saverne, à l’initiative des EUL (les Équipes Unionistes Luthériennes). Le Défap et le Service Catéchèse de la région parisienne de l’EPUdF vous proposent désormais d’y participer à partir de début 2023. Pour la découvrir au Défap, rendez-vous au 102 boulevard Arago, à Paris, aux dates suivantes :


À travers ce parcours ludique, les jeunes se forment à la lutte contre les discriminations et le racisme. Ils développent plusieurs pouvoirs pour devenir les héros qui changeront le monde ! Car pour cela, il n’est pas nécessaire d’attendre des super-héros venus de Krypton ou de Gotham : il est possible de devenir des héros du quotidien, en s’engageant pour une société plus fraternelle et plus ouverte.

Pour s’inscrire individuellement ou inscrire un groupe, le formulaire est ici :
 

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Comment se déroule la visite ?

Tout au long du parcours, au travers des différents modules, des débats sont suscités sur chaque thématique, amenant chacun à partager ses expériences vécues et à s’interroger sur les questions de la discrimination, du racisme, de la xénophobie…

L’exposition se décline en trois modules complémentaires mais indépendants les uns des autres (les groupes, les préjugés, les discriminations). Au Défap, nous vous proposerons de découvrir deux de ces modules. À chaque créneau horaire, ces deux modules seront animés pour deux groupes de 15 personnes. Si vous réservez un seul créneau, vous découvrirez donc aléatoirement un seul module. Vous pouvez aussi réserver deux créneaux (le même jour ou deux jours différents) pour avoir la possibilité de vivre les deux modules. Si vous souhaitez après votre visite aborder également le troisième module, nous pourrons envisager ensemble comment faire.

L’animation autour d’un module dure environ deux heures et nous pouvons accueillir au maximum 30 personnes (en deux groupes de 15) sur un même créneau horaire.

Depuis 2017, l’exposition a été présentée à près de 2000 jeunes (lycées et collèges, rencontres de jeunes en paroisse, week-ends aux EUL…).




Pasteurs venus d’ailleurs : en route pour la deuxième session au Défap

La première session destinée à accueillir les pasteurs venus d’autres pays et d’autres contextes culturels avait eu lieu du 10 au 12 octobre au Défap. La deuxième session, destinée à partager les premières expériences de ces nouveaux ministres ou suffragants, et à favoriser une prise de recul, est prévue du 23 au 25 janvier. Une manière d’aider les nouveaux arrivants à « prendre leurs marques » au sein des Églises ; ces sessions d’accueil ont été organisées par le Défap à la demande de l’EPUdF, de l’UEPAL et de l’EPUB.

Culte de reconnaissance du ministère pastoral-ordination d’Aymar Nkangou, le 13 septembre 2020 à Montbéliard © Défap

Ils seront une quinzaine, le lundi 23 janvier, à se retrouver au Défap à partir de midi : une quinzaine de pasteurs venus d’autres pays et d’autres Églises, et actuellement en France où ils ont déjà eu l’occasion de découvrir des contextes sociaux ou culturels parfois très nouveaux pour eux. Jusqu’au 25, ils pourront ainsi « débriefer » sur ces premiers mois passés en France. Objectifs affichés de cette deuxième session d’accueil : favoriser une prise de recul par le partage ; donner des éléments d’interculturalité ; et renforcer les acquis de la première rencontre, celle qui avait eu lieu en octobre dernier.

La première session visait surtout à donner des repères légaux et sociétaux ; améliorer la connaissance des Églises ; donner des informations déontologiques et financières ; mais aussi mettre en réseau les ministres nouvellement arrivés, leur proposer des personnes ressources. Elle combinait des modules généraux présentant les diverses Églises dans lesquelles les nouveaux arrivants sont amenés à devenir pasteurs, ou destinés à leur donner des repères sociétaux, culturels et sur les styles de vie ou sur des questions clés comme celle de la laïcité, avec des témoignages de pasteurs étrangers déjà présents depuis plusieurs années en France. Un autre module s’attachait à questionner les stéréotypes sur les pays d’origine ou d’accueil des nouveaux arrivants. Pour cette session de janvier, les questions interculturelles rempliront une bonne partie des trois jours.

Retrouvez ci-dessous l’émission de radio diffusée sur Fréquence protestante et présentant la première de ces sessions d’accueil :
 

Une première session pour accueillir les pasteurs d’origine étrangère, émission présentée par Marion Rouillard

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 26 octobre 2022 sur Fréquence Protestante

 

C’est à la demande de trois Églises protestantes – l’Église protestante unie de France (EPUdF), l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), et l’Église protestante unie de Belgique (EPUB) – que ces sessions d’accueil ont été organisées par le Défap. Elles sont le reflet d’une évolution qui touche aujourd’hui toutes les sociétés européennes, et auxquelles les Églises elles-mêmes participent. Car cette dimension multiculturelle née de la mondialisation, les Églises la vivent déjà au quotidien, à travers leurs paroissiens et à travers leurs pasteurs. Et les paroisses situées dans les lieux les plus densément urbanisés sont loin d’être seules concernées : aujourd’hui, même les villes moyennes ou les paroisses en zones rurales ont aussi des paroissiens aux multiples origines, comme en témoignait récemment Joël Dahan, pasteur de l’EPUdF dans le Bergeracois. La question des relations interculturelles au sein des Églises est un aspect sur lequel le Défap travaille depuis des années – en relation avec diverses Églises et des programmes de formation comme celui de la CPLR (le programme de la formation permanente des pasteurs de la Communion Protestante Luthéro-Réformée). Quant aux pasteurs, si l’on prend l’exemple de l’Église Protestante Unie de France (EPUdF), l’une des trois Églises fondatrices du Défap, les ministres d’origine étrangère y représentent une proportion croissante : ils étaient ainsi 22,6% selon les chiffres de 2015, les pasteurs originaires d’Afrique étant le deuxième contingent le plus important. Et parmi ces pasteurs venus d’Afrique, bon nombre étaient passés par le Défap.

Un aperçu de la première session de formation interculturelle organisée par le Défap pour des pasteurs arrivant de l’étranger © Défap

Voilà pourquoi la Commission des ministères, « commission d’embauche » des futurs ministres de l’EPUdF, a pris depuis plusieurs années toute la mesure des changements induits par les évolutions de la société sur le profil des pasteurs. Cas similaires au sein de l’UEPAL, autre Église membre du Défap, et, plus au nord, au sein de l’EPUB. C’est de cette préoccupation commune qu’est née la demande, exprimée au Défap par ces trois Églises, d’une série de sessions permettant d’accueillir des ministres ou suffragants venant de l’étranger. Avec l’idée d’en faire des temps d’échange et de rencontre, mais aussi de donner à ces futurs pasteurs des clés de lecture, des repères et des ressources.




Courrier de mission : « Deviens un héros »

Invitées fin décembre par Marion Rouillard pour l’émission « Courrier de mission – le Défap » sur Fréquence protestante, Barbara Siéwé et Eline O. ont présenté l’exposition interactive « Deviens un héros » conçue pour sensibiliser les jeunes aux préjugés. Une exposition que vous pourrez découvrir au siège du Défap, au 102 boulevard Arago, à Paris, à partir du 21 janvier.

 

Courrier de mission : « Deviens un héros », émission présentée par Marion Rouillard

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 28 décembre 2022 sur Fréquence Protestante

 




Nuits de la lecture : peur de l’autre

Les 7ème « Nuits de la lecture » se tiennent du 19 au 22 janvier 2023 sur le thème de la peur. Le Défap participe à cet événement organisé par le Centre national du livre à travers une soirée de lecture à haute voix de textes choisis dans sa bibliothèque, ou puisés parmi les créations des participants, sur le thème de la « Peur de l’autre ». Pour tout savoir et vous inscrire, c’est ici !

Détail de l’affiche des 7èmes « Nuits de la lecture », créée par l’artiste Aude Samama

Après l’amour en 2022, les Nuits de la lecture se tournent vers un autre genre de sensations fortes, puisque le thème choisi pour la 7ème édition est celui de la peur… Créées en 2017 par le ministère de la Culture pour promouvoir le livre et la lecture, elles sont aujourd’hui organisées par le Centre national du livre (CNL). Elles fédèrent chaque année plusieurs milliers d’événements en France, portés par les professionnels du livre et les lecteurs. Cette année le Défap y participe et a choisi pour thème « Peur de l’autre ».

Dans les albums et contes, dévoreurs à dents longues, sorcières, diables et autres monstres nous parlent de nos peurs enfantines – ce qui nous dépasse, nous menace, ce qui nous est inconnu.
Adultes, nos lectures continuent à interroger notre intériorité et notre regard sur le monde : que deviennent alors nos peurs enfantines ? Peur de l’autre, étranger qui vient fracturer notre intime dans la rencontre ? Peur de l’autre, étrange-té inavouable – parce que inacceptable – en nous ?

Pour participer, rendez-vous au 102 boulevard Arago, à Paris :


Des sélections de textes, puisés dans les rayonnages de la bibliothèque, vont venir éclairer cette question.

Vous pouvez aussi participer en envoyant votre texte (1500 mots) sur le thème de cette soirée « Peur de l’autre ». Après sélection, certains d’entre eux seront lus pendant la soirée, et tous les écrits rejoindront le recueil de textes. Tout genre littéraire est bienvenu : poésie, philosophie, roman, BD… Envoyez votre texte à animation@defap.fr avant le 20/12/2022.

Pour s’inscrire individuellement ou inscrire un groupe, le formulaire est ici :
 

Inscrivez-vous !

 
L’entrée est gratuite ; mais le nombre de place étant limité, l’inscription préalable pour participer à cette soirée est fortement recommandée.

Une soirée de lectures à haute voix pour écouter les mots des autres. Sans peur aucune ?




Le Secaar : innover face aux défis climatiques

Trouver des solutions face aux défis tant humains qu’écologiques que posent les grands enjeux actuels, notamment liés au changement climatique : c’est ce que fait le Secaar, organisation au service du développement holistique, qui regroupe 19 Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe, et dont le Défap est membre fondateur. C’est précisément l’une des actions soutenues par le Secaar qui va être portée par le Défap dans le cadre de son projet de compensation carbone.

Photo prise durant un atelier du Secaar sur les plantes médicinales – août 2019, Kpalimé, Togo © Secaar

S’adapter au changement climatique, ça ne se résume pas à appliquer mécaniquement une série de recettes. Il faut au contraire expérimenter, innover ; et pour cela, bien connaître les enjeux. Il y faut des compétences, de l’expérience, une démarche éprouvée. Le Défap ne peut se prévaloir d’une telle expertise, mais il peut s’appuyer sur des partenaires à la solidité reconnue.

Depuis l’origine, la notion de réseau est une part fondamentale de l’identité du Défap : sa création en 1971 a coïncidé avec celle de la Cevaa, Communauté d’Églises en Mission au sein de laquelle prennent place une large part de ses actions ; il se présente comme le service missionnaire commun de plusieurs Églises protestantes de France ; et il entretient depuis longtemps des relations étroites avec nombre de partenaires associatifs dans le monde protestant. Il a contribué à la création d’organismes très divers, toujours dans le monde protestant, avec à chaque fois ce même souci de maintenir le lien et les relations solidaires. C’est le cas du Secaar.

Une approche mêlant étroitement spiritualité et solidarité

Loin d’une course au développement à tout crin, le Secaar (Service chrétien d’appui à l’animation rurale), un réseau de dix-neuf Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe, présent dans une douzaine de pays, cherche à promouvoir l’être humain dans toutes ses dimensions : spirituelle, sociale et matérielle. Ses actions se déploient selon cinq axes de travail : le développement intégral (considérer l’être humain comme une créature avec des besoins matériels mais également relationnels et spirituels), l’agroécologie (maintenir les équilibres des écosystèmes), le climat et l’environnement (système alimentaire mondial plus juste, avec respect de l’environnement), les droits humains (promotion de la dignité humaine et accès équitable aux ressources), et la gestion de projet (accompagnement et/ou suivi). Il a été fondé en 1988 au Bénin, avant d’être officiellement constitué en association internationale en 1994 à Yaoundé, au Cameroun. Son siège se trouve aujourd’hui à Lausanne, en Suisse, et le secrétariat exécutif à Lomé, au Togo.

Le Secaar, c’est donc une trentaine d’années d’histoire et d’expériences, une approche bien spécifique mêlant étroitement spiritualité et solidarité ; et c’est aussi une organisation dont le Défap est membre fondateur, et avec lequel il entretient des liens suivis. Lieu d’expérimentation, de formation et accompagnement de structures et de communautés locales, le Secaar ambitionne d’être un réseau qui contribue au développement local. Il est de plus en plus reconnu pour ses compétences et la qualité de son accompagnement.

Retrouvez ci-dessous quelques témoignages en vidéo illustrant la diversité des actions et des partenariats du Secaar :