Synode national de l’Unepref : «Habitons l’Alliance, en Christ»

Le synode national de l’Union des Églises protestantes réformées évangéliques de France (Unepref), l’une des trois Églises constitutives du Défap, se tient les 13 et 14 mai à Rodez, dans l’Aveyron.
Photo de groupe du synode de l’Unepref 2019 © Unepref

 
Le Synode de l’Union nationale des Églises protestantes réformées évangéliques de France (Unepref) va se dérouler les 13 et 14 mai à Rodez sur thème « Habitons l’Alliance, en Christ ».

Le samedi 13 mai, des séances de travail se tiendront toute la journée à l’accueil Saint Joseph (9 Rue Jean XXIII, 12000 Rodez). Les rapports des commissions et des coordinations seront présentés ainsi que des points d’étapes concernant les groupes de travail (communication, violences, accompagnement des pasteurs et stratégie d’implantation) mis en place depuis septembre 2022 ainsi qu’un premier bilan des partenariats missionnaires.

Le culte synodal aura lieu le dimanche 14 mai à 10h30 au Temple (32 Rte de Sévérac, 12850 Onet-le-Château) et sera présidé par le pasteur Vivian Bénézet. Les témoignages des aumôniers y seront entendus, et la consécration du pasteur Charles Berger ainsi que la reconnaissance de ministère du pasteur Fabio Genovez auront lieu.




DM : une aventure missionnaire qui dure depuis 60 ans

La rencontre annuelle des trois Secrétariats Cevaa – DM – Défap nous donne l’occasion de parler d’un événement majeur pour DM : les célébrations de ses 60 ans. Six décennies d’histoire qui n’ont rien eu d’un fleuve tranquille, depuis une naissance au lendemain de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy jusqu’à une mue lancée au tournant de l’année 2018… En cette année 2023, DM a voulu fêter ses 60 ans avec ses divers partenaires, en Suisse, au Mexique, au Cameroun, et même avec les participants de l’Assemblée générale du Défap.

Le logo du soixantenaire de DM © DM

DM, c’est un peu le cousin suisse du Défap. Né durant la même période mais quelques années auparavant (en 1963, quand le Défap a été officiellement créé en 1971) ; œuvrant dans des milieux d’Églises similaires et invité comme le Défap aux Conseils et aux Assemblée générales de la Cevaa (DM est ainsi le département missionnaire des Églises de Suisse romande, quand le Défap réunit trois unions d’Églises protestantes françaises de tradition luthéro-réformée). Avec des modalités d’engagement et des visions très proches, une même pratique de l’envoi de personnes, des zones d’intervention qui se recouvrent en partie… Et des défis communs. Tout comme le Défap, tout comme la Cevaa, DM est confronté depuis de nombreuses années à des évolutions des sociétés et des Églises européennes qui imposent de repenser les formes et les présupposés de la mission. DM a fait sa mue au cours de l’année 2018, transition qui s’est traduite dans le discours, avec la mise en avant du concept de réciprocité, ainsi que dans un nouveau logo et un nouveau slogan. Celle du Défap est toujours en cours… Et au bout de six décennies d’aventure missionnaire, DM, tout au long de l’année 2023, fête son anniversaire en partageant des gâteaux avec ses envoyés, ses Églises membres, ses partenaires à l’étranger : au Mexique, au Cameroun…

Lors de sa naissance, en 1963, DM regroupe huit Églises protestantes de Suisse romande (elles seront sept après la fusion entre l’Église libre et l’Église évangélique réformée du canton de Vaud). Mais l’organisme qui voit le jour a déjà toute une histoire qui le précède, celle des missions suisses, nombreuses et diversifiées – et avec déjà diverses tentatives pour les coordonner. Et sa naissance intervient dans un contexte bien particulier, celui des indépendances des pays anciennement colonisés : avec des implications profondes sur la conception de la mission, comme en témoigne le slogan-programme « La mission de partout vers partout » inventé lors de la conférence mondiale mission et évangélisation du Conseil œcuménique des Églises de Mexico. Une conférence réunie du 8 au 19 décembre 1963… soit quelques semaines à peine après la naissance officielle, le 23 novembre, de DM.

Un projet soutenu par DM au Bénin © DM

Avec la fin de l’ère coloniale, les Églises locales issues des missions européennes s’émancipent ; les thématiques portées par les organismes missionnaires évoluent : on parle de dialogue interreligieux et interculturel avec le Tiers-Monde, d’œcuménisme, de partenariat, de projets de développement… Les échanges doivent se faire désormais entre égaux. À sa création en 1963, le DM compte 300 missionnaires dans 23 pays. En 1967 a lieu à Neuchâtel le premier cours de formation missionnaire de DM. Mais déjà pointent des inquiétudes sur une crise des vocations…

En 1971, à la création de la Cevaa et du Défap, nés tous deux de la Société des missions évangéliques de Paris, les Églises membres de DM, par son entremise, s’impliquent dans la nouvelle Communauté d’Églises. Un fonds commun est créé par DM et deux autres organismes suisses, PPP (Pain Pour le Prochain) et l’EPER, pour coordonner les campagnes et les récoltes de fonds. Ce qui débouchera sur un rapprochement durable, incluant bientôt la KEM (Coopération des Églises et Missions évangéliques en Suisse), qui donnera lieu au projet « Terre Nouvelle ». Ce projet aura son propre comité de coordination, ses animateurs cantonaux, son journal, jusqu’à envisager, au fil des ans, une complète fusion de ses organismes membres dans une entité unique. Espoir avorté en 2002… Mais entretemps, les Églises suisses, leurs envoyés et leur service missionnaire auront vécu tous les soubresauts d’une histoire internationale agitée : la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, le génocide rwandais… mais aussi la création du service civil à l’étranger, un nouveau statut qui permettra d’apporter une nouvelle vitalité à l’échange de personnes porté par DM dans son réseau d’Églises.

Le gâteau offert par le délégué de DM lors de l’AG du Défap © Défap

En 60 ans, ce sont près d’un millier de personnes qui se sont engagées comme envoyé.es auprès de DM, pour tisser des liens et renforcer la solidarité entre Églises de divers pays, avec le but affiché de rendre concrètes « l’humanité solidaire » et « l’Église universelle ». DM agit aujourd’hui dans l’agroécologie, l’éducation et la théologie en Afrique, en Amérique latine, au Moyen-Orient, dans l’océan Indien et en Suisse. Il mène des projets dans plus d’une quinzaine de pays, et regarde résolument vers l’avenir : il s’implique dans le dialogue entre Églises issues de cultures différentes, soutient des organismes qui mènent des réflexions et proposent des solutions aux défis de notre temps : tels le Secaar (développement durable et droits humains), l’Institut Al Mowafaqa (dialogue interreligieux). Le point d’orgue de cette année de célébrations des 60 ans de DM est prévu le 18 novembre 2023, à la cathédrale de Lausanne.




Maïeul Rouquette, servir par les livres et la théologie

Maïeul Rouquette, directeur de la CLCF (Centrale de littérature chrétienne francophone), basée à Strasbourg, évoque dans cet entretien réalisé pour la Fédération protestante de France son travail et les engagements qui le portent. La CLCF a été fondée par le Défap et son homologue suisse, DM, il y a exactement trente ans.

Maïeul Rouquette (deuxième en partant de la droite) lors d’un déplacement au Cameroun © Maïeul Rouquette / CLCF

 

La Centrale de Littérature Chrétienne Francophone (CLCF) fête ses 30 ans ! Cette association protestante cherche à soutenir les bibliothèques de théologie par des dons de livres et des formations. En effet, dans certains pays, les bibliothèques ont du mal à se procurer certains ouvrages, pour des questions de coût ou d’accès. Cette démarche dit, en creux, l’importance que représente la théologie pour les Églises et la société.

Entretien avec Maïeul Rouquette, docteur en théologie et directeur de la CLCF, qui revient sur ce que lui a apporté son propre parcours en théologie. Il partage les raisons qui l’ont poussé à s’engager dans cette mission, notamment un intérêt marqué pour la solidarité internationale. Maïeul Rouquette nous parle également de l’importance de faire connaître les théologies venant des pays du sud, pour que la CLCF contribue à l’ouverture vers d’autres cultures et vers d’autres façons de penser Dieu.

 

Ce que fait la CLCF

La Centrale de Littérature Chrétienne Francophone est à la jonction entre les milieux protestants et universitaires de France, de Suisse et de nombreux pays. On retrouve ainsi dans son conseil d’administration Philippe Wasser, représentant de DM et Claire-Lise Lombard, représentante du Défap. La CLCF a une vocation humanitaire : elle appuie la formation théologique et pastorale et représente un service d’entraide à l’intention d’environ 170 institutions de formation théologique. Elle soutient aussi directement les étudiants en théologie. Le champ d’action de la CLCF est large : il couvre en effet l’Océan Indien (Madagascar, Réunion, Maurice), toute l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest, le Pacifique (Polynésie française, Nouvelle Calédonie, Fidji) et les Caraïbes. Avec des croisements réguliers avec les activités du Défap : c’est ainsi qu’en Haïti, elle a pu agir sur le terrain via le Défap et la Plateforme Haïti, créée par la Fédération Protestante de France en 2008. On la retrouve aussi, à un moindre degré, dans d’autres pays pas toujours considérés comme francophones, mais où l’on lit et l’on parle du français, comme le Liban.

Un premier service de la CLCF a été mis en place dès 1983 à l’initiative des différents services missionnaires d’Églises protestantes de France (le Défap) et de Suisse romande (DM-échange et mission) pour aider à équiper en livres les instituts théologiques francophones, dans un contexte où les fonds d’ouvrages et de revues manquaient dans les bibliothèques en langue française, en particulier faute de moyens suffisants. Il s’agissait de récupérer revues et ouvrages de théologie dans le Nord et trouver les moyens de les acheminer dans le Sud. Avec des défis logistiques certains : en 2014, ce sont ainsi plus de deux tonnes de revues de théologie qui ont été données par l’Église protestante de Genève, suite à la fermeture du Centre Protestant d’Études de Genève.

Des ouvrages reçus par la CLCF et qui doivent être triés avant d’être envoyés vers des bibliothèques d’Afrique, des Caraïbes ou du Pacifique… © CLCF

 
Aujourd’hui présidée, depuis l’automne 2015, par la pasteure Claire-Lise Oltz-Meyer (anciennement en poste à Madagascar), la CLCF a su diversifier ses activités au fil du temps, se dotant d’une centrale d’achat, ainsi que d’un service de conseil et de formation en bibliothéconomie. Ce service organise régulièrement des sessions de formation intensive, avec l’aide d’équipes locales. On trouve ainsi à Madagascar la Fabim, la Formation des Auxiliaires de Bibliothèque. Elle propose des formations d’auxiliaire de bibliothèque sur toute l’île et elle supervise le développement des bibliothèques sur une douzaine de campus. On trouve aussi au Cameroun la FibY, la Formation Intensive des Bibliothécaires à Yaoundé, qui après avoir proposé des sessions de formation, s’est étoffée avec un réseau de mutualisation des informations (le Ridoc) et une tournée des bibliothèques. La plus récente de ces équipes locales, la Fabao, la Formation des Auxiliaires de Bibliothèque en Afrique de l’Ouest, propose une formation intensive d’auxiliaires de bibliothèque, ainsi que des visites des bibliothèques dans son champ géographique.




Rencontres missionnaires à Versailles

La rencontre annuelle des Secrétariats de la Cevaa, de DM et du Défap se tiendra du 3 au 5 mai à Versailles. En cette année 2023, c’est le Défap qui accueille la réunion, organisée chez les Diaconesses de Versailles. Au menu des échanges : collaborations et lieux d’engagement commun des trois institutions, réflexions sur les échanges de personnes, perspectives financières. Ces réunions régulières sont un des lieux de dialogue entre Cevaa, DM et Défap, trois organismes missionnaires qui partagent une histoire commune et nombre de leurs priorités.

Rencontre des trois Secrétariats Cevaa-DM-Défap, en juillet 2022 à Sète © Cevaa

Dans les projets qu’il soutient, dans les échanges de personnes qu’il organise, le Défap n’agit pas seul, mais au sein d’un réseau. Plusieurs réseaux même : un réseau associatif, rassemblant des acteurs de la solidarité internationale, chrétiens (c’est le cas de ceux qui se retrouvent dans le collectif Asah, « Association au Service de l’Action Humanitaire ») ou laïcs (comme ceux qui font partie de Coordination Sud, dont est également membre le Défap) ; des acteurs publics (ce sont eux qui fournissent le cadre légal des envois de volontaires à l’international : ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Agence du Service civique) ; des Églises et organismes liés aux Églises. Dans ce dernier cas, le Défap est non seulement en lien avec un réseau ecclésial présent sur plusieurs continents, mais il travaille aussi avec des organismes fédérant diverses Églises pour des activités communes : le Secaar, par exemple, organisme regroupant 19 Églises ou ONG d’Afrique et d’Europe autour de thématiques liées au développement durable et aux droits humains ; ou encore la Cevaa et DM. Des rencontres régulières ont lieu : le Défap participe ainsi aux « COS » (« Conseils d’Orientation et de Suivi », équivalent des Assemblées générales) du Secaar ; il participe aux Coordinations de la Cevaa ; et le Secrétariat du Défap retrouve chaque année ceux de la Cevaa et de DM pour des réunions qui ont pour but, pour les trois organismes, d’échanger des informations et de coordonner leurs actions.

En cette année 2023, cette réunion annuelle, dite « des trois Secrétariats », aura lieu du 3 au 5 mai. Tous les ans, cette rencontre est accueillie par un organisme différent, à tour de rôle : en 2022, elle était accueillie par la Cevaa et avait eu lieu à Sète. En 2023, elle est accueillie par le Défap. Et les délégués participant à ces trois jours de réunions seront reçus par les Diaconesses de Versailles.

Thématiques communes et défis partagés

Entre la Cevaa, DM et le Défap, les liens sont nombreux. Sur le plan historique, tout d’abord : ces trois organismes sont nés à la même période, les années 1960-70, dans un milieu d’Églises protestantes qui s’efforçaient d’inventer de nouvelles collaborations ecclésiales dans un contexte marqué par la fin de la colonisation. DM, organisme missionnaire des Églises de Suisse romande, est né le premier, en 1963 (il célèbre d’ailleurs cette année ses 60 ans) ; la Cevaa et le Défap sont tous deux héritiers de la SMEP, la Société des missions évangéliques de Paris, qui choisit en 1971 de se scinder en une communauté d’Églises et en un organisme lié aux Églises de France pour pouvoir continuer à entretenir des relations sur un pied d’égalité entre Églises nées des travaux de la Mission de Paris. Enfin, les relations institutionnelles étaient présentes dès le début : à l’origine de la Mission de Paris, on trouve divers organismes européens, dont la Mission de Bâle ; et DM est lui-même en partie issu de la Mission de Paris.

Entre ces trois organismes institués pendant la même période et entretenant des relations avec les mêmes pays, on retrouve encore aujourd’hui des domaines d’activité très proches, et des échanges réguliers. Parmi leurs points communs, l’envoi de personnes. Défap, Cevaa et DM-échange et mission ont donc régulièrement des envoyés présents dans leur réseau d’Églises ; certains de ces envoyés peuvent d’ailleurs parfois être volontaires pour l’un, puis pour l’autre organisme (c’est ce qui s’est déjà produit notamment pour des envoyés ayant la double nationalité française et suisse). Des partenariats peuvent aussi s’établir lors de la formation (des envoyés Cevaa ont pu participer à la formation au départ du Défap). Parmi les autres points qui les rapprochent, on trouve aussi des lieux d’engagement commun, comme la CLCF (la Centrale de Littérature Chrétienne Francophone), l’Institut Œcuménique de Théologie Al Mowafaqa (installé au Maroc, il vient de fêter ses dix ans) ou encore la revue Perspectives Missionnaires. Mais aussi des préoccupations communes : nécessaire adaptation aux changements des sociétés qui, partout en Europe, bousculent depuis plusieurs décennies à la fois Églises et organismes missionnaires ; et interrogations sur les finances – sujet sensible pour les trois organismes.




«Réjouissez-vous avec Jérusalem»

Méditation pour Pâques par Pierre Thiam, pasteur à Djibouti, sur Esaïe 66, verset 10a et Marc 16, versets 1 à 14.

Tombe à meule, comme celle qui fermait l’entrée du tombeau de Jésus selon les évangiles © Maxpixel.net

 

Le prophète Esaïe nous invite à éprouver de la joie à cause de la tendresse et de l’attention que le Seigneur accorde à son peuple. Il est merveilleux de savoir que Dieu est en mesure d’accomplir sa promesse dans nos vies. C’est pour cela que toute la Bible est traversée de prophéties et d’accomplissement de prophéties pour nous montrer que Dieu reste un Dieu fidèle. Pour ceux qui croient, la Bible offre de vivre la plus belle expérience de la vie : le salut. Dieu sauve les hommes et l’appel à la joie s’adresse à toutes les nations qui se réjouiront avec Jérusalem, avec le peuple de Dieu. Cet appel a une portée universelle et c’est aussi celle de la résurrection du Christ que nous célébrons chaque année le jour de Pâques, fête de la victoire définitive de la vie sur la mort et le mal : réjouissons-nous.

Mais comment vivre cet appel à la réjouissance ? Nous vivons dans un environnement qui ne nous encourage pas à la joie : une actualité chasse l’autre, une catastrophe en cache une autre et aucun secteur de la vie n’est épargné par de multiples problèmes. Sur notre chemin quotidien, nous nous demandons avec Marie-Madeleine, Marie la mère de Jacques et Salomé : « Qui roulera pour nous la pierre du tombeau » ; autrement dit : « qui nous aidera ? ».

 

 

Roulée par les humains pour boucher définitivement la tombe, la pierre symbolise la fin de l’éternel combat de l’homme contre la volonté de Dieu – combat qui apparaît depuis l’arrestation de Jésus où Dieu laisse l’homme aller jusqu’au bout de ses efforts. En roulant cette pierre sur la tombe, l’homme a atteint enfin ses limites. Creuser la tombe, y placer la dépouille et la fermer, voilà où s’arrête ce que l’homme peut faire, même pour la personne la plus chère.

Dans la question « qui roulera pour nous la pierre ? », les femmes reconnaissent et admettent tous ces obstacles qui se dressent et demandent à être dépassés. L’homme reste impuissant devant tous ces murs qui obstruent l’avenir et se dressent entre lui et Dieu. Pourtant, derrière la question des femmes, apparaît une espérance confuse, que ne partagent plus les disciples enfuis. En levant les yeux elles voient que la pierre, qui était très grande, a été roulée.

 

 

Voilà que, ce qui faisait peur et qui semait le doute dans l’esprit des femmes, ouvre des perspectives heureuses et que vient confirmer l’invitation faite aux femmes par le jeune homme assis à droite et vêtu d’une robe blanche dans le tombeau. Il leur dit : « Ne vous effrayez pas ; vous cherchez Jésus le Nazaréen, le crucifié ; il s’est réveillé, il n’est pas ici ; voici le lieu où on l’avait mis » (verset 6). Celui que les femmes cherchent n’est plus là, il est ressuscité. Il y a là un indice clair que Dieu a ouvert un nouveau chemin, un chemin de vie éternelle, un chemin qui mènera à la joie parfaite. L’injonction « Allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée : c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit » (verset 7), montre le projet de reconstruire la grande famille, une famille où Jésus retrouvera les siens pour leur offrir la paix qui vient de Dieu et qui restaurera, pour toujours, la joie éternelle des humains.

Avec la résurrection, mourir pour renaître à la vie n’est plus un impossible. Sur le chemin de notre vie avec son lot de questions et d’obstacles, Dieu réserve à chacun – comme il l’a fait pour ces femmes sur la route qui mène au tombeau– une expérience spirituelle et personnelle. Elle suscite un mouvement de foi qui aboutit à la joie. La foi en Christ devient source de joie et nous amène à constater que le Christ Sauveur nous invite seulement à la joie de notre propre résurrection. Plus rien ne nous sépare de Dieu, ni dans ce temps, ni dans l’autre. Réjouissons-nous donc en Christ qui nous libère de ce qui nous enchaîne et nous rend esclaves. Joyeuse fête de Pâques.




Couloirs humanitaires : «Je vous écris de Beyrouth…»

Depuis 2017, le programme des « couloirs humanitaires » permet de faire venir en France des réfugiés particulièrement vulnérables depuis le Liban, par des voies légales et en évitant les « routes de la mort » comme celles qui passent par la Méditerranée. Le Défap y participe à travers des envoyés, qui travaillent à Beyrouth pour la Fédération de l’Entraide Protestante (FEP). Félicie, actuellement sur place, évoque la dégradation de la situation au Liban… et les traumatismes ravivés par les derniers séismes qui ont touché la Turquie et la Syrie.

Dans un camp de réfugiés au nord du Liban © Félicie pour Défap

 

Je vous écris de Beyrouth, assise dans la salle d’attente du consulat français. Ce matin, le programme des Couloirs Humanitaires accompagne une famille pour une demande de Visa pour la France.

J’ai essayé un peu de les détendre ce matin, comme je le fais avant chacun de ces passages, qui constituent toujours une grande angoisse pour les familles. En effet, pour eux cet entretien va déterminer le cours d’une vie et plus que cela, le droit à la vie.

Depuis mon arrivée en tant que VSI au Liban, le pays n’a fait que de se dégrader de manière abyssale. Les conditions de vie et de sécurité des personnes refugiées que j’accompagne dans le cadre des Couloirs Humanitaires se dégradent conjointement.

« Nous ressentons les secousses de chacun des séismes »

De face, en bleu, Soledad André ancienne VSI envoyée par le Défap ; à sa droite, avec le pantalon moutarde, Félicie, actuelle envoyée travaillant sur le programme des couloirs humanitaires © Félicie pour Défap

 
Malgré les difficultés de mener une mission dans des conditions si volatiles, je vois un réel bond dans ma professionnalisation. Il faut composer au quotidien avec les différentes situations, économiques, politiques et sécuritaires. Sans cesse renforcer les partenariats, rechercher des solutions. Il faut innover dans la communication et la prise en charge de l’accompagnement légal, psychique et social des familles.

Je suis passionnée par ce que je fais ici et sens que les bénéficiaires, les collègues et les collectifs d’accueil en France ressentent la qualité de travail que je tente de fournir.

Dans cette lettre je souhaite attirer l’attention sur la situation toute particulière que nous vivons actuellement de par les séismes que le Liban ressent depuis le 6 février. Nous ressentons les secousses de chacun des séismes et des répliques de la faille en Turquie. Cela ravive les traumatismes auprès des familles refugiées au Liban, qui ont vécu la peur des bombardements. Il s’agit d’une nouvelle vague de détresse. Les habitations et les tentes ont étés fissurées. Les familles sont inquiètes pour leurs proches en Syrie. Je suis de très près les conséquences du séisme du 06 février, qui engendre une nouvelle vague de déplacements, de nouveaux stratèges géopolitiques et, fort malheureusement, de nouvelles inégalités de prise en charge des populations en fonction de leur nationalité.

À part ces nouvelles du terrain, assez inquiétantes pour les populations de cette région du monde, je suis toujours très heureuse au Liban. Mon fils a appris l’arabe et l’anglais en un an et demi, j’en suis très fière. Nous avons rencontré beaucoup d’amis, et souhaitons continuer encore quelques temps cette aventure libanaise, tant qu’elle sera vivable au moins pour nous chanceux, détenteurs de passeports européens et de salaires en devise stable.

Félicie




Donner de la visibilité au patrimoine protestant

La bibliothèque du Défap est un lieu unique pour ce qui concerne la documentation sur l’histoire des missions protestantes… Mais elle n’est pas que cela. Elle travaille aussi au sein d’un réseau de bibliothèques protestantes présentes à Strasbourg, Paris et dans le Sud de la France : le réseau Valdo. Un réseau qui existe depuis déjà une quinzaine d’années, et dont l’Assemblée générale se tient ce 3 avril au Défap.

L’AG du Réseau Valdo au Défap © Défap

L’assemblée générale du Réseau Valdo (réseau de bibliothèques protestantes et associées) se déroule au Défap ce 3 avril. Quinze ans d’existence déjà.

La vision, sur le fond, n’a pas changé : « promouvoir la conservation et la diffusion du patrimoine écrit, enregistré et iconographique relatif au protestantisme », où qu’il se trouve sur le territoire.

Valdo c’est douze bibliothèques, rattachées à des institutions aux statuts les plus divers, réparties entre Strasbourg, Paris et le Sud de la France. L’année même de sa création, le Réseau est devenu pôle associé de la Bibliothèque nationale de France, laquelle poursuit une politique de coopération scientifique et de « mise en commun des ressources documentaires des bibliothèques françaises ».

Chantiers en cours

Entrée de la bibliothèque du Défap © Défap

Depuis 2008, du chemin a été parcouru. Grâce à un travail technique, les catalogues de toutes les bibliothèques membres sont visibles dans le Catalogue collectif français, outil de recherches bibliographiques et documentaires le plus riche du domaine français. Ce n’est pas rien, pour des structures parfois modestes. Mais c’est aussi un travail qui reste à pérenniser car tout évolue très vite au royaume des bibliothèques ! L’univers informatique, les technologies de l’internet, les outils de valorisation documentaire ouvrent sans cesse de nouvelles perspectives mais posent aussi de nouveaux défis.

Un axe fort des prochains mois pourrait se fixer autour de la refonte du site internet de Valdo avec un double objectif : le mettre au service d’une actualité des collections, valoriser des complémentarités déjà existantes entre nos fonds d’archives. Offrir non seulement une visibilité mais aussi une cohérence à ce patrimoine protestant morcelé entre plusieurs lieux.

L’AG 2023 : l’occasion de revisiter un projet commun pour prendre ensemble un nouvel élan ?




«Convictions et Actions 2021-2025» : point d’étape et perspectives

La rédaction de ce rapport a donné lieu à des débats fournis au sein de l’équipe, tournant notamment autour de la question suivante : valait-il mieux, pour cette année « charnière » dans la période 2021-2025, présenter un rapport d’activité sous forme classique, mettant en avant l’activité par services… ou s’efforcer de le structurer en fonction des trois grands axes définis par le document stratégique « Convictions et Actions », à savoir : développer les liens avec les partenaires ; s’engager pour la justice, le respect de la création et la dignité humaine ; vivre l’interculturalité ? Le choix qui a été fait au bout du compte, c’est de privilégier une présentation classique : car le rapport d’activité a avant tout pour objet de permettre de montrer qui a fait quoi. Mais si le rapport garde une forme classique, la présentation faite en AG a été, pour sa part, organisée en fonction des axes prioritaires de « Convictions et Actions ».

1) Se diriger dans un monde en fragmentation

A) Tracer des lignes pour se repérer dans le monde

Il y a une tradition bien ancrée au sein de la Marine, tant militaire que marchande : celle du « baptême de la ligne » – le passage de l’Équateur. Si elle se réduit aujourd’hui souvent à quelques bizutages, elle a pu avoir par le passé son cérémonial bien établi. Les matelots qui n’avaient jamais changé d’hémisphère étaient convoqués devant Sa Majesté Neptune, rôle joué par un membre d’équipage grimé et déguisé. Afin d’être autorisés à pénétrer dans son royaume, les néophytes devaient lui payer un tribut et passer diverses épreuves. Ils étaient tour à tour enduits de graisse et de farine, harangués, copieusement aspergés d’eau de mer… Une fois lavés et blanchis, les baptisés devenus « chevaliers des mers » recevaient un certificat de passage.

L’Équateur n’existe pas. Et pourtant, cette ligne virtuelle inventée sur le globe terrestre a des traductions on ne peut plus concrètes. Pour ceux qui la passent… mais aussi pour tous les marins du monde, qui doivent se diriger sur des étendues d’océan loin de toute terre visible.

Les premiers navigateurs ont très tôt éprouvé le besoin de tracer des cartes pour mieux se représenter un monde qu’ils découvraient en le parcourant. Ératosthène de Cyrène, né en l’an 276 avant J-C, est considéré comme l’initiateur des premiers travaux géodésiques. Ptolémée, au IIe siècle ap. J-C, imagine de déterminer la position de lieux par des coordonnées, en « longueur » (longitude) et en « largeur » (latitude). Aujourd’hui, la plupart des pays du monde se réfèrent à l’un des 4 systèmes géodésiques les plus connus – comme le système WGS 84, associé au système de positionnement GPS.

B) Se fixer des lignes d’action

Tout comme ces tracés virtuels qui permettent de mieux se diriger, le Défap s’est doté depuis longtemps de lignes directrices pour orienter son action. Elles ne datent pas d’hier. Lors de la naissance du Défap en 1971, le contexte international était encore marqué par la décolonisation. La conviction était forte qu’un « rattrapage » par les pays du « Tiers-monde » était possible. Pour les Églises de France, il ne s’agissait plus d’aller « faire des chrétiens chez les autres » mais de porter ensemble une même mission. De construire des relations d’Église à Église fondées sur la réciprocité et le partenariat. Ce projet communautaire, le Défap s’est vu confier le rôle de lui donner vie.

Aujourd’hui, ces lignes directrices ont été mises à jour par le Défap dans son document « Convictions et Actions – 2021-2025 », qui est à la fois sa feuille de route et sa carte des opérations. Un travail de réactualisation nécessaire dans un monde de plus en plus mouvant. Non seulement le monde d’aujourd’hui n’est plus du tout celui que l’on connaissait dans les années 70, mais ses évolutions s’accélèrent. Avec des risques forts de repli dans des sociétés de plus en plus « bousculées » – risques qui n’épargnent pas les Églises. Les relations interculturelles sont partout présentes dans notre quotidien, sans entraîner nécessairement une meilleure compréhension entre les uns et les autres. Depuis ce document « Convictions et Actions », les grands mouvements du monde ont continué à poser de nouveaux défis à nos sociétés : suites de la pandémie de Covid-19, raidissement Est-Ouest autour de la guerre en Ukraine, avec des rapports de forces mondiaux qui se redéfinissent… Il est de plus en plus vital de savoir où l’on va.

2) Les priorités du programme 2021-2025 du Défap

A) Développer les liens avec les partenaires

 

À travers ses envoyés, ses projets, ses boursiers, le Défap entretient des relations avec près d’une trentaine de pays. Les envoyés « portés » représentent aussi une relation avec le milieu évangélique en France (soit une douzaine de partenaires ecclésiaux). Le Défap s’occupe également de l’envoi de pasteurs. Ce sont des partenariats qui tissent une toile dense, et qui sont entretenus et développés d’année en année. Certains sont noués avec de petites communautés, qui vivent leur foi dans un contexte minoritaire (Maroc, Tunisie, Djibouti…), quand d’autres concernent des Églises regroupant plusieurs millions de membres (Madagascar, République Démocratique du Congo, Cameroun…).

En France métropolitaine, à travers des cultes, des animations, des conférences, le Défap a assuré 36 interventions en 2022 pour sensibiliser à la mission et encourager les services à l’international. Il est également représenté lors des divers synodes de ses Églises fondatrices pour y rappeler l’importance de leur engagement dans la mission.

Le Défap n’agit pas seul, mais au sein d’un réseau, qui permet de démultiplier les effets des actions entreprises ; avec toutefois le risque que les actions du Défap perdent en visibilité auprès des Églises de France. D’où l’utilité de rappeler la place qu’il occupe dans ce réseau. Ainsi, quand la CLCF rend visite à des partenaires au Cameroun et soutient des bibliothèques de facultés de théologie par l’envoi de livres, elle le fait en partie grâce au Défap, qui a contribué à sa création et la soutient financièrement. Les réflexions sur le respect de la création et le projet de « compensation carbone » du Défap ne viennent pas de nulle part, mais du partenariat avec le Secaar, organisation au service du développement holistique, qui regroupe 19 Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe, et dont le Défap est membre fondateur. Dans ses activités à l’international, le Défap coordonne ses actions avec la Cevaa et DM, son homologue pour la Suisse romande : les trois Secrétariats se rencontrent chaque année pour débattre de leurs priorités et de leurs lieux d’engagement commun. Le Défap participe aussi aux Coordinations de la Cevaa.

Perspectives :

  • Développer les rencontres de témoins : envoyés du Défap de retour de mission, congés-recherches pendant leur séjour en France, enseignants ayant participé à des échanges avec des facultés de théologie…
B) S’engager pour la justice, le respect de la création et la dignité humaine

Parmi les trois grands axes de travail que s’est fixé le Défap dans son programme « Convictions et actions – 2021-2025 » figure la sauvegarde de la création : le Défap veut ainsi « s’engager pour la justice, le respect de la création et la dignité humaine ». Des préoccupations souvent intimement liées, et que résume bien le concept de « justice climatique », puisque les atteintes au climat se traduisent bien souvent par la perte de moyens de subsistance, par des destructions d’habitats, par des conditions de vie considérablement plus difficiles pour les habitants des pays les plus pauvres. Si le Défap est engagé depuis longtemps dans des projets en lien avec l’environnement, pour aller jusqu’au bout de la logique de solidarité, il se devait aussi de limiter les effets secondaires de ses propres activités ayant un impact sur le climat. En janvier 2022, le Conseil du Défap a décidé de formaliser ces engagements en se lançant dans une démarche de réduction de son empreinte écologique. Les objectifs affichés en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont ambitieux : -40% d’ici 2030 (par rapport à l’année de référence, à savoir 2021) ; -50% d’ici 2040 et -60% à l’horizon 2050. Les émissions de gaz à effet de serre qui n’auront pu être évitées devront être « compensées ». Cela signifie que le Défap s’engage à soutenir des activités destinées à diminuer la production de gaz à effet de serre, dans une proportion équivalente à ce qu’il produit lui-même, de façon à parvenir à un bilan global égal à zéro : la neutralité carbone. Pour cela, le Défap propose de labelliser annuellement, en lien avec la Cevaa, des projets de « compensation carbone » pour les Églises membres et ses partenaires. Ainsi, pour compenser ses émissions de gaz à effet de serre de l’année 2022, c’est vers le Secaar qu’il s’est tourné. Prévu pour 2023, ce projet vise à promouvoir des foyers améliorés, afin de réduire la déforestation et l’utilisation de butane ; ce qui contribuera aussi à réduire les maladies respiratoires causées par l’inhalation de la fumée.

NB : Vivre la rencontre nécessitera toujours de se déplacer. Tout ne peut se vivre en « distanciel ». Des outils comme Zoom permettent de se concerter pour travailler sur des projets communs, mais s’ils sont utilisés à l’exclusion de toute rencontre physique, ils affaiblissent la relation. Le cœur d’activité du Défap implique donc qu’il continuera à produire des gaz à effet de serre – même de manière réduite ; d’où l’importance de les compenser.

Le Défap apporte aussi son soutien à des projets de transition écologique de ses Églises partenaires en Centrafrique, au Burundi, au Bénin, au Togo, à Djibouti, en Tunisie… Il manifeste sa solidarité avec les partenaires dans les domaines de l’éducation et de la santé par son soutien à Men a l’Espwa, programme de l’Église Protestante Réformée de la Guadeloupe ; par son soutien aux Écoles protestantes d’Haïti ; en aidant à fonctionner les hôpitaux de l’Église presbytérienne camerounaise ; en aidant à la formation d’enseignants à Madagascar… Le Défap apporte sa contribution au renforcement de la place des femmes dans les Églises et dans la société par des bourses pour des étudiantes ou par le soutien à des programmes de formation en République Démocratique du Congo ou au Cameroun ; il aide des femmes à surmonter la stigmatisation économique et sociale par des programmes sociaux et de microcrédits en RDC… Sur les thématiques de la justice et de la dignité humaine, toujours en RDC, le Défap aide à l’Éducation à la paix (avec l’Action Évangélique pour la Paix, créée par l’EEC) ; en Palestine/Israël, l’envoi d’observateurs œcuméniques (programme EAPPI) a repris en 2022 après deux ans d’arrêt : ce programme du COE (Conseil œcuménique des Églises) a pour mission d’accompagner les Palestiniens et les Israéliens dans leurs actions non violentes. Son suivi administratif est assuré en France par le Défap.

Perspectives :

  • Éducation, place des femmes, justice climatique : des réflexions à poursuivre pour accroître la cohérence des actions du Défap. Les effets les plus sévères du changement climatique apparaissent dans les pays du sud, au sein des populations les plus pauvres, les moins éduquées, les plus marginalisées parmi lesquelles les femmes sont sur-représentées.
  • Réduction des émissions de gaz à effet de serre : -40% d’ici 2030, -50% d’ici 2040, -60% d’ici 2050.
  • Démarche de labellisation du Défap sur les questions environnementales.
C) Vivre l’interculturalité

Le Défap envoie (des VSI, des services civiques, des pasteurs) et accueille (des congés-recherches). Il s’est aussi lancé dans le volontariat de réciprocité et a accueilli début 2023 ses premiers services civiques, issus d’Églises partenaires à l’étranger.

Le Défap entretient des liens depuis des années avec de nombreuses facultés de théologie d’Églises partenaires. Exemples 2022 : Maroc : soutien financier à l’Institut Al-Mowafaqa et financement de bourses. Madagascar : soutien à la SALT, la faculté de théologie de la FLM, l’Église luthérienne malgache.

Le Défap a soutenu en 2022 des envois et accueils courts d’enseignants en théologie : ceux d’Olivier Abel, Jean-Patrick Nkolo-Fanga et Sébastien Kalombo. Il a soutenu les travaux d’une vingtaine de boursiers : 9 doctorants venus du Cameroun, de Côte d’Ivoire, de République du Congo (Brazzaville), de République Démocratique du Congo (Kinshasa), de Madagascar, de Nouvelle-Calédonie, de Tahiti ; 11 post-doctorants, 5 venant du Cameroun, 3 de République Démocratique du Congo, 2 de République du Congo, 1 de Côte d’Ivoire.

L’EPUDF, l’UEPAL, l’EPUB (Église Protestante de Belgique) ont fait appel au Défap pour co-construire une formation pour les pasteurs étrangers arrivant en France et en Belgique. Deux sessions ont eu lieu les 10-12 octobre 2022 et 23-25 janvier 2023. Elles concernaient 16 pasteurs étrangers entrant dans le corps pastoral en Europe. L’étape prochaine serait de faire une formation pour les conseillers presbytéraux dans les paroisses qui accueillent des pasteurs venant de l’étranger. C’est dans cette même logique que le Défap est investi depuis longtemps dans l’accompagnement des formations CPLR. Après « Go to Togo », stage interculturel organisé en 2019 dans la ville togolaise de Kpalimé, le mois de juin 2022 a vu la deuxième partie de cet échange à Paris.

Le Défap, en partenariat avec l’EPUDF, a accueilli en janvier et février 2023 “Deviens un héros”, exposition interactive créée par les EUL (UEPAL) dans le but de sensibiliser les jeunes aux questions de racisme et de discrimination. Pour la première fois en janvier 2023, le Défap a participé aux « Nuits de la lecture » dont la thématique, centrée cette année sur « la peur », a été adaptée lors d’une soirée de lecture de textes issus de la bibliothèque et tournant autour de « la peur de l’autre ». Et en cette année 2023, le Défap accueille ses premiers volontaires, en service civique, issus d’Églises partenaires à l’étranger. Pour des missions au sein de l’association diaconale protestante Marhaban (entraide) à Marseille, et chez les Diaconesses de Strasbourg, pour de l’accompagnement de personnes âgées.

Perspectives :

  • Développer l’offre interculturelle à destination des paroisses (après les sessions d’accueil des pasteurs venus d’ailleurs, sessions de formation pour les conseillers presbytéraux)
  • Développer les échanges de réciprocité (les premiers services civiques de réciprocité du Défap sont accueillis en France cette année ; le dispositif s’est récemment élargi aux VSI)
  • Revisiter le projet Mosaïc en lien avec la FPF et autres partenaires

En guise de conclusion

Mission intérieure, mission extérieure: ici ou là-bas, c’est toujours la même mission. Cette volonté de porter la mission « du bout du banc au bout du monde » est depuis l’origine une caractéristique forte du Défap. Une vision d’autant plus pertinente aujourd’hui, alors que les Églises au Nord comme au Sud sont de plus en plus marquées par les relations interculturelles. Les Églises en croissance sont souvent des Églises transfrontalières, qui savent tirer parti des relations qu’elles entretiennent dans divers contextes, voire dans divers pays. Opposer mission au près et mission au loin, c’est risquer de succomber aux tentations de repli. Comme le rappelle le document « Convictions et Actions » : « Nous croyons que la diversité des cultures est une richesse de la création de Dieu. » Et « le Défap a pour cœur de métier de mettre en relation ».
 




AG du Défap : le message du secrétaire général

Dans son intervention prononcée au matin de l’Assemblée Générale 2023 du Défap, le secrétaire général Basile Zouma est revenu sur les axes stratégiques du programme « Convictions et actions » ; des axes qui ont permis, selon lui, de « renforcer les identifiants du Défap » : « Rencontres, relations et réflexions ».

Discours du secrétaire général du Défap © Défap

« Que vos choix soient le reflet de vos espoirs et non de vos peurs. » Ce sont avec ces mots de Nelson Mandela (1918-2013) donnant ainsi le ton et la coloration de la politique qu’il entend mener, que je souhaite introduire ce rapport d’activité. Il s’agit d’envisager l’avenir, c’est-à-dire lui donner littéralement un visage qui ne soit pas une simple réplique des incertitudes que porte notre présent. Après trois Assemblées générales (2020-2022) derrière les écrans de nos ordinateurs, contraints à la distance par la crise, l’espérance, qui ne nous a pas quittés dans la traversée de la crise, nous permet aujourd’hui de nous retrouver et d’être reconnaissants de cette possibilité.

Ce rapport fait le récit d’un parcours, d’un passé dont la mémoire devrait nous aider à construire de façon informée et sereine la suite de notre histoire.

Un lieu de rencontre et de concertation

Pour construire ce futur, il est nécessaire de s’inspirer de l’esprit qui animait nos aînés au moment de la naissance du Défap : créer un outil de rapprochement entre les Églises, un lieu de solidarité, de fraternité et de concertation en vue d’agir ensemble. Le synode de l’Église réformée en 1993 au Havre notait dans sa Résolution sur l’évaluation du Défap que celui-ci doit, entre autres « …être le lieu de concertation entre les Églises membres et leurs partenaires… ». Nous avons aujourd’hui la responsabilité de retrouver l’inspiration de cet héritage pour continuer.

Une nécessaire transmission

Ce rapport est la synthèse des activités du Défap pour l’année 2022, un ensemble de données et d’informations relatives aux différentes actions menées. Elles sont compilées pour une large diffusion afin d’informer au mieux nos Églises. Chaque délégué, en recevant ce document, accepte la responsabilité de le faire connaître, de répondre aux questions qui se posent et d’aider à cheminer ensemble dans l’action, vers un monde de partage évangélique.

D’une étape à une autre

De la Société des missions évangéliques de Paris jusqu’à nos jours, nous avons connu des étapes incluant des transformations, des évaluations, des évolutions avec des périodes de transition plus ou moins longues. Nous nous situons dans un de ces temps, portés par un mandat des Églises membres reçu en mai 2020 indiquant que « pendant (les) 5 ans à venir, (les) Églises s’engagent à soutenir le fonctionnement du Défap en l’état dans le cadre des conventions en vigueur et dans la mesure de leurs capacités financières, tout (lui) en demandant de soumettre un plan d’action et de travail pour la période 2021-25. »

L’opportunité de ce temps étant de laisser aux Églises l’espace d’une concertation, en vue d’aboutir à des décisions substantielles communes d’ici l’Assemblée du Défap au printemps 2025. Dans ce même mandat, les Églises se sont proposé de relancer la réflexion avec le Défap dès cette année 2023 – peut-être que madame la présidente Emmanuelle Seyboldt nous en dira un mot tout à l’heure.

Ce temps de transition est pour le Défap une sorte d’Avent, un temps de patience qui ne se résume pas simplement à attendre mais à agir en attendant. « Convictions et actions » qui est la réponse du Défap à la demande des Églises, nous permet cette action dans l’attente. Ce programme a permis de redire nos convictions, et d’ajouter une nouvelle à celles qui existaient déjà ; « Nous croyons que la diversité des cultures est une richesse de la création de Dieu. Par conséquent, la mission est toujours contextuelle en s’incarnant dans une théologie singulière. Nous sommes non seulement acteurs mais aussi bénéficiaires de cette mission. »

Il s’est construit autour de trois axes stratégiques qui seront le fil conducteur de la présentation des SE tout à l’heure :
– Développer les liens avec les partenaires
– S’engager pour la justice, le respect de la création et de la dignité humaine
– Vivre l’interculturalité

Ces axes ont permis, dans leur déploiement, de renforcer les identifiants de l’action du Défap, construite autour de trois leviers : rencontre, relation et réflexion…

Dans des sociétés qui se nourrissent de politiques clientélistes, de replis sur soi, l’outil Défap aux mains des Églises permet d’articuler « l’ici » et le « là-bas » en dépassant les frontières, ouvrant chaque membre à la dimension universelle de son engagement chrétien. Il ne cesse de le dire, de le vivre et de le rappeler : il est une tente de la rencontre qui ouvre non seulement à des relations, des échanges, des enrichissements mutuels mais aussi au partage d’expériences, des joies et fardeaux avec des frères et sœurs d’ici et d’ailleurs. Sa participation n’est qu’une goutte d’eau mais, dans l’océan des rencontres, chaque goutte est importante. Cette thématique de la « rencontre » se nourrit des textes bibliques où c’est Dieu lui-même qui vient au-devant des humains. Nous disons ; « heureux qui rencontre » car Dieu a croisé le chemin de son peuple dans la « Tente de la rencontre » (Exode 33, 7) ouvrant ainsi l’opportunité d’une rencontre croisée entre les peuples. Rencontrer l’autre dans l’expérience d’Abraham, c’est rencontrer Dieu lui-même. Cette rencontre permet d’entrer en relation en créant ensemble l’espace d’une réflexion commune en vue d’une action évangélique concertée.

Une reconnaissance aux permanents du Défap

Pour mettre en œuvre un programme, il faut bien l’engagement d’une équipe d’hommes et de femmes qui n’ont pas toujours compté leurs heures. Cette équipe a vu des départs et des arrivées. Et je saisis l’occasion pour remercier Laura Casorio qui après 8 années au Défap, a rejoint la Fondation pour l’aide au protestantisme réformé (FAP) ; fondation avec qui le Défap a et garde un partenariat de longue durée. La pasteure Pascale Renaud-Grosbras, après une année passée au Défap, assure depuis juillet 2022 un intérim pastoral pour la Région parisienne EPUdF. La pasteure Tünde Lamboley, après 5 années au Défap assure aujourd’hui un ministère pastoral dans le Canton de Fribourg en Suisse.

Nous avons eu la joie d’accueillir trois entrantes ; Valérie Iguernsaid (assistante administrative pour l’échange théologique), Maëlle Karen Nkot (Chargée de projet) et Anne-Sophie Macor (SE responsable du volontariat).

La rédaction du rapport d’activité a été un exercice extrêmement délicat du fait des départs en cours d’année. Avec ces absents qui ne sont plus là pour assurer leur part, la question de savoir si « on va y arriver » s’est posée. Cette citation anonyme pleine d’humour résume l’enjeu : « Si vous pensez que vous pouvez, vous pouvez. Si vous pensez que vous ne pouvez pas, vous avez raison ».

L’équipe a dit « nous pouvons » et a su ainsi réagir pour rendre disponible le document que vous pouvez aujourd’hui consulter.

Un bilan à mi-parcours

Nous voulons ici – en entrant dans la troisième année de la mise en œuvre de notre programme de travail « Convictions et actions » – faire un premier bilan qui consiste non seulement à compter et raconter ce qui a été fait mais aussi faire un point de situation sur la concertation des Églises membres quant au projet à formuler pour l’AG 2025 et qui concerne les suites à donner au projet associatif. L’Assemblée générale est toujours l’opportunité pour les délégués, et à travers eux, les instances mandataires, d’informer de ce qui est en cours et qui participerait au choix des orientations ecclésiales à donner à la structure et à son action.

Un récit d’attente

Ce bilan est un récit d’attente d’une parole concertée des Églises, attendue non pas comme celle du Messie mais la contenant tout de même en germe. Attente d’une parole d’accompagnement qui porte l’action du Défap comme la continuation de la Bonne Nouvelle dont les Églises sont porteuses.

Une présence au monde

Ce bilan retrace notre présence au monde, notre disponibilité à l’autre et notre attention à sa situation. Elle se concrétise en France comme à l’étranger ; les deux belles cartes au cœur du Rapport d’activité nous en donnent un visuel intéressant. Cette présence est une façon de décliner l’Évangile dans des catégories compréhensibles pour celles et ceux qui souffrent de la faim, de la maladie, de la pauvreté… Ceux luttent pour conserver leur terre et maintenir sa capacité productive. Nos en apprenons quelque chose en parcourant l’évangile selon Matthieu (25, 35-36) « Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez recueilli ; nu, et vous m’avez vêtu ; malade, et vous m’avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi. »

Une riche collaboration

Cette présence au monde ne se fait pas seul mais à travers une riche collaboration dans un réseau associatif extrêmement diversifié et avec les instances gouvernementales qui lui renouvellent leur confiance dans les agréments accordés. La collaboration particulière avec la Cevaa est à noter et je tiens ici à remercier la nouvelle Secrétaire générale pour le maintien d’une dynamique positive entre nos deux institutions. Avec DM nous travaillons dans une mutualisation de nos actions en vue d’une présence plus efficace auprès de nos partenaires…

Conclusion

J’ai cité au début de mon rapport un texte tiré de l’évaluation de l’ERF au Havre et c’est avec une autre tirée de l’évaluation de l’ECAAL qui porte la même idée que je veux conclure : « Le Défap reste pour nous un outil auquel nous renouvelons notre confiance, et que nous continuerons à soutenir de manière constante. Il est d’autant plus précieux à nos yeux que c’est l’un des lieux de rencontre et de collaboration avec nos sœurs et nos frères de l’Église réformée de France, de l’Église évangélique luthérienne de France, de l’Église réformée évangélique indépendante et de notre voisine, l’Église réformée d’Alsace et de Lorraine. »

Je trouve ce texte conclusif tellement fort qu’il me fait penser aux propos d’un grand industriel américain Henry Ford : « Se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est la réussite« .

À nous de définir ensemble le contenu de ce travail à faire pour le compte de l’Évangile.

Basile Zouma,
Secrétaire Général du Défap




AG du Défap : le message du président

Dans son discours prononcé à l’ouverture de l’Assemblée Générale 2023 du Défap, qu’il a intitulé cette année « Les Églises entre replis et ouvertures – Pour un paradigme missionnaire renouvelé », le Président du Défap, Joël Dautheville, est revenu sur les réflexions initiées par le Défap ces dernières années autour des défis qui se posent aux Églises, et de ce que le Défap peut leur apporter.

Discours du président du Défap © Défap

Les Églises entre replis et ouvertures
Pour un paradigme missionnaire renouvelé

Accueil

Je suis heureux de vous accueillir à la Maison de la Mission. C’est la première fois depuis 4 ans que notre AG se tient en présentiel et la première fois que Basile ZOUMA y assiste en tant que Secrétaire général. Nous pensons à celles et ceux qui avaient pensé venir mais qui en ont été empêchés, entre autres par les grèves de transport. Bienvenue à vous toutes et tous.

Notre Secrétaire général, à la demande du Conseil du Défap lors de son embauche, a fait une formation pour l’aider dans sa mission. A ce sujet, je suis heureux de vous informer qu’il a pleinement réussi son master 2 en management des associations. Le Conseil de janvier dernier a été très intéressé de l’entendre développer son sujet de mémoire intitulé : Quels enjeux nationaux d’une association confessionnelle de solidarité internationale ?. N’hésitez pas à l’inviter !

J’ai intitulé ce message « Les Églises entre replis et ouvertures – Pour un paradigme missionnaire renouvelé ».

Ce titre m’est venu en relisant les réflexions initiées par le Défap ou en lien avec lui ces dernières années. Je cite entre autres : le forum de Perspectives Missionnaires en novembre 2018 sur Églises et replis identitaires, le travail sur la refondation du Défap à partir de 2018 par des équipes nommées à cet effet, le colloque du Défap en octobre 2019 avec le thème Vers une nouvelle économie de la mission – Paroles aux Églises, l’exposition remarquable du cinquantenaire, la Lettre du Défap, les jeudis de la mission organisés par le Défap en visioconférence, la thématique Convictions et Actions 2021-2025 qui sera l’objet d’un débat cet après-midi. Je rappelle que tout est téléchargeable sur defap.fr. Tous ces exemples et il y en a bien d’autres sont autant d’événements qui sont des marqueurs de la volonté du Défap d’aider ses membres à être Églises témoins de l’évangile aujourd’hui.
 

Deux intervenants lors du forum de Perspectives Missionnaires en novembre 2018 : Jean-François Zorn (à gauche) et Jean-Paul Willaime (à droite) © Défap

Dans ce message, nécessairement bref, je ciblerai mon propos autour de deux situations qui impactent le Défap et ses Églises membres :

1- La crise écologique

Comme l’a dit Martin Kopp, président de la commission Écologie – Justice climatique de la FPF, notamment lors du synode de l’Epudf à Sète en 2021, il est admis que les émissions de gaz à effet de serre se font surtout au Nord, et les répercussions se font majoritairement au Sud. Conscient de ce problème et en lien avec ses partenaires, le Défap a décidé de s’engager à diminuer sinon à compenser ses dépenses de carbone. Des calculs ont été réalisés et la Commission des Projets a décidé, au titre de la compensation de carbone de soutenir un projet d’amélioration des foyers pour la cuisine au Togo. Par ailleurs, pour réduire notre empreinte carbone des devis sont en cours au niveau du chauffage des bâtiments du Défap.

2- La mondialisation

La façon dont la mondialisation des biens et des services est conduite modifie en profondeur la vie de chacun mais aussi la politique des États, et la culture d’une façon générale.

Le professeur Jean-Paul Willaime, lors du forum de Perspectives Missionnaires, a évoqué le nom d’Arjun Appadurai, un célèbre socio-anthropologue indien qui a travaillé longtemps aux USA pour lequel, je cite « aucun État moderne ne contrôle son économie nationale » (1). Il ajoute : « la perte de souveraineté économique engendre partout une posture consistant à brandir l’idée de souveraineté culturelle. La culture devient ainsi le siège même de la souveraineté nationale, une telle évolution adoptant des formes très diverses ». Pour le professeur Willaime la mondialisation économique pourrait donc entraîner des replis identitaires et culturels dont certains ont des dimensions religieuses.

Je me permets de citer cet article, car devant l’impuissance politique sur le plan économique, la recherche de souveraineté concerne la culture et par conséquent les religions et parmi elles le christianisme, y compris le protestantisme français.
 


Simon Assogba, de l’Église Protestante Méthodiste de France-John Wesley (EPMF-JW), Église issue de l’Église Protestante Méthodiste du Bénin et implantée en France, présentant le Bénin et l’Église méthodiste béninoise de Paris à de jeunes visiteurs du Défap © Défap

En créant la Cevaa et le Défap en 1971, les Églises membres ont affirmé que la mission est désormais de partout vers partout. Elles ont décidé que leur souveraineté s’exercerait dans un esprit d’écoute mutuelle et de partage avec les autres Églises et les partenaires. Elles ont décidé qu’elles avaient besoin les unes des autres pour approfondir le contenu de l’évangile, pour mieux rendre compte de sa richesse et de sa pertinence, aujourd’hui, dans ce monde. Pour mettre en forme cette nouvelle vision de la mission, les Églises de France ont demandé au Défap de développer les échanges de personnes, ce qui se fait notamment par le Volontariat – et le Défap a les agréments de l’État pour ce faire – avec les Volontaires du Service Civique International (et maintenant de réciprocité) et les Volontaires de la Solidarité Internationale, avec les échanges théologiques grâce à l’accueil des boursiers, les échanges de professeurs de théologie, les échanges de pasteurs, etc… En lien avec les partenaires, par le Défap, les Églises soutiennent des projets liés à l’éducation, à la santé, au développement agricole durable etc.

Or cette vision de la mission doit prendre en compte quelques réalités parmi lesquelles le pluralisme religieux, la sécularisation croissante avec comme corollaire la diminution des membres et des ressources des Églises, la présence de pasteurs et de membres d’Église venant de l’étranger. Être en mission aujourd’hui, proclamer la Bonne nouvelle de Jésus-Christ dans un contexte très laïc et de pluralisme religieux est une équation difficile à résoudre pour les Églises. Bernard Coyault dans sa conférence donnée à l’AG de la Fédération Protestante de France de janvier 2023 sur le thème « La théologie au défi de l’espace public » a forgé un concept très intéressant. Il a parlé de la nécessité qu’existe, je cite, une théologie d’utilité publique. Une façon pour les Églises d’être à la fois le plus fidèles à leur mission tout en respectant la pluralité des opinions religieuses ou agnostiques. À réfléchir !
 

 
Pour ne rien vous cacher, le Défap apparaît nettement comme l’un des lieux où se forge une telle théologie au service des Églises ! Une théologie qui construit des ponts entre les personnes, les Églises et les partenaires, une théologie qui prône la réconciliation en Jésus-Christ, une théologie qui se souvient de la réalité biblique du croyant comme étranger et voyageur sur la terre, une théologie partagée avec ce que vivent les Églises et associations partenaires.

Lors des premiers travaux sur la refondation du Défap en 2018, Jean-Luc Blanc a mis l’accent sur une situation relativement nouvelle pour cette institution en parlant des relations triangulaires. En effet le Défap est en lien avec les Églises d’Afrique, les Églises en France et les communautés satellites d’Églises d’Afrique en France. Pour le Défap et les Églises membres, cette nouvelle situation est une occasion en or pour renouveler et réaffirmer le paradigme missionnaire de la mission de partout vers partout. Elle est une occasion unique pour permettre aux Églises d’évoluer ensemble et de travailler sur les ponts à mettre en œuvre entre elles par-delà les fractures économiques et historiques, par-delà les distances géographiques et culturelles. Elle est une occasion remarquable pour tisser sans cesse des liens de réconciliation et favoriser le vivre-ensemble en travaillant notamment sur l’interculturalité. Avec la Cimade, la CEAF – Communauté des Églises d’Expression africaine –l’ACO – Action Chrétienne en Orient –, la Ceeefe – Communauté des Églises protestantes francophones –, la Cevaa et la Fédération Protestante de France présents au Conseil, grâce aux nombreux liens tissés depuis des années avec ses partenaires, le Défap est un service d’Église bien outillé pour stimuler les Églises membres dans leur mission aujourd’hui et rendre plus concrète leur vocation d’Église universelle.

Dans l’optique de la refondation du Défap – les Églises membres nous informeront du processus en cours – je crois utile qu’un forum du Défap ait lieu en automne 2024 avec les partenaires d’ici et de là-bas pour échanger et faire de nouvelles propositions d’actions dans ce monde qui évolue constamment.

Avec un paradigme missionnaire renouvelé, la refondation du Défap doit pouvoir stimuler les Églises dans leur action et dans leur vocation à l’universel tout en se rappelant que la mission n’est pas la nôtre, mais qu’elle fait partie de la plus grande Mission de Dieu (Missio Dei) qui a commencé avec la mission (l’envoi) de Jésus-Christ et qui continue jusqu’à ce jour (2).

Merci de votre écoute.

Joël Dautheville, président du Défap
25 mars 2023

(1) Perspectives Missionnaires 2019 n° 77, p. 5
(2) Citation faite à partir de l’extrait d’une intervention de Kaï Funkschmidt présentée au colloque ‘La mission protestante aujourd’hui au Département Français d’Action Apostolique/DEFAP, Paris 24-26 mai 2002) sur la Conversion. On ne prend au sérieux la liberté de Dieu que si l’on accepte que son pouvoir se manifeste par différentes formes de « conversion », dont seulement quelques unes mèneront au baptême. Seule une missiologie qui reconnaît ce fait fondamental, accepte vraiment que la mission n’est pas la nôtre, et qu’elle fait partie de la plus grande Mission de Dieu (Missio Dei), qui a commencé avec la mission (l’envoi) de Jésus Christ et qui continue jusqu’à ce jour. L’Église participe à cette Missio Dei mais ne la contrôle pas.




Hope360 : vous aussi, courez pour Djibouti !

Tous les jeunes du centre de formation de l’EPED, l’Église protestante évangélique de ​Djibouti, se sont mobilisés pour engranger des kilomètres afin de soutenir leur projet de formation à l’énergie solaire, présenté par le Défap à l’édition 2023 de Hope360. Vous aussi, venez nous soutenir : en participant à la course connectée, vous pouvez accumuler des kilomètres là où vous êtes !

L’équipe du centre de formation de l’EPED lors de sa marche à travers la ville de Djibouti © Défap

 

Soutenez le projet du Défap !

 
Emmenés par Pierre Thiam, ils se sont mis en marche. Une sortie sur le boulevard de la République, puis une randonnée en groupe à travers les rues de la ville de Djibouti ; sous un ciel presque sans nuages, en cette fin d’hiver déjà chaude, mais loin encore des températures de juillet, qui dépassent facilement les 40°C sur le pourtour du Golfe de Tadjoura… À travers ces marcheurs, c’était tout le centre de formation de l’EPED, l’Église protestante évangélique de Djibouti, qui se mobilisait pour engranger des kilomètres à l’occasion de la « course connectée » de Hope360.

Pierre Thiam, envoyé du Défap, dirige le centre de formation de l’EPED. Un centre qui a développé depuis des années une série de projets de formation et d’insertion bénéficiant d’une vraie reconnaissance de la part des autorités djiboutiennes. Entre 2010 et 2017, le projet de rénovation des bâtiments de l’Église, sous forme d’un chantier école, a permis de former des jeunes Djiboutiens aux métiers de la maçonnerie, de l’électricité, de la plomberie… Entre 2015 et 2017, ce sont des jeunes en situation de handicap moteur qui ont été accueillis dans le cadre d’un projet éducatif cofinancé par l’Union Européenne, pour une formation professionnelle au métier d’assistant gestionnaire de réseau informatique et aux notions d’entreprenariat. Actuellement, le centre forme des jeunes aux métiers liés à l’installation et à la maintenance de panneaux solaires.

Élèves du centre de formation de l’EPED © EPED

Une activité qui se trouve au cœur de deux des grands enjeux de Djibouti : l’accès à l’énergie et à l’emploi. Djibouti a beau être l’un des plus petits pays d’Afrique – 23 200 kilomètres carrés – sa position géographique stratégique, à l’entrée méridionale de la mer Rouge et à proximité de certaines des voies maritimes les plus fréquentées du monde, en fait un pont entre l’Afrique et le Moyen‑Orient. Son économie repose sur un complexe portuaire qui figure parmi les plus modernes du monde, et qui se développe. Mais Djibouti peine à se fournir en électricité et reste très dépendant des importations de combustibles fossiles, dont les prix explosent.

Dans son programme de développement à long terme, « Vision 2035 », le pays prévoit de parvenir à l’autonomie énergétique en visant un objectif de 100% de sources d’énergies renouvelables – notamment solaire. Encore faut-il former des techniciennes et techniciens, qui pour l’heure manquent cruellement, pour installer et entretenir les installations photovoltaïques. Autre enjeu crucial, le chômage : il atteint presque les 50%. Il est encore plus important chez les plus jeunes : 70% des chômeurs ont moins de 30 ans. C’est sur ces deux points qu’intervient le centre de formation de l’EPED, en transmettant à des jeunes Djiboutiens des compétences qui aideront à la transition énergétique du pays et leur permettront de s’insérer sur le marché du travail. Un projet qui présente donc un double intérêt, social et écologique, et qui est précisément celui que le Défap a décidé de promouvoir cette année lors de l’édition 2023 de Hope360.

Élèves du centre de formation de l’EPED © EPED

Hope360, c’est un rendez-vous tout à la fois sportif et solidaire organisé par Asah (Association au Service de l’Action Humanitaire), le collectif des ONG chrétiennes de solidarité. Plus de 25 organisations œuvrant dans les domaines de l’urgence, du développement, de l’écologie, du plaidoyer… Le Défap en fait partie, aux côtés d’organisations comme ADRA (Agence de Développement et de Secours Adventiste), Medair (Aide d’urgence et reconstruction), Mercy Ships (qui affrète, depuis 1978, des navires-hôpitaux à destination des pays les plus pauvres d’Afrique pour y offrir des soins gratuits), le SEL ou Portes Ouvertes… À travers Hope360, événement organisé tous les deux ans, Asah vise à promouvoir des projets de ses membres : lutter contre la lèpre, construire une école en Tanzanie, sécuriser l’approvisionnement en eau d’un orphelinat à Madagascar, aider à des formations professionnelles aux Philippines… Le projet du Défap est ici. En récoltant 900 euros, il est possible de financer la formation d’un.e élève.

Hope360 associe une « course connectée » et un rendez-vous sportif le 15 avril en région parisienne. Pour devenir « hopeur » et prendre part à la « course connectée », il suffit de s’inscrire sur le site, de choisir le projet que l’on veut soutenir et l’objectif que l’on se fixe en termes de distance à atteindre… puis d’engranger le maximum de kilomètres (à pied, à vélo ou par tout moyen de transport non motorisé) pour le promouvoir. L’important n’est pas la performance : c’est surtout de faire connaître l’événement et le projet que l’on soutient autour de soi pour susciter les bonnes volontés. Voilà comment, depuis Djibouti, Pierre Thiam et l’équipe du centre de formation de l’EPED ont pu participer. À Paris, l’équipe du Défap a fait de même, en organisant avec les étudiants de l’Institut Protestant de Théologie une marche depuis le XIVème arrondissement jusqu’à l’ambassade de Djibouti, dans le XVIème. Comme le souligne Amélie Roumeas, coordinatrice de la course, chaque « hopeur », en « participant à faire connaître un projet, aidera à lever des fonds ». Et aidera aussi à mieux faire connaître toutes les actions des acteurs chrétiens de l’humanitaire… Un objectif commun est d’ailleurs fixé pour tous les participants de cette « course connectée » : parcourir une distance cumulée de 384 000 km – soit la distance Terre-Lune !

L’équipe du Défap au départ du 102 boulevard Arago, à Paris

Et le 15 avril, pour celles et ceux qui seront en région parisienne, rendez-vous aux Mureaux – plus précisément à l’île de loisirs du Val-de-Seine, pour participer ensemble à toute une série d’épreuves sportives et ludiques. Au menu : marche nordique, course à pied, biathlon, courses à vélo ou en caisse à savon… Il y en aura pour tous les goûts. Avec également sur place un village des associations pour rencontrer toutes les ONG partenaires, des animations, de quoi se restaurer…

Venez vous joindre à l’équipe du Défap et à celle de Pierre Thiam pour soutenir notre projet ! Vous pouvez nous aider à accumuler des kilomètres depuis chez vous en vous inscrivant à la « course connectée ». Et si vous êtes en région parisienne le 15 avril, on vous attend sur le stand du Défap à l’île de loisirs du Val-de-Seine !

 

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«Convictions et actions» : une AG pour faire le point

Le programme de travail actuel du Défap couvre la période 2021-2025. L’Assemblée générale 2023, qui a lieu cette année le samedi 25 mars, sera l’occasion de faire un point à mi-parcours. Elle donnera aussi la parole à des témoins de la mission, envoyé à Madagascar ou boursière en congé recherche en France. Elle sera enfin l’occasion de se joindre à DM, l’homologue suisse du Défap, dans les célébrations de ses 60 ans.

Vue de l’AG 2023 du Défap © Défap

 

Le Défap est un lieu carrefour, où se croisent des voyageurs et des sédentaires, des cultures d’Église et des expressions de foi, des manières différentes d’envisager les grands problèmes du monde, des parcours de vie et des idées. Autant de rencontres et d’échanges qui s’entament et se poursuivent aussi bien à Paris qu’à l’autre bout du monde. Depuis plus de 50 ans, le Défap se veut ce ferment de dialogue grâce auquel les Églises peuvent mieux s’adapter aux changements du monde. C’est un véritable écosystème au sein duquel travaille le Défap, avec sa complexité et ses évolutions, et en prise directe avec les grandes problématiques dont traitent les Églises. Les défis y sont abordés de la manière la plus concrète, souvent bien avant qu’ils ne deviennent objets de réflexions au sein des Églises. C’est ainsi que le Défap est engagé depuis longtemps dans des projets liés à l’éducation, à la santé, mais avec aussi en filigrane toutes les questions de paix, d’identité, d’accueil, de respect des cultures, de justice sociale, de développement, de relations entre religieux et politique… qui tantôt rapprochent, tantôt divisent les Églises. C’est aussi le cas des questions de sauvegarde de la création…

Ces thématiques recouvrent des priorités qui évoluent à vitesse croissante. La rencontre et les relations entre cultures et entre communautés : le choc de la période de crise sanitaire due au Covid-19, en grippant d’un seul coup tous les échanges internationaux dans un monde où ils semblaient aller de soi, a montré à quel point les sociétés sont fragiles, menacées par des forces centrifuges ; à quel point la relation aux autres implique des efforts quotidiens. Le changement climatique : il a suffi d’un été caniculaire et marqué par les incendies, suivi d’un hiver inédit de sécheresse, pour que ce qui semblait un défi lointain vu de France apparaisse désormais comme une menace terriblement présente.

Le document « Convictions et actions – 2021-2025«  dont s’est doté le Défap reflète la manière dont ces défis sont intégrés dans le programme de travail et les activités du Service protestant de mission. Il s’ouvre sur une réaffirmation de ses convictions missionnaires puis décrit sa stratégie sur quatre ans, structurée par trois grandes priorités :

  • 1) développer les liens avec les partenaires ;
  • 2) s’engager pour la justice, le respect de la création et la dignité humaine ;
  • 3) vivre l’interculturalité.

Au-delà de la présentation du rapport d’activité et des débats sur les finances, « il est proposé aujourd’hui de permettre à l’AG de faire un point d’étape sur ce processus », souligne le président du Défap, Joël Dautheville, dans son courrier aux délégués et invités à l’Assemblée générale.

Des témoins invités à l’AG

Par ailleurs, pour mieux prendre conscience que la mission du Défap s’inscrit dans un tissu serré de liens, de partenariats et mobilise très au-delà des membres de son équipe, des invités directement impliqués dans cette mission auront l’occasion de dire, chacun à leur manière, ce qui se vit à travers le Défap. « Quelques témoins seront avec nous, notamment Jean-Claude Boudeaux, envoyé régulier à Madagascar et Flore Badila Loupe, boursière du Défap, effectuant un interim comme doyenne de la Faculté Protestante de Théologie de Brazzaville », souligne la lettre de Joël Dautheville.

Jean-Claude Boudeaux intervient à Madagascar. Dans ce pays, le Défap est en lien avec deux Églises, la FJKM et la FLM, pour des activités tournant essentiellement autour de l’enseignement. La FJKM (Fiangonan’i Jesoa Kristy eto Madagasikara, en français Église de Jésus-Christ à Madagascar) est la plus grande Église protestante du pays. Elle revendique 3 500 000 membres, répartis dans 5800 paroisses desservies par plus de 1200 pasteurs. Quant à l’Église luthérienne malgache (en malgache : Fiangonana Loterana Malagasy, FLM), elle revendique 3 millions de membres répartis dans 5000 paroisses, desservies par 1200 pasteurs. Les initiatives au sein des Églises protestantes malgaches, qui gèrent leur propre réseau d’écoles et ont leur propre département de l’éducation, sont nombreuses en matière d’éducation. Les besoins de formation des enseignants le sont tout autant. Madagascar est le pays qui accueille le plus grand nombre d’envoyés du Défap : ce qui représentait en 2022 cinq VSI (dont trois partis en famille) et 2 services civiques. Outre leur rôle dans l’enseignement, le Défap soutient les efforts de formation continue des enseignants liés à la FJKM et à la FLM : notamment celle mise en place par Jean-Claude Boudeaux en faveur d’enseignants et directeurs / trices d’établissements scolaire, qui vise en outre à accompagner des formateurs locaux pour qu’ils puissent prendre la relève.

Futurs enseignants malgaches pendant leur formation © Défap

Quant à Flore Badila Loupe, elle est pasteure de l’Église évangélique du Congo (EEC), issue des missions scandinaves et qui revendique aujourd’hui 225.000 membres au Congo-Brazzaville. Elle est aussi docteure en théologie, après avoir soutenu une thèse à l’UPAC (Université protestante d’Afrique centrale) sur l’engagement politique de l’EEC. Elle est également vice-doyenne de la faculté de théologie protestante de Brazzaville, et vice-présidente de la conférence des ecclésiastiques de l’EEC. Après avoir bénéficié d’une bourse du Défap pour un congé-recherche en 2014-2015, elle travaille désormais à adapter sa thèse pour une future publication.

Flore Badila dans la bibliothèque du Défap © Défap

DM célèbre ses 60 ans

Cette AG sera enfin l’occasion de célébrer les 60 ans de DM, l’homologue suisse du Défap. La Cevaa et le Défap sont nés en 1971, d’un ancêtre commun : la Société des Missions Évangéliques de Paris (la SMEP), qui avait eu de 1822 à la fin des années 60 une activité missionnaire s’étendant du Lesotho au Togo, de l’Océan indien au Pacifique. DM-échange et mission, département missionnaire des Églises de Suisse romande et des Églises françaises en Suisse alémanique (la CERFSA) était né pour sa part quelques années plus tôt, en 1963. Entre ces trois organismes institués pendant la même période et entretenant des relations avec les mêmes pays, on retrouve encore aujourd’hui des domaines d’activité très proches, et des échanges réguliers. DM, confronté aux défis que connaissent aujourd’hui tous les organismes missionnaires, a fait il y a quelques années sa mue ; on ne parle plus désormais de « DM-échange et mission », l’association ayant changé ses statuts et son nom, et adopté un nouveau slogan, celui de « Dynamique dans l’échange ». S’appuyant sur le constat que le « centre de gravité du christianisme s’est déplacé au Sud », son 117ème Synode missionnaire (l’équivalent d’une AG), après un intense débat, a décidé à une large majorité de soutenir une nouvelle vision, dite de « réciprocité ». Avec trois thématiques porteuses : la formation théologique, le développement rural, l’éducation. Cette révolution interne s’est faite dans un contexte de réorganisation du paysage des oeuvres d’entraide de Suisse, avec la fusion de l’EPER (l’Entraide protestante suisse) et de PPP (Pain pour le prochain). C’est donc un DM tout neuf qui regarde désormais vers l’avenir et fête ses 60 ans tout au long de l’année, par des gâteaux partagés avec le Conseil et le Secrétariat, avec les envoyés, en Suisse, au Mexique… Des célébrations qui culmineront le 18 novembre 2023 à la cathédrale de Lausanne.

Célébration des 60 ans de DM au Mexique © DM