Solidarité avec Haïti après le séisme du 6 octobre

Un bilan toujours provisoire de 17 morts et près de 350 blessés, des milliers de bâtiments endommagés dont des écoles, des hôpitaux, des églises… Depuis le séisme du 6 octobre qui a frappé le Nord-Ouest d’Haïti, le Défap se tient en contact étroit avec la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti (la FEPH) et avec ses divers partenaires de la Plateforme Haïti pour tenter d’évaluer les besoins sur place. Une réunion d’urgence du comité Solidarité protestante est prévue vendredi : elle sera consacrée à Haïti et à l’Indonésie, deux régions frappées par des tremblements de terre.

Une vue des dégâts dans une école de Gros Morne © FEPH

La première secousse, de magnitude 5,9, s’est produite au soir du samedi 6 octobre ; et depuis les répliques se succèdent au Nord-Ouest d’Haïti, aggravant les premiers dégâts et ravivant tous les traumatismes du tremblement de terre de 2010. Le ministère de l’Intérieur haïtien a fait état mardi de 17 morts et près de 350 blessés, dont 9 morts dans la ville côtière de Port-de-Paix, la plus proche de l’épicentre, et 7 dans la commune de Gros Morne, plus au sud, du côté de l’Artibonite. Les dégâts sur les constructions et les infrastructures sont très importants : des centaines de maisons détruites, des milliers plus ou moins gravement endommagées ; mais aussi des écoles, des hôpitaux, des églises… Au cours des heures qui ont suivi la première secousse, nombreux ont été ceux qui ont préféré dormir à l’extérieur, dans des campements de fortune, par crainte de voir les bâtiments s’effondrer.

La «peur du béton»

Pour aller plus loin :

Le Défap se tient en contact étroit avec la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti (la FEPH) et avec ses divers partenaires de la Plateforme Haïti pour tenter de recenser les besoins sur place. Dès le dimanche matin, une équipe du bureau central de la FEPH a quitté Port-au-Prince pour procéder à une première évaluation. Elle était composée de Christon Saint-Fort, directeur exécutif, de Joël Hilaire, officier de projets et d’Ingrid Hardouin, chargée d’appui aux partenariats. Elle s’est rendue en compagnie des équipes régionales dans les communes de Gros Morne, de Port-de-Paix et de Saint-Louis du Nord, les trois villes les plus affectées par le tremblement de terre. La FEPH, grâce à son réseau de 3000 écoles protestantes, revendique la scolarisation 300.000 enfants. Elle est soutenue directement par le Défap à travers des financements directs et à travers ses envoyés ; elle fait aussi partie des partenaires privilégiés de la Plateforme Haïti, mise en place sous l’égide de la Fédération protestante de France et où le Défap se retrouve aux côtés de divers acteurs du protestantisme français impliqués dans ce pays, comme La Cause ou la Mission Biblique.

Bâtiment endommagé par le séisme © FEPH

Au niveau des seuls établissements scolaires, la FEPH fait état de 34 écoles endommagées à Gros Morne, huit à Port-de-Paix et une école à Saint-Louis du Nord, et évoque le besoin d’un appui psycho-social dans les communautés scolaires. Surtout, son rapport décrit une population traumatisée. «Si l’on ne peut pas parler de crise humanitaire majeure, de nombreux besoins sont existants et justifiés suite à cette catastrophe. Les zones visitées étaient déjà dans une situation vulnérable avant le tremblement de terre, ce dernier ne fait qu’aggraver la situation. Sur le chemin, nous avons croisé de nombreuses familles avec des enfants qui quittaient la région. Dans les rues, on observe aussi de nombreuses familles avec enfants, en sacs à dos, cherchant à quitter la ville. Les familles qui restent, quant à elle, sont rassemblées à l’extérieur dans la rue. Elles se sentent plus en sécurité devant leurs maisons, il y a une réelle «peur du béton». Donc, aucun camp de sinistrés ni d’abri provisoire n’a été remarqué. (…) N’oublions pas que nous sommes en pleine saison des pluies et que l’infiltration peut aggraver les dommages. (…) À ce jour, toutes les écoles des zones sinistrées sont fermées même si aucune décision ministérielle n’a été prise dans ce sens.»

Une réunion d’urgence du comité Solidarité protestante

L’équipe de la FEPH partant évaluer les besoins © FEPH

Les infrastructures hospitalières se sont révélées insuffisantes pour faire face à l’afflux des victimes à soigner. «L’hôpital Béraca à Port-de-Paix», n’ayant «subi aucun dégât majeur (…) est le seul hôpital de la région à pouvoir recevoir les nombreux blessés», indiquait dimanche soir Jean-Claude Raynaud, de la Mission Biblique. Et les secousses ayant été ressenties jusqu’à Port-au-Prince, c’est toute la population haïtienne qui vit désormais dans l’angoisse et le souvenir du tremblement de terre de 2010, qui avait fait alors plus de 230.000 morts. «La panique est générale, nationale, même si les dégâts sont enregistrés surtout dans les départements du Nord-Ouest et du Nord», commentait, également dimanche soir, Fritz Bissereth, directeur d’ADRA-Haïti.

Outre la mobilisation des partenaires de la Plateforme Haïti, une réunion d’urgence du comité Solidarité protestante est prévue vendredi à Paris : elle sera consacrée à Haïti et à l’Indonésie, deux régions frappées par des tremblements de terre.

Le Défap et la Plateforme Haïti
Des liens privilégiés existent de longue date entre la Fédération protestante de France (FPF) et la Fédération protestante d’Haïti (FPH). Le passage de quatre tempêtes dévastatrices sur le territoire haïtien en 2008 (Fay, Gustav, Hanna et Ike) s’était traduit par la création de la Plateforme Haïti, regroupant divers acteurs du monde protestant sous l’égide de la FPF. En 2010, au moment du tremblement de terre qui devait faire plus de 230.000 morts, les réseaux protestants étaient donc bien en place, et la solidarité avait trouvé rapidement des canaux pour s’exprimer. Le président actuel de la Plateforme Haïti est le pasteur Rodrigue Valentin, de l’Église du Nazaréen, et sa coordination administrative est assurée par le Défap. La Plateforme rassemble les acteurs suivants :

 




Un prix Nobel de la paix pour Denis Mukwege, «l’homme qui répare les femmes»

Gynécologue devenu un symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes, Denis Mukwege est avant tout un protestant convaincu, qui puise la force de son engagement dans ses convictions ; et c’est précisément pour parler du rôle et de l’engagement des Églises protestantes au sein de la société congolaise, qu’il avait reçu en mars dernier Jean-Luc Blanc, du Défap, dans son hôpital à Bukavu.

Denis Mukwege en compagnie de Jean-Luc Blanc à Bukavu © Défap

Voilà plusieurs années que Denis Mukwege était pressenti pour le prix Nobel de la paix. Il avait déjà reçu entre autres le prix des droits de l’homme des Nations unies en 2008, le prix Sakharov en 2014 : autant de marques de reconnaissance internationale pour le combat de «l’homme qui répare les femmes». Ce vendredi 5 octobre à Oslo, le prix Nobel de la paix 2018 a été attribué conjointement au docteur Denis Mukwege et à Nadia Murad : le gynécologue qui dénonce inlassablement les viols et les mutilations sexuelles au Congo, et l’ancienne esclave sexuelle de Daesh. Deux symboles des violences faites aux femmes lors des conflits. «Denis Mukwege et Nadia Murad ont tous les deux risqué personnellement leur vie en luttant courageusement contre les crimes de guerre et en demandant justice pour les victimes», a souligné Berit Reiss-Andersen, présidente du comité Nobel.

Dans son hôpital Panzi, à Bukavu, qu’il a fondé et qu’il dirige, Denis Mukwege prend en charge les femmes ayant subi des viols collectifs, sur les plans médical, psychologique et spirituel ; et en-dehors, dans son pays et tout particulièrement sur la scène internationale, il dénonce les violences dont elles sont victimes, le viol et les mutilations faisant partie des armes de guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo. Cette dénonciation inlassable a donné lieu à plusieurs livres et à deux films, dont le plus connu date de 2015 : «L’Homme qui répare les femmes : La Colère d’Hippocrate», de Thierry Michel et Colette Braeckman.

«Dépasser l’inégalité entre hommes et femmes dans les Églises»

Pour aller plus loin :

Avant d’être médecin et gynécologue, Denis Mukwege est fils de pasteur et pasteur lui-même, et c’est au nom de ses convictions protestantes qu’il s’est lancé dans un combat contre les violences faites aux femmes qui a failli plusieurs fois lui coûter la vie. Il témoigne d’une Église qui s’engage et ne connaît pas la langue de bois. «Vous, pasteurs», déclarait-il ainsi en 2017 en Namibie devant les invités de l’assemblée générale de la Fédération luthérienne mondiale, «avez la possibilité de parler à beaucoup de personnes. C’est un pouvoir dont vous devez faire bon usage. Il faut dépasser l’inégalité entre hommes et femmes dans les Églises, sinon cela invalide tout le reste.»

Son action, son témoignage et sa reconnaissance internationale croissante lui valent d’être régulièrement en délicatesse avec le pouvoir congolais, dans un pays que Joseph Kabila, à la tête de l’État depuis la mort de son père, Laurent-Désiré Kabila, en 2001, dirige depuis décembre 2016 sans mandat. Une situation qui place les Églises en situation de fragilité, et fait d’elles des cibles du pouvoir : d’abord l’Église catholique, qui s’est impliquée dans une médiation face à la violence de la répression des manifestations anti-Kabila – médiation dont elle a fini par se retirer devant le peu d’empressement du président à respecter les accords qu’elle s’efforçait d’obtenir ; ensuite, l’Église du Christ au Congo, principale Fédération protestante de RDC, dont le nouveau président élu le 19 août dernier, le pasteur André Bokundoa-Bo-Likabe, a décidé de rompre avec l’attitude jusqu’alors en vigueur de neutralité bienveillante vis-à-vis du pouvoir.

C’était, notamment, pour parler de ce rôle des Églises au sein de la société congolaise que Denis Mukwege avait reçu, en mars 2018, Jean-Luc Blanc, du Défap, alors en visite en RDC pour établir des liens avec l’Église du Christ au Congo. Si le prix Nobel de la paix qu’il vient de recevoir lui a valu des félicitations du bout des lèvres de la part du gouvernement congolais, dont le porte-parole a rappelé qu’il «n’a pas toujours été d’accord et continuera à ne pas l’être (avec le docteur Mukwege), parce que l’humanitaire est sacré et ne doit pas être mêlé à des choses politiques», cette distinction a été accueillie avec enthousiasme par les communautés congolaises à l’étranger, et notamment en France.

Franck Lefebvre-Billiez




Le Défap, partenaire de la solidarité internationale

Outre son implication dans un réseau d’Églises, le Défap est un acteur engagé au sein du tissu associatif dans le domaine de la solidarité internationale. En dépit de sa taille modeste par rapport à de grandes organisations, son expérience est reconnue, et son expertise sollicitée lorsqu’il s’agit de réfléchir en commun aux grands défis que connaissent de nombreuses ONG.

Vue de l’AG de Coordination SUD ; au centre, Laura Casorio, représentant le Défap © Coordination SUD

La fin du printemps marque la période traditionnelle des assemblées générales du réseau associatif dont le Défap fait partie. CLONG Volontariat, Coordination Sud, France Volontaires, la Cimade, le Collectif Haïti France, le FONJEP…. autant d’engagements partenariaux qui témoignent d’un Défap connu et reconnu comme acteur de la société civile, et en particulier comme acteur de la solidarité internationale et de la coopération française.

Des engagements qui ne sont toutefois pas exempts de questionnements ; et après avoir, ces dernières années, travaillé principalement au renforcement des partenariats entre Églises, le Défap a été appelé, en cette période d’AG, à s’interroger sur les priorités de ses actions avec ses partenaires associatifs.

Face aux défis de la solidarité internationale, les organisations françaises s’efforcent de se coordonner. Elles travaillent sur des orientations communes, concernant aussi bien les relations avec leurs partenaires locaux (quelle place doivent-ils prendre dans les projets de développement – et tout particulièrement lorsqu’il s’agit d’actions humanitaires ou d’interventions dans des situations d’urgence ?) que les relations avec le politique. Dans ce dernier domaine, le gros défi concerne les stratégies à adopter pour pousser à une inflexion de la politique française à l’étranger qui soit plus favorable aux populations fragilisées, face à des logiques qui mettent rarement l’être humain au centre des préoccupations. Au-delà de ces questions stratégiques, les acteurs français de la solidarité internationales réfléchissent aussi plus profondément sur le sens de leur action et de l’engagement de leurs membres. Ainsi, quel sens peut revêtir la coopération sans un engagement solidaire, personnel et inscrit dans un projet de vie de longue durée ?

Le Défap, une expérience reconnue

Pour aller plus loin :
 

C’est dans ce cadre de réflexions que le Défap, même s’il est d’une taille modeste par rapport à de grandes ONG, a été sollicité à plusieurs reprises pour partager son expérience et ses pratiques. Il a été amené à participer à des groupes de travail thématiques ou à des études spécifiques sur l’expatriation solidaire, sur la valorisation de l’engagement solidaire, sur les outils d’accompagnement de ceux qui s’engagent au service d’un projet ou d’une communauté locale…

Et l’expérience du Défap se montre très utile : dans ses actions à l’international, le Défap agit avec des partenaires qui bien souvent sont présents sur l’ensemble du territoire national, et avec lesquels il a su tisser des liens forts et durables. Seul organisme protestant ayant un agrément VSI, il envoie des volontaires pour travailler sur des projets entièrement gérés sur place. Dans plusieurs pays où il intervient, il a créé et participe à des plateformes réunissant différents acteurs de la société civile.

Si le Défap n’est pas spécialisé dans un secteur d’activité spécifique, il joue un rôle de relais qui permet de faciliter des rencontres et des collaborations autour de projets concernant le développement, l’enseignement, la santé… Toutes ces actions mettant en jeu, dans chaque cas, des relations entre les Églises protestantes de France et d’autres pays. Quelques exemples :

  • dans le domaine de la santé, le CROP et le projet d’enseignement pour les enfants sourds au Congo Brazzaville – un projet porté par le Défap ; l’envoi d’un médecin du consistoire de La Rochelle de l’EPUdF, le docteur Perrot, en appui à Célin Nzambé, ancien envoyé de la Cevaa engagé désormais dans un vaste projet de réhabilitation d’hôpitaux appartenant à l’Église Presbytérienne Camerounaise ;
  • concernant la question des migrants et des réfugiés, l’implication du Défap auprès de la FEP (la Fédération de l’Entraide Protestante), en première ligne dans l’accueil de Syriens arrivant des camps libanais via les «couloirs humanitaires» ; auprès de la Cimade, qui défend les droits des étrangers ; auprès de l’ACO (Action Chrétienne en Orient), qui intervient au Moyen-Orient et notamment au Liban et en Syrie ; le soutien au Comité d’Entraide International de l’EEAM (l’Église Évangélique au Maroc) ;
  • dans le domaine de l’enseignement, le Défap fournit un appui, à travers ses envoyés, à la gestion de projets au sein de la FEPH, la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti ;
  • et plus largement, dans le domaine du développement et de la solidarité internationale, le Défap a aidé à l’organisation d’un «Séjour senior» au Cameroun – voyage qui a notamment permis de développer un projet de fours économiseurs de bois…

Au-delà de ces quelques exemples, le Défap joue un rôle de facilitateur dans les contacts entre ses partenaires et leurs financeurs, notamment les agences de développement françaises et européennes.

Acteur engagé dans le domaine de la solidarité internationale, le Défap est aussi confronté à des défis assez similaires à ceux que connaissent ses partenaires associatifs. Pour les ONG, il s’agit de plaider pour remettre l’humain au centre des préoccupations ; pour le Défap, ce défi se décline dans le domaine de l’action diaconale. Dans une société de plus en plus laïcisée, quels sont les espaces qui permettent que s’expriment les valeurs de la fraternité, de la solidarité, de la centralité des relations humaines, du respect qui passe par la connaissance et la compréhension de l’autre à travers un témoignage commun ? Comment concilier, dans un milieu d’Églises, témoignage et action solidaire pour permettre un renforcement de capacités réciproque ? Une question qui n’est, finalement, pas autre chose qu’une transposition dans le vocabulaire des acteurs de la solidarité internationale du slogan «la mission ici et là-bas»…




Centrafrique : «À Bouar, des déplacés musulmans reviennent»

En dépit de la présence des groupes armés et d’une paix toujours fragile, les Églises de RCA travaillent à la réconciliation et à reconstruire un vivre-ensemble mis à mal par des années de guerre civile. C’est le cas non seulement à Bangui, où le Défap soutient les efforts de l’Église Protestante Christ-Roi de Centrafrique, mais aussi dans l’Ouest du pays, non loin des frontières du Tchad et du Cameroun, où il est en lien avec l’Église Évangélique Luthérienne de République centrafricaine. Deux représentantes de l’EELRCA, Rachel Zoungombe Doumbaye Wangarem et Antoinette Beanzoui Yindjara, ont été reçues au Défap en ce mois de juin. Elles témoignent.

Antoinette Beanzoui Yindjara (à gauche) et Rachel Zoungombe Doumbaye Wangarem (à droite) de l’EELRCA © Défap 

Difficile de parler de la République centrafricaine sans se plonger dans la litanie des violences et des affrontements entre groupes armés : même Bangui, la capitale, pourtant considérée comme généralement calme, a connu des violences qui ont fait 24 morts et 170 blessés au début du mois de mai. Pourtant, dans ce pays qui peine à émerger de la guerre, et dont le gouvernement démocratiquement élu ne parvient pas à faire régner l’ordre face aux factions rebelles rivales, des signes d’espoir existent. Les signes lents d’une reconstruction : des autorités qui mettent sur pied une commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation, des Forces Armées centrafricaines qui montent en puissance, aidées notamment par des formateurs de la Mission d’entraînement de l’Union européenne… Ces ferments de paix et d’unité sont entretenus notamment par les Églises, par des représentants religieux qui maintiennent le dialogue entre communautés, et par des actions au quotidien pour préparer le retour de déplacés ou aider des victimes de violence. Reconstruire, tout simplement…

En ce mois de juin, le Défap a reçu la visite de deux représentantes de l’Église Évangélique Luthérienne de République centrafricaine, qui compte près de 120.000 membres dont 84 pasteurs, et œuvre principalement dans l’Ouest du pays, région déshéritée et instable. Toutes deux étaient de passage en Europe pour rencontrer les partenaires de l’EELRCA en France (où cette Église bénéficie de l’appui de l’UEPAL, via le Défap) et en Allemagne. Rachel Zoungombe Doumbaye Wangarem est vice-présidente de l’Église ; Antoinette Beanzoui Yindjara est pour sa part l’une des trois femmes pasteures ordonnées par l’EELRCA, et elle dirige l’école de théologie de Baboua, non loin de la frontière camerounaise. Baboua est à un peu plus d’une centaine de kilomètres à l’ouest de Bouar, chef-lieu de la préfecture de Nana-Mambéré. Une ville où s’opposent les efforts de reconstruction et les influences des groupes armés qui ont mis la région en coupe réglée. C’est à Bouar que pourrait être prochainement installé un centre de formation et d’entraînement des FACA, les Forces Armées centrafricaines, avec le soutien de la Mission d’entraînement de l’Union européenne ; mais Bouar est aussi au cœur du territoire où sévit le chef rebelle Sidiki Abass, qui à la tête du groupe armé 3R (pour «Retour, réclamation, réhabilitation»), prétend défendre les intérêts des Peuls dans tout le secteur nord-ouest de la RCA, aux confins du Cameroun et du Tchad.

Une cellule d’écoute psychologique mise en place à Bangui par l’EPCRC © Défap-Cevaa 

 

Quelle est aujourd’hui la situation dans la région de Bouar ?

Rachel Zoungombe Doumbaye Wangarem : La situation reste difficile. À Bouar même, ou le long des grands axes comme la route qui va vers la frontière et Garoua Boulaï, la population bénéficie d’une paix précaire. Mais dans les villages environnants règne la plus grande insécurité.

Antoinette Beanzoui Yindjara : Certaines localités peuvent être occupées par des groupes armés qui rançonnent les commerces, voire les chefs de village, lesquels se retrouvent obligés de faire du porte-à-porte pour réunir l’argent nécessaire afin de racheter leur propre vie. Même les éleveurs peuls, que certains groupes rebelles prétendent protéger, peuvent voir une partie de leur troupeau emportée par leurs «protecteurs». Pourtant, il y a des améliorations : une partie des anti-balaka de notre région ont été désarmés. Certains suivent aujourd’hui des formations pour avoir un métier. Même si d’autres préfèrent la vie de petits voleurs en s’abritant derrière le paravent des anti-balaka…

Rachel Zoungombe Doumbaye Wangarem : Il faut dire que tous les groupes armés ont attiré beaucoup de jeunes désœuvrés en les manipulant. L’enjeu aujourd’hui est de leur permettre d’avoir un vrai métier…

Antoinette Beanzoui Yindjara : Un autre signe encourageant : certains chefs rebelles demandent désormais à rencontrer les chefs de quartier, les autorités, en affirmant qu’ils veulent en finir avec la violence, qu’ils sont pour la réconciliation. C’est le cas notamment de Sidiki Abass et de son groupe qui se dit défenseur des Peuls. C’est une initiative qui suscite évidemment de la méfiance ; et on voit bien qu’il place des gens à lui dans tous les villages. Mais c’est tout de même un signal qui donne de l’espoir.

Que peut faire l’EELRCA dans un tel contexte ?

Antoinette Beanzoui Yindjara : Dans notre pays, toutes les Églises travaillent en ce moment pour la paix et la réconciliation. C’est aussi le cas des représentants de toutes les religions, qui se retrouvent dans une plateforme interreligieuse. Notre Église en particulier a organisé, avec l’aide d’ONG internationales et de nos partenaires européens et américains, beaucoup de rencontres et d’actions de sensibilisation autour de l’accueil des déplacés.

Rachel Zoungombe Doumbaye Wangarem : Quand un grand nombre de ces déplacés arrivent, on se retrouve souvent dépassé, ce qui crée des situations difficiles. Je le vois dans mon quartier : beaucoup sont venus s’installer, fuyant les troupes de Sidiki. Ils ne peuvent pas rentrer chez eux ; ils ne peuvent pas travailler ; ils souffrent, en attendant l’aide des ONG internationales.

Antoinette Beanzoui Yindjara : D’où l’enjeu de ces actions de sensibilisation : comment accueillir ces déplacés, comment les aider à s’installer ? Et au-delà, comment œuvrer à la réconciliation, et comment nous donner les moyens de vivre ensemble une fois que cette crise sera passée ? Les pasteurs de notre Église ont été mis à contribution, lors de ces sessions d’information et de ces conférences, pour aider à préparer spirituellement et moralement la réconciliation.

Mais le retour des déplacés ne risque-t-il pas de créer de nouvelles tensions entre communautés, entre chrétiens et musulmans ?

Rachel Zoungombe Doumbaye Wangarem : Ce retour commence déjà : on voit certains des musulmans qui avaient fui revenir à Bouar et à Baboua.

Antoinette Beanzoui Yindjara : Les marchands musulmans ont repris leurs commerces à Bouar. Les Peuls aussi, chassés par les violences, reviennent : on commence à revoir les femmes des éleveurs peuls vendre du lait sur les marchés. J’ai reçu une invitation de la part du maire de la commune de Besson, près de Baboua, pour participer à une rencontre sur la cohésion sociale lors de la fête du ramadan. Et au niveau de la plateforme interreligieuse de Baboua, dont je fais partie, nous avons eu une rencontre au cours de laquelle nos frères musulmans nous ont dit que beaucoup des réfugiés partis au Cameroun sont prêts à rentrer. Car ils souffrent beaucoup là où ils sont actuellement… Leurs préoccupations, ce sont leurs maisons, qui ont été brûlées, et tous leurs biens qui ont été détruits. Les responsables musulmans de la plateforme ont donc demandé aux pasteurs et aux évêques s’il serait possible de trouver de l’aide pour reconstruire ces maisons.

Rachel Zoungombe Doumbaye Wangarem : Nous avons aussi organisé des rencontres pour favoriser la cohésion sociale entre femmes chrétiennes et musulmanes à Bouar, Gallo et Baboua. Il s’agissait de sessions se déroulant sur plusieurs jours, qui faisaient appel à des pasteurs, des travailleurs humanitaires, avec une partie se déroulant sous la forme de conférences, et des discussions libres. Les participantes étaient nombreuses et très demandeuses d’autres ateliers du même type.

Antoinette Beanzoui Yindjara : Il y a déjà eu quatre de ces ateliers organisés avec l’aide de nos partenaires internationaux, un en 2016, un en 2017 et deux en 2018. Je faisais partie des intervenantes lors du premier d’entre eux, il y a deux ans. C’était la première fois que les femmes musulmanes avaient osé se montrer au grand jour. Un grand moment…

Propos recueillis par Franck Lefebvre-Billiez




Laos : le SFE recherche d’urgence un chef de projet

Service Fraternel d’Entraide – bureau de Vientiane (Laos) © SFE

Postes à pourvoir :

  •     Urgent : le SFE recherche un chef de projet, pour un projet de développement rural dans le Sud du Laos (lieu : KAPEU – DISTRICT DE THATÈNG) ; poste à pourvoir immédiatement pour une durée de 18 mois (contacter le SFE pour plus de précisions sur le profil de poste).
  •     Un conseiller en développement (en urgence, pour vacance temporaire) : voir fiche de poste complète ici.
  •     Un coordinateur administratif : poste basé à Vientiane : voir fiche de poste complète ici.
  •     Un médecin pour un hôpital provincial du sud : profil généraliste; formation en santé internationale; expérience en management de projet ; cf. fiche de poste précise disponible ici
  •     Un(e) infirmier-ère ou sage-femme pour un hôpital provincial du sud cf. fiche de poste précise disponible ici.
  •     Des conseillers dans le développement communautaire avec des professionnels en santé, agronomie, eau ou développement : voir fiche de poste complète ici.
Le SFE en bref
Le SFE (Service Fraternel d’Entraide), ONG franco-suisse active depuis les années 70 au Laos, poursuit diverses activités principalement dans le domaine de la coopération médicale et du développement rural. Il coopère avec les services gouvernementaux et la population locale en établissant des relations de partenariat de longue durée afin de promouvoir un développement durable, dans le respect de la culture et de l’environnement du pays. Avec une quinzaine d’expatriés et une cinquantaine de collaborateurs nationaux, il vise à être au service des populations les plus défavorisées du pays.

 

Pour tous ces postes :

  •     Engagement immédiatement ou à convenir
  •     Bonne capacité de travail en équipe multiculturelle
  •     Engagement à long terme souhaité (minimum 3 ans)
  •     Affectation sur le poste après 2 à 3 mois d’étude de la langue.
  •     Adhésion aux valeurs du SFE : un service et un témoignage de vie inspirés par l’Evangile.

 

Intéressé(e)? Contacter france@sfe-laos.org pour des informations complémentaires.

Le Défap ne peut vous renseigner davantage sur ces postes. Merci de contacter directement le SFE – Service Fraternel d’Entraide.




Avec 300 euros, offrez un avenir à un enfant syrien

L’Association internationale Amel, en partenariat avec l’Église Protestante Française de Beyrouth et la Fédération Protestante de France, lance sa campagne 2017-2018 de parrainage d’enfants syriens à Beyrouth. Parce que la crise des réfugiés syriens au Liban menace toute une génération d’enfants, dont la majorité risquent de se retrouver privés des savoirs fondamentaux et donc des outils nécessaires lorsque viendra le temps de la reconstruction… Ils ont besoin de vous.

 

Enfants syriens au Liban © Amel

Voilà six ans que dure le conflit syrien, déclenché dans la foulée du Printemps arabe en 2011. Aux revendications initiales des Syriens, s’est rapidement ajoutée la dimension régionale d’un conflit qui s’est installé dans la durée, chacun des pays voisins intervenant à sa manière pour un camp ou pour l’autre et transformant peu à peu la Syrie en terrain de rivalités qui la dépassent. Près de 220.000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit. Plus de 50% de la population syrienne est actuellement déplacée, que ce soit dans ou hors des frontières du pays. Parmi ceux qui ont quitté la Syrie, plus de 4 millions réfugiés (soit 95%) se trouvent aujourd’hui répartis dans seulement cinq pays, à savoir la Turquie, le Liban, la Jordanie, l’Irak et l’Égypte. À lui seul, le Liban accueille entre 1,2 million et 1,5 million de réfugiés venant de Syrie, ce qui représente environ une personne sur cinq dans le pays.

La vie de ces réfugiés est misérable : seuls 40% du montant de l’appel de fonds lancé par l’ONU pour répondre aux besoins humanitaires des réfugiés syriens ont été obtenus. Le manque de fonds signifie que les réfugiés syriens les plus vulnérables au Liban ne reçoivent que 13,50 dollars par mois soit moins d’un demi-dollar par jour pour l’aide alimentaire.

Une génération d’enfants privée d’éducation et d’avenir

Comment parrainer ?
  • 1 parrainage = 300 euros (285 euros + 15 euros de frais de dossier FPF) ;
  • Durée : un an renouvelable (septembre 2017 à septembre 2018)
  • Adresser sa demande à christinelacoste064@gmail.com
  • Envoyer votre don à : La Fondation du Protestantisme, 47 rue de Clichy, 75311 PARIS – cedex 09 (don donnant droit à une réduction fiscale)
  • Chèque à l’ordre de : « Fondation du protestantisme » (inscrire au dos : « Parrainage AMEL »)

Cette crise syrienne au Liban est avant tout une crise de l’enfance et de la jeunesse. Seuls 48% des enfants syriens sont actuellement scolarisés. Mais ces enfants rencontrent des difficultés majeures à se maintenir à l’école, en raison du retard accumulé, des nombreux traumatismes et discriminations subis à l’école et des difficultés économiques des familles. Le taux d’échec scolaire et les risques de décrochage, au sein de cette population, atteignent des seuils critiques. Cette situation menace toute une génération, privée de son droit à l’éducation et du même coup de son avenir, alors même que cette génération est le seul espoir de la région lorsque viendra le temps de la reconstruction. Facteur aggravant : avant même le début de la crise des réfugiés, l’éducation nationale était très fragilisée au Liban, notamment par le manque d’enseignants qualifiés et le très faible niveau d’investissement dans l’école publique, poussant chaque année des milliers d’enfants à quitter l’école. L’arrivée massive de réfugiés syriens n’a fait qu’amplifier les difficultés et la qualité de l’éducation dans les écoles publiques s’est encore dégradée.

Voilà pourquoi, depuis 2014, un programme de parrainage éducatif a été lancé par Amel Association International en partenariat avec l’Eglise Protestante Française de Beyrouth (EPFB) et la Fédération Protestante de France. Cette coopération a été initiée par le pasteur Pierre Lacoste, envoyé par le Défap au sein de l’EPFB, et son épouse Christine. L’objectif est d’offrir un accompagnement éducatif et un soutien psycho-social aux enfants syriens de la banlieue sud de Beyrouth, afin de les aider à intégrer, à se maintenir et à réussir au sein du système éducatif libanais.

Aide aux devoirs et un soutien psychologique

L’unité d’école mobile (2017) © Amel

Ces activités, supervisées par une psychologue qualifiée, sont mises en oeuvre par les animateurs d’Amel formés aux problématiques de la protection de l’enfance. Ce programme permet aux enfants de renforcer leur capacité de résilience, d’acquérir des savoirs fondamentaux et de maintenir un niveau scolaire acceptable en attendant de retrouver le cours d’une vie normale dans leur pays. Ces activités, véritables moments de partage et de cohésion entre enfants réfugiés, posent les bases du vivre ensemble pour cette génération appelée demain à reconstruire la Syrie.

En vous engageant par un don de 300 euros, vous pouvez offrir à un enfant syrien une chance d’acquérir les savoirs fondamentaux qui sont si difficiles à obtenir pour lui au sein du système éducatif libanais. «Trois fois par semaine, après l’école, soulignent les responsables de l’opération de parrainage, l’enfant parrainé sera accueilli dans le centre de Haret Hreik de AMEL (banlieue sud de Beyrouth) pour des activités périscolaires, récréatives et culturelles, d’aide aux devoirs et un soutien psychologique. Des rencontres sont organisées régulièrement avec les parents sur des sujets tels que les droits des enfants, la communication non violente, le respect ainsi que des temps forts plus festifs. (…) L’éducation est le premier rempart contre les extrémismes, la misère sociale et la violence. Nous voulons cette année encore, continuer à améliorer le programme en augmentant le nombre de sessions par semaine, en augmentant le nombre de professeurs et d’animateurs pour personnaliser d’avantage notre accompagnement, en proposant des activités récréatives plus régulières et plus diverses.»




Haïti dans la tourmente

La Fédération des écoles protestantes d’Haïti (FEPH) mobilise ses troupes pour accompagner les populations à l’heure où le pays ne bénéficie plus du support de la Minustah [mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti] et que la plupart des ONG ont quitté le pays.

 

 

Irma la douce n’est plus. L’ouragan qui a pris son nom a ravagé les Caraïbes et s’apprête à toucher Haïti. Un an après le drame de Matthew, des pluies torrentielles et des vents violents devraient toucher le nord du pays.

Le plan d’urgence de la FEPH intègre des activités de sensibilisation permettant aux familles haïtiennes, et particulièrement aux enfants, de réagir dans le cadre des consignes émises par la protection civile. Les équipes locales gèrent les stocks de « kits abris », de kits alimentaires et de kits hygiène. Elles communiquent aux mairies la liste des écoles et des églises protestantes qui peuvent servir d’abris provisoires, l’objectif étant d’accompagner la crise humaine qui s’annonce.

Les responsables de la FEPH, chargés de coordonner l’évaluation des dégâts, ont suivi mercredi 6 septembre, une formation sur la collecte de données à l’aide d’une application mobile. Ce soutien technologique permettra à l’institution de disposer d’informations en temps réel et de mettre en place des solutions adaptées aux situations.

Le Defap s’associe à la Fédération des écoles protestantes d’Haïti, acteur majeur de la gestion de cette crise humaine, et reste en contact et en solidarité avec tous les partenaires haïtiens.

 

Bertrand Vergniol, secrétaire général du Défap et Stéphane Griffiths, trésorier du Défap, sont partis comme prévu et malgré les ouragans en Guadeloupe pour faire un point général avec les Églises de Guadeloupe et Martinique.

 

 

 

 

 

 




Troisièmes « Rencontres des acteurs chrétiens de la solidarité internationale » : un élan pour tous les participants

Deux jours pour se rencontrer, retrouver les fondamentaux, partager, construire … c’est ce qu’ont permis les troisièmes « Rencontres des acteurs chrétiens de la solidarité internationale », les 9 et 10 juin dernier. Laura Casorio, déléguée du Défap et membre du Conseil ASAH, était présente à la rencontre. Sous la bannière du collectif de l’ASAH, l’Association au Service de l’Action Humanitaire, ces journées ont été rythmées par l’assemblée générale le vendredi soir puis par des ateliers le samedi.

 

Des moments forts qui ont permis à chacun de se réjouir, dans un esprit de reconnaissance, et de renouveler son attachement à la vision et aux missions du collectif. Les membres ont ainsi réaffirmé la nécessité de prendre soin des plus démunis pour témoigner au monde de l’amour du Christ. Non pas dans une démarche prosélyte mais dans celle d’acteurs qui marchent vers un objectif commun et collaborent, donnent, sans attendre en retour.

Les ateliers ont permis à chacun de s’exprimer et de contribuer à l’élaboration du projet associatif que le conseil d’administration devra achever dans les prochaines semaines.

La réflexion « Prends soin de lui » – Que signifie cet appel du Christ pour les ONG chrétiennes ? partagée sans langue de bois a questionné les pratiques.

Plusieurs participants ont témoigné avec enthousiasme, de la richesse de ces journées.

 


Les fondateurs d’ASAH lors de la fête d’anniversaire du vendredi soir
( ils ont parcouru l’histoire et les défis relevés pour démarrer ce projet associatif)


Adoption du projet associatif, 2017, DR

 

L’ASAH

L’ASAH, Association au service de l’action humanitaire, est une organisation non gouvernementale (ONG), qui rassemble aujourd’hui 35 ONG françaises de solidarité internationale. Ce réseau d’associations d’inspiration chrétienne, agit en particulier dans l’urgence, le développement, le plaidoyer, l’environnement ou la solidarité au Nord et au Sud.

L’objet d’ASAH est de favoriser l’échange, la réflexion et la collaboration entre les associations humanitaires et autres organismes, de mutualiser et renforcer l’efficacité et la qualité des actions de ses membres, et plus largement des acteurs de solidarité, afin de répondre aux besoins réels des populations les plus démunies.
ASAH est membre de Coordination Sud et de la Fédération Protestante de France. Elle a fêté ses 21 ans et tenu son assemblée générale lors de la 3ème édition des Rencontres des acteurs chrétiens de la solidarité internationale, les 9 et 10 juin dernier.

 

 




A l’impossible, nul n’est tenu

Il est probable que Célin Nzambé, ancien envoyé de la Cevaa et toujours collaborateur du Défap, ignore cette formule. Le projet monumental auquel il s’est attelé ne semble pas l’effrayer une seconde. Médecin et pasteur, il nous a accueillis lors de son passage en France fin mai pour un entretien passionnant.

C’est le fruit de la collaboration de plusieurs paroisses de France (La Rochelle, Villeneuve Saint Georges et Valence). Son but : réhabiliter au Cameroun une quinzaine d’hôpitaux abandonnés depuis plus de 10 ans pour certains. Personnel individualiste, patients méfiants, hiérarchie corrompue…tout est à reconstruire. C’est avec l’œil brillant et le sourire facile qu’il raconte simplement cette épopée, celle d’un témoin de Jésus Christ.

« Mon premier projet de réhabilitation d’hôpital a été pour l’Union des Eglises Baptistes du Cameroun (UEBC). Le cas est fréquent. Les hôpitaux laissés par les missionnaires ont souvent été considérés comme un tiroir-caisse où il était légitime que chacun se serve. Je suis désormais en poste dans l’EPC où m’a été confié la réhabilitation d’hôpitaux appartenant à l’Eglise.

Nous partons d’un constat : nous héritons de très beaux bâtiments construit entre 1920 et 1935, des quartiers entiers qui peuvent accueillir jusqu’à 100 personnes, avec parfois 10 places en blocs opératoires. Mais il n’y a plus de patient et le personnel, impayé depuis des années, s’est approprié les lieux en famille.

A la base, il y a toujours un problème de gestion. Mais j’ai développé une méthode qui a fait ses preuves : je m’installe avec les gens. En habitant avec eux et en partageant leur quotidien, je me fais petit à petit une place.  Je soigne gratuitement tous ceux qui ont en besoin et communique auprès des vendeuses de poissons, des motos taxi et des coiffeuses qui, en contact avec le reste de la population, diffusent facilement l’information : à l’hôpital, on peut à nouveau se faire soigner.

Dès le 3ème mois, les malades reviennent. On peut ainsi payer 30 à 40% des salaires du personnel. Certains n’ont pas été payés depuis 10 ans ! Il faut environ un an pour que tous les villages aux alentours aient l’information. Mon but, c’est de redonner confiance. Redonner confiance aux patients mais surtout aux personnels hospitaliers. Et leur donner envie à nouveau de faire de la médecine.
Dès la deuxième année, on rééquipe l’hôpital et restaure le matériel. »

 

La difficulté des premiers mois

« C’est vrai que le premier trimestre est très dur : pas de salaire, des conditions de travail épouvantables, une grande amplitude de tâches…Il faut être à la fois urgentiste, radiologue, chirurgien, gynécologue, laborantin, directeur, trésorier, RH… et tout apprendre pour ne pas se faire avoir par la hiérarchie qui considère toujours l’hôpital comme une manne inépuisable.

Bien-sûr, j’adapte mes méthodes à chaque établissement. Et je réalise avec le personnel des livrets de formations pour atteindre les objectifs que nous formulons ensemble, 12 au total : améliorer l’accueil, la motivation, la gestion et les soins… Ce sont eux qui décident comment le faire. Chaque semaine, nous choisissons un axe de travail.

Toutes les décisions sont collectives et doivent être approuvées par le comité de gestion. Cela évite les demandes illégitimes car personne n’a envie d’être associé à haute voix et devant témoins à ces pratiques. Le comité est constitué du conseil, de deux délégués du personnel, d’un représentant du village et du pasteur. »

La moyenne d’âge du personnel actuel est de 50 ans. Certaines compétences seront difficiles à remplacer après les départs en retraite.

 

Panser aujourd’hui et penser demain

« L’objectif, c’est aussi de repérer rapidement ceux et celles qui prendront ma suite. Pour cela, l’épreuve des premiers mois est fort utile : ceux et celles qui acceptent de s’investir dans le projet sans attente financière prouvent ainsi la force de leur implication. Ils sont le plus souvent jeunes, dotés d’une petite expérience médicale et habités d’une forte volonté d’apporter aux autres un peu de ce qu’ils sont. Le sacrifice du début, à mes côtés, est une sorte d’épreuve du feu. Ils vivent cette expérience comme une aventure. Je pense tout particulièrement à Angela Boumsong qui opère désormais seule les patients, avec une belle réussite.

Le recrutement se fait petit à petit. Il y a actuellement 6 jeunes infirmières et 1 kinésithérapeute en stage dans les établissements. Des jeunes volontaires en service international (VSCI) permettent aussi de faire changer les comportements professionnels. Encore une fois, c’est le comité de gestion qui approuve le recrutement, évitant ainsi tout parachutage « amical » mais souvent incompétent. Aujourd’hui, 3 médecins sont à l’œuvre dans les 4 premiers hôpitaux du programme de réhabilitation et leurs salaires sont assurés, garantissant ainsi la pérennité des établissements.

Bien gérées, ces structures nous permettent d’augmenter petit à petit le niveau de vie du personnel, de donner des primes et de rendre le vol auparavant monnaie courante plus rare.
Nous participons aussi à la vie de la cité, en finançant des projets pour les groupes de femmes ou les écoles environnantes. »

 


Poste d’échographie à l’hôpital de Sarbayeme, DR


Madame Sara Moutassi, infirmière chef, DR

 

De la mort à la vie

« Réparer les corps, réconcilier les familles, donner la vie sans la perdre…voilà ce qui m’anime. Je me sens plus pasteur que médecin, c’est vrai. Mais j’ai d’autres projets encore. Le rêve de fonder une mutuelle de santé qui servirait de modèle pour tous les autres hôpitaux de l’EPC.  Avec un objectif : soigner avec un coût à hauteur de 20 % les malades, le reste étant à la charge de la mutuelle, et permettre ainsi aux plus pauvres un accès aux soins. Les calculs sont faits, deux consistoires sont intéressés et plus de 44 églises soutiennent déjà le projet.

Je ne cherche pas à changer le Monde, je suis simplement un témoin, une petite lumière dans les ténèbres qui entourent parfois l’action humaine. Grâce à Dieu, je peux être ici, là où l’on a besoin de moi. Je peux agir, à ma mesure certes, et même si je n’avais pu sauver qu’une seule vie, ne former qu’un seul médecin, cela me suffirait déjà. Je ne cherche pas à gagner la guerre mais à placer quelques lumières qui peut être, donneront naissance à leur tour à d’autres lumières. »


Madame Bien Suzanne, laborantine, DR


Ordre de passage des médecins et infirmiers chefs, DR




Haïti : trois mois après l’ouragan Matthew

Le 3 octobre 2016, l’ouragan Matthew dévastait Haïti. Pertes humaines considérables, dégâts matériels, routes coupées, rivières débordées…malgré une grande mobilisation de la communauté internationale, l’aide peinait à se mettre en place. La Fédération des Ecoles Protestantes d’Haïti (FEPH) déclenchait alors son plan post-catastrophe, afin d’aider les familles qui avaient tout perdu. Qu’en est-il trois mois après le drame ? Le directeur exécutif de la FEPH, Christon St Fort, nous répond.

Depuis l’ouragan, quelles actions avez-vous pu mettre en place avec la FEPH ?

Par rapport à nos interventions, nous sommes soutenus par plusieurs Organisations Non Gouvernementales (comme le Défap, l’Unicef, Finn Church Aid, Tearfund…). Avec les aides reçues, nous avons pu procéder à l’évaluation rapide des dégâts. Nous avons également pu soutenir une centaine de familles, en apportant une aide d’urgence. Nous avons ainsi réhabilité 13 écoles dans les départements des Nippes, du Sud et de la Grande’ Anse, dans le sud-ouest de Haïti.

La semaine prochaine, nous démarrons un appui psycho-social pour les enfants qui ont été traumatisés par la catastrophe. Nous lançons aussi un programme de cantine scolaire et des kits scolaires. Ces kits (composés de fournitures, cahier, stylos…) ont été envoyés par l’Unicef. Nous allons également distribuer des manuels dans les écoles. Ici les enfants ont pratiquement tout perdu.

Mais les besoins sont encore immenses. 900 écoles environ ont été affectées par l’ouragan.

 


Intervention de la FEPH à l’école Bon Berger de Chambellan, DR

 


Ecole Bon Berger de Chambellan réhabilitée par la FEPH, DR

 

 

Selon vous, le pays était-il préparé à l’arrivée de l’ouragan ?

Je crois que cette « préparation » était mitigée. Quand on considère le cas de l’état haïtien, de grandes dispositions structurelles n’ont pas été vraiment prises pour faire face à ce genre de catastrophe. Je pense par exemple à ces abris provisoires validés par l’état haïtien…et qui n’ont pas résisté à la force des vents. Il faut reconnaitre que l’état haïtien a fait pas mal de prévention et de sensibilisation par rapport à l’ouragan.

La FEPH l’avait d’ailleurs félicité pour cet aspect sensibilisation. En tant que partenaire de l’état haïtien, nous avons pris l’habitude de faire des critiques constructives. Et je crois que l’état nous entend. La FEPH est un témoignage vivant. Même si cela peut prendre un peu de temps, notre voix est toujours écoutée.

En ce qui concerne la prévention, La FEPH, avec l’appui du Défap, s’était aussi lancée dans le transfert des compétences dans le domaine de l’éducation à la gestion des risques. Il y a, par exemple, un cadre de la fédération dans le département de la Grande Anse qui a été formé. Avant l’ouragan, il faisait des formations par rapport aux comportements à adopter en cas d’ouragan. L’intervention de la FEPH ne se situe pas seulement dans la réponse aux catastrophes, mais également dans la prévention.

Ce n’est pas seulement dans ce département que nous avons fait ce genre de formation. Nous avons touché plusieurs autres départements du pays. Il y a beaucoup à faire mais les ressources manquent.

 


Christon Saint Fort Prince au siège de la FEPH,
septembre 2015, DR


Trois mois après l’ouragan Matthew, que reste-t-il à faire ?

Il reste encore beaucoup à faire. Dans le domaine de l’éducation, par exemple, ce qui reste à faire concerne le retour des enfants à l’école. 50% des écoles endommagées n’ont pas été réhabilitées à ce jour ! Les enfants n’ont pas pu retourner à l’école. Quand on parle de « retour », on n’entend pas seulement les infrastructures mais aussi les fournitures scolaires (cahiers, stylos, livres…).

Avec les cultures fortement touchées, on craint aussi que l’insécurité alimentaire augmente dans les régions touchées. C’est pour cela que nous voulons faire des interventions dans le domaine de la cantine scolaire. 

 

De quelles aides avez-vous encore besoin ?

Nous recherchons des financements supplémentaires pour aider les écoles à se relever et, via le Défap et d’autres partenaires en France, des particuliers nous aident à réhabiliter les écoles et faciliter le retour en classe des enfants.

Aujourd’hui nous continuons à compter sur la solidarité internationale. Le Défap, par exemple, nous a soutenu depuis le début en collectant des dons en France. Nous les en remercions.

 

 




Centrafrique : comment écouter et accompagner les victimes ?

Psychologue de formation et expert de la dimension post-traumatique, Yann Jurgensen a été sollicité par le Défap pour professionnaliser une cellule d’écoute de victimes mise en place à Bangui, dans le cadre de la mission d’accompagnement pastoral de l’Église protestante Christ-Roi de Centrafrique. Il est intervenu en binôme avec le pasteur Bernard Croissant. Une expérience qui l’a profondément marqué et qu’il partage aujourd’hui avec nous, depuis son retour de Bangui.

En quoi consistait votre mission en Centrafrique ?

Après avoir été contacté par le Défap, je suis parti à deux reprises : en mars et décembre 2016. Le premier séjour avait pour objectif d’observer le fonctionnement actuel de cette cellule d’écoute et la mise à disposition de nouveaux outils. Mon second déplacement avait pour but la professionnalisation des pratiques, au moyen de suivi et de supervision.

A l’origine, la cellule d’écoute a été mise en place par des femmes africaines en 2013.

Je suis venu pour partager mes expériences et apporter des outils théoriques et des méthodes, en vue de professionnaliser la cellule et son équipe de permanents, avec beaucoup de modestie et de précautions. Sur place, j’ai fait dans un premier temps du suivi individuel des victimes et dans un second temps de l’accompagnement des écoutants. Cette dizaine de personnes, empreintes de bonne volonté et d’empathie, sont elles-mêmes des victimes traumatisées par les évènements.

L’objectif de cette structure est l’écoute et l’accompagnement des victimes des exactions. Ce sont essentiellement des femmes et des enfants, à 90 %. Le traumatisme des femmes est direct (par les viols et les exactions). Celui des enfants est indirect (ils ont été spectateurs des évènements). Quel que soit le cas de figure, ces personnes ont besoin d’être écoutées et accompagnées.

La dimension interculturelle est essentielle pour comprendre et améliorer le fonctionnement de cette cellule et apporter des méthodes qui soient spécifiques et qui répondent à la fois aux besoins, aux attendes et aux référentiels des Africains.

 


Equipe de la cellule d’écoute, déc 2016, DR

 

Comment avez-vous collaboré avec le pasteur Bernard Croissant sur place ?

Dans ce type de cellule de soutien psychologique et d’écoute, le travail en binôme pasteur-psychologue est essentiel. Il s’agit dans ce type d’approche, de concilier la foi, la théologie et la dimension psychologique.

La population en RCA est éminemment croyante. L’acceptation de l’approche psychologique va de pair avec la déclinaison du principe du religieux. Car croire permet aussi aux personnes de cicatriser leur traumatisme.

 

Retournerez-vous à Bangui ?

Oui, il est déjà prévu que j’y aille en mars et en décembre 2017. Pour après, on verra… Il faut consolider le tout et développer une approche psychologique de qualité.

En dehors de l’aspect thérapeutique, nous allons aussi développer la mise en place de projets professionnels et la prise en charge médicale des femmes.

Le projet permet de tourner la page du traumatisme, de cicatriser et de reconstruire un autre avenir. Mais il nécessite un financement.

La question de la loi est aussi importante. Dans le labyrinthe juridique, porter plainte et accéder à ses droits n’est pas chose aisée.

 


Yann Jurgensen dans son cabinet à Colmar, DR

 

Que retenez-vous de cette mission ? En quoi vous a-t-elle marqué ?

Ce qui m’a marqué c’est le courage de ces femmes victimes et leur capacité de reconstruction. Ce qui prouve bien que ce sont les personnes et leurs actions au quotidien qui font reculer la pauvreté, la misère, la souffrance…

Il y a aussi sur place beaucoup de talents individuels et collectifs, une grande capacité de résilience et de reconstruction des choses. Il n’y a pas de haine mais juste la volonté qu’il y ait une société juste pour tous.

Dans ce contexte, l’attente de justice et d’exemplarité est très importante. Elle seule pourra endiguer cette dynamique perverse de corruption et d’impunité.

De manière plus générale, ce qui fait avancer une société c’est l’éducation. Il faut que les enfants puissent aller à l’école et que l’espérance perdure. Pour cela il faut financer les études et cela, pour nous autres européens, n’est pas grand-chose : 60 euros par enfant et par an pour la petite école.

Durant ma mission, j’ai rencontré de nombreuses victimes, j’étais préparé à pouvoir les écouter et les accompagner. Mais un évènement m’a profondément marqué, peut-être parce que je ne m’y attendais pas. Je me souviens d’un petit garçon de 7 ans qui est venu au centre. Il n’allait pas encore à l’école alors qu’il souhaitait y aller et que son année scolaire avait été financée.  Dans l’optique d’une scolarité proche, je lui ai offert mon stylo à bille. Au moment où je lui ai donné, il a répété plusieurs fois un mot à voix basse. Je n’ai pas compris sa remarque. Puis il a répété le mot plus fort. Mon stylo lui faisait penser à un objet qu’il avait vu…un missile ! Sa réflexion m’a profondément secoué. Je me suis dit : « alors qu’un stylo sert à construire le monde, il évoque ici la mort qui descend du ciel et qui tue ».

Dans ce type de mission, j’ai entendu beaucoup de choses difficiles mais cet épisode restera toujours gravé dans ma mémoire.

 




Les dégâts de l’ouragan Matthew en Haïti : la communauté protestante doit se mobiliser

L’ouragan Matthew, le plus puissant dans les Caraïbes depuis une décennie, a frappé durement Haïti le 3 octobre dernier. Dix jours plus tard, on répertorie 546 morts, sans compter les disparus. Des rivières ont débordé, des ponts se sont effondrés, de nombreuses routes sont toujours coupées, 175 000 personnes sont sans abri. Les dégâts matériels sont considérables et le choléra est en recrudescence. Bien que la situation soit alarmante, l’aide internationale peine à se mettre en place et les convois humanitaires sont de plus en plus souvent attaqués par des personnes désespérées, qui ont tout perdu.

Les membres de la plateforme Haiti se mobilisent
Au total 1,4 millions de personnes sont touchées et ont besoin d’assistance. Les Nations unies estiment à 120 millions de dollars l’aide nécessaire pour couvrir les besoins vitaux des sinistrés. En date du 17 octobre, seul 13 % de cette somme avait pu être collecté.

Les équipes d’ADRA Haïti sont sur le terrain pour venir en aide aux sinistrés. ADRA France a activé son fonds catastrophes pour faire face aux besoins d’équipements en unités de purification d’eau, kits d’hygiène, nourriture, couvertures etc.

MEDAIR a mobilisé une équipe d’urgence pour éviter la propagation du choléra.

SEL a lancé un appel à la prière et aux dons auprès de ses parrains et donateurs.

Mission biblique a, de son côté, envoyé 10 000 dollars pour la réhabilitation des écoles du grand Sud-Ouest, une aide qui sera utilisée en coordination avec l’Union évangélique baptiste d’Haïti (UEBH), la Mission des Eglises baptistes du sud d’Haïti (MEBSH) et la Fédération des Ecoles protestante d’Haïti (FEPH).

Cette mobilisation est semblable à celle mise en oeuvre lors du coup d’Etat de février 2004 et des émeutes de la faim de 2008 et surtout lors du séisme de 2010, qui avait fait quelque 250 000 morts.
La FEPH mobilisée
Après le passage de l’ouragan, la Fédération des Ecoles Protestantes d’Haïti (FEPH) est restée en contact avec son personnel et ses bureaux en région, dont les membres et les infrastructures ont été épargnés.

Il n’en est, hélas, pas de même pour les écoles notamment dans les départements de la Grande Anse, du Sud, des Nippes et du Sud-Est.

La FEPH a donc décidé de déclencher son plan post-catastrophe pour permettre aux enfants de retrouver, le plus rapidement possible, le chemin de l’école.
Par ailleurs, elle se mobilise pour aider les familles qui ont tout perdu.

Il faut agir vite !
La situation est extrêmement préoccupante en de nombreux points du pays et le temps presse. La prise en charge humaine et matérielle sur le terrain est indispensable. Elle ne saurait être possible sans la solidarité de tous.

La Fondation du protestantisme propose, à ceux qui souhaitent manifester leur soutien aux Haïtiens, de recueillir leurs dons.