En mission en couple au Cameroun

Sylvaine et Pierre-Étienne sont membres d’une paroisse EPUdF de la Drôme. Elle est sage-femme ; lui a fait une carrière d’ingénieur chez EDF, mais a aussi suivi une formation pastorale en Suisse. Du 12 août au 3 septembre, ils sont partis en mission au Cameroun avec le Défap, où ils ont pu combiner accompagnement pastoral et soutien à l’équipe du Dr Nzambé à l’hôpital de Djoungolo (Yaoundé).

Sylvaine et Pierre-Étienne aux côtés de Célin Nzambe, médecin-chef de l’hôpital de Djoungolo © Sylvaine et Pierre-Étienne pour Défap

 
Quelles étaient vos motivations pour partir ?

Pierre-Étienne : Sylvaine avait déjà vécu, il y a cinq ans, une expérience d’envoi au sein d’une Église du Sénégal via le Défap. Pour ma part, je cherchais un engagement combinant humanitaire et lien avec les Églises. Notre mission s’est déroulée sur un temps court du fait des contraintes professionnelles de Sylvaine.

Sylvaine : Nous apprécions les valeurs portées par le Défap : aider sans se substituer, créer un maillage et des échanges entre les personnes. Nous étions motivés par l’idée d’un enrichissement mutuel.

L’arrivée à l’hôpital de Djoungolo © Sylvaine et Pierre-Étienne pour Défap

 
Qu’avez-vous vécu sur place ?

S. : Au départ, ce qu’on attendait de moi, c’était surtout une formation du personnel médical ; mais au fil des échanges, c’est devenu plutôt un partage de pratiques, et j’ai apprécié. C’était enrichissant dans les deux sens.

P.-E. : C’était important pour nous d’être accueillis en tant que couple, et d’être considérés comme complémentaires. J’ai été amené à avoir des activités plus pastorales, à faire de la relation d’aide par exemple ; Sylvaine apportait une aide plus concrète. Nous avons rencontré des gens formidables, qui méritent qu’on les connaisse et qu’on les soutienne. Et nous nous verrions bien repartir en mission courte dans l’année qui vient.

Vue d’une église de l’EPC (Église presbytérienne du Cameroun) à Djoungolo © Sylvaine et Pierre-Étienne pour Défap




Richard Lengo, chercheur : «La vérité est plus cachée qu’une pierre précieuse»

Sociologue venu de Brazzaville, Richard Macaire Lengo a fait une thèse sur « L’Église Évangélique du Congo : l’ethos protestant à l’épreuve des pratiques du «monde» et des mutations sociales ». Pour cela, il a effectué un séjour de trois mois en France, avec le soutien du Défap. Aujourd’hui de retour pour publier divers ouvrages à partir de ses travaux, il évoque sa découverte du contexte français et parisien… en pleine crise de la réforme des retraites ; mais aussi le milieu stimulant des chercheurs rencontrés en France, notamment ceux du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (le GSRL), un laboratoire de recherche du CNRS et de l’École pratique des hautes études (EPHE-PSL).

Richard Lengo, chercheur : « La vérité est plus cachée qu’une pierre précieuse »


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Anatole : aider à la pratique du français dans un foyer du Caire

Anatole connaît déjà l’Égypte, où il a été en mission dans un foyer de jeunes filles. Une expérience qui lui a donné envie de poursuivre son engagement, à la fois au sein de ce même foyer, et auprès d’une association organisant des activités ludiques et pédagogiques pour des enfants défavorisés.

Anatole en juillet 2023 au Défap, pour la session de formation des envoyés © Défap

 

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Qu’est ce qui me motive à partir ?

Je suis déjà parti l’année dernière au sein du foyer où je vais de nouveau être en mission. Je comptais rentrer au mois de juillet et trouver un travail en septembre mais j’ai finalement décidé de rester une année de plus. J’ai pu prendre cette décision dans la mesure où j’ai été diplômé l’année dernière et que je n’ai rien qui me retient en France (copine, engagement pro, etc.).

Mon objectif de l’année prochaine est de pouvoir aider les filles qui ne parlent pas français et qui n’ont donc pas de volontaires pour les aider. Je suis très motivé pour consolider au plus vite mon arabe (niveau B1) afin de pouvoir dispenser les cours de sciences ou langue en arabe afin de les aider et qu’elles se sentent moins exclues que les filles parlant français.

J’ai également envie d’être au contact de la population locale afin d’en apprendre plus sur la religion de l’Islam ou du Christianisme « local » (coptes orthodoxes, coptes catholiques, etc). Enfin, ma principale motivation est de pouvoir apprendre à ces filles coupées du monde et pour la plupart sans repères sociétaux, le plus de choses possibles et pas seulement scolaires mais également culturelles, artistiques ou encore pratiques/manuelles.

Anatole en juillet 2023 au Défap, pour la session de formation des envoyés © Défap

Quelle sera ma mission ?

Pour ma mission, je serai dans un foyer pour jeunes filles.

Le foyer accueille des jeunes filles en bas âge et elles y restent jusqu’à leurs 18 ans avant de rentrer chez elles ou bien de continuer leurs études à l’université.

Je m’occuperai plutôt des filles du collège/lycée et je leur enseignerai les maths, les sciences et la physique/chimie. J’aide également les autres volontaires en anglais ou français. Je serai au foyer de 14h (ou avant si je déjeune sur place) et en général jusqu’à 20/21h. Chacun est assez libre pour les horaires, certains jours finissent à 18h. J’y serai tous les jours sauf jeudi et dimanche.

Je serai également impliqué dans une autre association, les Focolare dans le quartier de Shubra. Chaque vendredi je retrouve une équipe de jeunes Égyptiens et nous organisons des jeux, activités pédagogiques et ateliers de travail pour les enfants musulmans défavorisés de Shubra. Les mamans sont aussi présentes et sont prises en charge par des membres plus âgés des Focolare pour des sortes d’enseignements ou groupes de partage.

Anatole en juillet 2023 au Défap, pour la session de formation des envoyés © Défap

Que m’a apporté la formation ?

Avant de partir l’année dernière pour ma première année de volontariat, j’avais reçu une formation assez complète par la DCC et similaire à celle du Défap.

J’ai retrouvé cette semaine les mêmes modules que ceux de la DCC, avec quelques différences (notamment sur le module Anthropologie que j’ai trouvé très intéressant). Cette session a néanmoins été pertinente pour moi, dans le sens où la formation étant plutôt dédiée à l’Afrique (je n’inclus pas l’Égypte dans l’Afrique d’un point de vue culturel et de fonctionnement), m’a permis de découvrir de nouvelles méthodes de fonctionnement au sein des cultures et une vision différente sur l’interculturalité ou le fonctionnement administratif, comme la justice.

J’ai pu également partager mon expérience avec les autres futurs volontaires, dont certains également sont déjà partis. Le partage de nos expériences est très enrichissant. J’ai également rencontré Marion qui me rejoint l’année prochaine au foyer et j’ai pu lui expliquer le fonctionnement du foyer, la vie sur place et ainsi lui permettre de partir dans les meilleures conditions possibles et pleine de motivation !




Marie-Eugénie : aider au fonctionnement d’un hôpital du Cameroun

Son rôle au sein de l’hôpital Djoungolo, à Yaoundé : appuyer les programmes de santé publique. Avant son départ, sa participation à la session de formation des envoyés lui a permis de se familiariser avec les enjeux de la rencontre interculturelle et interreligieuse.

Marie-Eugénie lors de la session 2023 de formation des envoyés du Défap © Défap

 

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Le grand départ.

Ayant depuis plusieurs années la volonté de m’engager dans un projet humanitaire, le volontariat de solidarité internationale s’est imposé à moi comme le meilleur moyen de découvrir une nouvelle culture et de me permettre de développer des compétences professionnelles et humaines en lien avec les valeurs d’entraide et de solidarité particulièrement importante pour moi. Outre le fait d’apporter mes compétences professionnelles à un projet de développement, c’est avant tout la rencontre avec les autres et avec moi-même qui me motive à partir.

Forte de plusieurs expériences dans le domaine médico-social et diplômée d’une licence en santé publique. Mon rôle à l’hôpital Djoungolo de Yaoundé sera de venir en appui aux programmes de santé publique. Ainsi je pourrai coordonner, concevoir, initier et mettre en œuvre des projets de prévention, éducation en santé de promotion de la santé à destination des populations locales et des professionnels. En développant l’action communautaire en santé c’est à dire les efforts entrepris collectivement par une communauté pour augmenter sa capacité à agir sur les déterminants de sa santé et ainsi améliorer son état de santé.

Marie-Eugénie lors de la session 2023 de formation des envoyés du Défap © Défap

Pour cela, ces 10 jours de formation au départ passés au Défap m’ont permis d’ouvrir les yeux sur plusieurs notions théoriques autour de la rencontre interculturelle et interreligieuse. La connaissance de ces concepts et notions me permettra de pouvoir m’intégrer plus facilement dans ce nouvel environnement et d’appréhender au mieux les différentes situations que je pourrais rencontrer sur le terrain. Au-delà de l’aspect théorique et pratique, cette formation est déjà un premier lieu de rencontres riches en échange et en découverte.

Je garderai donc un bon souvenir de cette formation qui marquera le début de cette nouvelle aventure en tant qu’envoyée qui, j’en suis sûre, sera très enrichissante dans mon parcours de vie.

Marie-Eugénie lors de la session 2023 de formation des envoyés du Défap © Défap




Luc : aider au développement de l’école Kallaline à Tunis

Engagé dans l’humanitaire depuis de nombreuses années, Luc revient sur ce qu’il a pu découvrir et vivre au travers de ses différentes missions, au moment où il s’apprête à occuper un poste de chef de projet au sein de l’école Kallaline de Tunis.

Luc pendant la formation des envoyés – juillet 2023 © Défap

 

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Je suis à la fin d’une carrière humanitaire, au sens vrai de ce terme c’est à dire centrée sur sauver des vies (sans se préoccuper des âmes même quand j’ai travaillé à de nombreuses reprises avec des organismes chrétiens et aussi à deux reprises avec une organisation musulmane).

Je veux désormais travailler sans me préoccuper d’argent ni d’avantages sauf ceux liés à mon assurance retraite qui est bien maigre au moment où j’écris cette première lettre.

L’intérêt d’un poste VSI, poste souvent, peut-être même toujours junior, à ce moment de ma vie professionnelle et personnelle est de m’offrir l’opportunité de travailler en contact avec les bénéficiaires ce que j’ai eu assez peu d’occasions de faire.

Le très gros intérêt d’un poste senior est d’avoir de l’influence sur les programmes, sur les résultats, et d’impacter sur le bien-être de centaines, souvent de milliers de personnes. Ces responsabilités m’ont amené beaucoup de satisfactions et de soucis. J’espère qu’occuper ce poste junior en Tunisie ne va pas m’amener beaucoup de frustrations et de soucis.

Après le COVID qui a sonné la fin de carrière pour des dizaines de ‘vieux’ humanitaires, je me suis tourné vers des postes plus juniors à deux reprises sans beaucoup de satisfactions. Le premier en protection des enfants au Sénégal, le second en droit humain et promotion des Peuples Autochtones Pygmées en RDC.

Réfléchissant dans ma petite tête je suis arrivé à l’hypothèse que la raison de mes déceptions professionnelles, et aussi personnelles en ce qui concerne le poste en RDC, n’est pas due au job lui-même mais au fait que l’encadrement n’était pas assez professionnel, et j’écris cela sans amertume aucune et même sans rancœur vis-à-vis de mes deux organismes d’envoi qui étaient animés pour le premier par un cœur ‘gros comme ça’ qui a voilé le besoin d’un comportement professionnel, et pour le second par le manque d’expérience puisque mon poste était une création et de plus la RDC est un pays extrêmement complexe.

Luc pendant la formation des envoyés – juillet 2023 © Défap

Je me souviens de mes débuts au centre social de l’Église Évangélique du Cameroun sur la station missionnaire de Ndoungue au pied du mont Manengouba. Arrivé avec une petite ONG en tant que volontaire j’ai apprécié d’être rapidement pris en charge par le Défap. Outre le fait que mon indemnité m’a permis de mieux vivre j’ai vécu un encadrement de qualité. Les collègues au siège savaient ce qu’ils devaient faire, ils étaient préparés à des situations compliquées, ils ne bottaient pas en touche à chaque difficulté. Quand il y a eu un différend entre l’EEC et moi à propos de la prise en charge des mères célibataires pour lesquelles j’étais le référent, le Défap a rapidement entendu mes doutes éthiques sans prendre partie ce qui était appréciable. Aujourd’hui repartir avec le Défap pour terminer ma carrière me semble être une fin assez logique à mon engagement professionnel.

La Tunisie offre aussi d’autres avantages. Du moins vu d’Europe et j’espère cette fois ne pas me tromper. D’abord pour quelqu’un qui commence à être rompu à la vie africaine et aux diverses cultures du continent, la Tunisie, arabophone, représente un challenge que m’offrent de moins en moins les pays de l’Afrique sub-saharienne. Le climat, proche de l’Occitanie de mon enfance, va être presque nouveau pour moi. La cuisine aussi et j’adore cuisiner. Un autre challenge, que je vis comme une marque de confiance, est qu’il me semble que l’école compte beaucoup sur mon expérience pour se développer après avoir pas mal chuté d’après les personnes avec lesquelles j’ai déjà eu l’occasion de parler. J’ai déjà dit que je ne sais pas faire de miracles et on m’a répondu qu’on n’en attend pas.

Luc pendant la formation des envoyés – juillet 2023 © Défap

Dans ce contexte j’appréhendais un peu la formation car je craignais d’y être poussé à prendre beaucoup de place compte-tenu de mon expérience, mais au contraire j’y ai trouvé un terrain convivial mêlé à un sentiment de partage et nourri par des échanges de qualité. Sur la vingtaine de personnes en formation il n’y en aurait que deux, peut-être trois, avec lesquelles j’aurais du mal à travailler mais il est possible que je me trompe, que mon jugement soit faussé. J’ai beaucoup de mal avec le mysticisme évangélico–pentecôtiste de 3 ou 4 personnes mais les qualités humaines de ces mêmes personnes m’ont bien aidé à faire l’impasse. Ayant fréquenté une de ces Églises, c’était au Kenya et cela a duré 3 ans si je me souviens bien, je nourris une grosse suspicion pour leurs faux pasteurs dont l’enseignement est d’abord destiné à soutirer un maximum d’argent aux crétins, dont j’ai été, qui assistent à leurs cultes.

Les modules sont de grande qualité. Mes préférés ont été l’interculturalité d’Évelyne et les rencontres interreligieuses. Lors de mes discussions avec les autres membres du groupe j’ai été surpris d’entendre que ce sont ceux qui ont eu moins de succès. Pour moi le contenu de ces deux modules a réveillé mes intérêts; surtout celui d’Evelyne qui a le mérite de théoriser des choses que j’ai vécues sur le terrain sans jamais avoir eu l’occasion de les analyser.

Voici donc où j’en suis après presque deux semaines de formation et à un peu plus d’un mois de mon départ. J’espère que ma lettre d’avant Noël sera tout aussi confiante.




Sarah : en mission au sein d’un orphelinat à Madagascar

La décision de Sarah de partir en mission à Madagascar répond à une envie de s’engager pour autrui qu’elle éprouvait depuis de nombreuses années. Direction : le centre Akanisoa, qui regroupe une école et un orphelinat.

Sarah au Défap, en juillet 2023, pendant la formation des envoyés © Défap

 

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Depuis de nombreuses années j’ai envie de travailler avec les enfants dans l’humanitaire. Mon désir premier était de devenir institutrice pour pouvoir enseigner et apporter de l’aide dans des régions du monde où l’éducation n’est pas accessible pour tous ou difficilement, ou avec peu de moyens. C’est plus tard que j’ai découvert l’animation et que j’ai eu l’opportunité de travailler en périscolaire et d’obtenir mon BAFA.

J’ai réalisé que l’animation me correspondait vraiment, j’aime être au contact des enfants, de créer des liens, être à leur écoute et surtout créer un cadre sécurisé où ils peuvent s’épanouir. Apporter des loisirs et des activités où l’enfant peut s’amuser, se lâcher, se dépenser. Ce qui me motive à partir c’est principalement l’envie d’apporter de la joie et de partager l’amour de Dieu aux enfants.

Sarah au Défap, en juillet 2023, pendant la formation des envoyés © Défap

Je vais donc partir en mission à Madagascar, au centre Akanisoa qui regroupe un orphelinat et une école.

Il accueille chaque rentrée scolaire depuis une dizaine d’années un volontaire en mission qui vient soutenir les activités des enseignants et intervenants et contribue ainsi à ce que l’éducation soit accessible à tous. Mes différents rôles seraient : aide aux devoirs et ateliers pour aider à la pratique orale du français; animations socio-éducatives et activités ludiques; accompagner des activités extrascolaires.

J’ai pu participer à la formation du Défap et je suis bien heureuse d’être venue. Le groupe était très diversifié et a été très vite soudé. J’ai pu écouter les témoignages de certains et partager quelques des miens, nous avons eu beaucoup d’échanges enrichissants. La formation en soit m’a apporté des clés pour mon voyage et des connaissances sur des sujets qui m’étaient inconnus ou peu connus. Ce séjour de dix jours était très enrichissant par son contenu et les liens tissés avec les autres envoyés, il est passé si vite ! Mon plus grand défi sera d’essayer de m’intégrer au mieux dans une culture très différente de la mienne.

Je prie que Dieu m’aide et me guide tout au long de cette mission. Que je puisse être à l’aise et confiante dans ce que je ferai. Je prie aussi pour ma santé et ma sécurité.

Maintenant il ne me reste plus beaucoup d’étapes et ce sera le grand départ !

Sarah au Défap, en juillet 2023, pendant la formation des envoyés © Défap




Marion : en mission de soutien scolaire en Égypte

Très tôt, Marion a ressenti le besoin de s’engager pour les autres. La voilà désormais en mission. Direction : l’Égypte pour une double mission d’enseignement du français et d’aide aux devoirs, après avoir participé à la session de formation des envoyés du Défap.

Marion lors de la session de formation au départ © Défap

 

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Bonjour,

Je m’appelle Marion, j’ai 23 ans, et je pars en septembre en Égypte.

J’ai toujours été animée par le désir d’être utile aux autres, j’ai toujours eu pour projet de mettre à disposition mes connaissances au service d’une mission. Ma mère est bénévole aux Restos du cœur. Petite, elle m’emmenait lors des distributions de repas, et j’ai eu très vite la notion de solidarité. Plus tard, j’ai donc moi aussi été bénévole aux Restos du cœur, lors des collectes nationales et la distribution de denrées alimentaires. J’ai aussi eu la chance de voyager dans de nombreux pays. Ces voyages m’ont permis de communiquer, de vivre avec des personnes ayant des tempéraments et des cultures très variés.

Ces expériences m’ont appris à m’adapter à tous les types de personnalité et de culture. C’était donc pour moi une évidence qu’un jour, je partirais m’immerger afin d’aider les autres.

Je pars donc pour le 1er septembre avec une “double” mission. Contribuer à l’enseignement du français au sein du New Ramses College en permettant aux élèves de développer leur maîtrise de langue à l’oral, et participer à l’aideaux devoirs pour les jeunes résidentes d’un foyer d’accueil de jeunes filles défavorisées qui suivent leur scolarité dans une école francophone.

La formation que l’on a suivie cette semaine m’a apporté plusieurs choses.

Marion lors de la session de formation au départ © Défap

Dans un premier temps, de rencontrer des personnes inspirantes, avec des projets divers, plus touchant les uns que les autres. Ensuite, de pouvoir rendre mon projet concret, car à l’origine, je venais dans cette formation sans avoir encore de destination, et c’est en parlant avec chacun que j’ai pu me décider. Le rendre concret aussi en ayant des témoignages de personnes étant déjà parties. J’ai aussi pu m’armer de beaucoup d’outils afin de mieux appréhender l’inconnu, et surtout la gestion d’une vie différente sur tous les points, la langue, la culture, la religion, les coutumes, la sécurité.

J’ai hâte de partir, de découvrir ce que cette nouvelle vie va m’apporter.

À bientôt dans ma prochaine lettre.

Marion lors de la session de formation au départ © Défap




Sophie : un départ pour enseigner le français en Tunisie

La mission de Sophie, partie mi-septembre pour Tunis : aider à la pratique de la langue française à l’école Kallaline… Voici sa première lettre de nouvelles, rédigée au moment de la session de formation des envoyés du Défap.

Sophie lors de la session de formation au départ des envoyés © Défap

 

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– Ah oui ? Sophie va partir ? Elle part où ?
– En Tunisie.
– En vacances?
– En fait, elle y va comme volontaire.
– Volontaire : pour des vacances ? Eh ! Pour des vacances, moi aussi je suis volontaire !
– Très drôle !! Elle y va en tant que V.S.I. :Volontaire de Solidarité Internationale. C’est une forme de… coopération, genre humanitaire, service civique, etc. En gros, elle rejoint une mission d’intérêt général.
– Ah !? Mais le service civique, c’est seulement pour les jeunes, que je sache !!
– Et ça consiste en quoi, exactement ?
– Elle m’a dit qu’elle y va pour faire, je cite, du « soutien à la pratique du français », dans une école, à Tunis.
– Whaouh ! Alors ça, j’aurais pas imaginé !!!
– Eh ben, moi, ça ne m’étonne qu’à moitié !
– Ah oui !?
Et tu sais quand elle va partir ?
Au fait, elle va devoir laisser son boulot ?
Et puis, en Tunisie, les gens parlent l’arabe ; elle parle arabe, Sophie ?
Et pour ce qui est du logement, … ?
– STOP ! Tu poses trop de questions !
Ce que je sais, c’est qu’elle devrait partir début septembre, que ce sera pour 1 an, et qu’elle écrira des lettres de nouvelles pour nous tenir au courant.
Alors, tu sais quoi ? : rendez-vous à la prochaine « Newsletter » !!!
– OK, vivement la suite
(… Et, au fait, elle revient pour Noël ?)

Sophie lors de la session de formation au départ des envoyés © Défap

Tunisie, me voici !!!

À première vue, un pays accueillant et à taille humaine :
4 fois moins étendue que la France (168.000km2 et 672.000 km2)
et 6 fois moins peuplée (12 millions et 68millions d’habitants)
Rendez-vous à Tunis, la capitale !
A l’école Kallanine !
Une école qui a plus de 150 ans d’histoire
multiculturelle, cosmopolite,
et qui a le Label France Education.
Ma mission : aider à pratiquer la langue française,
ce qui pourra prendre de multiples formes.
J’en saurai plus sous peu, car la rentrée est prévue mi-septembre
À suivre, donc …

Partager la langue française :
Comme le chantait Yves Duteil :

C’est une langue belle à l’autre bout du monde
Une bulle de France au nord d’un continent
Sertie dans un étau mais pourtant si féconde
Enfermée dans les glaces au sommet d’un volcan
C’est une langue belle à qui sait la défendre
Elle offre les trésors de richesses infinies
Les mots qui nous manquaient pour pouvoir nous comprendre
Et la force qu’il faut pour vivre en harmonie

Que réserve demain ?

Pour se préparer à la mission, le Défap nous apporte de nombreuses informations.
Le Défap : le Département Evangélique Français d’Action Apostolique.
Il nous explique que quand on est ‘envoyé’, on s’inscrit dans l’Histoire,
dans une histoire qui nous dépasse.
D’autres sont partis avant nous, et d’autres partiront après nous.

“L’un sème, l’autre arrose, …” et au-delà de nosactions, l’œuvre croît.
Qu’il y ait toujours sur mon sentier
de la lumière pour éclairer
mon prochain pas et le suivant
jusqu’à atteindre le couchant.

Merci d’avoir lu cette lettre de nouvelles.
À bientôt pour la suite.




Johan : les défis du Tchad face au changement climatique

Le Tchad est l’un des pays les plus exposés aux risques de pénurie d’eau du fait du changement climatique. Johan s’est engagé dans un projet visant à former des habitants de zones arides à des techniques de forage manuel pour pouvoir creuser leurs puits de manière autonome. Voici sa première lettre de nouvelles, à l’issue de la session de formation des envoyés du Défap.

Johan lors de la session de formation des envoyés 2023 © Défap

 

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Après avoir passé un an au Tchad en tant que manager technique d’une station missionnaire, nous retournons en famille servir dans ce pays. Le Tchad est un pays fascinant au cœur du Sahel, enclavé dans le centre de l’Afrique. De nombreuses cultures se rencontrent au sein même du pays dans des paysages très variés : le désert aride, les plaines agricoles du Sahel et les terres argileuses subéquatoriales. Chaque région a ses avantages et inconvénients, mais dans son ensemble, le pays reste très peu développé. Comme il est enclavé au cœur de l’Afrique, peu de matériaux y transitent, ce qui fait qu’il se développe plus difficilement que les pays côtiers voisins comme le Cameroun, le Nigéria ou le Soudan.

Aggravé par le changement climatique, les habitants de certaines régions du Tchad se retrouvent en manque d’eau pendant la saison sèche. L’eau de surface se fait rare, il faut aller la puiser profondément. Pour cela, il faut faire des forages de puits. La région du Salamat, dans le Sahel, est très touchée par ce phénomène à tel point que 15 ans auparavant seulement 35% de la population avait accès à l’eau potable. La mission américaine TEAM a donc commencé à creuser des puits dans cette région. J’ai pu les rencontrer les derniers mois de mon premier terme pour découvrir les procédés de forage et analyser le besoin. Une grande partie des puits commencent à vieillir et ont besoin de maintenance. La plupart du temps les puits en dysfonctionnement sont juste abandonnés et les habitants retournent à leurs anciennes méthodes – et donc à l’eau de surface contaminée bactériologiquement – ou migrent vers d’autres villages. Devant un tel besoin, je suis très motivé à repartir pour faire le suivi des puits réalisés et entreprendre un travail de maintenance.

Johan lors de la session de formation des envoyés 2023 © Défap

À terme, la mission a pour projet de former des tchadiens à des techniques de forage manuel afin de devenir autonome dans la région. Une technique manuelle nigériane a déjà été testée dans différents types de sol et toute une région semblerait propice à son utilisation. Ce procédé à moindre coût permettrait aux populations locales de ne plus dépendre des moyens mécanisés venant de l’occident. Il en est de même pour la formation de techniciens de maintenance qui par leur travail pourrait pérenniser le bon état des puits sans notre présence.

Le projet de développement s’inscrit dans le cadre d’un Volontariat de Solidarité International en partenariat avec le Défap, où je suis actuellement en formation au départ. Cette formation m’a permis de me former sur des nouveaux sujets comme l’interculturalité, la géopolitique et l’anthropologie, qui m’ont amené à une meilleure compréhension des relations entre les peuples. Il était très intéressant de passer du temps avec d’autres envoyés de différents pays et d’entendre leurs témoignages de vie. Nous avons pu partager un bon nombre de connaissances et s’encourager mutuellement. Maintenant il n’y a plus qu’à préparer le départ, le mois prochain.

Johan lors de la session de formation des envoyés 2023 © Défap




Nicola et Alain : accompagner l’Église protestante francophone en Égypte

Pasteure de l’Église protestante unie de France, Nicola est envoyée par l’ACO (Action chrétienne en Orient) et DM (l’homologue suisse du Défap), en lien avec le Défap et la Ceeefe (la Communauté des Églises protestantes francophones) pour accompagner les paroisses du Caire et d’Alexandrie.

Nicola et Alain dans le jardin du Défap © Défap

 

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Bonjour à vous toutes et tous,

Nous voici à quelques semaines avant le départ en Égypte, Nicola comme pasteur, Alain comme compagnon précieux.

Qu’est-ce qui nous motive ?

Nicola :
C’est un appel, de l’ordre de la folie de Dieu (1 Co 1, 18-25) : Mettre à disposition ce que
je pourrai apporter dans ce pays du Moyen-Orient que j’ai pu connaître à différentes étapes de ma vie. Cette fois-ci j’irai comme pasteur. Suivre l’appel de Dieu signifie de manière chaque fois plus approfondie, faire confiance en Lui, à chaque instant. Oui, je veux bien mettre au service mon expérience, pastorale, multiculturelle, œcuménique, inter-religieuse, humaine… Et il est étonnant d’observer les chemins de Dieu : Pourquoi avais-je fait, dans une ancienne vie, un Masteren Islamologie ?

Ce sera un ministère assez différent qui, à nouveau, demandera tout mon Être, et il y aura plein de choses à découvrir…

Ma motivation la plus profonde est alors de me mettre au service de Jésus-Christ, d’être un humble maillon de l’Eglise Universelle, d’être présente dans ce coin du monde.

Alain :
Nicola, mon épouse arrivait à la fin de son mandat de 12 ans de pasteure dans le poste à Perpignan et nous devions réfléchir à un autre point de chute.
A ce moment, nous étions, tous les deux, délégués au synode national d’octobre 2021 à Sète et nous avons entendu cet appel, par l’intermédiaire de la présidente du conseil presbytéral de l’église protestante de Guyane, à élargir « l’espace de notre tente » et de sortir de notre « zone de confort ».
Chez moi, cet appel a fait « tilt » et je me suis dit :« Oui, pourquoi pas ! partir vivre ma foi à l’étranger, la confronter et l’enrichir au contact d’autres expressions ». Me mettre entièrement au service du Seigneur, sans savoir encore vraiment quelle forme cela prendra. Partir et vivre de la confiance de Dieu qui me dit comme il l’a dit à Abram en Genèse 12,1 : « Quitte ton pays, ta patrie et ta famille et va dans le pays que je te montrerai ». Pour l’anecdote, Abram avait, selon les Écritures, 75 ans quand Dieu l’a appelé et moi, j’aurai fêté mes 70 ans deux semaines avant de prendre l’avion avec un billet seulement aller, le jeudi 7 septembre prochain. Le parallèle s’arrête là.

Alain dans le jardin du Défap © Défap

Quelle sera notre mission ?

Nicola:
Alors, je serai pasteur de l’Eglise Protestante Francophone en Égypte, mise à disposition par l’EPUdF, envoyée par l’ACO et DM, en lien avec le Défap et la Ceeefe.

Ce qui implique :

Accompagnement de la paroisse en Alexandrie, avec, comme composition principale, les étudiants (doctorants et plus)de l’Université de la francophonie Senghor ;travail diaconal (un projet avec des femmes en capacité réduite) ; lien avec les autres Églises, égyptiennes ou étrangères, et déjà sous le toit de notre temple, avec l’Église protestante soudanaise.

Au Caire, accompagnement de la paroisse protestante francophone qui est composée en grande majorité de migrants originaires de différents pays subsahariens. Un de nos défis sera d’accueillir une assemblée plus élargie. Accompagnement de projets diaconaux comme « Joie d’enfants » (structure d’accueil scolaire pour les enfants de migrants qui n’ont pas d’accès à l’enseignement officiel), un foyer de jeunes filles coptes… Nous serons aussi un point de chute pour les volontaires qui viennent de France, de l’ACO, du Défap ou autres.

L’autre volet de mon ministère sera le contact avec les Eglises protestantes égyptiennes (le Synode du Nil) et les partenaires des projets de l’ACO sur place (traduction de livres théologiques ; travail pour le vivre ensemble),avec les autres Eglises chrétiennes et, on verra ce qui adviendra encore.

Il faudra d’abord être présent, bien ancré, les yeux et le cœur ouvert.

Alain :

En premier lieu, comme je le faisais déjà en France : accompagner mon épouse dans son ministère pastoral. Ensuite, m’engager dans les projets diaconaux existant et qui sont à développer.

Mettre à disposition des paroisses du Caire et d’Alexandrie, en toute humilité, mes modestes compétences.

Et je suis persuadé que notre Seigneur a déjà préparé tout un plan de travail. A moi d’être ouvert à celui-ci !

Nicola et Alain lors de la formation des envoyés du Défap © Défap

Que nous a apporté la formation ?

Nicola :
C’est une belle opportunité de reprendre le temps de réflexion sur l’interculturalité et l’interreligieux, la géopolitique et la gestion de conflits, la santé et la sécurité, la mission…Merci ! J’ai bien profité de la bibliothèque du Défap et j’apprécie la longue histoire de mission et de missionnaires ainsi que toute l’évolution à travers ces deux siècles – On sent l’esprit de cette ouverture, de la rencontre et de la curiosité de l’autre, promu par l’Amour du Christ, dans tout ce lieu qu’est le 102 boulevard Arago.

Alain :
Ce temps de 10 jours de formation, même s’il n’est pas obligatoire pour les pasteurs et leur conjoint, est une opportunité et aussi un temps mis à part pour tous les futurs envoyés pour faire le point sur leur motivation, sur leur « atterrissage » dans un pays et une culture qui leur sont peut-être inconnus ou connus partiellement.

C’est l’occasion de rencontrer d’autres envoyés, de 19 à 69 ans, issus d’Églises diverses ou de pas d’Église du tout et de se questionner sur sa foi, sa relation à Dieu.




Romain : en mission auprès des enfants de Madagascar

Romain est parti en famille à Madagascar pour aider les enfants des rues. Avec comme objectif la construction d’un village pour les accueillir…

Romain lors de la session de formation au départ, en juillet 2023 © Défap

 

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Pourquoi partir en mission à plus de 10 000 km avec toute sa famille… c’est une question qui nous a souvent été posée.

Même les membres de notre famille, sans l’avoir forcément dit à haute voix, se sont également questionnés sur le sujet.

En fait, partir en mission, ça reste toujours une aventure avec comme dans toute aventure des incertitudes, des questions sans réelles réponses… et c’est souvent ici que prend racine ce « pourquoi » ? Pourquoi partir si loin alors qu’ici aussi il y a de la pauvreté, ici aussi il y a besoin d’accompagnement social…

L’apôtre Paul aurait pu lui aussi choisir de rester en terre connue mais « l’appel », « la mission » que Dieu avait pour lui était tout simplement autre… et c’est vrai, c’est souvent vers cet autre que Dieu nous invite à partir servir et rejoindre.

Pour notre famille, l’appel fut net un soir dans une ruelle sombre de la capitale malgache. Pourtant, rien ne nous invitait à tout quitter pour venir servir les enfants des rues…

Nous étions bien installés en France, notre mais on venait d’être enfin rénové après 5 années de travaux et nous avions largement investi notre Église…

Pourtant quand Jésus tend sa main et nous demande : « es-tu prêt à monter dans ma barque… » tout change… En tout cas, c’est ce qui s’est passé pour nous. En effet, souvent nous sommes dans nos prières en train de demander au père de nous montrer quoi faire et comment le faire. Nous lui indiquons dans les paroles des louanges que nous chantons en chœur le dimanche : « sers-toi de moi »… puis un jour, Jésus vous prend au mot et il vient.

Romain lors de la session de formation au départ, en juillet 2023 © Défap

Dans sa grâce, cela se passe toujours avec amour et passion mais pour autant l’appel, lui, est sincère et profond.

Répondre à ce choix de vie, de partir à l’aventure avec des enfants en bas âge est clairement un challenge. Marqués par une culture Française où la sécurité est devenu un mode de vie, il devient difficile de se défaire de ce principe pour partir et répondre à la proposition du Christ.

Nous avons donc cheminé, travaillé et construit un projet pour répondre à l’invitation d’aller servir les enfants des rues de Madagascar.

Aujourd’hui, en famille, nous travaillons à Madagascar auprès d’enfants extrêmement fragilisés… certainement oubliés de beaucoup. Notre objectif est d’aimer et aider les enfants de manière durable en leur permettant de suivre une scolarité de qualité répondant à leurs besoins et s’adaptant à leur retard.

Accompagnés d’une solide équipe malgache, nous sommes donc une fois par semaine, de nuit, auprès des enfants des rues et tentons (dans un premier temps) de prendre connaissance de leur situation et besoins pour construire une solution adaptée.

Deux années après avoir débuté ce travail de fond, nous avons maintenant débuté ce qui sera certainement la plus grande partie de notre service : la construction d’un village….

La suite de l’aventure au prochain épisode

Romain lors de la session de formation au départ, en juillet 2023 © Défap




«Ben» et la Tunisie : une Église qui s’engage contre l’avancée du désert

Paysan de par son histoire et ses racines, et chrétien convaincu dès l’enfance, Benoît Mougel a trouvé en Tunisie un lieu où concilier ces deux engagements. Dans ce pays où le réchauffement climatique et l’inadaptation des pratiques agricoles menacent chaque année des milliers d’hectares de terres cultivables, l’ERT (l’Église réformée de Tunisie) soutient l’action de l’association Abel Granier afin de former les populations rurales à des méthodes de culture capables de rendre aux terres leur fertilité.

« Ben » et la Tunisie : une Église qui s’engage contre l’avancée du désert


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