Venez célébrer les 50 ans du Défap avec nous !

Samedi, le 18 septembre, a lieu le rendez-vous festif du Défap organisé dans le cadre de ses Journées Portes Ouvertes : une journée de retrouvailles pour anciens envoyés, de rencontres avec des envoyés pour tous les visiteurs… Avec, au menu pour toutes et pour tous, musique et jam session, chorale, présentation du travail littéraire de Cécile Millot et Manior… Le tout suivi d’un banquet du monde auquel vous êtes conviés ! N’oubliez pas de vous inscrire ; et pour le programme de la journée, tout est ici :

L’occasion pour les anciens envoyés de se retrouver mais aussi pour toute personne intéressée de fêter ce cinquantenaire. Si vous voulez participer au repas du soir, n’oubliez pas de le signaler ! Voici le lien pour s’inscrire

Au programme :

• 10h : Accueil – Retrouvailles et rencontres
• 12h-13h45 : Déjeuner
• 14h-15h : Présentation des publications d’anciens envoyés : Manior pour sa BD « Les deux pieds en Afrique » (vente en avant première et dédicace de la BD sur place) et Cécile Millot pour son projet de roman récit de voyage.
• 15h-16h15 : Jam session. Ceux qui jouent de la musique peuvent apporter leur instrument pour participer !
• 16h30-17h30 : Chorale Jeunesse d’Action Protestante Évangélique de l’EPC Europe
• 17h30-18h30 : Temps libre et jam session
• 18h30 : Apéritif
• 20h : Banquet du monde (découvrez des plats de différents pays) et gâteau d’anniversaire !

Et bien entendu, tout au long de la journée, vous pourrez aussi prendre part aux animations en continu :
• Visiter l’exposition réalisée par la bibliothèque à l’occasion des 50 ans du Défap
• Vous initier à l’escape game
• Découvrir notre coin Témoignages
• Visiter la mini-maison du Défap, un bon moyen de découvrir le Service Protestant de Mission pour les plus petits… et les moins jeunes !
• Visiter notre stand philatélie




Retour sur la conférence théologique avec Gilles Vidal et Pierre Diarra

Le christianisme, partout où il a été apporté, a créé de nouvelles manières de vivre, de nouvelles conceptions du monde, tout en étant mis au défi d’apporter des réponses aux enjeux locaux ; d’où la question du dialogue avec les traditions locales, qui se retrouve chez les protestants comme chez les catholiques à travers les concepts de «contextualisation» ou «d’inculturation». Jusqu’où le christianisme peut-il se glisser dans une culture, jusqu’où une culture peut-elle devenir chrétienne ? À l’occasion de ses journées Portes Ouvertes, du 10 au 19 septembre, le Défap a invité Gilles Vidal et Pierre Diarra pour un dialogue fécond lors d’une conférence : Regards croisés sur l’Afrique et le Pacifique. Retrouvez-la ici en intégralité.

Gilles Vidal (à gauche) et Pierre Diarra (à droite) lors de la conférence théologique dans la chapelle du Défap

De l’Afrique au Pacifique, il y a quelques milliers de kilomètres et des cultures fort différentes… avec, pourtant, des convergences lorsqu’on y étudie la diffusion et l’appropriation de l’Évangile. Quel a été au juste le rôle des missionnaires et comment leur image a-t-elle évolué, quelles relations se sont établies entre l’annonce de la religion nouvelle et les cultures existantes, comment ce nouveau message et les comportements ou relations dans les sociétés touchées se sont-ils mutuellement transformés, et avec quelles conséquences théologiques, mais aussi sociales d’hier à aujourd’hui ? C’est une double approche et une double perspective que Gilles Vidal le protestant et Pierre Diarra le catholique ont offert lundi soir aux participants de la première des deux conférences du Défap organisée à l’occasion de ses journées Portes Ouvertes, du 10 au 19 septembre 2021. L’un, né à Strasbourg, est parti à la découverte du Pacifique, où il a été envoyé du Défap et a notamment enseigné au Centre de Formation Pastorale et Théologique de Béthanie, à Lifou, en Nouvelle-Calédonie. L’autre, né chez les Bwa du Mali, a fait une grande partie de ses études à Paris, dont un doctorat à la Sorbonne. Tous deux théologiens, tous deux faisant dialoguer foi et culture, ils ont proposé pendant deux heures dans la chapelle du Défap leurs «Regards croisés sur l’Afrique et le Pacifique. Une théologie qui se vit et une théologie qui se pense (contextualisation et inculturation)».

L’intégralité de la conférence de Gilles Vidal et Pierre Diarra

Si les missionnaires ont dû trouver dès l’origine des moyens concrets d’annoncer l’Évangile dans des contextes très différents, l’accent mis sur la relation entre l’Évangile et la culture, vue comme une question cruciale pour la mission chrétienne, est un phénomène plus récent. On parle soit de «contextualisation», soit «d’inculturation», ou de «dialogue entre les conceptions du monde». Les néologismes «contextualisation» et «inculturation» sont apparus presque simultanément dans les milieux de la théologie protestante et de la théologie catholique au cours des années 70 : le premier en 1972 lors d’une Assemblée Générale du Fonds pour l’Enseignement Théologique (Theological Educational Fund), le second étant en germe dès 1974 lors du synode des évêques d’Afrique et de Madagascar sur l’évangélisation, avant d’apparaître véritablement au synode de 1977 sur la catéchèse. Avec une différence d’approche entre les deux traditions, christologique côté protestant et ecclésiologique côté catholique ; avec une part d’irréductibilité de l’Évangile à la société et de la société à l’Évangile, côté protestant, comme l’a souligné Gilles Vidal, et côté catholique, comme l’a noté Pierre Diarra, une volonté non seulement d’annoncer l’Évangile mais aussi d’accompagner tous les changements dans la société impliqués par la réception de la foi chrétienne. Ce qu’a résumé Gilles Vidal en évoquant la «tension entre deux pôles», l’Évangile et la société, qui marque la contextualisation, quand l’inculturation est plus marquée par une «absorption»…

Des théologies engagées

Mais dans un cas comme dans l’autre, ces concepts ont été élaborés sous l’impulsion de théologiens du tiers-monde qui voulaient «décoloniser» le discours et la pratique théologique qu’ils avaient hérités des missionnaires. Et ce regard désormais plus critique posé sur le phénomène missionnaire, apporté par le monde occidental et ayant formaté la foi chrétienne outre-mer, a eu, et a encore, des traductions théologiques profondes. Avec comme conséquences de nouvelles manières de s’engager dans la société. Dans les Églises protestantes du Pacifique, les critiques ont pu prendre les formes suivantes : le christianisme missionnaire a importé la culture occidentale, non l’Évangile ; les missionnaires ont réfléchi à partir de leurs propres problématiques occidentales ; ils ont importé leurs propres divisions ; ils ont rejeté certaines coutumes bonnes. D’où, en réponse, la redécouverte des fondements de la culture locale et l’élaboration d’une théologie contextuelle tournant autour du «fenua», la terre : Dieu a créé le «fenua», il était déjà là avant les missionnaires ; Dieu parle à travers le «fenua» comme à travers la Bible ; le Christ est la sagesse du «fenua» – la noix de coco et l’igname en sont les signes, avec une transformation de la Cène. Une herméneutique spécifiquement ilienne va émerger dans le Pacifique (on ne lit pas la Bible de la même manière selon que l’on est au cœur d’un continent, ou que l’on vit sur une île) et va faire bouger les lignes, redistribuer les perspectives entre ce qui est essentiel ou ce qui est plus aux marges du texte biblique. Parallèlement, c’est un discours très anticolonial qui se développe, avec à la fois un engagement en faveur de l’environnement (et contre les essais nucléaires français) et un engagement social (thématique du pauvre : dans le Pacifique, le pauvre, c’est d’abord celui qui a perdu son identité, ses racines, du fait de la colonisation ; il faut lui redonner une identité et une dignité).

En Afrique, le message porté par les missionnaires catholiques s’est traduit dans un premier temps par une émancipation des traditions locales ; mais face au poids du contexte social, culturel et familial, les missionnaires ont dû reconnaître dans un second temps que si les nouveaux convertis restaient isolés, ils ne pourraient tenir longtemps ; d’où l’apparition de villages chrétiens, voire de quartiers chrétiens dans les villes. Mais à partir de la période des indépendances, ces communautés et ces Églises ont dû faire face à l’accusation d’être inféodés aux Occidentaux. Là aussi, les questionnements théologiques ont été profonds, touchant même à la question du salut : ce salut est-il recevable du point de vue africain ? La logique d’isoler un individu de son contexte, de sa communauté pour lui apporter un salut personnel est-elle recevable – peut-on être sauvés ensemble ou doit-on l’être séparément, au risque d’y perdre ses proches ? Quid des ancêtres, très présents dans les cultures africaines ? Quant aux femmes : qu’ont-elles à dire, à recevoir dans cette théologie, par rapport à leur culture et à leurs traditions ? C’est dès lors, là aussi, une théologie engagée qui se développe ; et qui, en outre, ne craint pas d’affirmer le besoin de changer certaines traditions.




50 années du Défap s’exposent au 102 boulevard Arago

À l’occasion des célébrations de son Cinquantenaire, le Défap a organisé une exposition retraçant son histoire depuis les premières réflexions entamées au sein de la SMEP, jusqu’à aujourd’hui. Un travail de mise en perspective et en images que vous êtes invités à découvrir à travers une version web… et à admirer «en taille réelle» au 102 boulevard Arago. Cette exposition a aussi vocation à circuler : il suffira d’en faire la demande à la bibliothèque ; et, notamment pour les paroisses qui voudraient la réimprimer pour l’exposer elles-mêmes, les fichiers en haute résolution peuvent être envoyés sur demande.

Jean-François Faba, l’un des co-artisans de cette rétrospective, présentant l’exposition le soir de l’inauguration des Journées Portes Ouvertes © Défap

Le titre du premier des douze panneaux constituant cette exposition en donne déjà le ton : «À la recherche de voies nouvelles». Car depuis sa création, fin octobre 1971, le Défap est en devenir ; plus qu’une institution, c’est surtout une vision, celle de la possibilité d’entretenir des liens fraternels entre Églises tout autour du monde, en dépassant à la fois le poids de l’histoire coloniale et les chocs d’un monde qui se transforme à vive allure, bousculant de plus en plus tous les équilibres. Une vision avec ses fulgurances et ses ambiguïtés, ses avancées et ses timidités, que met aussi en lumière le travail réalisé par la bibliothèque du Défap, ses permanents et ses bénévoles : pourquoi deux institutions créées en 1971, Défap et Cevaa, plutôt qu’une ? Pourquoi avoir voulu dès l’origine remplacer le mot de «mission» ? Comment vivre concrètement l’interpellation mutuelle et fraternelle entre Églises-sœurs ?

Cette exposition sur l’histoire du Défap a été dévoilée le vendredi 10 septembre 2021, au cours de la soirée d’inauguration des Journées Portes Ouvertes du Défap. À cette occasion, Claire-Lise Lombard, la responsable de la bibliothèque du Défap, et Jean-François Faba, l’un des membres de l’équipe qui rendu possible cette rétrospective, se sont succédé à la tribune pour donner une première grille de lecture leur travail. Comme le souligne Claire-Lise Lombard, présenter ainsi le Service protestant de mission, c’est travailler pratiquement sur de l’histoire immédiate ; avec tout ce que cela implique de difficultés pour prendre du recul, sélectionner, contextualiser, illustrer.

Une invitation à poursuivre la réflexion

Des années 60, période de bouillonnement dans le monde des Églises issues de la Société des Missions Évangéliques de Paris, qui verra l’autonomie de ces communautés autrefois «filles» et la concrétisation progressive de la volonté de conserver des liens, jusqu’à l’ouverture au-delà des années 2020, cette exposition met l’évolution du Défap en parallèle avec les soubresauts de l’histoire contemporaine. Elle croise une approche temporelle, matérialisée par la frise chronologique qui court au bas de chaque panneau, et une approche thématique, à travers laquelle apparaissent les efforts du Défap pour faire vivre la vision d’origine tout en répondant aux grands enjeux politiques, économiques et sociaux de chaque période. Elle ne cache ni les interrogations ni les points de tension, mais invite à la poursuite de la réflexion… et à l’optimisme : 50 ans après sa création, le Défap permet toujours de tisser ensemble les histoires d’Églises de plusieurs continents à travers des projets, des envois de volontaires, de pasteurs, de professeurs de théologie, à travers l’accueil de boursiers, ainsi qu’à travers tous les visiteurs, de France et d’ailleurs, qui viennent se rencontrer et échanger dans ce lieu-carrefour qu’est la Maison des Missions…

Présentation de l’exposition «Le monde change, la mission aussi : Défap, 50 années au service des Églises» par Claire-Lise Lombard et Jean-François Faba

Cette exposition est visible tout au long des Journées Portes Ouvertes du Défap au 102 boulevard Arago, à Paris. Elle a aussi vocation à circuler dans toutes les paroisses des Églises membres qui en feraient la demande. Vous pouvez d’ores et déjà en retrouver une déclinaison web, avec la possibilité de télécharger le fichier de chaque panneau en basse résolution ; et pour tous ceux qui voudraient reprendre cette exposition en l’imprimant de leur côté en grandeur nature, il suffit d’en faire la demande auprès de la bibliothèque.




Journées Portes Ouvertes : retour sur l’inauguration

Les Journées Portes Ouvertes du Défap ont été lancées lors d’une soirée spéciale d’inauguration le vendredi 10 septembre 2021, en présence de nombreux amis et acteurs de la mission. Retrouvez ici les principales interventions qui ont marqué ce rendez-vous.

Discours de Joël Dautheville, président du Défap
Discours d’Emmanuelle Seyboldt, présidente de l’Église Protestante Unie de France
Discours d’Emmanuel Kasarhérou, président du musée du Quai Branly
Discours de Yann Delaunay, Délégué général de France Volontaires
Discours de François Clavairoly, président de la Fédération Protestante de France, lu par le président du Défap
Discours de Basile Zouma, secrétaire général du Défap
Présentation de l’exposition «Le monde change, la mission aussi : Défap, 50 années au service des Églises» par Claire-Lise Lombard et Jean-François Faba



Pascale Renaud-Grosbras : «la rencontre avec l’autre est vitale»

La pasteure Pascale Renaud-Grosbras a rejoint l’équipe du Défap en cours d’été au service Animation-France, où elle prend la suite de la pasteure Florence Taubmann. Rencontre.

Pascale Renaud-Grosbras lors d’un entretien radiophonique © Service protestant

Pascale Renaud-Grosbras, vous êtes arrivée dans l’équipe du Défap en juillet dernier… Un moment assez particulier pour le Service protestant de mission, qui célèbre ses 50 ans. Comment vivez-vous cette période ?
Pascale Renaud-Grosbras : Je suis encore dans la phase de la nouvelle venue, avec un regard extérieur, un peu naïf, qui permet de découvrir le travail d’une équipe et les questions auxquelles il faut répondre au quotidien dans une structure comme le Défap. J’ai étudié la missiologie à l’université, comme tous mes collègues pasteurs, mais arriver dans la vénérable Maison des Missions, boulevard Arago, me fait toucher du doigt l’histoire longue de tous ceux qui nous ont précédés. Il y a encore peu, on partait en terrain de mission dans des conditions précaires pour lesquelles il fallait se préparer longtemps : on apprenait à construire une maison, à cultiver de quoi se nourrir, on apprenait des rudiments de topologie, une langue nouvelle… bref, on partait sans forcément prévoir de rentrer, c’était une vocation à vie. Aujourd’hui, les envoyés sont à un avion de chez eux, pas beaucoup plus : on ne pense plus la mission de la même façon, déjà parce que les conditions concrètes ont profondément changé. On ne se prépare pas de la même façon non plus : aujourd’hui, une préoccupation importante de l’équipe du Défap c’est de transmettre un fond de connaissances sur les questions interculturelles, par exemple, et les futurs envoyés discutent beaucoup entre eux, et avec nous, de ce qu’ils apprennent à ce sujet. Nos Églises, aussi, nous interpellent de plus en plus à ce sujet. Les communautés sont de plus en plus mélangées, nos pasteurs sont parfois issus d’autres cultures : comment tout ça fonctionne-t-il, comment on peut l’accompagner ? Bref, j’ai encore beaucoup à découvrir, à réfléchir et c’est passionnant !

Le Défap, portait chinois : si c’était un animal, un fruit, une couleur, un instrument de musique, pour vous, ce serait… ?
Pascale Renaud-Grosbras : Un animal ? Un chat ! Parce que les chats ne supportent pas les portes fermées, et que je vois le Défap comme le signe que nos Églises ont vocation à ouvrir des portes.
Un fruit, exotique, sans doute, pour dire toute la diversité des lieux d’envoi aujourd’hui !
Une couleur ? Le « vert Défap », un beau vert opale qui fait partie de notre logo.
Un instrument de musique je ne vois pas, pour moi le Défap c’est plutôt un orchestre qui fait vivre des tonalités multiples.

Avant de devenir pasteure, vous avez eu une vie professionnelle bien remplie… Qu’est-ce qui vous a orientée vers cette nouvelle voie – et vers le Défap ?
Pascale Renaud-Grosbras : Je suis devenue pasteure parce que je suis tombée dans la marmite de la prédication : entendre prêcher l’Évangile puis me confronter moi-même au défi de trouver dans les textes bibliques l’étincelle de bonne nouvelle pour nos vies a été fondateur. J’étais une littéraire et l’exégèse a tout naturellement pris une place importante dans mon ministère, ça reste important jusqu’à aujourd’hui. Rejoindre l’équipe du Défap au poste d’animatrice, c’est faire le pari qu’on peut réfléchir ensemble aux défis de la mission aujourd’hui, en faisant confiance à l’intelligence collective. On peut s’appuyer sur les textes, sur l’histoire de la mission, pour prendre un nouvel élan et imaginer des choses nouvelles. C’est passionnant ! Partager l’Évangile et les questions que cela soulève, ça reste passionnant.

Peut-on y voir une relation avec la thèse sur l’hospitalité que vous préparez actuellement ?
Pascale Renaud-Grosbras : Je crois en effet que l’hospitalité est une clé intéressante pour penser la mission aujourd’hui. Les textes bibliques déploient beaucoup cette image pour dire la relation entre Dieu et les humains, pour essayer de nous ouvrir à une autre compréhension de qui est Dieu pour nous et de comment on peut le recevoir dans nos vies. Et puis bien sûr, il y a des injonctions à l’hospitalité : ça veut dire que se montrer accueillant, ça ne va pas de soi, mais que c’est un risque à prendre parce que la rencontre avec l’autre est vitale. Une partie de ma thèse s’intéresse aux pratiques d’hospitalité dans nos communautés : qu’est-ce que ça veut dire quand quelqu’un d’étranger à la communauté vient au culte et que personne ne lui parle ? Qu’est-ce que ça veut dire, qu’une communauté ait perpétué depuis des générations la pratique des repas partagés – et qui y participe ? Ces questions permettent de souligner qui est vu comme légitime ou non à prendre part à l’hospitalité. Pour la mission, c’est pareil, qu’on parle des envoyés depuis la France ou des gens reçus ici, il y a des choses à réfléchir du côté des pratiques et de la théologie sous-jacente.

Rêvons un peu : pour vous, à quoi ressemblerait le Défap idéal ?
Pascale Renaud-Grosbras : Le Défap idéal, c’est celui qui n’oublie rien de son histoire et qui en fait un tremplin pour aider les Églises à accomplir la mission qui leur est confiée : transmettre la belle, la bonne nouvelle, celle qui ne nous appartient pas, mais qui passe par nous. Je réfléchis beaucoup à la question de l’Église universelle – ou plutôt l’Église invisible dont parlaient les Réformateurs, celle dont seul Dieu connaît les contours. Celle-là, il ne nous est pas demandé de la construire, mais de l’habiter, avec les frères et les soeurs qui nous sont donnés. Elle nous préexiste et elle vivra encore après nous, mais nous avons un rôle à y jouer, librement. Ca passe par des actes très concrets : permettre à des jeunes et des moins jeunes de faire l’expérience de la vie dans une Église à l’autre bout du monde, accueillir des frères et des soeurs venus d’ailleurs, ça demande des qualités professionnelles pointues et beaucoup d’organisation. C’est du concret, de l’incarné. Et ça nous permet de ne pas nous replier sur l’illusion que nous sommes l’Église tous seuls, chacun dans notre coin. Le Défap idéal, c’est celui qui rappelle aux Églises qu’elles ne sont pas tout ce qui existe de l’Église !




Le Grand KIFF, c’est pour tout bientôt !

Du 29 juillet au 2 août, cette belle aventure pour les jeunes de 15 à 20 ans se déroule à Albi avec un thème plus que d’actualité : «La Terre en partage».

Détail de l’affiche du Grand KIFF © EPUdF

Après un rendez-vous reporté en 2020 pour cause de crise sanitaire, c’est le temps des retrouvailles : le Grand KIFF approche à grands pas. Organisé depuis 2009, ce rassemblement destiné aux jeunes de l’Église protestante unie de France offre l’opportunité à chacun et chacune de cheminer dans un parcours de foi personnel notamment à travers la lecture de la Bible, des temps de louange, de musique, des animations, des jeux et de rencontres. Après le thème de 2016, «Et vous, qui dites-vous que je suis ?», le rendez-vous de cette nouvelle année s’attaque aux problématiques de la sauvegarde de la création et  de la solidarité, à travers une nouvelle thématique : «La Terre en partage». Un espace sera réservé à cette réflexion, afin que tous puissent trouver des moyens d’agir ensemble pour un monde plus durable.

Mais «la Terre en partage», qu’est-ce que ça recouvre exactement ? Pour aller un peu plus loin, quelques pistes en vidéo (avec notamment la présence de Daniel Cremer, ancien envoyé du Défap et membre du comité d’organisation – il fait partie de la commission vie spirituelle des EEUDF) :

Pour cette nouvelle édition, le Grand KIFF s’inscrit dans un partenariat privilégié avec les Éclaireurs et éclaireuses unionistes de France (EEUdF). Dans cet esprit de co-construction avec le dynamisme et l’expérience des EEUdF, en lien étroit avec les autres partenaires, le Grand KIFF se veut un grand événement tant pour l’Église que pour tous les jeunes.

  • Le Grand KIFF est une porte ouverte sur le monde, sur Dieu et sur soi où chacun est appelé à vivre en plénitude.
  • Le Grand KIFF est une étape pour que chacun puisse questionner le sens donné à sa vie. Il offre un espace de dialogue pour parler en «je» et oser dire «je crois», «je doute».
  • Le Grand KIFF est une invitation à se mettre à l’écoute, échanger, témoigner et affirmer ce qui nous anime et nous met en mouvement

Le Défap sera présent lui aussi à Albi, et se prépare avec un stand, un escape-game (celui qui sera présenté lors des Journées Portes Ouvertes de septembre) et des témoignages à écouter (une partie des 50 témoignages de Pâques et Pentecôte que vous avez pu suivre sur notre site).

Les contraintes sanitaires n’ont pas pour autant disparu, et le Grand KIFF s’y est adapté avec des rassemblements limités et le port du masque obligatoire, outre la réalisation d’autotests.

Pour tout savoir et pour s’inscrire, cliquez sur le bandeau – et regardez le tutoriel en vidéo :




Le jubilé de la Cevaa s’invite dans Perspectives Missionnaires

Le numéro 81 de Perspectives Missionnaires, consacré aux questionnements qui traversent tous les organismes missionnaires aujourd’hui, offre une carte blanche à Omer Dagan, secrétaire exécutif de la Cevaa en charge du pôle Animation et jeunesse, qui évoque les célébrations des 50 ans de la Communauté d’Églises en mission.

Illustration pour le Jubilé de la Cevaa © Cevaa

L’assemblée générale de la Cevaa – Communauté d’Églises en Mission – se prépare à vivre un moment particulièrement significatif de son histoire. En effet, le temps de son déroulement verra la célébration du cinquantième anniversaire de la Communauté. Le thème qui servira de fil conducteur à toutes les activités de l’assemblée générale et du Jubilé est intitulé : «Cevaa : maintenons la flamme !». Il est inspiré de Luc 12, 35.

Dès la création de la Cevaa, le 30 octobre 1971, les pères fondateurs avaient une ferme volonté, celle d’annoncer la Bonne Nouvelle au-delà de toute frontière. Ainsi vit le jour la Cevaa (Communauté évangélique d’action apostolique), dont la responsabilité est de mener une réflexion continue sur la mission et sur la signification de l’Évangile. Lors du Conseil du 30 octobre 1999 à Nécé (Maré, Nouvelle-Calédonie), les Églises membres avaient décidé de modifier le nom de la Communauté et de la nommer Cevaa – Communauté d’Églises en mission. Ce choix du mot «communauté » renvoie à la théologie de la première communauté apostolique, dont l’utopie constituait un grand rêve d’animer l’Église par la flamme de l’Évangile, en vue de la transformation du monde. Avec les mutations perpétuelles, la Cevaa cherche à maintenir vivante la flamme de son inspiration originelle, de manière à offrir chaleur et lumière à ses contemporains. Comme la ferveur spirituelle de bien des croyants diminue avec le temps, le slogan «Cevaa : maintenons la flamme !» est un encouragement important, pour la Communauté comme pour les Églises, dans leur engagement missionnaire. Il nous donne la possibilité de vérifier la solidité des liens entre Églises membres et de les renforcer.

Une flamme, c’est quoi ?

Une flamme est une réaction de combustible qui est à l’origine de la production du feu. Elle produit de la chaleur et émet en général de la lumière. La flamme dégage une puissance d’action : faire rougir le fer, cuire les aliments, combattre le froid, éclairer un chemin. Dans le langage biblique, la flamme symbolise la présence de Dieu, la Parole de Dieu, la présence du Saint-Esprit. La flamme de Jésus dans le monde, c’est donc le feu de l’Esprit-Saint gagnant de proche en proche, purifiant tout, embrasant tout, illuminant tous les hommes. C’est l’Esprit-Saint qui allume la foi dans le cœur des hommes grâce à la parole portée jusqu’au bout du monde par les témoins de Jésus. C’est pourquoi aujourd’hui la parole de Jésus vient nous réveiller dans notre lassitude, comme la flamme toujours impatiente de se communiquer.

Quelques manifestations de la flamme au sein de la Cevaa

Omer Dagan, secrétaire exécutif de la Cevaa en charge du pôle Animation et jeunesse © Cevaa

La Cevaa a une « flamme », une volonté, celle de la mission. Celle-ci nous a été transmise depuis 1971. C’est la flamme de la foi, de l’amour et du partage dont le slogan fondateur est : «Tout l’Évangile à tout l’Homme». L’objectif est de vivifier l’Église par le dynamisme des communautés, de mettre ensemble nos moyens, nos talents et nos atouts au service de l’évangélisation. La flamme allumée par les Pères fondateurs ne s’est pas éteinte. Elle s’est manifestée et se manifeste encore dans des domaines spécifiques bien visibles : la formation et les bourses, l’animations théologique, la jeunesse, les programmes et projets missionnaires, les échange de personnes, les actions communes, la solidarité dans le domaine de la santé etc.

Défis et interpellations

Aujourd’hui, la Communauté semble éprouver certaines difficultés : l’usure du temps, une certaine fatigue, de la lassitude ? Par ailleurs, nous vivons dans un monde globalisé, avec une globalisation dont le processus se poursuit à un rythme rapide et dont les effets se font sentir profondément dans tous les domaines de notre vie : social, spirituel, culturel, économique et politique. Dans ce contexte, le thème «Cevaa : maintenons la flamme !» nous place face à plusieurs défis.

Sur le plan spirituel, nous sommes appelés à maintenir la flamme de l’unité et du vivre-ensemble dans la diversité. Le vivre-ensemble nous rappelle que la Cevaa n’est pas un conseil d’Églises qui siègent côte à côte, ni une conférence d’Églises qui se consultent. Elle est une communauté d’Églises en communion les unes avec les autres. Il est donc essentiel de faire croître l’unité et l’esprit de communauté dans nos Églises et entre les Églises membres de la Cevaa.

Sur le plan matériel, il s’agira de promouvoir une catéchèse financière. Aujourd’hui, le visage des Églises est profondément modifié par des difficultés liées à la survie économique. La contribution des Églises baisse d’année en année, ce qui amène à penser que l’engagement faiblit. Il est vrai, l’argent n’est pas d’abord ce qui constitue le vivre-ensemble de la Communauté, mais les Églises doivent parvenir à s’interpeller les unes les autres sur la question des ressources matérielles.

Relever le défi du dialogue et de l’interculturalité sera un troisième axe essentiel. Nos sociétés, autrefois plutôt homogènes, sont confrontées à l’exigence croissante de nombreux modèles de pluralité : des cultures différentes se côtoient au quotidien. Le dialogue, les échanges étant les maîtres-mots de la Communauté, il nous faut, si nous voulons maintenir la flamme, approfondir le travail sur ce terrain.

Enfin, les questions liées à l’environnement occuperont une place considérable. Le monde dans lequel nous vivons a été créé par Dieu ; celui-ci l’a confié aux êtres humains pour qu’ils l’entretiennent et le conservent d’une manière agréable et confortable pour tous. Mais l’homme a empoisonné la création ; ses atteintes à l’environnement contribuent à la détérioration de la situation sanitaire mondiale et aggravent les catastrophes naturelles. Nous sommes tous face à une véritable menace pour la survie de l’humanité. Nous avons à en prendre conscience pour habiter autrement la création. L’éducation tiendra là un rôle majeur.

Envisager l’avenir

Commémorer le cinquantième anniversaire de la Cevaa est pour les Églises membres un motif de joie, de louange et d’action de grâce au Seigneur pour une histoire faite de rencontres, d’engagements, de réalisations à sauvegarder, entretenir et maintenir. Après cinquante ans de témoignage, il nous faut envisager l’avenir avec beaucoup de réalisme, de persévérance, de solidarité et de courage, dans la poursuite de la mission «de partout vers partout».

Développer avec les Églises l’esprit communautaire, maintenir notre compréhension de l’appel à servir la foi, à promouvoir la justice, à dialoguer avec les cultures et les autres religions à la lumière de la vocation apostolique, telles sont les tâches qui nous attendent. «Cevaa, maintenons la flamme !» remet chacune de nos Églises en face de ses responsabilités. «Tenons donc ferme : ayons à nos reins la vérité pour ceinture ; revêtons la cuirasse de la justice ; mettons pour chaussures à nos pieds le zèle que donne l’Évangile de paix ; prenons par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel nous pourrons éteindre tous les traits enflammés du malin» (Eph. 6, 13).

Il ne reste plus qu’à souhaiter le meilleur à la Cevaa, à ses Églises membres, pour la mission des prochaines décennies.




Organismes missionnaires, quel avenir ?

Alors que Défap et Cevaa célèbrent leur cinquantenaire, le numéro 81 de Perspectives Missionnaires, unique revue de missiologie protestante dans le monde francophone, dresse un panorama des évolutions qu’ont connues les organismes missionnaires au cours des dernières décennies, et des problématiques auxquelles ils sont confrontés aujourd’hui. En voici la présentation, à travers cet article de Marc Frédéric Muller et Jean-François Zorn.

Photo de couverture du n°81 de Perspectives Missionnaires © PM

En ces temps de jubilé cinquantenaire de deux organismes missionnaires, la Cevaa – Communauté d’Églises en mission et le Défap – Service protestant de mission, Perspectives missionnaires propose un dossier permettant de s’interroger sur les mutations intervenues au sein des organismes missionnaires, internationaux et nationaux.

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Les anciennes sociétés de mission, fondées pour les premières d’entre elles un demi-siècle avant la constitution des empires coloniaux, avaient eu pour principale tâche de propager l’Évangile au sein de populations étrangères au christianisme. L’accès à l’autonomie des Églises nées de la mission, à l’heure de la conquête des indépendances politiques des pays, a nécessité la création d’un nouveau cadre de relations internationales, propice à des relations de partenariat, et cherchant à s’affranchir de tout paternalisme.

De nouvelles institutions ont été créées en Europe à partir des années 1960-70. D’une dynamique d’implantation d’Églises, on est passé à des relations inter-ecclésiales pour porter une mission évangélique de «partout vers partout». Le dépassement de relations asymétriques a cependant été rendu difficile du fait du maintien d’importantes inégalités économiques entre, d’une part, de «jeunes» Églises démunies financièrement mais portées par une forte croissance et, d’autre part, de «vieilles» Églises bien établies mais sans cesse plus fragilisées par la sécularisation.

Jusqu’à la fin des années 1980, la priorité est donnée à l’appel à la solidarité, notamment financière, articulé à une critique d’un ordre mondial considéré comme injuste : les actions, projets ou échanges, sont au service d’objectifs de développement, avec le souci d’une approche holistique qui prenne en compte toutes les dimensions nécessaires à l’épanouissement de la vie.

Après la chute du mur de Berlin en 1989, et avec l’essor des mouvements migratoires, les préoccupations socio-économiques, qui donnaient une forte dimension diaconale à l’action missionnaire, se déplacent vers des problématiques plus culturelles et interculturelles. La naissance d’Églises issues de l’immigration amène aussi de profondes remises en question quant à la manière de vivre et d’incarner l’universalité de l’Église dans la diversité culturelle, tant à l’échelle internationale que sur un même territoire. Le défi demeure aujourd’hui, celui d’une mission véritablement incarnée et œcuménique, sans plus établir de distinction entre Nord et Sud, de discrimination entre un centre et une périphérie, de division entre confessions chrétiennes.

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En ouverture de ce dossier, un article de Risto Jukko offre un survol des évolutions intervenues au sein du mouvement missionnaire né dans la suite de la Conférence universelle des missions d’Edimbourg en 1910. Ce mouvement s’est traduit institutionnellement par la création, en 1921, du Comité international des missions, suivie, en 1963, de celle de la Commission mission et évangélisation du Conseil œcuménique des Églises basé à Genève.

En seconde position, l’article de Françoise Thonet donne une présentation du mouvement de Lausanne, né en 1974. Celui-ci, inscrit dans la mouvance évangélique, a pris une forme institutionnelle dans le Comité de liaison pour l’évangélisation mondiale plus connu sous le nom de Comité de Lausanne. Prenant son origine dans le même mouvement missionnaire mondial que le mouvement œcuménique, il résulte d’une rupture intervenue avec celui-ci dans les années 1960 en raison de différends théologiques évoqués dans les articles. A partir des années 1980, un dialogue s’est néanmoins renoué entre Genève et Lausanne.

S’intéressant à des organismes nationaux, trois articles, respectivement de Julian Woodford, Benedict Schubert et Marc Frédéric Muller, portent sur des organismes protestants ayant entre eux des liens historiques : deux organismes suisses, DM (Suisse romande) et Mission 21 (ex-Mission de Bâle en Suisse alémanique), un organisme français, le Défap, qui a succédé en 1971 à la Société des missions évangéliques de Paris (Mission de Paris) née en 1822.

En effet, la Mission de Bâle est à l’origine de la Mission de Paris alors que DM, né en 1963, est en partie issu de la Mission de Paris. DM a rejoint la Cevaa, Communauté internationale d’Églises en mission, en 1971 comme organisme représentant des Églises de Suisse romande tandis que le Défap devenait le service missionnaire dont les Églises de France se dotaient, en particulier pour vivre de nouvelles relations avec les Églises de la Cevaa.

Ce panorama est complété par la présentation d’un organisme évangélique, la Mission baptiste européenne, par David Boydel, et d’un organisme catholique, le Service national missions et migrations, par Xavier de Palmaert.

Au-delà des différences de traditions théologiques et ecclésiologiques ces croisements font apparaître des problématiques communes. Se révèle de quelle façon plusieurs institutions missionnaires, avec leur héritage et leur sensibilité spécifique, ont essayé d’accompagner les transformations qui ont affecté la marche du monde et le devenir des Églises. Mais également comment ces évolutions les obligent à toujours repenser leurs propres mutations.

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Le dossier s’achève par la présentation d’une nouvelle discipline théologique, la missiologie, par deux acteurs de sa promotion dans l’espace francophone, Jean-François Zorn et Gilles Vidal. Celle-ci trouve ses bases épistémologiques et institutionnelles après que les anciennes sociétés missionnaires ont disparu ou se sont réorganisées. L’exemple protestant français montre que le patrimoine pédagogique (à travers la formation des missionnaires) et documentaire (à travers les archives et la littérature missionnaire) peine à trouver sa place dans le monde des facultés de théologie, longtemps tournées vers la formation des seuls ministres destinés à
l’Europe et aux Églises établies. Cependant, la nécessité d’inventer d’autres ministères dans une Europe sécularisée, de réfléchir à l’avenir du christianisme au milieu d’autres religions et idéologies et dans des espaces multiculturels, constitue une opportunité pour la missiologie de se constituer en discipline apte à préciser les nouvelles conditions de la diffusion et de la contextualisation du christianisme au XXIe siècle.

Mais l’expérience montre qu’en matière de missiologie, comme dans bien des domaines de l’innovation, la pratique précède souvent la théorie, celle-ci survenant quand la pratique est en crise.

Autre problématique mise en évidence par cet article, celle relative aux programmes de formation et d’action pilotés par divers organismes (dont les facultés de théologie), appelés eux-mêmes à muter quant à leur pratique pédagogique et à l’invention de nouveaux paradigmes de la mission.

 

Le sommaire de ce n°81

« Perspectives Missionnaires », revue de missiologie de référence
Il ne suffit pas de vouloir témoigner ; encore faut-il savoir comment s’y prendre. C’est l’un des grands défis de la Mission aujourd’hui, dans un monde changeant, travaillé par une mondialisation qui érige souvent plus de murs qu’elle n’abat de frontières. Voilà pourquoi la Mission a besoin de lieux de débats et d’espaces de réflexion. C’est le rôle que joue depuis plus de trente-cinq ans Perspectives missionnaires, unique revue protestante de missiologie de langue française.
Née en 1981 dans la mouvance évangélique, à une époque de remise en question des modèles missionnaires, elle s’est élargie aux différents acteurs francophones de la mission dans le monde protestant et avec une ouverture oecuménique. Elle est actuellement gérée par une association indépendante et s’appuie sur plusieurs organismes de mission de Suisse et de France (DM-échange et mission, et le Défap, avec lesquels elle entretient des partenariats étroits), et depuis fin 2017 la Cevaa.



«La mission, ils la vivent, ils la racontent» : l’intégralité de l’Atelier

La sixième session des «Ateliers de la mission», qui concluait cette série entamée en avril, a pris une forme un peu différente : pas de travaux de groupe pour cette fois, mais des témoignages sur ce que représente la mission pour celles et ceux qui la vivent… et comment leurs vies en ont été transformées. Avant un envoi en forme de rendez-vous : car les «Ateliers de la mission» reviendront sur de nouveaux thèmes…

Trois témoins de la mission : chacun et chacune à sa manière, Philippe Gennerat, Salomé Fels et Laurent Loubassou ont été amenés à changer de pays et à être accueillis par d’autres Églises. Des expériences vécues par l’intermédiaire du Défap, et qui ont profondément transformé leur perspective sur la vie d’Église, leur relation à la foi, marquant souvent un tournant important dans leur existence. Tous trois ont témoigné, le 17 juin, lors de la sixième session des «Ateliers de la mission», de cette transformation et de ce que ces déplacements et ces rencontres ont fait mûrir en eux.

Cette sixième rencontre sur Zoom s’est distinguée à plusieurs titres : d’abord par son format – pas de partie «conférence» ni de travaux de groupe, mais des interviews de ces trois témoins qui ont été amenés à répondre aux questions des participants ; ensuite, parce qu’elle marquait un passage de témoin entre la pasteure Florence Taubmann, organisatrice de ces «Ateliers» et qui achève son mandat au sein du Défap, et la pasteure Pascale Renaud-Grosbras, amenée à lui succéder prochainement. Enfin, cette sixième rencontre s’est conclue sur une ouverture vers une prochaine saison et une promesse de nouveaux rendez-vous.

«Ateliers de la mission» : l’aventure continue

Cette formule des «Ateliers de la mission», inaugurée en réponse à la crise sanitaire, a en effet vocation à se pérenniser. Comme l’a souligné le président du Défap, Joël Dautheville, il ne s’agissait pas, ce 17 juin, d’apporter une conclusion définitive, une sorte de point final à cette série de rendez-vous ; mais simplement de refermer cette saison en attendant de préparer la suivante.

Si les rendez-vous virtuels ne peuvent remplacer complètement les réunions en «présentiel», ils peuvent constituer un apport et un complément des plus utiles ; ils sont un moyen de toucher un public plus large, et donnent la possibilité de participer à une réflexion commune même à des personnes que l’éloignement géographique ne permet généralement pas de voir réunies en un même lieu. Voilà pourquoi les forums du Défap, comme celui initialement prévu à Sète, reprendront – et voilà pourquoi les «Ateliers de la mission» reviendront.

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de cette sixième session :

Vous pouvez également réécouter cet Atelier sur Fréquence Protestante (émission «Vendredi-Culture»).




Chante moi la Cevaa !

Tout comme le Défap, la Cevaa célèbre son cinquantenaire cette année. Dans le cadre des festivités prévues pour son Jubilé, elle organise un concours de composition de chants. L’objectif est de constituer un nouveau recueil de chants pour la Communauté et de fêter la diversité et la richesse de ses Églises membres. Le thème validé lors du Conseil exécutif d’octobre 2020 est le suivant : Chante moi la Cevaa !

La célébration de ce cinquantième anniversaire se prépare avec des évènements annoncés par la Présidente, Madame Henriette Mbatchou, dans sa lettre du 1er mars 2021 : des projets favorisant l’échange, la créativité et la spiritualité.

Conditions et modalités de participation

Le concours se déroulera du 1er juin au 15 juillet 2021. Les propositions seront reçues exclusivement par voie électronique. Le nombre de créations par auteur (groupe) est limité à deux. Les compositions retenues seront publiées dans un recueil électronique et imprimé.

Caractéristiques du projet de chant

Les productions devront être fournies au format .mp4 (vidéo) ou .mp3 (audio) et .pdf pour les partitions. Le chant doit refléter l’esprit « Cevaa » : le partage, l’action, le témoignage, la communauté mais aussi le thème des 50 ans : « Cevaa : Maintenons la flamme ! ».

L’auteur peut proposer un arrangement ou une interprétation avec les instruments de son choix. Les productions originales en langue locale sont encouragées pour refléter la richesse de la communauté. Une traduction française des paroles doit être fournie systématiquement.

Modalités de sélection

Les compositions seront analysées et sélectionnées pour la constitution du recueil par un jury mis en place par la Cevaa. Les critères seront la qualité artistique, la cohérence avec l’esprit de la Cevaa et la célébration des 50 ans. Les compositions devront être transmises à l’adresse mail suivante : secretariat@cevaa.org , au plus tard le 15 juillet à minuit. Un jury se réunira dans le mois afin de sélectionner les lauréats. La désignation des gagnants se fera à la majorité des votes. Ils seront ensuite individuellement avertis.

Valorisation des compositions

Les compositions et chants sélectionnés seront remises à l’ensemble des Eglises membre au format numérique. Un recueil imprimé sera également édité par la Cevaa – Communauté d’Eglises en Mission dans le cadre des festivités de son Jubilé en 2021. Les vidéos seront mise en ligne sur le site internet www.cevaa.org et sur la page Facebook de la Cevaa. Enfin, les compositions des lauréats seront diffusées lors de la prochaine Assemblée Générale de la Cevaa.

Retrouvez ci-dessous le discours du Secrétaire général de la Cevaa, le pasteur Céléstin Kiki, annonçant à la Communauté le programme des festivités du Jubilé de la Cevaa, tout en rappelant son soutien aux diverses Églises en cette période de pandémie :

 




«La mission un mot interculturel. Pluralité d’approche» : l’intégralité de l’Atelier

La cinquième session des «Ateliers de la mission» a eu lieu le jeudi 3 juin. La conférence a réuni Florence Taubmann, du Défap, et Benjamin Simon, professeur de missiologie œcuménique à l’Institut œcuménique de Bossey. Au cœur de leur intervention : les relations entre foi et culture. Ou comment distinguer ce qui relève de la foi en Dieu et en Jésus-Christ et ce qui relève de nos manières de l’exprimer…

Comment faire Église ensemble ? Non seulement au sein d’une même dénomination, mais aussi en reconnaissant les membres d’autres Églises comme frères et sœurs en Christ ? Comment accueillir l’autre avec ses propres manières d’exprimer sa foi, de louer Dieu ? Ces questions ont sous-tendu les interventions et les débats lors du cinquième des «Ateliers de la mission» du Défap, animé par la pasteure Florence Taubmann, du Défap, et Benjamin Simon, professeur de missiologie œcuménique à l’Institut œcuménique de Bossey, en Suisse. Situé près de Genève, l’Institut est le centre de rencontres, de dialogue et de formation du Conseil œcuménique des Églises. Il a pour but à la fois de promouvoir la pensée œcuménique, et de former des responsables tant laïcs qu’ecclésiaux.

Depuis le début de l’implantation d’Églises chrétiennes, la diversité a été considérée comme un motif positif. Le texte biblique témoigne d’une approche sans préjugés des personnes d’autres religions et d’autres cultures. Force est de constater que cette diversité est souvent plus difficilement vécue aujourd’hui. Peut-on imaginer d’inventer une mission qui ne soit pas liée à une manière culturellement marquée de vivre en Église et d’exprimer sa foi ? Comme l’a souligné Benjamin Simon, «l’enjeu de la mission interculturelle est à la fois intérieur et extérieur :

  • favoriser le vivre-ensemble dans les communautés et la rencontre entre les communautés, en respectant à la fois l’identité culturelle des uns et des autres et la dignité commune à tous ;
  • témoigner de ce vivre-ensemble dans la société, à travers l’annonce de l’Évangile en paroles et en actes de solidarité avec les autres.»

Mais dans la quête de cette mission interculturelle, tout reste encore à faire. Trop souvent, la culture et la tradition sont séparatrices au point de ne pas permettre l’union dans la foi. Car dans le cadre de la foi et de la vie cultuelle, il n’est pas évident de reconnaître sa propre pratique comme culturelle, car cela revient à la relativiser, alors que la tentation du croyant est de sacraliser tout ce qui touche à la religion. Parmi les nombreuses personnes de cultures, d’ethnies et de religions diverses qui ont migré en Europe ces dernières années, beaucoup sont chrétiennes ; mais si certaines de ces personnes ont intégré des Églises locales, d’autres ont fondé de nouvelles congrégations, qui vivent à l’écart des premières.

Derrière ces questions se profilent toutes les interrogations liées à une mondialisation qui tantôt rapproche, et tantôt désunit. Une tendance de fond qui se retrouve aussi au sein des Églises dites «historiques» : si la diversité est inhérente au protestantisme, le paysage des paroisses françaises connaît depuis une cinquantaine d’années des mutations profondes. L’interculturel s’y présente à la fois comme une richesse et un défi.

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de cette session à deux voix :

Vous pouvez également réécouter cet Atelier sur Fréquence Protestante (émission «Vendredi-Culture»).

 

À lire, à télécharger :
• Le texte introductif et les questions pour préparer les travaux de groupe
• «La mission un mot interculturel. Pluralité d’approche» : la bibliographie en pdf
• Le programme des «Ateliers de la mission»
• Pour vous inscrire aux sessions suivantes, c’est ici !



Hope 360 : inscrivez-vous pour la deuxième édition !

Le rendez-vous Hope 360 se prépare pour le 9 octobre. Cette deuxième édition d’un événement à la fois sportif et solidaire va se tenir à Valence. Le concept est simple : il s’agit de courir afin de récolter des fonds pour soutenir un projet. Pas besoin pour ça d’être un athlète, ce qui prime, c’est l’aspect ludique. Le Défap sera présent, parmi une vingtaine d’acteurs de la solidarité internationale. Nouveauté cette année, la crise sanitaire a poussé les organisateurs à innover avec un concept de «course connectée» : chacun pourra s’investir, où qu’il soit, dans un défi commun… y compris les volontaires internationaux engagés sur les projets hors de France.

Le 9 octobre marquera la deuxième édition de Hope 360. Ce rendez-vous ludique autant que sportif est organisé par le collectif Asah, réseau de trente ONG d’inspiration chrétienne, agissant dans l’urgence, le développement, le plaidoyer, l’environnement ou la solidarité. Le Défap en est membre, aux côtés d’associations comme ADRA, Artisanat SEL, la Fondation La Cause, Medair…

Le concept est simple : il s’agit de courir afin de récolter des fonds pour soutenir un projet. Comme l’indiquent les organisateurs dans leur présentation du projet, «les «hopeurs» sont tous ceux qui, touchés par la situation des démunis, décident de se mettre en mouvement pour leur rendre l’espoir. Chaque hopeur relève un défi sportif et mobilise son réseau pour soutenir le projet humanitaire qui lui tient à cœur.» Pour cela, il faut s’inscrire sur le site de l’événement (hope360.events/). Plusieurs parcours de courses sont proposés, et une sélection de projets à soutenir : il faudra donc choisir son parcours, le projet pour lequel s’engager, payer son inscription en ligne… Une fois l’inscription finalisée, il ne restera plus qu’à en parler à vos amis et proches pour faire connaître l’événement et susciter les bonnes volontés. Vous pourrez aussi décider d’ouvrir une cagnotte pour collecter des fonds au profit du projet que vous aurez choisi de soutenir. Vous pourrez, enfin, venir visiter le village des associations.

De la crise sanitaire au concept de la course connectée

Une nouveauté toutefois, cette année l’événement aura lieu en présentiel à Valence et en distanciel en version connectée. Le contexte de la crise sanitaire a amené le collectif Asah à revoir l’organisation de la course solidaire. D’une situation complexe est ainsi née une solution qui se veut pérenne dans les années à venir : créer, en parallèle de la course en présentiel, une course connectée de la même importance. Mais comment faire d’un événement local, un événement connecté ? En imaginant un défi parlant à tout un chacun : faire le tour de la Terre ensemble (40 000 km). Avec l’idée forte « Toi aussi, où que tu sois, lève toi et cours pour la solidarité internationale », l’événement s’adresse désormais à un public plus large. Notons que les volontaires sur le terrain peuvent désormais être intégrés plus facilement grâce à ce nouveau concept. En outre, Hope 360 a vocation à être organisé dans d’autres villes de France dans les prochaines années.

Pour cette année, le Défap participe avec un projet de micro-crédits à Bukavu, en République Démocratique du Congo. Ils sont destinés à des femmes qui, par de petites activités commerciales, s’efforcent de faire vivre leur famille au quotidien. Des activités aujourd’hui très menacées par la pandémie de Covid-19 : les mesures de confinement sans accompagnement décrétées par les autorités risquent de les priver de tout moyen de subsistance. À partir du 3 juin, date du lancement officiel, vous pourrez contribuer à ce projet par des dons en vous rendant sur le site de Hope 360. D’ici là, vous pouvez déjà vous inscrire pour participer à la course… Restez connectés, et merci d’avance pour votre soutien !

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