Gros plan sur les volontaires du Défap : rencontre avec Anne-Sophie Macor

Anne-Sophie Macor est responsable du recrutement, de la formation et du suivi des volontaires du Défap (les « envoyés »). Elle a rejoint l’équipe au cours du premier trimestre 2023. Au micro de Guylène Dubois, elle évoque pour Fréquence protestante son parcours, qui l’a amenée de la Cevaa (la Communauté d’Églises en mission) au Défap, deux institutions proches qui s’occupent, chacune à sa manière, d’envoi de volontaires. Elle fait aussi le point sur les spécificités du Défap, sur la formation qui est dispensée aux « envoyés » avant leur départ, et sur l’évolution des profils et des missions.
Session 2023 de la formation des envoyés du Défap : les participants s’installent avant la présentation de l’équipe du Défap… © Défap

 
Nouvelle saison, et quelques changements pour « Courrier de mission », l’émission radio du Défap. Changement d’horaire tout d’abord : à partir de ce mois de septembre 2023, c’est tous les troisièmes dimanches du mois, à partir de 13h15, que vous pourrez l’écouter sur Fréquence protestante. Vous avez ainsi pu découvrir ce dimanche 17 septembre une nouvelle personnalité aux manettes de l’émission : Guylène Dubois, dont vous aviez pu suivre les reportages au sein d’Églises de la Cevaa sur Radio FM+. Parmi les autres évolutions, si vous habitez dans la région de Montpellier, vous pourrez justement écouter « Courrier de mission » sur Radio FM+, qui coproduit désormais l’émission. Pour le reste, le format demeure identique, et vous pourrez découvrir au fil de nos rendez-vous le fonctionnement du Défap, les relations qu’il entretient avec des Églises partenaires présentes dans près d’une trentaine de pays, les missions menées par ses envoyés… ainsi que les pays où ils interviennent. Avec, pour cette émission de rentrée, une première rencontre avec Anne-Sophie Macor, qui s’occupe précisément du recrutement, de la formation et du suivi des volontaires.

Anne-Sophie Macor connaissait le Défap bien avant d’y travailler. Car même si elle n’a rejoint l’équipe qu’en février 2023, elle avait déjà travaillé de nombreuses années au sein de la Cevaa, la Communauté d’Églises en mission, co-héritière avec le Défap de la Société des Missions évangéliques de Paris, et qui regroupe une grande partie des Églises partenaires du Service protestant de mission. Au micro de Guylène Dubois, elle revient sur son parcours, sur les similitudes et les différences entre la gestion des volontaires au sein de la Cevaa et au sein du Défap… Et elle évoque le parcours des « envoyés » du Défap, depuis le premier contact jusqu’à la fin de leur mission.
 

Gros plan sur les volontaires du Défap : rencontre avec Anne-Sophie Macor, émission présentée par Guylène Dubois

Courrier de Mission
Émission du 17 septembre 2023 sur Fréquence Protestante

 

Comment devient-on envoyé du Défap ?

Comme le résume Anne-Sophie Macor, « l’essence même du Défap, c’est le témoignage et la relation ». Toutes les missions proposées aux volontaires s’inscrivent dans ce contexte, et dans des relations d’Églises établies et entretenues depuis de nombreuses années. Il ne s’agit donc pas de relations d’assistance ou de dépendance, mais de liens tissés par-delà les frontières entre des communautés ayant la foi comme dénominateur commun, et engagées dans une entraide mutuelle. Cette spécificité explique les différences de statuts entre les différents types d’envoi de personnes : le Défap envoie ainsi des VSI (Volontaires de Solidarité Internationale, qui représentent la plus grande partie du contingent des volontaires formés chaque année) ; des services civiques ; et aussi des pasteurs, issus de ses Églises membres. Dans tous les cas, ces envois de personnes se font dans le cadre de missions co-construites avec les partenaires du Défap qui accueillent les volontaires sur place.

VSI et service civique correspondent à des cadres légaux fournis par les autorités françaises – et de nombreuses ONG envoient des volontaires sous ces deux statuts ; l’envoi de pasteurs, en revanche, est plus spécifique au milieu ecclésial dans lequel se situe le Défap. Le statut de VSI permet à des volontaires de tous âges de valoriser leurs compétences à travers une mission d’intérêt général, de service à la population ; les volontaires mettent leurs compétences au service des partenaires du Défap dans le cadre de leur mission, pour laquelle est établi un cahier des charges. Le statut de service civique correspond à une logique différente : il s’agit plutôt d’offrir à des jeunes, souvent encore engagés dans des études, un cadre pour acquérir de nouvelles expérience à l’occasion d’une année de césure ; de leur permettre d’avoir un temps privilégié pour réfléchir à leur parcours et aux orientations qu’ils ou elles veulent choisir. L’accent est plutôt mis sur le cheminement de la personne. Les pasteurs, enfin, partent pour des missions d’accompagnement pastoral auprès d’Églises des départements et régions d’outre-mer, ou auprès de communautés d’autres pays : en lien avec l’ACO (l’Action Chrétienne en Orient), le Défap a ainsi formé et envoyé des pasteurs auprès de l’Église de Beyrouth, auprès des communautés coptes du Caire et d’Alexandrie…

Un envoyé du Défap intervenant pour une mission d’enseignement à Madagascar © Défap

Le Défap a actuellement une quarantaine d’envoyés en mission. Certains qu’il a directement recrutés et dont il a défini les missions avec ses partenaires ; d’autres par intermédiation. Un certain nombre d’associations passent en effet par le Défap pour pouvoir envoyer leurs propres volontaires : c’est le cas de la Mission mennonite, du SFE, de la WEC, de MENA… Sur cette quarantaine de volontaires, 25 sont des « envoyés portés » dans le cadre de ce dispositif. Comme le souligne Anne-Sophie Macor, cela ne signifie pas nécessairement que le Défap forme une quarantaine de personnes chaque année : car les missions des VSI peuvent être prolongées, et durer de un jusqu’à six ans. Enfin, le Défap s’inscrivant pleinement dans les relations encouragées par la Cevaa, avec des échanges et des témoignages allant aussi bien du Nord vers le Sud que du Sud vers le Nord, le Défap a également des services civiques effectuant des missions en France, et issus d’Églises partenaires dans divers pays.

Quel est le profil type de l’envoyé du Défap ? Il ne se définit pas tant par l’âge, l’attirance pour tel ou tel pays ou les compétences, que par la capacité à travailler à des missions d’intérêt général dans le cadre d’Églises ; par la capacité à vivre une expérience à l’international, dans un milieu et une culture très différents, et à se laisser interpeller. Les volontaires qui partent avec le Défap peuvent ainsi être de jeunes adultes encore dans un cursus d’études, ou des personnes ayant déjà eu une vie professionnelle bien remplie. Pour tout le monde, la période de formation est une étape essentielle : « le but, souligne Anne-Sophie Macor, c’est que la personne soit outillée pour qu’une fois sur son champ de mission, elle sache comment se comporter » en fonction des circonstances. Parmi les divers modules, certains donnent des bases sur les relations interculturelles. Sur la sécurité. Sur ce qu’implique d’effectuer une mission dans un milieu d’Église. D’autres abordent par exemple les crises en contexte interculturel : comment réagir, comment décrypter la parole de l’autre en fonction de son contexte ? Une partie des interventions sont faites par des professionnels, d’autres par des membres de l’équipe du Défap. Cette session de formation donne aussi la parole à d’anciens envoyés, dont les témoignages permettent de nourrir les réflexions sur le sens de l’envoi et de déconstruire les mythes associés au volontariat international. Un temps bref, d’une dizaine de jours, mais intense, et au cours duquel, comme le disent les membres de l’équipe du Défap, « on voit les gens changer ».

La « photo de famille » des participants de la session 2023 de formation des envoyés du Défap © Défap

Après vient le temps de la mission, au cours duquel chaque volontaire bénéficiera d’un suivi du Défap. Enfin, l’étape du retour est essentielle. Le Défap organise chaque année, généralement en octobre, une « session retour » pour permettre aux volontaires revenus de mission de faire le point sur ce qu’ils et elles ont vécu. Il s’agit de réaliser un « debriefing » en groupe sur les expériences des uns et des autres, voir quels enseignements en tirer pour chacun, se positionner pour la suite… « La mission ne prend vraiment fin qu’après cette session retour », souligne Anne-Sophie Macor. Elle peut toutefois trouver des prolongements : par exemple, les paroisses des Églises membres du Défap sont incitées à faire témoigner ces volontaires de leur expérience vécue dans un autre pays et au sein d’une autre Église. Et même après leur retour en France, « certains restent très attachés au projet auquel ils ont travaillé ». L’expérience du volontariat à l’international est bien plus qu’une parenthèse : c’est une période au cours de laquelle la vie peut prendre de nouvelles orientations. Les échanges, ça vous change…




Sophie : un départ pour enseigner le français en Tunisie

La mission de Sophie, partie mi-septembre pour Tunis : aider à la pratique de la langue française à l’école Kallaline… Voici sa première lettre de nouvelles, rédigée au moment de la session de formation des envoyés du Défap.

Sophie lors de la session de formation au départ des envoyés © Défap

 

Téléchargez cette lettre de nouvelles en pdf

 

– Ah oui ? Sophie va partir ? Elle part où ?
– En Tunisie.
– En vacances?
– En fait, elle y va comme volontaire.
– Volontaire : pour des vacances ? Eh ! Pour des vacances, moi aussi je suis volontaire !
– Très drôle !! Elle y va en tant que V.S.I. :Volontaire de Solidarité Internationale. C’est une forme de… coopération, genre humanitaire, service civique, etc. En gros, elle rejoint une mission d’intérêt général.
– Ah !? Mais le service civique, c’est seulement pour les jeunes, que je sache !!
– Et ça consiste en quoi, exactement ?
– Elle m’a dit qu’elle y va pour faire, je cite, du « soutien à la pratique du français », dans une école, à Tunis.
– Whaouh ! Alors ça, j’aurais pas imaginé !!!
– Eh ben, moi, ça ne m’étonne qu’à moitié !
– Ah oui !?
Et tu sais quand elle va partir ?
Au fait, elle va devoir laisser son boulot ?
Et puis, en Tunisie, les gens parlent l’arabe ; elle parle arabe, Sophie ?
Et pour ce qui est du logement, … ?
– STOP ! Tu poses trop de questions !
Ce que je sais, c’est qu’elle devrait partir début septembre, que ce sera pour 1 an, et qu’elle écrira des lettres de nouvelles pour nous tenir au courant.
Alors, tu sais quoi ? : rendez-vous à la prochaine « Newsletter » !!!
– OK, vivement la suite
(… Et, au fait, elle revient pour Noël ?)

Sophie lors de la session de formation au départ des envoyés © Défap

Tunisie, me voici !!!

À première vue, un pays accueillant et à taille humaine :
4 fois moins étendue que la France (168.000km2 et 672.000 km2)
et 6 fois moins peuplée (12 millions et 68millions d’habitants)
Rendez-vous à Tunis, la capitale !
A l’école Kallanine !
Une école qui a plus de 150 ans d’histoire
multiculturelle, cosmopolite,
et qui a le Label France Education.
Ma mission : aider à pratiquer la langue française,
ce qui pourra prendre de multiples formes.
J’en saurai plus sous peu, car la rentrée est prévue mi-septembre
À suivre, donc …

Partager la langue française :
Comme le chantait Yves Duteil :

C’est une langue belle à l’autre bout du monde
Une bulle de France au nord d’un continent
Sertie dans un étau mais pourtant si féconde
Enfermée dans les glaces au sommet d’un volcan
C’est une langue belle à qui sait la défendre
Elle offre les trésors de richesses infinies
Les mots qui nous manquaient pour pouvoir nous comprendre
Et la force qu’il faut pour vivre en harmonie

Que réserve demain ?

Pour se préparer à la mission, le Défap nous apporte de nombreuses informations.
Le Défap : le Département Evangélique Français d’Action Apostolique.
Il nous explique que quand on est ‘envoyé’, on s’inscrit dans l’Histoire,
dans une histoire qui nous dépasse.
D’autres sont partis avant nous, et d’autres partiront après nous.

“L’un sème, l’autre arrose, …” et au-delà de nosactions, l’œuvre croît.
Qu’il y ait toujours sur mon sentier
de la lumière pour éclairer
mon prochain pas et le suivant
jusqu’à atteindre le couchant.

Merci d’avoir lu cette lettre de nouvelles.
À bientôt pour la suite.




Johan : les défis du Tchad face au changement climatique

Le Tchad est l’un des pays les plus exposés aux risques de pénurie d’eau du fait du changement climatique. Johan s’est engagé dans un projet visant à former des habitants de zones arides à des techniques de forage manuel pour pouvoir creuser leurs puits de manière autonome. Voici sa première lettre de nouvelles, à l’issue de la session de formation des envoyés du Défap.

Johan lors de la session de formation des envoyés 2023 © Défap

 

Téléchargez cette lettre de nouvelles en pdf

 

Après avoir passé un an au Tchad en tant que manager technique d’une station missionnaire, nous retournons en famille servir dans ce pays. Le Tchad est un pays fascinant au cœur du Sahel, enclavé dans le centre de l’Afrique. De nombreuses cultures se rencontrent au sein même du pays dans des paysages très variés : le désert aride, les plaines agricoles du Sahel et les terres argileuses subéquatoriales. Chaque région a ses avantages et inconvénients, mais dans son ensemble, le pays reste très peu développé. Comme il est enclavé au cœur de l’Afrique, peu de matériaux y transitent, ce qui fait qu’il se développe plus difficilement que les pays côtiers voisins comme le Cameroun, le Nigéria ou le Soudan.

Aggravé par le changement climatique, les habitants de certaines régions du Tchad se retrouvent en manque d’eau pendant la saison sèche. L’eau de surface se fait rare, il faut aller la puiser profondément. Pour cela, il faut faire des forages de puits. La région du Salamat, dans le Sahel, est très touchée par ce phénomène à tel point que 15 ans auparavant seulement 35% de la population avait accès à l’eau potable. La mission américaine TEAM a donc commencé à creuser des puits dans cette région. J’ai pu les rencontrer les derniers mois de mon premier terme pour découvrir les procédés de forage et analyser le besoin. Une grande partie des puits commencent à vieillir et ont besoin de maintenance. La plupart du temps les puits en dysfonctionnement sont juste abandonnés et les habitants retournent à leurs anciennes méthodes – et donc à l’eau de surface contaminée bactériologiquement – ou migrent vers d’autres villages. Devant un tel besoin, je suis très motivé à repartir pour faire le suivi des puits réalisés et entreprendre un travail de maintenance.

Johan lors de la session de formation des envoyés 2023 © Défap

À terme, la mission a pour projet de former des tchadiens à des techniques de forage manuel afin de devenir autonome dans la région. Une technique manuelle nigériane a déjà été testée dans différents types de sol et toute une région semblerait propice à son utilisation. Ce procédé à moindre coût permettrait aux populations locales de ne plus dépendre des moyens mécanisés venant de l’occident. Il en est de même pour la formation de techniciens de maintenance qui par leur travail pourrait pérenniser le bon état des puits sans notre présence.

Le projet de développement s’inscrit dans le cadre d’un Volontariat de Solidarité International en partenariat avec le Défap, où je suis actuellement en formation au départ. Cette formation m’a permis de me former sur des nouveaux sujets comme l’interculturalité, la géopolitique et l’anthropologie, qui m’ont amené à une meilleure compréhension des relations entre les peuples. Il était très intéressant de passer du temps avec d’autres envoyés de différents pays et d’entendre leurs témoignages de vie. Nous avons pu partager un bon nombre de connaissances et s’encourager mutuellement. Maintenant il n’y a plus qu’à préparer le départ, le mois prochain.

Johan lors de la session de formation des envoyés 2023 © Défap




Nicola et Alain : accompagner l’Église protestante francophone en Égypte

Pasteure de l’Église protestante unie de France, Nicola est envoyée par l’ACO (Action chrétienne en Orient) et DM (l’homologue suisse du Défap), en lien avec le Défap et la Ceeefe (la Communauté des Églises protestantes francophones) pour accompagner les paroisses du Caire et d’Alexandrie.

Nicola et Alain dans le jardin du Défap © Défap

 

Téléchargez cette lettre de nouvelles en pdf

Bonjour à vous toutes et tous,

Nous voici à quelques semaines avant le départ en Égypte, Nicola comme pasteur, Alain comme compagnon précieux.

Qu’est-ce qui nous motive ?

Nicola :
C’est un appel, de l’ordre de la folie de Dieu (1 Co 1, 18-25) : Mettre à disposition ce que
je pourrai apporter dans ce pays du Moyen-Orient que j’ai pu connaître à différentes étapes de ma vie. Cette fois-ci j’irai comme pasteur. Suivre l’appel de Dieu signifie de manière chaque fois plus approfondie, faire confiance en Lui, à chaque instant. Oui, je veux bien mettre au service mon expérience, pastorale, multiculturelle, œcuménique, inter-religieuse, humaine… Et il est étonnant d’observer les chemins de Dieu : Pourquoi avais-je fait, dans une ancienne vie, un Masteren Islamologie ?

Ce sera un ministère assez différent qui, à nouveau, demandera tout mon Être, et il y aura plein de choses à découvrir…

Ma motivation la plus profonde est alors de me mettre au service de Jésus-Christ, d’être un humble maillon de l’Eglise Universelle, d’être présente dans ce coin du monde.

Alain :
Nicola, mon épouse arrivait à la fin de son mandat de 12 ans de pasteure dans le poste à Perpignan et nous devions réfléchir à un autre point de chute.
A ce moment, nous étions, tous les deux, délégués au synode national d’octobre 2021 à Sète et nous avons entendu cet appel, par l’intermédiaire de la présidente du conseil presbytéral de l’église protestante de Guyane, à élargir « l’espace de notre tente » et de sortir de notre « zone de confort ».
Chez moi, cet appel a fait « tilt » et je me suis dit :« Oui, pourquoi pas ! partir vivre ma foi à l’étranger, la confronter et l’enrichir au contact d’autres expressions ». Me mettre entièrement au service du Seigneur, sans savoir encore vraiment quelle forme cela prendra. Partir et vivre de la confiance de Dieu qui me dit comme il l’a dit à Abram en Genèse 12,1 : « Quitte ton pays, ta patrie et ta famille et va dans le pays que je te montrerai ». Pour l’anecdote, Abram avait, selon les Écritures, 75 ans quand Dieu l’a appelé et moi, j’aurai fêté mes 70 ans deux semaines avant de prendre l’avion avec un billet seulement aller, le jeudi 7 septembre prochain. Le parallèle s’arrête là.

Alain dans le jardin du Défap © Défap

Quelle sera notre mission ?

Nicola:
Alors, je serai pasteur de l’Eglise Protestante Francophone en Égypte, mise à disposition par l’EPUdF, envoyée par l’ACO et DM, en lien avec le Défap et la Ceeefe.

Ce qui implique :

Accompagnement de la paroisse en Alexandrie, avec, comme composition principale, les étudiants (doctorants et plus)de l’Université de la francophonie Senghor ;travail diaconal (un projet avec des femmes en capacité réduite) ; lien avec les autres Églises, égyptiennes ou étrangères, et déjà sous le toit de notre temple, avec l’Église protestante soudanaise.

Au Caire, accompagnement de la paroisse protestante francophone qui est composée en grande majorité de migrants originaires de différents pays subsahariens. Un de nos défis sera d’accueillir une assemblée plus élargie. Accompagnement de projets diaconaux comme « Joie d’enfants » (structure d’accueil scolaire pour les enfants de migrants qui n’ont pas d’accès à l’enseignement officiel), un foyer de jeunes filles coptes… Nous serons aussi un point de chute pour les volontaires qui viennent de France, de l’ACO, du Défap ou autres.

L’autre volet de mon ministère sera le contact avec les Eglises protestantes égyptiennes (le Synode du Nil) et les partenaires des projets de l’ACO sur place (traduction de livres théologiques ; travail pour le vivre ensemble),avec les autres Eglises chrétiennes et, on verra ce qui adviendra encore.

Il faudra d’abord être présent, bien ancré, les yeux et le cœur ouvert.

Alain :

En premier lieu, comme je le faisais déjà en France : accompagner mon épouse dans son ministère pastoral. Ensuite, m’engager dans les projets diaconaux existant et qui sont à développer.

Mettre à disposition des paroisses du Caire et d’Alexandrie, en toute humilité, mes modestes compétences.

Et je suis persuadé que notre Seigneur a déjà préparé tout un plan de travail. A moi d’être ouvert à celui-ci !

Nicola et Alain lors de la formation des envoyés du Défap © Défap

Que nous a apporté la formation ?

Nicola :
C’est une belle opportunité de reprendre le temps de réflexion sur l’interculturalité et l’interreligieux, la géopolitique et la gestion de conflits, la santé et la sécurité, la mission…Merci ! J’ai bien profité de la bibliothèque du Défap et j’apprécie la longue histoire de mission et de missionnaires ainsi que toute l’évolution à travers ces deux siècles – On sent l’esprit de cette ouverture, de la rencontre et de la curiosité de l’autre, promu par l’Amour du Christ, dans tout ce lieu qu’est le 102 boulevard Arago.

Alain :
Ce temps de 10 jours de formation, même s’il n’est pas obligatoire pour les pasteurs et leur conjoint, est une opportunité et aussi un temps mis à part pour tous les futurs envoyés pour faire le point sur leur motivation, sur leur « atterrissage » dans un pays et une culture qui leur sont peut-être inconnus ou connus partiellement.

C’est l’occasion de rencontrer d’autres envoyés, de 19 à 69 ans, issus d’Églises diverses ou de pas d’Église du tout et de se questionner sur sa foi, sa relation à Dieu.




Maroc : appel à la générosité après le séisme

Le 9 septembre 2023, un séisme d’une grande intensité a frappé la province d’Al Haouz au Maroc. Plus de 2000 morts et des milliers de blessés sont à déplorer. La plateforme Solidarité Protestante fait appel à la générosité du protestantisme français, et a lancé un appel aux dons. La présidente de l’Église évangélique au Maroc, Karen Smith, a adressé un message de prière et de soutien.

Le Maroc a été frappé par un très violent séisme dans la nuit du 8 au 9 septembre 2023 © DR
 

Le bilan reste encore provisoire, mais il s’alourdit d’heure en heure : plus de 2000 personnes ont trouvé la mort dans un séisme qui a frappé le Maroc dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 septembre. L’épicentre a été localisé dans la province d’Al-Haouz, au sud-ouest de Marrakech, dans la région montagneuse du Haut-Atlas. C’est dans cette ville et ses environs, ainsi que dans les cinq provinces les proches, qu’a été signalé le plus grand nombre de victimes.

Sur place, les besoins sont nombreux afin de venir au secours des rescapés et des déplacés.

Dans ce contexte, la plateforme Solidarité Protestante, en lien avec le réseau des institutions protestantes agissant dans le domaine humanitaire, a ouvert un espace de collecte dédié « Solidarité Protestante-Maroc« .

À travers votre don vous pouvez exprimer une fraternité concrète auprès de nos frères et sœurs dans cette région du monde et affirmer la présence de l’Église, la portée de son message et de son action.

Pour faire un don

Par chèque : À adresser à l’ordre Solidarité Protestante- Maroc et à envoyer à : Fondation du Protestantisme – 47 rue de Clichy 75009 Paris
Par carte bleue ou virement : rendez-vous sur le lien : https://donner.fondationduprotestantisme.org/Solidarite-Maroc

Solidarité Protestante : être solidaire dans les situations d’urgence
Solidarité Protestante est une plateforme au sein de la Fondation du Protestantisme sollicitée pour mobiliser, sensibiliser et récolter des fonds afin de manifester l’action solidaire du monde protestant dans des situations d’urgence ou de crises internationales. Le comité de cette plateforme est piloté par la Fondation du Protestantisme et la Fédération protestante de France qui s’entourent d’ONG et d’institutions chrétiennes expertes dans l’aide humanitaire d’urgence et de crise. Le Défap fait partie de ces institutions. Pour chaque situation, les opérateurs sont choisis par l’ensemble du comité en fonction de l’analyse faite et des demandes parvenues au comité.

 

Un message de soutien de l’Église évangélique au Maroc

Carte de la région directement impactée par le séisme © Google Maps (d’après les données de l’Institut d’études géologiques des États-Unis)
 

La présidente de l’Église évangélique au Maroc, Karen Smith, a adressé un message de prière et de soutien, diffusé via la page Facebook de l’EEAM, Église partenaire du Défap au Maroc :

« Bien aimés en Christ,

Devant la tragédie que vient de subir ce cher pays, l’Eglise Evangélique au Maroc exprime sa solidarité avec tous nos voisins, nos prochains, qui ont été touchés par ce tremblement de terre catastrophique.

Nos cœurs sont dans l’angoisse avec ceux et celles qui ont perdu des proches ; nous partageons la douleur de ceux et celles qui doivent reconstruire une nouvelle vie après la destruction totale de leurs situations antérieures, destruction qui s’est passée tellement subitement, en quelques instants.

Nous rendons grâce à Dieu qui a épargné et pris soin des uns et autres tant dans nos communautés ecclésiales que dans tout le Maroc. Mais nous sommes conscients de notre responsabilité de vivre notre reconnaissance en nous mettant au service de ceux et celles qui souffrent. Nous avons déjà écrit aux autorités pour les assurer de notre disponibilité de participer dans les efforts de reconstruction et d’aides d’urgences.

Ce que nous pouvons faire déjà, c’est prier. Nous demandons à toutes nos paroisses de prier ce dimanche pendant le culte pour le Maroc :

    • Pour ceux et celles au pays qui pleurent maintenant, que le Seigneur les console ;
    • Pour les autorités du pays qui sont devant le défi d’organiser et d’exécuter la reconstruction, qu’ils aient la sagesse et l’énergie de se mettre à la tâche dans une manière efficace et juste ;
    • Pour les personnes de bonne volonté qui souhaitent contribuer à ces efforts, que les canaux de participation leur soient disponibles, et que tous ceux et celles qui gèrent les donations le fassent avec intégrité dans la transparence ;
    • Pour nos paroissiens/paroissiennes qui ont déjà vécu des tremblements de terre et qui sont traumatisés de nouveau, qu’ils soient rassurés de la fidélité du Seigneur.
    • Pour chacun et chacune de nos fidèles, que le Seigneur mette sur nos cœurs le désir d’agir avec vrai amour pour leurs prochains au niveau local, que la compassion nous anime pleinement pour que toutes nos actions soient des signes de l’amour éternel de Dieu.
    • Pour tous ceux et celle qui vivent au Maroc, qu’ils aient la patience et la persévérance devant ce défi et qu’ils restent solidaires les uns avec les autre dans une manière qui renforce l’esprit communautaire, que nous tirons de cette catastrophe de l’espoir pour l’avenir par la grâce de Dieu. »

 




Romain : en mission auprès des enfants de Madagascar

Romain est parti en famille à Madagascar pour aider les enfants des rues. Avec comme objectif la construction d’un village pour les accueillir…

Romain lors de la session de formation au départ, en juillet 2023 © Défap

 

Téléchargez cette lettre de nouvelles en pdf

 

Pourquoi partir en mission à plus de 10 000 km avec toute sa famille… c’est une question qui nous a souvent été posée.

Même les membres de notre famille, sans l’avoir forcément dit à haute voix, se sont également questionnés sur le sujet.

En fait, partir en mission, ça reste toujours une aventure avec comme dans toute aventure des incertitudes, des questions sans réelles réponses… et c’est souvent ici que prend racine ce « pourquoi » ? Pourquoi partir si loin alors qu’ici aussi il y a de la pauvreté, ici aussi il y a besoin d’accompagnement social…

L’apôtre Paul aurait pu lui aussi choisir de rester en terre connue mais « l’appel », « la mission » que Dieu avait pour lui était tout simplement autre… et c’est vrai, c’est souvent vers cet autre que Dieu nous invite à partir servir et rejoindre.

Pour notre famille, l’appel fut net un soir dans une ruelle sombre de la capitale malgache. Pourtant, rien ne nous invitait à tout quitter pour venir servir les enfants des rues…

Nous étions bien installés en France, notre mais on venait d’être enfin rénové après 5 années de travaux et nous avions largement investi notre Église…

Pourtant quand Jésus tend sa main et nous demande : « es-tu prêt à monter dans ma barque… » tout change… En tout cas, c’est ce qui s’est passé pour nous. En effet, souvent nous sommes dans nos prières en train de demander au père de nous montrer quoi faire et comment le faire. Nous lui indiquons dans les paroles des louanges que nous chantons en chœur le dimanche : « sers-toi de moi »… puis un jour, Jésus vous prend au mot et il vient.

Romain lors de la session de formation au départ, en juillet 2023 © Défap

Dans sa grâce, cela se passe toujours avec amour et passion mais pour autant l’appel, lui, est sincère et profond.

Répondre à ce choix de vie, de partir à l’aventure avec des enfants en bas âge est clairement un challenge. Marqués par une culture Française où la sécurité est devenu un mode de vie, il devient difficile de se défaire de ce principe pour partir et répondre à la proposition du Christ.

Nous avons donc cheminé, travaillé et construit un projet pour répondre à l’invitation d’aller servir les enfants des rues de Madagascar.

Aujourd’hui, en famille, nous travaillons à Madagascar auprès d’enfants extrêmement fragilisés… certainement oubliés de beaucoup. Notre objectif est d’aimer et aider les enfants de manière durable en leur permettant de suivre une scolarité de qualité répondant à leurs besoins et s’adaptant à leur retard.

Accompagnés d’une solide équipe malgache, nous sommes donc une fois par semaine, de nuit, auprès des enfants des rues et tentons (dans un premier temps) de prendre connaissance de leur situation et besoins pour construire une solution adaptée.

Deux années après avoir débuté ce travail de fond, nous avons maintenant débuté ce qui sera certainement la plus grande partie de notre service : la construction d’un village….

La suite de l’aventure au prochain épisode

Romain lors de la session de formation au départ, en juillet 2023 © Défap




Damaris et Pascal : en mission avec le SFE au Laos

Le Service Fraternel d’Entraide est une ONG française qui, depuis 1998, mène des projets de développement rural et de santé au Laos. Un organisme dont le Défap forme régulièrement les envoyés avant leur départ en mission. C’est le cas de Damaris et Pascal…

Lors de la session de formation au Défap, en juillet 2023 © Défap

 

Téléchargez cette lettre de nouvelles en pdf

 

NOTRE VISION DE LA MISSION, POURQUOI PARTIR AU LAOS !

Nous avons un cœur pour la mission depuis de nombreuses années mais plutôt depuis la France. Pascal est trésorier de mission mennonite pendant 8 ans puis de SFE depuis 2015. Nos profils correspondent assez bien à des besoins en mission mais nous n’avons pas d’appel pour partir au loin et cela nous semble indispensable.

L’été dernier alors que nous accueillons une famille missionnaire du Laos, nous ressentons l’envie de partir en mission en famille. Mais 3jours après, l’adrénaline s’en ai allée, les portes se referment. Le projet est clos.

En février, Pascal part en voyage au Laos sous la casquette trésorier accompagner du président de SFE et son épouse pour une visite des envoyés au Laos et des projets portés par SFE. La gestion financière des différents projets n’est pas optimale et la nécessité de mettre en place un logiciel devient pressante. Pascal réalise qu’à distance cela sera plus compliqué. Il reçoit la conviction qu’il est temps de venir au Laos, que c’est le temps de Dieu. A distance, Damaris qui jusque-là n’ose pas dire oui aux nombreuses propositions de mission, reçois aussi la conviction qu’il est temps de répondre à l’appel.

De retour en France le 9 février, nous avons échangé tous les 2, puis avec nos enfants et avec la mission d’envoi. L’envie de partir servir au Laos s’imprègne en nous. Le projet est lancé et tout va très vite.

40 jours après, nos candidatures sont retenues et les points qui pouvaient être bloquant(gestion de nos emplois, de notre maison, l’école des enfants, …) sont résolus. C’est incroyable devoir la main de Dieu. Nous sommes simplement au bénéfice de la grâce de Dieu et spectateurs de sa bienveillance.

Lors de la session de formation au Défap, en juillet 2023 © Défap

SUR PLACE ÇA DONNE QUOI ?

Pascal interviendra pour la mise en place d’un logiciel de gestion financière pour l’ensemble des équipes SFE au Laos.

Damaris s’occupera de la guest-house de SFE à Vientiane et sera collaboratrice en santé publique à Vientiane après s’être un peu imprégné de la culture et de la langue.

Les enfants sont inscrits à l’école française de Vientiane.

Mais avant tout : découvrir une nouvelle culture pour savoir être plutôt que de savoir-faire

LE LAOS EN QUELQUES MOTS

  • Capitale : Vientiane
  • Langue : Lao
  • Population : 5,6 millions d’habitants (68ethnies différentes répertoriées en 3 groupes principaux)
  • Religion : confession bouddhiste majoritaire
  • Devise : Kip (1euro = 18000 kip)

Lors de la session de formation au Défap, en juillet 2023 © Défap

EN FAMILLE

Partir un an en famille relève quelques défis et prises de conscience à ne pas négliger.

Quelles ont été leurs premières réactions ?
Lucas 11 ans : Ah non, impossible de quitter mes copains. Emma 9 ans : Très surprise, inquiète de perdre ses copines et ses repères mais elle a très rapidement voulu préparer les valises et Léane 7 ans : Cool, je vais mettre des claquettes toute l’année…

Nous souhaitons vivre ce temps à part pour nous enrichir mutuellement dans une culture et un pays loin de nos repères.

NOS SUJETS DE RECONNAISSANCE ET D’INTERCESSION

  • La construction du plan de Dieu
  • La formation du Défap
  • Apprentissage de la langue
  • Intégration de nos enfants à l’école et dans la culture
  • Les pertes de repère de notre vie de famille
  • Notre vie d’Église



Le Défap à l’Assemblée du Désert 2023 : retour en images

L’Assemblée du Désert, rendez-vous annuel qui se tient le premier dimanche de septembre sur les terres du musée du Désert, dans le Gard, a réuni plus de 3000 participants ce 3 septembre 2023, pour un culte et des conférences sur le thème du voyage.

Vue des participants de l’Assemblée du désert, édition 2023 © Défap

C’est l’un des hauts-lieux de la mémoire protestante en France, mais aussi un lieu de rencontres et d’échanges : l’Assemblée du Désert, qui se tient chaque année le premier dimanche de septembre, sur les terrains du musée du Désert à Mialet, dans le Gard, est tout à la fois une fête, une commémoration, une sortie familiale, un rendez-vous avec l’histoire… Un rassemblement en plein air, sous les chênes et les châtaigniers du Mas Soubeyran, en référence aux cultes clandestins que tenaient les Huguenots au temps de la persécution, entre la révocation de l’édit de Nantes en 1685 et l’édit de tolérance de 1787 ; avec des participants venus pour beaucoup des Cévennes et du Languedoc, mais aussi de toute la France et de l’étranger, et parmi lesquels on reconnaît des élus locaux, nombre de représentants d’organismes liés au milieu luthéro-réformé. Chaque année, un thème choisi en référence à l’histoire protestante donne la coloration du culte du matin, et sert de fil rouge aux conférences de l’après-midi : pour ce mois de septembre 2023, il s’agissait du thème du voyage : « Voyageurs sur la terre » (et la mer) : des huguenots au grand large.

Le Défap y était présent, aux côtés d’organismes comme l’Institut protestant de théologie (IPT), la Cimade, A Rocha, Portes Ouvertes, les éditions Olivétan ou la librairie Jean Calvin… Et ce thème du voyage a également permis d’évoquer, au cours des interventions de l’après-midi, l’ancêtre du Défap, la SMEP (Société des missions évangéliques de Paris), à travers le parcours du missionnaire et ethnologue Maurice Leenhardt. Venu participer en voisin à ce rassemblement, le pasteur Jean-Luc Blanc, ancien Secrétaire général du Défap, a également été interviewé par Jean-Luc Gadreau à l’occasion de l’émission réalisée sur place par « Solae, le rdv protestant » – magazine proposé par la Fédération protestante de France et diffusé sur France Culture, et dont vous pouvez retrouver le teaser ci-dessous.
 

« Des milliers d’hommes et de femmes aujourd’hui se tournent vers d’autres territoires »

Lieu lié à l’histoire, l’Assemblée du Désert a aussi son histoire propre. La première a eu lieu le 24 septembre 1911, inaugurant une tradition qui n’a été interrompue que brièvement lors des années de guerre. Elle a été un marqueur de l’engagement protestant au cours de la Seconde Guerre mondiale, avec, par exemple, le sermon prononcé par le pasteur Marc Boegner au matin du 6 septembre 1942, dénonçant la souffrance des juifs quelques jours après les grandes rafles de l’été. Si l’affluence n’atteint plus aujourd’hui les 10.000 à 12.000 participants qu’a pu connaître l’Assemblée du Désert par le passé, ce sont tout de même quelque 3000 personnes qui étaient présentes sur les terres du musée du Désert en ce 3 septembre 2023.

Le culte du matin, présidé par la pasteure Céline Rohmer(Institut protestant de théologie, Faculté de Montpellier), était retransmis en direct sur France Culture ; fidèle à la liberté de parole et à la tradition d’engagement de l’Assemblée du Désert, elle a fait, dans sa prédication, un lien entre les exils des huguenots d’il y a quatre siècles et celui des migrants actuels. « Des milliers d’hommes et de femmes aujourd’hui se tournent vers d’autres territoires que les leurs pour trouver refuge, a-t-elle ainsi souligné. Ils s’entassent, par milliers, sur des bateaux de misère fuyant, au-delà des mers, à la recherche d’une terre d’accueil. Leur exil à eux n’est pas une métaphore. C’est une urgence politique. D’autres voyageurs contraints avancent dans les couloirs sud-américains espérant trouver asile… Et ces autres, laissés agonisants dans les déserts subsahariens… Leur marche forcée, à eux, n’est pas une figure de style. C’est un cri d’injustice. »

Vue des participants de l’Assemblée du désert, édition 2023 © Défap

Les conférences de l’après-midi étaient assurées par les professeurs Frank Lestringant (Paris Sorbonne) et Gilles Vidal (Institut protestant de théologie, Faculté de Montpellier). Elles ont emmené les auditeurs à travers l’exil des protestants français fuyant les persécutions après la révocation de l’édit de Nantes, mais aussi bien plus loin. Par exemple, du côté de la Nouvelle-Calédonie, avec l’odyssée de Maurice Leenhardt. Ou encore, du côté du Brésil où des protestants réformés tentèrent, en vain, de fonder une colonie dès le XVIème siècle – une équipée née du refus initial par la France du traité de Tordesillas qui faisait tomber le Brésil sous souveraineté portugaise, et qui se traduisit par une expédition placée sous l’autorité de l’amiral de Coligny, avec des colons initialement recrutés dans les prisons du nord de la France, bientôt rejoints par deux théologiens envoyés de Genève par Calvin, Pierre Richer et Guillaume Chartier…

Vue des participants de l’Assemblée du désert, édition 2023 © Défap




L’Assemblée du Désert et le souffle du grand large

L’histoire des protestants est marquée par de nombreux départs : exils face aux persécutions, quête de terres où vivre librement leur foi, voire de terres de mission… Il sera donc question de voyages lors de cette Assemblée du Désert 2023 : à travers une tentative de fonder une colonie française réformée dans la baie de Rio-de-Janeiro, dès le XVIème siècle ; ou encore à travers l’exode provoqué par la révocation de l’édit de Nantes… Il sera aussi question de la SMEP, la Société des Missions évangéliques de Paris, l’ancêtre du Défap, à travers le parcours du missionnaire et ethnologue Maurice Leenhardt auprès des kanak de Nouvelle-Calédonie.

L’affiche de l’Assemblée du désert, édition 2023 © Cevaa

L’Assemblée du Désert est un grand rassemblement protestant organisé chaque année le premier dimanche de septembre sur les terrains du Musée du Désert. La première eut lieu le 24 septembre 1911, lors de l’inauguration du Musée avec ses fondateurs Franck Puaux et Edmond Hugues. Depuis cette date, tous les ans à l’exception de quelques années de guerre, se tient l’Assemblée du Désert, réunissant 10.000 à 15.000 personnes dans une ambiance à la fois recueillie et joyeusement familiale. Les participants viennent principalement des Cévennes et du Languedoc, mais très nombreux aussi de toute la France et de l’étranger, sous les chênes et les châtaigniers du Mas Soubeyran, pour un culte le matin terminé par la sainte Cène, et des allocutions historiques l’après-midi. Le thème donné pour la journée peut-être directement en rapport avec les anniversaires de l’Histoire protestante (Édit de Nantes en 1998, Période camisarde en 2002-2004,…) mais aussi général dans le protestantisme (L’esprit des psaumes, La Bible, « vous direz à vos enfants »…).

Pour cette année 2023, lors de l’Assemblée qui se tiendra le dimanche 3 septembre, la thématique tournera autour du voyage : « Voyageurs sur la terre » (et la mer) : des huguenots au grand large. Elle permettra de (re)découvrir que les protestants français ne sont pas une espèce confinée dans les déserts des Cévennes. Tout au long de leur histoire, ils se sont tournés vers des espaces libres, au-delà des mers, à la recherche de refuges ou de nouveaux horizons d’évangélisation.

La SMEP, Maurice Leenhardt et les kanak de Nouvelle-Calédonie

Dans son Histoire d’un voyage faict en la terre du Bresil, publiée en 1578, Jean de Léry, rescapé de la Saint-Barthélemy, raconte l’échec d’un rêve qui intéressa Calvin, de fonder une colonie française réformée dans la baie de Rio-de-Janeiro (1557). Vingt ans après l’expédition à laquelle il participa, il relit son voyage sur la mer et parmi les Indiens comme un chemin de conversion au temps des guerres de religion. Mieux connue est l’histoire des réfugiés huguenots de la révocation de l’édit de Nantes (1685), échappés clandestins du royaume, par les routes ou par la mer, vers les Iles britanniques et l’Amérique, la Hollande et l’Afrique du Sud, même les Mascareignes.

De l’histoire de l’ancêtre du Défap : la Société des Missions de Paris, née du mouvement du Réveil, active au Lesotho dès 1833, on retiendra un écho lointain du voyage de Léry : le parcours de conversion du missionnaire et ethnologue Maurice Leenhardt auprès des kanak de Nouvelle-Calédonie, de 1902 à 1950.

Le culte à 10h30 sera présidé par la pasteure Céline Rohmer (Institut protestant de théologie, Faculté de
Montpellier). L’après-midi, on entendra les allocutions historiques des professeurs Frank Lestringant (Paris Sorbonne) et Gilles Vidal (Institut protestant de théologie, Faculté de Montpellier). Le message final sera donné par le pasteur Didier Crouzet, ancien responsable des relations internationales de l’Église protestante unie de France (EPUdF).

 

Informations pratiques :
Mas Soubeyran
30140 Mialet
04 66 85 02 72

 




Alternative Théologie : «Résister aux injustices»

La 4ème édition d’Alternative théologie a lieu du 25 au 30 août 2023 à Paris. Ce camp pour jeunes adultes de 18 et 30 ans qui souhaitent faire de la théologie autrement est proposé par l’Église protestante unie de France et l’Institut protestant de théologie, en collaboration avec le Défap. Le thème de cette année : « Résister aux injustices ».

Alternative Théologie, c’est quoi?

La quatrième édition de l’Alternative Théologie aura lieu du 25 au 30 août 2023 à Paris sur le thème : Résister face aux injustices.

C’est un camp pour jeunes adultes de 18 et 30 ans qui souhaitent faire de la théologie autrement.

L’Église protestante unie de France offre :

  • une proposition Alternative de dialogue pour discuter, partager, penser et s’engager.
  • de Théologie, parce que parler de Dieu, de sa foi, de ses questions, c’est à la portée de toutes et de tous. Quelques jours pour vivre la théologie et réfléchir sur la résistance face aux injustices. Ce camp propose aussi des temps spi, chants, découverte de Paris…

« C’est l’occasion de faire la théologie avec des gens qui ne sont pas des théologiens. Alternative en quelque sorte à la théologie universitaire. C’est une théologie qui se fait en dialogue avec des hommes et des femmes qui se posent des questions et à qui on propose de les poser du point de vue de la théologie. » (Elian Cuvillier)

« C’est un camp, un séminaire pour de jeunes adultes qui veulent mettre en lien leur vie, leur vie personnelle, leur vie professionnelle et leur foi, leurs convictions peut-être pour essayer de se changer, aller plus loin dans leur réflexion et pourquoi pas changer le monde ? » (Stéphane Lavignotte)

Modalités

Alternative Théologie se déroulera à l’Institut protestant de Théologie à Paris.

Hébergement au foyer Saint Jean Eudes

Le tarif normal s’élève à 150 €.

Le tarif de soutien est 200 €.

Si vous réservez vos billets de train SNCF avant le 15 juillet, vous pouvez faire le la demande d’un remboursement jusqu’à 50 % du prix de billet.
 
 

Inscription

Les inscriptions sont ouvertes : voici le lien pour s’inscrire.

Équipe de préparation :

  • Pasteure Christine Mielke, responsable de l’animation nationale de réseaux jeunesse national EPUdF.
  • Professeurs de l’IPT : Elian Cuvillier, Marc Boss, Christophe Singer et Pierre-Olivier Lechot
  • Eline (Service mission Défap)
  • D’autres intervenants seront invités en fonction des thèmes.

Pour plus de renseignements, contactez:

Christine Mielke, secrétaire nationale à l’animation des réseaux jeunesse
christine.mielke@epudf.org

Présentation au cours de l’émission « After Work » du 30 juin 2022, sur EJR Radio :

 




Une mission «chrétienne»

Méditation par Christian Baccuet, pasteur EPUdF à Paris, sur Actes 11, 26.

Vitrail d’un temple à Paris : la transparence relie le culte et le monde © Christian Baccuet pour Défap

 

« C’est à Antioche que, pour la première fois, les disciples furent appelés chrétiens. »
Actes 11, 26

 

 

Qu’est-ce qui détermine qu’une mission est « chrétienne » ? Le récit biblique dans lequel apparaît pour la première fois le terme de « chrétiens » offre quelques pistes de réflexion (Actes 11, 19-30).

À Antioche, un groupe est identifié de manière spécifique et ses membres se voient nommés « chrétiens » par ceux qui les voient. Il ne s’agit pas de nous donner à nous-même des critères d’identité mais d’être disponibles à être reconnus comme disciples du Christ.

Ce groupe est composé de Juifs issus des synagogues et de non-Juifs. Il est fait de mélange, de rencontres, d’inclusion, d’universel et de tensions aussi. Le fruit de la mission, ce sont des croyants d’origines diverses, unis en Christ. Gardons cette articulation entre vraie diversité et unité profonde.

La communauté naissante se structure : Barnabas est « envoyé » par l’Église de Jérusalem pour une visite de communion, Saul est appelé à « instruire », des « prophètes » portent des messages de Dieu, des « anciens » coordonnent la communauté locale. Tous contribuent à la bonne marche de l’Église naissante. À notre tour d’articuler mission, organisation et communion.

Ce sont les événements qui commandent : la persécution, la prison, les disciples en fuite qui sèment l’Évangile, ceux qui les entendent et racontent à leur tour dans leur langue. Et puis, il y a la famine à Jérusalem. C’est la communauté de départ de l’Évangile, et voici que la jeune Église d’Antioche organise une collecte pour venir à son aide.

Comme Barnabas avait été « envoyé » à Antioche, de l’argent est « envoyé » à Jérusalem, premiers jalons de la solidarité et de l’universalité de l’Église. Le partage est un fruit de la mission, geste de fraternité entre communautés dispersées. Nous voilà appelés à être disponibles aux situations qui se présentent, aux appels qui surgissent.

Jusque-là, le livre des Actes rapporte l’histoire de grandes figures, Pierre, Étienne, Philippe. Ici, des quasi-inconnus voire des anonymes, Barnabas, Saul, Agabos, ceux qui arrivent avec l’Évangile à Antioche, ceux qui, entendant la Parole de Dieu, la racontent à d’autres, ceux qui donnent pour le secours des frères et sœurs de Judée. Voilà qui nous rappelle que l’Église c’est nous, chacun dans l’humble quotidien de sa vie.

Le livre des Actes raconte ainsi notre propre histoire. Ou plutôt, il raconte l’histoire du Seigneur avec nous. Car tout cela se vit parce que « la main du Seigneur était avec eux ». C’est l’Esprit qui accompagne, porte, soutient la mission. C’est en cela qu’elle est « chrétienne » !

 

Prière

Seigneur,
Donne-nous d’être des porteurs joyeux de l’Évangile,
dans le témoignage de la bonne nouvelle pour tous
comme dans les gestes de solidarité concrète,
dans notre communauté locale
comme dans la communion des Églises,
dans l’accueil des appels de nos frères et sœurs
comme dans la disponibilité à ton Esprit.
Que ta main reste avec nous. Amen.

Actes 11, 26




Magali, volontaire au Sénégal : en mission auprès des enfants des rues

Magali est une envoyée « portée » du Défap : elle est partie en mission au Sénégal avec la WEC, et intervient auprès d’enfants des rues à Dakar, au sein de « La maison d’espoir ». Elle témoigne.

Le staff féminin de « La maison d’espoir », à Dakar © Magali pour Défap

 

Quel a été ton parcours, et qu’est-ce qui t’a poussée à t’engager comme volontaire à l’international ?

Magali : J’ai fait une première mission en Côte d’Ivoire en 2000 et une seconde mission court-terme au Sénégal en 2004. À cette époque, je préparais les concours pour devenir enseignante en France. Le Sénégal est un pays qui m’a beaucoup touchée à l’époque : la générosité et l’hospitalité des Sénégalais donnent une vraie leçon de vie. J’ai ensuite travaillé sept ans en tant que professeur d’anglais et de français dans les lycées professionnels, en région parisienne. Parallèlement, j’ai toujours eu envie de me former au moins un an dans une école biblique. C’est ainsi que j’ai pris en 2016 une année de disponibilité, et que je suis partie aux Pays-Bas faire un « Bible College and Intercultural studies », une école qui forme à la mission dans d’autres cultures. Dès le début de cette formation, j’ai senti le désir de repartir au Sénégal travailler après des enfants des rues. Après deux ans de formation interculturelle, dont un stage pratique de six semaines au Sénégal, je suis partie en tant que volontaire à Dakar, travailler dans un programme de jour qui accueille les enfants qui vivent et dorment dans la rue.

Depuis combien de temps ce programme existe-t-il, et combien êtes-vous à y travailler ?

Ce programme a commencé en 2019, l’année où je suis arrivée. C’est une collaboration entre deux missions chrétiennes : nous sommes en moyenne quatre pour gérer le programme.

Combien accueillez-vous d’enfants, en général ? Et pour quelles activités ?

Nous avons un programme qui peut accueillir 25 garçons. Les jeunes commencent par se doucher, puis je les accueille en classe pour l’alphabétisation. Quand tout le monde est douché et revêtu d’habits propres, nous prenons le petit-déjeuner. Ensuite il y a des chants et une histoire biblique. Nous faisons aussi du sport, des activités artistiques, initiation à la menuiserie, cordonnerie, danse, jeux… À 13 heures, nous mangeons ensemble, et l’après-midi les enfants repartent dans la rue.

Une mission auprès des enfants des rues de Dakar © Magali pour Défap

Le contexte socio-politique au Sénégal a-t-il une influence sur votre mission ?

Oui, bien sûr. Nous faisons de la prévention auprès de nos jeunes pour qu’ils évitent de prendre part aux émeutes. Au mois de mai, dû aux instabilités dans le pays, nous avons dû aussi suspendre certaines de nos activités, comme les maraudes de nuit que nous faisons chaque mardi soir.

Que deviennent les enfants des rues que vous accueillez ?

Nous essayons de trouver des solutions pour chacun : parfois on fait de la médiation familiale, d’autres fois on les place dans des centres partenaires où ils peuvent rester à moyen ou à long terme. Il y a aussi des garçons que l’on voit malheureusement grandir dans la rue…

Combien de temps les suivez-vous, en général ?

Cela varie beaucoup ! Certains garçons ne viennent qu’une seule fois et on ne les revoit plus jamais ; pour d’autres, cela peut aller jusqu’à plusieurs années. Mais en moyenne, je dirais quelques mois.