Une journée d’études sur le «Discernement de la vocation missionnaire»

Le Défap y participait ! C’était le 16 mars à l’Institut catholique de Paris, organisé par l’Institut d’histoire des missions lancé en 2022 et auquel sont également associés l’IPT et l’AFOM.

Dossiers de candidature de missionnaires de la SMEP © Défap

Claire-Lise Lombard a tenté d’éclairer le processus de discernement des vocations mis en œuvre au sein de la Société des missions évangéliques de Paris entre 1890 et 1960, un sujet abordé par le biais des nombreux dossiers de candidature conservés dans les archives du Défap. Un matériau peu étudié jusqu’ici, qui permet de retracer le parcours des candidats au départ, leur « désir de mission » et l’accompagnement dont ils sont l’objet.

Le programme de cette journée, croisant approche historique, théologique et sociologique, couvrait un large spectre d’expériences missionnaires, dans une étonnante traversée du temps : depuis Patrick, évangélisateur de l’Irlande (Ve siècle), jusqu’aux prêtres de la Mission de France (1941) invités non à partir mais à rester « pour apprendre à prier et à dire Dieu, au pas des autres », dans le monde du travail. Ou encore aux « prêtres venus d’ailleurs » pour servir dans des paroisses françaises, dans un mouvement dit de « mission inversée » : interviewés par une sociologue, Corinne Valasik, certains ont accepté de revenir sur leurs motivations au départ et leur conception de la vocation.

Missionnaires d’hier et d’aujourd’hui

Affiche de la journée d’études sur le « Discernement de la vocation missionnaire » organisée à l’ICP par par l’Institut d’histoire des missions © DR

Enfin, le responsable du recrutement de Volontaires de solidarité internationale (VSI) pour le compte des Missions étrangères de Paris (MEP) a partagé son expérience, proche en bien des points de celle du Défap. Les réflexions s’inscrivaient au croisement de l’intime (appel intérieur) et de l’ecclésial (confirmation par la communauté, l’institution).

Missionnaires d’hier et d’aujourd’hui ; d’ici ou de là-bas… Tout a changé… Et pourtant ! Les questions au cœur de l’envoi des disciples du Christ, au cœur d’une foi chrétienne qui est décentrement de soi et service des autres, continuent à traverser les Églises, en Europe et au-delà.

Claire-Lise Lombard, responsable de la bibliothèque du Défap




Adrien Franck Mougoué et la «mission inversée»

En ce mois d’avril dans « Courrier de mission », Guylène Dubois a reçu Adrien Franck Mougoué. Étudiant en histoire des religions à l’université de Douala, au Cameroun, il effectue un séjour d’une année en France pour des recherches dans le cadre d’une thèse sur l’implantation de communautés de l’Église presbytérienne camerounaise en France, et Suisse et en Belgique. Issue des missions occidentales (en l’occurrence, de la Mission Presbytérienne Américaine), l’EPC développe ainsi en retour une activité missionnaire en Europe. Mais ce projet missionnaire faisait-il déjà partie des préoccupations des Camerounais venus en Europe ? Peut-on véritablement parler aujourd’hui d’une « mission inversée » ?
Adrien Franck Mougoué lors de l’enregistrement du numéro d’avril de « Courrier de mission » dans les locaux de Radio FM+, à Montpellier © Radio FM+ / Défap

Vous avez peut-être eu l’occasion d’entendre Adrien Franck Mougoué lors de la première session des « Jeudis du Défap », le 4 avril dernier : consacrée aux relations complexes et aux mouvements de personnes entre Églises d’Afrique et de France, que ce soit côté catholique ou côté protestant, elle posait la question de l’existence, à travers ces échanges, d’une « mission inversée ». Vous l’avez peut-être aussi croisé le 18 avril lors du webinaire de la CLCF (la Centrale de Littérature Chrétienne Francophone) sur « Les communautés chrétiennes de l’Église presbytérienne camerounaise en Europe ». Ce dimanche 21 avril, il était l’invité de Guylène Dubois pour l’émission mensuelle du Défap, « Courrier de mission », diffusée sur Fréquence protestante et coproduite avec Radio FM+.

Étudiant en histoire des religions à l’université de Douala, au Cameroun, Adrien Franck Mougoué effectue un séjour d’une année en France, en bénéficiant d’un soutien financier du Défap, dans le cadre de recherches pour une thèse sur l’implantation de communautés de l’Église presbytérienne camerounaise en France, et Suisse et en Belgique. Une implantation qui a suivi le mouvement des migrations de Camerounais vers l’Europe et les pays francophones, mais qui n’obéissait pas forcément à un projet préexistant de l’EPC : comme Adrien Franck Mougoué a pu le constater au cours de ses recherches, l’apparition de ces communautés a pu se faire sans que les dirigeants de l’EPC au Cameroun en aient véritablement conscience. Et leur existence même a d’ailleurs fini par se traduire par des problèmes structurels au sein de l’Église presbytérienne camerounaise, laquelle a fini par se doter d’un « consistoire Europe » pour tenter de rassembler ces communautés nées de manière indépendante.

Adrien Franck Mougoué et la « mission inversée »

Courrier de Mission
Émission du 21 avril 2024 sur Fréquence Protestante

 

Des communautés liées à une langue et à une région

Pour Adrien Franck Mougoué, ces travaux de thèse s’inscrivent dans la continuité de ceux qu’il avait lancés depuis plusieurs années sur l’EPC, Église à laquelle il avait déjà consacré un mémoire en 2015 ; mais il s’agissait alors pour lui d’étudier les phases du développement de l’EPC au Cameroun. Au fil de ses recherches, il a découvert, comme il le dit lui-même, « plusieurs pans méconnus de l’histoire de l’EPC » : une histoire complexe qui s’inscrit dans le riche contexte du protestantisme camerounais.

Le Cameroun est un pays qui pourrait être un continent. Plus de 200 ethnies et autant de langues, réparties dans des milieux naturels très contrastés : c’est une « Afrique en miniature », comme on l’entend parfois dans la bouche de Camerounais. Dans ce paysage fourmillant, le protestantisme s’est implanté de longue date, apportant l’Évangile dès le XIXème siècle, avec tout d’abord les baptistes, incarnés par le Jamaïcain Joseph Merrick et l’Anglais Alfred Saker. Ils ont été suivis par les presbytériens américains, puis par des arrivées successives de missionnaires d’Europe, dont ceux de la Société des Missions Évangéliques de Paris. Les protestants ont construit les premières écoles, les premiers hôpitaux, la première université : l’Université protestante d’Afrique centrale, à Yaoundé. Sa faculté de théologie, où se retrouvent de futurs pasteurs, mais aussi des étudiants catholiques ou musulmans, accueille aujourd’hui dans une perspective interdénominationnelle des étudiants venant de différents pays des sous-régions d’Afrique Centrale et de l’Afrique de l’Ouest. C’est dans une école protestante qu’a été composé l’hymne national camerounais ; et il n’est pas rare de voir en pleine ville des panneaux publicitaires affichant des versets bibliques pour le compte de telle ou telle Église.

Guylène Dubois avec Adrien Franck Mougoué dans les locaux de Radio FM+, à Montpellier © Radio FM+ / Défap

Le protestantisme camerounais porte aussi l’héritage des missionnaires successifs qui ont fondé autant d’Églises dans les diverses régions du pays : à l’ouest les baptistes, au nord les luthériens, au sud la mission américaine… Une géographie dont l’évolution se poursuit avec la croissance plus récente d’Églises pentecôtistes qui font concurrence aux Églises dites « historiques ». À ces lignes de partage s’en ajoutent d’autres, parfois internes aux Églises, en fonction des ethnies, créant de sensibles jeux d’équilibre, voire des conflits, dans la gestion des diverses instances ecclésiales. Une situation qui n’est pas propre aux Églises, dans un pays où structures étatiques et structures traditionnelles se superposent sans s’opposer, où l’on peut retrouver des héritiers des dynasties royales, des lamibé ou des sultans, en poste dans des ministères à Yaoundé. À cela s’ajoute encore le poids de l’histoire : la division entre Cameroun francophone et Cameroun anglophone, héritage des colonies allemandes passées sous mandat français et britannique à l’issue de la Première Guerre Mondiale…

L’Église presbytérienne camerounaise, objet des recherches d’Adrien Franck Mougoué, est bien représentative de cette histoire complexe. Issue des missions occidentales (en l’occurrence, de la Mission presbytérienne américaine), elle s’est peu à peu rendue autonome de ses « pères fondateurs » ; on aurait pu penser qu’à l’étranger, elle créerait des communautés plus facilement aux États-Unis, mais c’est en fait plutôt dans les pays francophones d’Europe que des rejetons de l’EPC sont apparus. Suivant en cela les parcours individuels de Camerounais venus s’installer d’abord en France, puis en Belgique et en Suisse, avant de tenter de se regrouper par familles, puis de s’organiser pour retrouver une vie communautaire et spirituelle proche de celle qu’ils connaissaient dans leur région d’origine. C’est le parcours de ces différentes communautés, liées avant tout à une région et à une langue, voire à un village, qu’Adrien Franck Mougoué tente de retracer dans ses travaux.




Réformer l’Église en vue de sa mission

Le Synode national de l’Église protestante unie de France accueillera du 8 au 11 mai 2024 à Toulon, 200 délégués et invités.

© EPUdF

Outre l’examen des différents rapports annuels, le Synode poursuivra son travail sur le thème « Mission de l’Église et ministères » avec l’équipe des rapporteurs nationaux.

Depuis 2021, le Conseil national a initié ce processus synodal courant sur plusieurs années :

  • Dans un premier temps, allant jusqu’au Synode national 2022, il s’est agi de discerner une vision globale et de grandes orientations associées.
  • Dans un second temps, il s’agit maintenant de réformer l’Église en vue de sa mission. À cette fin, toutes les paroisses ont participé à la réflexion et transmis leurs avis. Les retours de leurs travaux ont fourni un point de départ aux échanges des neuf synodes régionaux qui se sont tenus à l’automne 2023. Chacun de ces synodes a alors élaboré et voté un document exprimant son avis sur le sujet. Ces avis rassemblés sont à la base du texte proposé aux débats du synode national.

Cette session sera donc particulièrement importante, car elle décidera des grandes orientations de la vie de l’Église pour les prochaines années, des ministères et de la formation. La pasteure Sibylle Klumpp, présidente du Conseil régional PACCA, sera la modératrice de cette session et conduira les travaux de cette assemblée composée de deux cents délégués et invités réunie au Palais du commerce et de la mer à Toulon.

La pasteure Marie Odile Wilson assurera l’aumônerie avec une équipe de musicien et le culte final qui aura lieu le samedi 11 mai 2024 à 10 h 30 au temple protestant, 22 rue Picot à Toulon où seront accueillis neufs nouveaux pasteurs reconnus au service de l’Église protestante unie de France.

Décryptage des temps forts de ce synode, lors de l’émission « Escale protestante » proposée sur RCF par les Églises protestantes du Var : présentation par la pasteure Silvia Ill et par Corinne Bianquis, membre du conseil presbytéral de l’Église unie de France à Toulon.
 




Nord Kivu : l’école reste un droit, malgré les combats

Alors que les combats en République démocratique du Congo ont forcé des millions de personnes à fuir, notamment dans l’Est du pays, l’ampleur de la crise humanitaire reste méconnue, et les moyens insuffisants devant la multiplicité des besoins. Au-delà du manque de vivres, l’un des domaines où les manques sont les plus criants, c’est celui de l’éducation. Or les enfants déplacés et déscolarisés courent le risque d’être recrutés par des groupes armés pour devenir des enfants soldats. Dans la banlieue de Goma, l’ECC Nord-Kivu, branche locale de l’Église du Christ au Congo, s’efforce d’organiser des sessions de rattrapage pour des élèves du principal camp de déplacés, celui de Kanyaruchinya. Ce projet a obtenu un soutien financier via le Défap et Solidarité protestante.

Des tentes de déplacés ayant fui les combats, dans la banlieue de Goma © Défap

Près de 7 millions de déplacés à l’intérieur du même pays. C’est le bilan, terrible, établi en octobre 2023 par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui tentait alors d’évaluer l’impact sur la population civile des conflits en République démocratique du Congo (RDC). C’est aussi la dernière évaluation chiffrée dont on dispose à ce jour, mais elle est certainement déjà dépassée par la poursuite des violences dans l’Est du pays. Ce bilan est à mettre en rapport avec les dimensions de l’État : plus grand pays d’Afrique francophone, la RDC a une superficie comparable à celle de l’Europe occidentale. C’est aussi un pays richement doté en ressources naturelles exceptionnelles : cobalt, cuivre, diamants et « terres rares » comme le coltan, crucial pour produire des smartphones ; sans compter une faune et une flore exceptionnelles, la RDC comptant sur son sol la deuxième plus grande forêt tropicale du monde. Mais toutes ces ressources profitent peu à la population, et elles sont même une malédiction : elles sont les enjeux de tous les conflits. En dépit – ou à cause – de toutes ces richesses, la RDC figure parmi les cinq nations les plus pauvres du monde. En 2023, environ 74,6% des Congolais vivaient avec moins de 2,15 dollars par jour. Environ une personne sur six vivant dans une extrême pauvreté en Afrique subsaharienne habite en RDC.

L’Est du pays fait partie des régions les plus instables. Depuis fin 2021, la situation sécuritaire s’est gravement détériorée dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, où des milliers de personnes ont dû fuir les affrontements entre l’armée congolaise et des groupes armés. Régulièrement, les combats entre les rebelles du M23 et des groupes armés pro-gouvernementaux se rapprochent de Goma, ville de plus d’un million d’habitants située tout près de la frontière rwandaise. C’est là que se trouvent rassemblés une grande partie des déplacés fuyant les violences, dans des camps dont les plus anciens sont devenus de vraies villes de tentes, comme celui de Kanyaruchinya.

L’éducation, grande oubliée de la crise humanitaire

Les besoins y sont immenses, et les ressources apportées par les institutions internationales insuffisantes : la crise humanitaire de RDC est largement ignorée sur la scène internationale. Les Églises sur place tentent de pallier le manque de moyens. C’est le cas de l’ECC (Église du Christ au Congo), principale dénomination protestante du pays, très présente sur l’ensemble du territoire de RDC et très structurée. Au cours de l’été 2023, le Défap, avec la plateforme Solidarité protestante, avait déjà apporté son soutien à l’ECC pour des distributions de vivres et de produits d’hygiène dans le camp de Kanyaruchinya. À présent, l’ECC s’efforce de répondre à d’autres besoins : ceux des élèves déscolarisés.

Car même quand l’aide internationale arrive, même quand des distributions alimentaires peuvent être organisées, ce soutien va difficilement au-delà. Dans les camps autour de Goma, les enfants se retrouvent sans prise en charge éducative. Les écoles manquent (beaucoup sont occupées par des rebelles) et les parents, qui ont tout perdu, n’ont plus de quoi payer les frais de scolarité. Or l’éducation est un droit, comme le rappelle l’Unicef : elle figure à l’article 28 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Et en RDC, l’absence de prise en charge scolaire des enfants déplacés de guerre les expose au risque d’être recrutés par l’un ou l’autre groupe armé et de devenir des enfants soldats.

Voilà pourquoi la branche locale de l’Église du Christ au Congo, l’ECC Nord-Kivu, a décidé d’organiser des sessions de rattrapage. Elle a choisi de se concentrer sur des groupes de lycéens de Terminale, pour leur permettre d’aller jusqu’au bout de leur scolarité et de se présenter aux épreuves du Baccalauréat. Un projet qui a obtenu un soutien financier via le Défap et Solidarité protestante. Pour le mener à bien, il s’agit tout d’abord d’apporter une aide alimentaire aux élèves ; ensuite, d’assurer une session de rattrapage scolaire de qualité. Les jeunes participants de ce programme d’aide seront ainsi rassemblés quotidiennement en trois groupes, en fonction des trois filières les plus suivies : « Pédagogie générale », « Techniques sociales » et
« Agronomie / Biochimie ». Et ils pourront étudier, sous la responsabilité d’une équipe de neuf enseignants constituée pour l’occasion, soit dans une chapelle, soit dans des salles de classe d’écoles proches du camp de Kanyaruchinya.

Des élèves en RDC © Défap

 

Solidarité Protestante : être solidaire dans les situations d’urgence

Solidarité Protestante est une plateforme au sein de la Fondation du Protestantisme sollicitée pour mobiliser, sensibiliser et récolter des fonds afin de manifester l’action solidaire du monde protestant dans des situations d’urgence ou de crises internationales. Le comité de cette plateforme est piloté par la Fondation du Protestantisme et la Fédération protestante de France qui s’entourent d’ONG et d’institutions chrétiennes expertes dans l’aide humanitaire d’urgence et de crise. Le Défap fait partie de ces institutions. Pour chaque situation, les opérateurs sont choisis par l’ensemble du comité en fonction de l’analyse faite et des demandes parvenues au comité.



La théologie interculturelle, entre Bossey, Yaoundé et Montpellier

Durant le mois de janvier 2024, Jean-Patrick Nkolo Fanga, Recteur de l’Institut supérieur presbytérien Camille-Chazeaud et professeur de théologie pratique, pasteur de l’Église presbytérienne camerounaise, a eu l’occasion de réaliser des projets de collaboration dans le cadre de la théologie interculturelle grâce au soutien du Défap. Tout d’abord en Suisse, à l’Institut œcuménique de Bossey ; puis à l’Institut protestant de théologie, faculté de Montpellier. Il raconte.

Jean-Patrick Nkolo Fanga © DR

Durant le week-end du 19-20 janvier 2024, je suis intervenu en binôme avec Madeleine Wieger (Université de Strasbourg) dans le cadre de la formation à la théologie interculturelle organisée à l’Institut œcuménique de Bossey par plusieurs institutions académiques (IPT, Bossey) et inter-ecclésiastiques (Défap, DM).

Il s’agissait de partager avec les participants diverses perspectives culturelles au sujet de l’Église et des ministères sous le prisme des ministères de guérison. Didier Halter de l’Office protestant de la formation des Églises de Suisse romande animait cette session.

Quelques jours plus tard, je participais à une séance de Master animée par Christophe Singer sur la conversion à l’IPT de Montpellier. J’ai partagé avec les participants les enjeux et défis de la conversion en contexte africain. L’inverse avait eu lieu en novembre 2023 où, grâce au Défap, j’avais accueilli Christophe Singer à Yaoundé puis à Foulassi (sud Cameroun) pour intervenir dans deux cours que j’anime, l’un en théologie pastorale, l’autre au sujet de l’évangélisation. Christophe a eu la possibilité de partager avec nous ses réflexions comme théologien français.

Donner des clés d’interprétation et de compréhension

Une session de la première formation à la théologie interculturelle donnée à l’Institut œcuménique de Bossey © Gloria Koymans/COE

L’arrière-plan culturel des peuples d’Afrique est marqué par la reconnaissance des interactions entre le monde spirituel et le monde temporel ce qui influence le discours théologique et les pratiques ecclésiales.

Ma participation aux activités de dialogue interculturel en milieu ecclésial a pour objectif de donner des clés d’interprétation et de compréhension des personnes influencées par la culture des peuples d’Afrique qui se retrouvent en contexte français ou européen dont les réalités ne sont pas les mêmes.

Jean-Patrick Nkolo Fanga




«Tout est vanité» à l’heure des réseaux sociaux ?

Méditation par le pasteur Christian Seytre, président de la Communauté des Églises protestantes francophones, sur les premiers versets du chapitre 5 de l’Ecclésiaste.

© geralt – Pixabay

 

« Prends garde à ton pied, lorsque tu entres dans la maison de Dieu ; approche-toi pour écouter, plutôt que pour offrir le sacrifice des insensés, car ils ne savent pas qu’ils font mal. Ne te presse pas d’ouvrir la bouche, et que ton cœur ne se hâte pas d’exprimer une parole devant Dieu ; car Dieu est au ciel, et toi sur la terre : que tes paroles soient donc peu nombreuses. Car, si les songes naissent de la multitude des occupations, la voix de l’insensé se fait entendre dans la multitude des paroles ».
Ecclésiaste 5. 1-3

 

 

Ce texte nous exhorte à être prudents dans nos prières ; on peut si facilement faire des promesses à Dieu et ne pas être en mesure de les tenir.

On peut aussi multiplier les vaines paroles, en espérant que leur nombre produira de l’efficacité. Avant d’enseigner le « Notre Père » à ses disciples, Jésus leur a fait une recommandation et une promesse : « En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas ; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez ». (Matthieu 6. 7-8).

Ce texte est donc un guide pour notre relation avec Dieu ; mais il peut être intéressant de l’appliquer à notre relation avec notre prochain, qui a été créé à l’image de Dieu.

❝ La relation à l’autre est fragile

Il y a d’abord une mise en garde « prends garde à ton pied » ; la relation à l’autre est fragile. Il faut être prudent. On peut si facilement faire du mal sans s’en rendre compte, et se conduire comme un insensé.

Ensuite, il faut écouter. Il faut beaucoup plus d’énergie pour écouter que pour parler : se forcer à ne pas réagir, gérer la multitude des pensées qui nous assaillent et nous distraient ; nous centrer sur ce que l’autre exprime, ce qu’il dit, et peut-être ce qu’il ne dit pas.

Ce message de l’Ecclésiaste revêt un caractère particulier à l’époque des réseaux sociaux.

On nous a appris à l’école à écrire des rédactions, à faire des analyses de textes, à rédiger des dissertations. Il fallait réfléchir avant d’écrire ou de parler, et structurer sa pensée. Mais ça, c’était avant !

Nous assistons depuis quelques années à un déferlement de hevel, mot hébreux qui signifie fumée ou buée, et qui est souvent traduit par « vanité » au début de l’Ecclésiaste (le fameux « vanité des vanités, tout est vanité »).

❝ Dans le silence et l’écoute…

Les réseaux sociaux sont le monde du hevel ; la vanité de la parole creuse ; l’inconsistance de la buée (qui disparaît au moindre rayon de soleil) ; le brouillard de la fumée et son enfumage permanent.

« Je twitte, donc je suis », se dit l’internaute. Il ne connaît rien, mais a un avis sur tout. Il ne sait pas débattre, alors il insulte. Il est incapable de gérer sa frustration, alors il menace ou il harcèle.

Derrière son écran, et souvent de façon anonyme, il se croit le maître du monde, alors qu’il n’est qu’un insensé.

Dans ce tohu-bohu de la fausse communication, avec des réseaux sociaux devenus asociaux, il est important pour le croyant de se mettre à l’écoute de son Dieu. Nous avons une bonne nouvelle à annoncer. C’est dans le silence et l’écoute que nous serons équipés pour le faire.

Nous pourrons ensuite aller vers le prochain, non pour le noyer de paroles, mais pour l’écouter et partager avec lui le cœur de notre foi : Jésus-Christ, fils de Dieu sauveur.

 

Prière

Seigneur, dans le brouhaha de ce monde, aide-nous à être des témoins, qui ne prononcent pas de vaines paroles, mais qui commencent par écouter, toi d’abord, et ensuite le prochain que tu mets sur notre chemin.




Retour en RDC

Basile Zouma, Secrétaire général du Défap et Jean-Pierre Anzala, Responsable de l’Échange théologique, se sont rendus au cours du mois de février 2024 en République Démocratique du Congo, pour rencontrer les partenaires sur place, après trois ans sans visite du Défap. Des partenaires nombreux (pas moins de six universités protestantes) et une Église qui est un poids lourd du protestantisme francophone : l’Église du Christ au Congo (ECC). Ils racontent.

Olivier Abel, professeur de théologie, lors d’un séjour en RDC avec le Défap, visitant à Bukavu l’un des projets soutenus par le Service protestant de mission : des cultures de plantes médicinales © Défap

Nous sommes arrivés en République démocratique du Congo le 7 février 2024, exactement à la date où les médias annonçaient l’offensive du M23 vers Goma. Même si l’armée congolaise et ses alliés tentaient de contenir cette avancée sur la capitale provinciale, les nouvelles étaient alarmantes. Nos collègues, parents et amis nous envoyaient des messages préoccupés et affolés concernant notre déplacement en RDC.

À notre arrivée, force était de constater que la capitale était calme et que la vie quotidienne poursuivait son cours avec les embouteillages habituels et réputés de Kinshasa. Il nous a semblé qu’au lendemain des élections, la population s’intéressait davantage aux futures nominations provinciales et nationales qu’elle ne vivait dans la crainte d’une invasion militaire.

Vue d’une rue à Kinshasa © Défap

Ces rencontres nous ont permis de nous rendre compte de réalités concrètes sans l’interférence médiatique.

Les facultés de théologie font face à de réelles difficultés. Le matériel et l’immobilier se dégradent, parfois le nombre d’inscrits diminue. La réalité économique et sociale du pays dans son ensemble est difficile mais il y a un véritable dynamisme de la population pour l’initiative économique, les initiatives sociales et pour la formation sous toutes ses formes.

Un avenir en commun

La RDC, un géant du christianisme francophone : vue d’un culte dans une Église de l’ECC © ECC

Pour ce dernier point, le Défap se révèle être un partenaire ancien, reconnu et recherché pour ses expertises par les partenaires que nous avons visités.

Ces expertises identifiées permettent d’orienter les relations de l’économique et du financier vers une vraie réciprocité dans la formation théologique, vers une réciprocité en matière de recherche et de partage des connaissances et des mobilités. Il s’agit maintenant davantage de s’enrichir mutuellement des approches contextuelles des Écritures.

Il s’agit surtout de mettre ensemble les richesses de la recherche théologique du Sud et du Nord pour produire plus de richesse et une richesse commune.

Le Défap ne peut qu’encourager le dynamisme que nous avons constaté pour une formation de qualité, pour un renouvellement du corps professoral hautement formé. La formation théologique des femmes est particulièrement mise en avant par le Défap. Elle est vectrice de transformation ecclésiale, sociale et personnelle.

Nos déplacements et rencontres nous servent à inventer ensemble un avenir commun.

Basile Zouma, Secrétaire général du Défap
et Jean-Pierre Anzala, Responsable de l’Échange théologique

 

Vue du campus de l’UPC © Défap

 

Le Défap en RDC

Le Défap travaille en lien avec ces universités protestantes, qui toutes comportent une faculté de théologie :

  • L’Université protestante au Congo (UPC) à Kinshasa ;
  • L’Université libre des Pays des grands lacs (ULPGL) à Goma et à Bukavu ;
  • L’Université évangélique en Afrique (UEA) à Bukavu;
  • L’Université de l’Alliance chrétienne (UAC) à Boma ;
  • L’Université presbytérienne du Congo (UPRECO) à Kananga.

Le Défap échange avec les facultés de théologie partenaires en République démocratique du Congo notamment par l’envoi de professeurs et l’accueil de chercheurs en congé-recherche. Il finance par ailleurs des bourses pour des étudiantes dans plusieurs universités, pour aider à promouvoir la place de la femme.

À Bukavu, il soutient un projet de santé communautaire autour de la culture de plantes médicinales (photo d’ouverture)– des plantes aux vertus traditionnellement reconnues, oubliées ces dernières années, mais que ce projet contribue à réhabiliter.

À Bukavu et à Goma

Remise des diplômes en décembre 2021 aux participants à la formation continue sur « Église et leadership » à l’ULPGL © ULPGL

Le Défap propose des bourses pour permettre à des jeunes femmes de poursuivre des études supérieures en théologie à l’Université libre du Pays des grands lacs, de manière à former de futures cadres de l’Église du Christ au Congo (ECC), principale dénomination protestante en RDC. Il soutient aussi un projet de l’ULPGL visant à promouvoir l’usage des plantes, à la fois pour l’alimentation et pour leurs vertus médicinales. Le Défap a également soutenu ces dernières années un projet de l’Église 5e CELPA UZIMA : des micro-crédits pour aider des femmes dans leurs petits commerces, nécessaires à la survie de leur famille.

À Kananga

Un des bâtiments de l’UPRECO équipé de panneaux photovoltaïque – projet soutenu par le Défap © Défap

Le Défap s’efforce d’améliorer les conditions de travail des étudiants de l’UPRECO. Il a aidé à financer l’électrification de bâtiments universitaires, notamment d’un amphithéâtre ; et sa bibliothèque a reçu un soutien via la Centrale de littérature chrétienne francophone.

Parallèlement, le Défap est engagé de longue date dans un programme de bourses pour des étudiantes : car dans cette province défavorisée du Kasaï-Occidental, lorsque les ressources manquent dans une famille pour permettre aux enfants de poursuivre des études, ce sont le plus souvent les garçons qui sont choisis, au détriment des filles.

Dans le territoire de Nyiragongo (nord de Goma)

Au cours de l’été 2023, la branche locale de l’ECC Nord-Kivu a dû venir en aide aux déplacés fuyant les violences des rebelles du M23. Le Défap a pu apporter son soutien, avec Solidarité protestante, pour des distributions de vivres et de produits d’hygiène dans le camp de Kanyaruchinya.




AG du Défap : le message du Secrétaire général

Dans son discours prononcé à l’ouverture de l’Assemblée générale 2024 du Défap, le Secrétaire général Basile Zouma a voulu exprimer « une reconnaissance, celle de vivre l’action du Défap comme un don de Dieu, un cadeau des Églises membres pour la société ».

Discours du secrétaire général du Défap © Défap

Introduction

À l’AG de l’année dernière, je terminais mon propos avec ces mots disant que : « Se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est la réussite » tout en invitant à définir ensemble le contenu de ce travail à faire ensemble pour le compte de l’Évangile que l’Église sert, directement ou à travers des lieux comme le Défap, la Cevaa…

Cette année, notre AG est spéciale du fait qu’elle intègre un temps de travail ensemble dans l’après-midi, temps de consultation pour nous permettre d’entendre ici ce qui se dit ailleurs. Il faut croire et espérer que nous nous sommes engagés sur la voie de la réussite, celle de parvenir à définir ensemble un mandat pour l’organisation en assumant les implications de celui-ci. L’équipe mise en place pour piloter ce temps d’échange, composée de François Fouchier et de Dominique Calla, nous en dira plus le moment venu.

Mais en attendant, je souhaite vous faire ici état des actions et des réflexions qui ont été les nôtres en cette année 2023. Le rapport d’activité que vous avez reçu et dont une courte présentation vous sera faite par l’équipe des SE, est un reflet de ces actions et réflexions, un regard sur ce qui s’est passé pour aider à envisager ce qui est à venir. Mais pour donner un meilleur visage à cet avenir, il nous faut accepter de ne pas faire de ce passé « un lieu de résidence mais un point de référence », un tremplin pour avancer au cœur des défis de chaque instant. Convictions et actions 2021-2025 est le cadre actuel de notre action en attendant donc d’en définir ensemble un nouveau une fois ce dernier arrivé à échéance.

Un cadeau des Églises membres

Ces convictions nous permettent d’affirmer une reconnaissance, celle de vivre l’action du Défap comme un don de Dieu, un cadeau des Églises membres pour la société au sein de laquelle elles ne peuvent faire l’économie d’une présence réelle et active. Depuis Karl Barth (1886-1968), l’interpellation demeure ; « …Existe-t-il un service de Dieu qui puisse ne pas prendre aussitôt la forme d’un service au sein du monde et auprès des hommes ? […] Que serait donc un Dieu auquel des êtres célestes ou terrestres pourraient se consacrer, ne serait-ce qu’un instant, dans une telle abstraction, c’est-à-dire sans être du même coup ses envoyés, ses diacres ? Serait-il encore le Dieu de l’alliance, le Dieu de Jésus-Christ ? » (Doctrine de la création, paragraphe 51).

Un cadeau géré dans un lieu par une équipe

• Une équipe
Une reconnaissance aux permanents du Défap dont une partie est mobilisée aujourd’hui pour l’accueil et l’intendance de cette AG. Pour mettre en œuvre un programme, il faut bien l’engagement d’une équipe de femmes et d’hommes (qui n’ont pas toujours compté leurs heures) et un lieu.
Cette équipe a vu des départs et des arrivées. Et je saisis l’occasion pour remercier Éline Ouvry qui après environ 3 années au Défap, a rejoint sa Normandie natale pour raisons familiales ; son compagnon cuisinier, ayant trouvé là-bas du travail. Nous avons eu la joie d’accueillir de nouveaux arrivants ; le pasteur Jean-Pierre Anzala en juillet 2023 comme chargé de l’Échange théologique et madame Raphaela Tatchoua comme chargée de communication ; le rapport d’activité que vous avez entre les mains porte les couleurs de son art.

Vue de l’Assemblée générale du Défap © Défap

• Un lieu
La « Maison Défap » au 102 boulevard Arago constitue un espace essentiel pour notre dispositif et est identifiée comme telle par la plupart de nos partenaires. Que ce soit par l’accueil quotidien de responsables d’Églises de tous horizons, par la location de salles à des Églises d’ici et de là-bas, par l’ouverture de la bibliothèque, par l’accueil de groupes comme les vicaires de l’Uepal, les Masters Église et société de l’EPUdF, par la formation de nos envoyés ou par des événements comme l’Assemblée Générale de la CEPF (ex. Ceeefe), par les rencontres avec des partenaires, tout cela participe aux tissages de liens entre Églises d’ici et d’ailleurs et permet à notre réseau de s’élargir et d’enrichir la fraternité ecclésiale transfrontalière.

L’éthique d’une action

Ce titre m’est venu à l’esprit comme une réaction devant un fréquent procès en paternalisme, en néocolonialisme et en infantilisation du partenaire et de l’autre. Il y a du fait de l’histoire, des lieux où les liens sont privilégiés et les proximités plus grandes qu’ailleurs, cela est un gain et permet de revisiter sans cesse les modalités de nos relations.

L’action actuelle du Défap déclinée dans son programme de travail met en avant une attention particulière sur le défi interculturel, l’égalité de genre et le respect de l’environnement ainsi qu’un soutien au lien de fraternité inter-ecclésiale transfrontalière. Trois piliers portent cette action ; la rencontre, la relation et la réflexion.

L’éthique de notre action, c’est d’être présents auprès de partenaires qui se prennent déjà eux-mêmes en charge tout en se posant la saine question de savoir avec qui le continuer quand nous avons nous-mêmes pris conscience de nos limites. Et ces limites ne sont pas que celles des autres mais aussi les nôtres, Églises d’ici, pour avoir l’humilité de se poser la question de savoir ce que cet autre peut m’apporter et m’apporte déjà ; des vocations nouvelles (les pasteurs là-bas, ici), des communautés riches d’une réelle et riche diversité, un enrichissement par des nouvelles formes d’expression de la foi… Il s’agit donc de se rencontrer pour faire Église ensemble par-delà les frontières dans une égalité évangélique et fraternelle.

Une riche collaboration

Cette présence au monde ne se fait pas seuls mais à travers une riche collaboration dans un réseau associatif extrêmement diversifié et avec les instances gouvernementales qui lui renouvellent leur confiance dans les agréments accordés. La collaboration particulière avec la Cevaa est à noter, et je tiens ici à remercier sa Secrétaire générale pour le maintien d’une dynamique positive entre nos deux institutions. Avec DM nous travaillons dans une mutualisation de nos actions en vue d’une présence plus efficace auprès de nos partenaires…

Perspectives 2024

Ce que nous faisons et devons continuer à faire
Sur les questions d’interculturalité, le Défap devra continuer à accompagner le difficile dialogue au sein d’Églises de plus en plus multiculturelles et entre Églises de plus en plus diverses. Comme le rappellent ses convictions suivantes : « Nous croyons que la diversité des cultures est une richesse de la création de Dieu. »

Son cœur de métier étant de mettre en relation, le Défap devra continuer à favoriser les échanges de personnes et le volontariat avec un accent sur la réciprocité, les rencontres entre Églises et entre cultures dans la perspective du développement des rendez-vous avec des témoins : envoyés de retour de mission, congés-recherches en France, enseignants en mobilité croisée…

Il continuera à favoriser la mobilité croisée des étudiants en théologie entre facultés, en offrant des bourses d’étude dans des instituts tels Al Mowafaqa (l’expérience d’une immersion œcuménique et interculturelle), mais aussi en accompagnant la volonté des institutions de formation, annoncée lors du colloque Cevaa sur la théologie interculturelle en septembre 2023, de créer un passeport théologique en vue d’une reconnaissance mutuelle de certains crédits. Le soutien à la formation des femmes, jeunes et moins jeunes, et l’accompagnement de leur intégration restera dans ses priorités.

Les Églises se sont saisies de la question environnementale, aux côtés de nombreux mouvements citoyens. Le Défap s’inscrit dans ce mouvement en lien avec des partenaires ecclésiaux engagés dans cette cause ainsi qu’en accompagnant l’Action Commune de la Cevaa dont le thème, choisi lors de son Assemblée Générale 2023, est : « Habiter autrement la création ».

Avant d’être une question financière, le Défap est une capacité des Églises membres à faire ensemble, vivre une fraternité inter-ecclésiale active. Les doutes et la tendance à la démobilisation des membres rendent de plus en plus difficile la réalisation des ambitions que j’ose croire aussi évangéliques. Il devient indispensable de penser une diversification ecclésiale et matérielle à travers deux pistes :

1. L’élargissement dans l’ouverture de l’association à d’autres :
En octobre 2011, le Conseil avait déjà instruit trois demandes venant de la Mission populaire évangélique, de la CEAF ainsi que de la FPMA. Aucune des sessions suivantes du Conseil n’est encore parvenue à une position générale ni à une conclusion définitive sur certaines de ces sollicitations, et il nous semble opportun de reprendre cette question, qui reste d’actualité en ce qui concerne la CEAF, dont nous avons ici la Présidente qui faisait déjà partie des représentants en 2011.

2. La recherche de financements devant la baisse régulière des recettes :
Il importe de définir et de mettre en œuvre une stratégie de recherche de fonds, pour compléter les contributions des Églises au budget. Il nous faudra aussi explorer la piste du bénévolat de compétence pour maintenir un niveau d’engagement conséquent.

Ce que nous devons changer dans la transformation du projet associatif
La question de l’évolution du projet associatif devra se poser à la lumière des objectifs missionnaires concertés que se donnent les Églises membres pour agir en faveur d’une Église qui se confesse universelle et se veut solidaire d’ici jusqu’au bout du monde (Actes 1, 8). Elles ne pourront pas faire l’économie d’un engagement qui permet d’apporter des réponses aux grandes questions du monde ; égalité de genre, environnement, guerre… Quelle incarnation de l’Évangile ?

Quelles adaptations et évolutions institutionnelles ?
La réponse à cette question ne peut faire l’économie d’une définition des objectifs, des buts fixés. Quelle structure répondra mieux à ce que nous voulons faire ? Il est donc indispensable de savoir ce que l’on veut faire.

Conclusion

Pour avancer maintenant vers un nouveau programme d’action, il importe de continuer à réfléchir à tout cela en lien étroit avec les Églises membres sans oublier les Églises et organismes partenaires dont, bien entendu, la Cevaa.

Basile Zouma
Secrétaire général du Défap
23 mars 2024




AG du Défap : le message du Président

« Le Défap est une caisse de résonance des espérances et des appels à nouer des liens fraternels par-delà les frontières, les nationalismes et les vicissitudes de l’histoire », a souligné ce samedi 23 mars le Président du Défap, Joël Dautheville, dans son discours prononcé à l’ouverture de l’Assemblée Générale 2024.

Discours du président du Défap © Défap

Avant toute chose je tiens à remercier de leur présence les délégués et invités mais aussi toute l’équipe qui se mobilise depuis un certain temps pour la tenue de cette Assemblée générale. Comme cela a été voté, l’AG échangera ce matin sur le rapport d’activités et les comptes du Défap puis l’après-midi sur la refondation du Défap.

Notre assemblée se tient à la veille des Rameaux qui ouvre la semaine sainte et la fête de Pâques, fête centrale du christianisme. Toute la semaine prochaine sera l’occasion de voir à quel point la parole de Jésus est performative. C’est pourquoi mon premier paragraphe se nomme :

Jésus, une parole performative

Déjà, selon Marc, Jésus proclame : « Le temps est accompli et le Règne de Dieu s’est approché », alors oui, en Jésus, le Règne de Dieu est proche. Mais dire le Règne de Dieu est proche, c’est annoncer une victoire contre les puissances oppressives de l’humanité (1) comme l’écrit Fritz Lienhard dans son livre relatif à l’avenir des Églises protestantes. Selon la finale de Matthieu Jésus déclare qu’une telle annonce concerne tout humain, toute nation, toute culture et toute époque. Dès lors, les disciples, toute l’Église est missionnée par grâce pour annoncer en paroles et en actes cette Bonne nouvelle. Aujourd’hui, à travers les convictions et actions du Défap, les Églises témoignent qu’elles vivent de cette parole de Dieu incarnée en Jésus et d’une espérance qui traverse tout ce qui avilit l’humain… Mais il y a plus que cela. C’est pourquoi j’ai intitulé mon second paragraphe :

Discours du président du Défap © Défap

Annoncer l’évangile pour le recevoir. Une mission basée sur la rencontre

Pour Fritz Lienhard, « toute personne qui se lance dans une démarche d’annonce le fait dans une logique réceptive. D’une certaine manière elle annonce l’Évangile pour le recevoir (2). » Fin de citation. Annoncer l’évangile pour le recevoir organise la mission sous un angle particulier : celui de la rencontre. En créant la Cevaa et le Défap, les Églises organisent des échanges dans les domaines de la formation théologique, du volontariat, de l’éducation, de la santé, etc. Malgré et dans le chaos du monde une mission qui se vit sous l’angle de la rencontre donne à voir une autre vision du monde. Il n’y a qu’à entendre les témoignages des envoyés et des accueillis. De fait là où le repli sur soi prend de l’importance, les rencontres interculturelles sont riches d’enseignement. Là où l’individualisme gagne du terrain, les rencontres autour de la Parole de Dieu partagée font naître et renaître l’envie de se découvrir, le besoin et le désir de solidarité. De fait cette pratique missionnaire basée sur la rencontre et le partage permet aux Églises de participer, même modestement, à la guérison des mémoires du fait du lourd contentieux entre Nord et Sud. Ne l’oublions pas, cela ne peut que faciliter le travail missionnaire chez les uns et chez les autres et les uns avec les autres. Dans la rubrique Opinions de l’hebdomadaire Réforme (3) paru en juillet dernier, Jean-Arnold de Clermont relaie à sa façon cette perspective en demandant : « Qui pourra nier que dans un monde inégalitaire, où la compétition est le maître mot des relations internationales, où fleurissent les discours de rejet sinon de haine, vivre dans la simplicité́ de relations fraternelles et la modestie d’un projet qui passe les frontières dit quelque chose de l’Évangile ? » fin de citation.

Le Défap, tout comme la Cevaa, est une caisse de résonance des souffrances vécues par les chrétiens partenaires au Nord comme au Sud de l’Afrique, dans l’Océan Indien, dans les Antilles, le Pacifique, etc. Caisse de résonance aussi des difficultés financières des Églises de France, voire de leur positionnement dans la société française. Fritz Lienhard note qu’en France la parole croyante est souvent discréditée, de plus les discours scientistes et économistes ont gagné l’hégémonie culturelle.

Mais le Défap est aussi une caisse de résonance des espérances et des appels à nouer des liens fraternels par-delà les frontières, les nationalismes et les vicissitudes de l’histoire.

Il y a 6 ans, j’ai lancé un appel à une refondation. Il a été repris par le Défap et les Églises. Aujourd’hui, notre AG est appelée à échanger et travailler sur le fond. Les questions de ressources financières, voire de restructuration si cela est nécessaire, interviendront dans un second temps.

Je vous souhaite une bonne AG autour de cette conviction qu’exprime le Symbole des Apôtres : je crois la sainte Église universelle.

Bonne AG.

Joël Dautheville
Président du Défap
23 mars 2024

(1) L’avenir des Églises protestantes, par Fritz Lienhard, Genève, Labor et Fides 2022, page 365
(2) Ibid. page 278
(3) Réforme 4002, 6 juillet 2023



Refondation : une AG pour échanger sur l’avenir du Défap

L’Assemblée générale 2024 du Défap, qui se tiendra le 23 mars, sera l’occasion d’un temps d’échange entre responsables nationaux et régionaux de ses Églises membres pour évoquer l’avenir du Service protestant de mission. « Ce temps de consultation », souligne le Président du Défap, le pasteur Joël Dautheville, « servira à nourrir la réflexion de l’équipe de travail « Refondation » nommée par le Conseil en vue d’établir un document de travail à destination des Églises. »

Vue de l’AG 2023 du Défap © Défap

Depuis plus de cinquante ans, le Défap fait vivre des liens. Liens au près et au loin, entre Églises de France et de nombreux autres pays ; liens entre cultures par-delà les frontières mais aussi au sein même de ses Églises membres. Par les échanges de personnes qu’il permet, par les projets qu’il finance, par les relations entre facultés de théologie qu’il entretient, par les travaux de recherche qu’il soutient, le Défap aide à une meilleure connaissance mutuelle, à des interactions entre théologies, et favorise la solidarité. Plateforme de concertation entre ses Églises membres, le Défap est en prise directe avec les grandes problématiques du monde et se veut ce ferment de dialogue grâce auquel les Églises peuvent mieux s’adapter à des changements qui impactent nos sociétés de manière croissante. Le document « Convictions et actions – 2021-2025«  dont s’est doté le Défap reflète la manière dont ces défis sont intégrés dans le programme de travail et les activités du Service protestant de mission.

Comme le souligne le Président du Défap, le pasteur Joël Dautheville, en introduction du rapport d’activité qui sera présenté lors de l’Assemblée générale du 23 mars, « la mission donne à voir une autre vision du monde (…) Là où le repli sur soi prend de l’importance, les rencontres interculturelles sont riches d’enseignement. Là où l’individualisme gagne du terrain, les rencontres autour de la Parole de Dieu partagée font naître et renaître l’envie de se découvrir, le besoin et le désir de solidarité dans de nombreux domaines : éducation, formation théologique, santé. Les Églises affirment ainsi à travers le Défap que la Bonne nouvelle concerne tout l’humain et tout humain (…) L’universalité de l’Église se fait concrète. »

« Un regard sur ce qui s’est passé pour aider à envisager ce qui est à venir »

Ce rapport d’activité a été structuré en fonction des trois grands axes du programme de travail du Défap :

  • 1) développer les liens avec les partenaires ;
  • 2) s’engager pour la justice, le respect de la création et la dignité humaine ;
  • 3) vivre l’interculturalité.

« Ce rapport d’activité 2023 », souligne le Secrétaire général du Défap, le pasteur Basile Zouma, « est un regard sur ce qui s’est passé pour aider à envisager ce qui est à venir. Mais pour donner un meilleur visage à cet avenir, il nous faut accepter de ne pas faire de ce passé « un lieu de résidence mais un point de référence », un tremplin pour avancer au cœur des défis de chaque instant. » Il s’agit de montrer, à travers les diverses activités du Défap, qui sont nombreuses, la cohérence de l’action du Défap au service de la mission et de ses Églises fondatrices.
 

Quatre minutes pour tout comprendre des activités du Défap. Quels sont nos différents domaines d’intervention ?

 

« Un temps spécial sera consacré à la dynamique nouvelle dans laquelle le Défap est entré avec l’accueil de Volontaires du Service Civique International de réciprocité », souligne par ailleurs le Président du Défap dans sa lettre d’invitation envoyée aux délégués à l’Assemblée générale. Au cours de l’année 2023, le Défap a permis pour la première fois la venue en France de volontaires internationaux issus d’Églises sœurs, pour des missions effectuées au sein d’associations liées à nos Églises, et avec un statut de droit français. Ce mouvement sera prolongé en 2024 avec la venue de volontaires sous statut de VSI (Volontaires de Solidarité Internationale). Pour l’illustrer, et avoir un aperçu concret de ce qui se vit à travers de tels échanges, les délégués de l’AG pourront entendre des témoignages sur les missions déjà effectuées en France dans ce cadre de la « réciprocité ».

De gauche à droite : Magda, Believe et Mona, premières volontaires accueillies en France via le Défap dans le cadre du volontariat de réciprocité, photographiées dans le jardin du Défap © Défap

« Une dynamique nouvelle d’appels à dons »

« L’Assemblée générale, souligne encore Joël Dautheville, prendra également connaissance de la dimension « solidarité internationale » avec les projets des partenaires auxquels le Défap participe dans l’éducation, le sanitaire et social. Un point important à relever est l’importance de la dimension écologique toujours plus présente chez les partenaires et au Défap pour réduire et compenser l’empreinte carbone. »

« Compensation carbone » : exemple de foyer amélioré construit grâce à l’action du Secaar au Togo, avec le soutien du Défap © Secaar

« La question financière, rappelle Joël Dautheville, sera également débattue. Pour prendre en compte la diminution régulière des contributions de certaines régions de l’EPUdF, mais aussi de l’Uepal, le Conseil s’est engagé dans une dynamique nouvelle d’appels à dons auprès des personnes issues du réseau du Défap hors celui des paroisses ou Églises locales. » En une décennie, le budget du Défap a été amputé d’un tiers. En 2013, le Défap fonctionnait avec 3,4 millions d’euros. C’est aujourd’hui moins de 2 millions. L’équipe s’est réduite : en 2012, le Défap comptait 23 salariés ; en 2023, 15 ; aujourd’hui, 14. L’appel aux dons est devenu une nécessité pour préserver les activités du Défap ; mais au-delà, l’AG devra déterminer comment mettre en adéquation les ressources et les objectifs.
 

Trois minutes pour comprendre les finances du Défap. D’où viennent nos ressources et comment sont-elles utilisées ?
Soutenez les activités du Défap

 
Il s’agit donc de définir quelles seront les priorités du Défap au cours des prochaines années, sans attendre que l’impératif financier n’aille contraindre les choix ; chantier qui a été lancé depuis 2018, et qui nécessite l’élaboration d’une vision commune à ses trois Églises membres. Voilà pourquoi, souligne encore Joël Dautheville, « un temps important d’échanges et de réflexion par groupes sera organisé l’après-midi autour de la refondation du Défap. À la suggestion du Conseil et des Églises, les responsables régionaux et nationaux se retrouveront » pour évoquer l’avenir du Service protestant de mission. « Ce temps de consultation servira à nourrir la réflexion de l’équipe de travail « Refondation » nommée par le Conseil en vue d’établir un document de travail à destination des Églises. »




Le Défap et ses envoyés : «Aider à construire un monde plus juste»

Les prochaines missions de volontariat que propose le Défap ont été ouvertes courant janvier : le recrutement des candidat.es est en cours, jusqu’à fin avril – début mai, pour des missions qui vont s’étaler sur l’année 2024-2025. Anne-Sophie Macor, chargée du recrutement et du suivi des volontaires internationaux partant en mission avec le Défap, était invitée de l’émission « Courrier de mission » pour faire le point au micro de Guylène Dubois.
Un envoyé du Défap photographié au cours de sa mission à Madagascar © Défap

En ce mois de mars, « Courrier de mission », l’émission du Défap diffusée sur Fréquence protestante et sur Radio FM+, a accueilli Anne-Sophie Macor pour évoquer les nouvelles missions de volontariat ouvertes pour 2024-2025. Responsable des « envoyés » du Défap, elle est chargée, au sein du service RSI (Relations et Solidarité Internationale) de définir les missions au sein des structures des partenaire à l’étranger sur lesquelles le Défap pourra envoyer des volontaires internationaux (VSI ou services civiques). Elle est ensuite chargée de recevoir les candidatures, et, avec la CEP (Commission Échange de Personnes) de faire un choix : savoir qui sera le plus indiqué pour partir sur telle ou telle mission, en fonction de ses compétences, son parcours, sa personnalité… C’est un parcours qui prend plusieurs mois, avec plusieurs entretiens successifs, et différentes personnalités qui interviennent pour évaluer la motivation des candidat.es, la capacité d’intégration dans les structures d’accueil, la solidité psychologique, l’aptitude à comprendre les enjeux d’un contexte interculturel…

Au micro de Guylène Dubois, Anne-Sophie Macor revient notamment sur les missions de volontariat qui ont été ouvertes par le Défap courant janvier : le recrutement des candidat.es est en cours, jusqu’à fin avril – début mai, pour des missions qui vont s’étaler sur l’année 2024-2025. Les missions de service civique, destinées aux candidat.es les plus jeunes, durent environ un an ; les missions en VSI (Volontariat de Solidarité Internationale) peuvent durer deux ans et être renouvelées jusqu’à trois fois.

Partez en mission avec le Défap !

Courrier de Mission
Émission du 17 mars 2024 sur Fréquence Protestante

 

Des missions co-construites avec les partenaires

Les missions proposées par le Défap se déroulent essentiellement dans les secteurs de l’enseignement, de la santé ou de l’environnement. Dans des pays comme Madagascar, la Tunisie, le Cameroun, le Maroc, le Togo, l’Égypte… Certaines impliquent chez les candidat.es des compétences professionnelles spécifiques (c’est le cas des missions destinées à des VSI), d’autres ne nécessitent pas de formation professionnelle particulière (les missions de service civique). Toutes ont pour caractéristique d’être co-construites : c’est-à-dire qu’elles sont issues d’une demande des partenaires du Défap, et c’est à partir des besoins exprimés que seront définies les contours de la mission et le profil attendu pour le/la volontaire. Cette co-construction est une garantie que la mission correspond bien à un besoin sur place (elle n’est pas définie depuis Paris, au risque d’être en décalage avec les besoins réels à plusieurs milliers de km de la France) ; c’est aussi un marqueur des relations que le Défap entretient avec les Églises et institutions issues d’Églises avec lesquelles il est en lien – des relations de confiance entretenues sur le long terme, des relations de partenariat.

À noter que le Défap est le seul organisme protestant agréé pour l’envoi de VSI ; ce qui le place dans une situation particulière, avec certaines responsabilités vis-à-vis des autorités publiques (en ce qui concerne la formation et le suivi des volontaires). Mais le Défap permet aussi à d’autres organismes protestants d’envoyer des volontaires internationaux à l’étranger par le biais du « portage » (ou « intermédiation »). Le Défap a donc une position assez unique dans le milieu protestant.

Des missions dans les secteurs de l’enseignement, de la santé, de l’environnement… © Défap

Les missions proposées par le Défap ont aussi la particularité de se dérouler dans un cadre laïc, avec un statut reconnu par les autorités françaises (ce qui implique des garanties en termes de droit, de rémunération, de protection sociale…), mais dans un milieu d’Églises : car les institutions d’enseignement, de santé, etc… au sein desquelles les volontaires du Défap travailleront sont gérées par des Églises.

Soulignons que le Défap ne fait pas qu’envoyer des volontaires français à l’étranger : il œuvre aux mobilités croisées. C’est la deuxième année qu’il permet à des volontaires issu.es de ses Églises partenaires à l’étranger de venir en France en bénéficiant d’un statut de droit français. Ce qui est permis par un dispositif juridique français, la « réciprocité », qui permet de faire venir en France des candidats d’un pays où l’on envoie des volontaires, en bénéficiant du même statut. C’est un dispositif que le Défap commence à utiliser, mais qu’il avait contribué à faire naître en France, avec d’autres ONG françaises. L’an dernier, le Défap a ainsi permis à ses premiers services civiques de venir effectuer des missions au sein d’institutions liées à des Églises protestantes de France. Pour l’année 2024-2025, le mouvement s’élargit aux VSI.

Photo de groupe de la session de formation des envoyés de juillet 2023 © Défap



«Les jeudis du Défap» : croiser les regards sur la mission

Le monde change, la mission aussi. Mais en quoi change-t-elle ? Que devient-elle ? C’est pour penser ensemble les enjeux de la mission de l’Église aujourd’hui que le Défap organise une série de rencontres en visio avec des spécialistes de la mission, chercheurs et professeurs. Premier rendez-vous à inscrire à votre agenda : le 4 avril. Avec comme thématique : « La mission inversée ? Peut-on véritablement parler de mission du Sud vers le Nord ? » Les inscriptions sont ouvertes…

Le Défap vous propose trois rendez-vous pour aborder plusieurs aspects de la mission aujourd’hui. L’objectif de ces rencontres est d’ouvrir un espace-Défap pour le partage d’une réflexion missiologique et interculturelle avec le concours de spécialistes sur la question.

En 2024, trois rendez-vous sont fixés les soirs de 18h30 à 20h00 :

  • Le jeudi 4 avril 2024 : « La mission inversée ? Peut-on véritablement parler de mission du Sud vers le Nord ? »
    Intervenants : Adrien Franck MOUGOUE et Mme Corinne VALASIK
  • Le jeudi 5 septembre 2024 : « Le pardon chez Paul Ricœur : une proposition de construction socio-politique de la paix ».
    Intervenant : Pasteur Robert LOUINOR
  • Le jeudi 5 décembre 2024 : « Théologie interculturelle et interculturalité dans l’Église.
    Intervenant : Professeur Gilles VIDAL

Ces rencontres se feront en deux temps :

  • Un temps de conférence
  • Un temps de débat et de questions-réponses.

Dans le contexte actuel, la mission interroge et s’interroge sur elle-même, sur ses transformations sémantiques et conceptuelles. Nous proposons aux chercheurs et professeurs intervenants de croiser leurs regards pour enrichir les participants des fruits de leurs recherches. Il leur est proposé d’élargir et d’enrichir notre connaissance sur la missiologie et le dialogue interculturel. C’est pour nous une occasion de penser ensemble les enjeux de la mission de l’Eglise aujourd’hui. Un bulletin d’inscription est mis en ligne sur le site du Défap, pour vous permettre de participer à ces visioconférences. Une fois inscrit, un lien d’accès vous sera communiqué.