Comment vivre ensemble au-delà des différences culturelles et ecclésiales ? C’est la question au cœur du prochain forum du Défap, intitulé « Cultures d’Églises ou Église des cultures : le défi de l’interculturalité », organisé du 2 au 4 octobre 2026 au Lazaret. Dans l’émission Courrier d’émission, Raphaëla Tatchoua a reçu Jean-Pierre Anzala, responsable des échanges théologiques au Défap, et Gilles Vidal, enseignant à l’Institut protestant de théologie et pasteur de l’Église protestante unie de France, tous deux membres du comité de pilotage du forum. Ils ont présenté les enjeux de cette rencontre et les raisons qui ont motivé son organisation.
De la juxtaposition des cultures à la véritable rencontre
Dans un monde marqué par la mondialisation et la diversité, les Églises sont elles aussi traversées par des différences culturelles, linguistiques, liturgiques et confessionnelles. Pour Gilles Vidal, il est essentiel de distinguer le multiculturalisme de l’interculturalité. Si le premier renvoie à la coexistence de plusieurs cultures, la seconde suppose une véritable relation, un dialogue et une ouverture à la transformation mutuelle. Cette démarche n’est pas toujours facile. Les peurs, les tensions et le repli identitaire peuvent faire obstacle à la rencontre. Le forum entend donc aider les participants à mieux comprendre leurs propres représentations, à accueillir celles des autres et à développer leurs compétences interculturelles.
Croiser les regards pour enrichir la foi
L’interculturalité ne concerne pas uniquement le vivre-ensemble : elle touche aussi à la théologie. Les différences culturelles influencent notre manière de lire et de comprendre la Bible. Une même parabole peut ainsi prendre un sens différent selon le contexte dans lequel elle est reçue. Confronter ces interprétations permet de découvrir de nouvelles perspectives et d’enrichir la compréhension de l’Évangile, plutôt que de rechercher une uniformité à tout prix. Pour aborder ces questions, le forum réunira des participants venus de différentes régions de France, des spécialistes en théologie et en anthropologie, ainsi que des témoins engagés sur le terrain. Des ateliers favoriseront le partage d’expériences, complétés par des conférences, des témoignages et des temps de convivialité. L’objectif est de donner une place centrale à la vie des Églises locales et aux réalités vécues par leurs membres.
Une démarche appelée à se poursuivre
Le forum ne constitue qu’une première étape. Des mini-forums devraient être organisés en 2027 et 2028, au plus près des paroisses, afin de recueillir leurs expériences et leurs besoins. Ces échanges permettront ensuite de proposer des formations destinées aux pasteurs, aux conseillers presbytéraux et aux paroissiens souhaitant approfondir leurs compétences interculturelles.
À travers cette démarche, le Défap souhaite contribuer à la construction d’une Église fraternelle, capable de reconnaître ses difficultés, de faire dialoguer les cultures et de témoigner de l’Évangile dans sa diversité. Car, comme le soulignent les intervenants, l’interculturalité ne consiste pas seulement à vivre côte à côte, mais à se rencontrer, à s’écouter et à se laisser enrichir par l’autre.



