Le 1er novembre 2025, dans le cadre de sa mission au Sénégal, Maëlle Nkot, responsable des projets et des partenariats au Défap, a visité la paroisse de Mbetite, relevant de l’Église Luthérienne du Sénégal (ELS). Cette visite avait pour objectif de faire un point d’étape sur un projet de mini-forage soutenu par le Défap, destiné à améliorer l’accès à l’eau et à soutenir des activités agro-pastorales génératrices de revenus.

Un village confronté à la rareté de l’eau douce
Situé dans la région de Fatick, à environ 250 kilomètres de Dakar, Mbetite est un village rural regroupant une paroisse composée de huit congrégations issues des villages environnants. L’accès à l’eau douce y constitue un enjeu majeur. L’eau du réseau public est salée, obligeant les habitants — y compris ceux raccordés — à s’approvisionner dans des puits situés dans les bas-fonds.C’est dans ce contexte qu’un projet de mini-forage a été lancé, avec une ambition double : répondre à un besoin vital et permettre le développement d’activités agro-pastorales susceptibles de générer des revenus pour la paroisse, notamment dans un contexte ecclésial fragilisé par le retrait de la mission finlandaise et la prise en charge locale des salaires pastoraux.
Les réalisations du projet de Mbetite
Le constat dressé lors de la visite est contrasté. Les infrastructures prévues ont bien été réalisées : forage, réservoir, portail, grillages de sécurisation des parcelles. Toutefois, le forage, d’une profondeur de 24 mètres, capte une eau salée, le rendant impropre à l’usage prévu. Cet imprévu limite fortement l’impact immédiat du projet, mais n’annule pas les réalisations déjà engagées ni la dynamique communautaire enclenchée.
Malgré l’absence d’eau douce exploitable, les fonds mobilisés ont permis plusieurs avancées significatives. Des arbres fruitiers — manguiers et citronniers — ont été plantés après l’abattage d’arbres sauvages, marquant une volonté d’inscrire le projet dans une perspective de long terme. Une personne sera chargée de l’arrosage de ces arbres avec de l’eau douce livrée par citerne, même si cette solution ne peut s’appliquer au maraîchage. La communauté prévoit également la construction d’un poulailler. Celle-ci est volontairement différée à la saison des pluies afin d’éviter les pertes liées aux fortes chaleurs. La paroisse a par ailleurs profité de cette dynamique pour engager des réfections utiles à la vie communautaire, notamment la construction de toilettes accessibles au public et l’aménagement de salles destinées au futur poulailler.
Des pistes pour l'avenir du projet
Plusieurs options techniques ont été évoquées. L’hypothèse d’un forage plus profond (jusqu’à 80 mètres) a été suggérée, mais nécessite impérativement l’avis d’un géologue ou hydrologue afin d’en évaluer la faisabilité. L’option d’un système de filtration a été écartée, jugée trop coûteuse, énergivore et inadaptée à un usage agricole. Le renforcement des grillages est également envisagé pour protéger les parcelles des animaux en période de sécheresse. Au-delà des difficultés, la visite a été marquée par la détermination et l’optimisme de la communauté. Ngor Sene, président de la paroisse, a souligné que le projet bénéficie à l’ensemble du village. La plantation des arbres symbolise cet état d’esprit : ne pas se laisser paralyser par l’absence d’eau, mais continuer à agir. L’accueil réservé à la délégation du Défap a été particulièrement chaleureux, témoignant d’une profonde reconnaissance pour ce soutien.




