Du 10 au 14 mars 2025, Caroline Mpessa Lobe, responsable du Volontariat au Défap, s’est rendue en Tunisie. Cette mission avait un triple objectif : renouer les liens avec des partenaires de longue date, visiter des projets concrets sur le terrain et rencontrer les volontaires engagés. Dans un contexte tunisien en évolution, marqué par des tensions sociales mais aussi par une vitalité associative forte, le séjour a permis de prendre toute la mesure des besoins, des dynamiques locales et du rôle que peut jouer le Défap dans l’accompagnement de ces initiatives.

Construire, transmettre, accompagner : les partenaires du Défap à l’œuvre

L’Église Réformée de Tunisie (ERT)
Présente à Tunis et à Sfax, l’ERT a vu son visage évoluer avec l’arrivée de nombreux étudiants d’Afrique subsaharienne et le dynamisme de pasteurs engagés. Profondément ancrée dans l’héritage protestant, elle assume aujourd’hui une mission sociale forte face à l’augmentation de la précarité migrante dans un contexte politique tendu.
Si ses ressources restent limitées, son engagement est intact, et ses relations œcuméniques fécondes. L’ERT souhaite accueillir un volontaire en appui à la structuration de son action sociale : un soutien précieux pour renforcer le travail déjà mené avec les plus vulnérables.
L’Association tunisienne d’agriculture environnementale (ATAE, ou Abel Granier)
Fondée par May Granier, 82 ans, l’ATAE porte une vision humaniste et durable de l’agriculture. Malgré des défis organisationnels et financiers importants, cette association de terrain poursuit son action au plus près des agriculteurs, pour préserver les sols et les pratiques locales.Les volontaires envoyés par le Défap y jouent un rôle-clé dans la gestion de projets, la recherche de financements et l’appui technique. L’ATAE souhaite poursuivre et renouveler cette coopération, signe de sa reconnaissance pour l’accompagnement apporté par le Défap.


L’école Kallaline
Située dans la médina de Tunis, l’école Kallaline bénéficie du label FrancÉducation et propose un enseignement primaire bilingue. Après quelques années sans volontaire, l’école s’était montrée favorable à un nouvel envoi à la rentrée 2025.
Mais son changement de statut rend juridiquement impossible l’accueil de volontaires en VSI ou service civique. Le partenariat est donc suspendu, malgré l’attachement historique à ce projet éducatif d’excellence.
Trois visages de l’engagement en Tunisie
La mission a permis de riches échanges avec l’Espace Volontariats de France Volontaires, qui reste un interlocuteur essentiel pour le suivi, la logistique et les perspectives de coopération en Tunisie. Les volontaires rencontrés incarnent pleinement les valeurs de service et de solidarité portées par le Défap.

Laurent
Volontaire depuis août 2024 à l’ATAE, il œuvre à la structuration interne de l’équipe, à la coordination de projets et à la recherche de financements. Très investi, il a su renforcer l’efficacité organisationnelle de l’association. Son engagement pourrait se poursuivre, à titre bénévole, au-delà de son VSI.

Stéfanie
Volontaire depuis plusieurs années, elle mène aujourd’hui un projet de banque fourragère dans le sud de Tunis. Entre enquêtes de terrain, ateliers avec les agriculteurs et démarches institutionnelles, elle contribue à une gestion durable de l’eau et des ressources agricoles. Parlant arabe et bien intégrée, elle projette aussi un projet d’école verte dans la même région.

Tijmen
Engagé sur des projets agricoles et commerciaux entre l’ATAE et TGS Agro-business, il jongle entre innovation agronomique, coordination logistique et enjeux commerciaux complexes. Très impliqué dans la vie de l’ERT, il milite pour un équilibre entre business et mission spirituelle.
Tous trois témoignent d’un engagement profond, d’une belle intégration locale, et d’un lien fort avec l’ancienne équipe de volontaires restés en Tunisie, notamment Benoît et Patricia.
Des perspectives pour une solidarité durable
Cette semaine de mission a permis de reprendre la mesure du terrain, dans sa complexité et sa beauté : échanges sous le soleil, visites de fermes, repas partagés, balades dans Tunis… autant de moments précieux qui nourrissent l’action du Défap.
Dans un contexte en constante évolution, l’appui aux associations locales, comme l’ATAE, demeure pertinent et nécessaire. La volonté de l’ERT de renforcer son action sociale appelle également une attention renouvelée. Enfin, la question de la réciprocité reste ouverte, avec des partenaires prêts à s’y engager.
Au-delà des projets, ce sont des femmes et des hommes qui portent une espérance concrète, à travers leur foi, leur travail et leurs liens. Le Défap, par sa présence discrète et fidèle, continue de soutenir cet élan vivant de solidarité.


