À 62 ans, après une carrière riche au sein de l’Éducation Nationale et de l’AEFE, Pierre Llorca s’engage comme Volontaire de Solidarité Internationale à Casablanca, au Maroc. À la suite de la session de formation des volontaires organisée début juillet, il revient sur son parcours, ses rencontres marquantes, et sa motivation profonde : mettre son expérience et son écoute au service des plus vulnérables.

Je m’appelle Pierre LLORCA, 62 ans, originaire de Bordeaux, retraité de l’Éducation Nationale, ancien de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE, Ministère des Affaires Étrangères).
Après une abondante carrière professionnelle en France et à l’étranger, je souhaite aujourd’hui orienter mes engagements vers des missions humanitaires, au service de valeurs chrétiennes.Au-delà des frontières, les liens à tisser et les relations fraternelles à édifier demeurent des motivations essentielles.
Au long de mes affectations et voyages personnels à l’étranger, j’ai souvent été touché par la vie d’hommes, de femmes et d’enfants survivant dans la précarité, soit oubliés des systèmes économiques et sociaux, soit en situation de migration illégale.De ces rencontres parfois improbables, toujours émouvantes, riches d’enseignements, je garde le sens de l’écoute, la volonté de comprendre, le besoin d’aider sans ingérence, tous ces leviers moteurs de compassion et d’empathie.De tous ces mots échangés, ces regards croisés, ces cœurs ouverts et ces bras serrés, rien n’a jamais été oublié…En Colombie, mes petits frères et sœurs, enfants et adolescents des rues oubliés de tous, marqués par la faim, la drogue et la prostitution…Dans les bidonvilles de Mexico, la beauté d’hommes et de femmes qui ne demandent rien mais vous offrent tant…En République Dominicaine, mes amis haïtiens pour la vie, immigrés illégalement dans un pays totalement hostile…Très récemment en Tunisie, à travers l’Église Réformée de Tunis (ERT), mes frères et fils de cœur subsahariens qui m’ont changé pour toujours…
Aujourd’hui, au moment où j’écris ces quelques lignes dans les somptueux locaux du Défap – Paris,je participe à une session de préparation au départ dans le cadre d’un VSI à Casablanca – Maroc.Le Défap et le CEI-EEAM (Comité d’Entraide Internationale – Église Évangélique Au Maroc) m’ont offert la mission de Responsable national du projet « Bourses » afin d’assister l’équipe locale intervenant auprès des migrants, particulièrement des étudiants subsahariens et haïtiens.
Je profite donc de cette page pour adresser ma reconnaissance et dire ma fierté à tous ceux, d’ici et d’ailleurs, qui ont placé leur confiance et bienveillance en moi pour cette mission.Comment ne pas se sentir privilégié de voir s’exaucer les vœux sincères d’avancer et œuvrer au service de notre Seigneur qui ouvre les voies…?
Cette année, notre promotion a pris le nom de « Les Défapés 2025 », sûrement parce qu’il rime avec « engagé », « missionné », « amitié », « solidarité », « fraternité », « complicité », « attentionné »…
Me sentant le « grand frère » de notre promo, je veux dire à mes 11 frères et sœurs Défapés, à ma si jolie famille de cœur, combien je vous admire tous, combien vous êtes chacun dans vos différences une source d’inspiration, combien je vous apprécie de n’être personne d’autre que vous-même, combien j’aime tout ce que je ressens en partage…Une seule promesse des « Défapés 2025 » : « Ne jamais oublier… » !


