À la suite de la formation des volontaires organisée début juillet, Noémie, prendra bientôt son envol pour Madagascar dans le cadre d’une mission de solidarité internationale. Avant même son départ, elle partage sa première lettre de nouvelles, dans laquelle elle évoque ses attentes, ses motivations et ses projets personnels.

Noémie volontaire au départ de Madagascar avec le Défap service civique

Je m’appelle Noémie Canon, j’ai 22 ans et je suis originaire de l’île d’Oléron. Après avoir grandi au bord de l’Atlantique, il est temps pour moi de quitter l’île de mon enfance pour en découvrir une autre, bien plus lointaine : Madagascar.

Ce départ est l’occasion pour moi de répondre à un besoin intérieur : celui de me sentir utile, d’apprendre, de me confronter à d’autres réalités, de sortir de ma zone de confort.

Ce que je recherche avant tout, ce sont les liens. J’aime profondément partager, écouter, échanger. Je crois qu’il existe une vraie sincérité, une forme de spontanéité dans les relations avec les enfants. C’est pour cela que j’ai souhaité m’impliquer dans une mission éducative et humaine, dans laquelle je pourrai apporter un soutien affectif, mais aussi recevoir en retour une richesse de vie inestimable.

Mes attentes sont simples, mais elles comptent beaucoup pour moi : Grandir dans un environnement inconnu, apporter un soutien affectif et éducatif aux enfants, vivre des moments de convivialité, découvrir la culture culinaire malgache (et bien manger, on ne va pas se mentir !), être en cohésion avec mon binôme, voyager et m’ouvrir au monde.

Pendant ma mission, j’aimerais aussi partir à la rencontre de la philosophie du mora mora, non pas seulement en parlant, mais en la vivant pleinement, et en la documentant à travers deux petits projets personnels :

  • Série photo : Chaque semaine, je capturerai un moment de lenteur ou de douceur à travers une photo. Ces clichés seront accompagnés de quelques mots, d’un ressenti ou d’un petit titre symbolique. Je compilerai cette série dans un carnet, un blog ou une vidéo de fin de mission.
  • Carnet intérieur : mon rapport au temps. En parallèle, j’écrirai régulièrement sur mon propre rapport au rythme malgache :
    • Est-ce que le “mora mora” me déstabilise ? Est-ce que je m’y habitue ?
    • Comment ça impacte ma vision du travail, des priorités, des relations humaines ?
    • Est-ce que j’arrive à lâcher prise, ou est-ce que je lutte contre le ralentissement ? Ce journal me permettra de mettre des mots sur ce que je traverse, et peut-être, de mieux comprendre ce que cette expérience m’apporte.

Bien sûr, j’ai aussi quelques craintes. Le rapport aux maladies, la peur du paludisme, qui est quand même bien présent à Madagascar…

La peur de me sentir inutile dans ma mission. Et celle de manquer des événements importants avec ma famille, d’être loin quand il se passe quelque chose. Mais malgré tout ça, je pars le cœur ouvert. Avec l’envie de donner, de recevoir, de grandir. Avec curiosité, bienveillance et un brin de trac, ce bon trac qui précède les aventures qui comptent.

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