Écouter

Cette activité concerne en priorité les jeunes, mais elle peut être vécue dans le cadre d’une catéchèse intergénérationnelle.

Objectifs :

  • Découvrir ce qu’écouter peut signifier dans le contexte biblique, dans la relation à Dieu, aux autres, à soi-même.
  • Prendre conscience que si écouter fait référence à notre organe auditif, écouter fait appel à bien plus que nos seules oreilles.
  • Il y a une différence considérable entre écouter et entendre, percevoir un son ou le laisser résonner en nous, dans notre corps, dans notre esprit et notre intelligence.

 

Questions

Que représente cette image ? Comment la comprendre, quel est son message ?
Quel lien entre l’image et le verbe « écouter » ?
Qui écoutons-nous pour définir notre propre conduite dans les différentes situations qui se présentent à nous ?

 

Écouter et discerner…

Jésus pendant 40 jours au désert. L’histoire de la tentation de Jésus nous montre que Jésus, tout au long de son parcours et dès le début, a dû faire face à des situations complexes, semblables à ce que nous pouvons vivre aujourd’hui. L’écoute implique toujours la réflexion, le dilemme, la prise de décisions, et l’action ou… le refus de l’action.

Puis Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné 40 jours et 40 nuits, il eut faim.
Le tentateur s’approcha et lui dit: «Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains.» Jésus répondit: «Il est écrit: L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.»
Le diable le transporta alors dans la ville sainte, le plaça au sommet du temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ! En effet, il est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet et ils te porteront sur les mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre.» Jésus lui dit :
« Il est aussi écrit : Tu ne provoqueras pas le Seigneur, ton Dieu.»
Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire 9 et lui dit : « Je te donnerai tout cela, si tu te prosternes pour m’adorer.» Jésus lui dit alors : « Retire-toi, Satan ! En effet, il est écrit : C’est le Seigneur, ton Dieu, que tu adoreras et c’est lui seul que tu serviras.»
Alors le diable le laissa. Et voici que des anges s’approchèrent de Jésus et le servirent.

Matthieu 4 : 1-11

Questions

Qu’entend Jésus dans les propositions du tentateur ? Comment parvient-il à les refuser ?
D’où puise-t-il ses ressources, qui écoute-t-il ? Comment comprendre aujourd’hui cette histoire ?
En quoi peut-elle être pour nous une source d’enseignement ? Que dit-elle de nous ?

 

Ouvertures pour aujourd’hui

Y a-t-il aujourd’hui des discours, autour de nous, sur les réseaux sociaux, qui nous incitent à des comportements négatifs ? (par ex : stigmatiser quelqu’un, dire du mal d’un(e) copine, copain, prononcer des paroles qui peuvent conduire jusqu’au harcèlement d’une personne ? ) Est-il facile ou difficile de les rejeter ? Pourquoi ?
Comment lutter pour ne pas se soumettre à ces discours ? Est-ce que c’est facile, difficile ? Qu’est-ce qui peut nous aider à prendre de bonnes décisions et adopter les bonnes attitudes ?

Et si on jouait !
Se saluer, s’écouter, se comprendre…

Jeux « Salutations du monde »
Ce jeu est issu de : https://discri.be/wp-content/uploads/02-SalutationsDuMonde.pdf

Public et contexte :
Tout public (mais maîtrisant suffisamment la langue pour pouvoir réagir ensuite à propos de l’animation). Entre 8 et 20 participants.

Durée de l’animation :
30 minutes pour un groupe de 10 personnes.

Matériel nécessaire :
Petites bandelettes de papier comportant chacune une instruction pour les salutations (voir en annexe)

Objectif :
Écouter l’autre et essayer de comprendre (vivre de l’intérieur) ce qui peut nous choquer dans les comportements liés à des codes culturels différents. Le but n’est pas de proposer une étude ethnographique des manières de saluer, mais d’expérimenter la rencontre avec des personnes qui ont des cadres de référence différents.

Déroulement :
Les participants doivent pouvoir se déplacer dans le local. Il s’agit «d’expérimenter» en toute sécurité un petit choc culturel. Il s’agit également d’amener les participants à explorer la façon dont les gens négocient les différences culturelles et de voir comment ils se sentent quand on leur demande de changer leurs habitudes comportementales. L’animateur distribue au hasard, à chacun des participants, une bandelette de salutation (elle reste confidentielle ; si le groupe est important, plusieurs personnes peuvent recevoir les mêmes consignes). Tous les participants se rencontrent et se saluent comme indiqué sur leur fiche, sans donner d’explication. L’activité prend fin lorsque tout le monde a eu l’occasion de saluer chacun. On reforme le groupe et on ouvre la discussion à partir de quelques questions telles que : Qu’est-ce que cela vous fait d’utiliser une gestuelle peu habituelle ? Comment vous êtes-vous senti lorsque quelqu’un a utilisé envers vous une gestuelle peu familière ? Quels sont les obstacles rencontrés ? Donner des exemples d’autres normes sociales qui demandent un temps d’adaptation.

Durée :
20 à 30 minutes

Remarques, variantes, adaptations et prolongements :
Cet exercice permet d’expérimenter l’écoute, la compréhension et l’interprétation des paroles et des gestes de l’autre, venant d’une autre culture. Avec des groupes pour lesquels on sait que cela risque de provoquer des difficultés, certains suggèrent de ne pas sélectionner de salutations trop extrêmes. D’autres pensent qu’il faut trouver des moyens de réguler les malaises éventuels, car retirer des salutations reviendrait à «aseptiser» l’exercice et à lui faire perdre tout son sens. Il est important de sélectionner ces salutations en fonction de la composition du groupe.
En plus, dans ce cas, il y a un cadre, celui de l’exercice. Il est important pour chaque thème abordé dans le groupe de proposer aux personnes de cultures différentes d’échanger sur les manières de faire. Cela est valorisant et permet d’éviter les chocs. On pourrait travailler tout ce qui touche aux usages et aux coutumes, par exemple, ce que l’on fait quand on est invité chez quelqu’un, comment on s’habille…

Références bibliographiques :
Antidefamation league, A classroom of difference, unité 1, pp 42

Annexe :

  • Inde : Le «namaste». Placez vos mains jointes en position de prière sur la poitrine et incli- nez-vous légèrement.
  • États-Unis : Agitez fermement votre poignée de main et regardez votre vis-à-vis droit dans les yeux ou faire un hug.
  • Moyen-Orient : Le «salaam». Faites un mouvement de balayage de votre main droite, en tou- chant d’abord votre cœur, ensuite votre front, et finalement en dirigeant la main vers le haut. Accompagnez cette gestuelle par la formule «salaam alaykum»,qui signifie «la paix soit avec vous».
  • Malaisie : Tendez vos mains et ramenez les bouts de vos doigts contre ceux de l’autre per- sonne. Ensuite ramenez vos mains vers votre cœur, ce qui signifie «je vous accueille du fond du cœur». Les hommes ne peuvent faire ce geste qu’envers d’autres hommes et les femmes envers d’autres femmes.
  • Les Maoris de Nouvelle Zélande : Contenez votre vis-à-vis en posant votre main soit sur sa tête soit sur ses épaules.
  • Polynésie : Embrassez et frottez le dos des personnes que vous voulez saluer. (C’est un geste réservé aux hommes).
  • Chez les Eskimos : Accueillez votre partenaire en frottant votre nez contre le sien.
  • Quelques communautés d’Afrique de l’Est : Crachez sur les pieds de la personne que vous saluez.
  • Tibet : Tirez la langue.
  • Japon : Inclinez-vous depuis la taille, dans un angle de 15%. Il s’agit d’un salut informel, qui convient à tous les rangs et en toute occasion.
  • Russie : Secouez les mains fortement. Continuez par une «étreinte d’ours» ainsi que par deux ou trois baisers en alternant les joues.
  • Amérique latine : Prenez la personne dans vos bras (ça s’appelle un «abrazo») et donnez-lui quelques tapes chaleureuses dans le dos.
  • Kenya : Claquez-vous respectivement les paumes des mains et agrippez les doigts (fermés en poing) de l’autre personne.
  • Thaïlande : Le «Wai». Comme le «namaste» indien, placez vos mains jointes en position de prière sur votre poitrine et inclinez-vous légèrement. Plus vos mains sont placées haut sur votre poitrine, plus vous montrez de respect à l’autre, mais ne placez pas vos mains au-dessus de votre tête car ce serait interprété comme une insulte.
  • Europe du Sud : Secouez les mains chaleureusement et attardez-vous plus longtemps que dans la poignée de main du Nord. Poursuivez en touchant l’avant-bras, le coude ou le revers d’habit de la personne.
  • Turquie : Dans la poignée de mains, serrez les deux mains ou prenez la personne dans vos bras pendant que vous lui embrassez les deux joues. (Cette gestuelle a généralement cours entre vieux amis, mais dans le cadre de cette activité, faites-le avec chacun).
  • Israël : En disant «shalom», secouez les mains ou embrassez la personne, selon que vous la connaissez bien ou non.
  • Belgique : Trois baisers, en passant d’une joue à l’autre.
  • Afrique Centrale : On se dit bonjour tête contre tête en se touchant la tempe de droite à gauche.
  • Côte d’Ivoire : on se serre la main en finissant par un claquement de doigts
  • Et le langage non verbal ? Savez-vous comment on se salue dans la langue des signes ?

Pour finir cette animation vous pouvez lire ce texte qui donne à réfléchir :

Écouter est peut-être le plus beau cadeau que nous puissions faire à quelqu’un…
C’est lui dire, non pas avec des mots, mais avec ses yeux, son visage, son sourire et tout son corps : tu es important pour moi, tu es intéressant, je suis heureux que tu sois là…

Écouter, c’est commencer par se taire…
Écouter, c’est accueillir l’autre avec reconnaissance tel qu’il se définit lui-même, sans se substituer à lui pour dire ce qu’il doit être. C’est être ouvert à toutes les idées, à tous les sujets, à toutes les expériences, à toutes les solutions, sans interpréter, sans juger, laissant à l’autre le temps et l’espace de trouver la voie qui est la sienne.

Écouter, c’est vraiment laisser tomber tout ce qui nous occupe pour donner tout son temps à l’autre. C’est comme une promenade avec un ami: marcher à son pas, proche mais sans gêner, se laisser conduire par lui, s’arrêter avec lui, repartir avec lui, pour rien, pour lui.

Écouter, ce n’est pas vouloir que quelqu’un soit comme ceci ou comme cela, c’est apprendre à découvrir ses qualités qui sont en lui spécifiques. Être attentif à quelqu’un qui souffre, ce n’est pas de donner une solution ou une explication à sa souffrance, c’est lui permettre de la dire et de trouver lui-même son propre chemin pour s’en libérer.

Écouter, c’est donner à l’autre ce que l’on ne nous a peut-être jamais donné : de l’attention, du temps, une présence affectueuse.

André Gromolard

Version téléchargeable :

 

« Écouter – Animation » : le document complet en pdf