Méditation du jeudi 24 décembre 2020 : Noël, une brèche lumineuse dans les ténèbres de nos soucis du quotidien…

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Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement tourné vers Dieu. Tout fut par lui, et rien de ce qui fut, ne fut sans lui. En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes, et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point comprise. Il y eut un homme, envoyé de Dieu : son nom était Jean. Il vint en témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous croient par lui. Il n’était pas la lumière, mais il devait rendre témoignage à la lumière. Le Verbe était la vraie lumière qui, en venant dans le monde, illumine tout homme. Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu dans son propre bien, et les siens ne l’ont pas accueilli. Mais à ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu.  Ceux-là ne sont pas nés du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire, cette gloire que, Fils unique plein de grâce et de vérité, il tient du Père. Jean lui rend témoignage et proclame : «Voici celui dont j’ai dit : après moi vient un homme qui m’a devancé, parce que, avant moi, il était.» De sa plénitude en effet, tous, nous avons reçu, et grâce sur grâce. Si la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Personne n’a jamais vu Dieu ; Dieu Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous l’a dévoilé.  Jean 1, 1-18

 

 

Noël au cœur de l’agitation du moment est à recevoir et à vivre comme une lumière au cœur des ténèbres, «la trêve des confiseurs» dans la guerre que le président Macron annonçait pour signifier la crise sanitaire.

Cette trêve est en quelque sorte, la «petite fille espérance» de Charles Péguy. «…Une espérance qui ne va pas de soi, une espérance qui ne va pas toute seule…». Une grâce qui donne à notre foi de voir ce qui est, à notre charité d’aimer ce qui est, pour nous ouvrir à ce qui sera.

Noël, c’est la paix que Dieu offre aux humains dans la venue de l’enfant dont les petits pas disent cette espérance. C’est le signe d’une autre vie possible, basée sur la paix de Dieu nous réconciliant avec lui, les autres et nous-même.

Noël, c’est non seulement le symbole de la paix mais aussi celui de la lumière du jour qui vient éclairer les ténèbres de nos jours (Jean 1, 5).

Avec le petit enfant de Noël, Dieu fait naître une lumière qui nous invite à être attentifs à la faiblesse de sa lueur. Elle n’éblouit pas, elle éclaire. Elle n’a rien à voir avec les idéologies et les systèmes des puissants qui éblouissent l’humanité pour mieux les aveugler. Dieu se révélant dans l’enfant, donne une lumière dont la lueur est juste assez pour éclairer le chemin de celui qui veut marcher dans et vers la vie. Fêter Noël, c’est redécouvrir par cette lumière les couleurs de la vie sans cesse à regarder, aimer et partager.

Noël, une brèche lumineuse dans les ténèbres de nos soucis du quotidien, de nos préoccupations, qu’il nous faut garder allumé au-delà de la fête.

 

 

Nous prions avec ce texte de Saint-Exupéry :

«Seigneur, apprends-moi l’art des petits pas.
Je ne demande pas de miracles ni de visions, mais je demande la force pour le quotidien !
Rends-moi attentif et inventif pour saisir au bon moment les connaissances et expériences qui me touchent particulièrement. Affermis mes choix dans la répartition de mon temps. Donne-moi de sentir ce qui est essentiel et ce qui est secondaire.
Je demande la force, la maîtrise de soi et la mesure, que je ne me laisse pas emporter par la vie, mais que j’organise avec sagesse le déroulement de la journée.
Aide-moi à faire face aussi bien que possible à l’immédiat et à reconnaître l’heure présente comme la plus importante.
Donne-moi de reconnaître avec lucidité que la vie s’accompagne de difficultés, d’échecs, qui sont occasions de croître et de mûrir.
Fais de moi un homme capable de rejoindre ceux qui gisent au fond. Donne-moi non pas ce que je souhaite, mais ce dont j’ai besoin. Apprends-moi l’art des petits pas !
Ainsi soit-il.»

Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944)