Une année avec les Actes des apôtres : méditation du jeudi 7 janvier 2021. En ce début d’année, nous prions pour toutes les Églises, écoles et institutions avec lesquelles nous sommes en partenariat autour du monde.

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Au chapitre 11 le nom de chrétiens a été donné pour la première fois aux disciples du Christ, dans la ville d’Antioche de Syrie, où pendant une année, Barnabas et Paul vont animer la nouvelle église et enseigner les croyants, puis se charger de porter leurs dons aux chrétiens de Jérusalem, menacés par la misère.

À cette époque, le roi Hérode se mit à maltraiter quelques-uns des membres de l’Église. Il fit mourir par l’épée Jacques, le frère de Jean. Quand il vit que cela plaisait aux Juifs, il fit encore arrêter Pierre durant la fête des Pains sans levain.  Hérode le fit saisir et jeter en prison, et il chargea quatre groupes de quatre soldats de le garder. Il pensait le faire juger en public après la Pâque.

Pierre était donc gardé dans la prison, mais les membres de l’Église priaient Dieu pour lui avec ardeur. Durant la nuit, alors que Hérode était sur le point de le faire juger en public, Pierre dormait entre deux soldats. Il était attaché avec deux chaînes et des gardiens étaient à leur poste devant la porte de la prison. Soudain, un ange du Seigneur apparut et la cellule resplendit de lumière. L’ange toucha Pierre au côté, le réveilla et lui dit : « Lève-toi vite ! » Les chaînes tombèrent de ses mains. L’ange lui dit : « Mets ta ceinture et attache tes sandales! » Pierre lui obéit et l’ange ajouta : « Mets ton manteau et suis-moi. » Pierre sortit de la prison en suivant l’ange. Il ne savait pas si ce qui arrivait avec l’ange était réel : il pensait avoir une vision. (…) Actes 12,1-9

Prenant conscience que Dieu l’a vraiment libéré, Pierre se rend chez Marie, la mère de Jean-Marc, où il témoigne de ce qui lui est arrivé.

Hérode, s’étant mis à sa recherche et ne l’ayant pas trouvé, interrogea les gardes, et donna l’ordre de les exécuter. Ensuite, il se rendit de la Judée à Césarée où il resta un certain temps. Hérode était très irrité contre les habitants de Tyr et de Sidon. Ceux-ci se mirent d’accord pour se présenter devant lui. Ils gagnèrent à leur cause Blastus, l’officier de la chambre du roi ; ils demandèrent à Hérode de faire la paix, car leur pays s’approvisionnait dans celui du roi. Au jour fixé, Hérode mit son habit royal, s’assit sur son trône et leur adressa publiquement un discours. Le peuple s’écria : « C’est un dieu qui parle et non pas un être humain ! » Mais, au même moment, un ange du Seigneur frappa Hérode, parce qu’il s’était réservé l’honneur qui est dû à Dieu : il fut rongé par les vers et mourut. La parole de Dieu se répandait de plus en plus. Barnabas et Saul, après avoir achevé leur mission à Jérusalem, s’en retournèrent et emmenèrent avec eux Jean surnommé Marc. Actes 12, 19-25

 

L’Hérode qui apparaît dans notre récit est le petit-fils du roi Hérode le Grand, qui ordonna le massacre des enfants au temps de la naissance de Jésus et le neveu d’Hérode Antipas, qui fit exécuter Jean le baptiste. Déterminisme familial ou tempérament personnel, Hérode Agrippa fait preuve de cette violence propre à tous les tyrans, qu’ils exercent un petit ou un grand pouvoir. Persécutions des dissidents et des esprits exerçant leur liberté spirituelle, autoritarisme féroce envers ses propres forces de l’ordre, avec peine de mort en cas d’échec, paranoïa vis-à-vis des voisins sauf à les dominer en leur imposant une obéissance totale doublée d’idolâtrie. C’est pourtant là que son pouvoir va se fracasser contre la puissance du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Dans la foi biblique, l’idolâtrie est considérée comme une faute aussi grave que le meurtre, et passible de mort. Car tout en niant la souveraineté de Dieu, elle paralyse et asservit l’esprit et la vie des êtres qui la pratiquent.

Or c’est la liberté que Dieu veut offrir à toutes ses créatures, afin qu’elles puissent vivre de sa Parole d’amour et la transmettre de génération en génération. C’est ce que nous montre une fois de plus ce récit merveilleux des Actes où l’ange du Seigneur vient libérer l’apôtre Pierre de ses chaînes, et le fait sortir de prison, afin que l’œuvre d’enseignement et de témoignage se poursuive à travers le monde.

Questions pour nous :

  • Entre vénération et critique systématique du pouvoir, comment adopter une attitude constructive ?
  • Comment comprenons-nous le péché d’idolâtrie dans ses versions actuelles ?
  • Entre lecture littérale et rejet rationaliste, comment interprétons-nous les interventions merveilleuses des anges dans les récits bibliques ?

 

 

Prions :

Seigneur tu es la vérité.
Ce matin je pense à tous les persécutés de la terre
À ceux qui défendent la vérité
Et qui se retrouvent devant le Pilate ou l’Hérode du moment.
Je te prie aussi pour eux, assis, drapés de pouvoir et de dignité,
Cherchant peut-être la vérité
Au milieu de tant d’opinions et de paroles.

Merci Seigneur car tu nous as envoyé la vérité.
Elle a pris forme humaine.
Devant Pilate, elle s’est tue.
La vérité n’a pas besoin de se défendre.
Elle ne dit rien car elle est.
On a beau l’insulter, l’attacher,
Cracher sur elle, la rouer de coups,
Elle se dresse toujours,
Elle s’offre toujours à celui qui cherche.

Seigneur merci car tu t’offres à nous,
Tout au long de ce jour,
Apprends-nous à ne pas nous laver les mains,
Mais à voir les humains écrasés.
Que ta vérité habite en nous pour l’éternité.

D’après : Livre de Prières, Société Luthérienne, Éditions Olivétan, 2012