Une année avec les Actes des apôtres : méditation du jeudi 5 novembre 2020. Nous prions pour nos envoyés au Cameroun.

La conversion de Paul par Le Caravage (1600) – Wikimedia Commons

Après le martyre d’Étienne nous avons suivi le diacre Philippe et avons rencontré avec lui l’eunuque éthiopien, qui a reçu le baptême. Nous allons maintenant retrouver Saul de Tarse, dont la haine envers les chrétiens semble s’exacerber de jour en jour.

Cependant Saul, respirant encore la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur, se rendit chez le souverain sacrificateur, et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s’il trouvait des partisans de la nouvelle doctrine, hommes ou femmes, il les amenât liés à Jérusalem. Comme il était en chemin, et qu’il approchait de Damas, tout à coup une lumière venant du ciel resplendit autour de lui. Il tomba par terre, et il entendit une voix qui lui disait : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Il répondit : Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes. Il te serait dur de regimber contre les aiguillons. Tremblant et saisi d’effroi, il dit : Seigneur, que veux-tu que je fasse ? Et le Seigneur lui dit : Lève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire.

Les hommes qui l’accompagnaient demeurèrent stupéfaits ; ils entendaient bien la voix, mais ils ne voyaient personne. Saul se releva de terre, et, quoique ses yeux fussent ouverts, il ne voyait rien ; on le prit par la main, et on le conduisit à Damas. Il resta trois jours sans voir, et il ne mangea ni ne but. Or, il y avait à Damas un disciple nommé Ananias . Le Seigneur lui dit dans une vision : Ananias! Il répondit : Me voici, Seigneur ! Et le Seigneur lui dit : Lève-toi, va dans la rue qu’on appelle la droite, et cherche, dans la maison de Judas, un nommé Saul de Tarse. Car il prie, et il a vu en vision un homme du nom d’Ananias, qui entrait, et qui lui imposait les mains, afin qu’il recouvrât la vue. Ananias répondit : Seigneur, j’ai appris de plusieurs personnes tous les maux que cet homme a faits à tes saints dans Jérusalem ; et il a ici des pouvoirs, de la part des principaux sacrificateurs, pour lier tous ceux qui invoquent ton nom. Mais le Seigneur lui dit : Va, car cet homme est un instrument que j’ai choisi, pour porter mon nom devant les nations, devant les rois, et devant les fils d’Israël ; et je lui montrerai tout ce qu’il doit souffrir pour mon nom. Actes 9,1-16

 

 

La conversion de Saul de Tarse est une expérience fulgurante pour celui qui l’a vécue et fondamentale pour la diffusion de la foi chrétienne. Du récit nous apprenons qu’il n’y a pas de conversion sans prise de conscience lucide de soi-même. Lors du renversement sur le chemin de Damas, le Christ aveugle Saul par une terrible évidence : lui, l’homme de culture, polyglotte, disciple du sage Rabbi Gamaliel, est devenu un fanatique persécuteur, un meurtrier. Que cette parole lui vienne d’une voix céleste serait inutile s’il ne se l’appropriait immédiatement. L’événement spirituel frappe l’être dans son corps et son psychisme. De quoi s’agit-il ? Chacun de nous, en tant que personne humaine, a en lui des forces et des fragilités, et sans doute un lieu intime de sensibilité particulière, de souffrance potentielle. C’est le lieu d’où jaillit la passion, passion qui peut être pour la mort ou pour la vie. Dans un premier temps, Saul, face aux croyants chrétiens, a éprouvé et exprimé cette passion sur le mode violent. Son attitude n’a pas été dictée par la réflexion et l’analyse, mais par la répulsion et la détestation de cette foi qu’il ressent comme intolérable, peut-être par peur, peut-être par jalousie, et qu’il veut réduire au silence. Cependant, lors du renversement sur le chemin de Damas, la passion de mort va se transformer en passion de vie, après 3 jours d’obscurité bienfaisante Car pour survivre à la terrible conscience de ses fautes, il lui faut passer par une nouvelle naissance, placée sous le signe de la grâce. Ajoutons qu’ainsi, dans le secret du texte, Saul sort réconcilié avec la mémoire de son premier maître Gamaliel, qui, peut-être sans passion mais avec beaucoup de réflexion, invitait les gens de religion à ne jamais se mettre en guerre contre Dieu, surtout sous le prétexte de défendre son honneur.

Saul va recevoir le baptême, subir à son tour la persécution, ou encore la méfiance de ceux qu’il est en train de rejoindre dans la foi au Christ. Bientôt il deviendra lui-même un témoin proclamant l’évangile. Tandis que Pierre poursuit son ministère et accomplit des guérisons au nom du Seigneur.

Questions pour nous :

Sommes-nous conscients de ce lieu de vulnérabilité en nous, d’où peut jaillir la violence, mais qui est aussi le lieu que Dieu cherche à atteindre par sa Grâce ?

Croyons-nous que les personnalités fanatiques puissent toutes connaître un tel renversement, et à quelles conditions ?

Dans nos conversations les uns avec les autres, nos débats théologiques ou sociétaux, nos désaccords politiques, quelle part relève d’un travail de réflexion, et quelle part de réactions passionnelles ? Jusqu’où sommes-nous capables d’aller dans la confrontation ?

 

 

Nous prions :

Ta Parole, ô Père, est ton Fils Jésus-Christ.
Inscris-la comme un signe sur notre front,
Comme l’amour dans notre cœur.
Ta bénédiction, ô Père, est ton Fils Jésus-Christ.
Place-la comme l’espérance devant nos yeux ?
Comme une croix de lumière sous notre regard.
Ta lumière, ô Père, est ton Fils Jésus-Christ.
Qu’elle soit l’Orient qui nous indique le chemin,
Qu’elle soit la lumière qui guide nos pas.
Ton pardon, ô Père, est ton Fils Jésus-Christ.
Qu’entre nous qui sommes frères, il soit réconciliation,
Miséricorde intarissable et toujours renouvelée.
Ta fidélité, ô Père, est ton Fils Jésus-Christ.
Qu’elle soit le rocher de notre alliance,
Le fondement sur lequel bâtir ta communauté.

Communauté de Bose