Nous prions pour nos envoyés au Sénégal, et nous poursuivons notre lecture du livre de l’Ecclésiaste.

« Il est un mal que j’ai vu sous le soleil, et qui est fréquent parmi les hommes.  Il y a tel homme à qui Dieu a donné des richesses, des biens, et de la gloire, et qui ne manque pour son âme de rien de ce qu’il désire, mais que Dieu ne laisse pas maître d’en jouir, car c’est un étranger qui en jouira. C’est là une vanité et un mal grave. Quand un homme aurait cent fils, vivrait un grand nombre d’années, et que les jours de ses années se multiplieraient, si son âme ne s’est point rassasiée de bonheur, et si de plus il n’a point de sépulture, je dis qu’un avorton est plus heureux que lui. Car il est venu en vain, il s’en va dans les ténèbres, et son nom reste couvert de ténèbres ; il n’a point vu, il n’a point connu le soleil ; il a plus de repos que cet homme. Et quand celui-ci vivrait deux fois mille ans, sans jouir du bonheur, tout ne va-t-il pas dans un même lieu ?

Tout le travail de l’homme est pour sa bouche, et cependant ses désirs ne sont jamais satisfaits. Car quel avantage le sage a-t-il sur l’insensé ? quel avantage a le malheureux qui sait se conduire en présence des vivants ?  Ce que les yeux voient est préférable à l’agitation des désirs : c’est encore là une vanité et la poursuite du vent.

Ce qui existe a déjà été appelé par son nom ; et l’on sait que celui qui est homme ne peut contester avec un plus fort que lui. S’il y a beaucoup de choses, il y a beaucoup de vanités : quel avantage en revient-il à l’homme ?  Car qui sait ce qui est bon pour l’homme dans la vie, pendant le nombre des jours de sa vie de vanité, qu’il passe comme une ombre ? Et qui peut dire à l’homme ce qui sera après lui sous le soleil ? « 

Ecclesiaste 6

Parfois, comme l’Ecclésiaste, nous nous abandonnons à la rumination de sombres pensées, et nous entretenons notre mal-être par la répétition obsessionnelle de ce qui nous chagrine chez les autres et dans la marche du monde. Ici c’est la douleur de la dépossession qui revient, le pénible rappel que d’autres profiteront de ce qui un jour fut à nous, et qu’après avoir été nous ne serons plus, et que peut-être nous aurons vécu en vain. Vanité, vanité, vanité !

Pourtant le mot bonheur brille dans l’obscurité. Comment le comprendre, ce bonheur à portée du roi ? Est-il autre que celui du pauvre, que celui de tout être humain ? N’est-il pas ce merveilleux philtre qui transforme le regard et fait les délices du cœur ? Dé-possession, pour le puissant et le riche, ou im-possession, pour celui qui a peu, peuvent conduire, non pas à la frustration et au désir obsessionnel, mais à la possibilité du bonheur, quand le dessaisissement de soi permet le saisissement de la grâce. Le sourire au lieu de la grimace, le rire plutôt que le grincement de dents, la générosité et non la jalousie.

Ah oui le bonheur d’être et d’exister ! Libéré de soi-même pour un temps, exultant dans le chant, le remerciement, la louange, le partage avec frères et sœurs de la merveilleuse joie de vivre, enfants d’un même Père. Le roi de Jérusalem, fils de David, ne nous inviterait-il pas, tout simplement et avec insistance, à savoir être heureux de notre bonheur ?

Nous prions avec cette prière écrite par des jeunes chrétiens d’Afrique

Seigneur je lance ma joie vers le ciel comme une nuée d’oiseaux !

Je suis dans la joie Seigneur ! Dans la joie ! Dans la joie !

Tous les jours, par ta grâce, c’est Noël, c’est Pâques, c’est l’Ascension, c’est Pentecôte !

Voici un jour encore qui brille, étincelle, éclate de bonheur à cause de ton amour.

Chaque jour est ton œuvre, et chacun est compté comme les cheveux de ma tête.

Alléluia ! Alléluia, mon Dieu, en Jésus-Christ !