Nous prions pour nos envoyés au Burkina Faso, et nous poursuivons notre lecture du livre de l’Ecclésiaste.

« Prends garde à ton pied, lorsque tu entres dans la maison de Dieu ; approche-toi pour écouter, plutôt que pour offrir le sacrifice des insensés, car ils ne savent pas qu’ils font mal. Ne te presse pas d’ouvrir la bouche, et que ton cœur ne se hâte pas d’exprimer une parole devant Dieu ; car Dieu est au ciel, et toi sur la terre : que tes paroles soient donc peu nombreuses. Car, si les songes naissent de la multitude des occupations, la voix de l’insensé se fait entendre dans la multitude des paroles.

Lorsque tu as fait un vœu à Dieu, ne tarde pas à l’accomplir, car il n’aime pas les insensés : accomplis le vœu que tu as fait. Mieux vaut pour toi ne point faire de vœu, que d’en faire un et de ne pas l’accomplir. Ne permets pas à ta bouche de faire pécher ta chair, et ne dis pas en présence de l’envoyé que c’est une inadvertance. Pourquoi Dieu s’irriterait-il de tes paroles, et détruirait-il l’ouvrage de tes mains ? Car, s’il y a des vanités dans la multitude des songes, il y en a aussi dans beaucoup de paroles ; c’est pourquoi, crains Dieu.

Si tu vois dans une province le pauvre opprimé et la violation du droit et de la justice, ne t’en étonne point ; car un homme élevé est placé sous la surveillance d’un autre plus élevé, et au-dessus d’eux il en est de plus élevés encore. Un avantage pour le pays à tous égards, c’est un roi honoré du pays.

Celui qui aime l’argent n’est pas rassasié par l’argent, et celui qui aime les richesses n’en profite pas. C’est encore là une vanité. Quand le bien abonde, ceux qui le mangent abondent ; et quel avantage en revient-il à son possesseur, sinon qu’il le voit de ses yeux ? Le sommeil du travailleur est doux, qu’il ait peu ou beaucoup à manger ; mais le rassasiement du riche ne le laisse pas dormir.

Il est un mal grave que j’ai vu sous le soleil : des richesses conservées, pour son malheur, par celui qui les possède. Ces richesses se perdent par quelque événement fâcheux ; il a engendré un fils, et il ne reste rien entre ses mains. Comme il est sorti du ventre de sa mère, il s’en retourne nu ainsi qu’il était venu, et pour son travail n’emporte rien qu’il puisse prendre dans sa main. C’est encore là un mal grave. Il s’en va comme il était venu ; et quel avantage lui revient-il d’avoir travaillé pour du vent ? De plus, toute sa vie il mange dans les ténèbres, et il a beaucoup de chagrin, de maux et d’irritation.

Voici ce que j’ai vu : c’est pour l’homme une chose bonne et belle de manger et de boire, et de jouir du bien-être au milieu de tout le travail qu’il fait sous le soleil, pendant le nombre des jours de vie que Dieu lui a donnés ; car c’est là sa part. Mais, si Dieu a donné à un homme des richesses et des biens, s’il l’a rendu maître d’en manger, d’en prendre sa part, et de se réjouir au milieu de son travail, c’est là un don de Dieu. Car il ne se souviendra pas beaucoup des jours de sa vie, parce que Dieu répand la joie dans son cœur. »

Ecclesiaste 5

L’Ecclésiaste poursuit son enseignement, et on ne s’étonnera pas que surviennent les thèmes si importants de la parole, de la justice, et de la richesse. La sagesse populaire invite à tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de parler, et ceci vaut devant Dieu comme devant le prochain. Place à l’écoute, à la réflexion, aux propos bien pesés, aux engagements sincères. Mais nous savons combien notre langue démarre promptement, s’enchante de ses traits d’esprit, aime d’un côté se montrer généreuse et de l’autre jouer à la vipère, chanter et glorifier Dieu mais aussi assouvir ses passions colériques ! Alors pour faire barrage aux tentations malfaisantes, cultivons la crainte de Dieu, qui n’est pas peur mais respect, mémoire vivante que Dieu lui-même est Parole.

Quant à la justice, c’est une question très difficile. Il y a la justice des hommes, qui est très imparfaite et parfois même le contraire de ce qu’elle devrait être. Et il y a la justice de Dieu. Mais qui la connaît ? Qui est capable de l’appliquer sinon Dieu lui-même ? Alors de terribles écueils nous guettent : d’un côté le cynisme et de l’autre le fanatisme. Accepter sans combattre un monde injuste et en tirer profit, ou porter le glaive de la justice à la place de Dieu et imposer la terreur. Ni ceci ni cela dit le fils de David roi de Jérusalem, mais un gouvernement honorable et honoré du pays, afin que tous désirent œuvrer pour plus de justice.

Enfin dernier conseil : faire circuler l’argent et la richesse. Que ce soit par le don, le legs, le partage, l’investissement ou la dépense, tout vaut mieux que thésauriser. Garder sa richesse est mortifère pour soi, pour les autres, et pour le monde. Plus tard Jésus nous fera entendre l’histoire du jeune homme riche incapable de se dessaisir de ses biens. Cela ne signifie pas que Dieu n’aime pas les riches, puisque lui-même donne la richesse. Mais c’est l’offenser que de s’y accrocher, quand il nous offre bien plus que cela : la vie, l’amour, la liberté, la joie, le salut.

Prions avec ces mots du Pasteur Eric Georges :

Dans les entre-deux de nos vies

Dans les jours qui passent entre deux événements

Dans les temps d‘interstices et d’attente

Garde – nous, Seigneur

D’oublier le quotidien que tu nous donnes.

Ouvre nos yeux sur celles et ceux

Qui, souvent invisibles travaillent et tissent des liens

Ouvre nos cœurs sur l’ordinaire et le quotidien

Toi qui viens nous surprendre et nous bousculer

Donne-nous aussi de vivre pleinement le calme et la banalité. Amen