Méditation du jeudi 3 octobre 2019. Nous prions pour notre envoyé au Togo et sa famille.

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Les apôtres dirent au Seigneur : « Augmente notre foi. » Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi gros comme un grain de moutarde, vous pourriez dire à cet arbre, ce mûrier : « Déracine-toi et va te planter dans la mer», et il vous obéirait. »

« Supposons ceci : l’un d’entre vous a un serviteur qui laboure ou qui garde les troupeaux. Lorsqu’il le voit revenir des champs, va-t-il lui dire : « Viens vite te mettre à table » ? Non, il lui dira plutôt : « Prépare mon repas, puis change de vêtements pour me servir pendant que je mange et bois ; après quoi, tu pourras manger et boire à ton tour. » Il n’a pas à remercier son serviteur d’avoir fait ce qui lui était ordonné, n’est-ce pas ? Il en va de même pour vous : quand vous aurez fait tout ce qui vous est ordonné, dites : « Nous sommes de simples serviteurs ; nous n’avons fait que notre devoir. » »

Luc 17,5-10

The Pharisees and the Sadducees Come to Tempt Jesus – J.J. Tissot – Brooklyn Museum © Wikimedia Commons

 

Même proches de Jésus, vivant en sa quotidienne compagnie, les disciples de Jésus, déjà nommés apôtres – c’est-à-dire envoyés- expriment cette inquiétude de certains croyants : ne pas croire comme il faut, ne pas croire suffisamment, être tièdes là où Dieu nous voudrait brûlants !

D’où cette demande à la fois agaçante et touchante de maladresse : « Augmente notre foi ! »

La réponse de Jésus est pleine d’humour et de vérité. Là où l’on demande du plus il propose du moins : la taille d’un grain de moutarde ! Et surtout il montre l’inanité, voire le danger d’une vision utilitaire de la foi. Car contrairement à ses propres actes d’autorité, qui visent toujours la guérison du prochain, la nourriture des humains, le salut, celui qu’il évoque est complètement absurde : ordonner à un arbre son déracinement pour son ré-enracinement dans la mer.

Pour la foi, comme pour le service, il semble très important de se garder du zèle. De même que le serviteur doit être simplement heureux de n’avoir fait que son devoir, le croyant devrait se réjouir de vivre une simple relation de confiance avec son Dieu. Dans les deux cas il ne s’agit ni de faire ni de prouver par des actions d’éclat, mais d’être ! Soyons serviteurs, soyons croyants, comme le Christ, car tel il s’est voulu ! Et c’est la joie quotidienne qu’il nous propose pour notre vie et celle du monde.

 

Nous prions pour notre envoyé au Togo et sa famille en partageant cette prière d’une femme camerounaise :

Je suis une femme forgée à l’image de Dieu
Pleine de qualités et de dignité
Créée par la main de Dieu
Appelée à la vie par le souffle de Dieu.

Moi, une femme,
Mère de tant d’enfants
Mère de présidents et de travailleurs
Mère de serviteurs et de ministres
Mère de rois et de sujets
Mères de reines et de servantes
Mère d’idiots et de sages

Moi, une femme
Productrice cuisinière ménagère
Je prodigue les soins
Je veille la nuit
Je peine du matin au soir
Je sème et je récolte brûlée par le soleil
Je transporte de lourds fardeaux sur des chemins brûlants
Je ramène mon chargement à la maison pour nourrir les miens.

Moi une femme
Clef de voûte de la famille
A la fois aimée et exploitée
Protégée et soumise
On me caresse et on me bat
Tour à tour indispensable et abandonnée
Moi une femme
Seigneur c’est toi qui m’as créée.

Tu me connais
Tu m’appelles par mon nom.
Toi tu m’entends quand les autres refusent d’écouter.
Toi tu me comprends quand les autres ne veulent pas comprendre.
Mes difficultés tu les connais.
Mes larmes tu les vois
Mes soupirs tu les entends
Tu es tout pour moi
Auprès de toi il y a l’espoir
En toi je remets ma confiance.

Moi, ta femme !

(Prière de Grâce Enémé , qui a été insérée dans le film «  Moi, Na Lydia, une femme ».
in : Paroles lointaines, paroles si proches, Défap
)