Méditation du jeudi 21 février 2019. Nous relisons dans Luc 6 ces paroles de Jésus qui exhorte : «Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent et priez pour ceux qui vous maltraitent.» Et nous prions pour notre envoyé au Liban.
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« Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent et priez pour ceux qui vous maltraitent.

Si quelqu’un te frappe sur une joue, présente-lui aussi l’autre ; si quelqu’un te prend ton manteau, laisse-le prendre aussi ta chemise.

Donne à quiconque te demande quelque chose, et si quelqu’un te prend ce qui t’appartient, ne le lui réclame pas.

Faites pour les autres exactement ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous. Si vous aimez seulement ceux qui vous aiment, pourquoi vous attendre à une reconnaissance particulière ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment ! Et si vous faites du bien seulement à ceux qui vous font du bien, pourquoi vous attendre à une reconnaissance particulière ? Même les pécheurs en font autant ! Et si vous prêtez seulement à ceux dont vous espérez qu’ils vous rendront, pourquoi vous attendre à une reconnaissance particulière ? Des pécheurs aussi prêtent à des pécheurs pour qu’ils leur rendent la même somme !

Au contraire, aimez vos ennemis, faites-leur du bien et prêtez sans rien espérer recevoir en retour. Vous obtiendrez une grande récompense et vous serez les fils du Dieu très-haut, car il est bon pour les ingrats et les méchants. Soyez pleins de bonté comme votre Père est plein de bonté. » « Ne portez de jugement contre personne et Dieu ne vous jugera pas non plus ; ne condamnez pas les autres et Dieu ne vous condamnera pas ; pardonnez aux autres et Dieu vous pardonnera.

Donnez aux autres et Dieu vous donnera : on versera dans la grande poche de votre vêtement une bonne mesure, bien serrée et secouée, débordante. Dieu mesurera ses dons envers vous avec la mesure même que vous employez pour les autres. » Luc 6, 27-38

 

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J’ai entendu il y a quelques temps un témoignage bouleversant sur deux hommes juifs qui se trouvaient dans un camp de concentration lors de la Seconde Guerre mondiale. L’un était très pieux et faisait toutes ses prières ; l’autre n’était pas croyant et se révoltait que son compagnon de douleur puisse encore louer Dieu dans de telles circonstances. Et il lui adressait sans cesse des critiques : « Mais comment, mais pourquoi peux-tu encore prier ce Dieu qui nous a abandonnés, ce Dieu qui n’existe pas ! » Un jour le juif pieux lui répondit en lui montrant un garde qui était en train de battre un prisonnier. Et il lui dit : « Tu vois cet homme, eh bien je prie et je loue Dieu d’être ce je suis et de ne pas être à la place de ce bourreau. »

Cette histoire peut nous aider à comprendre le cœur de l’enseignement de Jésus. Aimer ses ennemis, bénir ceux qui nous maudissent, tendre l’autre joue ne sont pas des  performances morales à acquérir mais le témoignage d’une vibrante spiritualité. Celui qui fait place à Dieu au cœur de son être et de sa vie n’est pas épargné par la violence des autres mais il peut échapper à son emprise. Accroché à l’amour de Dieu et par l’amour de Dieu, il est sauvé du mimétisme de la haine. Il peut aimer qui le hait et bénir qui le maudit pour l’amour de Dieu. Jésus nous a donné cet exemple jusqu’au moment où sur la croix il a prononcé ces paroles : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! ». Le juif pieux du camp, par sa prière de reconnaissance, nous dit qu’il nous incombe, non de faire justice du mal par nous-mêmes, mais de demeurer fidèle à ce que, par la seule grâce de Dieu, nous sommes.

 

 

Nous prions pour notre envoyé au Liban et pour sa famille avec ces mots de Sœur Myriam, ancienne prieure des diaconesses de Reuilly.

Que tu puisses, Seigneur, Dieu de l’univers
Demander quelque chose à l’être humain que je suis
Demeure pour moi le plus grand des mystères.
Mystère plus grand que celui de la voie lactée,
De la germination des plantes et des marées d’équinoxe.
Je ne saurai jamais, tant que durera le monde,
Pourquoi ton règne de lumière fut ainsi confié à nos insuffisances.
Mais, tout émerveillé (e) je m’écrie :

« Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ? » Ps 8

Que tu puisses, Seigneur, Dieu de l’univers
Donner de toi-même à ceux que nous sommes,
Et supporter tout ce qui nous fait différents de toi,
Que tu puisses accepter, pour ton règne de lumière, pareille dissemblance, et nous laisser à notre place afin que nous te célébrions
Demeurera pour nous le plus grand des mystères.
Et tout émerveillés nous nous écrions :

« Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ? » Ps 8

Que tu puisses, Seigneur, Dieu de l’univers,
Ne pas trouver de repos avant de nous avoir tous sauvés,
Que nous soyons destinés à vivre plus longtemps que les astres dans l’au-delà des cieux
Que nous soyons destinés à n’être que demain ce qu’aujourd’hui nous sommes,
demeurera toujours le plus grand des mystères.
C’est pourquoi nous nous écrions :

« Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ? » Ps 8