Après un repas convivial entre envoyés et correspondants locaux (ce sont eux qui font le lien entre le Défap et les paroisses des Eglises membres), les envoyés se sont retrouvés avec leurs encadrants du Défap pour faire le bilan.

 

Le but de cette rencontre était le partage : avant le départ, ils se retrouvent à la formation pour se préparer ; au retour, ils se rencontrent pour faire le bilan. Après un « débriefing » individuel, ce temps est l’occasion de raconter sa mission, d’échanger entre envoyés, de mettre des mots sur le temps vécu à l’étranger et de reprendre un rythme adapté à leur vie au retour.

 

Seize volontaires sont revenus cette année. Tous n’ont pu être présents, mais ils ont pour certains envoyés une vidéo pour être là à leur manière.

 

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Envoyés, correspondants locaux & personnel du Défap ©

 

PARTAGE ENTRE ENVOYÉS : DES EXPÉRIENCES QUI SE REJOIGNENT

 

Un sujet qui revient souvent est bien évidemment celui de l’adaptation : chacun a dû faire face à des habitudes de vies nouvelles, à une vision du monde, de la religion et même de la mort différentes de la leur. Tous les envoyés présents se rejoignent sur ce point : la vision occidentale des choses n’est pas valable là où ils ont été. Il a fallu s’adapter à la vie sur place et ce fut plus ou moins facile. Il se réadapte maintenant à la vie en France.

 

Cette expérience montre aussi que la vie spirituelle porte une place importante au sein de la mission, et qu’elle évolue au contact des partenaires locaux.

Ce fut le cas pour Emmanuelle et Mino, partis vivre quatre ans en famille à Madagascar. Il leur a fallu composer avec la pauvreté, la corruption, les cyclones, les demandes de disponibilité… Mais ce fut une belle expérience et « vivre l’Eglise universelle » est devenu le but de leur séjour. En effet, pour tous les envoyés, la motivation au départ évolue et change avec l’expérience sur place. Tous deux étaient envoyés au sein de l’Eglise luthérienne sur place : Emmanuelle dans un lycée pour enseigner le français, et Mino à la faculté de théologie.

 

Gaël s’est lui aussi rendu à Madagascar et cette expérience a eu également son poids dans sa spiritualité. Pour lui, « pas de points négatifs, mise à part l’administration ». C’était une « mission extraordinaire ». Ce bouddhiste a profité de son séjour, baigné dans le christianisme, pour lire la Bible. Cela lui a « renforcé [sa] foi ». Il a appris le français aux enfants d’un orphelinat : il voulait absolument venir en aide à des enfants en détresse et a été « heureux de pouvoir le faire ».

 

Dans l’ordre : Adélie, Emmanuelle, Mino, Gaël ©

En effet, au-delà de la spiritualité, la mission des envoyés tourne pour beaucoup autour de l’éducation et des enfants, de leur place dans la société civile. Ca été le cas de Sofia, qui s’est rendue à Madagascar, pour dix mois. Dans la Communauté des sœurs de Mamré, elle a vécu des expériences inoubliables. Elle a vu « de belles choses », et c’est celles-là qu’elle a décidé de partager avec le reste du groupe, en précédant son témoignage d’un chant appris lors de son séjour.

Michaël et Madeleine, qui sont allés en Tunisie, Eloïse en Egypte, et Gladys au Bénin, ont également effectué leur mission auprès d’enfants.

 

Cette dernière a travaillé pour le Centre social de Dangbo pour une mission autour de la nutrition des nourrissons, de l’encadrement des enfants et de l’aide aux devoirs. La mission a parfois été un peu dure à cause du décalage de culture et de la langue – elle a d’ailleurs appris un peu la langue locale. Ce séjour fut aussi l’occasion pour elle de faire preuve de polyvalence et d’effectuer d’autres missions.

 

Un autre cadre de mission est la santé : Vanessa, Adélie et Heidi ont apporté leur soutien à des hôpitaux baptistes du Cameroun.

Vanessa y a travaillé en tant qu’infirmière. Ce fut une expérience très enrichissante : elle a pu découvrir une Eglise baptiste très différente de celle de France, un autre système de santé, elle a eu des formations, a essayé d’instaurer des règles d’hygiène avec le personnel de l’hôpital…

 

Adélie a apporté pendant huit mois son appui à l’accompagnement de personnes séropositives et de personnes atteintes de la tuberculose à l’hôpital de Nkoteng. Etudiante en psychologie, elle a également participé à des campagnes de vaccination.

Elle a été impressionnée par la grande mixité de cette ville – le travail à la sucrerie de Nkoteng attirant beaucoup de monde des alentours. Rentrée aujourd’hui à Nantes, elle a décidé de reprendre les études, car ce voyage lui a fait réaliser qu’elle a encore beaucoup à apprendre.
La discussion a continué autour d’une soirée conviviale.

 

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Les envoyés pointent du doigt le pays où ils sont partis en mission ©

 

SE RÉINSÉRER DANS LE MONDE DU TRAVAIL APRÈS LA MISSION

 

Ce week-end a servi à mettre des mots sur les expériences diverses, non seulement pour savoir les raconter, mais aussi les valoriser, notamment dans la recherche d’emploi.

C’était le but de l’atelier « analyse personnelle et professionnelle » : aide les envoyés à savoir mettre en valeur leur expérience et faire ressortir les différents savoir-être et savoir-faire acquis.

 

Les envoyés ont ainsi pu effectuer un travail de « traduction » de leur mission pour apprendre à se « réinsérer » dans le monde du travail, en parlant de choses plus concrètes et en réalisant que leur mission n’était pas seulement une parenthèse. Ils doivent apprendre à mettre en avant tout ce qu’ils ont fait, et il n’est pas toujours évident de trouver les bons mots.

 

Ils étaient contents de ces deux journées : ils ont du mal à trouver des personnes prêtes à leur donner une écoute active, à échanger avec eux sur ce sujet, et surtout qui comprennent leurs efforts de réinsertion.

Ils ont pu ainsi trouver les bons mots, non seulement pour eux, mais aussi pour témoigner auprès de ceux qui n’ont pas vécu une telle expérience. Cela leur permet de pouvoir participer à des temps d’animation ou de témoignage dans des paroisses, qui, si elles sont intéressées, peuvent contacter l’équipe du Défap pour cela.

 

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Les envoyés et encadrants du Défap ©