Salomé : «Je voulais me rendre utile»

Salomé faisait partie des plus jeunes participant.e.s de la formation au départ dispensée en juillet dernier par le Défap. Diplôme de droit – études européennes en poche, armée de « mon livre, ma bonne humeur et mon énergie », elle part pour Madagascar, où elle va participer à l’accompagnement extra-scolaire d’enfants socialement défavorisés.

© Salomé pour Défap

 
Hello 🙂

Je suis Salomé et je viens tout juste de fêter mes 21 ans au moment où j’écris.

Je pars pour Madagascar en tant que VSCI avec en poche mon diplôme de droit – études européennes, mon livre, ma bonne humeur et mon énergie.

Je n’ai connu le Défap que très récemment mais ma volonté de partir et de m’engager dans ce monde qu’est la solidarité internationale a toujours été présente dans un coin de ma tête.

Après mon retour d’Erasmus, cette envie de repartir a été encore plus présente mais je ne voulais pas que cela soit dans un cadre scolaire. Je voulais faire quelque chose de concret, de différent, qui me permettrait d’être en contact avec d’autres, comme des enfants, mais je voulais aussi me rendre utile en mettant à profit mes compétences.

Apporter des sourires et de la joie aux enfants

Ce sont donc ces idées de partage, de soutien, d’accompagnement mais aussi de découverte qui m’ont poussée à m’investir dans une mission de solidarité internationale.

Oui, j’aime découvrir un nouveau pays, un nouveau mode de vie, une nouvelle culture mais j’apprécie aussi de partager mes connaissances et d’apporter des sourires et de la joie aux enfants. C’est surtout par l’animation que j’ai pu le réaliser et cela m’a alors paru logique de m’engager dans une mission axée vers les enfants et vers l’éducation.

Ma mission à Madagascar et plus précisément à Tana est donc évidemment en accord avec tout cela !

Cette mission en englobe en réalité deux : à la cantine scolaire de Mamré et à l’Orphelinat de Topaza.

Je me sens déjà beaucoup plus préparée

L’idée sera d’apporter aux enfants sur place un appui à la pratique du français, un accompagnement aux devoirs mais aussi un temps d’animation via des ateliers et activités ludiques. J’espère pouvoir mettre en place quelque chose autour du sport ou de la musique comme j’aime beaucoup ça.

J’aimerais surtout leur apporter de la bonne humeur, du positif et aussi de la rigolade… sans oublier l’école.

Avec cette formation au Défap, je me sens déjà beaucoup plus préparée et consciente de ce que représente une telle mission. J’ai beaucoup appris grâce à la variété des modules, aux nombreux intervenants et à toutes les réponses à mes questions parfois très nombreuses. Cette formation a été très riche en découvertes et en discussions avec les membres du Défap, mais aussi avec les autres volontaires. C’est tous ces partages, cette qualité de formation, ces rencontres et ces rires qui, malgré la fatigue parfois, ont rendu la formation vivante et très enrichissante.

J’en ressors remplie de bons souvenirs, de bons repas et de nouvelles connaissances.

Il ne me reste donc plus qu’à m’envoler jusqu’à Madagascar en gardant dans un coin de ma tête tout ce que j’ai appris durant ces 10 jours intenses !

À bientôt ! 😉

Salomé




De l’Alsace à Tananarive, l’odyssée des jeunes de la paroisse de Goxwiller

Entre Goxwiller et les villages d’Andranovelona et d’Ilafy, il y a près de 8500 km de distance. Mais déjà une histoire commune, celle qui unit un groupe de jeunes d’une paroisse du Bas-Rhin, entre la plaine rhénane et les forêts vosgiennes, et des enfants de la grande banlieue de Tananarive, la capitale malgache. Ils ne se sont jamais rencontrés. Et pourtant, les jeunes de la paroisse UEPAL de Goxwiller ont récolté des fonds, monté des dossiers afin de trouver des soutiens institutionnels pour se rendre à Madagascar, et ils ont déjà aidé à créer sur place une cantine et à mettre en chantier un dispensaire. De leur côté, les habitants d’Andranovelona et d’Ilafy ont lancé eux-mêmes les travaux pour créer les fondations et les murs du bâtiment, se sont groupés pour porter le sable destiné au mortier depuis la rivière la plus proche : c’est toute la population qui s’est mobilisée et qui se prépare à accueillir les jeunes Alsaciens. Le voyage aura lieu en juillet prochain, avec le soutien du Défap. Présentation par Lalie Robson-Randrianarisoa, pasteure de la paroisse de Goxwiller.

Les jeunes de la paroisse de Goxwiller lors d’une de leurs opérations destinées à financer leur projet © UEPAL, paroisse de Goxwiller

Comment est né ce projet ?

Lalie Robson-Randrianarisoa : À l’origine, on trouve une association créée dans la banlieue de Tananarive par des membres de la FJKM, l’Église réformée malgache : Akany Tia Zaza, « le foyer qui aime les enfants ». C’était en 2018 : la nouvelle équipe de moniteurs de l’école du dimanche de la paroisse d’Andranovelona-Ilafy constatait depuis quelque temps des absences inexpliquées parmi les enfants fréquentant l’école du dimanche. Leur groupe était passé de près de 300 à environ 200, ce qui était très inhabituel. Les moniteurs décidaient de lancer une enquête auprès de leurs familles. Et que leur disaient alors les parents ? « On ne peut plus vous envoyer nos enfants. Ils ont trop faim, ils n’ont pas d’habits, ils sont malades ».

Très touchée par cette situation qu’elle découvrait, l’équipe des moniteurs de l’école du dimanche décidait de constituer une association pour aider ces familles. Avec une idée simple, qui est aussi d’origine biblique : pas la peine d’essayer d’inculquer quoi que ce soit aux enfants si on ne les nourrit pas ; la foi sans les œuvres, ça n’a pas de sens. Et sitôt l’association créée, ses membres ont commencé à chercher des soutiens à Madagascar, mais aussi auprès d’Églises sœurs à l’étranger, jusqu’en Europe.

Comment s’est fait le contact avec la paroisse de Goxwiller ?

Par l’intermédiaire d’une de mes connaissances, qui m’a contactée en 2018 : je viens moi-même de Madagascar, et je connais une ancienne professeure de français très engagée dans de nombreux projets humanitaires, qui s’est déjà investie auprès d’enfants dans le Sud de Madagascar, et qui habite dans ce village. Elle a fait partie de l’équipe des moniteurs de l’école du dimanche d’Andranovelona-Ilafy. Comme elle fait de fréquents voyages en France, elle a pu venir nous présenter l’action de l’association Akany Tia Zaza. Et les jeunes de la paroisse ont décidé de s’impliquer. Ils ont voulu s’appeler « Les Baobabs » (1), avec l’idée d’aider, mais aussi d’aller sur place pour se rendre compte par eux-mêmes.

Le premier but d’Akany Tia Zaza était de fournir une meilleure alimentation aux enfants. Puis, l’association s’est mise à faire du soutien scolaire, a mis en place une mutuelle pour les familles : car dans les hôpitaux malgaches, les patients doivent tout payer de leur poche, depuis les analyses jusqu’aux médicaments. Mais bientôt, il y a eu un drame : une mort dans le village, par manque d’infrastructures de santé. Quand il y a besoin de soins, il faut se rendre à Tananarive même. Le village n’est qu’à 18 km de la capitale, mais l’état des routes est tel, et les embouteillages si importants, qu’il faut parfois plus de 3 heures pour rejoindre l’hôpital le plus proche. C’est ainsi qu’est née l’idée de construire un dispensaire. Pendant que, parallèlement, le besoin de s’organiser pour nourrir les enfants débouchait sur l’idée d’une véritable cantine scolaire.

Où en est le projet des « Baobabs » ?

Les jeunes de Goxwiller se sont très tôt impliqués pour chercher des subventions, organiser leur voyage : ils avaient prévu de récolter des fonds pour pouvoir se rendre à Madagascar à l’été 2021. Entretemps, il y a eu la pandémie de Covid-19 qui a tout retardé. Mais ils sont très motivés et ne se sont pas découragés. Ils ont multiplié les opérations : organisation de repas, ventes sur les marchés de Noël… Par leurs propres initiatives, ils ont récolté 14.000 euros pour leur voyage. Ils ont trouvé des soutiens. Dont celui du Défap, que je tiens à remercier pour sa confiance. Entretemps, ils ont continué à soutenir Akany Tia Zaza, qui a aujourd’hui l’appui de trois associations en Europe. Et le travail sur place commence à porter ses fruits : il y a désormais une cantine scolaire provisoire qui nourrit 360 enfants à raison de trois jours par semaine. Pour la plupart des enfants qui la fréquentent, c’est leur seul repas de la journée. Il y a aussi un soutien scolaire le samedi pour les enfants qui ont des examens. Mieux pris en charge et mieux nourris, les enfants sont plus concentrés en classe et apprennent mieux.

De leur côté, les habitants des villages ont été très touchés de cet intérêt que leur portaient des jeunes Européens, si loin de leur propre pays. Ils se sont impliqués collectivement pour aider à concrétiser le projet de dispensaire, qui sera la seule structure de santé pour tous les villages environnants. Ils ont uni leurs efforts pour couler les fondations, construire les murs… Grâce aux dons qui leur sont envoyés, ils ont pu commencer à s’équiper en matériel.

Le chantier du dispensaire © UEPAL, paroisse de Goxwiller

Quand est prévu le voyage ?

Du 7 au 22 juillet. Le principal objectif sera d’achever la création du dispensaire. Il s’agira aussi d’améliorer la cantine, qui est encore provisoire et qui a besoin de meubles. Mais au-delà, les jeunes de Goxwiller espèrent beaucoup apprendre de ce voyage. Échanger avec les Malgaches. Vivre avec eux. Ils comptent par exemple animer sur place un centre aéré éphémère, qui servira pour des moments ludiques mais aussi pour des formations, et dont le but sera surtout de créer du lien. Je les accompagnerai sur place et je ne leur ai rien caché de l’inconfort d’un tel séjour, mais ça ne les effraie pas : ils sont passés par l’étape du scoutisme et ils savent se débrouiller ! Ils ont déjà prévu de se partager en équipes entre le dispensaire, la cantine, le centre aéré…

Quand ils se sont lancés dans ce projet en créant « Les Baobabs », ces jeunes avaient pour la plupart autour de 14-15 ans. Aujourd’hui, ils sont adultes, ils ont pris des chemins différents : certains sont en fac ou dans une grande école, d’autres sont en apprentissage… Ils se préparent à devenir ingénieur, préparatrice en pharmacie, assistante sociale… Et pourtant, ce projet les unit toujours. Chacun s’y implique avec ses propres compétences. C’est un engagement fort pour eux tous qui va se concrétiser cet été. Ils espèrent, et j’espère avec eux, que ce projet ne s’arrêtera pas là, qu’il en sortira quelque chose de pérenne.

Quelles pourraient être les suites ?

Continuer à financer le projet, et revenir, peut-être d’ici deux ans, pour voir les résultats. Et au-delà de l’école, aider aussi à former les jeunes adultes. Akany Tia Zaza a déjà financé les études d’une jeune Malgache qui se destine à devenir sage-femme/infirmière. Elle achève sa formation l’année prochaine et a signé un contrat de 5 ans avec l’association pour travailler dans le dispensaire. Il y a aussi d’autres besoins sur lesquels nous voudrions intervenir. Par exemple, il y a des enfants du village qui sont obligés de travailler dans des carrières de pierres. Et leurs familles aussi… C’est un travail pénible et ces familles manquent de tout, de matériel, de vêtements, elles grelottent l’hiver… On ne peut pas forcément mettre fin à toutes les misères, mais on voudrait alléger leur fardeau : on a déjà prévu de leur apporter des vêtements lors de notre voyage de juillet.

Mais l’idée centrale, c’est vraiment de créer du lien, et notamment autour de ce qui nous rapproche le plus : l’évangile. Grâce au lien qui nous unit en Christ, la distance physique qui nous sépare est considérablement réduite. Il ne s’agit pas simplement d’aller faire de l’humanitaire, mais de vivre quelque chose ensemble. Comme il est dit dans Matthieu 25 : « toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites ». Nous voulons, à notre échelle, être des témoins de l’Église universelle. Je me souviens encore, en tant que pasteure, de ce qui m’a été dit le jour de mon ordination : « Vous aurez la tête dans le ciel, mais les pieds dans la boue ». Il y a une connexion directe entre le ciel et la terre. On ne peut pas se cantonner à la théologie en négligeant l’action ; et l’action sans la foi n’a plus de fondement.

Les habitants d’Andranovelona allant chercher du sable à la rivière pour le mortier destiné aux fondations du dispensaire © UEPAL, paroisse de Goxwiller

(1) Pourquoi ce nom ? « C’est parce que nous souhaitons nous rendre utiles à autrui que nous avons choisi de nous appeler les Baobabs », expliquent les jeunes de Goxwiller : « cet arbre à la silhouette très reconnaissable est aussi appelé « arbre de vie », car ses fruits comme ses feuilles sont comestibles et connus pour leurs propriétés médicinales, et son tronc absorbe l’eau et lui sert de réservoir ; un symbole de durabilité pour les humains et la biodiversité qui nous plaisait particulièrement ! »




Madagascar : soutenir l’éducation des enfants de Topaza

Ce centre d’accueil pour enfants, qui héberge, nourrit et éduque des orphelins, mais aussi des enfants de familles démunies, se trouve à Tananarive. La capitale malgache est en effet un des lieux où la pauvreté progresse le plus vite, et les enfants en sont les premières victimes. Le centre Topaza reçoit un soutien financier du Défap pour l’éducation de ses jeunes pensionnaires, et recevra l’an prochain l’appui d’un envoyé du Défap sous statut de VSI.

Enfants accueillis au centre Topaza © Topaza

Cinquième plus grande île du monde, disposant de ressources naturelles considérables et d’une biodiversité inégalée, Madagascar est pourtant encore aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres du monde. Selon le Programme des Nations unies pour le développement (le PNUD), les trois quarts des habitants sont pauvres : 75,2% de la population vit avec moins de 0,89 dollars par jour et 51,8% est en situation d’extrême pauvreté. À cela s’ajoute le fait que presque chaque année les cyclones, les sécheresses et autres aléas climatiques réduisent fortement ou même annihilent les progrès du développement durable. En se basant sur l’indice de développement humain, en 2024, Madagascar est classé au 177ème rang sur 191 pays étudiés.

C’est dans les villes que cette pauvreté se développe le plus. Si la grande pauvreté touche la plus grande partie des régions rurales, les zones urbaines, au premier rang desquelles la capitale Tananarive, sont elles aussi de plus en plus touchées : selon un rapport de la Banque mondiale de février 2024, en 10 ans, de 2012 à 2022, le taux de pauvreté urbaine est passé de 42% à 55%. À cela, diverses raisons : l’exode rural, qui pousse des populations démunies vers les villes où elles ne trouvent guère à subsister ; les crises politiques récurrentes aggravant la fragilité de l’île face aux chocs économiques… Exemple le plus frappant ces dernières années, la pandémie de Covid-19 s’est traduite par une crise sociale sans précédent.

Un bâtiment du centre © Topaza

Les enfants, premiers à pâtir des conséquences de la pauvreté

L’un des visages de cette pauvreté qui s’accroît dans les villes, ce sont les enfants des rues. Dans la seule capitale Tananarive, ils étaient près de 12 000 en 2015. Depuis la pandémie de Covid-19, toutes les ONG présentes sur place témoignent que leur nombre a nettement augmenté, mais faute de chiffres, impossible de savoir dans quelle proportion. Leur présence montre surtout que les enfants sont parmi les premiers à pâtir des conséquences de la pauvreté, qui mine les structures familiales, empêche l’accès aux soins, accroît le risque de déscolarisation.

Dans un pays dépourvu de structures de protection sociale, les Églises ont un rôle incontournable pour limiter les effets de la pauvreté ; et une partie de leur activité diaconale se manifeste à travers des centres pour enfants, qui peuvent accueillir des orphelins mais aussi des enfants de familles démunies, leur procurent un toit, de la nourriture, des soins et une éducation. C’est le cas, à Tananarive, du centre Topaza, œuvre de la FJKM (l’Église réformée, l’une des deux Églises avec lesquelles le Défap est en lien à Madagascar) fondée en 1945 et héritée de la Mission protestante française. Il reçoit des orphelins, des enfants abandonnés et aussi des « cas sociaux ». Il compte une cinquantaine de pensionnaires – à peu près autant de filles que de garçons – qui peuvent être accueillis depuis leur plus jeune âge et jusqu’à leur majorité.

Le centre Topaza bénéficie d’un soutien financier du Défap pour l’éducation de ses jeunes pensionnaires ; il accueillera aussi à partir de l’année prochaine un envoyé du Défap sous statut VSI (Volontaire de solidarité internationale) pour aider à l’enseignement. Il fait partie des nombreuses œuvres de communautés ou d’Églises malgaches ayant des liens réguliers et bénéficiant d’un soutien du protestantisme français : il a par exemple pu faire des travaux d’agrandissement avec l’appui de l’Entraide de l’Oratoire du Louvre, et a reçu un soutien pour reconstruire après des intempéries qui avaient détruit le bâtiment principal. Parmi les structures similaires régulièrement soutenues à Madagascar par le Défap, notamment à travers l’envoi de volontaires, on peut citer le centre Akanisoa, à Antsirabe, l’orphelinat Maso Hafa près de Tananarive, la communauté des sœurs de Mamré qui organise un accueil périscolaire et une cantine pour enfants démunis…

Une plaque témoignant de l’engagement du protestantisme français, apposée sur un bâtiment reconstruit après des intempéries © Topaza




Romain à Madagascar : construire un village pour les enfants des rues

« 2400 sourires », le projet de village d’enfants destiné à accueillir les plus fragiles et menacés, ceux qui sont à la rue, avance bien, porté par Romain. Dans cette lettre de nouvelles, il évoque le chantier, les constructions qui sortent de terre, mais aussi les rencontres avec les enfants des rues auprès desquelles il se rend, en compagnie de bénévoles venus prêter main-forte au projet.

Groupe d’enfants malgaches © Romain pour Défap

 

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Madagascar.
Après la formation Défap et un temps de congés en France, nous y retrouvons un quotidien bien rempli dans notre travail auprès des enfants des rues.

La construction d’un Village pour les enfants des rues : le chantier, débuté il y a un peu plus d’un an, bat son plein. Après avoir achevé la construction du mur d’enceinte du terrain (qui aura demandé 3 mois de travail à 100 ouvriers par jour), nous poursuivons la construction de la cantine, un local technique, le hall des sports/bâtiment administratif du Village et un grand travail de terrassement. Tous ces travaux de construction demandent beaucoup d’énergie, de temps et surtout de patience car il faut parfois revoir les délais d’avancement en fonction des possibilités de livraison des matériaux, des premières pluies arrivées plus tôt que prévues et qui rendent les routes difficilement praticables. Mais le chantier avance toujours !

Les bâtiments sortent de terre © Romain pour Défap

La venue de bénévoles : dès le mois de septembre, nous avons eu la joie d’accueillir plusieurs bénévoles venus de France pour prêter main forte au développement du projet. Ainsi, 14 personnes nous auront rejoints entre septembre et décembre :  9 personnes  venues servir auprès des enfants d’un centre de rééducation géré par l’administration pénitentiaire auprès duquel nous intervenons une fois par mois mais également pour participer à la mise en peinture de locaux ; un couple venu développer le scoutisme dans le village où nous résidons actuellement et construire un four à pain/pizza au « Village 2400 sourires » ; deux basketteuses professionnelles venues pour la création d’un terrain de basket-ball sur le site ; et enfin un autre bénévole qui nous a beaucoup prêté main-forte dans la mise en peinture des locaux existants.

Autant de personnes qui ont eu à cœur de soutenir en venant sur le terrain, laissant une belle empreinte de leur passage au Village en construction !

Romain (tout à droite de la photo) avec un groupe d’enfants malgaches et des soutiens du projet © Romain pour Défap

Les interventions auprès des enfants des rues : chaque mercredi, notre équipe part à la rencontre des enfants des rues qui attendent notre venue avec impatience ! Quelques heures auprès d’eux nous permettent de partager des moments forts de jeux, de sport, de chants, de danses (malgré la pluie qui s’invite parfois) et de leur offrir un repas (distribution de Koba, une farine alimentaire enrichie en vitamines et nutriments mais également parfois des beignets, sandwichs, etc. selon les dons que l’on reçoit de particuliers). Nos bénévoles participent avec nous à ce moment important dans notre agenda. Il s’agit toujours de moments intenses où l’on vient partager de l’amour et de la joie avec ces enfants et où on reçoit énormément aussi !

Une visite officielle de l’Etat : nous avons également eu la chance de recevoir la visite de Madame la Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle qui a tenu à venir découvrir sur place le développement du « Village 2400 sourires ». Nous avons pu lui présenter le projet et échanger sur notre souhait de créer quelque chose de durable pour ces enfants. Ce fut une visite encourageante pour toute l’équipe !

En résumé, des défis, parfois des doutes mais beaucoup d’encouragements qui permettent d’avancer et de ne pas oublier qu’aimer sauve toujours !
Pour en savoir plus, rdv sur notre site 2400sourires.org.

L’entrée du village © Romain pour Défap




Sarah à Madagascar : « C’est fantastique de pouvoir créer des liens »

Des nouvelles de Sarah, envoyée du Défap actuellement en mission d’animatrice et d’appui à l’enseignement du français au centre Akanisoa, qui regroupe une école et un orphelinat. Ses premières impressions après quatre mois passés sur place : une grande proximité avec les enfants.

Sarah au Défap, en juillet 2023, pendant la formation des envoyés © Défap

 

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Manao ahoana !

Déjà 4 mois que j’ai commencé ma mission. Je me sens bien à Antsirabe, je suis de plus en plus à l’aise pour me déplacer ou faire mes achats toute seule. J’arrive à m’habituer à ce nouveau rythme de vie où les journées commencent et se terminent plus tôt qu’en France.

Le début de semaine je suis hébergée au centre Akanisoa où je travaille et depuis le mois de décembre j’ai emménagé en colocation avec des Malgaches. Je passe donc la fin de semaine dans notre logement.

Tous les matins je travaille à l’école du centre, où j’aide les enseignantes pour l’apprentissage du français. Ensuite à la pause du midi je passe du temps avec les enfants de l’orphelinat. Puis les soirs où je suis à l’orphelinat je les aide avec leurs devoirs ou bien je passe juste du temps avec eux.

Sarah avec les enfants qu’elle accompagne au centre Akanisoa © Sarah pour Défap

J’ai toujours un peu de mal à prendre des initiatives que ce soit à l’école ou à l’orphelinat mais je m’y sens bien. Je suis à l’aise avec les enfants de l’orphelinat, certains osent de plus en plus à me parler en français. C’est vraiment fantastique de pouvoir créer des liens sans trop parler, seulement avec les sourires, les chatouilles, les jeux, les danses… Quelques enfants m’ont d’ailleurs appris à compter en malgache en jouant au Uno, et cherchent souvent à m’apprendre de nouveaux mots (ou me faire réviser ceux que je connais déjà).

Pendant les vacances de Noël, j’ai eu l’opportunité de partir sur la côte avec l’orphelinat. Le projet n’aurait pas pu se réaliser avec les finances du centre. J’ai alors mis en place une cagnotte et grâce à la générosité de beaucoup nous avons pu rendre le projet possible !

Les trajets étaient très longs et fatigants mais ça valait le coup. Nous sommes allés à la plage tous les jours, j’ai essayé d’apprendre à nager à certains, j’ai pu aussi prêter mes lunettes de piscine aux enfants pour qu’ils essayent de voir des poissons et des crabes. Nous avons passé de très bons moments, mangé de bons repas (et goûters) et vu de magnifiques paysages !

Paysage de Madagascar au cours d’une excursion © Sarah pour Défap




Armonie : «Qui es-tu, toi qui viens dans notre pays ?»

Armonie est partie pour une mission d’enseignement à Madagascar. Une mission qui a vu sa vie prendre une nouvelle direction, puisqu’elle a rencontré son mari sur place… Elle évoque les moments partagés avec les enfants en-dehors des cours et leur insatiable curiosité ; et ce qu’elle a découvert de la société malgache à travers eux : une société qui les oblige à grandir trop vite…

Armonie : « Qui es-tu, toi qui viens dans notre pays ? »


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Timothée : «Ça m’a ouvert les yeux sur certains aspects de ma culture»

Timothée a passé cinq ans en famille à Madagascar, où il était enseignant à l’Institut supérieur de théologie évangélique (ISTE) de Tananarive. Rapport au confort matériel, à la vie en communauté, au temps qui passe : ce séjour au long cours a beaucoup modifié ses conceptions, et a éclairé d’une lumière crue certains aspects de sa culture.

Timothée : « Ça m’a ouvert les yeux sur certains aspects de ma culture »


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Madagascar : sur la piste de la « Trive 1 »

Ce samedi 2 décembre la paroisse des Batignolles (Paris 17e) redécouvrait un pan de son histoire qui la relie depuis un siècle à la Grande île.
Claire-Lise Lombard et Faranirina Rajaonah lors de la conférence donnée le 2 décembre à la paroisse des Batignolles © EPUdF

 
En 1923, en pleine période coloniale, Jean Beigbeder partait, pour le compte des UCJG (Union chrétienne de jeunes gens), fonder à Antananarivo (Madagascar) un foyer pour les jeunes malgaches. Dans le même élan, il lançait la première troupe d’éclaireurs unionistes, la T[anana] rive 1. Jean Beigbeder, éducateur et commissaire national éclaireurs, appartenait à une famille enracinée dans la paroisse depuis trois générations.  

Film ci-dessous : Les éclaireurs unionistes à Madagascar / Marc-André Ledoux (1952) – Bibliothèque du Défap

 

Les initiateurs de l’événement, un groupe d’anciens de la Trive 1, avaient choisi cette date et ce lieu en prélude aux manifestations prévues à Madagascar en 2024. Culte, messages (officiels ou personnels), souvenirs et témoignages (beaucoup d’émotions pour les plus anciens !), conférence historique sur les Lettres de Tananarive (écrites par Jean Beigbeder entre 1923 et 1927 et conservées dans les archives du Défap), repas festif se sont succédé ce 2 décembre dans une ambiance de salade russe réussie.

Pari tenu pour les organisateurs : jeunes et vieux (de 12… à plus de 100 ans pour la doyenne !), scouts ou non, Malgaches ou Vazaha, venus « des quatre coins de l’horizon » hexagonal, se sont réjouis ensemble… d’une naissance qui continue à porter des fruits, en France – où la branche des Tily, les scouts unionistes malgaches, vit sa vie au sein des EEUdF – et à Madagascar – où les Tily eto Madagasikara tracent leur route.

Claire-Lise LOMBARD,
bibliothécaire du Défap

  

Revivez ci-dessous en vidéo l’intégralité des célébrations consacrées au centenaire de la « Trive 1 » à la paroisse des Batignolles, le 2 décembre 2023 (début de la conférence « Paris-Antananarivo, 1924 : sur la piste de la Trive 1 » vers 3:16:36)

 




Madagascar : la paroisse des Batignolles fête les 100 ans de la « Trive 1 »

Le 2 décembre 2023, la paroisse des Batignolles accueille la fête en avant-première du centenaire du premier groupe scout protestant de Madagascar. Une forme de retour aux sources : cette paroisse était celle de Jean Beigbeder avant son départ pour Tananarive, où il devait fonder en 1924 le mouvement des Éclaireurs unionistes malgaches. Mais cette célébration sera aussi l’occasion de rencontres autour de Madagascar… et de retrouvailles pour nombre de familles, françaises comme malgaches, aujourd’hui installées en France, dont l’histoire a été directement marquée par l’aventure de la « Trive 1 ».
L’affiche de la célébration à Paris du centenaire du premier groupe scout protestant de Madagascar

 

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Avant de devenir le fondateur du scoutisme unioniste à Madagascar en 1924, Jean Beigbeder avait déjà été l’une des premières figures du mouvement en France. C’est lui notamment qui, à Paris, avait créé dès 1912 la troupe de Clichy – troupe qui devait devenir Batignolles III en 1915. Et c’est à la paroisse de l’Église protestante unie des Batignolles que seront célébrés, le 2 décembre 2023, les cent ans du premier groupe scout protestant de Madagascar, la « Trive 1 ». Pendant que se préparent parallèlement sur la Grande Île les festivités du centenaire des Éclaireurs unionistes…

La « Trive 1 » : un groupe interculturel © Chrystel Raharijaona pour Défap

À Madagascar, de tels rendez-vous sont honorés avec faste. En 1964, la Poste malgache avait diffusé un timbre spécial à l’occasion du quarantième anniversaire. En 2004, lors de la cérémonie d’ouverture des 80 ans des scouts protestants organisée au Palais des sports et de la Culture, à Tananarive, le président de la République, qui était alors Marc Ravalomanana, leur avait promis deux cent millions de francs malgaches. Une enveloppe destinée à financer des projets de développement, répartie entre les principales composantes des scouts protestants, les « Tily eto Madagasikara » (les Éclaireurs) et les « Mpanazava eto Madagasikara » (les Éclaireuses), mais qui n’oubliait pas les scouts catholiques, les « Antilin’ny Madagasikara ». Il faut dire que les valeurs, ainsi que le rôle éducatif et social des scouts, bénéficient d’une excellente reconnaissance dans l’île. Le mouvement a contribué à préparer l’indépendance du pays. Lorsque Madagascar a connu de graves inondations en mars 1959, leur rôle dans l’assistance aux sinistrés leur a valu de recevoir une distinction honorifique de la part du président de la République, Philibert Tsiranana, pour leur « dévouement exceptionnel » et leur « abnégation totale devant le danger », leur action ayant « sauvé de nombreuses vies humaines ». Aujourd’hui encore, les « Tily » (les « sentinelles ») assument un rôle en faveur de « la promotion de l’engagement citoyen » et de « l’intégrité dans le processus démocratique » auprès de Transparency International Initiative Madagascar (TI-MG) ; ils ont signé une convention avec le Centre de Recherches et d’Appui pour les alternatives de Développement Océan Indien (CRAAD-OI) pour mieux comprendre et agir face au dérèglement climatique ; ils développent des projets en lien avec les ODD (les objectifs de développement durable des Nations unies)…

Membres de la « Trive 1 » © Chrystel Raharijaona pour Défap

La double culture de la « Trive 1 »

Si, historiquement, le mouvement scout catholique a été le premier créé dans l’île, devançant de quelques mois les scouts protestants, ces derniers ont connu un développement plus important. Lorsqu’il signa officiellement leur acte de naissance en 1924, Jean Beigbeder dirigeait à Tananarive le « Foyer », une section des Unions chrétiennes de jeunes gens (UCJG). Un lieu dont il devait bientôt chercher à faire un « espace franco-malgache », avec la possibilité pour des « jeunes » de différents âges, bridés dans leurs aspirations, d’accéder à la culture européenne, tout en participant à la valorisation de la leur propre. Cette recherche de la rencontre, palpable dans ses lettres de l’époque, donna aussi une coloration particulière à la « Trive 1 », le premier groupe scout protestant. Un groupe d’emblée marqué par « une double culture, avec des familles françaises et malgaches », souligne Chrystel Raharijaona, dont le père et avant lui, toute la famille paternelle a fait partie de la « Trive 1 » dès les années 30. Elle-même, engagée au sein des Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France (EEUdF), évoque « les liens affectifs forts, et les amitiés qui se sont créées » à travers ce groupe, par-delà les frontières culturelles. Un aspect qui a persisté après la « malgachisation » du mouvement scout dans l’île : la « Trive 1 » restait un groupe particulier, multiculturel, où l’on parlait français, tout en cultivant l’engagement fort du groupe et de ses membres au sein du mouvement des Tily Eto Madagasikara et plus largement, en prenant part au développement de Madagascar.
 

Film ci-dessous : « Tily Malagasy (Sentinelles Malgaches) » par les Éclaireuses et Éclaireurs unionistes de France (1951) – Archives départementales du Val-de-Marne. Commentaire rédigé par Faranirina Rajaonah, lu par Helimamy Esoavelomandroso et Claire-Lise Lombard.

Lors de sa création, la « Trive 1 » était le reflet du milieu dans lequel évoluait Jean Beigbeder à Tananarive : on y trouvait notamment « des enfants de familles bourgeoises, intellectuelles ou influentes », témoigne Chrystel Raharijaona. Et c’est « cette génération qui a dû se tenir debout pour contribuer à la période post-indépendance ». Le but du scoutisme étant de « faire grandir des enfants pour qu’ils deviennent des adultes intégrés, responsables, tenant leur place dans la société et voulant laisser un monde meilleur », au fil des années, « les membres de la « Trive 1″ ont pris des responsabilités, ont été des constructeurs. Ils ont pris des rôles dans la diplomatie, la santé, le social, l’armée, l’enseignement, les Églises, les arts et la culture… » Avec toujours le souci de « faire le pont avec la culture française tout en cultivant l’identité malgache ». Certains sont aussi venus étudier puis s’installer en France, avec la même volonté de s’impliquer et de construire.

« Z’oeil de chouette », pont entre les Éclaireurs de France et de Madagascar

Célébrer le centenaire de la « Trive 1 » aux Batignolles, pendant que Madagascar va fêter le centenaire du scoutisme unioniste malgache, est donc plus qu’un retour aux sources. Cette paroisse était celle de Jean Beigbeder avant qu’il ne parte à Madagascar – et la figure de « Z’oeil de chouette » (son surnom chez les Éclaireurs), ou « Rabeigy » chez les Malgaches, devenu par la suite le premier président du Scoutisme Français, est encore aujourd’hui un pont entre les Éclaireurs des deux pays. La célébration sera d’ailleurs marquée par une conférence donnée par les auteures des « Lettres de Tananarive – Jean Beigbeder à son père » : Faranirina Rajaonah, professeure émérite d’histoire à l’Université Paris Diderot et membre du Cessma (Centre d’Études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques), et Claire-Lise Lombard, responsable de la bibliothèque du Défap, en particulier chargée de la valorisation des archives de la Société des missions évangéliques de Paris (1822-1971). Mais au-delà, cette célébration sera aussi l’occasion de retrouvailles pour plusieurs générations, françaises comme malgaches, qui ont été marquées par l’histoire de la « Trive 1 ». Une histoire qui a directement influé sur le parcours de familles venues de Madagascar pour s’établir en France : nombre d’anciens de la « Trive 1 » sont aujourd’hui « membres de l’EPUdF et s’y sentent chez eux. D’autres sont engagés dans les Églises protestantes malgaches en France, témoigne Chrystel Raharijaona. Ils sont devenus membres actifs, conseillers presbytéraux ou pasteurs, parce que leur histoire et leur éducation les poussaient à s’engager, là où ils sont. »

« Lettres de Tananarive » : retrouvez ci-dessous une interview des auteures pour « Madagascar Media »




Samy et l’apprentissage de la patience

En septembre 2016, Samy arrivait à Madagascar comme envoyé du Défap. Octobre 2023 : il y est toujours… Entretemps, sa vie a pris de nouveaux chemins. Parti pour enseigner le français à des élèves dans un orphelinat, il en est venu au fil des ans à concevoir un projet bien plus ambitieux : un manuel de pédagogie. Madagascar a en effet deux langues officielles : le malgache (ou malagasy) et le français. Le malgache est la langue du quotidien ; le français, celle des procédures, des lettrés, de l’enseignement supérieur… Sans maîtrise du français, pas d’ascension sociale. la langue est pourtant peu et mal enseignée dans les écoles malgaches. La FJKM et la FLM, Églises partenaires du Défap, dispensent des cours de français aux élèves qui fréquentent leurs écoles, mais manquent de moyens, notamment pédagogiques. Un vide que Samy s’est employé à combler, avec le soutien du Défap… Mais, comme il le raconte dans cette « lettre de fin de mission », sept ans après son arrivée dans la Grande Île, s’il a beaucoup enseigné, il a aussi beaucoup appris. Et découvert sur lui-même.

Samy lors d’une session de formation © Samy pour Défap

 

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Les sept vies des « ça »

Ça déborde des quelques bacs à ordures dans la ville qui n’en sont que trop rarement débarrassés. Ça foisonne partout dans les rues, sur les trottoirs et dans la nature. Ça empeste et ça pollue. Ça, c’est tout ce que les Européens ou autres « développés » appellent des ordures, des déchets, des détritus. Mais ici, avant qu’on les relâche, il faut savoir qu’ils ont eu sept vies.

Quiconque vient à Madagascar est étonné de voir les longues rangées interminables de vendeurs de bibelots cassés, de bouteilles et pots en verre vides, de ferrailles en tout genre et autres camelotes. C’est qu’ici, il n’existe pas vraiment de poubelles puisqu’il n’existe pas vraiment de déchets.

Ce que nous appelons des déchets sont déchets-d’œuvre ici. Leurs objets d’artisanat sont faits de bouts de claquettes usées, de tubes de perfusion usagés ou du coton de pantalons troués. Les Malagasy ont élevé au rang d’art la réutilisation des déchets.

Vue d’une session de formation à l’usage du guide pédagogique développé par Samy © Samy pour Défap

 
Les Européens, les « développés », les riches, ont appris à ne se servir d’un objet que pour l’utilisation qu’on lui a donnée. À un enfant qui joue avec un carton comme cabane, on dit : « Ce n’est pas fait pour ça ! » et on le lui prend. Ici, les Malagasy ont bien compris la force créatrice du « ré-inventer ».

Ici, le journal n’est pas quotidien, il ne périme pas à la fin de sa journée, il se ressuscite en protège-cahier, en emballage de beignets et autres hors-d’œuvre de la rue.

Ici, les coques de pois de Bambara ou les morceaux de béton ne sont pas des débris, ce sont aussi des pions pour jouer dans la rue au « fanorona », jeu d’échecs du pays.

Ici, un pare-brise n’est pas que pour les voitures, c’est aussi la vitrine d’un vendeur pour protéger les beignets ou autre nourriture.

Ici, les feuilles des arbres ne sont pas que des feuilles, ce sont aussi l’isolant des toits ou des emballages de gâteaux traditionnels malagasy.

Ici, les conserves ne sont pas que des boîtes pour conserver la nourriture, ce sont les instruments de mesure nationale pour le riz ou les pois, ou encore des petites voitures avec des roues de bouchons de bouteille pour les petits enfants.

Ici, les sacs plastiques ne sont pas que des contenants, ce sont aussi des cerfs-volants de fortune attachés par quelques branches et épines, intrépides face au vent grâce à leur fil à recoudre.

Vue d’une session de formation à l’usage du guide pédagogique développé par Samy © Samy pour Défap

 
Tout objet a plusieurs vie, certains bien plus que les chats, avant de finir dans une décharge, qui sera encore, dépouillée de ce que l’on pourra encore en retirer. Et Madagascar est parfois une décharge à la taille d’un pays pour les Occidentaux qui se débarrassent de tout ce qui prend trop la poussière ; vêtements oubliés au fond du placard, manuel scolaire de latin, jouets défaillants et honte d’envoyer tout ça avec, sous une suie de bien-pensance et de bonne morale. Au lieu de culpabiliser d’avoir autant de déchets, on se donne bonne conscience de les « donner » à des plus nécessiteux que soi. Car bien souvent, ces objets sont bien plus jetés que donnés. Et Madagascar continue de les récupérer et de leur redonner des nouvelles vies.

À croire que Madagascar est un vaste dépotoir où il faudrait venir en seigneur pour y expliquer ce qu’il faudrait faire pour pouvoir la nettoyer de ces saletés. Car cela ne s’arrête pas aux déchets, mais ce sont aussi la culture, la façon de vivre, le « moramora » qui ont été dénigrés et remplacés.

Vue d’une session de formation à l’usage du guide pédagogique développé par Samy © Samy pour Défap

 

Être envoyé pour y apprendre

Encore et toujours, même depuis la fin du supposé colonialisme, des Européens, des Américains, des Japonais et tant d’autres de pays supposément développés viennent ici pour enseigner au Malagasy ce qu’ils doivent apprendre, ce qu’ils doivent faire et comment bien le faire. Mais moi, je me suis toujours demandé : et qu’est-ce qu’ils ont appris, eux, ici à Madagascar ? Est-ce qu’ils ont réussi à s’ouvrir assez pour apprendre à Madagascar ? Même lorsque je travaillais directement avec les enfants à Akanisoa, lorsque je leur enseignais le français, j’étais là à apprendre d’eux. J’apprenais ce que je ne savais plus en tant qu’adulte. Ce que la société m’avait appris à désapprendre. L’imagination, la joie simple du moment, la folie créatrice, le partage sans appréhension ni jugement. L’espace entier d’un moment, ne plus se soucier d’autre chose, ne pas avoir en arrière-pensée les choses que l’on doit faire après ou les règles qu’il faudrait suivre, mais simplement être présent. Avec eux, jouer ou apprendre, ou les deux en même temps, s’imprégner de son environnement et des personnes avec qui l’on est, participer et laisser libre cours à sa vivance. Beaucoup d’adultes vivent mais ne donnent que du morne autour d’eux.

Madagascar m’a appris et réappris bien plus que ça. Faire la liste complète de ce que j’y ai acquis dépasserait les deux pages imposées, cependant ce qui me vient en premier est le fait d’y être devenu pleinement un adulte et d’avoir retrouvé l’enfant en moi. De me sentir plein de mes différents « moi » qui peuvent s’exprimer librement selon le moment. L’adulte en qui on a confiance de donner des responsabilités et qui veut répondre à celles-ci et l’enfant qui retrouve ses jeux, les mots et de la complicité.

Vue d’une session de formation à l’usage du guide pédagogique développé par Samy © Samy pour Défap

 
J’ai essayé d’y vivre la sensation du temps cotonneux. Pas celui que l’on connaît en France et dont on ne donne qu’une certaine substance : cyclique et liquide. Ici, j’y ai appris que le temps peut être plus sirupeux et pourtant, on y prend goût quand on se laisse aller au « moramora ». Mais le temps peut aussi être celui, foudroyant, du non-retour, celui de l’instant gelé dont on se souviendra en brise froide. Vivre tous ces temps, les ressentir, permet d’apprendre ce que l’on ne connaît plus à force de courir sur place : la patience.

J’ai essayé d’y expérimenter la simplicité de la vie, contraire du confort, ce piège sournois et chaleureux qui touche tant de mes « congénères » qui se complaisent dans une vie qui ne leur donne qu’apparence et superficiel. J’ai dormi sur des « éponges » avec le dos collé à la dureté des planches, j’ai foulé du pied la nature au sol dur, j’ai sali mes doigts dans le charbon, j’ai lavé mes vêtements à la force de mes bras, j’ai tué de mes mains des poules pour en faire le prochain repas. J’ai vécu ce contact direct et parfois rude avec la vie, que les sociétés dites « développées » essayent de mettre à distance, distance de l’effort, distance de la souffrance, distance de la mort des animaux devenus nos viandes, distance du réel contact avec les autres où l’on se met en danger.

J’ai essayé d’y éprouver ce que cela fait d’être un « regardé ». Ne plus être un inconnu dans la rue, mais être un « différent » ou une proie au milieu des autres qui vous observent, qui vous épient, qui vous admirent. Et vous êtes absorbé par leur regard, vous êtes momentanément incapable de vous recentrer sur vos pensées parce que vous êtes interpellé par un cyclo-pousse, car un « vazaha » ne peut pas marcher à pied ; par des enfants ou adultes qui vous lancent des « vazaha » ou « bonjour vazaha » au mieux chaleureux, maladroits ; au pire moqueurs ; ou par ces regards inquisiteurs et qui vous jugent. Ce que je n’avais jamais pu sentir en France en tant qu’homme blanc hétérosexuel.

Vue d’une session de formation à l’usage du guide pédagogique développé par Samy © Samy pour Défap

 
J’ai essayé d’y apprendre à discerner l’apparence et la beauté. Les Malagasy portent un regard grave sur celles-ci et on pourrait les confondre. Est apparent ce que la société a donné comme possible à voir et à regarder ! Culte du corps, surtout féminin, et objectification de celui-ci. Le trait fin, l’absence de poil, ou plutôt leur épilation, et du far, du maquillage, des filtres, du « face play » pour cacher les rides, les impuretés, les boutons, pour apparaître selon le diktat de l’apparence. L’apparence de porter des vêtements coûteux, parfaitement lissés et immaculés le dimanche matin sans avoir de quoi manger le midi. La Beauté est, en opposition à l’apparence qui paraît, elle est, et reste toujours. Elle existe, quand l’apparence disparaît dans les rides et les vergetures, pourtant d’une beauté saisissante ! Elle est là dans les rides qui montrent les rires, dans un regard qui demande de la rigueur, dans les cicatrices, dans la différence. La Beauté existe dans chaque corps, pour qui sait regarder. Mais nous ne savons que rarement la voir.

J’ai essayé d’y parler, même si j’ai encore beaucoup de mal, ce langage particulier des Malagasy pour ne pas froisser les gens, un art de la conversation afin que chacun puisse rester digne en toutes circonstances, malgré ses torts ou ses maladresses.

Et il y a encore tellement de choses qu’offre une vie dans un nouveau pays et dont j’ai essayé de m’imprégner.

Et cette lettre de nouvelle de fin de mission n’est pas une lettre de fin puisque mon parcours ici continue et commence enfin à deux. Puisque ma « mission » va se poursuivre et le travail de formation et d’amélioration de la pédagogie et de l’enseignement dans les écoles primaires aussi. Je vais continuer à parcourir Madagascar pour y partager ce que j’ai appris et pour y apprendre à vivre.

Vue d’une session de formation à l’usage du guide pédagogique développé par Samy © Samy pour Défap

 




Madagascar : les défis de l’alternance

A Madagascar, les élections présidentielles sont systématiquement des moments de tension. Depuis l’indépendance, tous les changements à la tête du pays se sont faits hors des règles. L’approche de la présidentielle 2023 a été marquée par une série d’événements (manifestations, arrestations, destitution du président du Sénat…) qui ont poussé l’Union Européenne, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, la Corée et la Suisse à exprimer leurs préoccupations dans un communiqué commun déplorant un « climat politique tendu ». Mais que se passe-t-il vraiment dans la Grande Île ? Et quels sont les enjeux de ces tensions ? L’analyse de Christiane Rafidinarivo, politologue, chercheure invitée au Centre de recherche politique CEVIPOF (Sciences Po Paris).

Carte de Madagascar © Google Maps

Quelle est la situation aujourd’hui à Madagascar, à l’approche de la présidentielle ?

Christiane Rafidinarivo : Le premier tour de l’élection présidentielle a été reporté d’une semaine : il aura lieu le 16 novembre. Le deuxième tour étant, lui, maintenu au 20 décembre. Ce report a été décidé par la Haute Cour Constitutionnelle, et à la demande d’un candidat, Andry Raobelina : gravement blessé lors d’une marche organisée par le « Collectif des 11 », il a dû être évacué à l’étranger pour être soigné. Ce Collectif regroupe 11 des 13 candidats à la présidentielle, dont deux anciens présidents, Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina. Parmi ces autres candidats, certains sont aussi d’anciens leaders du parti d’Andry Rajoelina, président sortant et candidat à sa propre succession, qui a ainsi perdu une partie importante de ses soutiens politiques.

Que revendique ce Collectif ?

C.R. : Un assainissement du processus électoral avant les élections. Pour cela, le Collectif appelle à une concertation entre tous les candidats et les institutions. Mais Andry Rajoelina refuse. Pour appuyer ses revendications, le Collectif avait appelé à une série de rassemblements, qui tous s’étaient heurtés à des refus d’autorisation ou avaient été empêchés de se tenir. Des marches ont néanmoins été organisées, et le Collectif est devenu un mouvement politique qui mène désormais des actions dans les principales villes du pays – actions partout réprimées.

Vue de Tananarive, la capitale © Franck Lefebvre-Billiez pour Défap

Où en est le processus électoral ?

C.R. : Actuellement, Andry Rajoelina est le seul à faire campagne, les autres candidats s’y refusent tant que leur demande n’est pas prise en compte.

Quels ont été les déclencheurs de cette crise ?

C.R. : Il y a en premier lieu une dimension institutionnelle : la Constitution exige que les candidats aient la nationalité malgache. La presse a révélé récemment qu’Andry Rajoelina avait acquis la nationalité française en 2014, alors qu’il était à la tête de l’État. Dans le code de la nationalité malgache, il est inscrit que celui qui demande volontairement une nationalité étrangère perd la nationalité malgache (art. 42). Le « Collectif des 11 » conteste donc le certificat de nationalité produit par le président sortant dans son dossier de candidature à la présidentielle déposé auprès de la Haute Cour Constitutionnelle.

Une autre disposition de la Constitution requiert qu’un président sortant, lorsqu’il est candidat à la présidentielle, démissionne 60 jours avant le premier tour. Ce qu’a fait Andry Rajoelina. La présidence par intérim, qui se charge des affaires courantes, est normalement assurée par le président du Sénat. Mais celui-ci, Herimanana Razafimahefa, a rédigé une lettre de renonciation pour raisons personnelles. C’est une situation non prévue par la Constitution, et la Haute Cour Constitutionnelle a décidé, collégialement, de confier l’intérim au gouvernement. Le « Collectif des 11 »  considère qu’il s’agit là d’une forme de coup d’État institutionnel.

Mais par la suite, Herimanana Razafimahefa a fait des déclarations à la presse nationale et internationale, indiquant avoir agi sous pression et en ayant reçu des menaces de mort émanant de membres du gouvernement. Il soutient qu’il en a informé le président et les Nations-unies. Il s’est déclaré prêt à assumer la responsabilité de l’intérim, au vu de l’ampleur de la crise politique et institutionnelle. Après cet épisode, 15 sénateurs sur 18 se sont réunis, ont déclaré que le président du Sénat en exercice souffrait de déficience mentale et l’ont destitué. Dans la foulée, ils ont élu pour le remplacer Richard Ravalomanana – un général proche du président de la République, qui l’avait nommé sénateur quelques heures à peine avant de démissionner pour se porter candidat. Certains observateurs parlent là de deuxième coup d’État institutionnel.

La crise a acquis dès lors une dimension politique. La Haute Cour Constitutionnelle a reçu le « Collectif des 11 ». Au sortir de la réunion, il n’y a eu aucune déclaration. Ce que le Collectif met en avant, c’est la nécessité de trouver un accord politique pour la mise en place d’élections équitables, transparentes et reconnues par tous, au niveau national comme international. Pour cela, il faudrait que les juges ne se substituent pas aux politiques, que l’instance en charge des élections garantisse les mêmes droits à tous les candidats. A cela s’ajoute la nécessité de procéder à une vérification des listes électorales. Le Collectif met en outre en cause la Céni, la Commission électorale indépendante, composée essentiellement de proches du président sortant. Le Collectif demande que sa composition soit revue, ou qu’elle intègre des représentants des candidats dans l’organisation du processus électoral. Il continue à appeler à une table ronde regroupant tous les candidats, et toutes les parties prenantes du processus électoral.

Aujourd’hui, au vu de cette situation, de nombreux organismes de la société civile sont favorables à une large concertation.

Vue de Tananarive, la capitale © DR

Comment réagit la population malgache ?

C.R. : L’opinion publique va de surprise en surprise, ce qui suscite l’indignation, et provoque une crainte croissante pour beaucoup de voir la situation du pays s’aggraver. Madagascar est devenu au fil des années l’un des pays les plus pauvres du monde, et les Malgaches craignent de plus en plus que leurs enfants n’aient pas d’avenir. Ce qui empire à chaque crise politique. Les cycles de crise sont de plus en plus rapprochés, et le temps pour que l’économie du pays s’en remette est à chaque fois plus long.

Les Malgaches ont été privés de leur droit de vote pendant 5 ans, de 2009 à 2014. L’enjeu de cette élection présidentielle, c’est le droit de décider qui dirigera le pays dans la liberté et la transparence, par un processus démocratique équitable. Pour sortir du cycle des crises, la raison d’être d’une Constitution est précisément d’organiser et de garantir la possibilité d’une alternance politique.

Christiane Rafidinarivo,
Propos recueillis par Franck Lefebvre-Billiez

Le Défap à Madagascar
A Madagascar, le Défap est en lien avec deux Églises, la FJKM et la FLM, pour des activités tournant essentiellement autour de l’enseignement. La FJKM (Fiangonan’i Jesoa Kristy eto Madagasikara, en français Église de Jésus-Christ à Madagascar) est la plus grande Église protestante du pays. Elle revendique 3 500 000 membres, répartis dans 5 800 paroisses desservies par plus de 1 200 pasteurs. Quant à l’Église luthérienne malgache (en malgache : Fiangonana Loterana Malgache, FLM), elle revendique 3 millions de membres répartis dans 5 000 paroisses, desservies par 1 200 pasteurs.



Sarah : en mission au sein d’un orphelinat à Madagascar

La décision de Sarah de partir en mission à Madagascar répond à une envie de s’engager pour autrui qu’elle éprouvait depuis de nombreuses années. Direction : le centre Akanisoa, qui regroupe une école et un orphelinat.

Sarah au Défap, en juillet 2023, pendant la formation des envoyés © Défap

 

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Depuis de nombreuses années j’ai envie de travailler avec les enfants dans l’humanitaire. Mon désir premier était de devenir institutrice pour pouvoir enseigner et apporter de l’aide dans des régions du monde où l’éducation n’est pas accessible pour tous ou difficilement, ou avec peu de moyens. C’est plus tard que j’ai découvert l’animation et que j’ai eu l’opportunité de travailler en périscolaire et d’obtenir mon BAFA.

J’ai réalisé que l’animation me correspondait vraiment, j’aime être au contact des enfants, de créer des liens, être à leur écoute et surtout créer un cadre sécurisé où ils peuvent s’épanouir. Apporter des loisirs et des activités où l’enfant peut s’amuser, se lâcher, se dépenser. Ce qui me motive à partir c’est principalement l’envie d’apporter de la joie et de partager l’amour de Dieu aux enfants.

Sarah au Défap, en juillet 2023, pendant la formation des envoyés © Défap

Je vais donc partir en mission à Madagascar, au centre Akanisoa qui regroupe un orphelinat et une école.

Il accueille chaque rentrée scolaire depuis une dizaine d’années un volontaire en mission qui vient soutenir les activités des enseignants et intervenants et contribue ainsi à ce que l’éducation soit accessible à tous. Mes différents rôles seraient : aide aux devoirs et ateliers pour aider à la pratique orale du français; animations socio-éducatives et activités ludiques; accompagner des activités extrascolaires.

J’ai pu participer à la formation du Défap et je suis bien heureuse d’être venue. Le groupe était très diversifié et a été très vite soudé. J’ai pu écouter les témoignages de certains et partager quelques des miens, nous avons eu beaucoup d’échanges enrichissants. La formation en soit m’a apporté des clés pour mon voyage et des connaissances sur des sujets qui m’étaient inconnus ou peu connus. Ce séjour de dix jours était très enrichissant par son contenu et les liens tissés avec les autres envoyés, il est passé si vite ! Mon plus grand défi sera d’essayer de m’intégrer au mieux dans une culture très différente de la mienne.

Je prie que Dieu m’aide et me guide tout au long de cette mission. Que je puisse être à l’aise et confiante dans ce que je ferai. Je prie aussi pour ma santé et ma sécurité.

Maintenant il ne me reste plus beaucoup d’étapes et ce sera le grand départ !

Sarah au Défap, en juillet 2023, pendant la formation des envoyés © Défap