Lettre de Nouvelles : C’était une année forte en partage et en rigolade

C’est déjà la fin ou en tout cas fini au moment où j’écris cette lettre.

C’était, une année, forte en émotions, en découvertes, en changements et en souvenirs.

C’était des rires, des larmes, des rencontres, des discussions, des au revoir, mais surtout du bonheur.

C’était de la cuisine, des devoirs, des jeux, des sorties et des voyages.

Justement, en parlant de voyages, le 27 juin 2025, le voyage scolaire prévu à Mahajanga a commencé avec les enfants de la cantine grâce aux dons recueillis par la cagnotte en ligne et ceux des différentes paroisses. Départ très tôt le matin avec une soixantaine d’enfants tous excités comme des puces ! Le voyage en bus a été riche en chanson, musique, rire, dodo et aussi un peu en vomi haha. Evidemment, à Mada, rien ne se déroulant sans quelques péripéties, nous avons dû changer de lieu de camp. Le moral des enfants n’en a pas été plombé pour autant, ni celui des adultes au final, car c’était ça l’aventure.

Les activités ont été très variées :

  • Visite du Parc National d’Ankarafantsika avec les lémuriens
  • Grottes de Belobaka avec une descente dans une grotte à 16m de profondeur avec serpents et chauves-souris
  • Baignade à la plage du Grand Pavois et Petite Plage
  • Balade au Cirque Rouge
  • Construction de cerfs-volants, ballon au prisonnier, foot, …
  • Visite de la ville, Village Touristique, Ponton de mer
  • Parc aquatique avec toboggans et grandes piscines

Je suis vraiment reconnaissante d’avoir pu faire ce voyage avec eux, de les avoir découverts dans un autre environnement, d’avoir vu les étoiles s’allumer dans leurs yeux à chaque découverte, leur excitation pour leur 1ère fois dans la mer pour certains. Ce voyage nous a vraiment rapprochés en particulier avec les grandes filles de CM1 et cela a été encore plus dur de leur dire au revoir à tous à la fin.

En parlant de départ et d’au revoir, nous avons aussi dû expliquer aux enfants de l’orphelinat de Topaza que nous ne reviendrions pas l’année d’après. Cela n’a pas non plus été facile même si sur le moment, je n’ai pas vraiment réalisé. Nous nous sommes quand même bien amusés avec eux la dernière après-midi entre la chasse aux trésors, des jeux et un GROS goûter !

J’ai beaucoup pensé au départ, j’ai essayé de m’y préparer, mais rien à faire je ne l’ai pas super bien vécu. Le stress des derniers moments, des valises qui seront sûrement trop lourdes (ça a été le cas), la peur de ne pas avoir dit au revoir à tout le monde, profiter aussi, mais toujours avec un tic-tac du temps qui passe dans la tête. Heureusement qu’avec Léonie nous avons pu voyager une dernière fois ensemble dans le nord du pays à Nosy Be et Diego-Suárez, ça a été incroyable et ça m’a quand même bien occupé l’esprit et les yeux !

Au final,

C’était, une année, forte en partage, en rigolade avec les sœurs, en apprentissage.

C’était des rires, des larmes, des rencontres, des discussions, des au revoir, mais surtout du bonheur.

C’était de l’échange, de l’amour, et de grands sourires.

C’était des émotions, des découvertes, des changements et surtout des SOUVENIRS.

À bientôt,

Salomé 😉Télécharger la lettre




Volontariat de réciprocité : quand La Cause et le Défap se rejoignent

Dans cette émission, Julien Coffinet, directeur général de la Fondation La Cause, revient sur l’accueil d’un volontaire malgache en mission de réciprocité en 2024. Une expérience rendue possible grâce au Défap, qui ouvre depuis 2023 cette forme d’engagement à des partenaires du Sud. Éclairage sur les enjeux, les bénéfices et le sens d’un volontariat qui fait grandir toutes les parties prenantes.

Julien Coffinet au Défap

 

Volontariat de réciprocité : quand La Cause et le Défap se rejoignent

Courrier de Mission
Émission du 4 juillet 2025 sur Fréquence Protestante

 




Madagascar au fil des jours : ancrage local, rituels partagés et souvenirs précieux

Depuis six mois, Léonie vit une expérience de volontariat à Madagascar, partagée entre une cantine scolaire et un orphelinat. Si la routine s’est installée, les rencontres et les événements vécus, des ateliers de Pâques aux reboisements en pleine nature, ont laissé une empreinte forte. Elle nous livre ici un témoignage vivant, drôle et émouvant, à l’approche de son départ.

 

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Manao ahoana !

Cela paraît plus difficile d’écrire une lettre de nouvelles après six mois déjà passés ici à Mada, la découverte ayant laissé place à la routine. Mais en y repensant, depuis fin décembre, tellement de choses se sont passées !

À la cantine comme à l’orphelinat, le volontariat suit son cours. À la cantine, on continue de couper des légumes le matin et de prendre des élèves en soutien l’après-midi, avant de terminer la journée à Topaza pour donner des devoirs aux enfants et les corriger. Plutôt que de m’étaler sur ce que je fais depuis le début du volontariat à la cantine scolaire et à l’orphelinat, je vais vous raconter une anecdote pour chacun de ces deux points d’ancrage.

À Madagascar, quand arrive la saison des pluies commence la période des « reboisements », organisés par différentes associations. C’est assez drôle de voir l’importance que cela revêt pour de nombreuses personnes d’aller planter des arbres tandis que de nombreuses autres personnes font brûler la forêt, notamment pour récupérer du charbon. L’orphelinat a pris part à ce traditionnel reboisement, et j’ai donc eu la chance d’y prendre moi aussi part, à 2 reprises. La 1ère fois sur un immense terrain appartenant à la FJKM, à Andanona, où 10 000 arbres auraient été plantés (étant arrivée très tard dans la matinée, je n’en ai planté que 3, c’est pas énorme haha). La 2ème fois, c’était nettement différent, à part les adultes et les enfants et ados de Topaza, il devait y avoir à peine une vingtaine d’autres adultes, et nous avons planté des arbres fruitiers… dont les fruits seront justement récoltés pour l’orphelinat une fois les arbres suffisamment âgés pour en donner ! C’était super de prendre de l’air avec beaucoup plus de jeunes de Topaza que pour le 1er reboisement que nous avions fait, et qui plus est sur le terrain où est initialement né Topaza, bien loin de la capitale.
À la cantine scolaire, les semaines avant les vacances de Pâques ont été rythmées par la préparation des décorations de Pâques pour la salle, et autant vous dire qu’on a beaucoup rigolé. L’idée, c’était de faire peindre à chaque enfant un œuf de Pâques qu’on accrocherait ensuite dans la cantine à une grande corde pour qu’il y ait partout dans la cantine des œufs de Pâques qui flottent au-dessus des têtes des enfants. Sauf qu’ils sont une centaine à manger à la cantine, et qu’il fallait donc vider une centaine d’œufs pour en faire des omelettes, et ce sans les casser. Entre cette matinée de rires à souffler les œufs et l’atelier peinture des œufs par les enfants, cela reste sans doute mon meilleur souvenir de cette année passée à la cantine. Puisqu’il faisait très chaud et très beau, une fois que les grands avaient fini de peindre leurs œufs qui étaient déjà accrochés à la ficelle pour les pendre ensuite dans la cantine, ils se baladaient dehors avec leurs œufs comme si c’était un petit animal qu’ils promenaient, c’était vraiment trop drôle et surtout très mignon.

En dehors du volontariat, j’ai pris l’habitude d’aller voir des films à l’IFM, ce qui rend ma vie culturelle nettement plus développée à Tana qu’en France, je me suis essayée au padel et j’ai vécu la nuit la plus incroyable de ma vie. En effet, nous sommes allées avec notre ami Angelo, qui est entre autres reporter, à Mahamasina pour vivre le nouvel an Malagasy : « Taombaovao ». On était les seules vazaha présentes parmi des centaines de Malagasy, c’était hyper beau et émouvant de pouvoir assister à un tel événement, hyper nationaliste… auquel on n’aurait jamais pu assister sans Angelo.

Je finis de rédiger cette lettre en mai, et le déchirement de quitter en particulier les enfants et les jeunes de Topaza dans pas si longtemps que ça prend de plus en plus de place dans ma tête. En attendant j’essaie quand même de profiter le plus possible de chacun d’entre eux.

Léonie

 

 

 

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6 mois d’engagement solidaire : coordination, découvertes et apprentissages

Cela fait six mois déjà que Karnelia, volontaire en réciprocité, est responsable des actions de parrainage international au sein de la Fondation La Cause. Une mission intense et enrichissante qui l’a menée au cœur de la coopération avec plusieurs pays partenaires tout en lui offrant une découverte culturelle de la France. Retour sur une expérience humaine forte, entre solidarité et exploration.

 

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Durant ces six derniers mois au sein de la Fondation La Cause, j’ai encore eu l’opportunité d’exercer la fonction de responsable des actions de parrainage à l’international qui est à la fois stimulante et enrichissante. Cela m’a permis d’acquérir de nouvelles compétences et de renforcer mon engagement pour la cause des enfants qui ont besoin d’aide et de soutien.

J’ai été en lien permanent avec les structures partenaires de la Fondation situées à Madagascar, en Haïti, au Togo et au Cameroun. Il s’agissait de coordonner les actions de parrainage, de responsabiliser les directeurs locaux dans le suivi et l’accompagnement du bien-être des enfants parrainés, et d’assurer la qualité de notre collaboration. J’ai organisé des séances de bilan et d’évaluation mensuelles avec chaque structure, favorisant ainsi un suivi régulier et une dynamique d’amélioration continue. Une autre partie essentielle de mon travail a été la mise à jour des données des enfants et le suivi des informations transmises par nos partenaires. Cela a permis de fluidifier le travail entre les différents acteurs, de mieux organiser le parrainage, et d’assurer une continuité dans l’accompagnement des enfants.

Sur le plan personnel, c’est aussi l’occasion pour moi de découvrir la France et sa richesse culturelle. Installé en région parisienne, j’ai profité de mes temps libres pour me balader dans Paris, visiter ses monuments historiques, flâner le long de la Seine, et explorer plusieurs musées emblématiques comme le Louvre, le musée d’Orsay, etc.

J’ai aussi eu l’opportunité de voyager dans d’autres régions françaises, ce qui m’a permis d’apprécier la diversité du pays. L’une des expériences les plus marquantes a été ma visite à Strasbourg, une ville au charme unique mêlant culture française et allemande, avec son centre historique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, sa majestueuse cathédrale, et ses ruelles pittoresques. Ces moments de découverte m’ont permis de mieux comprendre la richesse culturelle de la France et m’ont profondément marqué.

Cette mission a donc été une expérience humaine, professionnelle et culturelle profondément marquante. Elle m’a permis de renforcer mes compétences professionnelles dans le domaine de l’action sociale et de m’engager encore plus fermement dans les actions de solidarité internationale.

Karnelia

 

 

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Service civique : engagez-vous pour l’éducation à Madagascar !

Madagascar

Mission de service civique de 9 à 11 mois

 

Postulez !

Contexte

Le centre Maso Hafa accueille une vingtaine d’enfants dans la banlieue d’Antananarivo et propose un service d’internat. La structure offre un lieu de rencontre pour les orphelins accueillis dans le centre et les enfants du quartier. Les activités se font en français afin de permettre aux enfants de se familiariser avec la langue qui est celle de l’enseignement secondaire et supérieur.

Dans le cadre du partenariat avec le Défap, Maso Hafa ouvre deux missions de volontariat de service civique afin de promouvoir les échanges interculturels et linguistiques.

Mission : promouvoir les échanges interculturels et linguistiques

  • Accompagner les enfants sur des temps de lecture et de familiarisation avec la langue française : aide aux devoirs, participation à des ateliers…
  • Contribuer au développement d’activités socio-éducatives et ludiques (jeux collectifs, chants, théâtre, musique) en fonction de ses compétences
  • Accompagner des activités extrascolaires (de plein air, sportives, culturelles…)
  • Participer à l’accueil et l’encadrement des enfants au sein de la structure.

 

Nb : Le cahier des charges et l’emploi du temps sont établis avec le tuteur local, en fonction des compétences et centres d’intérêt du volontaire, et peuvent être évolutifs tout au long de la mission.

Les bonnes raisons de s’engager sur cette mission

• Expérimenter une immersion dans la vie quotidienne des enfants accueillis au sein d’un centre social
• Développer des compétences relationnelles et des soft skills : aisance relationnelle, capacité d’adaptation, travail en équipe, créativité, prise d’initiative, force de proposition
• Développer des compétences en animation, planification, diagnostic/bilan de compétences et évaluation des acquis

En candidatant, merci de préciser l’intitulé de la mission et le pays concerné.

Je postule !

 




Service civique : soutenez la pratique du français à Madagascar

Madagascar

Mission de service civique de 9 à 11 mois

Postulez !

Contexte

Le centre Akanisoa, situé à Antsirabe, sur les hauts plateaux, regroupe un orphelinat et une école. Il accueille chaque rentrée scolaire depuis une dizaine d’année un volontaire en mission qui vient soutenir les activités des enseignants et intervenants et contribue ainsi à ce que l’éducation soit accessible à tous.

Mission : promouvoir les échanges interculturels et linguistiques

  • Aider aux devoirs, participer à des activités d’accompagnement à la lecture et à la conversation en français par une approche participative (pratique orale de la langue)
  • Participer à des animations socio-éducatives et des activités ludiques (jeux collectifs, chants, théâtre, musique..) en fonction de ses compétences
  • Accompagner des activités extrascolaires (de plein air, sportives, culturelles…)

 

Nb : Le cahier des charges et l’emploi du temps sont établis avec le tuteur local, en fonction des compétences et centres d’intérêt du volontaire, et peuvent être évolutifs tout au long de la mission.

Les bonnes raisons de s’engager sur cette mission

  • Expérimenter une immersion dans la vie quotidienne des enfants accueillis au sein d’un centre social
  • Développer votre créativité, votre aisance relationnelle et votre esprit d’équipe
  • Renforcer/acquérir des compétences en animation, planification, diagnostic/bilan de compétences et évaluation des acquis

En candidatant, merci de préciser l’intitulé de la mission et le pays concerné.

Je postule !

« Voir les attaches que j’ai avec les enfants d’Akanisoa, mes collègues de travail ou avec mes amis malgaches, sentir ces liens et ces nœuds, que l’on a tissés peu à peu, jusqu’à en faire des tresses ténues et solides, basées sur la confiance et le respect… »
Samy

« J’en ai retiré beaucoup de choses pour mes études : en matière de pédagogie, dans mon travail sur la langue, l’interculturel ; et aussi sur la communication non-violente. »
Mahieu




Service civique : apportez votre soutien aux enfants de Madagascar

Madagascar

Mission de service civique de 9 à 11 mois

 

Postulez !

Contexte

Deux missions de volontariat de service civique au sein de la communauté de Mamré et de l’orphelinat Topaza.

Le Défap collabore avec la communauté de Mamré sur des projets de développement et d’accompagnement des populations défavorisées du quartier d’Andohalo situé au centre-ville de Tananarive depuis plus de cinquante ans ; plus particulièrement la communauté est active auprès des enfants venant de familles nombreuses et démunies. La cantine scolaire de la communauté accueille chaque jour 80 à 100 enfants pour le repas de midi et des activités extrascolaires dans l’après-midi (repas, fêtes de fin d’année, accompagnement aux devoirs, activités ludiques, ateliers musique ou théâtre). Les activités se font en français afin de permettre aux enfants de se familiariser avec la langue qui est celle de l’enseignement secondaire et supérieur.

L’Église réformée de Madagascar (FJKM), partenaire du Défap, coordonne de nombreuses œuvres sociales réparties à travers le pays. La mission auprès de l’orphelinat de Topaza situé à Tananarive consiste à l’accompagnement des enfants accueillis (49 enfants de 0 à 18 ans).

L’enjeu se situe dans les échanges interculturels et linguistiques autant que dans la pratique du français : il s’agit de donner l’occasion d’échanger avec une personne de langue maternelle française et d’améliorer ainsi leur maîtrise du français, mais aussi de s’ouvrir mutuellement à d’autres méthodes d’apprentissage et à une culture différente.

Mission : promouvoir les échanges interculturels et linguistiques

  • Renforcer la maîtrise du français pour les enfants : aider aux devoirs, participer à des activités d’accompagnement à la lecture et à la conversation en français
  • Participer à des animations socio-éducatives et des activités ludiques (jeux collectifs, chants, théâtre, musique, atelier découverte de l’informatique…) en fonction de ses compétences
  • Accompagner des activités extrascolaires (de plein air, sportives, culturelles…)
  • Participer à l’accueil et l’encadrement des enfants au sein de la communauté
  • Aide à la cantine

 

Le cahier des charges et l’emploi du temps sont établis avec le tuteur local, en fonction des compétences et centres d’intérêt du volontaire, et peuvent être évolutifs tout au long de la mission.

Les bonnes raisons de s’engager pour cette mission

  • Devenir partie prenante d’un programme d’amélioration des conditions de vie sociales et psycho-affectives des enfants
  • Développer des compétences en animation et conception d’outils
  • Renforcer les capacités en : accompagnement, planification, diagnostic/bilan de compétences et évaluation des acquis

En candidatant, merci de préciser l’intitulé de la mission et le pays concerné.

Je postule !




Nomena et le volontariat : une nouvelle aventure !

De Madagascar à Paris, Nomena s’engage dans une mission de Volontariat de Solidarité Internationale avec le Défap. Entre communication, découverte culturelle et adaptation au monde du travail, il partage ses premiers pas dans cette aventure unique, faite d’apprentissage et d’ouverture.

Nomena et le volontariat : une nouvelle aventure ! Nomena

 

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Bonjour, je suis Nomena, j’ai 23 ans, je viens de Madagascar, et j’ai fait des études en Sciences Sociales Appliquées au Développement que j’ai terminées récemment.

Volontariat. Ceci est ma première expérience en tant que Volontaire de Solidarité Internationale. Envoyé par le Défap, ma mission consiste à aider la partie communication de la paroisse luthérienne de la Rédemption ainsi que celle du Défap pour une durée de 12 mois. L’objectif de ma mission est d’assister à la communication des deux structures, de gérer les contenus à publier : des podcasts, des annonces d’événements, des flyers, des illustrations.

Pendant ma mission, je ne suis pas que dans une, mais deux structures. Chacun a son style et sa stratégie de communication, mais les techniques sont presque similaires en ce qui concerne l’utilisation de logiciels de conception, d’illustration et de montage vidéo. De plus, cette mission m’a permis d’élargir les outils de conception illustrative qui sont à ma disposition. Ça peut paraître simple, mais c’est bien plus complexe que ça en a l’air. Le rôle de la communication ne se limite pas à créer des contenus de qualité et de quantité sur une page. La question de couverture médiatique est sujet à plusieurs critères tels que les tendances, les centres d’intérêt des internautes, les stratégies et domaines que la structure vise ainsi que les objectifs à court, moyen et long terme. Il y a tout un processus de réflexion et de prises de décision qu’il faut faire avant de pouvoir se lancer dans la création et la publication de contenus.

Les structures de mission sont toutes sympathiques, que ce soit du côté de La Rédemption ou celui du Défap. Leur accueil est très sympa. J’ai pu m’intégrer sans grande difficulté dans les deux structures. La seule difficulté est peut-être pour moi de faire la transition entre la fin des études et l’entrée dans le monde du travail. J’ai pu apprendre deux logiciels de création que sont Canva et Affinity Publisher (je m’actualise en tant qu’un habitué des suites Office et Adobe).

Il faut aussi savoir que pour pleinement profiter de mon volontariat, il est intéressant de bien pouvoir profiter de ces années ici en France. Comme il s’agit d’une mission de réciprocité et de solidarité internationale, il est intéressant de voir l’aspect multiculturel que je peux constater auprès de La Rédemption ainsi que du Défap. Je découvre la culture même de mes structures de mission, et en parallèle, la culture française. Aussi, je partage ma culture avec les autres (art culinaire, traditions, langues, etc).

Ma phase d’adaptation s’est déroulée de manière simple. Je n’ai pas vraiment éprouvé un très grand choc culturel, que ce soit sur les achats, les transports, les horaires, mis à part le fait qu’ici en France, tout est numérisé, même les paiements. C’était la seule difficulté que j’ai pu ressentir puisque je suis habitué à toujours payer en espèce. Les moyens de transports sont nombreux et ont chacun leurs points forts et points faibles (trajets, temps d’attente,…).

Mes premiers réflexes en arrivant à Paris étaient de me fixer des repères. Ces repères me servent à mieux m’orienter lorsque je veux faire des balades dans la ville. Une fois les repères fixés, mes déplacements à Paris sont moins frustrants. En théorie, je n’ai pas vraiment eu de souci pour me déplacer, mais le premier mois était compliqué en raison de l’achat cumulatif de tickets de transport que je prenais au fur et à mesure. Mais après des semaines d’attente et quelques petits sacrifices, j’ai fini par avoir un « pass Navigo » et je pouvais alors me déplacer librement et sans encombre (enfin, sauf pendant les contrôles).

Ce que je peux retenir de ce début de mission en tant que volontaire, c’est de pouvoir saisir toutes les possibilités qui peuvent nous arriver, ainsi que de développer une meilleure version de soi. La réciprocité et le statut de Volontariat de Solidarité Internationale, c’est aussi l’occasion de s’ouvrir au monde et à une nouvelle culture, de marcher dans l’inconnu et d’élargir ses horizons. C’est pourquoi ce volontariat, pour moi, est le début d’une nouvelle aventure.

Et pourquoi pas vous aussi, vouloir tenter cette aventure ?

Nomena

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Alexis de retour de Madagascar : « rentrer en France avec un tout nouvel état d’esprit »

Après une première en mission en Equateur qui lui a donné l’envie d’en réaliser une autre à Madagascar, Alexis est de retour et nous partage son expérience en tant qu’éducateur dans un orphelinat.

Retour d'Alexis de Madagascar

Alexis de retour de Madagascar : « rentrer en France avec un tout nouvel état d’esprit »

 

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Salomé : «Je voulais me rendre utile»

Salomé faisait partie des plus jeunes participant.e.s de la formation au départ dispensée en juillet dernier par le Défap. Diplôme de droit – études européennes en poche, armée de « mon livre, ma bonne humeur et mon énergie », elle part pour Madagascar, où elle va participer à l’accompagnement extra-scolaire d’enfants socialement défavorisés.

© Salomé pour Défap

 
Hello 🙂

Je suis Salomé et je viens tout juste de fêter mes 21 ans au moment où j’écris.

Je pars pour Madagascar en tant que VSCI avec en poche mon diplôme de droit – études européennes, mon livre, ma bonne humeur et mon énergie.

Je n’ai connu le Défap que très récemment mais ma volonté de partir et de m’engager dans ce monde qu’est la solidarité internationale a toujours été présente dans un coin de ma tête.

Après mon retour d’Erasmus, cette envie de repartir a été encore plus présente mais je ne voulais pas que cela soit dans un cadre scolaire. Je voulais faire quelque chose de concret, de différent, qui me permettrait d’être en contact avec d’autres, comme des enfants, mais je voulais aussi me rendre utile en mettant à profit mes compétences.

Apporter des sourires et de la joie aux enfants

Ce sont donc ces idées de partage, de soutien, d’accompagnement mais aussi de découverte qui m’ont poussée à m’investir dans une mission de solidarité internationale.

Oui, j’aime découvrir un nouveau pays, un nouveau mode de vie, une nouvelle culture mais j’apprécie aussi de partager mes connaissances et d’apporter des sourires et de la joie aux enfants. C’est surtout par l’animation que j’ai pu le réaliser et cela m’a alors paru logique de m’engager dans une mission axée vers les enfants et vers l’éducation.

Ma mission à Madagascar et plus précisément à Tana est donc évidemment en accord avec tout cela !

Cette mission en englobe en réalité deux : à la cantine scolaire de Mamré et à l’Orphelinat de Topaza.

Je me sens déjà beaucoup plus préparée

L’idée sera d’apporter aux enfants sur place un appui à la pratique du français, un accompagnement aux devoirs mais aussi un temps d’animation via des ateliers et activités ludiques. J’espère pouvoir mettre en place quelque chose autour du sport ou de la musique comme j’aime beaucoup ça.

J’aimerais surtout leur apporter de la bonne humeur, du positif et aussi de la rigolade… sans oublier l’école.

Avec cette formation au Défap, je me sens déjà beaucoup plus préparée et consciente de ce que représente une telle mission. J’ai beaucoup appris grâce à la variété des modules, aux nombreux intervenants et à toutes les réponses à mes questions parfois très nombreuses. Cette formation a été très riche en découvertes et en discussions avec les membres du Défap, mais aussi avec les autres volontaires. C’est tous ces partages, cette qualité de formation, ces rencontres et ces rires qui, malgré la fatigue parfois, ont rendu la formation vivante et très enrichissante.

J’en ressors remplie de bons souvenirs, de bons repas et de nouvelles connaissances.

Il ne me reste donc plus qu’à m’envoler jusqu’à Madagascar en gardant dans un coin de ma tête tout ce que j’ai appris durant ces 10 jours intenses !

À bientôt ! 😉

Salomé




De l’Alsace à Tananarive, l’odyssée des jeunes de la paroisse de Goxwiller

Entre Goxwiller et les villages d’Andranovelona et d’Ilafy, il y a près de 8500 km de distance. Mais déjà une histoire commune, celle qui unit un groupe de jeunes d’une paroisse du Bas-Rhin, entre la plaine rhénane et les forêts vosgiennes, et des enfants de la grande banlieue de Tananarive, la capitale malgache. Ils ne se sont jamais rencontrés. Et pourtant, les jeunes de la paroisse UEPAL de Goxwiller ont récolté des fonds, monté des dossiers afin de trouver des soutiens institutionnels pour se rendre à Madagascar, et ils ont déjà aidé à créer sur place une cantine et à mettre en chantier un dispensaire. De leur côté, les habitants d’Andranovelona et d’Ilafy ont lancé eux-mêmes les travaux pour créer les fondations et les murs du bâtiment, se sont groupés pour porter le sable destiné au mortier depuis la rivière la plus proche : c’est toute la population qui s’est mobilisée et qui se prépare à accueillir les jeunes Alsaciens. Le voyage aura lieu en juillet prochain, avec le soutien du Défap. Présentation par Lalie Robson-Randrianarisoa, pasteure de la paroisse de Goxwiller.

Les jeunes de la paroisse de Goxwiller lors d’une de leurs opérations destinées à financer leur projet © UEPAL, paroisse de Goxwiller

Comment est né ce projet ?

Lalie Robson-Randrianarisoa : À l’origine, on trouve une association créée dans la banlieue de Tananarive par des membres de la FJKM, l’Église réformée malgache : Akany Tia Zaza, « le foyer qui aime les enfants ». C’était en 2018 : la nouvelle équipe de moniteurs de l’école du dimanche de la paroisse d’Andranovelona-Ilafy constatait depuis quelque temps des absences inexpliquées parmi les enfants fréquentant l’école du dimanche. Leur groupe était passé de près de 300 à environ 200, ce qui était très inhabituel. Les moniteurs décidaient de lancer une enquête auprès de leurs familles. Et que leur disaient alors les parents ? « On ne peut plus vous envoyer nos enfants. Ils ont trop faim, ils n’ont pas d’habits, ils sont malades ».

Très touchée par cette situation qu’elle découvrait, l’équipe des moniteurs de l’école du dimanche décidait de constituer une association pour aider ces familles. Avec une idée simple, qui est aussi d’origine biblique : pas la peine d’essayer d’inculquer quoi que ce soit aux enfants si on ne les nourrit pas ; la foi sans les œuvres, ça n’a pas de sens. Et sitôt l’association créée, ses membres ont commencé à chercher des soutiens à Madagascar, mais aussi auprès d’Églises sœurs à l’étranger, jusqu’en Europe.

Comment s’est fait le contact avec la paroisse de Goxwiller ?

Par l’intermédiaire d’une de mes connaissances, qui m’a contactée en 2018 : je viens moi-même de Madagascar, et je connais une ancienne professeure de français très engagée dans de nombreux projets humanitaires, qui s’est déjà investie auprès d’enfants dans le Sud de Madagascar, et qui habite dans ce village. Elle a fait partie de l’équipe des moniteurs de l’école du dimanche d’Andranovelona-Ilafy. Comme elle fait de fréquents voyages en France, elle a pu venir nous présenter l’action de l’association Akany Tia Zaza. Et les jeunes de la paroisse ont décidé de s’impliquer. Ils ont voulu s’appeler « Les Baobabs » (1), avec l’idée d’aider, mais aussi d’aller sur place pour se rendre compte par eux-mêmes.

Le premier but d’Akany Tia Zaza était de fournir une meilleure alimentation aux enfants. Puis, l’association s’est mise à faire du soutien scolaire, a mis en place une mutuelle pour les familles : car dans les hôpitaux malgaches, les patients doivent tout payer de leur poche, depuis les analyses jusqu’aux médicaments. Mais bientôt, il y a eu un drame : une mort dans le village, par manque d’infrastructures de santé. Quand il y a besoin de soins, il faut se rendre à Tananarive même. Le village n’est qu’à 18 km de la capitale, mais l’état des routes est tel, et les embouteillages si importants, qu’il faut parfois plus de 3 heures pour rejoindre l’hôpital le plus proche. C’est ainsi qu’est née l’idée de construire un dispensaire. Pendant que, parallèlement, le besoin de s’organiser pour nourrir les enfants débouchait sur l’idée d’une véritable cantine scolaire.

Où en est le projet des « Baobabs » ?

Les jeunes de Goxwiller se sont très tôt impliqués pour chercher des subventions, organiser leur voyage : ils avaient prévu de récolter des fonds pour pouvoir se rendre à Madagascar à l’été 2021. Entretemps, il y a eu la pandémie de Covid-19 qui a tout retardé. Mais ils sont très motivés et ne se sont pas découragés. Ils ont multiplié les opérations : organisation de repas, ventes sur les marchés de Noël… Par leurs propres initiatives, ils ont récolté 14.000 euros pour leur voyage. Ils ont trouvé des soutiens. Dont celui du Défap, que je tiens à remercier pour sa confiance. Entretemps, ils ont continué à soutenir Akany Tia Zaza, qui a aujourd’hui l’appui de trois associations en Europe. Et le travail sur place commence à porter ses fruits : il y a désormais une cantine scolaire provisoire qui nourrit 360 enfants à raison de trois jours par semaine. Pour la plupart des enfants qui la fréquentent, c’est leur seul repas de la journée. Il y a aussi un soutien scolaire le samedi pour les enfants qui ont des examens. Mieux pris en charge et mieux nourris, les enfants sont plus concentrés en classe et apprennent mieux.

De leur côté, les habitants des villages ont été très touchés de cet intérêt que leur portaient des jeunes Européens, si loin de leur propre pays. Ils se sont impliqués collectivement pour aider à concrétiser le projet de dispensaire, qui sera la seule structure de santé pour tous les villages environnants. Ils ont uni leurs efforts pour couler les fondations, construire les murs… Grâce aux dons qui leur sont envoyés, ils ont pu commencer à s’équiper en matériel.

Le chantier du dispensaire © UEPAL, paroisse de Goxwiller

Quand est prévu le voyage ?

Du 7 au 22 juillet. Le principal objectif sera d’achever la création du dispensaire. Il s’agira aussi d’améliorer la cantine, qui est encore provisoire et qui a besoin de meubles. Mais au-delà, les jeunes de Goxwiller espèrent beaucoup apprendre de ce voyage. Échanger avec les Malgaches. Vivre avec eux. Ils comptent par exemple animer sur place un centre aéré éphémère, qui servira pour des moments ludiques mais aussi pour des formations, et dont le but sera surtout de créer du lien. Je les accompagnerai sur place et je ne leur ai rien caché de l’inconfort d’un tel séjour, mais ça ne les effraie pas : ils sont passés par l’étape du scoutisme et ils savent se débrouiller ! Ils ont déjà prévu de se partager en équipes entre le dispensaire, la cantine, le centre aéré…

Quand ils se sont lancés dans ce projet en créant « Les Baobabs », ces jeunes avaient pour la plupart autour de 14-15 ans. Aujourd’hui, ils sont adultes, ils ont pris des chemins différents : certains sont en fac ou dans une grande école, d’autres sont en apprentissage… Ils se préparent à devenir ingénieur, préparatrice en pharmacie, assistante sociale… Et pourtant, ce projet les unit toujours. Chacun s’y implique avec ses propres compétences. C’est un engagement fort pour eux tous qui va se concrétiser cet été. Ils espèrent, et j’espère avec eux, que ce projet ne s’arrêtera pas là, qu’il en sortira quelque chose de pérenne.

Quelles pourraient être les suites ?

Continuer à financer le projet, et revenir, peut-être d’ici deux ans, pour voir les résultats. Et au-delà de l’école, aider aussi à former les jeunes adultes. Akany Tia Zaza a déjà financé les études d’une jeune Malgache qui se destine à devenir sage-femme/infirmière. Elle achève sa formation l’année prochaine et a signé un contrat de 5 ans avec l’association pour travailler dans le dispensaire. Il y a aussi d’autres besoins sur lesquels nous voudrions intervenir. Par exemple, il y a des enfants du village qui sont obligés de travailler dans des carrières de pierres. Et leurs familles aussi… C’est un travail pénible et ces familles manquent de tout, de matériel, de vêtements, elles grelottent l’hiver… On ne peut pas forcément mettre fin à toutes les misères, mais on voudrait alléger leur fardeau : on a déjà prévu de leur apporter des vêtements lors de notre voyage de juillet.

Mais l’idée centrale, c’est vraiment de créer du lien, et notamment autour de ce qui nous rapproche le plus : l’évangile. Grâce au lien qui nous unit en Christ, la distance physique qui nous sépare est considérablement réduite. Il ne s’agit pas simplement d’aller faire de l’humanitaire, mais de vivre quelque chose ensemble. Comme il est dit dans Matthieu 25 : « toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites ». Nous voulons, à notre échelle, être des témoins de l’Église universelle. Je me souviens encore, en tant que pasteure, de ce qui m’a été dit le jour de mon ordination : « Vous aurez la tête dans le ciel, mais les pieds dans la boue ». Il y a une connexion directe entre le ciel et la terre. On ne peut pas se cantonner à la théologie en négligeant l’action ; et l’action sans la foi n’a plus de fondement.

Les habitants d’Andranovelona allant chercher du sable à la rivière pour le mortier destiné aux fondations du dispensaire © UEPAL, paroisse de Goxwiller

(1) Pourquoi ce nom ? « C’est parce que nous souhaitons nous rendre utiles à autrui que nous avons choisi de nous appeler les Baobabs », expliquent les jeunes de Goxwiller : « cet arbre à la silhouette très reconnaissable est aussi appelé « arbre de vie », car ses fruits comme ses feuilles sont comestibles et connus pour leurs propriétés médicinales, et son tronc absorbe l’eau et lui sert de réservoir ; un symbole de durabilité pour les humains et la biodiversité qui nous plaisait particulièrement ! »




Madagascar : soutenir l’éducation des enfants de Topaza

Ce centre d’accueil pour enfants, qui héberge, nourrit et éduque des orphelins, mais aussi des enfants de familles démunies, se trouve à Tananarive. La capitale malgache est en effet un des lieux où la pauvreté progresse le plus vite, et les enfants en sont les premières victimes. Le centre Topaza reçoit un soutien financier du Défap pour l’éducation de ses jeunes pensionnaires, et recevra l’an prochain l’appui d’un envoyé du Défap sous statut de VSI.

Enfants accueillis au centre Topaza © Topaza

Cinquième plus grande île du monde, disposant de ressources naturelles considérables et d’une biodiversité inégalée, Madagascar est pourtant encore aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres du monde. Selon le Programme des Nations unies pour le développement (le PNUD), les trois quarts des habitants sont pauvres : 75,2% de la population vit avec moins de 0,89 dollars par jour et 51,8% est en situation d’extrême pauvreté. À cela s’ajoute le fait que presque chaque année les cyclones, les sécheresses et autres aléas climatiques réduisent fortement ou même annihilent les progrès du développement durable. En se basant sur l’indice de développement humain, en 2024, Madagascar est classé au 177ème rang sur 191 pays étudiés.

C’est dans les villes que cette pauvreté se développe le plus. Si la grande pauvreté touche la plus grande partie des régions rurales, les zones urbaines, au premier rang desquelles la capitale Tananarive, sont elles aussi de plus en plus touchées : selon un rapport de la Banque mondiale de février 2024, en 10 ans, de 2012 à 2022, le taux de pauvreté urbaine est passé de 42% à 55%. À cela, diverses raisons : l’exode rural, qui pousse des populations démunies vers les villes où elles ne trouvent guère à subsister ; les crises politiques récurrentes aggravant la fragilité de l’île face aux chocs économiques… Exemple le plus frappant ces dernières années, la pandémie de Covid-19 s’est traduite par une crise sociale sans précédent.

Un bâtiment du centre © Topaza

Les enfants, premiers à pâtir des conséquences de la pauvreté

L’un des visages de cette pauvreté qui s’accroît dans les villes, ce sont les enfants des rues. Dans la seule capitale Tananarive, ils étaient près de 12 000 en 2015. Depuis la pandémie de Covid-19, toutes les ONG présentes sur place témoignent que leur nombre a nettement augmenté, mais faute de chiffres, impossible de savoir dans quelle proportion. Leur présence montre surtout que les enfants sont parmi les premiers à pâtir des conséquences de la pauvreté, qui mine les structures familiales, empêche l’accès aux soins, accroît le risque de déscolarisation.

Dans un pays dépourvu de structures de protection sociale, les Églises ont un rôle incontournable pour limiter les effets de la pauvreté ; et une partie de leur activité diaconale se manifeste à travers des centres pour enfants, qui peuvent accueillir des orphelins mais aussi des enfants de familles démunies, leur procurent un toit, de la nourriture, des soins et une éducation. C’est le cas, à Tananarive, du centre Topaza, œuvre de la FJKM (l’Église réformée, l’une des deux Églises avec lesquelles le Défap est en lien à Madagascar) fondée en 1945 et héritée de la Mission protestante française. Il reçoit des orphelins, des enfants abandonnés et aussi des « cas sociaux ». Il compte une cinquantaine de pensionnaires – à peu près autant de filles que de garçons – qui peuvent être accueillis depuis leur plus jeune âge et jusqu’à leur majorité.

Le centre Topaza bénéficie d’un soutien financier du Défap pour l’éducation de ses jeunes pensionnaires ; il accueillera aussi à partir de l’année prochaine un envoyé du Défap sous statut VSI (Volontaire de solidarité internationale) pour aider à l’enseignement. Il fait partie des nombreuses œuvres de communautés ou d’Églises malgaches ayant des liens réguliers et bénéficiant d’un soutien du protestantisme français : il a par exemple pu faire des travaux d’agrandissement avec l’appui de l’Entraide de l’Oratoire du Louvre, et a reçu un soutien pour reconstruire après des intempéries qui avaient détruit le bâtiment principal. Parmi les structures similaires régulièrement soutenues à Madagascar par le Défap, notamment à travers l’envoi de volontaires, on peut citer le centre Akanisoa, à Antsirabe, l’orphelinat Maso Hafa près de Tananarive, la communauté des sœurs de Mamré qui organise un accueil périscolaire et une cantine pour enfants démunis…

Une plaque témoignant de l’engagement du protestantisme français, apposée sur un bâtiment reconstruit après des intempéries © Topaza