Deviens un héros : en route pour toute la France !

La dernière session de formation des animateurs pour l’exposition « Deviens un héros » a eu lieu au cours du week-end des 3 et 4 juin au siège du Défap. Les participant.es ont pu découvrir les trois modules existants (le groupe, les stéréotypes et la discrimination) afin d’être en mesure de les animer pour un groupe. Désormais, cet outil de sensibilisation à la lutte contre les discriminations va pouvoir essaimer partout en France.

Participants à la formation des 3 et 4 juin pour l’exposition interactive « Deviens un héros » © Défap/EPUdF

Avec l’Église protestante unie de France, nous avons animé ce week-end au Défap une formation à la super exposition « Deviens un héros ». La qualité de cette dernière a été extrêmement appréciée par les participant.e.s, bravo aux EUL qui l’ont créée. Ces deux jours ont été riches en réflexions et en rencontres.

Grâce à ces nouveaux animateurs et nouvelles animatrices formé.e.s, l’exposition va pouvoir être vécue aux quatre coins de la France (ou presque) !

« Deviens un héros » , c’est bien plus qu’une exposition : c’est une animation interactive, destinée aux jeunes de 12 à 18 ans, et c’est surtout un outil pédagogique qui les amène à s’interroger sur leur façon de vivre, avec les autres et dans le monde, face aux peurs, aux tentations de repli et aux risques de dérives de nos sociétés. Le concept en a été développé depuis plusieurs années en Alsace, à Neuwiller-les Saverne, à l’initiative des EUL (les Équipes Unionistes Luthériennes). Le Défap et le Service Catéchèse de la région parisienne de l’EPUdF vous proposent désormais d’y participer.

Comprendre les mécanismes à l’origine des tentations de repli

Pendant la formation des animateurs, dans la chapelle du Défap © Défap/EPUdF

Pour contribuer à une société plus juste, apaisée, où chaque personne puisse être reconnue, il faut comprendre les mécanismes à l’origine des tentations de repli. Et mettre des mots sur les maux qui menacent nos sociétés. Qu’est-ce, par exemple, qu’un préjugé ? Un stéréotype ? D’où viennent-ils et comment se manifestent-ils ? Qu’est-ce qu’une discrimination ? Un harcèlement ? Autant de sujets lourds mais mis en scène de manière ludique à travers cette exposition interactive. Avec l’idée, non pas d’apporter des réponses toutes faites, mais de susciter un échange et d’amener les participants à réfléchir sur les thématiques présentées. Pour leur permettre de devenir de véritables héros du quotidien, ayant développé leur propre réflexion et leurs propres « super-pouvoirs » afin de s’engager contre les discriminations…

« Deviens un héros » a déjà été présenté en région parisienne auprès de participants de diverses paroisses, mais cette exposition interactive a vocation à essaimer. Pour des journées paroissiales, des week-ends caté, des camps… Pour l’animer, une formation est nécessaire. D’où la session du week-end dernier. Si vous êtes vous-mêmes intéressé.e.s pour être formé.e.s vous pouvez contacter Marion à marion.heyl@epudf.org.

Les futurs animateurs pendant la session de formation au Défap © Défap/EPUdF




25-26 juin : une nuit pour prier pour les victimes de la torture

L’Assemblée générale des Nations unies a proclamé la date du 26 juin Journée internationale de soutien aux victimes de la torture, afin d’assurer l’application de la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Il s’agit donc d’une date clé pour le mouvement international de l’ACAT. L’idée de la Nuit des Veilleurs, lancée en 2006, est de créer une chaîne internationale de personnes se recueillant pour les victimes. Partout dans le monde, les chrétiens sont appelés à veiller en soutien à quelques-unes d’entre elles. Lors d’événements organisés près de chez eux, ou seuls en tout autre lieu, ils accompagnent les actions de plaidoyer et les relaient jusqu’au cœur de Dieu, dans une nuit où la prière se fait cri. Un cri mobilisateur.

Dans le cadre de la Journée de l’ONU de soutien aux victimes de la torture (le 26 juin), l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT) vous invite à participer à la 18eme édition de la Nuit des veilleurs.

Rejoignez des chrétiens de toutes confessions et de tous les continents pour devenir veilleurs, au cours d’une nuit de prières, à l’intention de ceux qui, partout dans le monde, sont torturés. Cette chaîne de prière mondiale aura pour thème « Prier au cœur de l’Action ». Pour rejoindre le mouvement, l’ACAT vous propose une liste de rencontres locales, en présentiel ou en ligne, ainsi que des ressources si vous voulez allumer une bougie virtuelle ou créer vous-même un événement.

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Ajoutez votre bougie virtuelle sur le site de la Nuit des veilleurs

Cette chaîne de prière mondiale est un événement œcuménique unique, une action tout à la fois individuelle et collective.

Depuis 2006, ce sont plus de 180 défenseurs et défenseures des droits qui ont été mis en valeur et soutenus par les membres ou des sympathisants de l’ACAT-France.

Pour l’édition 2023, les victimes d’injustices et de tortures que l’ACAT-France soutient sont Floriane Irangabiye, Jean-Rémy Yama, Kenia Hernandez, Yonny Ronay, Prageeth Eknaligoda, Nguy Thi Khanh, Jalal,Abdullah, Yousef, Hassan, Ali Jaffar,Jawad, Ali Hassan, Mahdi, Mohamed Ramadan et Hussein Ali Moosa.

Elles sont menacées, battues, emprisonnées, mises au secret, pour leurs engagements politiques, leurs convictions, leur volonté de défendre les plus démunis, au péril de leur vie.

Le 26 juin, soutenez les, dites-leur qu’on ne les oublie pas, priez pour elles et pour eux, et écrivez-leur.




Jonas et la liberté du chrétien

Jonas Zame fait partie des chercheurs en congé-recherche en France, dont les travaux en théologie sont soutenus par le Défap. Venu de Côte d’Ivoire et menant ses recherches à l’Institut Protestant de Théologie à Montpellier, il sonde l’œuvre de Jürgen Moltmann et s’attache à la question de la liberté du chrétien. Une liberté qui trouve son fondement dans l’abaissement volontaire de Dieu par amour pour l’humanité : la kénose.

Jonas et la liberté du chrétien


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Envoyés du Défap : se former avant le grand départ

Prévue en cette année 2023 du 3 au 13 juillet, la session de formation est l’aboutissement de toute une année : à la fois pour les futurs envoyés, dont la procédure de recrutement s’étale sur plusieurs mois, et pour le personnel du Défap, largement mobilisé en amont et pendant cette période de préparation au départ. C’est aussi un moment crucial d’échanges entre les futurs envoyés, qui ont là l’occasion de passer deux semaines ensemble, mais aussi d’interroger leurs motivations et de réfléchir à la manière dont ils se projettent dans leur future mission. Deux semaines qui annoncent un changement radical, sachant qu’on revient toujours changé de l’expérience du volontariat…
Photo prise lors de la session 2022 de la formation des envoyés du Défap : premiers échanges dans le jardin… © Défap

 

Les derniers arbitrages ont eu lieu le 22 juin, lors de la dernière réunion de la Commission Échange de personnes (CEP), qui reçoit les futurs envoyés du Défap et statue sur leur candidature. Pour la session de formation 2023 des envoyés, seront présents une douzaine de candidats pour des missions de VSI (Volontaires de Solidarité Internationale), 3 volontaires pour des missions de Service civique ainsi que des pasteurs avec leur conjoint, soit 17 participants. Ils et elles devraient bientôt partir aux Antilles, au Cameroun, au Liban, à Madagascar, en Tunisie, en Égypte, à Djibouti, au Laos, au Tchad, au Sénégal ; essentiellement pour des missions dans les domaines de la santé, de l’éducation ou encore de l’enseignement de la langue française. Mais avant, toutes et tous vont se retrouver à partir du 3 juillet au 102 boulevard Arago, à Paris, pour une session courte, mais intense, de deux semaines, au cours de laquelle ils participeront à la période-clé que constitue la formation.

Période-clé pour les futurs envoyés, car elle représente un moment privilégié pour apprendre à mieux connaître le Défap en y logeant tous ensemble pendant un peu plus d’une dizaine de jours ; mieux connaître l’équipe des permanents, et pouvoir mettre des noms et des visages sur des fonctions ; mieux se connaître entre eux et partager un temps privilégié avant le grand départ, à l’automne… Ainsi, au-delà des thématiques abordées lors des présentations ou des ateliers, il y a dans cette période de formation brève, mais dense, un aspect d’échange et de rencontres indispensable. Mais ces deux semaines représentent également une période-clé dans la vie du Défap lui-même et pour toute l’équipe des permanents, largement mobilisée à la fois avant et pendant la formation.

Qu’ils soient pasteurs et aillent s’occuper d’une paroisse outre-mer, qu’ils partent sous le statut de VSI ou à l’occasion d’un service civique, pour quelques mois ou pour une mission plus longue, les futurs envoyés doivent tous passer par cette étape de la formation. Elle marque l’aboutissement d’une procédure de trois à six mois au cours de laquelle ils ont rencontré les membres de la CEP pour faire le point sur leur projet, évaluer leurs compétences professionnelles, leurs aptitudes personnelles. Puis vient la formation, étape qui constitue une obligation légale, notamment au vu des enjeux de sécurité, mais qui représente surtout pour le Défap le moyen de leur fournir des outils pour pouvoir s’adapter aux enjeux d’un autre pays, d’une autre société, d’autres manières de vivre où le confort peut être des plus rudimentaires ; et les préparer à vivre une expérience qui les obligera à sortir de tous leurs cadres. Une tranche de vie irremplaçable, mais qui nécessite des bases bien établies.

La formation : ce qui s’y enseigne… et ce qu’on y découvre

S’il ne faut aujourd’hui que quelques heures de vol pour se retrouver à l’autre bout de la planète, partir pour quelques mois ou un an comme volontaire, en mission dans un pays lointain, n’en reste pas moins une aventure. On en sort nécessairement changé. Pas question de s’y embarquer à la légère. Et se préparer au départ, c’est déjà partir un peu : se projeter dans un autre contexte culturel, se confronter à d’autres manières de vivre… et interroger ses propres motivations. Pourquoi partir en volontariat à l’étranger ? Qu’espère-t-on trouver ? À quelles réalités se retrouvera-t-on mêlé ? Pour les futurs envoyés, le temps de la formation au 102 boulevard Arago, au sein du vénérable bâtiment de l’ancienne Société des Missions Évangéliques de Paris, est déjà l’occasion de remettre en cause quelques certitudes. Notamment celles qui concernent la place du religieux, dans des pays où la laïcité, telle qu’elle est comprise et vécue en France, n’existe pas.

Au menu de ces deux semaines de formation : des thèmes d’ordre pratique, comme les aspects administratifs de l’envoi ou les questions de santé ; d’autres davantage consacrés à l’interculturel et à la rencontre de l’autre, au contexte de la mission (contexte culturel, géopolitique ou ecclésial), à la prévention et à la gestion des crises et conflits… De manière générale, cette formation vise à répondre à quatre questions : qui part ? Pour vivre quoi ? Dans quel contexte ? Qui rentre ? Sachant qu’on revient toujours changé d’une expérience de volontariat, qu’elle dure quelques mois ou plusieurs années… Pour cela, outre les membres de l’équipe des permanents mis à contribution lors des sessions en plénière et des ateliers, la période de formation fait appel à des associations partenaires ; elle mobilise aussi d’anciens envoyés venant témoigner, ainsi que des intervenants extérieurs disposant d’une compétence particulière dans un domaine précis.

Et comme chaque année, cette session de formation des envoyés se clôturera par un culte d’envoi, célébré dans la chapelle du Défap, et ouvert à tous. Pour rencontrer les futurs envoyés avant leur départ, rendez-vous le jeudi 13 juillet à 14h30 au 102 boulevard Arago, Paris, 14ème.




Des théologiens protestants se rassemblent autour du thème de la guerre

Une guerre juste… est-ce possible ? N’y a-t-il pas déjà contradiction dans les termes ? Que faire du commandement « Tu ne tueras pas ? » Les quatrièmes rendez-vous de la pensée protestante réunissent étudiants et théologiens pendant trois jours à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg autour de cette thématique de la guerre.

Une guerre peut-elle être juste ? C’est la question posée aux étudiants des établissements de théologie protestante francophone lors des Rendez-vous de la Pensée Protestante (RVPP) du 23 au 25 juin à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg.

Cette rencontre annuelle se veut un moment de partage entre la nouvelle génération de théologiens protestants et celle déjà active, afin de s’enrichir mutuellement de nouvelles idées comme d’expériences.

Le samedi soir sera l’occasion d’une grande soirée-débat, animée par le philosophe Olivier Abel qui interpellera ses intervenants sur le thème de la guerre, dans la continuité de la problématique de l’année 2022, toujours marquée par l’actualité du conflit en Ukraine.

Les trois invités de cette conférence sont :

▶️ Cette soirée-débat est ouverte au public et sera retransmise en direct sur les réseaux sociaux ainsi qu’en replay sur la chaîne YouTube de la FPF.




«J’ai rencontré des personnes vraiment merveilleuses»

Voici la première lettre de nouvelles de Mona, l’une de nos volontaires en Service civique venues d’Égypte. Elle évoque sa mission chez les Diaconesses de Strasbourg.

Mona, photographiée dans le jardin du Défap © Défap

 

VOLONTAIRE
  • Mona, 25 ans, Égyptienne
  • Accompagnatrice de personnes âgées
MISSION
  • La maison des Diaconesses, 3 rue Ste Elisabeth, Strasbourg
  • Les personnes âgées (Sœurs et seniors)

 
 
Ma mission:

 

Je m’appelle Mona. Je suis Égyptienne. J’ai 25 ans. J’ai terminé mes études et j’ai travaillé dans une entreprise de service à la clientèle pendant deux ans. J’ai commencé à travailler depuis novembre 2020. Trois mois après, la compagnie a décidé que tout le monde travaillerait à domicile en raison des mauvaises conditions dues au Coronavirus. Ceci, bien sûr, a eu un grand impact sur moi, sur mes relations avec mes amis ainsi qu’avec mes collègues de travail. Deux mois plus tard, je me sentais déconnectée du monde extérieur. J’entends juste les problèmes des autres sans les voir ni les connaître. Je ne parle qu’avec des écrans. J’ai donc besoin d’interagir davantage avec les gens en personne. Je sens que je ne fais que suivre la routine normale ou ce qu’on attend de moi dans la vie.

J’ai également besoin de fournir un service ou d’aider les autres « gratuitement » car de nombreuses personnes m’ont aidée dans les différentes étapes de ma vie.

Quand on m’a parlé de cette mission, je ne l’ai pas immédiatement acceptée, mais je ne l’ai pas non plus refusée. Ne pas dire « non » était étrange et surprenant pour moi, car je dis généralement un « non » rapide à tout ce qui est nouveau ou ambigu pour moi.

Et me voilà en France. Et heureusement, je suis ici parce que j’ai rencontré des personnes vraiment merveilleuses. Des sœurs et des seniors qui nous ont accueillies avec tant de respect et d’amour sans même nous connaître et malgré toutes les différences d’âge et de culture.

On dit que notre mission est d’accompagner les personnes âgées, mais parfois j’ai l’impression qu’elles ne sont pas très âgées. Ce sont des personnes pleines de vie et d’amour de Dieu. Nous avons des cours de gym tous les mercredis. Même si nous ne faisons pas d’exercices compliqués pour nous « les jeunes », les sœurs se soucient d’y participer. Malgré leurs maux physiques, elles essayent de suivre les actualités que ce soit à travers les journaux, la télévision ou la radio, selon leur état de santé, et c’est parce qu’elles sont toujours désireuses de prier pour tout ce qui se passe autour d’elles.

« Après deux mois, je ressens beaucoup de changements dans ma vie »

Il y a des personnes qui aiment coudre, tricoter et faire du crochet, d’autres qui aiment jouer, lire ou sortir, et d’autres qui aiment rester dans leur chambre pour parler et partager des idées.

Ce qui m’a étonnée, c’est une sœur qui ne voit presque rien et arrive quand même à tricoter de très jolies brassières pour bébé. Quand je lui ai demandé comment elle le faisait, elle m’a dit qu’elle ne voyait pas bien mais elle comptait les mailles et parfois avec l’expérience aussi elle arrêtait de compter. Rien ne les empêche de travailler ou de vivre.

Nous partageons une vie communautaire. Nous vivons dans la même maison, prions ensemble (3 fois par jour + un culte chaque dimanche + une mini réunion pour les jeunes une fois par semaine), mangeons ensemble, aidons à mettre la table et nettoyons la cuisine ensemble. Nous célébrons également l’anniversaire de chacune en préparant des gâteaux, des lettres, des cadeaux et quelques chants.

Heureusement, j’ai eu l’occasion de fêter Pâques avec les sœurs. Nous avons comparé les différentes manières de fêter en France et en Égypte, comme l’histoire du lapin et des œufs, que je n’ai toujours pas comprise même après qu’on me l’ait expliquée plusieurs fois.

Après deux mois, je ressens beaucoup de changements dans ma vie. Je me sens plus proche de Dieu. Je vois dans cette maison un verset de la Bible accompli : « Vous êtes dans le monde, mais pas du monde. »

Chaque jour, je deviens plus mature et plus autonome. Je sors un petit peu de ma zone de confort (comfort zone).




Guy Martial et le christianisme chez les Boulous du Cameroun

Guy Martial Ndjonlo, chercheur en congé-recherche en France, dont les travaux en théologie sont soutenus par le Défap, s’intéresse aux pratiques chrétiennes chez les Boulous, un peuple du Sud du Cameroun. Des pratiques qui sont encore aujourd’hui très largement mêlées de références aux croyances traditionnelles, auxquelles la majorité se conforme, sous cape : car même si on ne pratique pas, on redoute toujours les effets possibles de ces anciennes croyances.

Guy Martial et le christianisme chez les Boulous du Cameroun


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«Je me sens en famille même loin de chez moi»

Voici la première lettre de nouvelles de Believe, notre Service civique venue du Togo. Elle évoque sa mission au sein de l’Association diaconale protestante Marhaban, à Marseille. Elle a déjà été amenée à faire tour à tour de l’accueil, de l’animation d’ateliers d’anglais ou de couture, ainsi qu’à s’occuper d’une épicerie autogérée.

Believe, photographiée dans le jardin du Défap © Défap

 

VOLONTAIRE
  • Believe, Togolaise, 25 ans
  • Accompagnatrice de personnes en situation de précarité
MISSION
  • Association diaconale Marhaban
  • Mon service s’adresse aux adultes, jeunes et parfois aux enfants

 
 
Ma mission en tant que service civique se passe très bien, contrairement à ce que je m’étais imaginée avant d’arriver ici en France, plus précisément à Marseille où se déroulent mes activités journalières. Généralement, je donne des cours d’anglais aux adultes de l’association, j’assiste dans quelques niveaux de cours de français, j’apporte mon aide au soutien scolaire si possible, j’aide à la distribution alimentaire des colis aux bénéficiaires de l’association, je participe à l’accueil puis à l’atelier de couture organisé par les femmes qui aiment bricoler, puis j’aide à l’épicerie autogérée fondée par Marhaban, sans oublier l’aide que j’apporte au besoin à l’Eglise Protestante Unie De France, temple de Grignan, en tant que bénévole.

De nature je m’ennuie s’il n’y a rien à faire, donc j’aime beaucoup le fait d’être occupée dans ma mission et surtout j’adore cette valeur ajoutée de ma personnalité d’être utile en aidant les autres dans leurs difficultés afin d’avoir des moments d’échange, d’écoute, d’apprentissage et de partage car cela est ma joie de voir des personnes heureuses. Je suis dans un pays que j’ai toujours rêvé de visiter ; ce rêve est finalement devenu réalité grâce au Défap et à mon Église qui m’en offrent l’opportunité. C’est pour moi une joie énorme maintenant car cela me permet d’élargir mes connaissances, de découvrir de nouvelles choses, faire de l’aventure, participer dans le social pour l’intérêt général, améliorer mes compétences interculturelles et de leadership.

La France d’après ce qui se dit souvent est un pays très développé par rapport à l’Afrique où les gens n’ont pas de temps à consacrer à autrui si ce n’est se concentrer sur des trucs propres à eux. Ceci étant dit je croyais arriver dans une ville qui ne m’accepterait pas puisque je suis étrangère, mais à ma grande surprise j’ai été et je continue toujours d’avoir cet accueil chaleureux partout où je me trouve dans le pays, sans oublier l’accompagnement nuit et jour de tous ceux qui m’entourent. De ma descente de l’aéroport jusqu’à l’endroit où je travaille et même où je loge, j’ai la chance d’avoir tout une équipe à mes côtés qui s’assure du bon déroulement de ma mission. Je me suis vite intégrée sans problème et me sens en famille même loin de chez moi, donc merci beaucoup à tous ceux qui se battent pour une vie meilleure des jeunes qui représentent le futur et aussi l’Église qui n’abandonne pas ses fidèles.




Église de Guadeloupe : «Un séjour riche en rencontres»

Le pasteur Marc-Henri Vidal vient d’effectuer une mission courte avec le Défap auprès de l’Église Protestante Réformée de Guadeloupe (EPRG). Il témoigne.

Culte célébré à l’EPRG par le pasteur Marc-Henri Vidal © Marc-Henri Vidal pour Défap

 
Parmi ses activités, le Défap accompagne les Églises protestantes de sensibilité luthéro-réformée présentes aux Antilles, en Guyane, à la Réunion et à Mayotte, notamment en contribuant à financer des postes pastoraux mais aussi par un soutien direct et par le financement de projets. Des Églises minoritaires, mais qu’il est essentiel de soutenir, entre une Église catholique fortement implantée et des Églises évangéliques en fort développement. Elles sont accompagnées par des pasteurs envoyés par le Défap pour des missions courtes. Voici le témoignage de Marc-Henri Vidal, parti en avril-mai en Guadeloupe.
  

Dîner avec les membres de la paroisse après une étude biblique © Marc-Henri Vidal pour Défap

 
Nous sommes arrivés en Guadeloupe mercredi après-midi le 19 avril, par un soleil radieux. Venant du Québec, il n’y a pas de décalage horaire, seule la fatigue de 5 heures d’avion. Nous avons été accueillis, mon épouse et moi, par la secrétaire du conseil presbytéral, Fanny, au volant de la voiture de paroisse.

Arrivée au presbytère, une charmante petite maison, construite récemment, confortable, bien appréciée de notre part, au milieu d’un superbe parc, où nous avons fait le tour des lieux. Un autre membre du conseil, Danielle, est venu nous apporter de quoi manger le soir. A cette latitude, le soleil se lève et se couche vers les mêmes heures en toutes saisons, entre 18h et 18h30.

Vendredi 21 avril, nous avions une rencontre du conseil pour planifier notre court séjour. Les sept membres étaient présents. Le courant est tout de suite bien passé entre eux et nous. Sachant mon implication avec les formations à la prédication en Île-de-France, sous la gestion de Marc Pelcé, il fut demandé et décidé que j’anime deux ateliers, le jeudi 27 avril et le mardi 2 mai en début de soirée (18h30 – 20h) en présentiel et distanciel, le président s’assurant de la retransmission vidéo des présentations. Trois personnes sur place, deux en vidéo, ont participé à ces rencontres de formation, tenues au presbytère. L’offre a été faite à l’Église de la Martinique de se joindre à cette formation, mais nous n’avons pas eu de réponse. Les délais d’information étant manifestement trop courts.

Toujours au presbytère, deux études bibliques pour l’ensemble des paroissiens, sur le thème des premiers chapitres de la Genèse : une protohistoire, ont été planifiés pour les mercredis 26 avril et 3 mai, 18h à 19h30. A nouveau, en présentiel et en distanciel. Des rencontres et des échanges qui, selon mon avis, ont été fort riches. La deuxième rencontre fut suivie, ce qui était la veille de notre départ, par un repas fraternel.

Verre de l’amitié après un culte © Marc-Henri Vidal pour Défap

 
Entre 12 et 20 personnes ont participé aux cultes des dimanches 23 et 30 avril (…) Après chaque culte, un « verre de l’amitié » était offert aux présents.

Deux visites pastorales ont eu lieu pendant notre séjour. L’une, lors d’une invitation à déjeuner avec un des membres du conseil, où nous nous sommes retrouvés six à table, et l’autre, ayant invité le président du conseil et son épouse (catholique de tradition) à déjeuner.

D’autres visites auraient été souhaitables, mais la durée du séjour ne le permettait pas. Les paroissiens auraient bien aimé que nous restions plus longtemps.

En conclusion, un séjour riche en rencontres et en activités, deux cultes, deux études, deux formations… en deux semaines.




Une demi-journée au Défap pour les futurs pasteurs

Les étudiants du Cycle M2 « Église et Société » de l’Institut protestant de théologie seront reçus au Défap jeudi 25 mai. Un rendez-vous désormais régulier qui témoigne des relations entre Défap et IPT, et permet à ces futurs pasteurs de l’Église protestante unie de France de se familiariser avec le Service protestant de mission. Au menu de cette rencontre : une présentation des actions du Défap et de son histoire, une visite de la bibliothèque, et un repas partagé avec l’équipe.

Le nom change, la fonction demeure : ne parlez plus aujourd’hui de « Master Pro », mais plutôt de « Cycle M2 ES » (« ES » pour « Église et Société »). Il s’agit néanmoins toujours d’une formation universitaire dispensée par l’Institut protestant de théologie (un cycle commun aux facultés de Paris et de Montpellier), et qui a pour finalité de former des étudiants se destinant à devenir pasteurs au sein de l’Église protestante unie de France. Et ce jeudi 25 mai, ces futurs pasteurs qui sont en train d’achever leur formation sont reçus au Défap pour une demi-journée. Ils et elles auront l’occasion de rencontrer le Secrétaire général, Basile Zouma, auront une présentation des activités du Défap à travers une animation d’Éline ; ils seront aussi emmenés à travers l’histoire du Service protestant de mission au fil de ses grandes dates et des « grains de sable » distillés par l’exposition réalisée pour les 50 ans du Défap, pourront visiter en fin de matinée la bibliothèque, et pourront rencontrer l’équipe à l’occasion d’un repas partagé.

Voilà plusieurs années que ces visites d’étudiants en théologie sont organisées au 102 boulevard Arago ; la pasteure Tünde Lamboley, responsable de la formation théologique, et qui avait initié un rapprochement avec l’IPT à travers une série de « déjeuners-cultes », avait en effet constaté que le Service protestant de mission restait encore trop souvent méconnu parmi les étudiants. D’où cette idée d’un temps de rencontre et d’échanges, approuvée par Élian Cuvillier, qui outre son rôle de directeur des études à l’IPT-Montpellier, est également, depuis juillet 2017, directeur de ce cycle de Master 2 commun aux deux facultés. Il a déjà eu l’occasion de dire, lors d’une de ces visites, qu’il considère le Défap comme « un rouage essentiel de l’Église », avec lequel ses étudiants, en tant que futurs pasteurs, « seront nécessairement amenés à travailler ».

Ce que le Défap apporte aux pasteurs

Ces rendez-vous désormais réguliers témoignent des relations entretenues entre Défap et IPT. Ils contribuent aussi à rendre visible un aspect essentiel des activités du Défap, quoique relativement peu mis en avant : son rôle auprès du corps pastoral. Outre l’envoi de volontaires, outre le soutien de projets, outre les relations entre centres de formation théologique de divers pays, le Défap appuie les activités de ses Églises membres en s’occupant de la logistique des envois pastoraux outre-mer. Il contribue à renouveler le corps pastoral (au sein de l’Église protestante unie de France, l’une des trois unions d’Églises membres du Défap et numériquement la plus importante, les ministres d’origine étrangère représentent une proportion croissante : ils étaient ainsi 22,6% selon les chiffres de 2015, les pasteurs originaires d’Afrique étant le deuxième contingent le plus important ; et parmi ces pasteurs venus d’Afrique, bon nombre étaient passés par le Défap). Le Défap a aussi développé récemment un programme d’accueil pour ces pasteurs venus d’ailleurs, à la demande de trois Églises protestantes : l’Église protestante unie de France (EPUdF), l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), et l’Église protestante unie de Belgique (EPUB). Avec l’idée d’en faire des temps d’échange et de rencontre, mais aussi de donner à ces futurs pasteurs des clés de lecture, des repères et des ressources.

Ces visites d’étudiants et futurs pasteurs leur permettent ainsi de se familiariser avec un « outil » des Églises qui leur sera utile tout au long de leur carrière pastorale, dans un contexte de plus en plus mouvant et complexe. Une évolution qui touche aujourd’hui toutes les sociétés européennes, et auxquelles les Églises elles-mêmes participent. Car cette dimension multiculturelle née de la mondialisation, les Églises la vivent déjà au quotidien, à travers leurs paroissiens et à travers leurs pasteurs. Et les paroisses situées dans les lieux les plus densément urbanisés sont loin d’être seules concernées : aujourd’hui, même les villes moyennes ou les paroisses en zones rurales ont aussi des paroissiens aux multiples origines, comme en témoignait récemment Joël Dahan, pasteur de l’EPUdF dans le Bergeracois. La question des relations interculturelles au sein des Églises est un aspect sur lequel le Défap travaille depuis des années – en relation avec diverses Églises et des programmes de formation comme celui de la CPLR (le programme de la formation permanente des pasteurs de la Communion Protestante Luthéro-Réformée).

 

Devenir pasteur
Le Cycle M2 « Église et Société » (Cycle M2 ES) est une formation universitaire commune aux Facultés de Paris et de Montpellier qui prend en compte la pratique, l’expérience et l’engagement concrets. Il est requis pour être pasteur.e de l’Église protestante unie de France (EPUdF). Poursuivant un triple objectif théologique, professionnel et personnel, il met en œuvre la triade pédagogique : savoir, savoir-faire et savoir-être. Il comprend un stage, des séminaires et la rédaction d’un rapport de stage. Au terme de ce temps d’études, et après accord de la Commission des ministères, le.a candidat.e au ministère pastoral fait son « proposanat ». Ce dernier est une période probatoire d’une durée de deux ans, dans une Église locale ou une paroisse. Une fois le proposanat achevé et après accord de la Commission des ministères, le nouveau / la nouvelle pasteur.e est ordonné.e – reconnu.e dans son ministère puis inscrit.e au rôle des ministres de l’EPUdF. L’EPUdF a réalisé un site internet dédié aux étudiant.e.s désirant devenir pasteur.e.s : devenirpasteur.fr.



Deviens un héros : formation à l’animation

À travers les trois modules disponibles (groupe, stéréotypes et discriminations), l’exposition interactive « Deviens un héros », créée par les EUL et désormais proposée par le service catéchèse de l’EPUdF en partenariat avec le Défap, permet à des participants de 12 à 18 ans de développer leurs réflexions et leurs propres « super-pouvoirs » pour s’engager contre les tentations de repli qui menacent nos sociétés. Vous voulez l’utiliser pour un week-end paroissial, un camp… ? Une session de formation pour les animateurs est disponible les 3 et 4 juin. Pour tout savoir et vous inscrire, c’est ici !

« Deviens un héros » : l’exposition interactive

Pour contribuer à une société plus juste, apaisée, où chaque personne puisse être reconnue, il faut comprendre les mécanismes à l’origine des tentations de repli. Et mettre des mots sur les maux qui menacent nos sociétés. Qu’est-ce, par exemple, qu’un préjugé ? Un stéréotype ? D’où viennent-ils et comment se manifestent-ils ? Qu’est-ce qu’une discrimination ? Un harcèlement ? Autant de sujets lourds mais mis en scène de manière ludique à travers « Deviens un héros« , une exposition interactive développée par les Équipes Unionistes Luthériennes (EUL) en Alsace, et proposée depuis janvier par le Défap et le Service Catéchèse de l’EPUdF.

Cet outil pédagogique destiné aux jeunes de 12 à 18 ans les amène à s’interroger sur leur façon de vivre, avec les autres et dans le monde, face aux peurs et aux risques de dérives de nos sociétés. Avec l’idée, non pas d’apporter des réponses toutes faites, mais de susciter un échange et d’amener les participants à réfléchir sur les thématiques présentées. Pour leur permettre de devenir de véritables héros du quotidien, ayant développé leur propre réflexion et leurs propres « super-pouvoirs » afin de s’engager contre les discriminations…

« Deviens un héros » a déjà été présenté en région parisienne auprès de participants de diverses paroisses, mais cette exposition interactive a vocation à essaimer. Pour des journées paroissiales, des week-ends caté, des camps… Pour l’animer, une formation est nécessaire. C’est ce que proposent désormais le service national de catéchèse et le réseau jeunesse national de l’EPUdF, en partenariat avec le Défap. La prochaine session de formation des animateurs aura lieu au cours du week-end des 3 et 4 juin au siège du Défap. Les participant.es pourront découvrir les trois modules existants (le groupe, les stéréotypes et la discrimination) afin d’être en mesure de les animer pour un groupe.

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Pour cette session de formation, une trentaine de places sont disponibles.




«Ce sont des problèmes concrets qui font évoluer les lectures de la Bible»

Suite de notre série de témoignages sur les expériences d’interculturalité vécues à travers le Défap : Esther Wieland-Maret, qui a pris en charge de 2009 à 2016 les stages CPLR-Défap en tant que Coordinatrice de la Formation permanente dans le cadre de la CPLR, évoque le rôle central du texte biblique pour permettre le dialogue par-delà les frontières culturelles. Mais elle revient aussi sur l’impact du contexte de l’Église ou de la société sur la manière dont évoluent les approches de la Bible : les problématiques du quotidien pèsent plus que les débats théologiques.

Participants du stage interculturel franco-béninois en avril 2016. Au premier rang, côte à côte, Esther Wieland-Maret et Natacha Cros-Ancey, qui lui a succédé comme Coordinatrice de la Formation permanente dans le cadre de la CPLR © Défap

 
Les stages CPLR-Défap, dont les participants sont des pasteurs de France et d’Afrique, existent depuis 2009 et sont construits sur le modèle d’un aller-retour : une première session est accueillie par l’un des deux pays, après quoi l’autre pays recevra les mêmes participants. Après diverses expériences d’échanges de pasteurs (un pasteur français pouvait partir un mois au sein d’une Église d’Afrique, et en retour, un pasteur de cette Église pouvait venir en France), expériences qui requéraient des pasteurs une longue période de disponibilité, le Défap a décidé de s’insérer dans les stages de formation de la CPLR. Avec l’idée d’organiser tous les deux ans un stage en commun Défap-CPLR, le Défap s’occupant de l’animation internationale. C’est ainsi qu’ont été mis sur pied des stages au Sénégal, au Bénin, au Cameroun, au Maroc, au Togo… Rencontre avec Esther Wieland-Maret, qui a assuré pendant plusieurs années l’organisation de ces stages pour la CPLR.
 

Comment fait-on pour trouver un terrain propice au dialogue et à la rencontre lors de stages réunissant des pasteurs de pays si différents ? Les risques d’incompréhension ou de tension ne sont-ils pas multiples ?

Esther Wieland-Maret : Lors de la première formation co-organisée entre pasteurs de France et d’un autre pays, le thème choisi était un sujet de société plutôt qu’un thème biblique. C’était en 2009, au Sénégal, et j’avais travaillé à le mettre en place avec Marc Frédéric Müller, qui était alors au Défap. Il y avait eu des difficultés, y compris matérielles (avec par exemple la faillite d’Air Sénégal au moment de rentrer en France). Notre manière de procéder, de réfléchir, d’animer n’allait pas forcément de soi pour nos collègues sénégalais. Mais les moments où nous avions lu la Bible ensemble s’étaient révélés très riches : le texte créait du lien. Aussi, dès le deuxième stage au Cameroun, nous avons décidé de prendre le texte biblique comme porte d’entrée. Lors de ces lectures en commun, si chacun arrive avec ses interprétations, sa tradition, sa culture, pour tous, le texte biblique apparaît comme un « bien commun ». Et c’est ce texte qui nous unit. Tout le monde se sent impliqué, tout le monde prend la parole, les différences et les divergences peuvent s’exprimer. J’ai trouvé ça assez remarquable.

Comment apparaissent les frontières entre cultures lors de tels stages, et avec quelles conséquences pour les participants ?

On a tout le temps un biais en lisant un texte biblique. Mais les frontières interculturelles ne se manifestent pas seulement entre divers pays : elles sont d’abord à l’intérieur de nos Églises, où cohabitent des approches bibliques très différentes. Ce qui oblige à toujours clarifier nos propos. Au cours d’un stage CPLR-Défap, les approches des uns et des autres sont sans arrêt en dialogue : on chemine avec l’autre. On peut vouloir camper sur ses positions, mais au contact des autres, notre approche des textes bibliques évolue. Outre ce dialogue, c’est souvent le fait d’être confronté à des situations concrètes qui influe sur la manière dont on lit ces textes, plus que les débats théologiques.

Avez-vous des exemples de sujets sur lesquels vous avez pu observer de telles évolutions ?

La question des aînés. La façon dont ils sont perçus et dont sont lus les textes bibliques qui les concernent évolue en fonction des problèmes posés par leur prise en charge. C’est ce que nous avons pu observer au Bénin. Pendant longtemps, les personnes âgées y étaient peu nombreuses ; elles étaient prises en charge par leur famille, et considérées comme d’autant plus précieuses que les aînés étaient un petit nombre. Au sein des Églises béninoises, les textes bibliques concernant les parents étaient lus de manière très littérale pour justifier cette prise en charge familiale. C’était le cas de versets comme Exode 20:12 : « Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne ». Comme Proverbes 16:31 : « Les cheveux blancs sont une couronne d’honneur » ; ou Proverbes 17:6 : « Les enfants des enfants sont la couronne des vieillards, et les pères sont la gloire de leurs enfants »… Par contraste, il y avait une vision assez négative des sociétés européennes où les anciens étaient « abandonnés » dans des maisons de retraite. Mais à partir du moment où l’espérance de vie s’est significativement accrue, il a fallu trouver un moyen de s’occuper de vieillards que leur famille ne pouvait plus prendre en charge, et qui étaient de plus en plus nombreux. Voilà comment, au Bénin, ont commencé à être créées des maisons de retraite en lien avec les Églises pour lutter contre la pauvreté des aînés. Et dès lors, la lecture de la Bible sur cette question des parents et des personnes âgées a évolué…

Et avez-vous des exemples de sujets sur lesquels des pasteurs français ont été amenés à cheminer au contact de leurs collègues d’un autre pays ?

Nous avions pu voir de tels cheminements dès le premier stage, au Sénégal. Nous avions principalement travaillé avec l’ELS (l’Église luthérienne du Sénégal), qui est surtout présente dans des territoires ruraux : Fatick et alentour. La population du Sénégal est majoritairement musulmane et animiste ; il y a un vivre-ensemble qui s’est développé entre ces communautés, avec des échanges, voire des appartenances à plusieurs communautés : on rencontre par exemple des chrétiens qui sont également animistes. Les pasteurs sénégalais nous avaient fait remarquer que lorsqu’on lit l’épître aux Corinthiens dans la perspective d’une telle cohabitation, on peut envisager facilement qu’au temps de Paul également, des chrétiens nouvellement convertis avaient encore conservé d’autres pratiques et d’autres appartenances. Et ils nous avaient parlé du problème très concret de l’accompagnement de personnes qui, bien que chrétiennes, avaient aussi des pratiques traditionnelles, que le christianisme ne reconnaît pas.

L’un des exemples qu’ils avaient cités concernait les jeunes mères et leurs enfants. Au Sénégal, un bébé est porté sur la poitrine par sa mère durant plusieurs semaines. Mais ensuite, du fait des nécessités de la vie quotidienne, elle doit se mettre à le porter sur son dos. Et c’est une sorte de deuxième séparation : la mère n’a plus de contact visuel avec son enfant à tout moment ; il est moins bien protégé en étant sur son dos… Il existe des rites traditionnels pour rassurer la mère et protéger l’enfant. Les pasteurs de l’ELS ont eu des demandes en ce sens… et l’Église a créé un rite spécifique pour ce moment où la mère va se mettre à porter son enfant sur son dos.

Pour les pasteurs français, ça avait été une découverte très instructive : ils avaient pu voir comment leurs collègues sénégalais avaient pris en compte un besoin qui leur était exprimé, et comment ils avaient répondu à cette demande de rite protecteur. Ils avaient été frappés par cette écoute et cet enrichissement mutuel, et ils avaient tout à fait approuvé la démarche.