Courrier de mission : conseils d’un ancien envoyé à ceux qui hésitent à partir

Élie Olivier, 24 ans, est un ancien envoyé du Défap à Madagascar : il était parti en 2019 en tant que service civique. Une mission qui a durablement influé sur sa vie et sur sa vision du monde, comme il l’explique au micro de Marion Rouillard pour l’émission « Courrier de mission – le Défap ». Son conseil pour celles et ceux qui envisageraient de s’engager ainsi auprès du Défap, mais se posent encore la question : « N’hésitez pas ! »

Élie Olivier photographié au cours de sa mission à Madagascar © Défap

C’était il y a trois ans : Élie Olivier, ayant achevé des études d’astrophysique, partait pour Madagascar pour une mission d’animateur linguistique – échanges interculturels à Antsirabe. Il avait le statut de service civique, et avait suivi en juillet la formation pour les envoyés dispensée par le Défap. Quelques mois plus tard éclatait une crise aux retentissements mondiaux : la pandémie de Covid-19. Élie, comme beaucoup d’autres Français en mission à l’étranger, devait interrompre prématurément son séjour, mettre fin à ses activités sur place, couper toutes les relations établies à Madagascar… et rentrer en France avec un fort goût d’inachevé. Et pourtant, en dépit de ces conditions si défavorables, il garde une image très positive de son passage à Madagascar. Au point que cette mission a changé sa manière de voir le monde, ses engagements, et même ses choix professionnels et de vie. Ce qui démontre bien la force de ce qui se vit au cours de la mission d’un envoyé… Invité de Marion Rouillard pour l’émission « Courrier de mission – le Défap », il témoigne, et donne aussi des conseils aux futurs envoyés qui pourraient hésiter encore…

 

Un jeune envoyé du Défap à Madagascar raconte, émission présentée par Marion Rouillard

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 27 juillet 2022 sur Fréquence Protestante

 

Ainsi, parlant de la mission elle-même – cette mission si brutalement écourtée – il évoque « six mois merveilleux » passés à Madagascar avant son retour en France. Il travaillait au centre Akanysoa, à Antsirabé, une ville qui se situe dans le centre de Madagascar : c’est à la fois un orphelinat et une école primaire. Son activité était donc double elle aussi : à l’école, pendant les journées de la semaine, il était assistant de français ; les soirs et les week-ends, il faisait de l’animation pour les enfants de l’orphelinat. Il était ainsi en relation avec une centaine d’élèves scolarisés dans la partie « école » du centre centre Akanysoa, et avec une vingtaine d’enfants au sein de l’orphelinat, pour lequel il développait des activités aussi diverses que des ateliers de piano, de solfège, d’échecs… Mais son séjour ne s’est pas limité à Antsirabé : il a aussi eu l’occasion, en-dehors des tâches liées à sa mission, de voyager dans des lieux très divers, jusqu’à Tamatave ou à l’île Sainte-Marie, au large de la côte est de Madagascar, près de la ville d’Ambodifotatra.

S’il avait des conseils à donner aux prochains envoyés, ou plutôt à ceux qui hésitent encore à s’engager avec le Défap, ce serait de se lancer : « On a une chance assez incroyable en France d’avoir des dispositifs comme le service civique, le Volontariat de Solidarité internationale, qui donnent l’occasion de partir découvrir un autre pays. » Et il souligne l’importance des rencontres faites à l’occasion de telles missions, l’opportunité de développer « des compétences très diverses : adaptation, pédagogie, prise de recul »… Pour lui, « il ne faut pas hésiter à y aller ». Et en profiter pour « apprendre la langue locale », « essayer de s’intégrer »… Car se retrouver ainsi au loin, et dans la position de l’étranger qui a tout à apprendre, « change aussi le rapport à l’altérité ».

Partir en mission, ça « change le rapport à l’altérité »

Au cours de cet entretien, Élie souligne aussi l’importance du rôle du Défap tout au long de la mission, et au-delà : car une mission commence bien avant l’envoi, avec une série d’entretiens qui s’étalent sur plusieurs mois avant la sélection des candidats, et se prolonge bien après, avec une « session retour » organisée généralement au cours du mois d’octobre suivant le retour des volontaires. Ce rôle comporte une préparation au départ, avec une formation dispensée aux futurs envoyés par le Défap, qui comporte des thèmes cruciaux comme les relations interculturelles, la communication non-violente… Ensuite, « pendant la mission, on est suivi, témoigne Élie : des membres du Défap viennent sur place ». Et quant au « debriefing » qui a lieu au cours de la session retour, Élie souligne son importance pour « faire sortir ce qui n’était pas forcément sorti auparavant ». Car il n’est « pas forcément évident de raconter ce qu’on a vécu une fois de retour en France. Cette journée de retour permet vraiment de faire le point sur ce qu’on a aimé ou pas, ce qui nous a surpris… » Et de se rendre compte, aussi, que même si tous les envoyés vivent « des missions très différentes », il y a dans le parcours de tous les volontaires du Défap « des points communs », des similitudes dans ce qu’ils expérimentent…

Aujourd’hui encore, Élie a gardé des contacts avec le Défap : il évoque des visites régulières pour prendre auprès de l’équipe des nouvelles des prochaines missions, ou des nouveaux projets. Pour sa part, son aventure malgache lui a permis de prendre conscience de l’importance de se consacrer, dans sa vie professionnelle, à des enjeux qui lui tiennent à cœur, liés notamment à l’environnement, au développement et à l’accès à l’énergie. Et elle l’a convaincu de mieux connaître l’Afrique, un continent sur lequel son travail l’amènera à voyager : « 55 pays à découvrir… même si je garde forcément un attachement pour Madagascar ».




Courrier de mission : partir en mission, pour soi-même et pour les autres

L’approche du mois de septembre va marquer le début des premiers départs des envoyés du Défap qui ont participé à la session de formation de juillet 2022. L’occasion de revenir sur l’importance de cette formation pour se préparer au contexte, à la culture et aux enjeux des missions que les volontaires trouveront bientôt sur place. Retour sur ce qui fait la spécificité du Défap à travers l’émission « Courrier de mission – le Défap » diffusée le 16 août 2022 sur Fréquence protestante. Laura Casorio, responsable de la formation et du suivi des envoyés, était au micro de Marion Rouillard.

Un moment de la session de formation 2022 des envoyés du Défap © Défap

Les voici au mois de juillet dernier : penchés sur leurs ordinateurs, studieux, occupés à suivre l’un des modules de formation du Défap… Depuis, l’été a passé, et la rentrée qui approche va donner le signal des premiers départs. Les futurs envoyés du Défap vont bientôt s’envoler pour l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Liban, Madagascar, la Tunisie… Les envois s’échelonneront sur plusieurs semaines, au gré de la durée prévue de leur mission, des procédures nécessaires pour partir de France (elles se sont notablement alourdies depuis les restrictions provoquées par l’épidémie de Covid-19), des modalités d’accueil sur place… Cette année, les envoyés du Défap sont onze en tout, avec des expériences très différentes de l’engagement à l’étranger et des profils très divers. Les âges vont de 21 à 58 ans ; certains partent avec le statut de service civique, d’autres en tant que VSI (Volontaires de Solidarité Internationale)… Mais tous auront eu l’occasion de se retrouver pendant une dizaine de jours au 102 boulevard Arago pour suivre une même formation, destinée à les préparer à la fois à leur future mission et aux défis qui les attendent ; une formation qui est une marque de fabrique du Défap.

Cette période de rentrée, prélude aux départs, est l’occasion de revenir sur la formation des envoyés dispensée par le Défap. Au cours du mois d’août, Laura Casorio, responsable de la formation et du suivi des envoyés, a été l’invitée de Marion Rouillard dans l’émission « Courrier de mission – le Défap ». Comme elle a pu le souligner, cette session commune à tous les envoyés, qui se déroule traditionnellement durant la première moitié du mois du juillet et au cours de laquelle tous les candidats au départ se retrouvent au 102 boulevard Arago, à Paris, est « une marque de fabrique de notre institution : on ne part pas seulement en mission pour soi-même ; on s’inscrit dans un projet ». Cette période passée en commun au siège du Défap est, entre autre, un moment clé pour permettre à tous de prendre conscience de cette histoire longue et de ces relations tissées depuis longtemps par-delà les cultures et les frontières dans lesquelles les envoyés vont s’inscrire.

 

Comment se passe la formation et le suivi des “envoyé·e·s”, émission présentée par Marion Rouillard

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 16 août 2022 sur Fréquence Protestante

 

Laura Casorio a aussi eu l’occasion de détailler cette période si particulière qui précède l’envoi en mission : période cruciale, même si elle n’est pas la plus visible. Ainsi, pour le Défap comme pour les candidats au départ, « la mission est beaucoup plus longue que ce qui se passe sur le terrain », rappelle-t-elle au micro de Marion Rouillard. « Elle commence au moment de la validation de la candidature, et se termine au moment où l’on se dit au revoir après la session retour ». La session de formation proprement dite est ainsi l’aboutissement d’un processus qui dure plusieurs mois : le recrutement est ainsi scandé par une série d’entretiens successifs avec la CEP, la Commission Échange de Personnes ; un temps nécessaire pour que les candidats au départ puissent s’interroger sur leurs motivations au départ, sur les missions qu’ils et elles seront amenés à accomplir.

« La mission dure beaucoup plus longtemps que ce qui se passe sur le terrain »

Au cours de la formation proprement dite, souligne Laura Casorio, « nous consacrons beaucoup de temps aux enjeux de l’interculturel : d’abord avec des sociologues, pour fournir aux envoyés des grilles de lecture des paramètres à prendre en compte lors des relations sur place ; pour les préparer aux relations avec d’autres croyances, aux relations avec l’autre et avec ses manières différentes de communiquer ; pour les préparer aux manières différentes de gérer les conflits… » Cette période est aussi l’occasion de faire « un travail sur leurs motivations », sur leurs manières de se ressourcer : il est important de savoir doser les efforts sur la durée, d’où la nécessité aussi de « bien se connaître pour savoir comment réagir face à des situations qui peuvent être inattendues ». Enfin, la formation est aussi un temps indispensable pour fournir avant le départ « des conseils pratiques, administratifs, des informations sur le contexte de la mission »…

Vue de la session 2022 de la formation des envoyés du Défap © Défap

Cette période de formation s’inscrit dans tout un contexte : non seulement elle suit une période longue de sélection des candidatures, mais elle se prolonge ensuite par un suivi régulier des envoyés pour pouvoir évaluer la manière dont ils s’adaptent au contexte qu’ils trouvent sur place, comment ils s’approprient la mission et s’y inscrivent… Et même après le retour en France, les envoyés seront invités à revenir au Défap (généralement au cours d’un mois d’octobre suivant leur retour) pour participer à une séance de « debriefing », échanger sur ce qu’ils auront découvert et vécu sur place, envisager l’avenir, à la fois sur le plan personnel et en lien avec les partenaires qu’ils auront découverts en cours de mission, notamment le Défap lui-même… Une dernière étape elle aussi importante, car autant les attentes des uns et des autres diffèrent au moment du départ, autant la manière d’envisager les suites de la mission sont nombreuses.

Comme le souligne Laura Casorio, l’envoi en mission par le Défap s’inscrit dans un dispositif d’État, avec des obligations propres, notamment en ce qui concerne le respect de la laïcité : ainsi, le Défap envoie en mission des volontaires aux profils très divers. Ils peuvent être « médecins, enseignants, ingénieurs »… Certains peuvent être protestants, d’autres non. Certains sont jeunes et ne sont jamais partis à l’étranger, d’autres au contraire ont déjà eu l’occasion de vivre hors de France pour des périodes plus ou moins longue… Certains partent seuls, d’autres en couple voire en famille. Beaucoup envisagent de revenir en France, soit pour y poursuivre une activité professionnelle, soit pour y reprendre des études, et cette période « d’atterrissage » après la mission est une étape à ne pas négliger. D’autres, enfin, voyageurs au long cours, envisagent plutôt de passer de longues années, voire toute leur vie à l’étranger. Pour tous ces profils, le Défap ne dispense donc pas une formation technique : il s’agit, avant de partir, « de donner des outils pour faciliter les relations sur place ». Et permettre que cette période de l’envoi en mission ouvre sur autre chose – ce qu’il s’agira de découvrir sur place : car on revient toujours différent de ce que l’on était au moment du départ. « Les échanges, ça vous change »…




Courrier de mission : en communion de prière avec Haïti

À l’occasion de l’appel à la prière lancé pour le dimanche 19 juin par la Fédération protestante de France, Marion Rouillard revient, dans « Courrier de mission », sur la situation extrêmement précaire d’Haïti. Ses invités, Laura Casorio et Sylvain Cuzent, évoquent les conditions dans lesquelles s’est tenue la 37ème Assemblée générale de la Fédération protestante d’Haïti, au cours de laquelle a été diffusé un message de soutien de la Fédération protestante de France. Et ils évoquent le rôle des institutions protestantes haïtiennes dans un pays en proie à la violence.

Image diffusée par la FPH à l’issue de sa 37ème AG © DR

Le 16 juin dernier, la Fédération protestante de France appelait toutes les paroisses de ses Églises membres à consacrer un temps d’intercession et de prière pour Haïti lors du culte du dimanche 19 juin. Cet appel avait été lancé à l’occasion de la 37ème Assemblée générale de la Fédération protestante d’Haïti, qui venait de se tenir le mardi 14 juin, et à l’initiative de la Plateforme Haïti de la FPF, dont la gestion est assurée par le Défap. Une manière de continuer à porter Haïti dans les préoccupations du protestantisme français, alors que les actions concrètes sont rendues aujourd’hui très difficiles par le contexte de quasi-guerre civile dans lequel se trouve le pays. Surtout, cette demande de prière correspondait à une préoccupation exprimée par le protestantisme haïtien ; que l’on continue à parler d’Haïti, dont les besoins sont si pressants, même s’il est impossible pour l’heure de se rendre sur place. Dans l’émission « Courrier de mission – le Défap », Marion Rouillard revient sur la situation d’Haïti et sur le contexte de cet appel à la prière, en compagnie de ses invités : Laura Casorio, responsable du service Relations et solidarité internationales au Défap, et Sylvain Cuzent, qui a été envoyé du Défap en Haïti et fait partie des personnes ressources régulièrement consultées par la Plateforme Haïti. Tous deux ont pu participer en distanciel, ainsi que les membres de la Plateforme, et en dépit des difficultés techniques, à la réunion de la FPH du 14 juin ; une réunion dont la date avait été déplacée du fait des problèmes de sécurité que connaît Haïti, et qui s’est tenue dans des conditions difficiles. La Fédération protestante de France a manifesté son soutien via un message vidéo de son président, François Clavairoly, qui a été diffusé devant l’assemblée.

Le Premier ministre Ariel Henry s’exprimant lors de la 37ème AG de la FPH © DR

Présent sur place, le Premier ministre haïtien, Ariel Henry, s’est dit conscient de la gravité de la situation du pays. Sa présence, a-t-il souligné, témoignait de la reconnaissance de l’État envers le travail de la Fédération protestante d’Haïti. Ariel Henry a ainsi félicité la FPH pour son engagement et l’a encouragée à œuvrer au bien-être du pays : « Haïti est traversée par une sévère crise sociopolitique mais surtout une crise éthique et morale. La transformation du pays passe par l’engagement de la fédération. » Le président de la FPH, le pasteur Calixte Fleuridor, a profité de sa présence pour dénoncer : « Premier ministre, on en a assez de l’inflation, de l’insécurité, du kidnapping », soulignant l’absence du vice-président de la fédération à cause de l’enlèvement de son enfant il y a six jours.

1700 écoles fermées du fait des violences

L’appel à la prière d’intercession de la FPF, émission présentée par Marion Rouillard

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 22 juin 2022 sur Fréquence Protestante

 

Cette impuissance du politique face à la violence, et ces liens entretenus malgré tout entre le protestantisme français et le protestantisme haïtien, Laura Casorio et Sylvain Cuzent ont eu l’occasion de les évoquer largement au micro de Marion Rouillard. Comme le souligne Laura Casorio, c’est en s’inspirant directement de la FPF que la Fédération protestante d’Haïti a pu se mettre en place : car s’il existe, de par le monde, beaucoup de conseils œcuméniques, les exemples de fédérations protestantes sont bien plus rares. D’où la médaille qui a été symboliquement décernée à François Clavairoly lors de cette AG, en reconnaissance des liens établis entre FPF et FPH. D’où, également, les échanges réguliers via la Plateforme Haïti. Et maintenir ces échanges est d’autant plus important, comme le souligne pour sa part Sylvain Cuzent, « qu’il est impossible aujourd’hui d’entrer en Haïti sans courir des risques considérables d’être enlevé, tué par les gangs qui se disputent le territoire. »

« Nos partenaires, témoigne Sylvain Cuzent, nous racontent cette situation de violence extrême : souvent, ils ne peuvent pas se déplacer pour travailler. » Christon St Fort, le président de la Fédération des écoles protestantes d’Haïti (FEPH), évoque ses collaborateurs qui ne peuvent plus aller dans les écoles pour des actions de formation. L’éducation est ainsi directement victime de la violence : environ 1700 écoles sont fermées, d’autres restent ouvertes mais sont rançonnées ; d’autres encore ont embauché des gardes armés ; des enfants ont été tués dans les enceintes des écoles… Quant à la FPH, elle est obligée de restreindre son action à certains lieux moins touchés que les grandes villes comme Port-au-Prince, Les Cayes, Jacmel, ou Cap-Haïtien : notamment les zones rurales.

« Ce que nous demandent nos partenaires, conclut Laura Casorio, c’est qu’Haïti ne soit pas oublié. » D’où l’importance de rester en communion, y compris par des appels à la prière. Sachant que la crise va durer : les principaux pays qui ont des liens historiques avec Haïti, au premier rang desquels on trouve les États-Unis et la France, ont d’autres priorités aujourd’hui.




Courrier de mission : rencontre avec l’Église Protestante de Guyane

L’émission « Courrier de mission – le Défap » diffusée le 25 mai 2022 sur Fréquence protestante était consacrée à l’Église Protestante de Guyane. Avec deux invités au micro de Marion Rouillard : Jeanne Mounkala, présidente du Conseil presbytéral ; et Gérard Krebs, pasteur de retour de Guyane, où il était en mission courte, envoyé par le Défap.

Membres de l’Église Protestante de Guyane entourant Christian Seytre, président de la Ceeefe, lors de son passage à Cayenne © EPG

Une Église cosmopolite, multiculturelle, à l’image de la Guyane : c’est ainsi que Jeanne Mounkala décrit l’Église Protestante de Guyane (EPG), dont elle est la présidente. Une petite communauté d’une trentaine de familles, que le Défap a accompagnée régulièrement pendant des années à travers le financement d’un poste pastoral, et continue à accompagner à travers des envois de pasteurs en missions courtes. Gérard Krebs, pasteur à la retraite, a été le dernier de ces envoyés en date. Tous deux ont été les invités de Marion Rouillard pour l’émission « Courrier de mission – le Défap » qui a été diffusée le 25 mai 2022 sur Fréquence protestante.

Sur une terre guyanaise essentiellement marquée par le catholicisme, « nous sommes la seule Église qui porte la voix luthéro-réformée », souligne notamment Jeanne Mounkala. Voilà pourquoi elle pense « qu’il y a une vraie place pour notre communauté en Guyane ». Au-delà de cet héritage luthéro-réformé, qui marque les origines de l’EPG, Jeanne Mounkala met aussi en avant sa diversité. Diversité d’origine des membres de la communauté : ils viennent aussi bien de la « France hexagonale » que de la Guadeloupe, du Congo ou du Cameroun, de Madagascar, de la Côte d’Ivoire… Diversité dans les manières de vivre leur foi, également, qui font de la petite EPG une Église ouverte : elle accueille des membres réformés, luthériens, mais aussi baptistes ou issus du milieu évangélique… Cette richesse, Jeanne Mounkala comme les membres de l’Église ont à cœur de la faire découvrir dans la société guyanaise, où l’EPG reste souvent discrète : « il y a des gens qui nous découvrent lorsque nous sommes interviewés à la radio, à l’occasion d’un reportage télévisé »… Une occasion à chaque fois de porter leur témoignage. Mais l’EPG n’en a pas moins ses propres défis.
 

Rencontre avec l’Église Protestante de Guyane, émission présentée par Marion Rouillard

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 25 mai 2022 sur Fréquence Protestante

 

Le premier, comme le résume Jeanne Mounkala au micro de Marion Rouillard, c’est la difficulté à retenir ses membres et à attirer des Guyanais. Église cosmopolite, l’EPG est aussi une « Église de transit ». « Des gens viennent au sein de notre communauté, restent trois-quatre ans, puis repartent », témoigne Jeanne Mounkala ; avec comme conséquence que l’Église « doit s’adapter tout le temps » à ce renouvellement de ses membres. Une caractéristique qui tient à son histoire : issue de l’aumônerie militaire française, l’EPG n’existe en tant qu’Église que depuis 1997. Et pendant longtemps, c’était l’aumônier protestant des forces françaises à Kourou qui était le pasteur de l’EPG. Aujourd’hui, l’Église a noué des liens dans son environnement ecclésial : d’abord avec des communautés membres de la Fédération Protestante de France, comme l’Armée du Salut, qui peut lui permettre de bénéficier de l’accompagnement d’un de ses pasteurs lors de mariages, de décès… Avec, aussi, des communautés du milieu évangélique comme l’Église du Nazaréen. Elle fait ainsi partie du Pôle Protestant de Guyane, et entretient un dialogue régulier avec l’Église catholique ainsi qu’avec la communauté musulmane.

Quant au deuxième défi, c’est celui de la visibilité. Un problème indissociable des moyens humains et matériels : l’EPG n’a pas de lieu de culte propre. Elle est hébergée par l’Église catholique, et ses cultes se déroulent à l’église Sainte-Anne et Saint-Joachim, à Rémire-Montjoly. Si les relations sont bonnes, cette absence de bâtiment attitré constitue un frein pour retenir des invités de passage. Tout comme l’absence de pasteur… Le dernier pasteur présent de manière permanente à Cayenne, c’était le pasteur Dominique Calla, qui était alors envoyé par le Défap. Mais son départ remonte à plusieurs années. Les missions courtes pour permettre un accompagnement pastoral de l’EPG « en pointillé » ne compensent pas cette absence le reste de l’année. Et elles compensent d’autant moins que l’EPG a eu, comme les Églises de France, à surmonter le choc de la pandémie de Covid-19…

« Une communauté extrêmement attachante »

C’est précisément durant cette période que Gérard Krebs a découvert la Guyane et l’EPG. « Je suis arrivé début 2021, témoigne-t-il au micro de Marion Rouillard ; et j’ai dû respecter les 7 jours de confinement. Après, heureusement, la situation sanitaire s’est améliorée. » Dans sa vie de pasteur, il a déjà connu de telles prises de poste dans des contextes compliqués : il avait notamment passé plusieurs années à Nouméa, où il avait pris un poste pastoral juste après la tragique prise d’otages d’Ouvéa, qui avait marqué le point culminant et la fin de la période de violences que l’on baptise pudiquement les « événements » en Nouvelle-Calédonie.

À Cayenne, « j’ai pu découvrir une communauté extrêmement attachante ; petite, mais avec énormément de potentiel », souligne Gérard Krebs. « Une communauté jeune, un peu livrée à elle-même faute de pasteur titulaire depuis 2017, mais qui est toujours bien présente depuis 5 ans, et pleine d’espérance. C’était important que le Défap et la Ceeefe (la Communauté des Églises protestantes francophones) puissent témoigner leur solidarité à l’égard cette communauté par l’envoi de plusieurs pasteurs en mission courte. Cet accompagnement a permis à l’Église de traverser la période difficile de la pandémie, et de garder la flamme allumée ». Pendant qu’il était présent sur place, Gérard Krebs a pu assurer les cultes, aller à la rencontre des membres de la communauté ; mais au-delà, il a pu initier une collaboration avec la radio RCF pour renforcer la visibilité de l’EPG en Guyane. Un projet qui s’est poursuivi même après son retour en France, puisqu’une série d’émissions ont été enregistrées depuis Strasbourg pour être diffusées en Guyane tout au long de l’année. Ce projet a été rendu possible grâce à la collaboration entre RCF Alsace et RCF Guyane. Enfin, il a initié une collaboration avec Théovie, le service de formation biblique et théologique à distance de l’EPUdF, ainsi qu’avec la Coordination pour la formation continue de l’UEPAL, pour aider à la formation d’un petit groupe de membres de l’EPG.

La visibilité dans le paysage guyanais, « un immense défi pour l’EPG »

Mais cette question de la visibilité dans le paysage guyanais (« un immense défi pour l’EPG », comme le souligne Gérard Krebs) se heurte aussi à des spécificités locales. Comme la question des relations avec les autorités publiques. En Guyane comme dans d’autres territoires ultramarins, ce n’est pas la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905 qui règle ces relations : elle ne s’y applique pas. Ce sont les décrets Mandel, des décrets-lois du 16 janvier et du 6 décembre 1939 pris par le président de la République Albert Lebrun et par le ministre des colonies Georges Mandel, qui permettent de déroger au principe de la laïcité actuellement en vigueur en France métropolitaine (à l’exception de l’Alsace-Lorraine). Ces textes permettant un financement public du culte (comme c’est le cas en Alsace-Lorraine), avec comme conséquence que les communautés qui peuvent en bénéficier y gagnent aussi une forme de reconnaissance de la part des autorités publiques. Or l’EPG n’est pas dans ce cas de figure, contrairement à l’Église catholique. Même si, du côté des catholiques comme des autres cultes reconnus, « il y a de plus en plus une volonté de se libérer du carcan des décrets Mandel », souligne Gérard Krebs : ainsi, ce soutien public à l’Église catholique se borne aujourd’hui au financement de… 11 prêtres.

Une meilleure reconnaissance de la part des autorités publiques, une meilleure visibilité et la poursuite du dialogue œcuménique et interreligieux : tels sont donc les enjeux auxquels est confrontée l’Église Protestante de Guyane aujourd’hui. Avec, au-delà, toute la délicate question des moyens à mettre en œuvre pour réussir pleinement à prendre racine dans la société guyanaise : un lieu propre pour ses cultes, un poste pastoral pourvu en permanence. Le chemin est encore long, et l’accompagnement par la Ceeefe et le Défap d’autant plus nécessaire.




Courrier de mission : rencontre avec l’Église évangélique du Congo

Le passage en France, au cours du mois de mars 2022, du nouveau président de l’Église évangélique du Congo (EEC), a donné l’occasion à Marion Rouillard d’évoquer les relations du Défap avec cette Église membre de la Cevaa. Juste Alain Gonard Bakoua, président de l’EEC, et Laurent Loubassou, doyen de la Faculté de théologie protestante de Brazzaville, étaient ainsi tous deux invités de l’émission du Défap diffusée le 27 avril sur Fréquence protestante.

Le président de l’Église Évangélique du Congo, le pasteur Juste Alain Gonard Bakoua © Défap

Le Congo-Brazzaville est un des pays d’Afrique où l’influence du christianisme est la plus visible, même si la porosité avec les religions traditionnelles rend difficile une évaluation précise. Si l’on se fie aux chiffres du Quai d’Orsay, 90% de la population y est chrétienne, le reste se répartissant entre islam et animisme. Les chiffres du World Christian Database se veulent un peu plus précis, en comptabilisant 89,79% de chrétiens, 4,76% d’animistes et 1,39% de musulmans. Le CIA Worldfactbook, autre référence internationale, donne toutefois des évaluations différentes, le christianisme représentant selon ces données 77,5% de la population (dont 33,1% pour l’Église catholique, 22,3% pour les Églises du renouveau ou du réveil, 19,9% pour les protestants et 2,2% pour l’Armée du Salut), l’islam 1,6%, les Kimbanguistes 1,5%, et les sans religion déclarée 11,3% (les 8,1% restants représentant d’autres croyances minoritaires). Quant au portail national du Congo, il indique que 50% des habitants du pays se rattachent au christianisme, 48% à l’animisme et 2% à l’islam. Au bout du compte, les pratiques religieuses sont très souvent teintées d’animisme, comme le souligne une maxime populaire selon laquelle « le chrétien et le musulman prient tous deux avec un fétiche dans la poche ».

Au sein des quelque 5,38 millions d’habitants (selon les données de 2019 de la Banque mondiale), ce qui fait du Congo-Brazzaville un petit pays par rapport à son immense voisin qu’est la République démocratique du Congo avec une population de près de 90 millions de personnes, l’EEC ou Église évangélique du Congo revendique environ 200 000 membres. Elle est membre de la Cevaa – Communauté d’Églises en mission, et entretient des relations de longue date avec le Défap. Elle est née officiellement le 15 juillet 1961, issue du travail des missions scandinaves (et principalement suédoises) qui étaient présentes dans le pays depuis 1909. Elle est membre du Conseil Œcuménique des Églises Chrétiennes du Congo (COECC), qui comprend également l’Église catholique, l’Armée du Salut, l’Église luthérienne du Congo et l’Église orthodoxe grecque du Congo.
 

Rencontre avec l’Église évangélique du Congo, émission présentée par Marion Rouillard

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 27 avril 2022 sur Fréquence Protestante

 

Depuis fin 2020, l’Église Évangélique du Congo est présidée par le pasteur Juste Alain Gonard Bakoua, après quatre années d’une présidence controversée, celle d’Édouard Moukala. Le changement de président s’est d’ailleurs accompagné, en novembre 2020, d’une décision exceptionnelle : le pasteur Moukala a été révoqué et chassé définitivement par décision collégiale de tous les membres du conseil synodal ordinaire de l’EEC. Depuis lors, le nouveau président s’efforce de renouer avec les partenaires de l’EEC, après plusieurs années qui ont vu les relations se distendre. Présent en France au mois de mars 2022, il a été interviewé par Marion Rouillard pour l’émission Courrier de mission – Le Défap, diffusée le 27 avril sur Fréquence protestante. Également présent pour cette émission, Laurent Loubassou, doyen de la Faculté de théologie protestante de Brazzaville, a présenté pour sa part les enjeux et les défis de la formation théologique en République du Congo. Laurent Loubassou prépare par ailleurs une thèse en Histoire des religions et anthropologie religieuse sur « Le prophétisme au Levant ancien ».

Dans cet entretien, Laurent Loubassou souligne notamment l’importance des relations entre l’EEC et le Défap dans le domaine de la formation – beaucoup d’enseignants de la Faculté de théologie protestante de Brazzaville étant eux-mêmes d’anciens boursiers du Défap. Et l’aide précieuse que peut représenter le Service protestant de mission lorsqu’il s’agit de publier des travaux universitaires – du fait notamment du déficit en maisons d’édition ad hoc au Congo-Brazzaville. Juste Alain Gonard Bakoua est revenu pour sa part sur les défis que connaît actuellement son Église, et qui concernent notamment la formation pastorale, mais aussi les questions de gouvernance ; ainsi que la mission sociale, l’évangélisation, l’accompagnement des jeunes…




Courrier de mission : Kareen et le SFE

Kareen est une « envoyée portée » du Défap : issue de l’Église MLK de Créteil, elle a rejoint le SFE (le Service Fraternel d’Entraide) pour y travailler à la gestion de l’eau et de l’éducation en Asie du Sud-Est. Elle était invitée par Marion Rouillard lors de l’émission « Courrier de mission – le Défap » du 23 mars 2022.

L’un des lieux d’intervention du Service Fraternel d’Entraide © SFE

 
Les organismes opérant dans le domaine de la solidarité internationale et disposant d’un agrément pour l’envoi de VSI (Volontaires de Solidarité Internationale) sont peu nombreux, et les pouvoirs publics encouragent la pratique du « portage » – c’est-à-dire que d’autres organismes voulant bénéficier de ce statut auront tout intérêt à se rapprocher de ceux déjà agréés. C’est une garantie en ce qui concerne la formation et le suivi des volontaires. Dans le milieu protestant, le Défap, disposant de cet agrément, est ainsi en relation avec de nombreux autres organismes dont il forme et suit les envoyés au cours de leur mission. Ce qui permet d’entretenir un dialogue régulier et fécond avec des institutions très diverses.

Kareen fait partie de ces « envoyées portées ». Membre de l’Église Martin-Luther-King de Créteil, une mégachurch en constant développement, et qui, avec le soutien de la Fondation du Protestantisme, a pu concrétiser un projet audacieux de bâtiment accueillant à la fois des cultes et des manifestations laïques comme des congrès, elle évoque sans détour sa foi et la manière dont elle inspire ses décisions et son parcours de vie. Elle a auparavant suivi des études à l’Institut biblique de Genève. Elle est actuellement en mission en Asie du Sud-Est avec le SFE (le Service Fraternel d’Entraide), l’un des partenaires réguliers du Défap dans le cadre de ces relations de « portage ». Elle était l’invitée le 23 mars dernier de Marion Rouillard pour l’émission « Courrier de mission – le Défap » sur Fréquence Protestante.

Kareen et le SFE, émission présentée par Marion Rouillard

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 23 mars 2022 sur Fréquence Protestante

 

Ayant fait des études en hydro-géologie, Kareen est arrivée sur son lieu de mission en novembre 2019. Elle a suivi le travail d’un logisticien du bureau local jusqu’en juin 2020. Suite à cela, elle poursuit son expérience en rejoignant un nouveau projet communautaire, pour apporter son appui dans les villages dans les domaines de l’eau-assainissement et de l’éducation. Les problèmes liés à l’eau supposent notamment de sensibiliser les populations des villages concernés au problème de la qualité de l’eau, de mettre en place des toilettes et des systèmes permettant de lier les ressources en eau souterraines, non polluées, aux maisons, pour que les villageois aient de l’eau propre pour leurs activités quotidiennes. Ensuite, pour obtenir de l’eau portable, il faut encore ajouter un filtre en céramique qui élimine la plus grande partie des impuretés résiduelles. L’important étant que ces projets soient véritablement portés par la population locale : le travail d’information préalable, et de sensibilisation aux enjeux de l’eau, est donc crucial, pour que les populations concernées en voient tout l’intérêt et participent à la mise en place des projets.

Le SFE a commencé en 2017 un projet d’éducation à la santé avec pour objectif de réduire la pauvreté. Une nouvelle phase du projet a démarré en 2021 dans 10 nouveaux villages pauvres, 5 centres de santé, un hôpital de district et l’hôpital provincial. Utilisant le personnel hospitalier précédemment formé comme formateurs, cette approche permet de renforcer les pratiques acquises et de développer un système de formation continue entre l’hôpital et les centres de santé. Ciblant plus particulièrement la santé mère-enfant et des adolescents, ce projet impacte plus largement tous les villageois en promouvant un développement proactif et durable et en abordant tous les problèmes de santé couramment rencontrés.




Courrier de mission : les défis de l’éducation en Haïti

Christon St Fort, président de la FEPH (la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti) et Sylvain Cuzent, qui a été envoyé du Défap deux ans dans ce pays, étaient tous deux les invités de Marion Rouillard lors de l’émission du 26 janvier de « Courrier de mission – Le Défap », diffusée sur Fréquence Protestante.

Une classe en Haïti © Sophie Reille pour Défap

Haïti fait partie de ces pays dont on n’entend le plus souvent parler qu’à l’occasion de catastrophes. Les tremblements de terre y sont fréquents : le dernier en date s’est produit peu avant la mi-janvier. L’île se situe en effet à la jonction entre la plaque tectonique Caraïbe et la plaque nord-américaine, d’où des mouvements fréquents. Avant cela, un autre séisme s’était produit en août 2021. Le plus violent au cours de ces dernières années s’était produit en 2010 : il s’était traduit par la destruction d’une bonne partie de la capitale, Port-au-Prince, faisant 280.000 morts, 300.000 blessés et 1,3 million de sans-abris. Les cyclones y sont aussi fréquents et destructeurs. Et la société haïtienne elle-même est fortement instable : instabilité politique (illustrée par l’assassinat du président Jovenel Moïse), instabilité sociale alimentée par la pauvreté et les inégalités, emprise des gangs qui contrôlent certaines parties du territoire et sont capables de tenir tête à des forces de l’ordre moins bien armées…

L’éducation, prioritaire pour permettre aux Haïtiens de prendre leur destin en main

Mais une bonne partie des maux d’Haïti proviennent de la société haïtienne elle-même. Si les tremblements de terre y sont aussi meurtriers, c’est parce que les constructions y sont fragiles et inadaptées au risque sismique. Si les tempêtes font autant de dégâts, c’est parce que l’île a subi une déforestation galopante depuis deux siècles, au point que 95% de sa couverture végétale a disparu, accroissant les risques d’inondations et de glissements de terrain. Si la société y est aussi inégale, c’est en grande partie par défaut d’éducation, qui bride toute possibilité d’ascension sociale.

Au-delà des besoins d’intervention dans les situations d’urgence, l’éducation est donc un secteur prioritaire pour permettre aux Haïtiens de prendre leur destin en main. C’est précisément un secteur dans lequel le Défap est engagé, à travers son partenariat avec la FEPH, la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti. Christon St Fort, son directeur, était précisément l’invité en janvier de Marion Rouillard dans l’émission « Courrier de mission – le Défap« , diffusée sur Fréquence Protestante le 4ème mercredi de chaque mois, de 13h15 à 13h45.

Haïti et la FEPH, émission présentée par Marion Rouillard

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 26 janvier 2022 sur Fréquence Protestante

 

En Haïti, l’éducation est un secteur où les besoins sont criants : selon les chiffres de la Banque Mondiale, plus de 200.000 enfants ne sont pas scolarisés. Les écoles publiques sont une petite minorité (9 écoles sur 10 sont des établissements privés); et le niveau général est tellement faible que moins de 5% d’une classe d’âge obtient le bac. Dans ce contexte, la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti, grâce à son réseau de plus de 3000 écoles protestantes, revendique la scolarisation de 300.000 enfants. Elle est soutenue directement par le Défap à travers des financements directs et à travers ses envoyés ; elle fait aussi partie des partenaires privilégiés de la Plateforme Haïti, mise en place sous l’égide de la Fédération protestante de France et où le Défap se retrouve aux côtés de divers acteurs du protestantisme français impliqués dans ce pays, comme La Cause ou la Mission Biblique.

« Aider les enfants à acquérir une culture de la prévention »

Christon St Fort © Défap

Au cours de cette émission, Christon St Fort a souligné les défis auxquels les écoles haïtiennes doivent s’adapter – comme celui de l’insécurité : « nous vivons une situation exceptionnelle avec la présence de « poches » qui sont contrôlées par des gangs », a-t-il rappelé, avant d’évoquer les mesures prises pour contourner ce problème : suivi à distance, changement des horaires de cours… Mais il a aussi souligné l’importance de la formation des élèves aux « gestes qui sauvent » dans le cadre de la gestion des risques de désastres. « Le séisme du 12 janvier 2010, rappelle-t-il, nous a amenés à comprendre combien il est important d’aider les enfants à acquérir une culture de la prévention ; par l’éducation, on peut ainsi aboutir à un changement des comportements. Dans ce travail, nous sommes accompagnés par des partenaires : l’un d’eux, présent depuis l’origine, c’est le Défap. Dès 2010 et jusqu’à aujourd’hui, il a accompagné la FEPH dans son programme de gestion des risques de désastres. Et grâce à ce programme, des milliers d’enfants connaissent aujourd’hui les gestes qui sauvent lors d’une catastrophe. »

Sylvain Cuzent, qui a été envoyé en Haïti pendant deux ans à partir de 2013, prenant la suite du pasteur Philippe Verseils, était également invité lors de cette émission pour rappeler le soutien du Défap depuis le séisme du 12 janvier 2010. Il a souligné notamment « l’importance de la relation fraternelle, de confiance » qui s’est établie avec la FEPH. Si le Défap « n’est pas le premier partenaire financier de la FEPH, c’est une organisation qui peut proposer des moyens très spécifiques, notamment grâce à ses envoyés : le Défap a ainsi pu apporter à la FEPH un appui technique dans le domaine de la gestion de projets, de la recherche de financements, en matière de pédagogie… »




Soledad André : du Liban à la France, accompagner les réfugiés

L’accueil de familles de réfugiés syriens en France, via le dispositif des « couloirs humanitaires », a repris en cette fin d’année, suite à la signature d’un nouveau protocole d’accord avec le ministère de l’Intérieur et le ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères. Ce dispositif, mis en place en 2017 et dont la prolongation a été annoncée par la Fédération de l’Entraide Protestante (FEP) et la Fédération Protestante de France (FPF), s’appuie sur la mobilisation de centaines de collectifs citoyens offrant sur tout le territoire un logement gracieux aux personnes accueillies, au-delà des cercles protestants. Soledad André, envoyée du Défap au Liban comme chargée de mission de la FEP dans le cadre de ce projet des « couloirs humanitaires », évoque sa mission au micro de Benjamin Bories dans l’émission « L’invité de la FPF ».

Soledad André, envoyée du Défap au Liban comme chargée de mission de la FEP © FPF

Le 16 novembre dernier, la Fédération de l’Entraide Protestante et la Fédération Protestante de France annonçaient la signature d’un nouveau protocole d’accord avec le ministère de l’Intérieur et le ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères. Il devait permettre l’accueil en France de 300 personnes réfugiées en provenance du Liban, prolongeant l’engagement initial dit « des couloirs humanitaires » signé en 2017 avec les mêmes ministères. Depuis, les arrivées de réfugiés en provenance du Liban ont pu reprendre à Roissy. Pour permettre leur accueil, il a fallu mettre en place une structure inédite, associant notamment des ONG et des institutions liées aux Églises, mais aussi des centaines de collectifs citoyens sur le territoire français pour héberger, accompagner, aider à l’apprentissage de la langue… Ce projet associe donc de nombreux partenaires, à la fois au Liban où il faut déterminer quelles personnes ou familles peuvent entrer dans le cadre des « couloirs humanitaires » avant de les accompagner dans leur démarche d’obtention de visa, et en France même.

Soledad André intervient au Liban. Elle est envoyée du Défap comme chargée de mission pour la Fédération de l’Entraide Protestante. Après la formation au départ suivie au siège du Défap, à Paris, elle a rejoint Beyrouth. Elle y a été rejointe récemment par une autre envoyée du Défap pour renforcer le dispositif. Elle évoque ci-dessous sa mission au micro de Benjamin Bories dans l’émission « L’invité de la FPF » :

Pour comprendre comment un tel réseau s’est constitué, il faut revenir à 2016, et en Italie. Cette année-là, plus de 5000 migrants tentant d’atteindre les côtes européennes étaient morts en Méditerranée. Chaos libyen, embarcations fragiles et surchargées par les passeurs, multiplication des voyages pour tenter de contourner la surveillance des garde-côtes italiens : autant de facteurs qui avaient fait de 2016 une année particulièrement meurtrière – avec en outre une série de drames fortement médiatisés qui avaient créé un choc au sein des opinions publiques européennes. La provenance de ces naufragés venus mourir en Méditerranée, les « routes de l’exil » entre lesquelles ils avaient dû choisir, dessinaient une géographie de la fuite et du malheur jusqu’alors inconnue du grand public, dans laquelle les guerres dans des pays comme l’Irak ou la Syrie se traduisaient par des mouvements de populations allant vers la Jordanie, les camps du Liban, voire jusqu’en Afrique du Nord. Et la seule réponse des politiques européennes était la fermeture des frontières.

C’est d’abord au sein de la Communauté catholique de Sant’Egidio qu’était née l’idée des « couloirs humanitaires ». Ses juristes spécialistes du droit des étrangers avaient su utiliser les textes européens pour imaginer un dispositif destiné prioritairement aux réfugiés les plus vulnérables : enfants et familles monoparentales, patients en attente de soins urgents, personnes en butte à des persécutions. Il avait été mis en place en association avec la FCEI et avec l’Église vaudoise, membre de la Cevaa. Une opération rendue possible non seulement par l’engagement des Églises qui avaient décidé de le prendre en charge, mais aussi grâce à l’appui de bénévoles et d’associations se chargeant d’accueillir les réfugiés et de les aider à s’intégrer au sein de la société italienne.

Devant le succès de cette initiative, le modèle devait être repris dès l’année suivante en France, par le biais d’un protocole d’entente signé à l’Élysée et associant les ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères à cinq partenaires issus du milieu des Églises. Les réfugiés arrivant en France via ce dispositif se retrouvaient dès lors accueillis légalement dans le réseau de la FEP et de ses partenaires locaux ; des collectifs et des hébergements pour lesquels se mobilisaient nombre de bénévoles issus notamment de l’Église protestante unie de France (EPUdF) ou de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), deux des unions d’Églises constitutives du Défap.

Aujourd’hui, les « couloirs humanitaires » ont conquis leur légitimité. La signature du nouveau protocole d’accord en ce mois de novembre, et la reprise de l’accueil de familles de réfugiés en France, en sont la preuve.




Courrier de mission – Le Défap : Karen Smith et l’Église évangélique au Maroc

Retour sur « Courrier de mission – Le Défap » , une émission désormais présentée par Marion Rouillard sur Fréquence Protestante. En ce mois de novembre, elle a interviewé Karen Smith, aumônier de l’université d’Ifrane et présidente de l’Église évangélique au Maroc.

Karen Smith © F. Lefebvre-Billiez pour Défap

« Courrier de mission – Le Défap » , l’émission mensuelle du Défap diffusée sur Fréquence Protestante, évolue : elle est désormais présentée par Marion Rouillard, qui nous emmène à la rencontre des partenaires du Défap. Elle donnera ainsi la parole à celles et ceux qui vivent la mission, soit dans diverses communautés ecclésiales entretenant des liens avec le Service protestant de mission, soit en tant qu’envoyés du Défap : autant de manières de vivre la rencontre, par-delà les distances géographiques et culturelles.

Karen Smith et l’Église évangélique au Maroc

«Courrier de mission – le Défap» du 17 novembre 2021.
Émission consacrée au Défap, animée par Marion Rouillard sur Fréquence Protestante

Pour cette émission du mois de novembre, la première invitée de Marion Rouillard était Karen Thomas Smith. L’occasion tout d’abord d’évoquer le parcours singulier de cette Américaine née dans une famille baptiste du Kentucky, qui est aujourd’hui aumônier de l’université d’Ifrane, au Maroc. Elle est également présidente de l’EEAM, l’Église Évangélique Au Maroc – une communauté membre de la Cevaa – Communauté d’Églises en mission, dont les membres d’origines très diverses font cohabiter des branches très différentes du protestantisme.

À son arrivée au Maroc, Karen Smith ignorait tout de l’EEAM : elle était venue dans ce pays avant tout pour trouver un lieu où exercer son ministère sans être séparée de son mari, enseignant de haut niveau en informatique et baptiste comme elle. C’est ainsi qu’ils avaient appris, en 1995, l’existence d’un projet du roi Hassan II de créer de toutes pièces un campus à l’américaine au milieu des montagnes du Moyen Atlas : l’université Al Akhawayn d’Ifrane. Au Maroc, « j’ai d’abord été accueillie et encouragée par l’Église catholique », se souvient ainsi Karen Smith, témoignant au micro de Marion Rouillard. « Puis au fur et à mesure, j’ai découvert l’Église évangélique au Maroc (…) C’est Jean-Luc Blanc [alors président de cette Église, ndlr] qui a fini par me recruter pour donner un coup de main ».

Les défis de l’EEAM

Car l’EEAM avait alors un grand défi à surmonter : le manque de pasteurs. « En 2002, rappelle Karen Smith, nous avions dix paroisses. Mais il n’y avait que deux pasteurs pour tout le Maroc. L’un était issu des ADD [les Assemblées de Dieu, ndlr], l’autre avait été recruté par la Ceeefe », la Communauté des Églises protestantes francophones (anciennement la Commission d’Églises Évangéliques d’Expression Francophone à l’Étranger). Pour la petite communauté de l’EEAM, la Ceeefe représentait, et représente encore, l’ouverture au monde, le lien avec les autres Églises – y compris les Églises françaises. Mais face à ce manque criant du corps pastoral, il a fallu innover… Six ans après son arrivée au Maroc, Karen Smith a ainsi été reconnue comme pasteur au sein de l’EEAM. Puis, il a fallu trouver le moyen de former de jeunes pasteurs sur place : c’est ainsi que s’est développé le projet de l’Institut œcuménique de théologie Al Mowafaqa, en lien avec l’Église catholique, avec une approche unique du dialogue entre le christianisme et l’islam. Outre les étudiants de divers pays qui y viennent, l’Institut permet désormais à l’EEAM d’avoir ses propres pasteurs formés au Maroc. « En 2017, rappelle ainsi Karen Smith, une première promotion a été diplômée : nous avons consacré cinq jeunes pasteurs, dont une femme ; depuis lors, nous avons consacré quatre autres ».

Autre défi pour l’EEAM : accueillir la diversité du protestantisme. À l’origine, l’EEAM avait pour nom « Église réformée évangélique au Maroc », et ses paroissiens étaient essentiellement européens. Mais après une longue période de décroissance dans les années ayant suivi l’indépendance du Maroc, elle a vu de nouveau le nombre de ses fidèles augmenter à partir des années 1990. Aujourd’hui, c’est une Église en croissance ; elle est passée de dix paroisses en 2002, à onze aujourd’hui… mais avec une sociologie qui a beaucoup évolué. Les nouveaux paroissiens viennent pour beaucoup d’Afrique subsaharienne. Nombre d’entre eux sont des étudiants venus à l’université au Maroc. « Ils sont issus de toutes sortes d’Églises protestantes, souligne Karen Smith. Majoritairement, plutôt des Églises de Réveil, des Églises pentecôtistes ; mais il y a aussi des baptistes, des méthodistes, des paroissiens qui nous viennent d’Églises luthéro-réformées… Et notre défi, c’est de faire Église ensemble ».

Depuis longtemps proche du Défap, qui soutient son ministère au Maroc, Karen Smith effectue de manière régulière des visites en France pour y évoquer auprès des Églises françaises son expérience de l’interreligieux. Ce qu’elle fera courant 2022, avec un nouveau voyage en France qui lui donnera l’occasion d’animer une conférence au Défap avant d’effectuer une tournée en Alsace.




Volontariat et solidarité internationale

Dans son travail au quotidien, le Défap n’agit pas seul, mais au sein d’un réseau. Plusieurs réseaux même, dont chacun correspond à un ou plusieurs des domaines d’intervention du Défap. C’est ainsi que l’activité d’envoi de volontaires le met naturellement en lien avec diverses organisations qui partagent les mêmes convictions concernant le rôle du volontariat dans le domaine de la solidarité internationale – et partagent aussi les mêmes questionnements. Illustration avec cette émission de Fréquence Protestante, au cours de laquelle Laura Casorio, responsable des envoyés du Défap, a invité des partenaires.

Photo de groupe des envoyés du Défap lors de la session de formation de juillet 2019 © Défap

De façon naturelle, le Défap, dans ses activités consistant à mettre en lien des Églises, est amené à travailler avec des partenaires du monde protestant : les Églises elles-mêmes, mais aussi des structures qui leur sont liées (organismes de santé, d’enseignement, de développement) ou qui les fédèrent (Fédération protestante de France, Cevaa, Secaar, etc.) ; ainsi qu’avec des partenaires qui sont un peu des homologues (c’est le cas de DM – Dynamique dans l’échange, anciennement dénommé DM – Échange et mission, qui est en quelque sorte le «Défap suisse»). Ce réseau est une force, car il permet une démultiplication des effets des actions de chacun.

Mais au-delà du monde protestant lui-même, l’activité d’envoi de volontaires met tout aussi naturellement le Défap en contact avec des réalités et des préoccupations qui concernent de nombreux acteurs de la solidarité internationale – chrétiens ou non chrétiens. C’est ce qu’illustre Laura Casorio, qui au sein du Défap s’occupe de la formation et du suivi des envoyés, à travers cette émission de Fréquence Protestante, diffusée le 28 avril dernier, et au cours de laquelle elle a invité des acteurs comme le CLONG ou la DCC.

Le CLONG-Volontariat est un collectif, créé en 1979, qui rassemble une douzaine d’associations (dont le Défap) concernées par l’envoi de volontaires hors Union européenne. Il était représenté lors de cette émission par Sébastien Radisson, qui assure la coordination du collectif. La DCC (Délégation Catholique pour la Coopération ) est le service du volontariat international de l’Église catholique en France ; elle envoie des volontaires de solidarité sur des missions de 3 mois à 2 ans, et elle assure, côté catholique, certains rôles qui sont dévolus au Défap côté protestant. Elle fait partie également du CLONG. Elle était représentée par son délégué général, Guillaume Nicolas.

Volontariat et solidarité internationale, présenté par Laura Casorio

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 28 avril 2021 sur Fréquence Protestante

 

Le volontariat de solidarité internationale (VSI) est une force à ne pas négliger : chaque année, ce sont ainsi 2000 volontaires qui partent sous statut VSI par le biais d’une trentaine d’associations agréées. Et si l’on y ajoute d’autres statuts que celui de VSI, ce sont 10.000 personnes qui partent à l’étranger pour agir dans le domaine de la solidarité internationale.

Ces diverses organisations partagent souvent des préoccupations et des visions identiques, et sont concernées par les mêmes questionnements ; d’où l’utilité d’un collectif comme le CLONG, qui constitue une plateforme à travers laquelle elles peuvent partager leurs préoccupations, réfléchir ensemble et coordonner leurs actions. Il n’y a pas que des organisations protestantes ou catholiques au sein de ce collectif : le CLONG-Volontariat réunit toute une diversité d’acteurs, ce qui enrichit les échanges, et fait de cette plateforme un lieu de rencontres entre diverses traditions qui se retrouvent dans une même vision de l’engagement des volontaires au service de la solidarité internationale.

Le CLONG rassemble des acteurs qui envoient des volontaires à l’étranger sous divers statuts, pas seulement en VSI (à travers des organismes comme la fédération Handicap international, ATD Quart Monde, ou d’autres plus modestes comme Envol Vert ou le GREF, le Groupement des retraités éducateurs sans frontières). Plateforme d’échange et de coordination, le CLONG est lui-même en lien avec d’autres collectifs, comme la Coordination SUD, coordination nationale des ONG françaises de solidarité internationale.




Retrouvez le premier des «Ateliers de la mission» sur Fréquence Protestante

Pour la diffusion de la série de webinaires des «Ateliers de la mission», le Défap s’est associé à Fréquence Protestante. Chaque session sera ainsi mise en ligne sur le site du Défap, et rediffusée dès le lendemain par la radio lors de son émission «Vendredi culture». Retrouvez dès ce vendredi le premier atelier du Défap à 17 heures sur Fréquence Protestante.

«Le monde change, la mission aussi» : une thématique qui sous-tend toute la série des «Ateliers de la mission» du Défap, mais qui, au-delà, concerne plus largement tous les organismes missionnaires, toutes les Églises… et interpelle aussi les conceptions que nous pouvons avoir de notre rôle dans la société ; une société aujourd’hui largement déchristianisée, dans laquelle les questions de foi sont de plus en plus repoussées dans la sphère de l’intime et ont de moins en moins de place dans l’espace public… Dès lors, la question de la mission, de ce qu’elle recouvre aujourd’hui, et de la manière dont chacun peut se l’approprier, apparaît comme cruciale, non seulement pour la vie des Églises, mais pour tous leurs membres, à la fois participants d’une communauté ecclésiale ayant des convictions à partager, et participants (souvent actifs) de la société.

La session introductive des «Ateliers de la mission» a eu lieu samedi dernier, le 10 avril ; elle avait pour thème : «La mission, un mot, une histoire», présenté par le missiologue Jean-François Zorn. Vous pouvez dès ce vendredi la réécouter sur Fréquence Protestante à partir de 17 heures. Elle sera ensuite disponible en podcast sur le site de la radio – l’enregistrement vidéo de l’intervention de Jean-François Zorn étant pour sa part accessible sur le site du Défap. Tous les «Ateliers de la mission», qui après la séance introductive, auront lieu un jeudi sur deux jusqu’à la mi-juin, seront ainsi rediffusés dès le lendemain sur Fréquence Protestante lors de l’émission «Vendredi culture».

Retrouvez sur Fréquence Protestante :

Vous pouvez également accéder au support utilisé par le professeur Jean-François Zorn pour cette session introductive des «Ateliers de la mission» :

À revoir, à lire, à télécharger :
• L’enregistrement vidéo du premier webinaire
• Le texte introductif de Jean-François Zorn
• La bibliographie en pdf
• Le programme des «Ateliers de la mission»
• Pour vous inscrire aux sessions suivantes, c’est ici !

 




«Le Défap, un outil des Églises au service de l’universel»

Le Secrétaire général du Défap, Basile Zouma, a participé à l’émission «L’invité de la FPF». Au micro de Benjamin Bories, il revient sur le Défap et son cœur de mission, évoque son parcours personnel. Il présente également ce qui a été mis en place pour les 50 ans du Défap, ainsi que les «Ateliers de la mission», dont la première session s’est tenue le samedi 10 avril.

Présenter des personnalités inspirantes qui font l’actualité du monde protestant : tel est l’objectif de l’émission «L’invité de la FPF», animée par Benjamin Bories, qui a déjà reçu des invité.es comme Joëlle Sutter-Razanajohary, secrétaire générale de la Fédération Baptiste, Élisabeth Parmentier, professeur de théologie pratique à Genève, ou Nicolas Cadène, rapporteur général de l’Observatoire de la Laïcité. Cette émission, comme toutes celles que produit la Fédération Protestante de France, est partagée avec les radios membres de la Plateforme protestante des radios locales et disponible sur les principales plateformes de podcast.

Ce 7 avril, l’invité en était Basile Zouma, Secrétaire général du Défap. L’occasion pour lui de rappeler les convictions qui ont été à l’origine du Service protestant de mission : les Églises constitutives du Défap, souligne-t-il, «ont mis en place cet outil pour signifier l’universel de leur engagement ecclésial». Le cœur d’activité du Défap, c’est ainsi la relation ; et pour nouer ou entretenir ces relations, il n’est pas forcément nécessaire d’aller au bout du monde : «elles commencent ici, elles se prolongent au loin». Le Défap est avant tout un espace d’échange entre Églises au près et au loin : «quand on se rencontre, quand on prie ensemble, on peut ensuite travailler ensemble et élaborer des projets communs.»

Au cours de cette émission, Basile Zouma revient également sur son parcours personnel, qui l’a amené, depuis ses études de médecine, à se passionner pour la théologie jusqu’à devenir pasteur. Il évoque également les diverses opérations mises en place à l’occasion des 50 ans du Défap, ainsi que les «Ateliers de la mission», dont la première session s’est tenue le samedi 10 avril.

Retrouvez ci-dessous cet entretien, ainsi que sur le site de la Fédération Protestante de France.