Éloigné, en confinement (3)

Les boursiers du Défap vivent le confinement, éloignés de leurs proches. Ils nous font partager leur ressenti à travers un « billet d’humeur ».

 

Étienne Bonou

Étienne Bonou est pasteur de l’Église protestante méthodiste du Bénin, chef du Service national de la formation des prédicateurs laïcs et pasteur d’une paroisse à Porto-Novo. À l’Université Protestante de l’Afrique de l’Ouest (UPAO), il est professeur de théologie pratique et directeur de l’Institut des sciences de l’éducation et de la pédagogie, ainsi qu’aumônier de l’UPAO.

« Mon âme, bénis le Seigneur et n’oublie aucun de ses bienfaits ! » (Ps 103,2)

C’est par ces paroles du psalmiste que je rends grâce au Seigneur qui me permet de faire une autre expérience de la vie dans ses multiples facettes. Et en tant que ministre et chercheur, il faut un regard pour penser, autrement peut-être, l’avenir.

En effet, étant en France depuis le 14 janvier pour un séjour de recherches et quelques heures de cours de théologie pratique à la faculté de théologie pour une période de trois mois, voici qu’apparait subitement un phénomène mondial qui défraie la chronique : le coronavirus (covid-19). Ce mal dévastateur défie l’humanité tout entière avec des dégâts humains incalculables. Aucun pays n’a réussi à le contrer. C’est alors que la France choisit l’option du confinement général pour tous, à compter du 17 mars 2020 à 12 h. Au niveau national, cette mesure implique l’arrêt des rassemblements et la limitation des activités professionnelles telles que définies par des lois d’état d’urgence sanitaire. Nous sommes totalement réduits dans nos activités et déplacements.

Mon projet, quand j’ai fini mes heures formelles de cours, était de participer à des cours, séminaires et colloques puis avancer considérablement dans mes recherches personnelles, mais hélas : stop, tout le monde descend ! Le covid-19 dicte sa loi ! Macron sonne le glas : « plus personne ne sort, restez chez vous !» c’est le confinement !

Pas de bibliothèque, plus d’activités spirituelles officielles et collectives. Mes activités sont limitées à l’exploitation des documents empruntés aux bibliothèques, aux recherches en ligne, à la célébration des cultes en téléconférence, aux prières (tous les soirs 18h-19h) et « cultes dominicaux » en ligne par les confinés du Centre universitaire protestant (une dizaine de personnes), au « forum hebdomadaire » (tous les jeudis 16h-17h) et aux temps de prière (trois fois par semaine : lundi- mercredi- vendredi) organisés par la faculté de théologie) toujours en ligne. Il faut ajouter la production et l’envoi hebdomadaires de mon émission « Préparons le culte du dimanche » sur Radio Hosanna la voix de l’Espérance, radio de l’Église protestante méthodiste du Bénin, une émission que les auditeurs écoutent avec passion et réclament chaque semaine même si je suis hors du territoire national.

Tout ça c’est bon ! Mais le grand hic se situe au niveau de mes recherches qui subissent un coup d’arrêt. Je n’avance pas comme je l’avais imaginé. En effet, à tout moment, des messages et appels fusent de toutes parts soit pour avoir de mes nouvelles, – pour savoir « si je ne suis pas encore contaminé !!! »- et mes proches sont inquiets mais prient pour moi et avec moi, soit pour avoir des renseignements fiables parce que je suis censé avoir les bonnes informations, soit encore pour intervenir, sensibiliser les familles, les membres de ma communauté, les amis etc afin de se protéger contre cette pandémie meurtrière, mortifère et dévastatrice. Toutes mes journées se passent dans le stress et la peur au ventre, et c’est plus grave encore lorsqu’il faut aller faire des courses. Dans les rues comme dans les magasins, tout porte à croire qu’on est dans une localité d’après-guerre : désastre, méfiance, inquiétudes, stress, etc !

Pour moi, cette situation de confinement est un événement à double face : d’une part, il signifie une privation de liberté allant jusqu’à la fermeture des églises. C’est comme une prison vraiment inconcevable et pourtant c’est une réalité : plus le confinement dure, plus on est inquiet pour la famille et les communautés restées au pays ; d’autre part c’est une expérience qui mérite d’être vécue, et en tant que pasteur, théologien et chercheur africain je me suis senti interpelé sur la question du sens de la précarité humaine face aux grandes endémies et le rôle qui doit être celui des Églises. A l’heure des technologies de l’information et de la communication, l’expérience des cultes par téléconférence est une interpellation pour les Églises africaines qui ploient aussi sous le joug de la fermeture des temples et où les fidèles sont désemparés.

Mais au-delà de tout, notre espérance, c’est que le Seigneur impose silence à cette ‘’tempête’’ pour sa gloire et le bonheur de ses créatures. C’est la raison d’être de mes moments de méditation et de prière.

Oh Seigneur, prends pitié enfin et sauve le monde maintenant. Amen !
Notre Dieu règne encore. A Dieu seul la gloire !


Vous pouvez relire le témoignage de Jean Patrick Nkolo Fanga en cliquant ici >>>

Vous pouvez relire le témoignage d’Adrien Bahizire Mutabesha en cliquant ici >>>




Éloigné, en confinement (2)

Les boursiers du Défap vivent le confinement, éloignés de leurs proches. Ils nous font partager leur ressenti à travers un « billet d’humeur ».

 

Jean Patrick Nkolo Fanga

Jean Patrick Nkolo Fanga est pasteur, enseignant en théologie et directeur du département de l’enseignement supérieur de l’Église presbytérienne camerounaise. Il est également professeur de théologie pratique à la faculté de théologie évangélique de Bangui/Campus de Yaoundé. Il est président en exercice de la société internationale de théologie pratique (2018-2020). Ses recherches portent sur la culture contemporaine de la pastorale. Il a déjà publié des articles sur la pastorale des migrants d’origine africaine en France à partir d’enquêtes dans des églises locales de France.

Arrivé en France au début du mois de mars pour un séjour de recherche, j’ai très vite été accueilli par la réalité de la pandémie du Covid 19 qui, chez moi au Cameroun, ne faisait encore l’objet que de commentaires dans les journaux télévisés et lors des rencontres amicales (à l’aéroport port du masque plus répandu que d’habitude, pas de salutations ou d’accolades). Toutefois, durant la première quinzaine de mars, le rapport au Covid 19 dans tous les actes de la vie courante était plus ou moins important, car dépendant de chaque individu et de sa perception de la maladie. Dès le vendredi 13 mars 2020, on passa à la vitesse supérieure avec l’annonce de la fermeture des universités et donc des bibliothèques. Le samedi 14 mars 2020 dans la soirée, l’annonce de la fermeture des restaurants et des commerces non essentiels augmenta le stress lié à cette pandémie. Le dimanche en allant au culte, grande fut ma surprise de trouver l’église fermée. Donc pas de culte, mais plutôt une invitation pour les paroissiens connus à suivre le culte par vidéo. Lundi 16 mars 2020, la ruée dans les supermarchés avec, pour conséquences, des étalages pratiquement vides et de longues queues m’a inquiété davantage. Ce même lundi dans la soirée, les discours des autorités sur la fermeture des frontières et le confinement pour quinze jours renouvelables, avec contrôles de police, ont contribué à augmenter la pression. Dans les rues la psychose était visible. Pour moi, venu d’Afrique pour faire des recherches en bibliothèque et sur le terrain, c’était vraiment une situation pénible, mais également interpellante.

En effet, pour le chrétien, pasteur, théologien et formateur que je suis, cette situation de psychose et de panique a fait germer un questionnement en rapport avec la Bible et le ministère de l’Église dans le monde. Quel est le rôle de l’Église dans les catastrophes nationales ? Comment les Églises locales peuvent-elles innover pour assumer leur ministère dans un contexte de confinement ? Quelle est la valeur pneumatologique des liturgies qui utilisent les nouvelles technologies de l’information et de la communication ? Se pose également la question de la double citoyenneté du chrétien, au ciel et sur la terre, avec la soumission aux autorités et aux lois, etc.

C’est aussi vrai que dans la Bible on trouve des personnes contraintes au confinement qui ont fait recours à Jésus pour en être libérées, comme ce fut le cas de nombreux aveugles (Luc 5.12-15 ; Luc 17.11-19). Dans sa réponse, Jésus les a envoyées vers le sacrificateur qui, selon la législation en vigueur à l’époque, devait constater la guérison et réaliser les rites de purification nécessaires à leur réintégration dans la société. Il y a là une invitation à la complémentarité entre Église et gouvernants pour les questions de santé. Cette pandémie est une interpellation pour les chrétiens, les pasteurs, les équipes dirigeantes des Églises, les théologiens, les formateurs des acteurs de la pastorale et une invitation à réfléchir sur de nouvelles modalités d’Église. Il est vrai cependant que certains actes liturgiques entreront difficilement dans la logique du virtuel, comme la sainte cène ou le baptême…


Vous pouvez relire le témoignage d’Adrien Bahizire Mutabesha en cliquant ici >>>




Éloigné, en confinement

Les boursiers du Défap vivent le confinement, éloignés de leurs proches. Ils nous font partager leurs ressentis à travers un « billet d’humeur ».

 

Adrien Bahizire Mutabesha

Adrien Bahizire Mutabesha est le doyen de la faculté de théologie de l’Université Évangélique en Afrique (UEA) à Bukavu. Il est actuellement en France pour un congé de recherche de trois mois. Son sujet :  » Résilience et spiritualité pentecôtiste dans le contexte de la République démocratique du Congo ».

Le confinement était pour moi un concept vide et un terme vulgaire. D’ailleurs, ni le président Macron, ni son premier ministre ne l’avaient prononcé dans leurs premiers discours sur le Covid-19. Et pourtant dans ce pays dit  »de liberté », c’est avec le papier d’autorisation de sortie que j’ai commencé à ressentir la quintessence et le poids du slogan repris partout dans les journaux, sur les différentes télévisions et presque sur les lèvres de tous :  »Restez chez-vous !  » Eh bien ! Venu de la République Démocratique du Congo (RDC) pour une recherche de courte durée et l’actualisation de mes cours à l’Institut Protestant de Théologie (IPT) à Paris, voilà que je ne peux plus sortir ! Ce n’est pas un rêve ! Les écoles, les églises, les entreprises ont fermé, seuls les hôpitaux vivent, pour soigner.

Les messages de ma famille, de mes fidèles, des amis sur Whatsapp me réveillent chaque matin, se répètent vers midi, vers 15h et là aussi à 20 heures pour savoir si je ne suis pas encore contaminé. Du coup, c’est mon dernier fils de 8 ans qui me souffle, téléphone à l’oreille  »¨Papa, reste à la maison ! » Et encore mieux :  »Reviens le plus vite possible ! » Mince, alors… Les sourds parlent, avertissent et les cloches sonnent de toute part. Mourra alors qui mourra !

La famille d’Adrien Bahizire Mutabesha à Bukavu

Non, fatigué de lire les pages des livres en ma possession sans rien comprendre, je descends au deuxième étage pour suivre la télévision, seule détente qui me reste. Les chiffres ahurissants et dévastateurs des cas positifs qui ne font que s’alourdir pour la France, l’Italie, l’Espagne m’envahissent et entament la paix de mon cœur. L’annonce de la présence du coronavirus en République Démocratique du Congo vient chambouler cette âme déjà fragilisée. Et je me dis,  » « Qu’adviendra-t-il pour mon pays si tout l’arsenal français peine ? » Sans connaître les pensées qui m’agitent, le camarade camerounais venu juste pour un colloque me regarde dans les yeux et me dit :  »J’ai raté mon vol à trois reprises à cause de cette pandémie ! J’aimerais tout de même aller souffrir à côté des miens car si mon pays est atteint, ce sera la catastrophe ». Rires tièdes, nous nous consolons mutuellement et nous sortons, autorisation en main, pour faire des courses à quelques mètres du Défap.

Découverte ! Les rues sont vides, les restaurants et cafés fermés, plus de vélos, plus de visiteurs en ligne devant les catacombes bref, la ville est pâle. Paris a perdu sa vitesse et son mouvement. Ce n’est pas Paris, c’est le monde entier. Mon cœur bat et je ne le dis à personne mais je le pense : « Peut-être que c’est la fin de tout ? L’Écriture ne dit-elle pas que le Seigneur vient bientôt ! Ni Raoult, ni Macron, ni la Chine ne nous ramèneront la vie ! Dieu le fera ! » Alors que je suis encore dans ces pensées, à la boutique, une dame qui vient aussi se ravitailler et se trouve à deux mètres de moi me dit : « Monsieur, éloignez-vous encore d’un mètre ». Je le fais, mais elle n’entre que quand je suis sorti. Couverte du haut en bas, portant un masque hors du commun, elle ressemble à une employée de bureau de la Tour Montparnasse. Elle semble incapable de comprendre que le virus ne passe que par le nez ou la bouche et ne dépasse pas plus d’un mètre après expiration. Psychose et terreur !

Si tout à l’extérieur est devenu amorphe, il y a de la vie dans la maison du Défap grâce à une dame qui vient presque chaque soir nous demander  »ça va ? ». Les jours passent. Le confinement m’a permis d’atteindre le but de mon séjour, de lire et de prier ! Adieu corona ! Adieu confinement ! C’est l’espoir ! Oui, le confinement m’éloigne de tout ; mais pas du Seigneur. A nous revoir, Paris.




Retour sur la rencontre des Coordinations de la Cevaa

La rencontre annuelle des Coordinations de la Cevaa a eu lieu du 27 janvier au 02 février 2020 à Jacqueville, en Côte d’ivoire, dans le village d’Abreby.

L’ensemble des participants aux Coordinations Cevaa 2020 © Défap

Elle a rassemblé une vingtaine de délégués des Églises membres et organismes partenaires (Défap et DM-échange et mission). Le Défap était représenté par les pasteurs Basile Zouma, secrétaire général  et Tünde Lamboley, secrétaire exécutive, responsable de la formation théologique. Le DM, était quant à lui, représenté par son directeur, le pasteur Nicolas Monnier et M. Jean-Daniel Peterschmitt. L’Église méthodiste unie, membre de la Cevaa qui a organisé l’accueil, a trouvé un cadre de travail adapté pour permettre à la délégation de joindre l’utile à l’agréable.

Un temps pour réfléchir et travailler ensemble

Les Coordinations (pôle animations et pôle projets) sont des commissions techniques mises en place par l’Assemblée générale. Le pôle Animations est chargé de l’examen des demandes de bourses des Églises membres, ainsi que de l’examen des projets jeunesse. Le pôle Projets et échange de personnes est chargé de travailler sur les actions de témoignage et de solidarité des Églises.

Les discussions et débats autour de ces projets ont permis de toucher du doigt les préoccupations des Églises membres, leurs actions et les domaines d’activités qu’elles souhaitent développer. Il a été souligné le soin et l’attention particulière que chaque Église a consacré à l’élaboration et la présentation de ses projets.

Le séjour s’est clôturé le dimanche 02 février par un culte au temple du Jubilé à Cocody où la délégation a vécu avec la communauté EMU-CI, un temps fort de communion.

Culte de clôture des Coordinations Cevaa © Défap




« La Mission et les autres. Évènements et grands textes »

Le Centre Maurice-Leenhardt, en partenariat avec le Service protestant de mission – Défap, organise le jeudi 27 février 2020 une journée d’étude intitulée : « La Mission et les autres. Évènements et grands textes ». de 10h à 17h.
Au Défap, 102 boulevard Arago 75014 Paris

Programme :

Marc Boss, IPT-Paris : « Le Parlement mondial des religions : 1893, 1993, 2018 »

Pierre Diarra, Institut catholique de Paris – ISTR et Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, « La lettre apostolique Maximum illud, cent ans après »

Claire-Lise Lombard, Service protestant de mission-DEFAP : « Le scoutisme à Madagascar : méthode de recherche et sources »

Soutenance de Mémoire M1 de M. Désiré Andrianarivo : « La vie et l’organisation des tirailleurs malgaches protestants en France en 1916-1917 ». Jury : Gilles Vidal, Marc Boss

Inscriptions auprès du secrétariat de la Faculté de Montpellier : secretariat@iptmontp.org

Contact : M. Boss / G. Vidal

https://iptheologie.fr/programme-cml-2019-2020-2




Écologie dans les Églises de France : où en est-on ?

Il y a, bien sûr, le label Église Verte. Le thème synodal de l’EPUdF, centré sur l’écologie. Le tout nouveau «chargé de mission pour la justice climatique» de l’UEPAL. Et la commission Écologie et Justice climatique de la FPF. Sans compter bon nombre d’initiatives locales… En France, le milieu des Églises protestantes témoigne d’une claire conscience des enjeux et des défis de la sauvegarde de la création. Et au Défap, comment cette problématique est-elle prise en compte ?

Cultiver notre jardin… Une initiative locale présentée sur la page Facebook d’Église Verte © DR

La COP 25, qui se tient du 2 au 13 décembre à Madrid, voit une nouvelle mobilisation des ONG et de la société civile dans le domaine de la protection de l’environnement. Un combat qui n’est désormais plus extérieur aux Églises. Ainsi, en France, la conscience des gestes quotidiens ou des actions de solidarité à lancer pour aider à sauvegarder la création, ou pour plus de justice climatique, est bien présente à travers de multiples initiatives. Pour 2020, l’Église protestante unie a ainsi inscrit à son prochain synode national le thème de l’écologie. Dans cette optique, les Églises locales et paroisses ont été invitées à travailler sur le thème : «Écologie : quelle(s) conversion(s) ?», qui s’est retrouvé en cette fin d’année au centre des divers synodes régionaux qui se sont tenus tout au long du mois de novembre dans chacune des neuf régions de l’EPUdF. L’UEPAL a créé un poste de «chargé de mission pour la justice climatique», occupé depuis le 1er septembre par le pasteur Jean-Sébastien Ingrand.

Depuis 2015, la Fédération Protestante de France a mis en place une démarche de plaidoyer et a créé une commission Écologie et Justice climatique, présidée par Martin Kopp. Le Défi Michée porte quant à lui des appels très concrets liant écologie et justice sociale. On peut citer encore le mouvement Chrétiens unis pour la terre, qui a co-organisé les Assises chrétiennes de l’écologie à Saint-Étienne, ou la démarche initiée par le label «Église verte».

L’accueil du site egliseverte.org

Au Défap, des préoccupations très concrètes

Face à ces nombreuses initiatives centrées sur la sauvegarde de la création, le Défap agit dans le domaine de l’écologie comme il le fait pour beaucoup d’autres thématiques : en réseau, et d’une manière essentiellement concrète, la réflexion étant indissociable de l’action. Il faut ainsi souligner que le Défap est en lien, en réseau avec de nombreuses Églises du Sud (Afrique ou Océan Indien) ; et que dans ces pays, les Églises ont un rôle social qui va très au-delà de celui généralement admis pour les Églises en France. Elles ont leurs écoles, leurs hôpitaux, leurs projets… et occupent des rôles dans la société qui, dans notre pays, reviendraient plutôt au milieu associatif. Les Églises sont donc directement en prise avec les problèmes les plus criants de la société ; et dans de nombreux pays du Sud, les défis climatiques sont, non pas une source d’inquiétude pour l’avenir, mais un problème majeur aujourd’hui même. On peut penser à la manière dont la désertification progresse dans les régions sud-sahéliennes, aux problématiques de déforestation à Madagascar (aggravées par des trafics encouragés par la corruption ambiante) ou encore à des phénomènes météo extrêmes comme ceux qu’a pu connaître le Mozambique, frappé cette année en mars, puis en avril par deux tempêtes dont chacune avait revêtu une ampleur inédite dans l’histoire du pays. De par ces relations, le Défap a été logiquement amené à soutenir des réflexions et des projets directement en prise avec les questions environnementales.

Le Défap est ainsi un des membres fondateurs du Secaar, (Service chrétien d’appui à l’animation rurale), un réseau de dix-neuf Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe, présent dans une douzaine de pays. Le Secaar cherche à promouvoir l’être humain dans toutes ses dimensions : spirituelle, sociale et matérielle. Ses actions se déploient selon cinq axes de travail : le développement intégral (considérer l’être humain comme une créature avec des besoins matériels mais également relationnels et spirituels), l’agroécologie (maintenir les équilibres des écosystèmes), le climat et l’environnement (système alimentaire mondial plus juste, avec respect de l’environnement), les droits humains (promotion de la dignité humaine et accès équitable aux ressources), et la gestion de projet (accompagnement et/ou suivi). Des priorités et des axes de travail qui trouvent de forts échos aujourd’hui dans toute la réflexion développée au sein des Églises sur la justice climatique.

La formation et la valorisation des compétences au service du développement intégral, marque distinctive du Secaar

La préoccupation de la sauvegarde de l’environnement se retrouve à travers un certain nombre de projets récents du Défap : c’est le cas du soutien apporté à l’association Abel Granier, qui intervient en Tunisie sur les problématiques de désertification. L’association apporte son aide à différents acteurs de terrain : exploitations agricoles, coopératives et fermes écoles. Elle soutient aussi des étudiants en agronomie et les aide à s’installer comme agriculteurs sur des terres à réhabiliter. Ces actions sont menées en concertation, entre chrétiens et musulmans, par le biais d’une réflexion théologique sur la Création et sur la place du monde végétal dans la société. L’origine de l’association est une expérience du pasteur Abel Granier qui, de 1953 à 1969, avec le soutien de sa femme Jane Olivès, botaniste formée à la connaissance des plantes méditerranéennes, a réhabilité entièrement une ferme en zone semi-aride en Tunisie. L’association proprement dite est née ensuite en 2001, grâce à des personnes qui voulaient participer à une véritable transmission de ces savoirs et savoir-faire. Aujourd’hui, l’association met en œuvre une formation pratique et continue pour une agriculture respectant l’environnement, pour la préservation des sols vivants, et pour le bien être des hommes et des femmes.

Cas similaire pour le partenariat établi avec l’ALCESDAM, Association pour la Lutte Contre l’Érosion, la Sécheresse et la Désertification au Maroc, qui depuis trente ans intervient dans les zones de palmeraies de la province de Tata. Ses objectifs sont de natures multiples : améliorer l’accès à l’eau pour l’agriculture dans le respect de l’environnement, lutter contre le déclin des palmeraies, créer une activité génératrice de revenu via l’élevage, promouvoir les produits du terroir et intégrer la femme rurale dans le tissu social. Le Défap a soutenu cette association notamment à travers des envoyés. Il est à noter que l’Église Évangélique du Maroc, partenaire du Défap, est membre fondateur de cet organisme. Ce qui illustre bien le rôle des Églises dans de nombreux pays du Sud en proie aux défis du réchauffement climatique : les défis sociaux concernent directement les Églises…

Des projets et des réflexions : les «mini-forums»

Présentation du projet Beer Shéba

Le Défap a aussi régulièrement des envoyés au sein du projet Beer Shéba à Fatick, au Sénégal, centré sur l’agro-foresterie durable. Ses fondateurs sont Heesuk et Eric Toumieux, présents au Sénégal depuis une vingtaine d’années. Ils ont été envoyés du Défap en VSI de 2009 à 2015 pour Eric et à partir de 2015 pour Heesuk. L’association Beer Shéba, fondée il y a une quinzaine d’années avec des pasteurs de l’Église La Porte Ouverte, à Mulhouse a plusieurs objectifs : un projet de conservation de la nature, de reforestation d’une zone totalement déserte, de soin de la biodiversité ; un centre de formation qui accueille des jeunes de tout le Sénégal et de toute la sous-région, avec l’objectif affiché par l’association Beer Shéba de devenir un centre de ressources pour l’agriculture rurale dans le Sahel ; un espace de production de poudre bio de Moringa.

L’équipe des organisateur du «mini-forum» de Condé-sur-Noireau entourant Florence Taubmann, du Défap © EPUdF

Cet aspect de réseau, d’écosystème, d’interactions, et ces relations établies avec des Églises directement aux prises avec les pires effets des changements climatiques, expliquent que le Défap ait pu inscrire les questions de sauvegarde de la création dans son programme de travail établi en 2015, et qui a été prolongé jusqu’en 2020. Il énonce ainsi : «Nous invitons chaque personne, quels que soient ses origines ou son passé, à participer avec nous à la mission de Dieu qui est de travailler à la transformation et à la réconciliation de la Création tout entière, notamment en portant les préoccupations écologiques contemporaines.» Chaque personne, cela veut donc dire : ici, comme là-bas. Et cette préoccupation, déjà visible dans nombre de projets, trouve aussi sa traduction en France dans les forums régulièrement organisés par le Défap. Il y a en moyenne un «grand» forum organisé tous les quatre ans (le prochain, qui aura lieu à Sète en 2020, tournera autour des enjeux de la mission aujourd’hui et de la refondation du Défap) ; et plus récemment, le Défap a initié des «mini-forums» – non pas petits par leur ambition ou leur thématique, mais simplement pour signifier qu’ils sont organisés, non au niveau national, mais au niveau régional ou consistorial. Les préoccupations environnementales y ont toute leur place. C’était déjà le cas lors du «mini-forum» du Défap en région CAR, organisé en octobre 2018 avec le réseau Bible et création. Pratiquement un an plus tard, fin septembre 2019, les questions liées à l’environnement et à la sauvegarde de la création se sont retrouvées au centre du forum organisé à Condé-sur-Noireau pour la région Normandie, et qui tournait autour d’un thème directement inspiré d’une citation de Gandhi : «Vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre». L’occasion pour les participants de s’interroger sur leur engagement en faveur de la création. Et sur ses implications concrètes et quotidiennes. Comment avoir un discours qui ne cache pas la gravité des enjeux, mais qui puisse en même temps motiver au lieu de décourager ? Parmi les intervenants chargés d’introduire les débats devant la centaine de participants, on pouvait noter par exemple la présence de Martin Kopp…

Peinture réalisée lors du forum de Condé-sur-Noireau, organisé en partenariat avec le Défap (septembre 2019) © Défap




Après Hope 360, des nouvelles de Bafia

Hope 360, c’était le 19 octobre. Alors que les vidéos-souvenirs sur cette première journée sportivo-solidaire commencent à être diffusées, quelques nouvelles du projet qui avait été soutenu à Valence par le Défap. Les fonds récoltés à cette occasion ont permis d’acheter du matériel pour équiper l’hôpital de Bafia. Et pour améliorer la prise en charge et le suivi au quotidien des patients qui viennent se faire soigner dans l’établissement du Dr Célin Nzambé – essentiellement les futures mamans et les très jeunes enfants.

Remise de l’enveloppe contenant les dons pour l’hôpital de Bafia, novembre 2019 © Défap

Quelques photos de l’équipe médicale entourant une enveloppe, du matériel – et ces quelques mots de commentaire envoyés par le Dr Célin Nzambé : «Super. La table d’accouchement, le pèse-bébé et la boîte d’accouchement. Nos patients verront une amélioration de leur prise en charge à l’aide de ce nouveau matériel. Merci à Dieu et à tous ceux qui ont contribué. Particulièrement Hope 360. Soyez bénis.» Ce sont les dernières nouvelles, et les premières manifestations concrètes des effets de l’opération Hope 360 dans le quotidien de l’hôpital de Bafia.

Bafia est une ville du Cameroun située à 120 km au nord de la capitale Yaoundé, dans le département du Mbam-et-Inoubou. Elle tire son nom de l’ethnie habitant la région, les Bafia, population bantoue d’Afrique centrale, établie sur la rive droite du Mbam. Elle dispose d’un hôpital de district et de centres de santé répartis dans les quartiers et villages avoisinants… mais pour une bonne partie de la population, les soins y sont pour ainsi dire inaccessibles. Car le Cameroun paye encore les conséquences de choix faits il y a plusieurs décennies en matière de santé publique, et qui se sont avérés catastrophiques : notamment la fin de la gratuité des soins et leur financement direct par les patients. Une tendance qui a été la même dans de nombreux pays africains au cours des années 80, avec à chaque fois les mêmes effets désastreux pour le fonctionnement des hôpitaux et pour la santé publique. Aujourd’hui encore, les patients ne peuvent espérer être soignés dans la plupart des hôpitaux sans faire d’abord la preuve qu’ils pourront payer ; la conséquence étant que pour beaucoup, l’accès à des soins hospitaliers est tout simplement inenvisageable, même dans les cas les plus graves.

De petits gestes, de grands effets

C’est précisément ce manque que viennent combler des petites structures comme celle de l’hôpital de Bafia – une structure privée, appartenant à l’Église presbytérienne du Cameroun (EPC). Avec peu de moyens, un tel hôpital fait beaucoup pour la santé de la population. Les établissements de santé gérés par des Églises ont de fait un rôle crucial dans le pays. Mais le réseau d’hôpitaux de l’EPC a lui-même connu des difficultés, au point que l’hôpital de Bafia, à l’arrivée de Célin Nzambé, était tout simplement désaffecté. C’est grâce à son travail, soutenu par le Défap, qu’il peut désormais jouer pleinement son rôle auprès de la population de cette préfecture du centre du Cameroun. Le Défap a régulièrement des envoyé.es sur place, notamment des infirmières : actuellement, c’est le cas d’Amandine Drouaillet ; elle avait été précédée par Aurélie Chomel… Un réseau de soutien s’est constitué en France au sein de certaines paroisses de l’EPUdF, comme celles de Valence (Patricia Champelovier, présidente du conseil presbytéral de Saint-Péray au sein de l’Ensemble Valence-Deux-Rives, et qui est aussi infirmière, a notamment fait le voyage à Bafia pour soutenir le projet) ou de La Rochelle (dont un des paroissiens, le docteur Jean-Pierre Perrot, cardiologue, va régulièrement prêter main-forte à Célin Nzambé). Les conditions de travail étant difficiles, le matériel compté, les ressources limitées, y compris en termes de lits pour les malades, toutes les bonnes volontés comptent. Jean-Marc Bolle, de la paroisse de Valence, avait ainsi accompagné Patricia Champelovier durant l’été 2018 pour faire des travaux de peinture dans des salles récemment construites et destinées à accueillir les patients.

Hope 360, rendez-vous sportivo-solidaire organisé le 19 octobre dernier à Valence, a permis au Défap de donner une plus grande visibilité à ce projet. Mais aussi de récolter des fonds. Ceux-ci ont été remis en main propre au Dr Célin Nzambé, qui a tenu à en témoigner aussitôt avec l’équipe médicale de l’hôpital de Bafia : «Première photo, la remise de la somme récolté lors de Hope 360, qui a permis l’achat du matériel cité pour équiper la salle d’accouchement.» Une cagnotte en ligne, mise en place à l’occasion de Hope 360, est encore ouverte jusqu’à la fin de l’année pour celles et ceux qui auraient à cœur d’aider l’hôpital.

De nombreuses autres occasions de s’engager ont également pu être présentées le 19 octobre lors de Hope 360, qui représentait la première édition d’un rendez-vous à la fois sportif, ludique et festif organisé autour d’une vingtaine de projets solidaires. Avec, aux côtés du Défap, des noms connus comme Medair, ADRA, Le Sel, La Gerbe, l’Ircom, Michée France, Fidesco… Un ensemble œcuménique qui proposait de soutenir des projets de santé, d’éducation, de protection de l’environnement – pour plus de justice, un meilleur partage des ressources, une vie plus digne… Hope 360 avait été monté par Asah, collectif regroupant une trentaine d’acteurs chrétiens de la solidarité internationale. Une vidéo souvenir de cette journée est désormais disponible :

Et pour compléter, quelques images de cette journée vécue du côté de l’équipe et du stand du Défap : tout d’abord, ambiance musicale sur le stand avec Aurélie Chomel, envoyée à Bafia, qui était présente à Valence pour témoigner :

Et soutien en musique avec cette chorale venue tout droit de Bangui, en République centrafricaine, et constituée de paroissiens de l’EPCRC (Église protestante Christ-Roi de Centrafrique, partenaire du Défap) emmenés par Ludovic Fiomona :

N’oubliez pas : la cagnotte en ligne est toujours ouverte ! Vous pouvez encore soutenir l’hôpital de Bafia…




Migrants et réfugiés : Maroc, terre d’accueil

Gros plan sur l’Église évangélique au Maroc à l’occasion de son synode national, qui vient de se tenir du 22 au 24 novembre 2019 à Casablanca, en présence du secrétaire général du Défap, Basile Zouma. Une douzaine de paroisses réparties dans tout le pays, un corps pastoral africain et essentiellement formé à l’Institut al-Mowafaqa, fleuron de la formation théologique protestante dans la sous-région, l’EEAM est en plein essor, dans un pays lui aussi en plein développement, notamment en matière de démographie. En effet, pour tout un ensemble de raisons, le Maroc est passé de 8 millions d’habitants en 1957 à 38 millions en 2018. Les défis sont multiples, et l’un d’entre eux, non des moindres, est l’accueil des migrants, lesquels sont en croissance exponentielle ces dernières années.

Vue du synode national 2019 de l’EEAM, Casablanca, novembre 2019 © EEAM

Le Défap est engagé à plus d’un titre aux côtés de son Église-sœur du Maroc, et l’un des projets les plus importants, que soutient l’UEPAL pour la deuxième année, est justement l’aide d’urgence pour les migrants. Lors de leurs visites sur places, les responsables du Défap ne manquent jamais de se rendre dans les camps et notamment celui de Fès, où travaille aussi le Comité d’Entraide International (CEI). « Ils apportent du bien et pas seulement des biens, assurent une présence humaine et un accompagnement spirituel » notait déjà en 2017 l’ancien secrétaire général du Défap, Jean-Luc Blanc. Basile Zouma, son successeur depuis juillet dernier, [s’est] également [rendu] sur place [en ce mois de novembre] : un quasi-retour aux sources, car lui aussi a été pasteur formé à l’Institut al-Mowafaqa, et il a beaucoup travaillé sur place auprès des migrants.

Le secrétaire général du Défap, Basile Zouma, au synode national 2019 de l’EEAM © EEAM

L’histoire de ces hommes, femmes et enfants qui peuplent les villages précaires est pour chacun unique, mais toujours mouvementée. Répartis en quartiers selon les pays d’origine, c’est une petite Afrique qui s’y est reconstituée à la va-comme-je-te-pousse: les Nigériens des sables côtoient les Ivoiriens de la lagune ou les Camerounais des plateaux, les Gambiens des forêts voisinent avec les Érythréens des déserts. Et toujours la vie s’organise, qui passe parfois, malheureusement, du provisoire au long terme. L’aide qui leur est accordée est alors différente. Elle concerne les projets professionnels: acheter du matériel pour se lancer dans une activité de plomberie ou de peinture par exemple.

Les migrants au Maroc, une vie marquée par la précarité

Les «mineurs non accompagnés» affluent, eux aussi, au point que l’EEAM a jugé utile d’ouvrir un centre d’accueil qui leur soit dédié. Elle est là pour accueillir, accompagner, assister, soigner. Elle s’adapte aux évolutions de la situation de manière à être toujours là où les migrants sont regroupés. Aujourd’hui, la politique marocaine est de mettre des dizaines de personnes en attente de passer le détroit de Gibraltar dans des bus et de les envoyer plus au sud, vers Casablanca, Agadir et même Dakhla, à la frontière avec la Mauritanie. Pour l’EEAM, il faut donc être présent avec les programmes d’aide d’urgence, c’est-à-dire des soins, des médicaments, de la nourriture, des couvertures, des vêtements, quand les bus arrivent et déversent leurs flots de misère. Le CEI lui prête son concours, achète notamment des bâches plastiques pour construire des cabanes. Hélas, des camps officieux perdurent sur les terrains vagues et aux abords des gares routières.

Un exemple de la précarité des migrants : à la mi-décembre 2018, un camp prend feu près de la gare routière de Casablanca-Ouled Ziane © CEI

L’EEAM ne peut pas assumer seule l’accompagnement des dizaines de milliers de malheureux qui arrivent chaque mois au Maroc. C’est pour cette raison que divers organismes allemands, américains et, bien sûr, l’UEPAL en partenariat avec le Défap lui apportent leur soutien. L’UEPAL en particulier soutient un programme de scolarisation des enfants de migrants, un programme d’aide d’urgence et un autre d’aide au retour pour ceux qui, désespérés, abandonnent leur projet de migration en cours de route. De cette manière, les Églises de France sont un peu aux côtés de celles et ceux à qui l’Europe ferme les portes de son territoire. C’est aussi une manière de se souvenir que le peuple de Dieu est appelé à être un peuple de nomades dans la Bible, un peuple «d’étrangers et de voyageurs» traversant des territoires qui ne lui appartiennent pas.

Un article de Valérie Thorin (Défap),
publié dans l’Église missionnaire (octobre 2019)




La Cevaa en conseil au Togo

Du 21 au 27 octobre 2019, la Cevaa a tenu son conseil exécutif à Lomé. Le secrétaire général du Défap, le pasteur Basile Zouma, y assistait pour la première fois en tant qu’invité.

Une fois au nord, une fois au sud : tous les six mois, la Cevaa tient son conseil exécutif dans un pays différent, en vertu d’une pratique bien établie selon laquelle les réunions sont accueillies à chaque fois par une Église différente. En ce mois d’octobre 2019, le conseil avait lieu à Lomé, au Togo, et il était accueilli conjointement par l’EEPT (l’Église Évangélique Presbytérienne du Togo) et l’EMT (l’Église Méthodiste du Togo). Le secrétaire général du Défap, le pasteur Basile Zouma, y assistait pour la première fois en tant qu’invité.

Défap et Cevaa : deux institutions ayant chacune ses spécificités et son identité, mais engagées toutes deux dans la même mission. «Elles sont nées toutes deux en 1971, comme deux branches d’une même volonté missionnaire, a souligné Basile Zouma. Toutes deux auront bientôt 50 ans.»

«Une utopie mobilisatrice»

La Cevaa, c’est cette Communauté de 35 Églises, présentes dans 24 pays et sur quatre continents, qui partage avec le Défap l’héritage de la Société des Missions Évangéliques de Paris, la SMEP. Si le Défap a poursuivi ses activités dans la maison du 102 boulevard Arago, à Paris, et continué le rôle de service missionnaire des Églises de la tradition luthéro-réformée qui le constituaient, la Cevaa, quant à elle, a reçu la charge de faire vivre la grande famille d’Églises nées des travaux de la SMEP. Les activités du Défap se développent donc prioritairement avec des Églises de la Cevaa… mais pas seulement ; car depuis la naissance du Défap et de la Cevaa, d’autres partenariats ont pu être noués, d’autres relations établies.

Cette double naissance et cette histoire commune ont été soulignées tout récemment lors d’un colloque organisé au Défap, le 11 octobre : «le mot qui est revenu à cette occasion, a souligné Basile Zouma, c’est celui de gémellité. La Cevaa et le Défap comme deux faces d’une même pièce…» Même si, a-t-il reconnu, «être de la même famille n’est pas une garantie de paix. Pour cela, il faut un effort commun, il faut faire des choix de vie communs, et faire parfois des compromis pour rester ensemble sur le même chemin.» Entre ces deux institutions que sont la Cevaa et le Défap, ont pu exister des incompréhensions. «Les institutions, a encore souligné Basile Zouma, sont vitales, fondamentales ; lors du colloque du Défap, quelqu’un a évoqué l’image de vases. Mais ces vases ne sont rien s’ils ne contiennent pas un liquide précieux : celui de la bonne nouvelle de l’Évangile pour les hommes.»

«En tant que Secrétaire général du Défap, a encore insisté Basile Zouma, je ne peux pas faire l’économie de situer la place du service Protestant de Mission par rapport à cet ensemble : je dirais que je le vois comme un élément de soutien à la Communauté et à la communion. Défap et Cevaa restent fortement liés ; mais une fois que les jumeaux sont nés, chacun prend son envol. Il faut accepter que l’un ou l’autre puisse suivre le cours de sa vie et ouvrir librement un chemin de rencontre. Le chemin que suit l’un n’est pas forcément le chemin de l’autre, mais il faut trouver les espaces pour construire ensemble.»




«Vers une nouvelle économie de la mission»

Le colloque « Vers une nouvelle économie de la mission » qui s’est tenu le 11 octobre 2019 au Défap a permis en premier lieu d’exprimer les diverses conceptions de la mission, et les diverses attentes vis-à-vis du Défap. Il a permis d’ouvrir des pistes de réflexion, de souligner les besoins de clarification… et il a donné lieu à la publication de deux livrets, « Paroles aux Églises » et « Actes du colloque », que vous pouvez retrouver ici, soit en téléchargement et en pdf, soit pour les commander gratuitement sous forme reliée auprès du Défap.

Basile Zouma, secrétaire général du Défap, introduisant la journée © Défap

 

Pour télécharger les cahiers en pdf :

« Vers une nouvelle économie de la mission – Parole aux Églises »
« Vers une nouvelle économie de la mission – Actes du colloque »

Pour commander auprès du Défap :

Bon de commande

Pour lire ces deux cahiers en ligne sur Calaméo :

Colloque volume 1

Colloque volume 2

Une étape clé : c’est ainsi qu’a souvent été vécu et décrit par ses participants le colloque du Défap, organisé le vendredi 11 octobre 2019 au 102 boulevard Arago. «J’ai eu le sentiment de vivre un moment exceptionnel : j’ai vu trois présidents d’Église réunis», témoignait ainsi dès le lendemain en Conseil du Défap Christine Villard, de l’Église protestante unie de France, référente régionale Mission-Défap en PACCA. «J’ai entendu parler de mutualisation de moyens en matière d’international… Un autre mot important qui est ressorti, c’est celui de la complexité ; et il faut accepter que cette complexité, on ne la maîtrise pas.» Au cours de cette même réunion, Thomas Wild, de l’UEPAL, évoquait pour sa part un événement «très riche» dans lequel «les directions d’Église se sont impliquées». Quant à Joël Dautheville, président du Défap, il faisait part de son «sentiment qu’on a réussi à franchir un cap, qui de mon point de vue n’était pas évident». Et d’ajouter : «Je nous invite maintenant à prendre cette dynamique refondatrice, précisément comme une dynamique : c’est un élan…»

Ce colloque, intitulé : «Vers une nouvelle économie de la mission», avait d’abord pour but de permettre l’expression en un même temps et dans un même lieu des diverses conceptions de la mission, et des diverses attentes vis-à-vis du Défap, qui existent aujourd’hui au sein des trois Églises fondatrices : l’EPUdF (Église protestante unie de France), l’UEPAL (Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine) et l’Unepref (Union nationale des Églises protestantes réformées évangéliques de France). Il réunissait environ 80 participants. Il devait être suivi quelques mois plus tard, à Sète, d’un forum plus large, auquel il devait fournir de la matière et des éléments de réflexion – mais le contexte sanitaire a finalement contraint à changer de format, ce qui a donné naissance à la série de webinaires « Les Ateliers de la mission ».

D’où une journée dense, entre plénières et travaux en ateliers, entre table ronde avec les présidents des trois Églises constitutives du Défap et intervention d’un sociologue, Frédéric de Coninck, sur le thème : «Si proches et si loin les uns des autres – Quel défi pour la mission dans nos sociétés éclatées ?»… Le tout conclu par un retour sur les travaux de la journée par Frédéric Rognon, professeur de philosophie des religions à la Faculté de Théologie Protestante à l’Université de Strasbourg.

«Mission», «évangélisation», «témoignage»

Florence Taubmann, du service Animation – France du Défap, lors de la table ronde avec les trois présidents des Églises fondatrices © Défap

 

Outre les cahiers désormais disponibles, il reste de cette rencontre à la fois des images, des questionnements et des pistes de travail. L’image, tout d’abord, de Florence Taubmann, qui lors du temps d’aumônerie de la matinée a voulu placer les échanges de la journée sous le thème de la joie : «C’est joie que cette parole (…) Joie frémissante, fragile et imprenable. Joie mystérieusement inextinguible, qui résiste au mal et au malheur, au doute et aux échecs. Joie qui se chante ! (…) Notre mission frères et sœurs, c’est vraiment d’accueillir cette joie ; de vivre, porter, partager, cette joie.» Autre image, celle des deux présidents et de la présidente des trois Églises fondatrices siégeant côte à côte, à la même tribune, devant les participants du colloque, et évoquant tour à tour ce que signifiaient pour eux les mots de  «mission», «évangélisation», «témoignage», ou encore «institution». Ainsi pour Emmanuelle Seyboldt, présidente de l’EPUdF, «la mission, c’est James Bond (…) quelque chose de risqué, qui exige un fort investissement de la personne». Christian Albecker, président de l’UEPAL, a évoqué pour sa part son expérience à la tête de la mission intérieure de Strasbourg. Quant à Jean-Raymond Stauffacher, président de l’Unepref, il a souligné : «la mission est génétique pour moi», en se référent à sa famille marquée par «quatre générations de missionnaires».

Mais au-delà des Églises fondatrices avaient aussi été invités divers partenaires du Défap ; c’était le cas d’Étienne Roulet, alors président du Conseil de DM-échange et mission, qui au cours des échanges du matin avait évoqué les similitudes entre la dynamique de refondation lancée au sein du Défap, et la mue amorcée avec deux années d’avance au sein de DM, l’équivalent du Service protestant de mission pour la Suisse romande : «Nous avons eu un synode missionnaire qui a voté ce changement avec comme maître mot celui de réciprocité : mettre en lien les Églises d’ici et de là-bas pour qu’elles puissent s’entraider dans la mission, chacune sur son territoire».

Intervention de Frédéric de Coninck © Défap

 

Au chapitre des questionnements et des pistes de travail, Frédéric de Coninck a pointé les défis actuels que pose à la mission une société où «le loin est devenu proche», fait universellement admis aujourd’hui, mais où parallèlement «le proche est devenu loin», ce qui crée des difficultés et des tensions face auxquelles les outils d’adaptation manquent encore. Tout au long de sa carrière, cet ingénieur de formation, et sociologue, a su concilier sa carrière de chercheur, qui l’a amenée entre autres à travailler au sein du Laboratoire Ville Mobilité Transport (Université Paris-Est) sur toutes les problématiques de la Ville Durable… et son appartenance à une Église mennonite de région parisienne. Il se définit ainsi lui-même comme une «personne frontière», un possible point de passage ou relais d’information entre des sphères qui ne communiquent pas naturellement ; or ce sont précisément de telles «personnes frontières» qui, dès les premiers temps d’expansion du christianisme, ont su participer à sa diffusion dans les diverses sociétés méditerranéennes… À l’heure où l’on parle facilement de «mondialisation», les échos lointains de cette déjà ancienne «méditerranéisation» pourraient-ils apporter des outils pour s’adapter ?

Concluant la journée à l’issue des travaux en ateliers et des premiers retours des divers groupes, Frédéric Rognon a tenu à poser quelques jalons : «Le Défap a décidé de s’engager dans un processus de refondation et la journée d’aujourd’hui est un jalon sur cette route. Il a été demandé à plusieurs reprise de clarifier ce processus. Donc précisons : la refondation, ce n’est pas l’aggiornamento du type Vatican 2 ; ce n’est pas la tabula rasa ; ce n’est pas la restauration réactionnaire.» Mais s’il s’est refusé à fournir «une synthèse qui lierait la gerbe de manière prématurée», il a tout de même laissé aux participants quelques «biscuits». Tout d’abord, dans cette dynamique de refondation, il a souligné «la nécessité de tenir conjointement et fermement les deux pôles réalisme et utopie», de «ne verser ni dans la stricte gestion des flux, ni dans le rêve désincarné». Ensuite, se référant à Jacques Ellul, il a invité à poursuivre la route armé d’un «pessimisme rempli d’espérance». Paradoxalement, le «temps de la déréliction», ce terme par lequel Ellul désignait notre époque marquée par «la perte des repères spirituels», c’est aussi le temps approprié à l’espérance…




C’est quoi, vivre simplement ?

Loin des discours formatés sur l’environnement, le «mini-forum» de Condé-sur-Noireau, organisé fin septembre avec le soutien du Défap, a été l’occasion pour les participants de s’interroger sur leur engagement en faveur de la création. Et sur ses implications concrètes et quotidiennes. Comment avoir un discours qui ne cache pas la gravité des enjeux, mais qui puisse en même temps motiver au lieu de décourager ? Que signifie véritablement «Vivre simplement» ? Une thématique débattue tout au long du week-end à travers échanges et tables rondes, et illustrée par des témoignages concrets allant du monde de l’entreprise à celui des communautés religieuses. À noter, le 17 octobre, une émission sur RCF avec Éric Trocmé, qui reviendra en détail sur cette rencontre.

Vue de quelques intervenants du «mini-forum» de Condé-sur-Noireau © Défap

Préservation de l’environnement et développement durable, mais aussi partage des richesses et accueil des migrants : toutes ces thématiques étaient rassemblées derrière le thème du «mini-forum» de Condé-sur-Noireau, organisé du 27 au 29 septembre par l’Église Protestante Unie du Bocage normand avec le soutien du Défap. Les débats tournant autour d’une citation de Gandhi, qui en donnait la coloration : «Vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre»… Parmi les intervenants chargés d’introduire les débats devant la centaine de participants, on pouvait noter la présence de Martin Kopp, qui a été chargé de plaidoyer de la Fédération luthérienne mondiale pour la «justice climatique» et qui préside aujourd’hui la Commission «Écologie et justice climatique» de la Fédération Protestante de France. Mais aussi de Basile Zouma et Florence Taubmann, respectivement secrétaire général et responsable du pôle France du Défap. Pour l’occasion, la mairie de Condé-sur-Noireau avait mis à disposition les halles de la ville pour une exposition illustrant le thème du «Vivre simplement».

Cet accent mis sur la «justice climatique», conjuguant enjeux environnementaux et enjeux sociaux, était déjà un marqueur du «mini-forum» de la région Centre-Alpes-Rhône, qui avait été organisé avec le réseau Bible et création. Même si, à Condé-sur-Noireau, les débats se sont surtout centrés sur la première partie de la citation qui donnait le thème de la rencontre, et sur la question du «Vivre simplement». Une question déclinée tout au long du week-end non seulement à travers une exposition, un film, une pièce de théâtre et des témoignages, mais aussi à travers des tables rondes et ateliers ; le tout entrecoupé de moments conviviaux autour de repas (à base de produits bio et locaux, bien sûr) ou d’un groupe de musique tzigane, qui a emmené les participants à travers la ville…

À travers Condé-sur-Noireau au son de musiques tziganes© Défap

L’ensemble du week-end a donc assuré une visibilité importante à la communauté protestante, et c’est déjà l’un des enjeux de telles rencontres, comme le souligne Basile Zouma. Il a aussi représenté un moment d’échanges sortant des cadres de discours tout faits, autour de questions très concrètes : en quoi le fait de vivre simplement ici permettra-t-il d’aider à la justice climatique à l’autre bout de la planète ? Que peut-on faire au quotidien ? Comment être cohérent avec ses propres engagements ? Peut-on choisir de devenir végétarien… et néanmoins continuer à prendre l’avion si on se déplace à l’étranger ? Plus largement, à l’égard des jeunes générations, comment avoir un discours vrai, qui n’enjolive pas la réalité, mais ne soit pas non plus désespérant au point de décourager tout engagement ?

«Des progrès à petits pas»

«La table ronde a été très appréciée, souligne Basile Zouma : il y avait des tendances très différentes qui étaient représentées, et qui ont su dialoguer. Nous avons eu un exposé des dernières prévisions scientifiques sur le réchauffement climatique. Nous avons eu aussi des participants qui ont insisté sur la nécessité de laisser un espoir d’ouverture et donc d’éviter les discours catastrophiste ; sachant qu’il n’est pas forcément nécessaire de s’appuyer sur de tels discours pour s’engager à protéger la création. Avec ou sans l’avis de scientifiques et d’experts, qui ne peuvent pas prétendre à une précision mathématique puisque la science progresse toujours par erreurs corrigées, nous ne pouvons qu’être gagnants si nous protégeons notre environnement. Une maison qu’on n’occupe pas se dégrade ; une maison occupée aussi… Nous avons forcément une empreinte écologique, que nous le voulions ou non. Il s’agit de trouver comment la réduire…Et l’aspect très positif de cette rencontre est finalement que chacun s’est senti interpellé dans ses engagements personnels. L’Église Protestante Unie du Bocage normand est d’ailleurs elle-même engagée pour la préservation de l’environnement.»

Florence Taubmann souligne également la qualité des échanges tout au long du week-end, et leur ancrage dans le concret. À l’exemple du témoignage d’un chef d’entreprise membre des EDC (les Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens) : «Il a très bien su faire passer l’idée que dans les entreprises, il n’y a pas que des machines : ce sont avant tout des êtres humains qui travaillent. Et quand on veut transformer les choses, on ne peut pas en faire abstraction et tout révolutionner d’un seul coup. Ce sont des efforts dans la durée, des progrès faits à petits pas. On est dans une réalité humaine dont on doit tenir compte. Loin des discours très culpabilisants quand on touche à la thématique de l’environnement, il faut bien se rendre compte que l’on n’est pas tout-puissant, dans le mal ni dans le bien.» Parmi les autres témoignages illustrant le «Vivre simplement», Florence Taubmann évoque aussi celui de communautés religieuses, comme les Frères Missionnaires des Campagnes, une congrégation religieuse fondée en 1943 en Seine-et-Marne par le dominicain Michel Épagneul. Quatre d’entre eux étaient présents au «mini-forum» de Condé-sur-Noireau. Autre exemple de simplicité de vie, celui des Diaconesses de Strasbourg, illustré à travers un film, Rue du Ciel, réalisé par Ravo Rivo (fille d’Augustin Rivo, aumônier au CHU de Reims), et qui a été diffusé par KTO TV. Vous pouvez en trouver ici une présentation détaillée, et visionner ci-dessous l’intégralité du documentaire :

Vous pouvez retrouver ci-dessous un aperçu en images de ce week-end, en attendant un compte-rendu plus détaillé : le 17 octobre, sur RCF, c’est Éric Trocmé, très impliqué dans cette rencontre, qui reviendra sur le forum de Condé-sur-Noireau dans une émission spéciale. À écouter à partir de 11 heures du matin, et à retrouver ensuite ici.




Courir pour Bafia, ici et là-bas

Le 19 octobre, dans le cadre de la première édition de Hope 360, course solidaire organisée par Asah, le projet du Défap (la réhabilitation de l’hôpital de Bafia) sera porté simultanément par des coureurs engagés à Valence… et par d’autres au Cameroun. Pendant que l’envoyée du Défap présente à Bafia prendra part à la course, d’autres envoyées l’ayant précédée présenteront le projet sur le stand du Défap à Valence. Les inscriptions sont encore ouvertes sur hope360.events/. Le 19 octobre, venez vous joindre à l’aventure !

L’hôpital de Bafia, géré par l’EPC : une structure hospitalière, mais aussi un témoignage de l’EPC au sein de la société camerounaise © Défap

C’est la dernière ligne droite avant le 19 octobre, et tout le monde se prépare. À Valence même, où la première édition de Hope 360 va se tenir, les bénévoles sont à pied d’œuvre pour organiser l’accueil des «hopeurs». Les coureurs se retrouveront dans les allées du parc de l’Épervière pour des parcours de 1,7 km ou 6,8 km, à effectuer soit en courant, soit en roulant (il y a des courses à vélo, mais aussi… en engin roulant sans moteur, ce qui peut aller du skate à la voiture à pédales en passant par toute les innovations roulantes imaginables). Tout est bon pour participer aux diverses courses et lever des fonds au profit des divers projets… Au sein des équipes des divers acteurs chrétiens de la solidarité internationale issus du collectif Asah, on se prépare aussi. Ils sont une vingtaine associés au projet. Il y a là des noms connus comme Medair, ADRA, Le Sel, La Gerbe, l’Ircom, Michée France, Fidesco… Un ensemble œcuménique qui propose de soutenir des projets de santé, d’éducation, de protection de l’environnement – pour plus de justice, un meilleur partage des ressources, une vie plus digne… Collectivement, les membres d’Asah sont engagés dans plus de 140 pays pour apporter des réponses d’urgence, accompagner les populations dans leur développement et interpeller les politiques de tous les continents pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD).

Mobilisés à Valence… et à Bafia

Le Défap fait partie de l’aventure, et propose aux «hopeurs» de courir pour soutenir la réhabilitation de l’hôpital de Bafia, un établissement de l’Église presbytérienne du Cameroun. Avec une particularité : la mobilisation pour ce projet se fait à la fois en France… et au Cameroun. Car au cours du week-end du 19 octobre, pendant que les «hopeurs» seront en train d’arpenter les allées du parc de l’Épervière à pied ou en roulettes, une course se déroulera aussi à Bafia. Avec notamment la participation d’Amandine Drouaillet, actuellement envoyée du Défap sur place, pour assister l’équipe du docteur Célin Nzambé. Aurélie Chomel, qui l’avait précédée, pourra de son côté témoigner de son expérience à Valence, sur le stand du Défap. Elle aura l’appui de Patricia Champelovier, également infirmière, qui a elle aussi fait le voyage à Bafia pour soutenir le projet, et qui est en outre présidente du conseil presbytéral de Saint-Péray au sein de l’Ensemble Valence-Deux-Rives.

Ci-dessous, vous pouvez retrouver un témoignage d’Aurélie lors de sa mission à Bafia, où elle a appuyé l’équipe du docteur Célin Nzambé :

Avec peu, vous pouvez faire beaucoup

Avec peu de moyens, une structure comme celle de l’hôpital de Bafia fait beaucoup pour la santé de la population. Les établissements de santé gérés par des Églises ont en effet un rôle crucial dans un pays où les soins hospitaliers, que les patients doivent payer eux-mêmes, restent hors de portée du plus grand nombre. Mais les hôpitaux des Églises manquent eux-mêmes cruellement de moyens tant humains que matériels. Ce sont ces établissements que le docteur Célin Nzambé a décidé de réhabiliter, à la demande de l’Église presbytérienne du Cameroun. Et vous-même, par votre engagement à travers Hope 360, par les bonnes volontés que vous pourrez mobiliser, par vos dons, vous pouvez les aider à faire plus encore. Le moindre euro a une utilité immédiate. Voici quelques exemples :

  • un accouchement coûte 11 500 francs CFA (6 500 pour l’acte médical + 5 000 pour le matériel), soit un total de 17,50 euros
  • une opération : 60 000 CFA pour une hernie (91 euros), 120 000 pour une césarienne (182,30 euros)
  • une table d’accouchement : 320 000 CFA (486 euros)
  • une table d’examen : 150 000 CFA (228 euros)
  • un tensiomètre électrique : 30 000 CFA (45,50 euros)
  • un déambulateur : 25 000 CFA (38 euros)
  • un doppler fœtal (pour écouter le cœur du bébé) : 120 000 CFA (182,30 euros)

Tous les dons peuvent donc sauver des vies. Car avant de soigner les malades, il faut soigner l’hôpital. C’est ce que vous pouvez faire en soutenant le travail entrepris par le docteur Célin Nzambé. Dans la vidéo que vous pouvez voir ci-dessous, il explique dans quelles conditions il intervient, au cours d’un entretien réalisé durant l’été 2018 par Jean-Marc Bolle, qui s’est rendu sur place.

Et vous, le 19 octobre, vous joindrez-vous à l’aventure ?