Deux jours d’échanges entre chercheurs au Défap

Tout comme les envoyés qui s’inscrivent dans des projets portés par les Églises partenaires du Défap, tout comme les échanges d’enseignants entre facultés de théologie, les chercheurs en congé-recherche en France et dont les travaux sont soutenus par le Défap incarnent les relations entre Églises au près et au loin. Leur rencontre annuelle a eu lieu les 1er et 2 juin au siège du Défap, à Paris. L’occasion de faire le point sur les joies et défis de leur séjour en France, et de présenter leurs travaux.

Le groupe des chercheurs en congé-recherche dans le jardin du 102 boulevard Arago © Défap

Ils viennent de République démocratique du Congo, de Cameroun, de Côte d’Ivoire… Ils sont en France pour quelques mois, pour des recherches à l’occasion d’un projet de thèse, ou de publication… Ils sont pasteurs et théologiens, et leur présence au Défap, ainsi qu’à l’Institut protestant de théologie de Paris ou de Montpellier, est une des manifestations concrètes des relations nouées entre facultés de théologie par-delà les frontières. Ce sont les chercheurs en congé-recherche dont les travaux sont soutenus par le Défap. En ce début du mois de juin, ils sont rassemblés dans la « salle de cours » du Défap, pour deux journées destinées à faire le point sur leur séjour en France, et présenter leurs travaux.

Si la figure de l’envoyé est généralement la plus connue, et considérée comme la plus représentative des activités du Défap au sein de ses Églises constitutives, elle a ainsi sa figure symétrique en termes d’accueil. Les relations établies de longue date via le Défap au sein de toute une communauté d’Églises s’illustrent non seulement à travers des projets, mais aussi à travers des échanges de personnes ; et non seulement par l’envoi au loin, mais aussi à travers toutes celles et ceux qui viennent en France, notamment dans le cadre d’un cursus de formation théologique. Le Défap assure le suivi administratif et pédagogique de ces chercheurs en congé-recherche.

Des questionnements qui se recoupent

Mais tout comme dans le cas des envoyés, chaque boursier est engagé dans un projet personnel, en lien avec sa propre formation et avec sa propre Église, qui lui permet difficilement d’échanger avec les autres boursiers. Ils sont géographiquement éloignés, travaillent en lien avec des facultés de théologie différentes ; et le délai imparti pour les recherches (quelques mois) est court, surtout si l’on tient compte du nécessaire temps d’adaptation lors de leur arrivée en France.

D’où ces deux journées organisées au 102 boulevard Arago, qui représentent une occasion précieuse d’échanger, de revenir sur les difficultés ou obstacles administratifs, de faire le point avec le Défap sur leur séjour. Après le mot d’accueil du Secrétaire général Basile Zouma, les nouveaux arrivants ont pu faire part de leurs attentes, de leurs craintes, des freins qui ont pu entraver leur venue, des forces qui leur ont permis de franchir les obstacles pour venir poursuivre leurs travaux en France ; quant aux chercheurs déjà à mi-parcours de leur séjour ou sur le point de repartir, ils ont pu évoquer les joies, défis, étonnements ou incompréhensions qui auront marqué leur découverte du contexte français. Une séance de « debriefing » précieuse pour améliorer le suivi, fluidifier les relations entre facultés de théologie de pays divers et aux habitudes de travail différentes, ou tenter de débrouiller des difficultés administratives.

Les chercheurs en congé-recherche échangeant avec le Secrétaire général Basile Zouma © Défap

Tous ont également eu l’occasion de présenter le thème et l’état d’avancement de leurs travaux. Avec souvent, à la base de leurs recherches, des questionnements qui se recoupent : les défis qui se posent au chrétien dans sa vie quotidienne et dans son Église, le décalage entre ce qui est proclamé et ce qui est vécu, les difficultés de la contextualisation et la recherche d’un christianisme authentiquement africain, les exigences d’une vie chrétienne sincère… L’un s’interroge sur les relations entre des sociétés fortement imprégnées de religion chrétienne et la misère persistante des peuples – un décalage favorable au développement de l’évangile de la prospérité. Un autre évoque la coexistence d’un christianisme très présent et de croyances traditionnelles auxquelles la majorité se conforme, sous cape : car même si on ne pratique pas, on redoute toujours les effets possibles de ces anciennes croyances. Un autre s’attache à la question de la musique dans les Églises. Un autre centre ses travaux sur la liberté et la relation à Dieu. Un autre enfin, constatant le développement grandissant du christianisme en Afrique, cherche à déceler si, à l’origine du texte biblique lui-même, se trouveraient également des influences africaines… Autant de travaux destinés à alimenter les réflexions au sein de leurs Églises respectives, et dont certains contiennent parfois des propositions très concrètes. Comme l’avait souligné le Secrétaire général Basile Zouma dans son mot de bienvenue, en présentant le Défap et la volonté d’ouverture entre Églises qui guide ses activités : « À travers ce que chacun d’entre vous fait, il y a quelque chose de l’ordre du royaume de Dieu qui se donne, et que nous devons accueillir. »




Deviens un héros : en route pour toute la France !

La dernière session de formation des animateurs pour l’exposition « Deviens un héros » a eu lieu au cours du week-end des 3 et 4 juin au siège du Défap. Les participant.es ont pu découvrir les trois modules existants (le groupe, les stéréotypes et la discrimination) afin d’être en mesure de les animer pour un groupe. Désormais, cet outil de sensibilisation à la lutte contre les discriminations va pouvoir essaimer partout en France.

Participants à la formation des 3 et 4 juin pour l’exposition interactive « Deviens un héros » © Défap/EPUdF

Avec l’Église protestante unie de France, nous avons animé ce week-end au Défap une formation à la super exposition « Deviens un héros ». La qualité de cette dernière a été extrêmement appréciée par les participant.e.s, bravo aux EUL qui l’ont créée. Ces deux jours ont été riches en réflexions et en rencontres.

Grâce à ces nouveaux animateurs et nouvelles animatrices formé.e.s, l’exposition va pouvoir être vécue aux quatre coins de la France (ou presque) !

« Deviens un héros » , c’est bien plus qu’une exposition : c’est une animation interactive, destinée aux jeunes de 12 à 18 ans, et c’est surtout un outil pédagogique qui les amène à s’interroger sur leur façon de vivre, avec les autres et dans le monde, face aux peurs, aux tentations de repli et aux risques de dérives de nos sociétés. Le concept en a été développé depuis plusieurs années en Alsace, à Neuwiller-les Saverne, à l’initiative des EUL (les Équipes Unionistes Luthériennes). Le Défap et le Service Catéchèse de la région parisienne de l’EPUdF vous proposent désormais d’y participer.

Comprendre les mécanismes à l’origine des tentations de repli

Pendant la formation des animateurs, dans la chapelle du Défap © Défap/EPUdF

Pour contribuer à une société plus juste, apaisée, où chaque personne puisse être reconnue, il faut comprendre les mécanismes à l’origine des tentations de repli. Et mettre des mots sur les maux qui menacent nos sociétés. Qu’est-ce, par exemple, qu’un préjugé ? Un stéréotype ? D’où viennent-ils et comment se manifestent-ils ? Qu’est-ce qu’une discrimination ? Un harcèlement ? Autant de sujets lourds mais mis en scène de manière ludique à travers cette exposition interactive. Avec l’idée, non pas d’apporter des réponses toutes faites, mais de susciter un échange et d’amener les participants à réfléchir sur les thématiques présentées. Pour leur permettre de devenir de véritables héros du quotidien, ayant développé leur propre réflexion et leurs propres « super-pouvoirs » afin de s’engager contre les discriminations…

« Deviens un héros » a déjà été présenté en région parisienne auprès de participants de diverses paroisses, mais cette exposition interactive a vocation à essaimer. Pour des journées paroissiales, des week-ends caté, des camps… Pour l’animer, une formation est nécessaire. D’où la session du week-end dernier. Si vous êtes vous-mêmes intéressé.e.s pour être formé.e.s vous pouvez contacter Marion à marion.heyl@epudf.org.

Les futurs animateurs pendant la session de formation au Défap © Défap/EPUdF




25-26 juin : une nuit pour prier pour les victimes de la torture

L’Assemblée générale des Nations unies a proclamé la date du 26 juin Journée internationale de soutien aux victimes de la torture, afin d’assurer l’application de la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Il s’agit donc d’une date clé pour le mouvement international de l’ACAT. L’idée de la Nuit des Veilleurs, lancée en 2006, est de créer une chaîne internationale de personnes se recueillant pour les victimes. Partout dans le monde, les chrétiens sont appelés à veiller en soutien à quelques-unes d’entre elles. Lors d’événements organisés près de chez eux, ou seuls en tout autre lieu, ils accompagnent les actions de plaidoyer et les relaient jusqu’au cœur de Dieu, dans une nuit où la prière se fait cri. Un cri mobilisateur.

Dans le cadre de la Journée de l’ONU de soutien aux victimes de la torture (le 26 juin), l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT) vous invite à participer à la 18eme édition de la Nuit des veilleurs.

Rejoignez des chrétiens de toutes confessions et de tous les continents pour devenir veilleurs, au cours d’une nuit de prières, à l’intention de ceux qui, partout dans le monde, sont torturés. Cette chaîne de prière mondiale aura pour thème « Prier au cœur de l’Action ». Pour rejoindre le mouvement, l’ACAT vous propose une liste de rencontres locales, en présentiel ou en ligne, ainsi que des ressources si vous voulez allumer une bougie virtuelle ou créer vous-même un événement.

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Ajoutez votre bougie virtuelle sur le site de la Nuit des veilleurs

Cette chaîne de prière mondiale est un événement œcuménique unique, une action tout à la fois individuelle et collective.

Depuis 2006, ce sont plus de 180 défenseurs et défenseures des droits qui ont été mis en valeur et soutenus par les membres ou des sympathisants de l’ACAT-France.

Pour l’édition 2023, les victimes d’injustices et de tortures que l’ACAT-France soutient sont Floriane Irangabiye, Jean-Rémy Yama, Kenia Hernandez, Yonny Ronay, Prageeth Eknaligoda, Nguy Thi Khanh, Jalal,Abdullah, Yousef, Hassan, Ali Jaffar,Jawad, Ali Hassan, Mahdi, Mohamed Ramadan et Hussein Ali Moosa.

Elles sont menacées, battues, emprisonnées, mises au secret, pour leurs engagements politiques, leurs convictions, leur volonté de défendre les plus démunis, au péril de leur vie.

Le 26 juin, soutenez les, dites-leur qu’on ne les oublie pas, priez pour elles et pour eux, et écrivez-leur.




Des théologiens protestants se rassemblent autour du thème de la guerre

Une guerre juste… est-ce possible ? N’y a-t-il pas déjà contradiction dans les termes ? Que faire du commandement « Tu ne tueras pas ? » Les quatrièmes rendez-vous de la pensée protestante réunissent étudiants et théologiens pendant trois jours à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg autour de cette thématique de la guerre.

Une guerre peut-elle être juste ? C’est la question posée aux étudiants des établissements de théologie protestante francophone lors des Rendez-vous de la Pensée Protestante (RVPP) du 23 au 25 juin à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg.

Cette rencontre annuelle se veut un moment de partage entre la nouvelle génération de théologiens protestants et celle déjà active, afin de s’enrichir mutuellement de nouvelles idées comme d’expériences.

Le samedi soir sera l’occasion d’une grande soirée-débat, animée par le philosophe Olivier Abel qui interpellera ses intervenants sur le thème de la guerre, dans la continuité de la problématique de l’année 2022, toujours marquée par l’actualité du conflit en Ukraine.

Les trois invités de cette conférence sont :

▶️ Cette soirée-débat est ouverte au public et sera retransmise en direct sur les réseaux sociaux ainsi qu’en replay sur la chaîne YouTube de la FPF.




«J’ai rencontré des personnes vraiment merveilleuses»

Voici la première lettre de nouvelles de Mona, l’une de nos volontaires en Service civique venues d’Égypte. Elle évoque sa mission chez les Diaconesses de Strasbourg.

Mona, photographiée dans le jardin du Défap © Défap

 

VOLONTAIRE
  • Mona, 25 ans, Égyptienne
  • Accompagnatrice de personnes âgées
MISSION
  • La maison des Diaconesses, 3 rue Ste Elisabeth, Strasbourg
  • Les personnes âgées (Sœurs et seniors)

 
 
Ma mission:

 

Je m’appelle Mona. Je suis Égyptienne. J’ai 25 ans. J’ai terminé mes études et j’ai travaillé dans une entreprise de service à la clientèle pendant deux ans. J’ai commencé à travailler depuis novembre 2020. Trois mois après, la compagnie a décidé que tout le monde travaillerait à domicile en raison des mauvaises conditions dues au Coronavirus. Ceci, bien sûr, a eu un grand impact sur moi, sur mes relations avec mes amis ainsi qu’avec mes collègues de travail. Deux mois plus tard, je me sentais déconnectée du monde extérieur. J’entends juste les problèmes des autres sans les voir ni les connaître. Je ne parle qu’avec des écrans. J’ai donc besoin d’interagir davantage avec les gens en personne. Je sens que je ne fais que suivre la routine normale ou ce qu’on attend de moi dans la vie.

J’ai également besoin de fournir un service ou d’aider les autres « gratuitement » car de nombreuses personnes m’ont aidée dans les différentes étapes de ma vie.

Quand on m’a parlé de cette mission, je ne l’ai pas immédiatement acceptée, mais je ne l’ai pas non plus refusée. Ne pas dire « non » était étrange et surprenant pour moi, car je dis généralement un « non » rapide à tout ce qui est nouveau ou ambigu pour moi.

Et me voilà en France. Et heureusement, je suis ici parce que j’ai rencontré des personnes vraiment merveilleuses. Des sœurs et des seniors qui nous ont accueillies avec tant de respect et d’amour sans même nous connaître et malgré toutes les différences d’âge et de culture.

On dit que notre mission est d’accompagner les personnes âgées, mais parfois j’ai l’impression qu’elles ne sont pas très âgées. Ce sont des personnes pleines de vie et d’amour de Dieu. Nous avons des cours de gym tous les mercredis. Même si nous ne faisons pas d’exercices compliqués pour nous « les jeunes », les sœurs se soucient d’y participer. Malgré leurs maux physiques, elles essayent de suivre les actualités que ce soit à travers les journaux, la télévision ou la radio, selon leur état de santé, et c’est parce qu’elles sont toujours désireuses de prier pour tout ce qui se passe autour d’elles.

« Après deux mois, je ressens beaucoup de changements dans ma vie »

Il y a des personnes qui aiment coudre, tricoter et faire du crochet, d’autres qui aiment jouer, lire ou sortir, et d’autres qui aiment rester dans leur chambre pour parler et partager des idées.

Ce qui m’a étonnée, c’est une sœur qui ne voit presque rien et arrive quand même à tricoter de très jolies brassières pour bébé. Quand je lui ai demandé comment elle le faisait, elle m’a dit qu’elle ne voyait pas bien mais elle comptait les mailles et parfois avec l’expérience aussi elle arrêtait de compter. Rien ne les empêche de travailler ou de vivre.

Nous partageons une vie communautaire. Nous vivons dans la même maison, prions ensemble (3 fois par jour + un culte chaque dimanche + une mini réunion pour les jeunes une fois par semaine), mangeons ensemble, aidons à mettre la table et nettoyons la cuisine ensemble. Nous célébrons également l’anniversaire de chacune en préparant des gâteaux, des lettres, des cadeaux et quelques chants.

Heureusement, j’ai eu l’occasion de fêter Pâques avec les sœurs. Nous avons comparé les différentes manières de fêter en France et en Égypte, comme l’histoire du lapin et des œufs, que je n’ai toujours pas comprise même après qu’on me l’ait expliquée plusieurs fois.

Après deux mois, je ressens beaucoup de changements dans ma vie. Je me sens plus proche de Dieu. Je vois dans cette maison un verset de la Bible accompli : « Vous êtes dans le monde, mais pas du monde. »

Chaque jour, je deviens plus mature et plus autonome. Je sors un petit peu de ma zone de confort (comfort zone).




«Je me sens en famille même loin de chez moi»

Voici la première lettre de nouvelles de Believe, notre Service civique venue du Togo. Elle évoque sa mission au sein de l’Association diaconale protestante Marhaban, à Marseille. Elle a déjà été amenée à faire tour à tour de l’accueil, de l’animation d’ateliers d’anglais ou de couture, ainsi qu’à s’occuper d’une épicerie autogérée.

Believe, photographiée dans le jardin du Défap © Défap

 

VOLONTAIRE
  • Believe, Togolaise, 25 ans
  • Accompagnatrice de personnes en situation de précarité
MISSION
  • Association diaconale Marhaban
  • Mon service s’adresse aux adultes, jeunes et parfois aux enfants

 
 
Ma mission en tant que service civique se passe très bien, contrairement à ce que je m’étais imaginée avant d’arriver ici en France, plus précisément à Marseille où se déroulent mes activités journalières. Généralement, je donne des cours d’anglais aux adultes de l’association, j’assiste dans quelques niveaux de cours de français, j’apporte mon aide au soutien scolaire si possible, j’aide à la distribution alimentaire des colis aux bénéficiaires de l’association, je participe à l’accueil puis à l’atelier de couture organisé par les femmes qui aiment bricoler, puis j’aide à l’épicerie autogérée fondée par Marhaban, sans oublier l’aide que j’apporte au besoin à l’Eglise Protestante Unie De France, temple de Grignan, en tant que bénévole.

De nature je m’ennuie s’il n’y a rien à faire, donc j’aime beaucoup le fait d’être occupée dans ma mission et surtout j’adore cette valeur ajoutée de ma personnalité d’être utile en aidant les autres dans leurs difficultés afin d’avoir des moments d’échange, d’écoute, d’apprentissage et de partage car cela est ma joie de voir des personnes heureuses. Je suis dans un pays que j’ai toujours rêvé de visiter ; ce rêve est finalement devenu réalité grâce au Défap et à mon Église qui m’en offrent l’opportunité. C’est pour moi une joie énorme maintenant car cela me permet d’élargir mes connaissances, de découvrir de nouvelles choses, faire de l’aventure, participer dans le social pour l’intérêt général, améliorer mes compétences interculturelles et de leadership.

La France d’après ce qui se dit souvent est un pays très développé par rapport à l’Afrique où les gens n’ont pas de temps à consacrer à autrui si ce n’est se concentrer sur des trucs propres à eux. Ceci étant dit je croyais arriver dans une ville qui ne m’accepterait pas puisque je suis étrangère, mais à ma grande surprise j’ai été et je continue toujours d’avoir cet accueil chaleureux partout où je me trouve dans le pays, sans oublier l’accompagnement nuit et jour de tous ceux qui m’entourent. De ma descente de l’aéroport jusqu’à l’endroit où je travaille et même où je loge, j’ai la chance d’avoir tout une équipe à mes côtés qui s’assure du bon déroulement de ma mission. Je me suis vite intégrée sans problème et me sens en famille même loin de chez moi, donc merci beaucoup à tous ceux qui se battent pour une vie meilleure des jeunes qui représentent le futur et aussi l’Église qui n’abandonne pas ses fidèles.




Église de Guadeloupe : «Un séjour riche en rencontres»

Le pasteur Marc-Henri Vidal vient d’effectuer une mission courte avec le Défap auprès de l’Église Protestante Réformée de Guadeloupe (EPRG). Il témoigne.

Culte célébré à l’EPRG par le pasteur Marc-Henri Vidal © Marc-Henri Vidal pour Défap

 
Parmi ses activités, le Défap accompagne les Églises protestantes de sensibilité luthéro-réformée présentes aux Antilles, en Guyane, à la Réunion et à Mayotte, notamment en contribuant à financer des postes pastoraux mais aussi par un soutien direct et par le financement de projets. Des Églises minoritaires, mais qu’il est essentiel de soutenir, entre une Église catholique fortement implantée et des Églises évangéliques en fort développement. Elles sont accompagnées par des pasteurs envoyés par le Défap pour des missions courtes. Voici le témoignage de Marc-Henri Vidal, parti en avril-mai en Guadeloupe.
  

Dîner avec les membres de la paroisse après une étude biblique © Marc-Henri Vidal pour Défap

 
Nous sommes arrivés en Guadeloupe mercredi après-midi le 19 avril, par un soleil radieux. Venant du Québec, il n’y a pas de décalage horaire, seule la fatigue de 5 heures d’avion. Nous avons été accueillis, mon épouse et moi, par la secrétaire du conseil presbytéral, Fanny, au volant de la voiture de paroisse.

Arrivée au presbytère, une charmante petite maison, construite récemment, confortable, bien appréciée de notre part, au milieu d’un superbe parc, où nous avons fait le tour des lieux. Un autre membre du conseil, Danielle, est venu nous apporter de quoi manger le soir. A cette latitude, le soleil se lève et se couche vers les mêmes heures en toutes saisons, entre 18h et 18h30.

Vendredi 21 avril, nous avions une rencontre du conseil pour planifier notre court séjour. Les sept membres étaient présents. Le courant est tout de suite bien passé entre eux et nous. Sachant mon implication avec les formations à la prédication en Île-de-France, sous la gestion de Marc Pelcé, il fut demandé et décidé que j’anime deux ateliers, le jeudi 27 avril et le mardi 2 mai en début de soirée (18h30 – 20h) en présentiel et distanciel, le président s’assurant de la retransmission vidéo des présentations. Trois personnes sur place, deux en vidéo, ont participé à ces rencontres de formation, tenues au presbytère. L’offre a été faite à l’Église de la Martinique de se joindre à cette formation, mais nous n’avons pas eu de réponse. Les délais d’information étant manifestement trop courts.

Toujours au presbytère, deux études bibliques pour l’ensemble des paroissiens, sur le thème des premiers chapitres de la Genèse : une protohistoire, ont été planifiés pour les mercredis 26 avril et 3 mai, 18h à 19h30. A nouveau, en présentiel et en distanciel. Des rencontres et des échanges qui, selon mon avis, ont été fort riches. La deuxième rencontre fut suivie, ce qui était la veille de notre départ, par un repas fraternel.

Verre de l’amitié après un culte © Marc-Henri Vidal pour Défap

 
Entre 12 et 20 personnes ont participé aux cultes des dimanches 23 et 30 avril (…) Après chaque culte, un « verre de l’amitié » était offert aux présents.

Deux visites pastorales ont eu lieu pendant notre séjour. L’une, lors d’une invitation à déjeuner avec un des membres du conseil, où nous nous sommes retrouvés six à table, et l’autre, ayant invité le président du conseil et son épouse (catholique de tradition) à déjeuner.

D’autres visites auraient été souhaitables, mais la durée du séjour ne le permettait pas. Les paroissiens auraient bien aimé que nous restions plus longtemps.

En conclusion, un séjour riche en rencontres et en activités, deux cultes, deux études, deux formations… en deux semaines.




Une demi-journée au Défap pour les futurs pasteurs

Les étudiants du Cycle M2 « Église et Société » de l’Institut protestant de théologie seront reçus au Défap jeudi 25 mai. Un rendez-vous désormais régulier qui témoigne des relations entre Défap et IPT, et permet à ces futurs pasteurs de l’Église protestante unie de France de se familiariser avec le Service protestant de mission. Au menu de cette rencontre : une présentation des actions du Défap et de son histoire, une visite de la bibliothèque, et un repas partagé avec l’équipe.

Le nom change, la fonction demeure : ne parlez plus aujourd’hui de « Master Pro », mais plutôt de « Cycle M2 ES » (« ES » pour « Église et Société »). Il s’agit néanmoins toujours d’une formation universitaire dispensée par l’Institut protestant de théologie (un cycle commun aux facultés de Paris et de Montpellier), et qui a pour finalité de former des étudiants se destinant à devenir pasteurs au sein de l’Église protestante unie de France. Et ce jeudi 25 mai, ces futurs pasteurs qui sont en train d’achever leur formation sont reçus au Défap pour une demi-journée. Ils et elles auront l’occasion de rencontrer le Secrétaire général, Basile Zouma, auront une présentation des activités du Défap à travers une animation d’Éline ; ils seront aussi emmenés à travers l’histoire du Service protestant de mission au fil de ses grandes dates et des « grains de sable » distillés par l’exposition réalisée pour les 50 ans du Défap, pourront visiter en fin de matinée la bibliothèque, et pourront rencontrer l’équipe à l’occasion d’un repas partagé.

Voilà plusieurs années que ces visites d’étudiants en théologie sont organisées au 102 boulevard Arago ; la pasteure Tünde Lamboley, responsable de la formation théologique, et qui avait initié un rapprochement avec l’IPT à travers une série de « déjeuners-cultes », avait en effet constaté que le Service protestant de mission restait encore trop souvent méconnu parmi les étudiants. D’où cette idée d’un temps de rencontre et d’échanges, approuvée par Élian Cuvillier, qui outre son rôle de directeur des études à l’IPT-Montpellier, est également, depuis juillet 2017, directeur de ce cycle de Master 2 commun aux deux facultés. Il a déjà eu l’occasion de dire, lors d’une de ces visites, qu’il considère le Défap comme « un rouage essentiel de l’Église », avec lequel ses étudiants, en tant que futurs pasteurs, « seront nécessairement amenés à travailler ».

Ce que le Défap apporte aux pasteurs

Ces rendez-vous désormais réguliers témoignent des relations entretenues entre Défap et IPT. Ils contribuent aussi à rendre visible un aspect essentiel des activités du Défap, quoique relativement peu mis en avant : son rôle auprès du corps pastoral. Outre l’envoi de volontaires, outre le soutien de projets, outre les relations entre centres de formation théologique de divers pays, le Défap appuie les activités de ses Églises membres en s’occupant de la logistique des envois pastoraux outre-mer. Il contribue à renouveler le corps pastoral (au sein de l’Église protestante unie de France, l’une des trois unions d’Églises membres du Défap et numériquement la plus importante, les ministres d’origine étrangère représentent une proportion croissante : ils étaient ainsi 22,6% selon les chiffres de 2015, les pasteurs originaires d’Afrique étant le deuxième contingent le plus important ; et parmi ces pasteurs venus d’Afrique, bon nombre étaient passés par le Défap). Le Défap a aussi développé récemment un programme d’accueil pour ces pasteurs venus d’ailleurs, à la demande de trois Églises protestantes : l’Église protestante unie de France (EPUdF), l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), et l’Église protestante unie de Belgique (EPUB). Avec l’idée d’en faire des temps d’échange et de rencontre, mais aussi de donner à ces futurs pasteurs des clés de lecture, des repères et des ressources.

Ces visites d’étudiants et futurs pasteurs leur permettent ainsi de se familiariser avec un « outil » des Églises qui leur sera utile tout au long de leur carrière pastorale, dans un contexte de plus en plus mouvant et complexe. Une évolution qui touche aujourd’hui toutes les sociétés européennes, et auxquelles les Églises elles-mêmes participent. Car cette dimension multiculturelle née de la mondialisation, les Églises la vivent déjà au quotidien, à travers leurs paroissiens et à travers leurs pasteurs. Et les paroisses situées dans les lieux les plus densément urbanisés sont loin d’être seules concernées : aujourd’hui, même les villes moyennes ou les paroisses en zones rurales ont aussi des paroissiens aux multiples origines, comme en témoignait récemment Joël Dahan, pasteur de l’EPUdF dans le Bergeracois. La question des relations interculturelles au sein des Églises est un aspect sur lequel le Défap travaille depuis des années – en relation avec diverses Églises et des programmes de formation comme celui de la CPLR (le programme de la formation permanente des pasteurs de la Communion Protestante Luthéro-Réformée).

 

Devenir pasteur
Le Cycle M2 « Église et Société » (Cycle M2 ES) est une formation universitaire commune aux Facultés de Paris et de Montpellier qui prend en compte la pratique, l’expérience et l’engagement concrets. Il est requis pour être pasteur.e de l’Église protestante unie de France (EPUdF). Poursuivant un triple objectif théologique, professionnel et personnel, il met en œuvre la triade pédagogique : savoir, savoir-faire et savoir-être. Il comprend un stage, des séminaires et la rédaction d’un rapport de stage. Au terme de ce temps d’études, et après accord de la Commission des ministères, le.a candidat.e au ministère pastoral fait son « proposanat ». Ce dernier est une période probatoire d’une durée de deux ans, dans une Église locale ou une paroisse. Une fois le proposanat achevé et après accord de la Commission des ministères, le nouveau / la nouvelle pasteur.e est ordonné.e – reconnu.e dans son ministère puis inscrit.e au rôle des ministres de l’EPUdF. L’EPUdF a réalisé un site internet dédié aux étudiant.e.s désirant devenir pasteur.e.s : devenirpasteur.fr.



Deviens un héros : formation à l’animation

À travers les trois modules disponibles (groupe, stéréotypes et discriminations), l’exposition interactive « Deviens un héros », créée par les EUL et désormais proposée par le service catéchèse de l’EPUdF en partenariat avec le Défap, permet à des participants de 12 à 18 ans de développer leurs réflexions et leurs propres « super-pouvoirs » pour s’engager contre les tentations de repli qui menacent nos sociétés. Vous voulez l’utiliser pour un week-end paroissial, un camp… ? Une session de formation pour les animateurs est disponible les 3 et 4 juin. Pour tout savoir et vous inscrire, c’est ici !

« Deviens un héros » : l’exposition interactive

Pour contribuer à une société plus juste, apaisée, où chaque personne puisse être reconnue, il faut comprendre les mécanismes à l’origine des tentations de repli. Et mettre des mots sur les maux qui menacent nos sociétés. Qu’est-ce, par exemple, qu’un préjugé ? Un stéréotype ? D’où viennent-ils et comment se manifestent-ils ? Qu’est-ce qu’une discrimination ? Un harcèlement ? Autant de sujets lourds mais mis en scène de manière ludique à travers « Deviens un héros« , une exposition interactive développée par les Équipes Unionistes Luthériennes (EUL) en Alsace, et proposée depuis janvier par le Défap et le Service Catéchèse de l’EPUdF.

Cet outil pédagogique destiné aux jeunes de 12 à 18 ans les amène à s’interroger sur leur façon de vivre, avec les autres et dans le monde, face aux peurs et aux risques de dérives de nos sociétés. Avec l’idée, non pas d’apporter des réponses toutes faites, mais de susciter un échange et d’amener les participants à réfléchir sur les thématiques présentées. Pour leur permettre de devenir de véritables héros du quotidien, ayant développé leur propre réflexion et leurs propres « super-pouvoirs » afin de s’engager contre les discriminations…

« Deviens un héros » a déjà été présenté en région parisienne auprès de participants de diverses paroisses, mais cette exposition interactive a vocation à essaimer. Pour des journées paroissiales, des week-ends caté, des camps… Pour l’animer, une formation est nécessaire. C’est ce que proposent désormais le service national de catéchèse et le réseau jeunesse national de l’EPUdF, en partenariat avec le Défap. La prochaine session de formation des animateurs aura lieu au cours du week-end des 3 et 4 juin au siège du Défap. Les participant.es pourront découvrir les trois modules existants (le groupe, les stéréotypes et la discrimination) afin d’être en mesure de les animer pour un groupe.

Inscrivez-vous !

Pour cette session de formation, une trentaine de places sont disponibles.




Le Secaar veut promouvoir l’être humain dans toutes ses dimensions

Le Défap participe du 16 au 17 mai au COS 2023 du Secaar – l’équivalent d’une Assemblée générale pour ce réseau qui regroupe 18 Églises et ONG d’inspiration chrétienne, et dont le Défap est un des membres fondateurs. Soucieux de concilier développement et sauvegarde de la création, défense des droits humains et ancrage chrétien, le Secaar cherche à apporter une réflexion théologique aux acteurs de développement et une réflexion sur le développement aux théologiens.

Le Secaar représenté lors de la foire ouest-africaine des semences paysannes, en mars 2023

« Pas de souveraineté politique sans une souveraineté alimentaire et pas de souveraineté alimentaire sans une souveraineté semencière ». Ce mot d’ordre illustre l’un des nombreux engagements du Secaar, qui lui a valu d’être présent en mars dernier lors de la foire ouest-africaine des semences paysannes organisée par le COASP Bénin (Comité Ouest Africain des Semences Paysannes). Il est aussi révélateur du positionnement de cette organisation qui rassemble aujourd’hui dix-huit Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe, présentes dans une douzaine de pays, et dont le Défap est un des membres fondateurs. Les questions écologiques, politiques et de justice sociale y sont étroitement liées.

Le Secaar se veut un réseau engagé : pour le droit à la terre, le droit des femmes, pour aider les communautés à faire face aux changements climatiques… La vision du Secaar, ou Service chrétien d’appui à l’animation rurale, va bien au-delà de la simple notion de « développement durable ». À une époque où le développement est souvent vu à travers des indicateurs chiffrés qui tendent à occulter la dimension humaine, le respect des droits fondamentaux ou l’impact environnemental, la grande originalité de ce réseau, qui revendique son implantation dans un milieu chrétien, est de concilier ces diverses dimensions qui semblent s’opposer, en les appuyant sur un solide soubassement spirituel. Ses actions se déploient selon cinq axes de travail : le développement intégral (considérer l’être humain comme une créature avec des besoins matériels mais également relationnels et spirituels), l’agroécologie (maintenir les équilibres des écosystèmes), le climat et l’environnement (système alimentaire mondial plus juste, avec respect de l’environnement), les droits humains (promotion de la dignité humaine et accès équitable aux ressources), et la gestion de projet (accompagnement et/ou suivi). Il a été fondé en 1988 au Bénin, avant d’être officiellement constitué en association internationale en 1994 à Yaoundé, au Cameroun. Son siège se trouve aujourd’hui à Lausanne, en Suisse, et le secrétariat exécutif à Lomé, au Togo.

Le rôle du Secaar dans le projet de « compensation carbone » du Défap

En ce mois de mai 2023, du 16 au 17, les délégués des dix-huit différentes organisations membres se retrouvent en visioconférence à l’occasion du Conseil d’Orientation et de Suivi (COS) du Secaar : une réunion qui fait office d’Assemblée générale du Réseau. Elle sera présidée par Antoinette Lawin-Ore Bossou, qui a succédé à Roger Agbakli. Cette réunion permettra notamment de revenir sur le Plan stratégique 2021-2024 et de présenter la planification 2023. Le Défap y sera représenté par Maëlle Karen Nkot, chargée de projets au sein du Service protestant de mission, ainsi que par François Fouchier. Ils pourront apporter, l’une sa perspective sur la solidarité internationale, l’autre ses préoccupations environnementales et son expérience du développement durable, et plus particulièrement en tant que délégué régional du Conservatoire du Littoral. Ce COS permettra ainsi d’entendre les messages non seulement du Défap, mais de DM, son homologue pour la Suisse romande, et de la Cevaa.

Au-delà de son soutien aux ONG ou Églises membres, le Secaar cherche à apporter une réflexion théologique aux acteurs de développement et une réflexion sur le développement aux théologiens. Des actions pour lesquelles il travaille en collaboration régulière avec le Défap et DM : le Défap a, par exemple, envoyé la bibliste Christine Prieto pour travailler sur un cycle de formations bibliques, qui a abouti à l’édition d’un ouvrage conçu pour aider des groupes à réfléchir sur la question du développement dans une perspective biblique. DM et Défap ont aussi apporté leur appui, à travers des envoyés, à la communication du Secaar.

Autre exemple des liens étroits qui existent entre le Défap et le Secaar : c’est à l’expertise du Secaar que le Défap a fait appel pour son projet de compensation carbone. La démarche de réduction de l’empreinte écologique dans laquelle s’est lancée le Défap a en effet deux versants : l’un vise à limiter les émissions de gaz à effet de serre liées aux locaux et aux activités du Défap, avec la tenue d’un tableau de bord par le Secrétariat général ; l’autre vise à compenser les émissions qui n’auront pu être évitées en soutenant des activités destinées à diminuer la production de gaz à effet de serre, dans une proportion équivalente à ce que le Défap aura produit lui-même, de façon à parvenir à un bilan global égal à zéro : la neutralité carbone. Pour cela, le Défap a proposé de labelliser annuellement, en lien avec la Cevaa, des projets de « compensation carbone » pour les Églises membres et ses partenaires. Ainsi, pour compenser ses émissions de gaz à effet de serre de l’année 2022, c’est vers le Secaar qu’il s’est tourné, en soutenant un projet visant à promouvoir des foyers améliorés, afin de réduire la déforestation et l’utilisation de butane ; ce qui contribuera aussi à réduire les maladies respiratoires causées par l’inhalation de la fumée.

Retrouvez ci-dessous quelques témoignages en vidéo illustrant la diversité des actions et des partenariats du Secaar :

 

 




Se former à la théologie interculturelle : «Ce qui nous unit importe plus que ce qui nous divise»

La session 2022 est sur le point de s’achever et les inscriptions viennent de s’ouvrir pour la troisième année du programme « Se former à la théologie interculturelle », dont le Défap est partenaire. Début des cours à partir d’octobre 2023 sous forme de huit séries de deux jours au château de Bossey, centre de formation du Conseil œcuménique des Églises, en Suisse. Témoignages de participantes et participants de ce programme unique en son genre dans l’espace francophone.

Les participants de la session 2022 de formation à la théologie interculturelle à l’Institut œcuménique de Bossey © Gloria Koymans/COE

À raison de huit sessions de deux jours par mois, la formation en théologie interculturelle dispensée au château de Bossey, débutée en octobre 2022, est sur le point de s’achever. Le dernier rendez-vous est fixé au 27 mai 2023. Avec un public qui, dès l’origine, s’est montré très divers : des responsables ecclésiaux et des membres actifs de leurs communautés représentant de nombreuses origines, des parcours très différents. Mais avec un même besoin de découvrir d’autres communautés et d’apprendre à communiquer.

Ce besoin de trouver des passerelles et une langue commune était ce qui transparaissait le plus dès la première année de ce programme, unique dans l’espace francophone et mis en place grâce à un partenariat entre le Défap et DM, son homologue pour la Suisse romande ; la Cevaa ; l’Institut œcuménique de Bossey ; l’OPF (l’Office protestant de formation, organisme qui forme les pasteurs et les diacres des Églises réformées suisses romandes) ; Témoigner ensemble à Genève ; et l’Institut Protestant de théologie (Montpellier et Paris). La toute première promotion comptait ainsi une douzaine d’étudiants de différentes Églises et originaires de neuf pays. « Ce cours est et a été très important pour moi car, dans le monde d’aujourd’hui, nous avons besoin de communiquer avec tout le monde de manière interculturelle », confiait l’un d’entre eux, Ghirmaleoul Nemariam, de l’Église évangélique luthérienne érythréenne à Genève. « Ce cours m’a appris à communiquer avec d’autres personnes. J’emporte avec un moi un outil important pour l’amour de Dieu. » Agnès Krüzsely, de l’Église protestante de Genève, soulignait pour sa part l’importance d’avoir une telle formation en français. « Ce que j’emporte avec moi après ce cours, ajoutait-elle, c’est le partage de l’amour de Dieu. Je vais donc continuer d’appliquer les choses que j’ai apprises durant le cours, et partager cette expérience avec les personnes qui m’entourent. » Quant à Nathalie Bisa, de l’Église presbytérienne camerounaise, elle reconnaissait avoir découvert à travers cette formation un monde qui lui était alors inconnu. « Chaque fois que je venais pour assister au cours, j’apprenais quelque chose de nouveau et je l’emportais avec moi en partant. J’emporte avec moi beaucoup de mots : sauver, partager, apprendre, respecter les autres, et transmettre. »

« Ici, nous pouvons nous écouter les un-e-s les autres »

Une diversité et un intérêt qui ne se sont pas démentis lors de la deuxième année de formation. « Nous venons toutes et tous de dénominations ecclésiales, de cultures et de pays différents », décrit ainsi une participante de cette session 2022, Patricia Fatima Santos, de l’Église évangélique Pentecôtiste Sion. « Ici, nous pouvons nous écouter les un-e-s les autres — et c’est cette différence qui nous enrichit. À mes yeux, ce qui est très important, c’est le corps à l’intérieur de cette différence qui nous rassemble: le Christ. En conséquence, ce qui nous unit importe plus que ce qui nous divise. »

Taimetua Jonas Nahei, de l’Église Protestante Māòhi (Tahiti), s’est inscrit à cette formation sur les conseils d’un membre de son entourage. « Un de mes amis jugeait qu’il serait bon de partager mon point de vue du Pacifique. Il est essentiel que les autres entendent mon point de vue, mes idées. Je crois qu’il est également bon que les autres apprennent le point de vue des personnes des autres cultures. » Quant à Simon Vianou, étudiant à l’IPT-Montpellier, de mère nigériane et de père béninois, il a grandi dans la diversité culturelle. « Dès que j’ai découvert ce cours, je l’ai trouvé très intéressant et j’ai voulu en savoir plus, affirme-t-il. À chaque fois que j’y participe, j’en apprends beaucoup sur la culture de chacun-e. »




Se former à la théologie interculturelle : une 3ème édition sur la guérison

Après deux années d’existence, la formation en théologie interculturelle dispensée à l’Institut œcuménique de Bossey, mise en place grâce à des partenaires aussi divers que le Défap, DM, la Cevaa, l’Institut Protestant de Théologie ou encore la Plateforme Témoigner Ensemble à Genève, a su acquérir sa légitimité. Les inscriptions à la session 2023-2024, qui débutera en octobre prochain, sont désormais ouvertes. Avec comme thématique transversale celle de la guérison.

Une session de la première formation à la théologie interculturelle donnée à l’Institut œcuménique de Bossey © Gloria Koymans/COE

La réalité interculturelle tant de notre société que des communautés chrétiennes est aujourd’hui une donnée de base. Même si, comme l’affirme avec force l’apôtre Paul, en Christ, « il n’y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni libre, ni homme ni femme » (Gal 3,28), vivre l’interculturalité au quotidien et dans un cadre communautaire ne va pas de soi. Cette dimension interculturelle est une chance et une bénédiction. Mais elle demande de former et d’équiper les responsables de communautés. C’est dans cet esprit que des représentants de plusieurs institutions se sont unis afin de mettre sur pied un cours qui puisse, à partir des disciplines de la théologie, aborder les enjeux et les promesses d’un vivre ensemble interculturel en Église et en société.

De ces échanges est né le concept de « Se former à la théologie interculturelle », formation unique en son genre et délivrée à l’Institut œcuménique de Bossey. Elle associe des entités protestantes très différentes mais toutes confrontées au quotidien aux défis de l’interculturalité. En sont ainsi partenaires la Cevaa – Communauté d’Églises en mission, le Défap et DM – Dynamique dans l’échange, l’homologue du Défap pour la Suisse romande ; ainsi que l’Office protestant de formation, organisme qui forme les pasteurs et les diacres des Églises réformées suisses romandes, et le programme TEAG (Témoigner ensemble à Genève), qui rassemble près d’une centaine de communautés et Églises issues du protestantisme et établies à Genève, avec le but de faire travailler dans le même champ les Églises suisses et les nombreuses Églises issues de la migration.

Le public visé est principalement constitué par les responsables d’Églises, au sens large, de toutes tendances confessionnelles et origines culturelles, afin de leur donner les moyens de favoriser le dialogue dans les lieux variés de leurs ministères. Cette catégorie n’est toutefois pas limitative – la formation est disponible pour toute personne intéressée.

Une formation unique en son genre

 

Situé près de Genève, en Suisse, l’Institut œcuménique de Bossey, où se déroule cette formation, est le centre de rencontres, de dialogue et de formation du Conseil œcuménique des Églises. Il est rattaché à l’université de Genève depuis 1952. C’est en 2011 qu’un accord inédit, permettant à tous les étudiants de Bossey de prétendre à un certificat d’accréditation de l’Université de Genève, a été conclu entre l’Institut œcuménique de Bossey et l’Université de Genève par l’intermédiaire de la Faculté autonome de théologie protestante. L’Institut a pour but à la fois de promouvoir la pensée œcuménique, et de former des responsables tant laïcs qu’ecclésiaux. Chaque année, il accueille des étudiants et des chercheurs du monde entier qui viennent approfondir leurs études, à travers les trois cursus proposés : un certificat d’études complémentaires en œcuménisme, un master en théologie œcuménique ainsi qu’un doctorat en théologie (option œcuménisme). Le château de Bossey est ainsi un lieu important d’échanges.

Pour cette troisième année de formation à la théologie interculturelle, huit sessions auront lieu d’octobre 2023 à mai 2024 du vendredi (dès 17 heures) au samedi (16 heures) à l’Institut œcuménique de Bossey. L’inscription implique la participation à toutes les sessions. Elles auront pour thème transversal la guérison (voir le flyer pour plus d’informations).

Renseignements :

Institut œcuménique au Château de Bossey
Chemin Chenevière 2 – CH-1279 Bogis-Bossey
Contact Benjamin Simon : 0041 22 79 16 029 ;
benjamin.simon@wcc-coe.org