«Je me sens en famille même loin de chez moi»

Voici la première lettre de nouvelles de Believe, notre Service civique venue du Togo. Elle évoque sa mission au sein de l’Association diaconale protestante Marhaban, à Marseille. Elle a déjà été amenée à faire tour à tour de l’accueil, de l’animation d’ateliers d’anglais ou de couture, ainsi qu’à s’occuper d’une épicerie autogérée.

Believe, photographiée dans le jardin du Défap © Défap

 

VOLONTAIRE
  • Believe, Togolaise, 25 ans
  • Accompagnatrice de personnes en situation de précarité
MISSION
  • Association diaconale Marhaban
  • Mon service s’adresse aux adultes, jeunes et parfois aux enfants

 
 
Ma mission en tant que service civique se passe très bien, contrairement à ce que je m’étais imaginée avant d’arriver ici en France, plus précisément à Marseille où se déroulent mes activités journalières. Généralement, je donne des cours d’anglais aux adultes de l’association, j’assiste dans quelques niveaux de cours de français, j’apporte mon aide au soutien scolaire si possible, j’aide à la distribution alimentaire des colis aux bénéficiaires de l’association, je participe à l’accueil puis à l’atelier de couture organisé par les femmes qui aiment bricoler, puis j’aide à l’épicerie autogérée fondée par Marhaban, sans oublier l’aide que j’apporte au besoin à l’Eglise Protestante Unie De France, temple de Grignan, en tant que bénévole.

De nature je m’ennuie s’il n’y a rien à faire, donc j’aime beaucoup le fait d’être occupée dans ma mission et surtout j’adore cette valeur ajoutée de ma personnalité d’être utile en aidant les autres dans leurs difficultés afin d’avoir des moments d’échange, d’écoute, d’apprentissage et de partage car cela est ma joie de voir des personnes heureuses. Je suis dans un pays que j’ai toujours rêvé de visiter ; ce rêve est finalement devenu réalité grâce au Défap et à mon Église qui m’en offrent l’opportunité. C’est pour moi une joie énorme maintenant car cela me permet d’élargir mes connaissances, de découvrir de nouvelles choses, faire de l’aventure, participer dans le social pour l’intérêt général, améliorer mes compétences interculturelles et de leadership.

La France d’après ce qui se dit souvent est un pays très développé par rapport à l’Afrique où les gens n’ont pas de temps à consacrer à autrui si ce n’est se concentrer sur des trucs propres à eux. Ceci étant dit je croyais arriver dans une ville qui ne m’accepterait pas puisque je suis étrangère, mais à ma grande surprise j’ai été et je continue toujours d’avoir cet accueil chaleureux partout où je me trouve dans le pays, sans oublier l’accompagnement nuit et jour de tous ceux qui m’entourent. De ma descente de l’aéroport jusqu’à l’endroit où je travaille et même où je loge, j’ai la chance d’avoir tout une équipe à mes côtés qui s’assure du bon déroulement de ma mission. Je me suis vite intégrée sans problème et me sens en famille même loin de chez moi, donc merci beaucoup à tous ceux qui se battent pour une vie meilleure des jeunes qui représentent le futur et aussi l’Église qui n’abandonne pas ses fidèles.




Église de Guadeloupe : «Un séjour riche en rencontres»

Le pasteur Marc-Henri Vidal vient d’effectuer une mission courte avec le Défap auprès de l’Église Protestante Réformée de Guadeloupe (EPRG). Il témoigne.

Culte célébré à l’EPRG par le pasteur Marc-Henri Vidal © Marc-Henri Vidal pour Défap

 
Parmi ses activités, le Défap accompagne les Églises protestantes de sensibilité luthéro-réformée présentes aux Antilles, en Guyane, à la Réunion et à Mayotte, notamment en contribuant à financer des postes pastoraux mais aussi par un soutien direct et par le financement de projets. Des Églises minoritaires, mais qu’il est essentiel de soutenir, entre une Église catholique fortement implantée et des Églises évangéliques en fort développement. Elles sont accompagnées par des pasteurs envoyés par le Défap pour des missions courtes. Voici le témoignage de Marc-Henri Vidal, parti en avril-mai en Guadeloupe.
  

Dîner avec les membres de la paroisse après une étude biblique © Marc-Henri Vidal pour Défap

 
Nous sommes arrivés en Guadeloupe mercredi après-midi le 19 avril, par un soleil radieux. Venant du Québec, il n’y a pas de décalage horaire, seule la fatigue de 5 heures d’avion. Nous avons été accueillis, mon épouse et moi, par la secrétaire du conseil presbytéral, Fanny, au volant de la voiture de paroisse.

Arrivée au presbytère, une charmante petite maison, construite récemment, confortable, bien appréciée de notre part, au milieu d’un superbe parc, où nous avons fait le tour des lieux. Un autre membre du conseil, Danielle, est venu nous apporter de quoi manger le soir. A cette latitude, le soleil se lève et se couche vers les mêmes heures en toutes saisons, entre 18h et 18h30.

Vendredi 21 avril, nous avions une rencontre du conseil pour planifier notre court séjour. Les sept membres étaient présents. Le courant est tout de suite bien passé entre eux et nous. Sachant mon implication avec les formations à la prédication en Île-de-France, sous la gestion de Marc Pelcé, il fut demandé et décidé que j’anime deux ateliers, le jeudi 27 avril et le mardi 2 mai en début de soirée (18h30 – 20h) en présentiel et distanciel, le président s’assurant de la retransmission vidéo des présentations. Trois personnes sur place, deux en vidéo, ont participé à ces rencontres de formation, tenues au presbytère. L’offre a été faite à l’Église de la Martinique de se joindre à cette formation, mais nous n’avons pas eu de réponse. Les délais d’information étant manifestement trop courts.

Toujours au presbytère, deux études bibliques pour l’ensemble des paroissiens, sur le thème des premiers chapitres de la Genèse : une protohistoire, ont été planifiés pour les mercredis 26 avril et 3 mai, 18h à 19h30. A nouveau, en présentiel et en distanciel. Des rencontres et des échanges qui, selon mon avis, ont été fort riches. La deuxième rencontre fut suivie, ce qui était la veille de notre départ, par un repas fraternel.

Verre de l’amitié après un culte © Marc-Henri Vidal pour Défap

 
Entre 12 et 20 personnes ont participé aux cultes des dimanches 23 et 30 avril (…) Après chaque culte, un « verre de l’amitié » était offert aux présents.

Deux visites pastorales ont eu lieu pendant notre séjour. L’une, lors d’une invitation à déjeuner avec un des membres du conseil, où nous nous sommes retrouvés six à table, et l’autre, ayant invité le président du conseil et son épouse (catholique de tradition) à déjeuner.

D’autres visites auraient été souhaitables, mais la durée du séjour ne le permettait pas. Les paroissiens auraient bien aimé que nous restions plus longtemps.

En conclusion, un séjour riche en rencontres et en activités, deux cultes, deux études, deux formations… en deux semaines.




Une demi-journée au Défap pour les futurs pasteurs

Les étudiants du Cycle M2 « Église et Société » de l’Institut protestant de théologie seront reçus au Défap jeudi 25 mai. Un rendez-vous désormais régulier qui témoigne des relations entre Défap et IPT, et permet à ces futurs pasteurs de l’Église protestante unie de France de se familiariser avec le Service protestant de mission. Au menu de cette rencontre : une présentation des actions du Défap et de son histoire, une visite de la bibliothèque, et un repas partagé avec l’équipe.

Le nom change, la fonction demeure : ne parlez plus aujourd’hui de « Master Pro », mais plutôt de « Cycle M2 ES » (« ES » pour « Église et Société »). Il s’agit néanmoins toujours d’une formation universitaire dispensée par l’Institut protestant de théologie (un cycle commun aux facultés de Paris et de Montpellier), et qui a pour finalité de former des étudiants se destinant à devenir pasteurs au sein de l’Église protestante unie de France. Et ce jeudi 25 mai, ces futurs pasteurs qui sont en train d’achever leur formation sont reçus au Défap pour une demi-journée. Ils et elles auront l’occasion de rencontrer le Secrétaire général, Basile Zouma, auront une présentation des activités du Défap à travers une animation d’Éline ; ils seront aussi emmenés à travers l’histoire du Service protestant de mission au fil de ses grandes dates et des « grains de sable » distillés par l’exposition réalisée pour les 50 ans du Défap, pourront visiter en fin de matinée la bibliothèque, et pourront rencontrer l’équipe à l’occasion d’un repas partagé.

Voilà plusieurs années que ces visites d’étudiants en théologie sont organisées au 102 boulevard Arago ; la pasteure Tünde Lamboley, responsable de la formation théologique, et qui avait initié un rapprochement avec l’IPT à travers une série de « déjeuners-cultes », avait en effet constaté que le Service protestant de mission restait encore trop souvent méconnu parmi les étudiants. D’où cette idée d’un temps de rencontre et d’échanges, approuvée par Élian Cuvillier, qui outre son rôle de directeur des études à l’IPT-Montpellier, est également, depuis juillet 2017, directeur de ce cycle de Master 2 commun aux deux facultés. Il a déjà eu l’occasion de dire, lors d’une de ces visites, qu’il considère le Défap comme « un rouage essentiel de l’Église », avec lequel ses étudiants, en tant que futurs pasteurs, « seront nécessairement amenés à travailler ».

Ce que le Défap apporte aux pasteurs

Ces rendez-vous désormais réguliers témoignent des relations entretenues entre Défap et IPT. Ils contribuent aussi à rendre visible un aspect essentiel des activités du Défap, quoique relativement peu mis en avant : son rôle auprès du corps pastoral. Outre l’envoi de volontaires, outre le soutien de projets, outre les relations entre centres de formation théologique de divers pays, le Défap appuie les activités de ses Églises membres en s’occupant de la logistique des envois pastoraux outre-mer. Il contribue à renouveler le corps pastoral (au sein de l’Église protestante unie de France, l’une des trois unions d’Églises membres du Défap et numériquement la plus importante, les ministres d’origine étrangère représentent une proportion croissante : ils étaient ainsi 22,6% selon les chiffres de 2015, les pasteurs originaires d’Afrique étant le deuxième contingent le plus important ; et parmi ces pasteurs venus d’Afrique, bon nombre étaient passés par le Défap). Le Défap a aussi développé récemment un programme d’accueil pour ces pasteurs venus d’ailleurs, à la demande de trois Églises protestantes : l’Église protestante unie de France (EPUdF), l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), et l’Église protestante unie de Belgique (EPUB). Avec l’idée d’en faire des temps d’échange et de rencontre, mais aussi de donner à ces futurs pasteurs des clés de lecture, des repères et des ressources.

Ces visites d’étudiants et futurs pasteurs leur permettent ainsi de se familiariser avec un « outil » des Églises qui leur sera utile tout au long de leur carrière pastorale, dans un contexte de plus en plus mouvant et complexe. Une évolution qui touche aujourd’hui toutes les sociétés européennes, et auxquelles les Églises elles-mêmes participent. Car cette dimension multiculturelle née de la mondialisation, les Églises la vivent déjà au quotidien, à travers leurs paroissiens et à travers leurs pasteurs. Et les paroisses situées dans les lieux les plus densément urbanisés sont loin d’être seules concernées : aujourd’hui, même les villes moyennes ou les paroisses en zones rurales ont aussi des paroissiens aux multiples origines, comme en témoignait récemment Joël Dahan, pasteur de l’EPUdF dans le Bergeracois. La question des relations interculturelles au sein des Églises est un aspect sur lequel le Défap travaille depuis des années – en relation avec diverses Églises et des programmes de formation comme celui de la CPLR (le programme de la formation permanente des pasteurs de la Communion Protestante Luthéro-Réformée).

 

Devenir pasteur
Le Cycle M2 « Église et Société » (Cycle M2 ES) est une formation universitaire commune aux Facultés de Paris et de Montpellier qui prend en compte la pratique, l’expérience et l’engagement concrets. Il est requis pour être pasteur.e de l’Église protestante unie de France (EPUdF). Poursuivant un triple objectif théologique, professionnel et personnel, il met en œuvre la triade pédagogique : savoir, savoir-faire et savoir-être. Il comprend un stage, des séminaires et la rédaction d’un rapport de stage. Au terme de ce temps d’études, et après accord de la Commission des ministères, le.a candidat.e au ministère pastoral fait son « proposanat ». Ce dernier est une période probatoire d’une durée de deux ans, dans une Église locale ou une paroisse. Une fois le proposanat achevé et après accord de la Commission des ministères, le nouveau / la nouvelle pasteur.e est ordonné.e – reconnu.e dans son ministère puis inscrit.e au rôle des ministres de l’EPUdF. L’EPUdF a réalisé un site internet dédié aux étudiant.e.s désirant devenir pasteur.e.s : devenirpasteur.fr.



Deviens un héros : formation à l’animation

À travers les trois modules disponibles (groupe, stéréotypes et discriminations), l’exposition interactive « Deviens un héros », créée par les EUL et désormais proposée par le service catéchèse de l’EPUdF en partenariat avec le Défap, permet à des participants de 12 à 18 ans de développer leurs réflexions et leurs propres « super-pouvoirs » pour s’engager contre les tentations de repli qui menacent nos sociétés. Vous voulez l’utiliser pour un week-end paroissial, un camp… ? Une session de formation pour les animateurs est disponible les 3 et 4 juin. Pour tout savoir et vous inscrire, c’est ici !

« Deviens un héros » : l’exposition interactive

Pour contribuer à une société plus juste, apaisée, où chaque personne puisse être reconnue, il faut comprendre les mécanismes à l’origine des tentations de repli. Et mettre des mots sur les maux qui menacent nos sociétés. Qu’est-ce, par exemple, qu’un préjugé ? Un stéréotype ? D’où viennent-ils et comment se manifestent-ils ? Qu’est-ce qu’une discrimination ? Un harcèlement ? Autant de sujets lourds mais mis en scène de manière ludique à travers « Deviens un héros« , une exposition interactive développée par les Équipes Unionistes Luthériennes (EUL) en Alsace, et proposée depuis janvier par le Défap et le Service Catéchèse de l’EPUdF.

Cet outil pédagogique destiné aux jeunes de 12 à 18 ans les amène à s’interroger sur leur façon de vivre, avec les autres et dans le monde, face aux peurs et aux risques de dérives de nos sociétés. Avec l’idée, non pas d’apporter des réponses toutes faites, mais de susciter un échange et d’amener les participants à réfléchir sur les thématiques présentées. Pour leur permettre de devenir de véritables héros du quotidien, ayant développé leur propre réflexion et leurs propres « super-pouvoirs » afin de s’engager contre les discriminations…

« Deviens un héros » a déjà été présenté en région parisienne auprès de participants de diverses paroisses, mais cette exposition interactive a vocation à essaimer. Pour des journées paroissiales, des week-ends caté, des camps… Pour l’animer, une formation est nécessaire. C’est ce que proposent désormais le service national de catéchèse et le réseau jeunesse national de l’EPUdF, en partenariat avec le Défap. La prochaine session de formation des animateurs aura lieu au cours du week-end des 3 et 4 juin au siège du Défap. Les participant.es pourront découvrir les trois modules existants (le groupe, les stéréotypes et la discrimination) afin d’être en mesure de les animer pour un groupe.

Inscrivez-vous !

Pour cette session de formation, une trentaine de places sont disponibles.

  • Quand : Du samedi 3 juin à 16h au dimanche 4 juin à 16h
  • Où : Au Défap (102 boulevard Arago, 75014 Paris)
  • Prix : 50€ de participation aux frais (ce montant comprend le coût de la formation, l’hébergement au Défap et trois repas sur place)



Le Secaar veut promouvoir l’être humain dans toutes ses dimensions

Le Défap participe du 16 au 17 mai au COS 2023 du Secaar – l’équivalent d’une Assemblée générale pour ce réseau qui regroupe 18 Églises et ONG d’inspiration chrétienne, et dont le Défap est un des membres fondateurs. Soucieux de concilier développement et sauvegarde de la création, défense des droits humains et ancrage chrétien, le Secaar cherche à apporter une réflexion théologique aux acteurs de développement et une réflexion sur le développement aux théologiens.

Le Secaar représenté lors de la foire ouest-africaine des semences paysannes, en mars 2023

« Pas de souveraineté politique sans une souveraineté alimentaire et pas de souveraineté alimentaire sans une souveraineté semencière ». Ce mot d’ordre illustre l’un des nombreux engagements du Secaar, qui lui a valu d’être présent en mars dernier lors de la foire ouest-africaine des semences paysannes organisée par le COASP Bénin (Comité Ouest Africain des Semences Paysannes). Il est aussi révélateur du positionnement de cette organisation qui rassemble aujourd’hui dix-huit Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe, présentes dans une douzaine de pays, et dont le Défap est un des membres fondateurs. Les questions écologiques, politiques et de justice sociale y sont étroitement liées.

Le Secaar se veut un réseau engagé : pour le droit à la terre, le droit des femmes, pour aider les communautés à faire face aux changements climatiques… La vision du Secaar, ou Service chrétien d’appui à l’animation rurale, va bien au-delà de la simple notion de « développement durable ». À une époque où le développement est souvent vu à travers des indicateurs chiffrés qui tendent à occulter la dimension humaine, le respect des droits fondamentaux ou l’impact environnemental, la grande originalité de ce réseau, qui revendique son implantation dans un milieu chrétien, est de concilier ces diverses dimensions qui semblent s’opposer, en les appuyant sur un solide soubassement spirituel. Ses actions se déploient selon cinq axes de travail : le développement intégral (considérer l’être humain comme une créature avec des besoins matériels mais également relationnels et spirituels), l’agroécologie (maintenir les équilibres des écosystèmes), le climat et l’environnement (système alimentaire mondial plus juste, avec respect de l’environnement), les droits humains (promotion de la dignité humaine et accès équitable aux ressources), et la gestion de projet (accompagnement et/ou suivi). Il a été fondé en 1988 au Bénin, avant d’être officiellement constitué en association internationale en 1994 à Yaoundé, au Cameroun. Son siège se trouve aujourd’hui à Lausanne, en Suisse, et le secrétariat exécutif à Lomé, au Togo.

Le rôle du Secaar dans le projet de « compensation carbone » du Défap

En ce mois de mai 2023, du 16 au 17, les délégués des dix-huit différentes organisations membres se retrouvent en visioconférence à l’occasion du Conseil d’Orientation et de Suivi (COS) du Secaar : une réunion qui fait office d’Assemblée générale du Réseau. Elle sera présidée par Antoinette Lawin-Ore Bossou, qui a succédé à Roger Agbakli. Cette réunion permettra notamment de revenir sur le Plan stratégique 2021-2024 et de présenter la planification 2023. Le Défap y sera représenté par Maëlle Karen Nkot, chargée de projets au sein du Service protestant de mission, ainsi que par François Fouchier. Ils pourront apporter, l’une sa perspective sur la solidarité internationale, l’autre ses préoccupations environnementales et son expérience du développement durable, et plus particulièrement en tant que délégué régional du Conservatoire du Littoral. Ce COS permettra ainsi d’entendre les messages non seulement du Défap, mais de DM, son homologue pour la Suisse romande, et de la Cevaa.

Au-delà de son soutien aux ONG ou Églises membres, le Secaar cherche à apporter une réflexion théologique aux acteurs de développement et une réflexion sur le développement aux théologiens. Des actions pour lesquelles il travaille en collaboration régulière avec le Défap et DM : le Défap a, par exemple, envoyé la bibliste Christine Prieto pour travailler sur un cycle de formations bibliques, qui a abouti à l’édition d’un ouvrage conçu pour aider des groupes à réfléchir sur la question du développement dans une perspective biblique. DM et Défap ont aussi apporté leur appui, à travers des envoyés, à la communication du Secaar.

Autre exemple des liens étroits qui existent entre le Défap et le Secaar : c’est à l’expertise du Secaar que le Défap a fait appel pour son projet de compensation carbone. La démarche de réduction de l’empreinte écologique dans laquelle s’est lancée le Défap a en effet deux versants : l’un vise à limiter les émissions de gaz à effet de serre liées aux locaux et aux activités du Défap, avec la tenue d’un tableau de bord par le Secrétariat général ; l’autre vise à compenser les émissions qui n’auront pu être évitées en soutenant des activités destinées à diminuer la production de gaz à effet de serre, dans une proportion équivalente à ce que le Défap aura produit lui-même, de façon à parvenir à un bilan global égal à zéro : la neutralité carbone. Pour cela, le Défap a proposé de labelliser annuellement, en lien avec la Cevaa, des projets de « compensation carbone » pour les Églises membres et ses partenaires. Ainsi, pour compenser ses émissions de gaz à effet de serre de l’année 2022, c’est vers le Secaar qu’il s’est tourné, en soutenant un projet visant à promouvoir des foyers améliorés, afin de réduire la déforestation et l’utilisation de butane ; ce qui contribuera aussi à réduire les maladies respiratoires causées par l’inhalation de la fumée.

Retrouvez ci-dessous quelques témoignages en vidéo illustrant la diversité des actions et des partenariats du Secaar :

 

 




Lévi Ngangura Manyanya et les racines africaines de la Bible

L’Afrique est aujourd’hui le continent où le nombre de chrétiens augmente le plus vite. Si le christianisme reste minoritaire en Afrique du Nord, il est devenu la religion la plus pratiquée en Afrique subsaharienne (63%), devant l’islam (30%) et les religions traditionnelles. Mais si le christianisme africain semble devoir jouer un rôle de plus en plus important dans le christianisme mondial, ce que la Bible doit à l’Afrique reste encore sous-évalué. Dans ses travaux actuels, portant sur la Bible hébraïque et les peuples d’Afrique dans l’Antiquité, le professeur Lévi Ngangura Manyanya tâche de mettre en valeur ces influences. Il effectue en ce moment un séjour de recherche en France, avec le soutien du Défap.

Le professeur Lévi Ngangura Manyanya dans le jardin du Défap © Défap

 

Lévi Ngangura Manyanya est docteur de l’université de Genève et professeur de Bible hébraïque et d’hébreu biblique à l’Université Libre des Pays des Grands Lacs, Goma, en République Démocratique du Congo. Il est aussi, actuellement, Président provincial de l’Église du Christ au Congo/Province du Sud-Kivu (ECC Sud-Kivu), ce qui représente 2,25 millions de membres répartis dans plus de 2500 Églises locales. Travaillant régulièrement avec le Défap, il est en congé recherche en France pour trois mois dans le cadre de ses travaux sur les influences africaines dans la Bible. Il est aussi l’un des rares théologiens africains à être régulièrement publiés en Europe. Pour son livre «L’ancêtre Jacob – Israël et ses origines selon Genèse 25-36», publié en 2014 aux éditions Olivétan, il avait bénéficié d’une bourse du Défap afin de faire des recherches en France. Il avait auparavant écrit «Figures des femmes dans l’Ancien Testament et traditions africaines» (éditions L’Harmattan, avril 2011) et «La fraternité de Jacob et d’Esaü – Quel frère aîné pour Jacob ?» (chez Labor et Fides, octobre 2009).

 

« Tout le monde sait ou presque que le christianisme se développe relativement bien en Afrique et, si le taux de croissance actuel se maintient, l’Afrique sera, sans nul doute, le continent où l’avenir du christianisme va se jouer. Plusieurs explications essaient, chacune à sa manière, de justifier un tel développement. Mais ce à quoi l’on prête souvent moins d’attention est la question de savoir ce que la Bible hébraïque, ou alors la culture juive dont elle constitue le document fondateur et, plus tard, le christianisme naissant qui a profondément marqué la culture occidentale, doit à l’Afrique.

Dans la mesure où l’Afrique semble avoir profondément fécondé la pensée juive et chrétienne — ce que nous allons essayer de démontrer dans cette étude — la Bible hébraïque porte l’empreinte de certaines conceptions, analyses et interprétations souvent développées, d’abord et avant tout, sur le sol africain. Elle occupe donc une place importante dans la formation de la Bible hébraïque.

Par cette étude sur le rôle déterminant joué par l’Afrique dans la formation de la culture juive et chrétienne, nous allons sans a priori examiner des textes bibliques et chercher à comprendre à quel moment, ou pourquoi, telle description des Africains a été mise par écrit par un rédacteur biblique donné. Puis, le contexte historique et l’usage d’autres documents extra-bibliques pourront également nous éclairer sur la manière dont les portraits des Africains se sont construits ou sont entrés dans la Bible. »

Lévi Ngangura Manyanya

Le Défap en République Démocratique du Congo :
  Le Défap travaille en lien avec les universités protestantes suivantes:
L’Université Protestante au Congo – UPC (à Kinshasa);
L’Université Libre des Pays des Grands Lacs – ULPGL (à Goma et à Bukavu);
L’Université Évangélique en Afrique – UEA (à Bukavu);
L’Université Presbytérienne du Congo – UPRECO (à Kananga).
Toutes ces universités comportent une faculté de théologie.
Le Défap échange avec les facultés de théologie partenaires en RDC notamment par l’envoi de professeurs et l’accueil de boursiers.



Synode national de l’Unepref : «Habitons l’Alliance, en Christ»

Le synode national de l’Union des Églises protestantes réformées évangéliques de France (Unepref), l’une des trois Églises constitutives du Défap, se tient les 13 et 14 mai à Rodez, dans l’Aveyron.
Photo de groupe du synode de l’Unepref 2019 © Unepref

 
Le Synode de l’Union nationale des Églises protestantes réformées évangéliques de France (Unepref) va se dérouler les 13 et 14 mai à Rodez sur thème « Habitons l’Alliance, en Christ ».

Le samedi 13 mai, des séances de travail se tiendront toute la journée à l’accueil Saint Joseph (9 Rue Jean XXIII, 12000 Rodez). Les rapports des commissions et des coordinations seront présentés ainsi que des points d’étapes concernant les groupes de travail (communication, violences, accompagnement des pasteurs et stratégie d’implantation) mis en place depuis septembre 2022 ainsi qu’un premier bilan des partenariats missionnaires.

Le culte synodal aura lieu le dimanche 14 mai à 10h30 au Temple (32 Rte de Sévérac, 12850 Onet-le-Château) et sera présidé par le pasteur Vivian Bénézet. Les témoignages des aumôniers y seront entendus, et la consécration du pasteur Charles Berger ainsi que la reconnaissance de ministère du pasteur Fabio Genovez auront lieu.




Synode national 2023 de l’EPUdF

Le Défap sera présent au prochain Synode national de l’Église protestante unie de France, qui se tiendra du 18 au 21 mai 2023 en région parisienne, à Noisy-le-Grand, à l’invitation de cette paroisse de l’Inspection luthérienne de Paris.

Le synode national 2021 de l’EPUdF à Sète © Défap

Ce Synode national sera l’occasion pour les délégués de découvrir une église inaugurée il y a peu, à l’architecture inspirante, bel écrin pour fêter les 10 ans de l’Église protestante unie et les 50 ans de la Concorde de Leuenberg.

Le processus synodal initié en 2021 : Mission de l’Église et ministères a permis au précédent synode de discerner une vision globale et ses grandes orientations. Pour cette session pendant que les Églises locales et les paroisses travaillent sur ces documents, le Conseil national a souhaité que les délégués puissent prendre connaissance d’initiatives et de projets vécus en France ou chez nos Églises-sœurs. « Expériences-Espérance« , tel est le titre de ce synode 2023.

Pour y parvenir, le Conseil national a retenu quatre thématiques principales, sur lesquelles les rapporteurs nationaux ont travaillé en équipes élargies avec des personnes ressources : l’Église universelle, la formation pour tous & ministères, le témoignage (évangélisation & diaconie), le renouvellement institutionnel.

Le modérateur du synode sera le pasteur David Mitrani et le travail théologique sera conduit par le Professeur Fritz Lienhard.

Un temps festif de reconnaissance à l’occasion des 10 ans de l’EPUdF

La soirée du samedi 20 mai sera un temps festif de reconnaissance à l’occasion des dix ans de la création de l’Église protestante unie de France. Cette union atteste de la communion entre les luthériens et les réformés, avec en particulier des témoignages vidéo des pasteurs Laurent Schlumberger, qui présidait l’Église réformée de France et devint le premier président de l’Église protestante unie de France à partir de 2013, et Joël Dautheville, actuel président du Défap et qui présidait l’Église évangélique luthérienne de France au moment de l’union. La participation des invités des Églises européennes rappellera combien la signature de la Concorde de Leuenberg a été une étape décisive en 1973.

Le culte synodal sera célébré le dimanche 21 mai à 11h à l’église de la Rédemption, 16 rue Chauchat, Paris 9ème et diffusé en direct sur la chaîne YouTube de l’EPUdF.




DM : une aventure missionnaire qui dure depuis 60 ans

La rencontre annuelle des trois Secrétariats Cevaa – DM – Défap nous donne l’occasion de parler d’un événement majeur pour DM : les célébrations de ses 60 ans. Six décennies d’histoire qui n’ont rien eu d’un fleuve tranquille, depuis une naissance au lendemain de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy jusqu’à une mue lancée au tournant de l’année 2018… En cette année 2023, DM a voulu fêter ses 60 ans avec ses divers partenaires, en Suisse, au Mexique, au Cameroun, et même avec les participants de l’Assemblée générale du Défap.

Le logo du soixantenaire de DM © DM

DM, c’est un peu le cousin suisse du Défap. Né durant la même période mais quelques années auparavant (en 1963, quand le Défap a été officiellement créé en 1971) ; œuvrant dans des milieux d’Églises similaires et invité comme le Défap aux Conseils et aux Assemblée générales de la Cevaa (DM est ainsi le département missionnaire des Églises de Suisse romande, quand le Défap réunit trois unions d’Églises protestantes françaises de tradition luthéro-réformée). Avec des modalités d’engagement et des visions très proches, une même pratique de l’envoi de personnes, des zones d’intervention qui se recouvrent en partie… Et des défis communs. Tout comme le Défap, tout comme la Cevaa, DM est confronté depuis de nombreuses années à des évolutions des sociétés et des Églises européennes qui imposent de repenser les formes et les présupposés de la mission. DM a fait sa mue au cours de l’année 2018, transition qui s’est traduite dans le discours, avec la mise en avant du concept de réciprocité, ainsi que dans un nouveau logo et un nouveau slogan. Celle du Défap est toujours en cours… Et au bout de six décennies d’aventure missionnaire, DM, tout au long de l’année 2023, fête son anniversaire en partageant des gâteaux avec ses envoyés, ses Églises membres, ses partenaires à l’étranger : au Mexique, au Cameroun…

Lors de sa naissance, en 1963, DM regroupe huit Églises protestantes de Suisse romande (elles seront sept après la fusion entre l’Église libre et l’Église évangélique réformée du canton de Vaud). Mais l’organisme qui voit le jour a déjà toute une histoire qui le précède, celle des missions suisses, nombreuses et diversifiées – et avec déjà diverses tentatives pour les coordonner. Et sa naissance intervient dans un contexte bien particulier, celui des indépendances des pays anciennement colonisés : avec des implications profondes sur la conception de la mission, comme en témoigne le slogan-programme « La mission de partout vers partout » inventé lors de la conférence mondiale mission et évangélisation du Conseil œcuménique des Églises de Mexico. Une conférence réunie du 8 au 19 décembre 1963… soit quelques semaines à peine après la naissance officielle, le 23 novembre, de DM.

Un projet soutenu par DM au Bénin © DM

Avec la fin de l’ère coloniale, les Églises locales issues des missions européennes s’émancipent ; les thématiques portées par les organismes missionnaires évoluent : on parle de dialogue interreligieux et interculturel avec le Tiers-Monde, d’œcuménisme, de partenariat, de projets de développement… Les échanges doivent se faire désormais entre égaux. À sa création en 1963, le DM compte 300 missionnaires dans 23 pays. En 1967 a lieu à Neuchâtel le premier cours de formation missionnaire de DM. Mais déjà pointent des inquiétudes sur une crise des vocations…

En 1971, à la création de la Cevaa et du Défap, nés tous deux de la Société des missions évangéliques de Paris, les Églises membres de DM, par son entremise, s’impliquent dans la nouvelle Communauté d’Églises. Un fonds commun est créé par DM et deux autres organismes suisses, PPP (Pain Pour le Prochain) et l’EPER, pour coordonner les campagnes et les récoltes de fonds. Ce qui débouchera sur un rapprochement durable, incluant bientôt la KEM (Coopération des Églises et Missions évangéliques en Suisse), qui donnera lieu au projet « Terre Nouvelle ». Ce projet aura son propre comité de coordination, ses animateurs cantonaux, son journal, jusqu’à envisager, au fil des ans, une complète fusion de ses organismes membres dans une entité unique. Espoir avorté en 2002… Mais entretemps, les Églises suisses, leurs envoyés et leur service missionnaire auront vécu tous les soubresauts d’une histoire internationale agitée : la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, le génocide rwandais… mais aussi la création du service civil à l’étranger, un nouveau statut qui permettra d’apporter une nouvelle vitalité à l’échange de personnes porté par DM dans son réseau d’Églises.

Le gâteau offert par le délégué de DM lors de l’AG du Défap © Défap

En 60 ans, ce sont près d’un millier de personnes qui se sont engagées comme envoyé.es auprès de DM, pour tisser des liens et renforcer la solidarité entre Églises de divers pays, avec le but affiché de rendre concrètes « l’humanité solidaire » et « l’Église universelle ». DM agit aujourd’hui dans l’agroécologie, l’éducation et la théologie en Afrique, en Amérique latine, au Moyen-Orient, dans l’océan Indien et en Suisse. Il mène des projets dans plus d’une quinzaine de pays, et regarde résolument vers l’avenir : il s’implique dans le dialogue entre Églises issues de cultures différentes, soutient des organismes qui mènent des réflexions et proposent des solutions aux défis de notre temps : tels le Secaar (développement durable et droits humains), l’Institut Al Mowafaqa (dialogue interreligieux). Le point d’orgue de cette année de célébrations des 60 ans de DM est prévu le 18 novembre 2023, à la cathédrale de Lausanne.




Réciprocité : et si vous accueilliez un.e volontaire en mission ?

Si vous êtes une association qui œuvre en lien avec une des Églises membres du Défap, vous pouvez, vous aussi, accueillir prochainement un.e volontaire venant de nos Églises partenaires pour vous aider dans vos activités. C’est le moment de nous contacter, pour construire les prochaines missions !

Les échanges, ça nous change ! © Défap

Vous avez déjà pu faire la connaissance de Magda, Believe et Mona : les trois premières volontaires en service civique accueillies en France via le Défap, dans le cadre du volontariat de réciprocité. Elles sont venues d’Égypte et du Togo, pour des missions à Strasbourg et Marseille. Il est déjà temps de construire les prochaines missions, pour les volontaires qui viendront courant janvier 2024. Avis aux associations qui œuvrent en lien avec le milieu des Églises : c’est le moment de vous manifester si vous souhaitez accueillir un.e ou plusieurs services civiques afin de vous aider dans vos activités !

Depuis longtemps, le Défap favorise les échanges de personnes pour permettre le partage et une meilleure connaissance mutuelle entre Églises partenaires. Le volontariat, mis en place après la fin du service militaire et de la coopération, est un régime juridique qui a permis de nombreux envois depuis les Églises de France vers des Églises sœurs, pour des périodes allant de quelques mois à plusieurs années. Depuis 2010, ce statut a évolué pour permettre non plus seulement d’envoyer, mais aussi d’accueillir des volontaires de pays partenaires. Le volontariat de réciprocité est ainsi une manière de vivre la solidarité qui enrichit à la fois les volontaires et les structures qui les accueillent : de part et d’autre, il représente une ouverture à une autre culture, et une façon de vivre de manière concrète l’Église universelle. Pour l’organisme qui accueille, c’est un soutien à ses activités. Pour le ou la volontaire, c’est une expérience nouvelle dans un pays différent.

De gauche à droite : Believe (venue du Togo), Mona et Magda (venues d’Égypte), lors de leur session d’accueil au Défap © Défap

Le cadre juridique s’adapte tout à fait aux activités diaconales. Accueillir en France des volontaires venant des Églises partenaires du Défap est ainsi possible aux conditions suivantes :

  • pour les associations loi 1901
  • œuvrant en lien avec des Églises membres du Défap : Église protestante unie de France (EPUdF), Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL) ou Union nationale des Églises protestantes réformées évangéliques de France (Unepref)
  • œuvrant pour l’intérêt général dans les domaines de :
    • la solidarité
    • la santé
    • l’environnement
    • l’éducation
    • la culture

C’est le moment de nous contacter ! Pour tout savoir, contactez nous à : animation@defap.fr.

 

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Réciprocité : une session d’accueil pour les volontaires du Défap

Pendant trois jours, les premières volontaires accueillies en France via le Défap dans le cadre du volontariat de réciprocité participent à une session d’accueil à Paris : l’occasion de faire le point sur leurs missions respectives, un mois et demi après leur arrivée en France, et de leur donner des clés concernant les relations interculturelles.

De gauche à droite : Magda, Believe et Mona, photographiées dans le jardin du Défap © Défap

Elles viennent d’Égypte et du Togo, pour des missions de solidarité en lien avec les Églises de France. Elles sont arrivées depuis un mois et demi, et sont déjà à pied d’œuvre dans les organismes qui les accueillent : Magda, Mona et Believe sont les premières volontaires à venir en mission en France via le Défap et avec le statut de service civique, dans le cadre du volontariat de réciprocité. En ce lundi 24 avril, elles sont toutes trois au 102 boulevard Arago, à Paris, pour une session d’accueil destinée à faire le point sur leurs premières impressions et leurs découvertes après quelques semaines en France, et pour leur fournir des éléments destinés à faciliter la suite de leur travail et de leur séjour.

Le volontariat de réciprocité offre un cadre juridique, encore trop peu utilisé, qui permet d’accueillir en France des volontaires de pays partenaires. Concrètement, le principe de réciprocité permet, à tous les pays accueillant des volontaires français, d’envoyer des jeunes pour une mission en France. Dans le cas du Défap, cela implique la possibilité non seulement d’envoyer à l’étranger, mais aussi d’accueillir en France des jeunes pour des missions utiles aux Églises. La possibilité juridique d’une telle forme de volontariat existe depuis 2010 ; mais elle commence à peine à être utilisée. Cette volonté de rééquilibrage est portée depuis des années par France Volontaires, la plateforme française des engagements volontaires et solidaires à l’international, dont fait partie le Défap : elle a déjà publié deux guides sur le sujet et plaide régulièrement pour une meilleure connaissance de ce dispositif.

Au menu des échanges : interculturalité, questions administratives, rencontre avec l’équipe du Défap

Le développement de la réciprocité dans le volontariat international permet ainsi de nourrir des relations plus équilibrées, des liens de coopération et de solidarité entre les pays plus solides. Cette invitation à regarder le monde d’un point de vue différent que représente la réciprocité, à travers des regards croisés, présente de nombreux bénéfices, pour les volontaires impliqués comme pour les structures d’accueil et d’envoi. Dans le cadre des échanges noués via le Défap, cette possibilité d’accueillir des volontaires de pays et d’Églises partenaires peut concerner toute association loi 1901 œuvrant en lien avec les Églises membres du Défap, et elle représente, outre une ouverture à une autre culture, un moyen concret de vivre l’Église universelle.

En cette année 2023, les premières structures à accueillir des services civiques arrivées en France via le Défap sont les Diaconesses à Strasbourg, et l’Association diaconale protestante Marhaban (ADPM) à Marseille. Les Diaconesses accueillent deux jeunes filles venues du Caire pour des missions très diversifiées : animation, avec l’équipe, d’ateliers de type travaux manuels, lecture, jeux de société pour les personnes âgées ; lecture pour les personnes âgées mal-voyantes ; visites de convivialité auprès de résidents et résidentes âgées isolées dans leur chambre ; accompagnement de sorties de la vie courante (courses, rendez-vous médicaux) ; aide à l’accès aux outils informatiques pour maintenir le lien et la communication avec les proches… À Marseille, la volontaire togolaise a déjà été amenée à faire tour à tour de l’accueil, de l’animation d’ateliers d’anglais ou de couture, ainsi qu’à s’occuper d’une épicerie autogérée.

Pour cette session d’accueil au Défap, il s’agira de donner un aperçu du Défap, de son histoire et de ses missions – avec notamment un mot d’accueil du Secrétaire général Basile Zouma, et une visite de la bibliothèque ; mais aussi, sur un plan plus pratique, de faire le point sur les questions administratives ; de permettre aux trois services civiques de faire un premier retour d’expérience au bout d’un mois en France… Cette session permettra aussi de leur donner des éléments sur la manière dont se vit la laïcité en France, sur les questions de communication (et de droit à l’image, notamment en lien avec les réseaux sociaux)… Elle permettra également de les outiller pour mieux comprendre et gérer les situations de tension en milieu interculturel. Enfin, ce sera l’occasion pour les trois volontaires, réparties dans des villes éloignées, de faire le point entre elles et d’apprendre à connaître l’équipe du Défap.




Cécile Millot et Madagascar : «Un étonnement permanent»

Ancienne envoyée du Défap à Madagascar, Cécile Millot était l’invitée de Marion Rouillard sur Fréquence Protestante pour parler du livre qu’elle a tiré de cette expérience : Les aventures de Madame Cécile à Madagascar, publié aux éditions Amalthée.

Cécile Millot interviewée lors des Journées Portes Ouvertes des cinquante ans du Défap © Défap

Avant son odyssée malgache, Cécile Millot était plus familière de Goethe que de l’enseignement du français. Si elle avait découvert d’autres pays à l’occasion de voyages, c’était bien des années auparavant, et sur un autre continent : en Inde, pour être précis. Madagascar était pour elle une expérience totalement nouvelle. « J’ai vécu une aventure que peu de gens ont la chance de vivre, raconte-t-elle en présentant son livre : j’ai passé trois ans à Madagascar, pour enseigner le français langue étrangère dans une école de formation des instituteurs. Ce travail était passionnant. Je vivais seule dans une petite ville, où il n’y a pas eu d’électricité pendant un an, et où il n’y avait pas d’autres étrangers que moi. Je n’avais pas le choix, je me suis glissée dans la vie quotidienne des Malgaches. Je suis allée à leur rencontre avec bienveillance, et je me suis fait accepter. »

La matière de l’ouvrage qu’elle a tiré de sa mission, Les aventures de madame Cécile à Madagascar, a existé sous forme de blog avant de devenir un livre. Un témoignage dense, très vivant, très riche, qu’elle a eu l’occasion de présenter lors des 50 ans du Défap, et dont elle a pu lire des extraits au cours de la « Nuit de la lecture » organisée cette année au Défap sur le thème de la « Peur de l’autre ». Invitée de Marion Rouillard pour l’émission « Courrier de mission – le Défap » sur Fréquence protestante, elle est revenue, en ce mois de février 2023, sur les conditions qui l’ont poussée à partir, ce qu’elle a vécu et découvert, et le contexte dans lequel elle en est venue à écrire ce qui devait devenir un livre-témoignage.
 

Un livre, quelques années après le retour de Madagascar, émission présentée par Marion Rouillard

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 22 février 2023 sur Fréquence Protestante

 

Cette décision de partir est venue, comme elle l’explique au micro de Marion Rouillard, dans des conditions assez dramatiques : « J’avais 55 ans, j’étais bien installée dans la vie, j’ai eu un passage très difficile, trois deuils très douloureux dans ma famille proche ». Pour surmonter ce choc et continuer à vivre, il lui fallait une rupture : « Pour prendre un nouveau départ, il fallait que je prenne mes distances ». Elle a donc commencé à se renseigner sur les modalités d’expatriation, les possibilités de travailler à l’étranger. « Je ne connaissais pas le Défap, explique-t-elle, je suis de culture catholique et pas pratiquante ». Il aura fallu une série de hasards pour que la rencontre se fasse… et qu’elle postule pour partir à Madagascar.

Madagascar : un lieu totalement à l’opposé du pays qu’elle connaissait jusqu’alors, tant sur le plan géographique que sur celui des habitudes, des modes de vie, de la manière d’envisager le monde… Cécile Millot découvre le lieu de sa mission, tâche de s’adapter à cette nouvelle activité dans un contexte radicalement nouveau. « J’étais enseignante de français dans une école normale, une école de formation des instituteurs », souligne-t-elle. Cette école était « tenue par l’Église luthérienne malgache », qui dispose d’accords avec l’État malgache permettant aux enseignants qu’elle forme d’aller travailler dans tout le réseau des écoles de l’île, qu’elles soient confessionnelles ou publiques. Cécile Millot découvre l’importance du français : c’est la langue des études secondaires et supérieures. Mais elle n’est pas enseignée en primaire et seuls les élèves dont les parents peuvent les aider à acquérir les bases du français ont des chances de poursuivre des études longues. Les instituteurs eux-mêmes, bien souvent, la maîtrisent mal, à l’écrit comme à l’oral. Donc, « former des instituteurs, c’est en grande partie leur apprendre le français ».

« L’impression d’avoir vécu quelque chose d’extraordinaire »

Dans ce lieu radicalement nouveau, tout est sujet à surprises. Cécile Millot évoque ainsi son « étonnement permanent devant la différence de niveau de vie, de mentalités, des règles de politesse »… Autant de choses dont elle ne peut discuter avec personne, étant la seule Européenne sur son lieu de mission : « Je ressentais le manque de quelqu’un avec qui parler de tout ce qui m’étonnait, et que je ne pouvais pas partager avec mes collègues malgaches ». Dès lors vient, très vite, l’envie d’écrire, « une nécessité » ; et le blog auquel elle confie tout ce qu’elle vit et observe, cette odyssée d’une « vazaha », d’une étrangère, dans un monde aux règles si nouvelles.

« On arrive forcément avec son petit bagage d’illusions, d’attentes, de bonnes intentions ; et puis on se frotte à la réalité », raconte-t-elle au micro de Marion Rouillard. Ce blog, elle l’a régulièrement alimenté pendant les trois ans qu’a durée sa mission à Madagascar : « Je pense que j’y mettais tous les jours dix pages ». Ce qui explique la densité particulière du vécu qui ressort dans son témoignage, aujourd’hui publié aux éditions Amalthée : « Mon livre, ce n’est pas des souvenirs : c’est du vécu en tranches ». Pour le rédiger, il lui aura tout de même fallu attendre dix ans ; « ressortir quelque chose comme mille pages de blog », puis élaguer, condenser… Un travail de fourmi, quand il aurait été plus simple d’abandonner son blog une fois revenue en France ; mais « j’éprouvais le besoin de partager ce que j’avais vécu ; j’avais l’impression d’avoir vécu quelque chose d’extraordinaire ».

Cécile Millot
Les aventures de madame Cécile à Madagascar
À commander aux éditions Amalthée
À partir de 9,99€ (e-book) ; 32€ le livre broché