«La mission, un mot, une histoire» : revivez le premier webinaire

La visioconférence de lancement des «Ateliers de la mission» du Défap s’est tenue le samedi 10 avril 2021. Un premier module historique, présenté par le professeur Jean-François Zorn, qui a permis de revisiter les différentes perceptions de la mission au cours de l’histoire, en commençant par un retour aux racines bibliques. Retrouvez ici l’enregistrement de l’intégralité de l’intervention de Jean-François Zorn.

Le mot de «mission» est aujourd’hui tellement chargé de connotations que son usage même en est devenu délicat. Associé à une vision de l’action évangélisatrice qui s’est trouvée, au fil de l’histoire, compromise à la fois dans les jeux politiques et les visées coloniales de certains États, il est encore jugé suspect dans certaines Églises ; quand d’autres revendiquent au contraire sans complexe une vision conquérante de la mission, citant par exemple cette parole de Jésus-Christ dans Actes 1-8 : «vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre». Et dans le même temps, paradoxalement, jamais ce même terme de «mission» n’a été autant utilisé dans le vocabulaire laïc, et dans les milieux les plus divers – du monde de l’entreprise à celui des ONG…

Mais d’où vient vraiment ce mot de «mission», quels sens a-t-il pu prendre au fil de l’histoire, quelles sont ses racines et quelles ont été ses évolutions ? Cette perspective historique, nécessaire pour bien situer à la fois le terme et les enjeux qu’il recouvre, était le thème du premier des «Ateliers de la mission» du Défap – une série de webinaires organisés sur Zoom, dont la session introductive a eu lieu ce samedi 10 avril, et qui se poursuivra par la suite un jeudi sur deux jusqu’à la mi-juin.

Ce thème : «La mission, un mot, une histoire», présenté par le missiologue Jean-François Zorn, occupe les deux premières sessions des «Ateliers de la mission». Vous pouvez retrouver ci-dessous l’enregistrement de la première partie de ces deux webinaires.

 

Vous pouvez également accéder au support utilisé par le professeur Jean-François Zorn pour cette session introductive des «Ateliers de la mission» :

À lire, à télécharger :
• Le texte introductif de Jean-François Zorn
• La bibliographie en pdf
• Le programme des «Ateliers de la mission»
• Pour vous inscrire aux sessions suivantes, c’est ici !

 




La mission, un mot, une histoire : documents préparatoires

À l’approche de la conférence de lancement des «Ateliers de la mission» du Défap, nous avons mis en ligne un premier texte du professeur Jean-François Zorn, traçant les grandes lignes de sa prochaine intervention lors de ce premier webinaire… et posant aux futurs participants un certain nombre de questions afin de stimuler les réflexions et de rendre les échanges aussi riches et interactifs que possible. À présent, pour celles et ceux qui voudraient continuer à creuser le sujet, voici une bibliographie, également fournie par Jean-François Zorn. Nous mettrons en ligne ainsi régulièrement, au fil des conférences, les listes des ressources qui auront été consultées par les intervenants.

© Maxpixel.net

« La mission, un mot mutant ? »
par Jean-François Zorn

  • samedi 10 avril : Partie 1 : des temps bibliques à la Réformation (XVIe siècle)

  • jeudi 22 avril : Partie 2 : du Réveil (XIXe siècle) à nos jours

Vous trouverez ci-dessous les ressources proposées par l’intervenant pour sa conférence. Lorsque cela est
possible, la cote de la bibliothèque (1) est mentionnée.

Ouvrages

  • BUCKLER, Andy. Jean Calvin et la mission de l’Eglise. Lyon : Olivétan. 2008, 248 p.
  • COMBY, Jean. Deux mille ans d’évangélisation. Paris : Desclée, 1992. 327 p. Cote : 235.1 COM
  • MATTHEY, Jacques. Et pourtant la mission. Perspectives actuelles selon les Actes des Apôtres. Aubonne : éditions du moulin, 1985. Cote : MAG22247
  • PRUDHOMME, Claude. Missions chrétiennes et colonisation XVIe-XXe siècle, Paris : Cerf, 2004. 172 p. Cote : 235 PRU
  • TESTOT, Laurent (dir). La grande histoire du christianisme. Paris : éditions des sciences humaines, 2019. 237 p. Cote : 63641 B236
  • ZORN, Jean-François & ALEXANDRE, Jean. Missiologie. Histoire et Enjeux. Paris : Défap, 1998. 63 p. (Cahier de Mission, n°82) Cote : 63291 B226

Articles et chapitres

  • Collectif. La Réforme et la mission chrétienne. [dossier]. Spiritus. Juin 2017. [consulté le 4 avril 2021]. n°227, p.159-218. disponible à l’adresse : https://www.revue-spiritus.com/portfolio/227
  • Collectif. Europe, se convertir à la mission. [dossier]. Perspectives Missionnaires. 2020, n°80, p. 5-64. disponible à la bibliothèque
  • ZORN, Jean-François. De la mission conquête à la mission requête. Lumière et Vie. Octobre-décembre 2007.
    [consulté le 4 avril 2021]. n°276, p. 76-86. disponible à l’adresse : http://lumiere-et-vie.fr/numeros/LV_276_num_C3_A9ro_complet.pdf

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(1) Pour contacter la bibliothèque : bibliotheque@defap.fr – site web : https://defap-bibliotheque.fr/




«Ateliers de la mission» : bientôt la séance inaugurale

La séance inaugurale des «Ateliers de la mission» du Défap, c’est samedi prochain, le 10 avril : vous pourrez alors participer au premier de cette série de webinaires organisés via Zoom, avec, pour alimenter les premières réflexions, un retour historique préparé par le missiologue Jean-François Zorn, sur l’histoire et les mutations du mot même de «mission». N’oubliez pas de vous inscrire pour recevoir le lien et pouvoir vous connecter : toutes les informations sont ici (ainsi que sur les pages Facebook du Défap et de la Cevaa).

Le premier de nos «Ateliers de la mission» approche et vous êtes déjà nombreuses et nombreux à vous y être inscrits. Pour les autres, n’oubliez pas de remplir d’ici jeudi ce formulaire d’inscription afin de recevoir le lien Zoom le moment venu ! Après la première session initiale du samedi 10 avril, les webinaires auront lieu au rythme d’un jeudi sur deux. Vous pouvez retrouver ici le programme complet de ces «Ateliers de la mission» ; et vous rendre sur le dossier spécial du site du Défap consacré à ces webinaires.

Les défis sont multiples et passionnants ; ils sont liés tout à la fois à la transformation du monde dans lequel nous vivons, avec l’impact massif de la mondialisation et de l’accélération des échanges ; aux prises de conscience et aux évolutions réciproques nées de ces échanges accrus ; à l’atomisation et à la sécularisation croissantes de nos sociétés (et pas seulement nos sociétés occidentales) ; à la manière dont le paysage ecclésial évolue et se recompose en fonction de ces critères dans tous les pays ; aux nouvelles quêtes de sens qui animent celles et ceux qui participent à la vie des Églises (paroissiens, visiteurs de passage, chrétiens à la jonction entre plusieurs cultures et plusieurs Églises…) Face à tous ces défis, aucune Église, aucun organisme missionnaire ne peut prétendre rester à l’écart de ces interrogations ou camper sur des certitudes.

Pour aller plus loin :
• Le programme complet des «Ateliers de la mission»
• Le formulaire d’inscription
• Le texte introductif et les questions de Jean-François Zorn
• Le dossier spécial
• Présentation et interview sur le site de la Cevaa

Ces «Ateliers de la mission» qui se tiendront en distanciel sont donc largement ouverts ; ils rassembleront des participants issus d’Églises, de pays et de cultures reflétant la diversité des liens entretenus par le Défap. La Cevaa a relayé cette initiative sur son site internet et sa page Facebook : vous pouvez lire ici l’entretien réalisé par Cécile Richter, qui a interrogé le Secrétaire général du Défap, Basile Zouma, ainsi que la Secrétaire exécutive responsable du service Animation France, Florence Taubmann.

La première session de ces webinaires verra l’intervention du missiologue Jean-François Zorn, qui a préparé un texte introductif destiné à stimuler par avance les réflexions et les questions des participants – afin que ce premier webinaire soit aussi interactif que possible. Comme le rappelle Florence Taubmann dans l’interview diffusée par la Cevaa, «pour retravailler la définition de cette nouvelle vision de la mission, nous remonterons d’abord dans le temps. Au commencement, il y a toujours l’histoire. On va revisiter, ensemble, notre passé pour faire la part des choses entre ce qui relève du mythe et ce qui appartient au domaine de la réalité.»

«La réflexion sur la mission est toujours à renouveler»

Le monde change, la mission aussi : la réflexion sur la mission est toujours à renouveler. À la suite de cette première approche historique, qui occupera les deux premières sessions, les réflexions se poursuivront en suivant trois pistes de réflexion, exprimées sous forme de questions :

  • la question de l’universalisme ;
  • la question du personnalisme : ce qu’il y a de très spécifique à la culture judéo-chrétienne, c’est l’affirmation de l’être humain comme unique, singulier, irremplaçable et irréductible à la multitude ;
  • la question de l’interculturalisme : la manière dont, aujourd’hui, on peut s’ouvrir davantage aux manières de penser et de comprendre des autres cultures ; avec en filigrane la nécessité de réciprocité, d’enrichissement mutuel, de dialogue.

Ces différents points ont été détaillés par Basile Zouma et Florence Taubmann dans cet entretien enregistré pour Fréquence Protestante :

Les «Ateliers de la mission» : présentation sur Fréquence Protestante


Télécharger cette émission

Comme le souligne Basile Zouma, il s’agit de «stimuler les Églises. Redéfinir ce qu’est la mission et les objectifs que le Défap doit fixer avec elles. La mission est en élaboration. Elle ne peut pas rester figée. Ces ateliers sont l’ébauche de nos retrouvailles, en 2022, avec nos partenaires mais aussi tous ceux et celles qui souhaitent travailler ces questions. Le Défap est un lieu d’expérimentation et d’expertise de la mission, dont le but est de contribuer à la réflexion des Eglises. Alors rencontrons-nous !»




De Pâques à Pentecôte, 50 aperçus de la mission

À partir de ce dimanche, et jusqu’à Pentecôte, le Défap vous propose, à travers son site internet et ses réseaux sociaux, un voyage dans le temps et l’espace : 50 témoignages illustrant la mission, de la part de 50 témoins qui la racontent telle qu’ils l’ont vécue hier, ou telle qu’ils la vivent aujourd’hui. Chacun répondra à sa manière à la question suivante : qu’est-ce que la rencontre m’a apporté ?

De Pâques à Pentecôte, il y a… 50 jours. Période riche de sens pour tout chrétien, qui va de la résurrection de Jésus à la descente de l’Esprit saint sur les Apôtres, et au discours de Pierre marquant l’acte fondateur de l’Église… Or le Défap célèbre aussi cette année ses 50 ans. Il y avait là, en cette année si particulière pour le Service protestant de mission, un double symbole qu’il nous fallait illustrer.

Très vite est venue l’idée de ces 50 témoignages. La mission n’est pas seulement une odyssée spirituelle, c’est aussi une riche aventure humaine ; ce sont quelques facettes de cette aventure que nous voulions vous montrer. La mission se vit, se goûte et s’expérimente, de multiples manières et en de multiples lieux. D’où la diversité des témoins – anciens ou récents ; d’où aussi la diversité des formes de témoignages : tantôt vous entendrez une voix, tantôt vous pourrez voir un extrait de vidéo, ou des scènes d’hier ou d’aujourd’hui sous forme de photos ; tantôt encore, vous pourrez lire des récits – dont certains recouvrent l’étendue d’une vie entière…

50 manières de vivre le lien

Ces 50 témoignages, vous pourrez les découvrir ici-même, un nouveau chaque jour – et les suivre aussi sur notre page Facebook, ainsi que sur notre toute nouvelle page Instagram. Vous pourrez, à travers eux, partir à la rencontre d’enseignants-missionnaires ayant consacré leur vie entière à un pays et une Église à des milliers de kilomètres de leur lieu d’origine ; vous pourrez comprendre mieux ce que vivent un boursier qui vient faire des études de théologie en France, accueilli par le Défap, ou un.e envoyé.e qui part pour quelques mois ou quelques années dans un pays, une culture et pour travailler au sein d’une école ou d’un hôpital dépendant d’une Église dont il/elle ignore tout… Chacun de nos 50 témoins répondra à sa manière à la question suivante : qu’est-ce que la rencontre m’a apporté ?

Fils de missionnaire, envoyé d’aujourd’hui, tous vivent une aventure commune qui se poursuit depuis des décennies, qui les porte et les traverse, à laquelle chacun apporte sa contribution – et à travers laquelle tous verront leur vision du monde et leur vie changées. Cette aventure commune, c’est celle qui consiste à entretenir le lien entre Églises par-delà les frontières, les mers et les continents ; par-delà les distances culturelles, économiques ; parce que la mission se construit ensemble, à travers toutes ces Églises dont chacune est en mission dans son propre champ, mais qui peuvent aussi tant s’apporter les unes aux autres. Les échanges de personnes – d’envoyés, de boursiers, de professeurs ; les projets – d’enseignement, de santé, de développement communautaire ; les relations institutionnelles – avec des Églises, des oeuvres ou des mouvements : tout ceci se rassemble et trouve sa justification dans cette volonté d’entretenir le lien.

Ce sont 50 aperçus de cette aventure, 50 manières différentes de vivre et d’exprimer ce lien, que vous allez pouvoir découvrir d’ici Pentecôte.




Covid-19 : une cérémonie en communion avec le Cameroun

Ce vendredi saint, 2 avril, une prière a eu lieu de 13h à 14h dans la chapelle du Défap, avec les pasteurs des communautés camerounaises en France EPC, EPA, EEC, UEBC en signe de solidarité avec les familles et les Églises mères qui ont perdu 13 pasteurs à cause de la pandémie de Covid-19.

Depuis plus d’un an, la pandémie de Covid-19 ne s’est pas seulement traduite par des fermetures de frontières, des activités réduites dans de multiples domaines – et dans le milieu des Églises, par des difficultés nouvelles à maintenir les liens ; elle s’est aussi et surtout traduite par de multiples drames humains – et là encore, les Églises n’ont pas été épargnées plus que le reste de la société.

Prier ensemble, face à ce défi commun et pour toutes les victimes de la pandémie, c’est aussi une manière d’être en lien ; et la cérémonie qui s’est tenue ce vendredi saint, 2 avril, au Défap, a permis de réunir des pasteurs de diverses communautés protestantes camerounaises présentes en France. Elle avait été organisée en signe de solidarité avec les familles et les Églises mères qui ont perdu 13 pasteurs au cours de l’année du fait de la pandémie. L’un des plus récemment disparus étant le pasteur Samuel Désiré Johnson, bien connu au Défap puisqu’il avait été Secrétaire exécutif chargé de l’Animation au sein de la Cevaa, et qu’il faisait également partie de l’équipe de rédaction de la revue Perspectives Missionnaires.

Cette cérémonie de prière a ainsi rassemblé des pasteurs de l’EPC (l’Église presbytérienne camerounaise), de l’EPA (l’Église protestante africaine), de l’EEC (l’Église évangélique du Cameroun) et de l’UEBC (l’Union des Églises baptistes du Cameroun), autant d’Églises avec lesquelles le Défap est en lien et qui sont présentes en France à travers diverses communautés, parfois nombreuses (elles sont par exemple plus d’une vingtaine en France liées à l’EPC). Elles sont aussi toutes membres du Cepca, le Conseil des Églises protestantes du Cameroun avec lequel avait été organisée cette prière, qui représente onze Églises luthériennes, réformées, baptistes et anglicanes. Anciennement nommé Fédération des Églises et Missions évangéliques du Cameroun (Femec), il est l’un des principaux partenaires du Défap dans le pays.

Cette prière s’est déroulée de 13 heures à 14 heures dans la chapelle du 102 boulevard Arago, avec la participation de :

  • Pasteur MOUNYEMB TENWO (EPA)
  • Pasteur DIN KALLA Marie Louise (UEBC)
  • Pasteur Michel Samè DIKONGUE (UEBC)
  • Pasteur DONGMO Hervé (EEC)
  • Pasteur TILLIET Colette (EPA)
  • Pasteur TJOMP Jacques (EPC)
  • Pasteur NGWEM Isai (EPC)



Célébration œcuménique du Vendredi saint

Découvrez la bande annonce de cet évènement à suivre sur France 3 Alsace et France 3 Lorraine le 2 avril à 10h45, et auquel participe l’UEPAL, l’une des trois unions d’Églises membres du Défap.

Le Diocèse de Strasbourg et l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine font mémoire de la Passion et la crucifixion de Jésus-Christ en la cathédrale Notre dame de Strasbourg, pour accompagner celles et ceux qui ne pourront se déplacer à l’église en cette période si particulière.

Cette célébration est retransmise sur France 3 Alsace et France 3 Lorraine, le vendredi 2 avril à 10h45. Également sur les chaînes Youtube respectives du Diocèse de Strasbourg et de l’UEPAL.

L’Alsace est une terre profondément attachée à l’œcuménisme. Monseigneur Luc Ravel, Archevêque de Strasbourg et le pasteur Christian Krieger, Président de l’Église protestante réformée d’Alsace et de Lorraine et vice-président de l’UEPAL, invitent à cette célébration conduite par l’Archiprêtre Michel Wackenheim et la pasteure Bettina Schaller et manifestent ainsi leur désir d’être en union de prière avec tous ceux qui pourront suivre cet évènement à la télévision.

« Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (LUC 23, 34)

À partir de ce verset de la Bible, les deux confessions chrétiennes vous proposent une célébration où alterneront gestes symboliques, temps de méditations et moments musicaux.

Les participants : Charlotte Sonnendrücker, Christian Albecker et Michaël Mailfert.
« Quatuor Anapnoè », avec Nathalie Gaudefroy, soprano, Anne-Juliette Meyer, alto, Jean-Philippe Billmann, ténor, et Xavier Bazoge, basse. Il sera accompagné par Sara Taboada, clarinette, Tristan Lescêne, violoncelle, et Daniel Leininger, orgue.
Conception musicale : Daniel Leininger.




La Moisson, un projet artistique

En partenariat avec le Grand KIFF – événement auquel est associé le Défap – ce projet est une invitation à la créativité, au témoignage et à partager ce qui nous anime chaque jour : la foi.

La Moisson est un appel à projet artistique jusqu’au 15 mai 2021 sur le thème de « La Terre en partage » pour les jeunes de 17 à 25 ans, quelles que soient leurs convictions religieuses.

Avec ce projet, Marion Panoma, volontaire au service civique encourage les jeunes à s’exprimer autour d’une vision commune et à donner de la voix.

La Moisson est une invitation à venir s’exprimer de manière novatrice par le chant, le dessin, la peinture, la danse, la photo, la vidéo, la mode ou la performance…

Tous les champs d’expression artistique sont possibles ! Il n’y a pas de contraintes de format ou de techniques, tu es libre de t’exprimer comme tu le souhaites !

Bien sûr, si ton œuvre finale est aussi grande qu’un chêne il faudra la prendre en photo !

Il y aura ensuite une exposition virtuelle ou présentielle (en fonction de la situation sanitaire) et d’autres opportunités se présenteront à nous en fonction des projets, des envies et des ambitions de chacun.

« La Terre en partage c’est partager les trésors que chacun a reçus ».

Pour en savoir plus : contact@lamoisson-production.fr




50 ans du Défap, « Ateliers de la Mission » et Convictions et Actions au menu de l’AG du Défap

C’est une nouvelle Assemblée Générale en visioconférence, alors que les mesures de restrictions sanitaires ont été durcies pour faire face à la croissance du nombre de personnes touchées par la pandémie de Covid-19, qui s’est tenue ce samedi 27 mars 2021 au Défap. Au menu de cette réunion, notamment : des informations sur les « Ateliers de la Mission » et sur le cinquantenaire du Défap, ainsi que la mise en discussion et au vote du texte sur les Convictions et Actions 2021-2025.

Depuis l’entrée dans cette période si particulière que constitue la «période Covid-19», avec son lot de restrictions sanitaires, de difficultés accrues de déplacements et de rencontres rendues impossibles ou devenues virtuelles, le Défap a dû, comme beaucoup d’autres institutions, s’adapter. Cette nouvelle Assemblée Générale réunie par Zoom (comme c’est devenu désormais le lot commun de beaucoup d’ONG et d’associations) en était un signe supplémentaire. Mais derrière ce recours accru à la technique, des problèmes se posent, lourds à gérer : problèmes anciens rendus bien plus difficiles à prendre à compte (comment franchir la distance culturelle avec les partenaires, avec les visiteurs, quand s’y ajoute en outre une nouvelle distance physique ?) ; et problèmes nouveaux, liés non seulement à la technique elle-même, mais aussi à la nécessité d’inventer de nouvelles relations et de nouvelles manières de communiquer et d’intervenir.

2020, une année hors norme

 

Ces défis déjà anciens, et que le Défap doit continuer à prendre en compte et à relever, sont ceux sur lesquels le président du Défap, Joël Dautheville, a d’abord mis l’accent dans son message d’introduction de l’Assemblée Générale ; tout en adressant de chaleureux remerciements à toute l’équipe du Défap qui a su continuer à manœuvrer dans la tempête, et en soulignant la solidité dont a fait preuve l’institution dans son ensemble, il a rappelé les défis toujours présents de l’interculturalité dans notre société – interculturalité qui se traduit aussi dans les paroisses de nos Eglises.

Les défis nouveaux, auxquels toute l’équipe a dû répondre durant l’année 2020 qui a vu le Défap «cloué au sol», sont ceux sur lesquels le Secrétaire général, Basile Zouma, a insisté pour sa part. Comme il l’a souligné dans la présentation de son rapport, le Défap, en cette crise, est passé par trois états :

  • la sidération : l’année 2020 a été une réelle traversée de crise. Sachant que toute crise est aussi une opportunité d’ouvrir des chemins impossibles à trouver autrement… Tout ce qui était conditionné par le voyage a été empêché. La distance installée avec les partenaires est devenue difficile à franchir : difficile de voir les partenaires, d’accueillir des visiteurs, des boursiers – alors que la maison Défap a pour cœur de métier de mettre en relation. Cette sidération a été amplifiée par des mouvements de personnel : départ de Valérie Thorin au service Communication et absence prolongée pour cause de maladie de Franck Lefebvre ;
  • le tâtonnement : il a fallu tâtonner pour dépasser cette sidération initiale. Comment maintenir la vie communautaire quand la rencontre n’est plus possible ? Il a fallu avoir recours à la technique pour maintenir les liens au près et au loin ;
  • l’adaptation : la mobilisation de l’équipe pour s’adapter à la crise et à la baisse des ressources. Le Défap a dû réorganiser le travail des permanents et trouver de nouveaux moyens de rester en lien avec les partenaires. L’équipe a su garder une veille active pour rester opérationnelle. Il a fallu inventer en avançant.

La force de l’espérance, la vie malgré tout, ont permis de surmonter la crise.

L’année 2020 a donc été l’année des petits pas, une résistance à l’immobilité imposée par la crise. Quelques perspectives pour finir, extraites du rapport d’activité : si les difficultés d’aujourd’hui devaient rendre impossibles les réalisations de demain, le Défap n’aurait pas eu la bonne attitude dans la traversée de la crise sanitaire. Toute crise étant une opportunité dans la douleur. Au sortir de cette année mouvementée marquée par la paralysie générale et le ralentissement forcé des activités du Défap, ainsi que de l’important mouvement au sein de l’équipe, la première perspective est celle toute naturelle de reprendre pleinement nos engagements dans les rencontres avec nos partenaires et dans la relance de projets fédérateurs. Reprendre aussi la visite des paroisses en France en vue de la création d’espaces de réflexion et la co-construction de célébrations autour de la mission de partout vers partout. Le sens de la veille active de l’équipe est de faciliter cette reprise enrichie des apports de cette traversée douloureuse.

2021 sera l’année de deux événements : le forum « Les Ateliers de la mission » et la célébration des 50 ans du Défap. Deux lieux pour deux dynamiques ; une réflexion autour de la mission et une célébration pour faire un bilan de ces 50 ans de mission. Ces événements vont participer du processus de refondation initié par le Défap et porté par les Églises fondatrices en vue d’une décision concertée pour l’année 2025.

Présentation des 50 ans du Défap

Éline O., prenant la suite, et après les nouvelles des partenaires, a présenté son travail de chargée d’événementiel « 50 ans du Défap », qui se décline en quatre axes :

  • Dis-moi la mission, en 10 mois ; un verbe est présenté chaque mois sur le site, décliné chaque semaine en 4 modules : Réflexion, Témoignage, Animation et Célébration – ce dernier module, en particulier, présentant des éléments de liturgie utilisables pour organiser des cultes centrés sur les 50 ans du Défap.
  • 50 témoignages diffusés sur les réseaux sociaux, de Pâques à Pentecôte ; l’idée est de faire parler des intervenants qui ont été en relation avec le Défap, soit en tant qu’envoyés, soit en tant que boursiers…
  • Appel à témoins : il s’agit de permettre des rencontres entre anciens envoyés et paroisses, dans le cadre d’une dynamique locale
  • Pendant une semaine en septembre, différentes activités au 102 boulevard Arago, avec notamment une exposition sur place (et en ligne), un escape-game (jouable sur place et disponible en téléchargement), avec en outre une salle où seront diffusés les 50 témoignages. Il y aura aussi deux rencontres et conférences durant la semaine ; et une journée rencontres-retrouvailles le samedi et le dimanche.

 

Un rapport d’activités 2020 sous le signe de la résilience

Les contraintes sanitaires se sont avant tout traduites pour le Défap par de nouvelles distances, avec des frontières devenues difficilement franchissables et des déplacements rendus plus ardus : distances nouvelles avec les envoyés, avec les partenaires, avec les Églises en lien avec le Défap, et même avec les visiteurs ou les paroisses de France… C’est ce thème de la distance à franchir pour trouver une résilience qui a servi de fil conducteur à la présentation du rapport d’activité 2020 par les divers secrétaires exécutifs.

 

Adoption du document «Convictions et Actions 2021-2025»

C’était un des aspects majeurs de cette Assemblée générale : le texte qui a été soumis à l’approbation des délégués, et destiné à guider l’activité du Défap au cours des quatre années à venir, avait été élaboré, comme l’a souligné le Secrétaire général Basile Zouma, au cours d’un travail commun lancé entre le Conseil, le Bureau et l’ensemble de l’équipe des Secrétaires exécutifs du Défap. La demande des Églises fondatrices d’ouvrir un espace de réflexion en leur sein, et le travail de refondation lancé au sein du Défap, doivent se rencontrer et il faut du temps pour toutes ces réflexions ; les Églises membres ont donc demandé au Défap de se doter d’une nouvelle feuille de route en attendant que les travaux de réflexion des uns et des autres puissent trouver leur point de rencontre d’ici 2025.

Il s’agissait donc lors de cette AG d’adopter, et si besoin d’amender ce texte élaboré au sein du Défap, pour le présenter aux Églises fondatrices. Des discussions se sont donc engagées sur les cinq points qui structurent ce texte :

  • Les convictions missionnaires du Défap (une partie plutôt théologique) ;
  • Un préambule ;
  • Une première partie consacrée aux liens institutionnels et aux relations avec les partenaires ;
  • Une deuxième partie marquant l’engagement du Défap pour la justice, le respect de la création et la dignité humaine ;
  • Une troisième partie consacrée aux moyens et aux manières de vivre l’interculturalité.

C’est l’adoption, avec quelques modifications mineures mais après d’intenses discussions, de ce document essentiel pour le Défap qui aura marqué le moment essentiel de la deuxième partie de cette Assemblée générale, juste avant la clôture au cours de laquelle le président Joël Dautheville aura remercié une nouvelle fois toute l’équipe du Défap pour son travail, et souligné les efforts d’adaptation et de résilience qui auront marqué toute l’année 2020.




AG du Défap : le message du président

Dans son intervention en introduction de l’Assemblée générale du 27 mars 2021, le président du Défap, Joël Dautheville, a voulu souligner, tout d’abord l’importance du lien dans les activités du Défap – ce qui a été mis à mal par la situation sanitaire ; mais également l’implication de toute l’équipe pour surmonter ces difficultés et trouver des chemins de résilience, et la solidité dont a fait preuve, en tant qu’institution, le Service protestant de mission. Mais il reste à réfléchir sur la mission elle-même : un sujet dont les Églises se sont saisies, pendant que le Défap travaille parallèlement à se réinventer. Dans cette perspective, le président du Défap a voulu axer son intervention sur les trois axes qui structurent la vie du Défap sur le temps long et qu’on retrouve dans le document Convictions et Actions 2021-2025 : l’interculturalité, la solidarité à l’international, la réflexion théologique. Des thématiques et des sujets derrière lesquels se profilent toutes les évolutions, toutes les mutations qui travaillent la société en général et nos Églises en particulier, et auxquelles il faut pouvoir répondre.

Oui, la pandémie est un révélateur des fragilités de toute sorte et un accélérateur des tendances déjà à l’œuvre avant la crise sanitaire. Elle révèle notamment que le lien concret entre personnes est vital. L’enfer, ce n’est pas les autres, c’est leur absence. Le Défap, comme d’autres instances, souffre de ce déficit de rencontre alors qu’il est un lieu d’échanges, d’envoi et d’accueil.

Oui, la pandémie révèle également la solidité du Défap. Je salue les délégués, les commissions, les partenaires de leur soutien. Je salue aussi le courage et l’implication de toute l’équipe du Défap et de son Secrétaire général, le pasteur Basile Zouma, pour tenir le cap.

Il faut saluer aussi, une fois n’est pas coutume, le soutien financier de l’État concernant le salaire des employés en activité partielle mais aussi la prolongation du soutien des envoyés dont la mission a pourtant été interrompue.
Aujourd’hui, et c’est un sujet de reconnaissance, les Églises décident de s’interroger plus fondamentalement sur leur mission. Leur question est la suivante : Quelle mission et pour quelle Église ? Suite à leurs réflexions des orientations futures du Défap seront débattues avec le Conseil à partir de 2023 pour une refondation prévue à l’AG 2025.

Ce message, très court, tournera autour de 3 pôles qui parcourent et structurent la vie du Défap sur le temps long et qu’on retrouve dans le document Convictions et Actions 2021-2025, objet du débat de l’après-midi : l’interculturalité, la solidarité à l’international, la réflexion théologique.

1. La notion d’interculturalité

Elle est une réalité que l’Église rencontre, dès ses origines, puisque par nature elle est en mission et rencontre des personnes très différentes sur le plan culturel et religieux. Aujourd’hui, les communautés vivent de plus en plus une réalité interculturelle de fait. D’où leurs questions : Comment faire pour que les chrétiens et les Églises soient vivifiés sur le plan théologique et ecclésiologique par cette situation relativement nouvelle ? Comment agir pour que chaque fidèle se sente chez lui dans la communauté qu’il fréquente ?

Pour approfondir le questionnement posé par l’existence de l’interculturalité, le Défap met en place des actions. J’en citerai seulement deux.

  • Afin de saisir au mieux les différentes composantes de l’interculturalité, le fait d’être un envoyé ou une personne accueillie est très formateur.
    Cela permet de découvrir l’autre dans sa singularité et conduit à s’interroger sur sa propre manière de croire, de penser même si cela n’est pas toujours facile à vivre. Comme la mission est de plus en plus vue comme partagée, de partout vers partout, le Défap et ses partenaires travaillent pour que les envois de volontaires et de boursiers se vivent non à sens unique mais avec plus de réciprocité. Ces échanges de personnes permettent aux envoyés et boursiers d’être témoins et pourquoi pas acteurs de l’inculturation de l’Évangile. Sur ce dernier point, le Défap, et les Églises ont des progrès à faire. Car bien souvent ces envoyés et ces boursiers à leur retour sont peu invités à témoigner de ce qu’ils ont vécu, à ouvrir des pistes de réflexion et d’actions sur le plan local ou régional et participer ainsi à donner un contenu à l’interculturel.
  • Module interculturel.
    La seconde action découle de la précédente. Il s’agit de préparer au mieux les envoyés à l’aide d’une formation préalable laquelle comporte un module interculturel enrichi par les compétences et l’expérience du Défap. La globalisation aidant, il y a une internationalisation plus marquée de la vie des Églises où qu’elles soient d’où leur souhait de travailler cette notion. Ce type de module est repris aujourd’hui par l’Epudf et adapté au master pro. De plus une formation à l’interculturel est en projet entre l’Epudf et le Défap à l’endroit des pasteurs venant de l’étranger. L’Uepal a un projet similaire. Et pourquoi pas des formations des CP ?

Permettez-moi une brève incise sur la culture musicale dans la vie des Églises du Défap. Un des fondamentaux du protestantisme sous toutes les latitudes est d’aimer chanter ! Pourtant le dernier recueil de chants de la FPF, Alleluia, qui a pourtant « internationalisé » plusieurs cantiques a laissé peu de places à des compositeurs venus d’Églises d’outre-mer liées à la Cevaa et au Défap ! Pour faciliter la rencontre interculturelle au sein des communautés, il serait bienvenu que le Défap mette rapidement sur pied une plateforme réunissant différents acteurs dans le but d’éditer d’une part, si cela n’existe pas encore, un recueil de chants pour les communautés à dimension interculturelle et d’autre part de poursuivre le travail d’édition de fiches liturgiques avec des textes venus d’Églises partenaires comme elle l’a fait en 1985, 1997 et 2005.

Une question demeure : l’interculturalité est-elle un simple effet de mode ?

Non. D’une part, l’aborder ouvre à la notion d’altérité laquelle est au cœur de la spiritualité et de la mission. D’autre part, elle ouvre à la prise de conscience que les Églises vivent de plus en plus l’interculturalité en leur sein et vivent dans des pays qui sont eux-mêmes de plus en plus multiculturels. De fait, certes de manière chaque fois spécifique, chaque pays devient ou redevient un champ de mission. Avec le sociologue Zygmunt Bauman, qui caractérise les sociétés actuelles de sociétés liquides et Jérôme Fouquet, analyste politique, directeur du département Opinion à l’IFOP qui parle aujourd’hui de l’archipélisation de la société française, on comprend clairement que la vie culturelle, sociale et économique de nos sociétés est de plus en plus morcelée. Et qu’en est-il de la vie des Églises et de leur mission ? Du côté catholique, Arnaud Join-Lambert, professeur de théologie à l’Université de Louvain, évoque dans un récent article de la revue Istina l’éclatement des théories et pratiques missionnaires dans l’Église catholique. Il précise en outre qu’existe, je cite, le retour des identités et le retour aux tribus, tels que caractérisés par Bauman. Fin de citation. Merci à notre bibliothécaire de m’avoir fait connaître cet article !

Comme le dit très bien l’intitulé des Ateliers de la Mission qui démarre le samedi 10 avril prochain : Le monde change, la mission aussi.

2. Solidarité à l’international

Si le Défap, entre autres organisations, est bien outillé pour aborder la question interculturelle, il le doit au fait que ses partenaires accueillent les envoyés du Défap au nom de la solidarité. C’est pourquoi le Défap est vu depuis des décennies comme une force de proposition parmi les acteurs de la solidarité internationale française. Le Défap, seul et souvent avec d’autres partenaires, est invité à accompagner et à soutenir des projets internationaux. Avec les organisations présentes au conseil du Défap, telles que la Cevaa, l’ACO, la Cimade, la CEEEFE, la FPF, les questions de solidarités internationales nourrissent la vie et les orientations du Défap.

De fait le pôle interculturalité marqué par les échanges de personnes, et le pôle solidarités internationales sont plus imbriqués qu’on ne l’imagine. J’en donne un seul exemple. Le pasteur centrafricain, Rodolphe Gozegba, boursier du Défap, accueilli dans notre AG du 1er avril 2017, est retourné cet été dans son pays après avoir été reçu brillamment comme docteur en théologie à l’IPT. Il écrit au service Mission de l’Uepal une lettre dont voici un extrait : « Les semaines dernières, mon pays s’est replongé dans une guerre qui ne dit pas son nom. Mais ça va un peu mieux maintenant, même si les conséquences socio-économiques sont inquiétantes. Le peuple centrafricain est lui-même sa propre espérance : il se bat pour vivre, même s’il sait très bien que la situation n’est pas prête à s’améliorer. À Bangui, la capitale, les populations meurent de faim, car les corridors d’approvisionnement allant au Cameroun et au Tchad ont été coupés par les groupes armés. »

3. Le dernier point que j’aborde dans ce message concerne la dynamique théologique au Défap.

Suite aux différents travaux menés par le Défap depuis quelques années, colloque d’octobre 2019 Vers une nouvelle économie de la Mission, séances du Conseil sur la refondation du Défap, puis sur les Convictions et Actions 2021-2025 d’une part et d’autre part avec les futures réflexions sur les Ateliers de la Mission et tout ce qui va être exposé, dit, rédigé à l’occasion du cinquantenaire du Défap, il serait intéressant de mette à nouveau sur pied une équipe théologique. Cette équipe pourrait-elle réunir quelques idées forces issues des différents travaux faits par le Défap depuis ces dernières années et les envoyer aux Églises ?

Merci de votre écoute et bonne AG !

Joël Dautheville,
Président du Défap




Décès du Rev. Dr. Samuel D. Johnson

Le révérend docteur Samuel D. Johnson est décédé mercredi 24 mars, à l’âge de 58 ans. Il avait œuvré pour la Communauté Cevaa pendant douze années, jusqu’en 2020, au poste de Secrétaire Exécutif chargé du pôle Animations. Notre compassion et nos pensées les plus émues vont à la famille du Pasteur Johnson, son épouse et ses trois filles. Nous adressons également nos sincères condoléances à toute l’Union des Églises Baptistes du Cameroun.

Le Révérend Dr. Samuel Désiré JOHNSON lors du Conseil Exécutif d’avril 2017, Cotonou © Cécile Richter

C’est avec une tristesse infinie que nous vous avons appris le décès soudain du Révérend Dr. Samuel Désiré JOHNSON,

Ancien Secrétaire Exécutif de la Cevaa chargé du Pôle Animations (2008-2020)

Pasteur de l’Union des Églises Baptistes du Cameroun,

Docteur en Théologie de l’Université de Hambourg en Allemagne,

Chercheur associé à l’IPT/Faculté de Théologie de Montpellier,

Chercheur associé au Centre Maurice Leenhardt de recherches en missiologie,

Ancien enseignant et doyen de l’Institut Baptiste de formation théologique de Ndiki (IBFTN) au
Cameroun,

Ancien Membre du Conseil Scientifique de l’Institut Œcuménique de Théologie Al Mowafaqa au Maroc.

« De son passage à la Cevaa, a souligné la Communauté d’Églises en mission, nous n’oublierons pas son impulsion décisive pour la mise en place et le développement de la formation AEBA, sa collaboration continue avec les Églises en vue du renforcement de l’animation théologique, son attachement à l’histoire de la Communauté Cevaa et de ses Églises-membres, et la relecture de cette histoire à la lumière de l’actualité. Toutes ses œuvres sont un témoignage durable de sa vie ici-bas. »

Le Président du Défap, le pasteur Joël Dautheville, a fait part de la communion du Service protestant de mission dans un message adressé à Henriette Mbatchou, présidente de la Cevaa, et au pasteur Célestin Kiki, Secrétaire général de la Cevaa : « Le Défap avec son équipe se joint à moi pour vous adresser, ainsi qu’à son épouse, sa famille, son Église et toute l’équipe de la Cevaa, ce message très fraternel à l’occasion de cette dure épreuve.

Nous disons à Dieu notre reconnaissance pour ce qu’il a pu apporter dans son ministère et puisons dans les Écritures le souffle de l’espérance en Christ comme l’exprime Paul en Romains 8 : Car je suis persuadé que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances, ni les êtres d’en-haut, ni ceux d’en-bas, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Christ-Jésus notre Seigneur.

Nous sommes en communion de prière avec vous. »

Les obsèques du révérend Samuel Désiré Johnson auront lieu le 29 mars 2021 à 14h30, en simultané, à la fois au cimetière protestant de Montpellier, à l’Église catholique de Yaoundé et à l’Église baptiste de Douala, qui était son Église d’origine.




«Ateliers de la mission» : rendez-vous le 10 avril pour lancer les réflexions

Le premier des «Ateliers de la mission» du Défap approche… et vous pouvez d’ores et déjà vous y préparer ; tout d’abord en vous inscrivant, si ce n’est encore fait ; et aussi en prenant connaissance du résumé et des questions élaborés pour vous par Jean-François Zorn, premier intervenant de cette série de webinaires, qui reviendra sur l’histoire et les mutations du mot même de «mission». Les réflexions sont lancées !

Le samedi 10 avril, de 10h à 12h, nous lançons les ateliers de la mission avec un premier rendez-vous autour du professeur Jean-François Zorn : La mission, un mot une histoire !

Cette rencontre aura pour thème : « Des temps bibliques à la Réformation. »
Elle sera suivie d’une seconde le jeudi 22 avril de 18h30 à 20h : « Du réveil à nos jours. »

Nous vous invitons à vous inscrire pour participer à ces ateliers. En prenant connaissance du résumé et des questions élaborés pour vous par Jean-François Zorn, vous pourrez ainsi vous préparer pour ces ateliers que vous voulons interactifs.

Nous espérons que cela vous passionnera et que nous pourrons nous enrichir mutuellement sur ce thème si actuel de la mission.

Basile Zouma,
Secrétaire général du Défap




La mission : un mot, une histoire

Le 10 avril aura lieu la première session des «Ateliers de la mission» du Défap. Pour cette séance inaugurale, le professeur Jean-François Zorn nous invite à quelques réflexions sur le mot même de «mission». Vous pouvez d’ores et déjà vous préparer pour ce premier rendez-vous, que nous voudrions interactif, à travers ce premier texte de présentation stimulant et en vous penchant sur les questions qui scandent la première partie de ce parcours allant des temps bibliques jusqu’à la Réformation.

« Les mots ont une histoire » dit-on ! C’est vrai. On peut faire et refaire leur histoire comme un exercice de style ou plutôt comme la nécessité de comprendre dans la longue durée les mutations successives des mots et surtout pourquoi ils mutent et ce que recouvrent ces mutations. C’est à vous préparer à ce type d’exercice sur le mot « mission » que je vous invite en vue de la conférence en visio-conférence que je donnerai le 10 avril dans le cadre des ateliers de la mission animés par le Défap : La mission : un mot, une histoire.

Pourquoi se livrer à cet exercice ? Soyons franc, le mot mission passe (encore) mal. Il est (encore) souvent associé à des notions que nous réprouvons : prosélytisme agressif, conversion forcée, colonisation subie, etc. Est-ce juste ? C’est cela qu’il faut vérifier… dans l’histoire, précisément pour se demander si nous ne serions pas (encore) aujourd’hui tributaires de ces associations malheureuses et comment en sortir afin que la mission soit à la fois fidèle à ses origines bibliques et accordée au temps présent.

Je vous propose un parcours en sept étapes :

1 • Partons du début dans la Bible : on entend dire que le mot mission n’existe pas dans la Bible. Est-ce vrai ? Pour le vérifier, si vous disposez d’une concordance des Écritures, vous constaterez que la rubrique « mission » est vide ! Et si vous allez dans vos Bibles, vous ne trouverez ce mot que dans les titres ajoutés par les traducteurs ; par exemple : « Mission des Douze » (TOB – Mt. 10). De plus, vous constaterez que dans les textes parallèles des Évangiles, les traducteurs modifient leurs titres : « Institution des Douze » (Mc. 3), « Choix des douze apôtres » (Lc. 6). De quoi y perdre son latin* ! À propos de latin notons que : mission vient du latin missio. Or nos bibles ont été traduites à partir du grec… Alors, n’y aurait-il pas un terme grec qui correspondrait au terme latin missio ? Pour répondre à cette question il faut se plonger dans les versions latine (Vulgate) et grecque (Koiné) du Nouveau Testament. Un simple sondage est suffisamment éclairant : par exemple Math. 10, 5, 16, 40. Dans ces textes, Jésus envoie les douze : auprès des brebis perdues de la maison d’Israël (5), au milieu des loups (16), se dit lui-même l’envoyé de Dieu (40). On verra ce qu’il est en est des « païens ». Pour chaque envoi le verbe employé en latin est mitto et en grec apostello. Voyons ensuite comment Paul se présente dans Rom. 1, 1 et ce qu’il a reçu dans Rom. 1, 5. Il est appelé à être (1) apôtre : apostolus en latin, apostolos en grec. Il a reçu (5) grâce et apostolat : gratiam et apostolatum en latin karin et apostolen en grec.

Quels enseignements tirez-vous de ce bref parcours biblique ?

 

2 • Faisons un grand saut dans le Moyen Âge : Tant que l’Occident ne s’est pas lancé à la conquête du monde, l’emploi du mot mission pour désigner l’envoi de personnes spécialisées dans l’annonce de l’Évangile à des peuples situés en dehors de son espace n’est pas attesté. Le mot mission appartient exclusivement au langage théologique spéculatif. Chez saint Thomas d’Aquin (1224-1274) la mission désigne les multiples relations des personnes au sein de la Trinité, les fameuses « processions divines ». Cette théologie spécule sur :

  •  les missions dites invisibles ou éternelles de Dieu, c’est-à-dire le fait que Jésus-Christ comme Fils unique de Dieu est engendré du Père et que le Saint-Esprit procède du Père seul ou du Père et du Fils ;
  •  les missions dites visibles ou temporelles, c’est-à­dire le fait que le Fils et le Saint-Esprit sont envoyés auprès des hommes par le Père, etc.

Ces considérations trouvaient leur justification dans le Prologue de l’Évangile de Jean (1, 1 à 18) où Dieu/Parole envoie (mitto et apostello) Jean… qui précède Jésus. Également dans la prière sacerdotale (17, 1 à 26), où Jésus est l’envoyé du Père (v. 3 : mêmes verbes !) qui, à son tour, envoie les hommes dans le monde (v. 18 : mêmes verbes !)
Pour caractériser l’évangélisation, le Moyen-Âge utilise les notions de propagation de la foi, prédication apostolique, annonce de l’Évangile, mais pas le mot de mission. Cette évangélisation s’organisait en direction des « infidèles » (musulmans), des « schismatiques » (chrétiens orientaux) et des « hérétiques » (cathares, vaudois, hussites), par le moyen des ordres religieux tels que les Mendiants (franciscains fondés en 1209), les Prêcheurs (dominicains fondés en 1216). La papauté appuyait ce mouvement, recommandant la création d’évêchés, comme ce fut le cas, pour la première fois, en Chine en 1307, en Perse en 1318, en Mer Noire et dans le Caucase dans les années 1350. Mais la papauté n’a pas de stratégie d’évangélisation mondiale.

Comment comprenez-vous cette conception hautement théologique de la mission ?

 

3 • Quand la Renaissance réveille la mission extérieure : À la fin du XVe siècle l’Europe, par l’entremise de l’Espagne et du Portugal, se lance à la conquête du monde (l’Amérique latine, nouvelle Indes). L’Amérique est découverte par Christoph Colomb en 1492. Pour accompagner ce mouvement le pape Alexandre VI, à travers la bulle Inter Cetera de 1493, instaure le système des Patronats en confiant à ces nations le soin « de veiller à l’exaltation et à la dilatation de la foi catholique » en érigeant des évêchés. En 1540, Ignace de Loyola présente au pape Paul III la Règle fondamentale de la Compagnie des Jésuites dans laquelle ceux-ci se mettent à sa disposition pour qu’il « les envoie [racine mitto] chez les Turcs, ou chez quelqu’autre peuple infidèle, même dans ces régions qu’on nomme les Indes, soit chez n’importe quels hérétiques, schismatiques ou fidèles quelconques » Le sens du mot mission devient alors celui d’envoi de prêtres dans un territoire déterminé lui-même appelé division ou mission. Ce territoire n’est cependant pas limité à une catégorie de gens ou de nationalités, il comprend également les pays dits chrétiens aux prises avec la contestation du catholicisme… Ce système ne tarde cependant pas à montrer ses limites quand d’autres pays que l’Espagne et le Portugal – la France et la Grande-Bretagne – se mettent sur les rangs de la conquête coloniale. La papauté elle-même fait le constat qu’elle n’a pas les moyens de corriger les abus du système colonial qui sont dénoncés par Bartolomé de Las Casas. Aussi, dès les années qui suivent le Concile de Trente (1563), la papauté prend peu à peu conscience de son rôle de défenseur de la foi catholique et de la nécessité de reprendre l’initiative missionnaire sur les pouvoirs politiques. En 1622 le pape Grégoire XV fonde la Congrégation de la Propagande, dont la visée consista à placer toutes les entreprises de mission chrétienne sous la juridiction de la papauté. Ce système centralisé devait représenter un progrès pour l’évangélisation du monde pour trois raisons : 1) soustraire les missionnaires à l’influence politique ; 2) n’user que d’armes spirituelles pour la conversion ; 3) mettre en place un clergé autochtone. Pour mettre en œuvre cette politique, la papauté crée à partir de 1658 des vicariats apostoliques, immenses territoires mal délimités à la tête desquels l’envoyé de Rome devait, comme évêque, fonder des Églises locales à l’aide des Congrégations religieuses. Les premiers vicaires sont destinés à l’Extrême-Orient.

Que vous inspire cette nouvelle conception territoriale de la mission ?

 

4 • La Réforme conteste la nouvelle conception catholique de la mission : Alors que le monde s’ouvrait à la conquête coloniale, la Réforme naissante eut d’autres préoccupations que celle de se lancer dans la compétition missionnaire avec l’Église catholique. Luther considérait qu’il avait assez à faire avec « ses chers Allemands » et Calvin que c’était en Europe que les « portes de la foi » lui paraissaient s’ouvrir. Cependant, le débat s’établit dans le protestantisme naissant pour savoir si l’ordre donné par le Christ d’annoncer l’Évangile au monde entier, selon la finale de l’Évangile de Matthieu (28, 16 à 20) était encore d’actualité, malgré une conception médiévale (divisio apostolorum) selon laquelle les apôtres auraient annoncé l’Évangile jusqu’au bout du monde et, par conséquent, que « la mission était accomplie ». Les Réformateurs répondirent que l’évangélisation du monde était toujours à l’ordre du jour, mais qu’aucun moyen humain ne devait supplanter l’action de Dieu pour faire avancer son règne. Ainsi les réformateurs critiquèrent la stratégie missionnaire catholique cherchant à convertir, y compris par la contrainte et la force. Théodore de Bèze a même qualifié les missionnaires jésuites de « sauterelles dansantes récemment sorties des profondeurs de l’enfer, portant avec mensonge le sacro-saint nom de Jésus ». Mais trois raisons conjoncturelles expliquent aussi cette attitude des Réformateurs : 1) Ils ne se trouvaient pas dans une situation politique internationale analogue à celle de la papauté. 2) Ils ne disposaient pas de structures et de ministères missionnaires adaptés. 3) Leur priorité n’était pas de porter l’Évangile au loin, mais de réformer l’Église en Europe.

Comprenez-vous les raisons de cette sorte d’« abstention missionnaire » des Réformateurs ?

 

5 • Le Réveil protestant (XIXe siècle) s’engage dans la mission mondiale : Entre temps, les nations protestantes (Grande-Bretagne, Pays-Bas) sont entrées dans la course coloniale et l’aventure missionnaire protestante commence conjointement avec la lutte contre l’esclavage. Mais les protestants français du début du XIXe siècle, qui gardent le souvenir du siècle de persécution où les huguenots étaient la cible de la reconquête missionnaire catholique de la France, hésitent à reprendre le terme mission que les initiateurs de la London Missionary Society (fondée en 1797) et la Basler Mission (fondée en 1815) utilisent déjà. La Société des Missions Évangéliques de Paris voit néanmoins le jour en 1822, mais certains estiment que les mots « mission » et « missionnaire » ont été dénaturés par les catholiques et que « tant qu’il restera en France une école primaire à ouvrir, il faudra y songer avant d’aller évangéliser les Hottentots. » La mission extérieure démarre modestement cependant vers 1830, dans la période précoloniale, mais va exploser dans le cadre de la colonisation à compter de 1880. La SMEP n’a lancé en 1833 qu’un seul champ qui lui est propre, au Lesotho, hors de l’espace colonial français et un autre dans cet espace au Sénégal en 1863. Le Lesotho va se déployer, 50 ans plus tard, vers le Zambèze situé également hors de l’espace colonial français. Les autres champs de mission dont la SMEP va prendre la direction à compter de la deuxième partie du XIXe siècle – Tahiti, Nouvelle Calédonie, Gabon, Madagascar, Cameroun, Togo – sont tous des héritages à la suite du partage colonial entre nations et de la Première Guerre mondiale. Les Sociétés de mission qui fleurissent sont le fruit du Réveil religieux traverse l’Europe. Il ne puise pas ses ressources spirituelles dans la Réforme, mais retourne à la source biblique, prétendant ainsi accomplir une « seconde Réforme » : il veut proclamer le salut au monde entier aimé de Dieu (Ésaïe 52, 10) mais ignorant ce salut (Ez.34, 5) ; tel le Macédonien, le monde demande du secours (Act. 16, 9 à 10) et le temps presse (Jean 9, 4). En un siècle, l’Évangile a pénétré essentiellement parmi les peuples dits « païens », adeptes des religions traditionnelles (Afrique subsaharienne, Océanie), mais peu parmi les peuples adeptes des religions dogmatiquement constituées : islam, bouddhisme, hindouisme. De nombreuses Églises entourées d’œuvres éducatives, sanitaires et sociales naissent. Les Sociétés de mission les conduisent à l’autonomie dans les années 1950 parallèlement à l’accession à l’indépendance des pays concernés dans les années 1960. La fin de l’époque coloniale marque aussi la fin de l’ère missionnaire.

Tentez de prendre la juste mesure des « connivences » et des « différences » entre mission et colonisation ?

6 • La théologie protestante du milieu XXe siècle accorde un « soutien critique » à la mission : Cette période missionnaire et coloniale est marquée par de nombreux autres mouvements mondiaux (guerres, œcuménisme, nationalisme, laïcisme, décolonisation, etc.). Divers courants théologiques accompagnent l’évolution de la mission : théologie de la libération, dialogue interreligieux, émergence de la missiologie, etc. Mais la mission reste marquée par son passé colonial. Ainsi la critique monte : au début des années 1930, le théologien Karl Barth s’interroge : « Dans l’ancienne Église, la notion de missio n’était-elle pas un des concepts trinitaires, celui par lequel on exprimait l’envoi dans le monde du Fils et de l’Esprit ? Va-t-il de soi que nous soyons fondés à l’entendre autrement ?

L’incontestable début de la mission moderne dans l’effort des Jésuites et des Piétistes, à savoir son origine dans l’esprit du christianisme baroque, soit catholique, soit protestant, ne nous donne-t-il pas, pour le moins un avertissement sérieux ? » La mission devrait donc être missio Dei (mission de Dieu) avant d’être missio hominum (mission des hommes) ou missionem ecclesiae (mission de l’Église)…

Le Conseil International des Missions (fondé en 1921 et qui deviendra en 1961 la Commission Mission et Évangélisation du Conseil Œcuménique des Églises) lors de sa conférence à Willingen (Allemagne) en 1952, rappellera que la mission trouve son fondement en Dieu lui-même, qu’elle doit être replacée à cette source, c’est-à-dire le Dieu trinitaire, mais qu’elle doit être une mission solidaire du Christ incarné et crucifié dont l’Église est le fruit, c’est-à-dire le témoignage. La missio Dei est également la missio Christi.

Comment comprenez-vous la critique de Barth et quelle réponse constructive lui donnez-vous à la suite de la conférence de Willingen ?

7 • Les organismes missionnaires mutent au moment de la décolonisation : Dans les années 1960, une traduction institutionnelle des changements de conception de la mission se produit. C’est la fin des Sociétés missionnaires. Les Églises s’emparent du sujet. En 1971, à son Synode national de Pau, l’Église réformée de France constate que « l’image de marque de la Mission de Paris a pâli » : la mission doit donc muter en redevenant une « action apostolique ». Ainsi la SMEP disparait en 1971, remplacée internationalement par une Communauté d’Églises en mission (la Cevaa). Nationalement, la mission est « départementalisée » (création du DM en Suisse et du Défap en France), résultat d’une « intégration de la mission dans l’Église ». Pour autant, la mission doit-elle se décharger de « l’entr’aide ecclésiastique », voire des autres actions qu’elle a portées pendant un siècle : formation, soin, développement, etc ? Vers le milieu du XXe siècle, commence également « la mission retour » avec la forte présence des Églises issues de l’immigration. S’agit-il d’un aspect du « retour de la mission » ?

Comment appréciez-vous les mutations institutionnelles des années 1960-1970 ? Sont-elles le reflet des mutations théologiques du concept même de mission ? Les services missionnaires tels que le Défap portent-ils aujourd’hui une vision claire et reconnue de ce qu’est la mission au XXIe siècle ?

Jean-François Zorn